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"Ce qui est
démocratique, c'est à faire du petit cercle de
connaisseurs un grand cercle de connaisseurs"
Bertholt Brecht
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Aux
origines de Paris : "La Tutela"
Un
bras de la Seine en rive droite aujourd'hui disparu, fut connu du temps
des romains. Il a joué
un rôle perturbant dans le
développement de la ville et son histoire est
plutôt
méconue...
ci-contre : illustration
des inondations de 1910, en ocre les zones
touchées sur les 2 rives |
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Les travaux de recherches sont devenus
depuis une trentaine d'années plus précis sur les
conséquences d'un ancien bras de la Seine disparu en rive
droite (et autres eaux). Au titre des rumeurs, l'hydrologie du bassin
parisien et en particulier de la Seine n'a aucun rapport avec la
Picardie (ceci en référence aux inondations de la
Somme d'il y a peu d'années...
Ne pas se baser sur la topologie ou
l'hydrologie d'un espace territorial reviendrait à ne tenir
compte que d'une analyse très partielle de ce que
l'urbanisation d'un espace doit résoudre comme
difficultés.
Ce ne sont pas les seuls outils qui permettent aux chercheurs de mettre
en relief les arcanes du passé, il faut une somme large de
connaissances, et demande à l'historien une approche
pluridisciplinaire. Un élément, faussement
anodin, peut
venir chambouler un pan entier de savoir et mettre sous un autre jour
certaines évolutions.
À
partir du travail de Madame Anne Lombard-Jourdan sur les changements
intervenus sur la rive droite parisienne des origines à
1223, il
a été possible d'en construire un
récit plus
fiable des événements. En
particulier, pour que des populations soient à l'abri ou
protégées des aléas climatiques, et
puissent
prospérer. Sur la rive droite de
Paris existait un large espace
marécageux que les romains désignèrent
sous le
terme de "Tutela". Un autre bras formait du pont de l'Alma jusqu'au
bassin de l'Arsenal un arc de cercle.
Ce
cours septentrional du fleuve s'assécha progressivement avec
le
temps. Cette réalité vient
bousculer certaines histoires
de Paris, et ne pas en tenir compte se résume à
entretenir des histoires sans fondements. Les plans sont tout aussi
indispensables que les textes pour saisir l'évolution du
territoire, et pourquoi finalement tel espace est plus propice
à
une implantation humaine, plutôt qu'un autre ?
À
noter :
Ce sont des géographes au dix-septième et
dix-huit
huitième siècle, Monsieur Mabillon, puis Monsieur
Delagrive, qui les premiers parleront ou sortiront de l'oubli cette
connaissance géographique d'une zone inondable couvrant une
large partie de la rive nord. L'abbé Delagrive nous laissera
des
plans de Paris de son époque. Attention, les
cartes sont des illustrations et non des
reproductions
exactes des espaces...
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| | Paris au
quaternaire, il y a entre 2 et 4
millions d'années... |
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La Seine avait un débit plus
conséquent que de nos jours et se
divisait en deux bras principaux...
Au nord se dessinait un
arc de cercle qui connut différents noms comme "le bras
mort, ou nord" ou la "vieille Seine". Au sud, la Seine
s'écoulait tel le cours d'eau actuel, elle était
un peu plus large en raison de son débit et
déposait en rive gauche du limon. L'ancien cours
nord pouvait atteindre une largeur d'environ 3000 mètres au
moment des crues. Paris - et ses alentours - comme espace
géographique a connu de longues et diverses
évolutions climatiques et aussi géologiques. |
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| | Sa
particularité géographique s'organisa en un
espace territorial faisant de Paris, le centre d'une large cuvette
ayant subit la présence de la mer. Les
sous-sols parisiens indiquent une grande présence du
calcaire, comme tout le long des côtes maritimes,
s'expliquant simplement par la dérive des continents. Le
fait que la France se trouve à la pointe ouest de l'Europe,
et Paris seulement à 150 kilomètres des plages.
Voilà ce que nous délivre comme premiers indices
notre illustre Cité et sa région par ses
sédimentations. |
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Il
se dessinait une île équivalente à
plusieurs arrondissements parisiens...
Où,
il n'exista que des terres inondées ou
marécageuses, ceci au pied des collines avoisinantes de
Montmartre, de Belleville, et de Ménilmontant. |
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| | Le bras nord
s'étendait de l'Alma jusqu'au niveau du bassin de l'Arsenal
(près de la Bastille). Aussi du haut des
collines de Belleville et de Ménilmontant
s'écoulaient deux sources. Au nord en plaine
Saint-Denis les sédiments boueux furent
conséquents en raison de la proximité de l'Oise
et ce qui se déversait par ailleurs de la Marne. En cette
jonction de la plaine Saint Denis entre les monts de Montmartre et de
Belleville. Des rus de Belleville et de Ménilmontant : il
reste un aqueduc souterrain datant du règne de Philippe
Auguste (pour les eaux prenant sources au Pré St-Gervais).
Le "ru de Ménilmontant" finira en grand égout
collecteur en rive droite sous Louis XIV. Son existence se confondit
avec le temps avec l'ancien bras de la Seine, on ne fit plus de
différences réelles sur les origines. |
| | | Sur
la rive gauche parisienne actuelle, un autre bras se dessinait et
était alimenté par des sources d'un lac se
situant en Essonne. Elle demeure sous le nom de la
rivière de la Bièvre. Ses eaux traversent le
Val-de-Marne, son cours est de nos jours en grande partie souterrain.
On peut la découvrir notamment en allant visiter le puit -
de plus de cinquante mètres de profondeur - au sein de
l'hôpital de Bicêtre ou en des lieux peu connus de
Paris. C'est en pleine préhistoire, du
paléolithique au néolithique - que les eaux
courantes ont achevé de modeler le relief de
Paris. Les deux bras de la Seine le courbe et le droit ont
coulé concurremment. C'est ce réseau fluvial que
les hommes du paléolithique ont pu observer,
déposant des alluvions sur les deux rives
inégalement, mais régulières sur les
deux rives de Paris. |
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| Il
était une fois "La Tutela" |
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| | | Il
y a environ 20.0000 ans non loin de notre région, se sont
tenus les immenses glaciers du nord et du sud. L'Angleterre
était accessible par voie terrestre et les
différentes périodes de glaciation vont apporter
une masse liquide conséquente. Quand on regarde l'ensemble
du bassin parisien, que d'eau ! Que d'eaux, qui
préfigureront d'une présence alternée
de forets et de marécages, mais aussi d'une immense
étendue d'eau. Un lac disparu, un lac fantôme que
l'on voulait sous l'Opéra. Il en exista un, mais au sud de
Paris, il acheminait ses eaux par un autre bras, au sud que dessinait
l'ancienne rivière de la Bièvre. Cours d'eau que
les parisiens connurent jusqu'au dix-septième
siècle avant qu'il ne soit totalement recouvert. |
| | | L'évolution
a donné lieu au modelage d'un paysage où Paris
est au centre de la région Ile de France. La
cathédrale de Notre-Dame est toute
désignée comme le point zéro de la
cité parisienne. La mer a depuis longtemps disparue la
région Ile de France, mais va conserver une
présence liquide très abondante. Trois cours
d'eaux avec l'Oise, la Marne et la Seine. La Seine comme tout grand
cours d'eau avant que l'homme ne puisse un peu l'aprivoisée.
Le fleuve avec ses deux affluents ont drainé de fortes
masses de sédiments. Ils vont permettre la naissance d'une
faune riche et déboucher sur différentes
mutations de cet éco-système, jusqu'il y a
environ 10.000 ans et ne se stabilise en un climat plus
tempéré, un peu plus chaud que de nos jours. |
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| | | Il
fut une grande surface inondable, la Tutela qui domina pendant
très longtemps la rive droite. C'est à cause des
inondations de janvier 1910, que l'on se rappela que ce bras avait son
lit dans le quartier Saint-Denis à Paris. Ce cours ancien
finira par servir à construire les premiers
égouts collecteurs de la capitale. Voilà en un
bref résumé ce qu'il advint du bras courbe de la
Seine en cette partie de la rive droite et sujet de notre attention.
Pour les espaces marécageux, on dénombrait vers
1840 encore 653 marais de Bercy à la Villette. |
| | | C'est
une longue, même une très longue
période d'assèchement qui va s'engager, une fois
les glaciers disparus. Peu à peu la nature va devenir
moins hostile. Le réchauffement de cette toute petite partie
du monde va permettre à l'homme de construire une relation
symbolique aux éléments naturels et il apprit
à s'en méfier. Les humains tardèrent
à prendre place dans ce trou du monde qu'était
"Paris" en ces temps préhistoriques. Pour
évidence jusqu'au dix-neuvième siècle
on comptabilisera encore un forte présence
marécageuse en de nombreux lieux de la rive droite. Et Il
fut une île en surface, l'hypothétique et disparue
île de Saint Denis en rive nord parisienne. Il est fort possible que
l'Ile de la Cité connue d'abord une fonction religieuse et
sa première présence humaine. Mais pas avant le
cinquième millenaire avant J.C. |
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| | La
rive droite de Paris donnera lieu à une appellation latine : la TUTELA : les études
historiques les plus précises à ce sujet et les
plus récentes s'accordent sur ce thème et sur les
origines. César lui même, en fait état
dans "la guerre des Gaules", cela a un peu bousculé
certaines histoires de Paris qui ont ignoré ce
détail, pourtant indispensable. La Tutela fut un espace
marécageux qui ne déclina vraiment
qu'à partir de l'urbanisation galopante du
douzième siècle (après J.C.). |
| | | Les
crues pouvaient occuper une large partie de la rive droite de Paris. Si nous ne connaissons
que des éléments fragmentaires sur
l'Homo-Sapiens. Peu de chance qu'il s'aventure dans un espace qui en
son nord déverse encore beaucoup de boue. Les sols sont trop
humides, les marais nombreux et hostiles. Mais la nature est abondante,
les marécages aux abords de l'eau permettront des
pêches importantes. C'est une niche environnementale qui fait
appel aussi à une présence animale importante.
Mais pour y accéder on ne pouvait le faire que par le sud,
et encore au travers de marécages. La plaine
contiguë ouvrira notre petit paradis terrestre aux populations
migrantes ou nomades vers 5000 ans (avant J.C.), pas avant. |
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Deux ouvrages
à lire :
Monjoie et Saint Denis
! (1989) Le centre de la gaule aux
origines de Paris et Saint-Denis
Paris,
génèse de la "Ville"(1976) La rive droite de la Seine
des origines à 1223 (n'est plus
édité, consultable à la BPI
du musée G. Pompidou)
de Madame Anne
Lombard-Jourdan (éditions
du C.N.R.S.). |
|  |
- Monjoie
et Saint Denis !
"le centre
de la gaule aux origines de Paris et Saint-Denis" "C'est
à une quête passionnante que nous convie Anne
Lombard-Jourdan. Après avoir localisé au nord de
Paris,
dans la plaine du Lendit, le "lieu consacré, au centre de la
Gaule" dont parle Jules César, elle indique comment ce
sanctuaire où s'assemblaient les druides se
développa
autour de la "Montjoie", tombe de l'ancêtre
héroïsé protecteur du pays.
Dans
le but de masquer et d'exorciser ce lieu de culte païen, les
premiers chrétiens situèrent à cet
endroit
précis le martyre de saint Denis et sainte
Geneviève
érigea à proximité la
première basilique
dédiée à celui-ci. Saint-Denis devint
l'équivalent et le substitut du "Protège-Pays".
Son nom
rejoignit celui de "Munjoie" dans l'appel des guerriers en
détresse.
L'auteur
mène son enquête suivant une démarche
originale,
qui regroupe en un faisceau convergent tous les indices fournis par les
textes, l'iconographie, la tradition orale, les fouilles
archéologiques. Elle montre comment la fascination du centre
s'exerça, depuis la protohistoire, sur les
mentalités et
sur les motivations religieuses, politiques et économiques.
Elle
éclaire ainsi de façon décisive les
causes
profondes de la primauté de l'abbaye royale de Saint-Denis
et de
la singularité et de l'ascendant de Paris capitale." source :
éditions du CNRS
Paris,
génèse de la "Ville"
La rive droite de la
Seine des origines à 1223
par Jean-Claude Schmitt
|
|  |
"(...)
Déployant la rigueur d'une érudition sans faille
et
s’appuyant sur une iconographie et des plans de grande
qualité, l’auteur prend l’exemple de la
rive droite
de la Seine pour développer une thèse que
plusieurs de
ses articles ont déjà commencé de
faire
connaître, en particulier : « Du
problème de la
continuité : Y-a-t-il
une protohistoire urbaine en France ? » (Annales
ESC,1970).
À Paris comme dans bien autres
villes, le noyau du développement urbain ne fut pas la ville romaine,
corps étranger plaqué sur la civilisation
Indigène
antérieure, mais bien le vieil établissement
celtique,
voire même préhistorique La rive gauche, qui fut
le site
de implantation romaine fut délaissée au Bas
Empire, pour
ne retrouver vraiment de l'importance qu'au début du XIIIe
siècle, par la volonté du prince et
grâce à
l'Université. La Cité elle-même,
longtemps
inondable, ne fut pas le véritable berceau de Paris.
C'est
la rive droite qui joua ce rôle, en raison de facteurs
naturels
favorables et de la force des traditions culturelles qui y
étaient attachées et qui restèrent
longtemps
vivaces. À l'appui de cette thèse, la
méthode mise
en œuvre n'est pas moins neuve : même si
l'enquête
trouve son terme en 1223, au moment où s'achève
la
« genèse » de la rive droite, l'A.
n'hésite
pas à utiliser, de manière régressive,
des
documents beaucoup plus récents, de la fin du Moyen Age
(Raoul
de Presles par exemple) ou même des XVII et XVIIIe
siècles, qui confortent les hypothèses que les
documents
médiévaux permettent de formuler.
Le
site originel
de Paris est bien localisé : il est compris entre le cours
de la
Seine, au Sud, et, au Nord, le marais de Tutela (la protection), vaste
arc de cercle difficilement franchissable et qui, à
l'époque de César déjà,
n'était
autre que l'ancien méandre de la Seine. Entre le fleuve et
son
ancien lit s'élevait légèrement un
plateau,
insubmersible, même par les plus fortes crues, et dont
l'auteur
s'attache à démontrer l'occupation
très ancienne :
d'abord au moyen de l'étymologie (le nom de Grève
lui-même, celui du pont de Milbrai, sont d'origine gauloise)
;
par ailleurs, au XVe siècle encore s'y dressaient trois
mégalithes : le Pet aux diables, la Pierre au let (petra
lata,
un dolmen), la Pierre au lart; enfin s'y déroulait un rite
très ancien, le feu de la Saint-Jean, allumé
chaque
année, à l'époque moderne encore,
place de
Grève ; l'auteur voit un vieux rite solsticial de
purification
du fleuve. Longtemps il sembla aux historiens que ce plateau n'avait
pas été occupé à
l'époque
mérovingienne.
Jusqu'à la
découverte
récente de sarcophages mérovingiens,
même le
cimetière des Innocents ne passait pas pour très
ancien.
Il s'agit en fait d'une antique nécropole qui participait,
avec
plusieurs basiliques, à l'organisation de l'espace
sacré,
rive droite. Pour résister aux invasions normandes, les
habitants construisent là un premier rempart, en 877-884,
vaste
rectangle bordé au Sud par la Seine, et à peu
près
délimité à l'Est par Saint-Gervais, au
Nord par
Saint-Merri, à l'Ouest par Saint-Jacques. C'est
là le
cœur du Paris médiéval. Mais deux
autres
pôles d'attraction vinrent rapidement s'y ajouter :
à
l'Ouest, le bourg de Saint-Germain de l’Auxerrois.
Au
Nord-Ouest, les Champeaux où, d'abord
spontanément, puis
sous le contrôle de l'évêque, se
développa un
marché de plus en plus prospère : d'où
l'intérêt du roi qui, en 1137, puis surtout en
1223 {Forma
Pacis conclue entre l'évêque et Philippe Auguste),
contraignit l'Eglise de Paris à lui abandonner l'essentiel
de
ses droits : les Halles étaient nées. Mais depuis
1190
les trois noyaux de la rive droite avaient été
réunis dans une même enceinte, plus large que la
vieille
muraille carolingienne : la communauté des bourgeois la
construisit elle-même, sur l'ordre du roi, avec la plus
grande
diligence; signe de son utilité aux yeux des marchands.
Quel
contraste avec la rive gauche, où le roi lui-même
dût, en 1200, se charger de toute la construction et du
lotissement des terres ainsi circonscrites, en vue du
développement démographique de la ville.
L'activité universitaire de la Montagne
Sainte-Geneviève
allait, quelques années plus tard, puissamment aider
à la
réalisation de cette entreprise. Mais revenons à
la
«Ville», maintenant formée : au centre
était
la Grève, antique lieu de marché, mais aussi de
réunion. Ici se déployait la symbolique du
pouvoir
communal : avant même qu'Etienne Marcel n'acquît
pour la
communauté des Marchands de l'Eau la fameuse Maison aux
Piliers,
ancêtre de l'Hôtel de Ville, l'enceinte qui
délimitait la place, les pavés (dont le calibre
était propre aux pavements publics), la croix, dont l'image
se
retrouve sur les jetons municipaux, les feux de la Saint-Jean qui se
déroulaient avec la participation du
prévôt et de
ses conseillers, constituaient autant de symboles de la
collectivité urbaine. Mais la ville ne s'arrêtait
pas
à ses remparts.
Entre eux et le Marais
Sainte-Opportune
(l'antique Tutela) s'étendait la Couture-L'Evêque,
riche
zone agricole destinée au ravitaillement de la ville, et
au-delà encore, après le gibet et les
léproseries
du Roule et de Saint-Lazare, s'achevait la banlieue. Le
thème
est familier à l'auteur (voir son bel article «
Oppidum et
banlieue. Sur l'origine et les dimensions du territoire
urbain»,
Annales E.S.C., 1972). Mme Lombard y revient ici pour confirmer la
rigueur du concept de banlieue au Haut Moyen Age :
conformément
à l'étymologie, il s'agit d'une zone circulaire
dont le
rayon mesure exactement, à partir du centre de la
localité concernée, une lieue
française, ou trois
mille pas romains, soit quatre kilomètres et demi.
Cette
limite était matérialisée dans la
banlieue
parisienne, sur la route de Saint-Denis, par la Crux ad fines, sur
celle d'Orléans par la Tombe-Issoire, et au Sud-Est, sur
l'antique chemin du Chevaleret, de Paris à Sens, par la
ferme de
[Trois] Mille Pas. On voit ainsi tout l'intérêt
des
études de topographie urbaine que mène
l’auteur,
qui montre l'emprise profonde dans l'espace de l'ensemble des facteurs
écologiques économiques religieux la vie urbaine
et leur
singulière heure où les quartiers anciens de la
droite de
la Seine subissent une transformation sans
précédent, ce
livre rappelle propos que le trait de plume d’un architecte
ou
d’un politicien ne suffit pas à rayer de la carte
l’histoire du vieux tissu urbain." Source
:
Persée.fr, archives
de sciences sociales des religions
Anne
Lombard-Jourdan : Ancienne
élève de l'École des chartes, elle fut
longtemps
attachée au Centre de Recherches historiques de l'E.H.E.S.S.
Elle a donné à
CNRS ÉDITIONS deux livres sur Paris et sur La Courneuve, et
a collaboré
à des histoires de Paris et de Saint-Denis.
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