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Ce qui est démocratique : faire du petit cercle de connaisseurs un grand cercle de connaisseurs

Bertholt Brecht





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Durée 50 minutes, par le Collège de France, CNRS audiovisuel,
Arts et Éducation
et une émission réalisée par Gilles Lhôte



« À la recherche d'une télévision bien? »


Lionel  Mesnard, septembre 2005

Certains mécanismes de l'image ou du son ne sont pas sans conséquences. Il s'agit de tromper, capter l'attention, accélérer la pulsion cardiaque, de transformer l'image à des fins politiques, publicitaires, etc.. Mais, il ne faut surtout ne pas faire prendre conscience du malaise que nous traversons avec l'apparition de technologies nouvelles et des moyens d'interventions d'une simplicité enfantine. Nous vivons la naissance de la société de l'information, l'apparition d'Internet, et autres modes de transmissions nés ces dernières 20 années.

Nous a t'on jamais demandé à réfléchir aux multiples possibilités qui sont offertes de s'exprimer avec une télévision ou le cinéma? Sans parler des moyens gigantesques déployés pour aliéner le public à un type de production, à un stéréotype hollywoodien qui n'a que pour intérêt sa maîtrise de la technique. Des ingrédients que l'on nous ressert en permanence pour gagner des parts de marché, rien venant contredire l'engouement pour un genre d'une grande pauvreté.

Comment ou jusqu'où l'intervention technique, le choix opéré lors d'un montage peut valoriser ou pas tels propos et pas d'autres, ou de les éliminer ? Conserver la phrase choc ou ne pas se soucier du fond, du temps à donner à une réponse, ne pas en retenir que le pathos ? Chaque étape devient le jeu de la censure, ou de l'auto-censure.

Si l'on ne peut tout interpréter des tréfonds humains, on peut toutefois saisir que l'opinion publique n'est pas un critère dans ce cas objectif. L'objet principal est de vendre, faire masse. La création n'a plus de ressort autre que de se soumettre à des raisons qui participent à la massification des âmes et des points de vue.

Pas le temps de prendre avec l'image une respiration, encore moins de saisir la fonction émotionnelle du son. Rapidité, volumes sonores à plein tube, images colorées et reluisantes, des personnes bien maquillées, rien que du paraître, la télé est une réalité trompeuse, une scène artificielle et éphémère. Ce n'est que du jeu, où est le vrai dans tout cela?

La question audiovisuelle est relativement peu abordée ou trop peu décryptée, comme si c'était un must en ce domaine de dire ce qu'il en est. C'est-à-dire expliquer le conditionnement et les mécanismes de standardisation de la télévision.


La machine à produire de l'indolence ?

L'état des lieux est sans appel, quatre-vint dix-huit pour cent des foyers en France disposent d'au moins un poste de télévision. Peut-on penser que l'on pourrait faire autre chose de cet outil ? Il n'existe pas en ce domaine de contre pouvoir reconnu ou exercé sans contraintes ou pressions politiques, ni véritablement d'espace d'éducation à l'image, ou comment comprendre ce langage particulier.

La télé dans son ensemble délivre le message d'une morale très commune ou dominante, et l'utilisation de la peur en 2001 et 2002 à fait élire Jacques Chirac avec 82 pour cent des voix. Cela a permis à l'extrême droite de franchir une nouvelle étape, et depuis 20 vingt ans elle se trouve ainsi au centre des débats nationaux. Au nom de l'objectivité tout est possible, mais en ce domaine, il y a plus qu'un doute, si ce n'est au final une menace pour la démocratie.

Tout semble être comme un show à produire, tout doit aller à l'unisson, on répond au plus vite, on connaît tout, on sait tout, ou chacun fait son choix, ... C'est imparable, le spectacle joue son plein. Entre la coupure de publicité, il y a un bout de programme. Le marketing est là pour dire ce qui est bon à entendre ou à voir, surtout si le voyeurisme entre en jeu. Le sujet doit être pour tous ceux qui prennent plaisirs à regarder, à s'émoustiller, à pleurer du sort d'un inconnu.

On débite ainsi de l'image, de l'émotion, et ce n'est plus qu'une scansion qui agit au profit du vide, d'un non sentiment. Ce n'est pas une activité intellectuelle qui entre en jeu. Interviennent principalement des fonctionnements sensoriels propres à des stimulations. On ingurgite, sans savoir vraiment ce que l'on nous fait absorber. La prise de distance n'existe pas, tout le comme le public non plus.

On peut fortement douter qu'une télé bien existe, de plus, il s'agit en général d'uniformiser des repères, le plus souvent à partir de nos convictions propres ou morales ? Et qui n'a pas une opinion sur la télé ou sur n'importe quoi? Que pouvons-nous penser au sujet du petit écran et de ses évolutions depuis son arrivée dans les foyers il y a quarante ans? A part constater que l'offre en moins de trente ans a littéralement explosé, mais la qualité pour autant est-elle un impératif ?

L'on constate plutôt un nivellement constant depuis la privatisation de TF1, et plus nous avons de canaux de diffusions, plus ils se ressemblent Au nom de l'objectivité télévisuelle, on trompe le citoyen sur la forme et le contenu. Le téléspectateur n'existe pas en tant que citoyen, c'est au mieux un consommateur. Il rentre dans des paramètres globaux, fictifs en regard de la diversité humaine. Tout semble correspondre à une grille de lecture uniforme et mondiale. Une commercialisation qui répond au faux nom "de concept", dans un monde ou il n'y a pas de conception, mais un cadre rigide pour attirer un maximum de gens à certaines heures de la journée.


La télé et nous ?

 

A moins de finir par causer avec son poste et nous renvoyer à un monde schizoïde, il reste à construire une critique de l'objet télévisuel. Les chaînes de télévisions sont un monde sans réel communication avec l'extérieur, et elles se moquent de ce que la vie sociale peut impliquer de vivre ensemble. Sur le fond, il s'agit de dégager les responsabilités, de chercher ce qui nous permet de comprendre les mécanismes de la censure ou de l'autocensure. À ce sujet l'auteur est le plus souvent mis de côté, au profit de la machine à produire du spectacle, à rentabiliser l'image et devenir un simple produit de consommation.

Il y a en France un retard spécifique sur la critique des médias. Bien qu'en moyenne un enfant regarde 3 heures de télévision par jour, on ne lui apprend rien sur cet univers et comment fonctionne cet engin qui délivre un bonheur fictif, ou un rapport très futile au monde. En dehors de petits espaces de réflexions sur l'activité des médias, l'enjeu se limite à de rares associations de téléspectateurs ou groupes marginaux. Encore faut-il souligner certaines tentations idéologiques ou financières, et l'on n'échappe pas vraiment à l'activité propagandiste de certains groupes politiques. Mieux encore cela devient un créneau pour accentuer le sensationalisme.

Tout le monde sur une moyenne statistique se mange 4 heures de télévision par jour et s'en nourrit dans ses conversations sociales et participe à des repères uniformes, que l'on peut qualifier de dangereux. Rien dans cette affaire ne fait vraiment appel à l'imaginaire et à un minimum de distance. En quarante ans, le petit écran est venu prendre un place dans la vie quotidienne de tout à chacun, directement ou indirectement. La question n'est pas d'en tirer un jugement de valeur, mais se demander si cette réalité peut évoluer ? D'abord, quel rapport entretenons-nous avec cette machine infernale ? Et comment peut-on décortiquer la bête ? Est-il possible de vulgariser ce qui n'est pas une science, mais des pratiques administratives et financières propres à l'audiovisuel? Et sous la conduite des politiques, puisqu'il s'agit d'uniformiser l'offre, sans penser la demande le plus souvent.

C'est la victoire de la technique sur l'inventivité, ou bien un socle commun? Du Brésil à la Suède cette mécanique agit comme un monstre tentaculaire. L'esprit soit disant libéral à triompher, et nous ne sommes plus que des consommateurs d'images. Il n'y a pas de grandes différences entre les produits, le constat porté est sombre. Que pouvons-nous comprendre de ce phénomène ? Chaque citoyen n'a t'il pas à revendiquer sa part d'expression en ce domaine?


Manipulation de l'information

C'est à partir de l'arrivée de la Cinquième de Berlusconi vers 1985 en france, que la télé est devenue un terrain ouvert à la désinformation, pouvant présumer de la télé réalité actuelle. Toutefois, c'est en 1989 que la manipulation télévisuelle à commencer à devenir un enjeu inquiétant. Cela commença par le traitement d'informations "non-stop"par Gildas Bourdet et d'autres journalistes de cette chaîne. Pour mémoire, ce fut un remplissage d'images et de commentaires tronqués sur la Roumanie, puis cette pratique douteuse s'étendra à l'ensemble du paysage audiovisuel français lors de la première guerre contre le régime de Saddam Hussein.

Ce qui nous vîmes de Roumanie en 1989 présumait des intox à venir, notamment pour la guerre contre l'Irak de 1991, et ce qu'il en est depuis sur les questions internationales. Nous avons vécu le pathétique d'un monde se nourrissant d'informations relativement ubuesques, alimentées par des commentateurs de cartes et stratèges en tout genre. Nous avons connu des retours en image fixe avec des scintillements, comme de simples feux d'artifices au dessus de Bagdad, presque comme un jeu vidéo en direct., sans pouvoir en deviner l'horreur. À cette même époque, 80 pour cent des français approuvaient l'intervention. Il fallait stopper des militaires irakiens allant tuer jusque dans les pouponnières du Koweït. On nous proposait pour désinformation des images détournées avec à l'appui des commentaires visant à une manipulation délibérée de l'opinion.

La multiplication de l'offre n'est pas affaire de qualité, quand il s'agit d'être rentable, on se rabat sur le produit, et la réclame est là pour faire fructifier un marché qui n'a rien à faire de la demande. Il n'y a pas de demande, tout est pensé à notre place. Il n'y a pas de place pour la diversité, tout s'organise selon un système de valeur qui est propre aux professionnels de la chose. Un petit monde de la communication qui se concentre autour de la capitale politique et d'affaire. Paris centre de tout et depuis longtemps, du moins en ce domaine dans l'Ouest parisien se concentre au moins 50 pour cent de l'activité audiovisuelle française.

On peut s'imaginer qu'avec une idée aussi saugrenue «c'est quoi une télévision bien?», cela peut laisser tout interlocuteur un peu pantois sur son aspect candide. Faut-il simplement remarquer, qu'il n'y a pas vraiment de réflexion sur ce que peut advenir la télévision, cette problématique est volontairement écartée du débat public. Pour le moment tout ceci n'est que l'affaire que d'une minorité. Notamment, si l'on refuse son objet commercial, avec le désir d'en faire autre chose, un média citoyen par exemple ? Dans ce cas, peut-il vraiment émergé un tiers secteur sans volonté politique, et impliquant de changer certaines règles du jeu ? Va t'on enfin, un jour s'inquiéter de la concentration des médias français en quelques mains ? Et qu'avons-nous à dire sur des circuits financiers sans véritables liens directs avec la production audiovisuelle et plus largement la presse (Dassault, Lagardère), autre que la course à la plus value et à la notoriété?

La télévision a longtemps été méprisée pour en oublier le fond et ne voir que le futile. Elle l'était au titre de ce que le cinéma nous offrait comme oeuvre de création et ce qu'un outil de divertissement peut valoir. Son aspect paillette a été traité, notamment par Félini dans son film "Ginger et Fred". Sur fond de déclin du cinéma italien et irruption du petit écran dans les familles italiennes, sont ressortis de vieilles stars et servent le prétexte à un dernier show télévisé. Une maladie de l'image, comme si tout était de jouer à tout prix avec ellle, une dernière fois. Où quelle place prend-elle, quand on découvre le ridicule, l'insignifiant de la chose? C'est-à-dire ce qu'engendre une machine à valoriser l'égocentrisme, des gloires éphémères. Une désolation quand on comprend les ressorts d'un individu, s'il en fait un objectif d'image à titre  personnel ou de popularité. Félini avait-il présenti une mort annoncée du cinéma, et ce que nous pouvons découvrir chaque jour sur nos téléviseurs? Quand on s'abandonne à une caméra, il n'y a rien de très naturel. On en oublierait le narcissique qui se manifeste... et l'objet fonctionne comme un réducteur, voire un révélateur de la nature de nos êtres.

Il n'y pas de morale à tenir, l'image, au titre de la plastique est en soit une expression libre et à un rôle évident de miroir. Ce serait un outil plus riche, s'il devenait une expression sans conditionnement et en faveur d'une expérimentation libre. Sans autre volonté que de l'élargir à tous ceux qui veulent que la télé fasse connaître toute la diversité de la société française et ses contradictions. Et donner en plus la parole à des personnes qui jamais n'auront accès à cette expression autrement qu'en consommant. Il existe trop peu d'espaces ou de lieux de productions autonomes et véritablement indépendants de la sphère politique et industrielle. Vaste entreprise sur laquelle les pouvoirs publics n'ont rien à dire, ou avance à reculons. Comme si personne n'avait compris que nous entrons dans une nouvelle ère, et en plein dans le vif de la société l'information et de comment elle structure nos "élites". Et nous n'échappons pas à une haute administration formatée dans les grandes écoles de la République, qui affectionne beaucoup la lucarne comme objet de promotion. Notre système institutionnel et médiatique est sans véritable séparation de pouvoirs, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel est un cache misère et néglige sa fonction de contre-pouvoir.

C'est un défi que de vouloir favoriser des espaces asilaires et critiques de l'image. Tout ce qui est produit ne trouve pas obligatoirement un diffuseur, et pour de multiples raisons. Il existe aussi une manière de faire de la télévision ou du cinéma, ne se pliant pas à la seule l'audience. Et il serait possible en plus d'en faire un moyen d'y associer le public? En l'état, le système audiovisuel est responsable de sa propre médiocrité, il s'est forgé des critères de marché qui ne sont pas vraiment en adéquation avec la création. Il y aurait simplement à espérer que les mondes numériques de l'image se démocratisent véritablement et s'ouvrent à un plus grand nombre. Pouvoir dans ce monde figé par l'argent et une pseudo concurrence, produire autre chose, autrement, et à d'autres fins?


Il faut laisser à chacun son idée d'une télévision bien !

Le prétexte ne fait pas appel obligatoirement à une réponse. Il n'en y a pas, ou tellement de possibles, c'est à dire au moins une par individu. Une "télé bien" c'est possiblement un outil que chacun peut réinventer, sans enjeu d'audience, et au titre d'une production indépendante. Pour participer au contenu d'une offre différente, sans chercher de limite, ou trouver une réponse pré-établie. Un moment d'existence où l'image participe de la vie, comme un écran miroir ouvert sur notre réel ? Comme si la télévision n'était qu'un outil de sublimation, un substrat d'identification, un manque à être, qui sait ?

Quand au sein de cet espace télévisuel s'engouffre de nos jours une pseudo notoriété au nom de l'image, comment restituer l'anonymat au titre de la citoyenneté, mettre en lumière cet outil de propagande perfide ? Faire si possible prendre conscience qu'en ce domaine la critique est quasi absente. Personne, ou presque ne cherchant vraiment à en faire état auprès du grand public, à l'exception de rares professionnels du documentaire, en France, outre Manche et Atlantique. Quelques rares travaux filmés sur les dangers qui pèsent à uniformiser les repères, à mettre en lumière les coulisses et incidences du petit écran ou des médias de masse sur notre vie quotidienne et même psychique.

Une télévision se voulant bien, est une vaste question sur la non communication. Comment on se trompe sur une supposée interactivité. Confusion sur une communication qui n'existe pas, ou n'a pas vraiment de fondements dans l'échange, sauf à lui donner un sens limité et arbitraire. On diffuse c'est tout, et à ce moment là, c'est à prendre ou à jeter. Que l'écran soit petit ou grand, il n'a pas d'âme. Il reste seulement une projection, avec son vocabulaire et selon la spécialité, ou surtout l'originaité des uns ou des autres. Mais pas grand monde pour en analyser le contenu, ou expliquer certaines évolutions depuis l'apparition de cet intrus dans les foyers, de même du dévoiement qu'il est fait de ce pastiche de la vie. Le pathétique virtuel est à domicile. Sauf que monsieur ou madame tout le monde n'existe pas, comme le souhaiterait l'économie de marché triomphante. C'est une vision de marchand qui ne correspond pas à la diversité humaine. Devons-nous pour cela abdiquer et balancer nos postes par la fenêtre ?

Ce mode dit de communication télévisuelle, en peu de générations a pris une place grandissante dans la vie quotidienne de tout à chacun. Qui n'a pas été et ne sera pas à un moment un consommateur de télévision, un enfant gavé à l'ancienne ORTF pour les premiers cobayes ? En une génération, ou deux, tout au plus, cet objet rectangulaire a pris une place prédominante dans les foyers. Chambres, cuisines, salons, elle trône, suivie de sa télécommande traînant non loin. En groupe, ou en solitaire, la chose est là pour cracher ses images et ses sons. À côté, on dort, on mange, on s'engueule, on écrit même parfois comme si un chat ronronnait. Le machine est là comme au titre d'une présence très relative, plutôt dans ce cas une absence très significative d'échange. Nous renvoyant à un nouveau malaise de civilisation. À la nécessité de pousser plus loin la réflexion critique et d'élargir le débat à la sphère citoyenne.

Au delà de faire une télévision bien, que pouvons nous en attendre de nos jours, que nous dit-elle d'elle même? Si ce n'est le plus souvent, que l'étalement permanent de son autosatisfaction. C'est moi, "qui cause" et "qui suis la plus belle", triste pantomime d'un vide le plus étincelant possible. Très schématiquement à quoi sert ou répond ce média de masse? Quelle est son rôle, sa fonction dans une société ou le marché prédomine ? Où les politiques poussent jusqu'à la chansonnette, si besoin est, pour se faire apprécier du grand public ou de potentiels électeurs (et qui d'entre-eux n'a jamais très loin un conseiller en image pour conforter son paraître, via une stratégie de communication).

Nous vivons dans un monde du tout communicant, et l'on peut se demander si une télévision bien peut exister, et quels critères autres pourraient-on lui attribuer? Comment l'envisager, la penser, la construire autrement et allez à contre vents et marées du flux audiovisuel actuel ? Est-il encore envisageable de réfléchir à un espace audiovisuel sans connivence avec les mécanismes financiers globaux, ne répondant pas à des impératifs économiques, mais aussi de temps, ou de mesures propres aux médias conventionnels?

Comment au nom de l'objectivité, le petit écran répond à une mission marchande, ou de service public qui ne peut vraiment existé sauf en singeant le reste. Objectivité, qui n'a que pour point de vue les professionnels de la chose, et une absence de distance avec l'objet. Face à un système audiovisuel si convoité par les pouvoirs économiques ou étatiques, dans ce cas est-il possible de construire un espace alternatif, associatif comme ce fut le cas avec les Radio Libres en 1981?

La liberté d'expression audiovisuelle semble muselée au pays des droits de l'Homme, une contradiction qui devrait ne pas échapper à la majorité des citoyens de ce pays. Face à quel gouffre sommes-nous et de déficit de citoyenneté à ce sujet ? Le constat est relativement simple. Si, il y a encore 30 ans le monopole d'État existait, en une génération l'offre s'est développée, mais la qualité n'a pas vraiment suivie. Il n'y a pas de différence notable d'une chaîne généraliste à une autre, et les canaux thématiques se copient. Sur une génération, on peut constater les reculs constants au profit d'enjeux de massification. Recul certain de l'expérimentation, telle que put l'être la défunte l'ORTF, même sous le contrôle d'un ministre de l'information.

Triste paradoxe des temps, nous sommes face à une standardisation de l'outil télévisuel, et peu de monde résiste aux abus du formatage, à la manipulation de l'information et au nom d'une pseudo objectivité. Et il est a regretté que le public ne soit pas plus averti de ces atteintes quotidiennes, aujourd'hui si commune à la majorité des médias en matière de manipulation. Même, Michel Drucker admet que 80 % de son travail réside sur de l'imposture !! Cela donne à réfléchir sur cette machine à fabriquer du rêve, et ceux qui exercent une responsabilité véritable sur cette chose informe?

Comment analyser en tant que téléspectateur, citoyen, comprendre ce manque d'éclectisme, de recherche, cette absence de démocratie, et de la relative liberté dans les métiers de l'image du son dans nos sociétés. Il existe pleins de questions sans réponses. Une recherche débute toujours par une observation attentive des phénomènes. Cette réalité pourtant si commune est en soit embarrassante, qu'elle est assez peu décrite. Le sujet doit-il rester replié sur un monde clos, un questionnement à la rigueur pour sociologues ou psychanalystes?

La critique des médias sonores et visuels n'est pas nouvelle en soit, mais depuis peu d'années on commence à prendre en compte ce dénominateur si commun comme un phénomène hautement sensible. On touche là un mécanisme de pouvoir qui asservit l'ensemble de la société à un diktat d'images et de sons. L'offre n'est pas sous jacente à une demande, le marché propose. Les gens disposent et en ce domaine nous avons atteint des sommets. Si l'on s'amuse avec une simple statistique, monsieur ou madame tout le monde regarde en moyenne 2 mois par an à temps plein la télé, il ou elle passera, s'il meurt à 83 ans environ un huitième de son existence derrière son poste. C'est un peu le portrait type à venir si personne ne prend conscience que la télévision fonctionne comme un psychotrope, ou un ami qui vous veut du bien!?

Ce qui se dégage des propos et idées singulières de Peter Watkins (1), c'est la raison de construire un monde multi-subjectif dans le domaine de la création et de l'information. Il y a comme une mort lente de l'imaginaire. L'Homme ne rêve plus, on le fait pour lui, tout est digéré, pré-mâché. Même le vocabulaire change de signification, quitte à y pedre tout sens et notre capacité à élaborer. Ce n'est pas un problème concernant uniquement le monde de l'audiovisuel, mais tous les citoyens. Cette globalisation marchande et médiatico-politique se trouve, comme par enchantement dispenser via un tube, au demeurant inoffensif ? Mais personne n'est en capacité d'en mesurer tous les impacts sur le long terme. Il reste à faire faire appel à de nouveaux procédés, à de nouveaux types de médias, du point de vue technologique, c'est ce qui se passe. L'accès se démocratise en quelque sorte. Le numérique ouvre des champs moins onéreux, la société de l'information ne passera plus uniquement par la tutelle financière ou politique. C'est à nous d'en créer les conditions, et de favoriser une approche pédagogique plus propice à la diversité.

Note :

(1) réalisateur de films documentaires de fiction



Critique des médias, un combat pour la liberté !?

réalisé par Lionel Mesnard


Un film de 26 minutes
avec Peter Watkins sur le monoforme...

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