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La Renaissance à Paris

Quand on aborde cette période, de toute évidence on y découvre une vie culturelle riche. François Premier en 1539 remplace le latin dans les textes officiels par le français, mais c'est aussi la propagation de l'imprimerie moderne.

Naissance du protestantisme en Europe !

 
 
L'essor intellectuel des nouvelles idées voit un développement notoire à Paris, la ville va devenir une place universitaire incontournable. Elle façonnera le monde intellectuel et politique de la France. C'est à Montmartre, que le jésuitisme prend source et sera le fer de lance d'une centralisation de la culture et de ses moyens de transmissions. La bourgeoisie parisienne sera très influencée par le protestantisme et les idées nouvelles.

La Renaissance est aujourd'hui étudiée et intégrée à l'époque moderne, celle-ci se terminant à la fin du XVIII° siècle. Cependant cette période conserva une bonne part des structures légales et politiques apparues les siècles précédents, même si les monarques tentèrent de les mettre au goût du jour à l'exemple de la Police et de la surveillance et protection de la ville de Paris. Les corporations et métiers continuaient à évoluer au gré des nouveaux édits ou ordonnances royales, la langue française loin de dominer s'organise à petit pas, le latin reste la langue des écrits médicaux ou sciences novatrices de ces temps-là.
 
 

Quelques dates...


1498 : Louis XII devient roi, et réforme des études universitaires

1499 : En octobre, en raison d'une crue le pont de Notre-Dame s'effondre dans la Seine avec 58 maisons. Suite des Guerres d'Italie et Premiers Adages d'Érasme.

1500 : Découverte de l'hydrogène (Paracelse), des côtes du Brésil par les Portugais et premier envoi d'esclaves africains aux Amériques.

1504 : Sacre et entrée d'Anne de Bretagne dans Paris, elle est l'épouse de Charles VII.

1511 : Avènement d'Henry VIII d'Angleterre.

1514 : Mort d'Anne de Bretagne. Nicolas Machiavel donne à Laurent le Magnifique le manuscrit du Prince.
 
Paris possède un centre religieux, Notre-Dame et un centre politique, le Palais royal se trouvant dans l'Ile de la cité passera de nouveau au Louvre construit par Charles V et détruit pour cause de guerre de cent ans. Le Palais non loin de la cathédrale Notre-dame exercera sous François 1er un rôle d'apparat ou de réception, comme lors de la venue de Charles Quint dans la capitale en 1540, ou lors de son second mariage avec Eléonore de Habsbourg, en 1530.


Paris en son enceinte fortifiée date de l'époque médiévale ou ce qui est antérieur au XVI° siècle, ce fut une cité plutôt anarchique dans ses aménagements urbains, sans réels plans ou conduites hors des remparts, ou une organisation propre des constructions privées. Autour du noyau central des faubourgs se développent, en rive droite les Halles servent de grand marché d'approvisionnement des parisiens (le Champeaux). Non loin ou à coté du port de grève, la ville est principalement desservie par voie fluviale. Rive gauche, des faubourgs monastiques se façonnent : Sainte-Geneviève, Saint-Germain, Saint-Sulpice, etc. RIve droite ou sud, des faubourgs commerciaux et marchandsse se dressent : Saint-Méri, Saint-Denis ; plus tardivement Saint-Antoine.

Les espaces publics s'avéraient peu nombreux en dehors des halles et de l'hôtel municipal allant connaître des transformations notables, et il existait de rares ponts pour circuler d'une rive à l'autre, l'on pouvait toutefois traverser par des barques à fond plat ou sur de simples embarcations fluviales.

Les rues étaient étroites, deux à six mètres de largeur, parfois à peine de quoi à peine faire passer une calèche ou une charette à bras. Il existait peu d'espaces où l'on échappait à un sentiment d'enfermement, peu de monuments, d'ornementations en dehors des édifices religieux.

 
L'élan culturel plus une volonté d'embellissement des souverains à la Renaissance s'amorce sous Louis XII et change par touche la ville médiévale. Toute la construction de la ville allait s'engager désormais autour d'un pouvoir royal centralisé et d'un espace public réorganisé selon les voeux des monarques, tendant peu à peu vers l'absolutisme. On trouve chez les Valois et les Bourbons une cohérence certaine à vouloir une ville moins dense et plus ouverte, par l'importation d'un monde intellectuel où l'Italie ouvrit la voie d'un renouveau artistique considérable.

Pour la ville capitale, une fois de plus sa vocation ou source d'inspiration latine nouvelle se profile, et politiquement la venue de la famille Médicis en France augurera d'une période très trouble et d'une volonté de laisser des traces patrimoniales de grandes envergures. Telle que la mise en perspective de Paris, qui va aussi s'étendre à partir de la Renaissance vers l'ouest, par la voie royale, jusqu'au Louvre. Puis suivront les jardins royaux, les Tuileries et le prolongement vers les Champs Elysées (cet ensemble urbanistique prendra seulement fin au XX° siècle à la Défense, sous François Mitterrand).

Paris est un lieu de marchés, un centre industriel et commercial. La ville reste une forteresse organisée autour d'un système défensif. La cité de la "Renaissance" est assez semblable à la ville médiévale et conservera de nombreuses similitudes dans ses fonctions économiques, mais les différences seront importantes dans le droit foncier et son application. En ville, normalement les terres vont être en vente libre et transmissibles par héritage.

"
L'air de la ville rend libre" : l'unité juridique "est celle de l'individu et non du lignage", pour se regrouper, les parisiens selon les quartiers ont un saint patron comme emblème évoquant les grands patronages de l'époque, mais la ville par endroit est un labyrinthe ou l'on se perd et où l'on tourne le plus souvent en rond, rien n'indique en dehors de très rares enseignes où l'on se trouve.

Ci-contre : le quartier des Halles marchandes dit Champeaux
comprenant le cimetière des saints innocents clôturé

 

 
Les propriétaires des terres et à Paris, sont le clergé et le roi pour grande part, et une bourgeoisie parisienne prospère et très politisée. Il ne s'agit plus de quelques milliers d'habitants que l'on recensait au début du haut moyen-âge, la population avoisine trois cent mille citadins, comme résidents permanents à l'intérieur et à l'extérieur des murailles de Paris. Le tout sur un espace limité sur peu de kilomètres carrés, la promiscuité à l'intérieur est grande, la densité un problème majeur pour une bonne circulation, en bref on étouffe dans Paris (rien de très neuf...).
 
 
1515 : Avènement de François1er : Chronologie de la vie politique et culturelle




François Ier est à la fois un guérrier et un homme qui s'ouvrit à la culture de son temps, et incontestablement un bâtisseur. La renaissance italienne aura une influence considérable dans le renouveau du XVI° siècle. Paris retrouve ses origines latines. La famille médicis sera la première lignée d'Italiens vivant en France, qui aura au sein du royaume un rôle considérable. La renaissance à Paris, c'est un peu tout le concentré qui donnera à la France un grand prestige artistique, mais aussi ce qui poussera ce pays à devenir la première puissance européenne jusqu'à la fin du dix-huitième siècle.



 
1516 : Le Prince de Machiavel est mis sous presse. L'Utopie de Thomas More et l'Institution du Prince Chrétien d'Érasme sont édités. Le roi fait appel à Léonard de Vinci, celui-ci se rend en France, il dresse les plans d'un nouveau palais, et s'intéresse à la navigation fluviale.
1517 : Protestation du Parlement de Paris et de l'Université de Paris contre le concordat de Bologne ; publication des thèses de Martin Luther contre les indulgences, début de la Réforme.
1518 : Condamnation de Luther par le Pape Léon X. Le conquistatdor espagnol Cortez arrive au Mexique.
1519 : Naissance de Catherine de Médicis à Florence, Claude de France donne vie à Henri II. Magellan depuis Lisbonne part pour son tour du monde. Disparition de Léonard de Vinci au château du Clos-Lucé après avoir rédigé son testament (sénéchaussée d'Amboise).



Tableau relatant les déplacements de la cour sous François 1er et les ré-aménagements stylistiques


1520 : François 1er fonde la Bibliothèque Royale à Paris, elle deviendra la Bibliothèque Nationale lors de la Révolution française (Arithmétique de E. de la Roche, Appel à la Noblesse Chrétienne par Luther).
1521 : Excommunication de Luther et Psaumes (Lefèvre d'Étaples).
1522 : Premières rentes sur l'Hôtel de Ville de Paris.
1523 : De institutione feminae christianae (Vivés).
1524 : Naissance de Pierre de Ronsard et rupture Érasme-Luther. 
1526 : Traité de Madrid, François 1er est libéré (Exercices Spirituels d'Ignace de Loyola). Fondation des Capucins.


1530 : Création de l'Institution du Collège de France (François 1er en peinture ci-contre). Le 4 juillet, le roi épouse la soeur de l'empereur Charles Quint, Eleonore de la dynastie des Habsbourg (Autriche).



1532 : Naissance du Mouvement de Réforme de Jean Calvin à Paris. Est formalisée l'union administrative de la Bretagne à la France, et publication de Pantagruel et de La Vie Inestimable du Grand Gargantua de Rabelais, à Lyon.


1534 : Premier traité réformateur en langue française Institution de la Religion Chrétienne ; Henri VIII devient le chef de l'Église d'Angleterre ; achèvement de la traduction de la Bible de Luther, publication de l'Institution de la Religion Chrétienne de Calvin, et Ignace de Loyola prononce ses voeux à Montmartre. A Paris, les étudiants affrontent la police dans le quartier Latin, il y a de nombreux blessés.


 
1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêt signé par François 1er, la langue française remplace le latin dans les actes officiels. Édit contre les Réformés, et publication de l'Atlas en projection planisphérique (le plan Mercator). Naissance d'Etienne de la Boétie près de la ville de Bordeaux.
1540 : Construction du Louvre par Pierre Lescot et Ignace de Loyola devient le général des Jésuites, Les Manières de bien Traduire d'Etienne Dolet, et l'Institution Chrétienne est traduite en français.
1543 : De revolutionibus orbium coelestium par David Copernic.
1544 : Le Grand Bureau des pauvres est fondé à Paris, il a pour but de donner du labeur au démunis, voire d'imposer du travail.
1546 : Le Tiers Livre des Faits et Dits Héroïques de Pantagruel de Rabelais.
1547 : François Ier meurt en mars à Rambouillet de la syphilis ou de la vérole (voire grande ou petite vérole).


Réglementation
ou réorganisation
de l'ancienne Police
  (ou milice bourgeoise)


Le "Guet de Paris"
sous François 1er

d'après René Lespinasse

Le Guet (ou celui qui surveille ou tient la garde) prend date sous Hugues Capet au XI° siècle, son origine remonte à l'empire romain. La police dit du "Guet de Paris" est à distinguer du "Guet royal" pour son autorité tutélaire ou directe. Dans la capitale la protection et surveillance sont dévolues à une milice bourgeoise depuis Louis IX.

Cette police encore embryonnaire a été particulièrement détestée par les parisiens pauvres, et marginaux, et bourgeois inclus. Ces derniers étaient réquisitionnés ou pas selon les critères établis au fil des siècles, pour défendre et surveiller les remparts de nuit de comme de jour, comme les entrées dans la cité, et assurer si nécessaire la tranquilité ou la sûrété des urbains.

Une administration connue pour avoir été l’objet de nombreuses plaintes, grognes ou colères contre sa forte corruption ou la tentation d'y échapper, voire de s'en prémunir dans ses apects louches ou délictueux. Elle était aussi ratachée à la justice du "Chastelet", un tribunal servant aussi de lieu de dépôt des contrevenants.

La police de la capitale avec ses guets "assis ou dormants", plus ses sergents, lieutenants et le chef ou "chevalier du Guet" (créé par louis IX), cette administration se restructure difficilement sous le règne de François 1er, la présente ordonnance est datée de janvier 1540 depuis Saint-Quentin (dans l’Aisne).

Cet édit sera supprimé sous henri II en 1559 et laissera place à l"Édit de Henri II portant suppression du guet des gens de métier, établissement d'un corps spécial d'hommes d'armes, et fixation d'une imposition particulière pour le guet sur tous les artisans, sans tenir compte des anciens privilèges" selon René de Lespinasse.

Edit du roi François 1er sur les règlements du guet des gens de métier, à faire la nuit dans les seize quartiers de la ville de Paris, avec des prescriptions spéciales pour assurer une meilleure exécution du service.
« François par la grâce de Dieu, roi de France (1), comme pour la continuation du dit guet ont été faîtes plusieurs ordonnances et sont intervenus plusieurs arrêts au moyen des fautes trouvées en l'exercice et fait du dit guet. Ce néanmoins ont été et sont faits plusieurs abus fautes et négligences, en ce que dit est, tant par les officiers que par autres, ayants la charge du dit guet et au moyen de ce nôtre peuple fort foulé (piétiné ou écrasé) et travaillé, à notre très grand regret. (sic)

1. Pour ces causes, et pour la conservation de notre dite ville et cité de Paris et des habitants de celle-ci et aussi pour obéir aux inconvénients dessus dits et pourvoir à l'entretien des dites ordonnances et arrêts sur ce intervenus, nous avons statué et ordonné, statuons et ordonnons - que le guet de cette ville sera fait et constitué, c'est a savoir (c'est-à-dire) par le chevalier du dit guet et sa compagnie, qui sont vingt hommes de cheval, et quarante hommes de pied, en ce compris le lieutenant celui-ci chevalier (noble), pour faire le dit guet, par dix hommes à cheval, et vingt hommes de pied, en chacune nuit, par tour et alternativement.

2. Item (idem), que le guet assis, autrement appelé le guet dormant, fait par les gens de métier de la dite ville de Paris, sera pareillement continué les nuits qui seront commandées par deux sergents, en la manière accoutumée. Et seront les dits gens de métier tenus eux présenter, dedans le Châtelet de Paris, pour être enregistrés et envoyés par nombre de personnes certain et compétant, à la place des carreaux, outre le guichet des prisons, comme au lieu appelé la pierre qui est a la barrière et alentour du dit Châtelet, pour la garde des prisonniers, du geôlier et de ses gens et aussi dedans la cour du palais, pour la garde des saintes reliques du geôlier, des prisonniers et des choses qui sont dedans le dit palais, et pareillement au carrefour du bout du pont Saint Michel, sur le quai des Augustins, et au carrefour de Saint-Côme, au carrefour de Saint-Yves, au carrefour Saint Benoît, a la croix des Carmes, au carrefour Saint Séverin, au Petit-Pont, près l'église de la Madeleine, aux planches de Mibray, à la croix de Grève, à l'hôtel de Sens, à la porte Baudier, au coin Saint-Paul, à la traverse Quadier, a l'échelle du Temple, à Saint-Nicolas-des-champs, à Saint-Jacques de l'hôpital, à la fontaine Saint-Innocent, à la pointe Saint-Eustache, à la croix du Tiroir, à l'école Saint-Germain, à la place aux Chats (2), et aussi les autres lieux et places nécessaires, par les seize quartiers de la ville de Paris; seront déclarés par chacun jour aux dits gens de métier par les clercs du dit guet, selon l'ordonnance qui leur en sera faite par notre prévôt de Paris ou soit lieutenant criminel, qui pourra muer et changer les dites places et augmenter le dit guet, selon les cas et nécessités qui viendront à connaissance.

3. Lesquels lieux et places, les dits gens de métier seront tenus demeurer et eux tenir toute la nuit, par les temps et saisons ci-après déclarés, c'est à savoir (c’est-à-dire) depuis le premier jour du mois d'octobre jusqu’au dernier jour de mars, à commencer entre sept et huit heures du soir, jusque entre quatre et cinq heures du matin; et depuis le premier jour d'avril jusqu’au dernier jour de septembre, à commencer entre huit et neuf heures, jusque entre trois et quatre heures du matin.

4. Et pour faire l'assiette et la retraite de ce guet, sera tenu celui qui a charge de la guette (endroit d'où l'on surveille) du dit Châtelet, de sonner la trompette par chacune nuit, selon les heures dessus dites. Et après ladite trompette sonnée, le dit guet partira pour marcher et se retirera, et non plutôt; toutefois en cas nécessaire et urgent le guet royal pourra partir plus tôt, selon qu'il sera pour le mieux avisé.

5. Item (idem), que pour faire registre des gens du dit guet tant royal que des gens de métier, seront tenus les dits clercs du guet assister par chacun jour au dit Châtelet, aux heures assignées pour l'assiette de celui guet, et faire registre des comparants et défaillants. Et seront les dits gens du guet, tant du Roi que des métiers, tenus de comparoir (se présenter ou comparaître) à faire le dit guet aux jours et heures à eux assignés, selon que dessus, sur peine de dix sols parisis d'amende, pour chacun défaut; pour laquelle amende seront les défaillants contraints dès le lendemain du défaut qui sera expédié, sur le rôle et certification des dits clercs du guet et sur le rapport du sergent qui aura donné l'assignation : Et ce tant par prise et vente sommaire des biens de ceux défaillants, que par emprisonnement de leurs personnes, si métier est.

6. Et afin que le dit guet assis ne puisse partir des dits lieux et places, avant les heures dessus dites, nous ordonnons que le dit guet royal ira et viendra les dites places, pour savoir ceux du dit guet assis qui serviront ou défendront. Et de ce (ceci ou cela) le dit chevalier du guet et ses lieutenants feront rapport qui sera enregistré par les dits clercs, pour être procédé contre les dits défaillants, et qui se seront absentés, selon que dessus; et afin de savoir ceux qui se seront ainsi absentés, enjoignons aux autres qui auront été livrés avec eux, de le relever, sur (sous) peine de prison et de l'amende.

7. Toutefois si les dits gens de métier ont excusation (excuses) de maladie, d'absence, de mariage ou autre exoine (ou essoine : empêchement) recevable, les dits clercs du guet commettront autres personnes fidèles et suffisantes, et dont les dits clercs seront responsables, pour faire guet au lieu des absents, tant défaillants qu'excusés, et seront payés ceux qui serviront, au lieu de ceux qui auront fait défaut, sur les dits défauts et amendes. Et pour les autres ils seront payés aux dépens des excusés, le tout au prix de deux sols parisis pour chacune nuit, et s'il advenait que, pour aucune cause nécessaire, fut besoin assembler plus grand nombre de gens, le dit chevalier du guet ou ses lieutenants pourront appeler avec eux la totalité de gens du guet royal avec les gens de métier, en nombre compétant et raisonnables.

8. Et pour ce que par ci-devant plusieurs personnes se sont voulu exempter de servir audit guet, les aucuns (certains) alléguant privilèges, et les autres disants n'être point de métier, et, par ce, le dit guet a été diminué, et le peuple qui a servi au dit guet foulé et trop chargé, nous ordonnons que tous marchands gens de métier, artisans ou autres tenants boutiques et ouvroirs, dedans la dite ville de Paris, seront tenus et contraints de servir audit guet, par la manière et ainsi que dessus est déclaré, soient exempts ou non exempts, privilégiés ou non privilégiés, jusqu’à ce que par nous autrement en soit ordonné exceptés toutefois les personnes qui ont été excusées par l'arrêt donné en nôtre cour de Parlement, en l’an 1484, c'est à savoir les six vingt archers, soixante arbalétriers, et cent arquebusiers de nous et de la ville de Paris, gardes des clefs des portes, ceux qui ont le rouet des chaînes, quarteniers, dizainiers, cinquanteniers de ladite ville de Paris, bedeaux ordinaires de l'Université de Paris, messagers de nous et de la dite Université, durant leurs absences, monnayer pour le temps qu'on oeuvre à la monnaie et les personnes âgés de soixante ans ou qu'ils aient meshaings (blessures graves) ou mutilation de membres, dont soit apparu a nôtre dit prévôt de Paris ou son dit lieutenant : toutes lesquelles personnes nous voulons et entendons être francs et exempts d'aller audit guet, selon le dit arrêt.

9. Item, nous ordonnons que les deniers des dits défauts amende et autres qui proviendront, à cause de ce que dit est, seront levés et reçus par les dits deux sergents, lesquels seront tenus rendre compte par chacun an d'eux deniers à notre receveur de Paris appelle notre procureur au dit Châtelet. Et enjoignons aux dits gens du guet, tant royal que des gens de métier, de biens et dûment vaquer à faire celui guet, selon ce que dessus et de faire les captions (arrestations) des malfaiteurs qu'ils trouveront en présent méfait et les emprisonner au dit Châtelet; et aussi de traiter humainement les habitants de la ville de Paris, et leur donner confort et aide sans leur faire ne souffrir être fait aucun opprobre ou moleste (gène), le tout sur peine de punition corporelle.

10. Et pour faire entretenir le contenu ci-dessus et ce qui en dépend, enjoignons au dit prévôt de Paris ou son lieutenant criminel, d’y entendre soigneusement et contraindre les dits gens et officiers tant de guet royal, que de métiers et toutes autres personnes. Savoir est; les dits officiers, sur peine de privation de leurs offices, et les autres par amende et punition corporelle, selon l'exigence des cas, le tout nonobstant oppositions ou appellations quelconques.

11. Et pour ce que le dit prévôt de Paris ou son dit lieutenant ne pourra vaquer a l'assiette dudit guet, en faisant laquelle se sont par ci-devant faits plusieurs excès, rebellions et désobéissances, par les dits gens de métier, tant entre eux que pour les haines qu'ils ont les uns contre les autres, comme aussi à l'encontre des clercs et officiers du dit guet, le dit prévôt de Paris ou son dit lieutenant criminel pourra commettre l'un des examinateurs du Châtelet pour informer promptement et faire son rapport, et aussi (si métier est) pour procéder par emprisonnement contre les rebelles et délinquants, en présent méfait, afin d'y être pourvu sommairement par nôtre dit prévôt de Paris ou son lieutenant criminel.

12. Et ordonnons que les dits clercs du guet, sergents et examinateurs seront payés pour l'exécution des choses dessus dites, c'est à savoir les dits sergents et collecteurs, à la raison de deux sols parisis; les clercs du dit guet, de deux sols huit deniers parisis, et le dit examinateur, de quatre sols parisis. Le tout par chacun jour et pour chacun d'eux; le tout pris et levé sur les deniers provenant desdits défauts et amende.

Donné a Saint Quentin, au mois de janvier l'an de grâce mil cinq cent trente neuf et de nôtre règne le vingt-sixième.

Notes : 

Ce texte a été mis dans un français plus moderne et avec des notes sur les termes aujourd'hui disparus ou relevant d'une langue en mouvement et loin d'être figée dans le marbre, ou une orthographie très relative et fluctuante selon les auteurs.

(1) Ici trouvait place en préambule la charte du roi Jean du 6 mars 1364 sur la sûreté, guets et sergents de la ville de Paris, lire en page 44 l’ouvrage de René de Lespinasse (en source).

(2) La situation topographique de tous ces endroits ne saurait être déterminée ici et rentre dans le sujet de la « Topographie de Paris ».


Source :  Les métiers et corporations de la ville de Paris : XIVe-XVIIIe siècles. Ordonnances générales, métiers de l'alimentation par René de Lespinasse, ancien élève école des chartes (1843-1922) - Imprimerie nationale (Paris, 1886-1897).


 
 Création du Collège de France

A ses débuts, cette école se vit attribuée le titre de Collège royal, cette appellation restera jusqu'à la révolution française. Cette institution fut créée en 1530 à la demande de Guillaume Budé, "maître de librairie" de François 1er, et furent nommés six lecteurs royaux chargés d'enseigner des disciplines jusqu'à là non transmises au sein de l'Université de Paris :

- Trois pour l'hébreu (François Vatable, Agathias Guidaccerius, Paul Paradis).
- Deux pour le grec (Pierre Danès, Jacques Toussaint).
- Un pour les mathématiques (Oronce Finé).
 
Les cours seront ouverts à tous et gratuits, ce qui est toujours le cas de cette honorable institution. En 1534, Barthélemy Latomus enseigne l'éloquence latine, en 1538, Guillaume Postel enseigne à la fois le grec, l'arabe et l'hébreu.

En 1551 Henri II élargissait le champ d'enseignement du Collège à la philosophie en confiant une chaire à Ramus (Pierre de la Ramée), anti-aristotélicien notoire et contesté, qui, à partir de 1559, choisit d'enseigner les mathématiques. C'est en 1567 qu'un document mentionne pour la première fois le Collège, il s'agit du certificat d'aptitude à l'enseignement du grec délivré à Nicolas Goulu.
 
 
 Les Villes de la Renaissance



Les villes de la renaissance sont le résultat de l'expansion au Moyen-Âge des centres urbains, le commerce fleurissant, elles évoluent au XVIème siècle en raison des progrès techniques.

Ci contre : Cimetière des saints-Innocents
 (de nos jours la place du même nom)


 
Le monde urbain dispose de meilleures voies de communication, des aménagements urbanistiques et la naissance d'une architecture plus luxuriante : places et rues plus grandes, maisons bourgeoises, hôtels de ville. De plus, les villes importantes en Europe disposent et proposent de répondre au savoir des habitants avec des écoles, des collèges et des universités. Avec la croissance démographique qui s'engage au XVIème siècle, les villes attirent de fait les population pauvres des campagnes. Ce qui favorise le développement des commerçants : boulangers, bouchers, tenanciers, etc., et prouve un dynamisme économique longtemps ignoré. 

À Paris l'activité de l'imprimerie aura une place conséquente dans l'activation et la circulation des idées de "progrès" (le sens étant différent à l'époque procédant des victoires ou batailles militaires gagnées).
Il s'agit surtout de se référer à des progrès techniques sans rapport premier avec des questions sociales, outre des améliorations fonctionnelles en relation avec certains travaux du quotidien. L'artisanat perd peu à peu du terrain avec ses produits de facture en nombre limité face à la manufactorisation des produits se développant.

Comme activités prenant un rôle plus prépondérant, on trouve en particulier des professionnels du droit : notaires, procureurs et juges. Subsistent les différents artisans en corps de métiers avec une organisation sociale spécifique ou codifiée avec les maîtres en haut de la pyramide. (regarder la vidéo, ci-dessous de 6 minutes sur les structures et le fonctionnement de cette codification d'une centaine de métiers).

Au service des "maistres", les apprentis et les ouvriers sont organisés dans les codes de leur corporation ou selon le principe de jurer fidélité. Une organisation spécifique et légale que l'on nommait la jurande :  "Charge de juré sous l'ancienne monarchie française conférée par élection à un (ou plusieurs) membre(s) d'une corporation, choisi pour la représenter, défendre ses intérêts, veiller à l'application du règlement intérieur" (source dico CNRS).



Le bas de l'échelle sociale est composé de petits échoppiers, des modestes commerçants ou ambulants des rues, des salariés à la tâche ou journaliers, les bras-nus des villes n'entrant toujours pas dans les métiers bien codifiés. Le grand nombre d'individus circulant sur les routes comme errants ou vagabonds commencent à inquiéter, car sans statuts autre que "oisifs" au regard des lois et des pouvoirs politiques. L'enjeu change, l'errance devient suspecte alors qu'elle fut en d'autres temps acceptée. Cette main d'oeuvre d'hommes ou familles recherchant de conditions moins misérables sont les premiers exposés aux crises économiques et a subir les transformations des techniques, pouvant faire appel à des ouvriers très qualifiés, comme à des bras occasionnels. En France se créeront pour aider les plus démunis des structures charitables comme le Grand Bureau des Pauvres à Paris, distribuant de la nourriture ou aidant selon l'activité économique à trouver du travail (forcé) aux sans emplois .

La vie urbaine favorise des différences sociales au sein des populations, et les crises sociales et économiques les amplifient. Il n'y aura pour autant, pas de tension sociale forte dans ces temps dit renaissants. La bourgeoisie gère le quotidien, et elle est de plus en plus intéressée par le pouvoir ou la justice, et le sera de moins en moins par le commerce, c'est aussi parmi eux que la Réforme trouvera ses partisans les plus actifs.



La Renaissance est un tournant culturel, architectural décisif, et Paris la ville latine reprend ses droits; vers 1527, la cité parisienne est de nouveau la capitale de la France, mais pas obligatoirement le lieu de séjour le plus fréquent des monarques.

A l'exemple de
François 1er, celui-ci a été un roi itinérant avec une Cour suivant les déplacements royaux et qui fit les beaux jours des pays de Loire. Il a été à l'origine de nombreuses re-constructions d'anciennes demeures fortifiées comme à Fontainebleau et Saint-Germain-en-Laye en île de France.


ci-dessus : l'hôtel de ville de Paris moderne
reconstruit après 1871 selon le style renaissance




François 1er  a été à l'origine d'institutions prestigieuses, à l'exemple du Collège de France, et de la Bibliothèque Nationale. Les différents religieux de la fin du XVIème siècle feront surgir des tensions jusque là contenues, en raison des dispendieuses modernisations, pour exemple à l'intérieur des enceintes fortifiées, les prix grimpent, provoquent chômage et misère quand le travail vient à manquer. Plus tardivement, en 1533 débutait la construction en lieu et place de l'hôtel de ville de d' un palais, des plans commandés quatre ans auparavant à l'architecte italien Boccador. Des travaux qui prendront fin en 1624 sous louis XIII. L'hôtel de ville sera en parti détruit par un incendie en 1871, puis reconstruit sous la conduite de l'architecte Théodore Ballu, tel que nous le connaisssons.

Face aux agitations et menaces populaires et un Louvre pas vraiment sûr, le choix de Catherine de Médicis fut le château de Saint-Germain-en-Laye (ré-aménagé par François 1er), évitant ainsi les toubles importants sous ses différénts enfants devenus rois : François II, Charles X, Henri IIII. "L'aqueduc de Chaillot construit sous Catherine de Médicis pour amener l'eau de Saint-Cloud aux Tuileries; (…) on dégageait la croisée de Paris. Dans l'île, aux rues étroites, on jetait bas les vieilles églises et les vieilles maisons : on nettoyait les places actuelles du Parvis et du Marché aux Fleurs, on construisait le nouvel Hôtel-Dieu, le Tribunal de Commerce, la caserne de la Cité" selon Théodore Vacquer.
 
Durant cette période dite de la Renaissance, les relations commerciales s'intensifieront entre les villes et les campagnes. Les premières offrant aux secondes de vendre leur production et facilite le passage d'une agriculture de subsistance à une agriculture productrice de richesse. Les campagnes restent largement majoritaires, nous sommes encore loin d'un exode de population. L'on voit des cultures aidant à accroître les revenus comme la vigne, l'Ile de France sera propice à cette culture. Elle fournira un vin de table courant, des quelques pieds subsistant de la butte Montmartre, quand ce fut tout l'Est et une partie du Sud parisien (Montrouge) où l'on pu voir s'étendre une production vinicole.

Si les paysannerie française connait quelques évolutions, toutefois les habitudes, coutumes locales et superstitions sont tenaces et l'opposition ville-campagne est une contradiction bien connue entre traditions et progrès. La césure avec le temps restera toujours très vivante. Dans les campagnes, pour les plus riches s'esquissera une aristocratie provinciale, ce sont la plupart des propriétaires terriens louant leurs instruments aux paysans. Pour les plus pauvres, les gages ne suivront pas le prix des denrées, les métairies ont remplacé le servage, mais demeure un asservissement pour les uns et des rentrées régulières pour les autres possédants.  

 
A Noter : Apparition du maïs au pays basque; du tabac vers 1560, introduit par Jean Nicot. Les cultures dominantes sont le froment ou le seigle pour les humains, le sarrasin, l'orge et l'avoine pour le bétail.

 
En bref de 1547 à 1603, à Paris, dans le monde des idées, ...



En 1547, Henri II est sacré roi le 25 juillet à Reims, le 8 octobre, il créé au Parlement de Paris une chambre exclusivement compétente en matière d'hérésie qui prendra pour nom "la Chambre Ardente". Matthieu Ory est nommé Inquisiteur par le roi. Trois ans après la dite Chambre aura rendu plus de 500 arrêtés contre l'hérésie et aura fait de nombreuses victimes et des prisonniers par milliers.  

1547 : L'Heptaméron de Marguerite de Navarre. 
1548 : Le Quart Livre de Rabelais.
1549 : Défense et Illustration de la Langue Française (Joachim du Bellay).
1552 : Guide des Chemins de France (Robert Estienne).
1553 : Les Amours de Pierre de Ronsard.
1554 : Rétablissement du régime des greniers et du sel en particulier.
1555 : Les Soupirs et Sonnets de Louise Labbé.
1556 : la Pléïade est formée par les poètes Ronsard, Marot et Du Bellay.
1557 : Incidents du Pré-aux-Clercs.
 
1558 : Antiquités de Rome et Les Regrets par Joachim du Bellay
1559 : Mode des portraits grandeur nature par Jean Clouet, le portrait d'Henri II (ci-dessus); traduction de Vies de Plutarque par Amyot. Décès d'Henri II et court régne de François II.
1560 : Conjuration d'Amboise, en décembre début du règne de Charles IX et régence de Catherine de Médicis.
1563 : Réalisation de poteries et d'assiettes ornementales (Bernard de Palissy), développement de la chirurgie en France, Ambroise Paré, Cinq livres de chirurgie.
1564 : Construction du château des Tuileries par Philibert Delorme.
1567 : Bataille de Saint-Denis.

Dans la nuit  du 23 au 24 août 1572, une des pires drames de  l'époque, il sera lancé au son des cloches de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. Des parisiens du peuple, de religion catholique appuyèrent l'exaction qui provoqua environ 3000 victimes Protestantes ou assimilées à des hérétiques. La "Saint-Barthélemy" sera suivie d'un massacre généralisé dans tout le royaume.
Ce fut l'occasion d'éliminer ses voisins,  ses parents  ou ses proches indésirables.
 

 
 
Henri III, roi en 1574 et meurt en 1589



Le parti catholique organisé dans la Sainte Ligue prend pour décision d'interdire au roi, Henri III, de faire allègeance aux protestants, prêt si besoin à mettre un arrêt à la dynastie des Valois. En 1584, Henri de Navarre devient l'héritier potentiel du régime après la mort du jeune frère du roi Henri.

La Sainte Ligue a le soutien du roi Philippe II d'Espagne, pour faire pression sur le roi de France.
Les ligueurs demandent au prince Henri de Guise de les rejoindre à Paris. Il accepte et sera cette même année assassiné au château de Blois, afin d'éviter toute prétention à la couronne de sa part.
 
 
Le roi Henri III, n'est pas dupe, de son côté il fait venir des troupes françaises et des gardes Suisses, qu'il diposera tout autour du Louvre et de l'île de la Cité. Dans cette ambiance surchauffée, la foule prendra le parti de la Ligue et pour Henri de Guise, dit le Balafré.

Une rumeur circule dans la ville d'une Saint-Barthélemy de revanche, qui serait organisée contre les catholiques cette fois-ci. La révolte gagne le 12 mai 1588, dès l'aube, le Quartier latin se remplit de «barricades», les monticules sont formés à partir de barriques, les objets le plus couramment utilisé pour barrer les voies, et plusieurs porteurs d'armes y trouvent la mort.
 
Henri III part à Chartres et le 21 juillet 1589, il se soumet aux conditions de la Ligue catholique, avant qu'il ne soit assassiné par un moine fanatique. Henri III laissera à son cousin, le futur Henri IV, reprendre les guides du pouvoir suite à l'affaiblissement notable du parti des Catholiques.
 
 
Suite de la promenade :
La Renaissance à Paris (2ème partie)
 
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Dernières modifications : 10/09/2017