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Le Haut Moyen Âge
à Paris


Les dites invasions venant de l'Est en 395, provoquaient la décomposition rapide de l'Empire romain. Nous passons de l'Antiquité tardive ou gréco-romaine, à ce qu'il est convenu d'appeler le Moyen Âge avant l'an 1000. Jusqu'àu VIII° siècle, il est aussi question de très haut Moyen Âge.

Ci-contre : le baptême de Clovis


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  Le Haut Moyen Âge est cette première période lontgemps vue au seul filtre des "invasions", elle met un arrêt ou un frein aux conditions du progrès de la civilisation latine, notamment la mise entre parenthèse de son organisation urbaine pendant près de 500 ans, mais pas à ses codes et usuels.

Pour autant, la chute de l'Empire Romain de 476 n'a pas vraiment eu lieu (écouter la conférence de Bruno Dumézil), il laisse place à l'Empire d'Orient et un ensemble européen très hétéroclite.



 

Carte de l'expansion de l'Empire Franc de l'an 441 à 814




Source : Wikipedia.org
 



La période Mérovingienne



Au début du Vème siècle s'engageait le commencement des "grandes invasions" ou des vagues successives de migration qui débutaient par les Vandales, ensuite les Huns et les Francs (Francs Saliens: un peuple franc établi dans le delta du Rhin au début de notre ère et qui conquit la Gaule romaine). Les Saliens ont été considérés comme les fondateurs de la loi Salique, qui a été diversement appliquée selon les états en formation (France et Angleterre), toutefois les fondements légaux avaient des origines romaines et étaient dévolus aux terres des soldats, et ce code interdisait l'accès des femmes aux soldes de leurs époux.

Les Francs avec Clovis à leur tête se rendaient maîtres de la plus grande partie de la Gaule romanisée. De la fin du Vème siècle au VIIème siècle, Clovis puis d'autres Francs administrent Paris. La période mérovingienne débute après la victoire de Vouillé et le triomphe à Reims de Clovis. Il est le fils de Childéric I maître de Paris en 465, lui même fils de Mérovée. Il est reconnu comme le grand souverain de l'Europe occidentale. Clovis décidait de se fixer sur l'Île de la Cité, roi des francs et vainqueur des Romains en 486, il s'établit à Paris et en fit la capitale de son royaume.
 




Pourquoi Clovis prend-il place à Paris? Lors de "l'invasion" ou présence temporaire des Huns en Gaule, sainte Geneviève galvanisa les habitants de Paris et leur intima de ne pas déserter la ville, elle engagea la résistance devant les Huns d'Attila. Qui ne vinrent jamais à Paris. La jeune femme en devint très écoutée des parisiens, et favorisa la venue de Clovis et le conseilla habilement. Clovis demeurait à Paris, probablement dans le palais construit sous l'empereur romain Julien. Assurément pour des raisons stratégiques : le fleuve et l'île de la Cité comme protections naturelles, des garnisons militaires pour renforts. Mais aussi pour des raisons religieuses, Clovis venait d'être converti et baptisé depuis peu, influencé par Geneviève de Nanterre. 

 

À la mort de ste Geneviève, en 502, Clovis fit construire à Paris une basilique, sur le lieu où Geneviève est inhumée et où il souhaita lui-même reposer avec son épouse Clotilde. Il décida de faire bâtir la basilique des saints Apôtres, (sur son emplacement la future église Sainte-Geneviève et plus tard le Panthéon). Clovis fait de Paris officiellement la capitale des Francs en 508.

Lorsque Clovis meurt en 511, trois royaumes mérovingiens se forment avec l'Austrasie, la Neustrie et la Bourgogne et se déchirent en guerres intestines. Clovis comme selon ses voeux fut enterré à l'église des Saints-Apôtres aux côtés de Ste-Geneviève qui donnera son nom à cette montagne (environ 85 mètres de hauteur, une colline plus exactement).

Ci-contre : réprésentation de Geneviève


En 547, un immense incendie commence d'une des maisons bâties sur le pont d'un petit bras de la Seine sur la rive gauche et détruit une bonne partie la ville gallo-romaine. Le fils de Clovis, Childebert 1er, fondait en 558 l'abbaye de Saint-Germain où furent enterrés les rois mérovingiens.

Février 583, sous Childebert II, les eaux de la Seine «grossirent au-delà de coutume, et beaucoup de bateaux firent naufrage entre la cité et la basilique Saint-Laurent. De 589 à 591 une épidémie de peste se répendit  en Gaule-franque.

                                       Ci-contre : Tombes Mérovingiennes



Le royaume de Clovis n'ayant pu conserver son unité, la vie à Paris se concentre sur l'île de la Cité et la rive Sud, elle débute sur la rive droite de la Seine autour de la de Grève, autour du pont reliant les deux rives du nord (non loin de ce qui adviendra l'Hôtel de Ville). Toutefois, les fils de Clovis continuèrent à être garant de Paris et, bien que divisés, le Roi Dagobert la conservait comme capitale jusqu'à la fin de son règne en 639.

 
Au VIIème siècle, il se produisit un affaiblissement du royaume sous les dits "rois fainéants". Clotaire II et Dagobert Ier tentaient une unité de façade. Les héritages familiaux sèmaient discordes et vengeances. Une forme très archaïque du pouvoir provoqua surtout une rotation des têtes couronnées à un rythme soutenu empêchant toute unité organique. Une période de transition difficile à résumer tant sur le plan des moeurs, des lois et des pratiques religieuses encore diverses et non figées.

En 651, la Grande famine terrasse le pays, l'évêque Landry fait bâtir un hôpital, bien connu sous celui de l'Hôtel-Dieu, plusieurs fois détruit et/ou reconstruit jusqu'au XIX° siècle.

En 687, Pépin de Herstal devient le chef réel des trois royaumes, puis entre 711-714, les armées arabes du Califat de Damas veulent convertir le sud du pays à l'Islam depuis l'Espagne. Ils deviennent maître du Languedoc, Charles Martel vers 732 les auraient mis en échec à Poitiers. La dernière ville reprise par les Francs aux mains des Sarrasins sera Narbonne en 759.
 
 
 De la période carolingienne aux attaques Vikings
 
  Pépin le Bref devenait roi des Francs en 751, il fondait la dynastie des Carolingiens. Avec la décadence du pouvoir des rois mérovingiens, Paris perdit de son importance. Cette période a été propice à un mythe fondateur la naissance de la France, à relativiser mais à prendre en considération.

Sous les Carolingiens, l'empire de Charlemagne s'était considérablement agrandi, celui-ci fit Aix-la-Chapelle sa capitale, et semble n'avoir accorder à Paris de n'être qu'une de ses potentielles résidences.
Pépin décédait le 24 septembre 768 à l'abbaye de Saint-Denis, après avoir partagé le royaume entre ses deux fils, Charles (le futur Charlemagne) et Carloman Ier.



En Europe, en l'an 800, Charlemagne était sacré Empereur (ci-contre), roi des Francs et empereur d'Occident. Un des fils qui lui succéda, Louis le Pieux (814-840) n'a pu maintenir l'unité de l'Empire d'occident.

Paris comptait au plus cinq mille habitants et une importante communauté de marchands Syriens.
La lecture et le calcul étaient pratiquement inconnus, l'hygiène corporelle inexistante, ce qui peut expliquer à la marge que Charlemagne ait créé par ailleurs des écoles et installé un bain dans son palais.

Charlemagne, à l'inverse de Clovis, qui avait son Palais sur l'île de la Cité, fit d'Aix-la-Chapelle la capitale de son Empire. Le partage de l'empire d'Occident a eu lieu en 843 (traité de et à Verdun), et Charles II dit le Chauve devenait le "premier roi de France" en titre (La Francie occidentale de 843 à 877) et Empereur d'occident les deux dernièes années de sa vie. Son successeur fut Charles III dit le Gros, qui à partir de 881 devenait à son tour co-roi de la Francie de 876 à 887.




Charles II dit le Chauve (823-877) organisa la défense grâce un système de fortifications et les habitants trouvaient refuge ainsi sur l'île de la Cité face aux menaces. En effet, les Vikings depuis plusieurs décennies remontaient l'estuaire de la Seine et menacaient ainsi la cité parisienne (lire le récit ci-après sur les pirates).

En 841 et 842, deux crues de la Seine sont relatées par Nithard, petit-fils de Charlemagne.
En 845, les vikings attaquent et pillent la ville de l'empereur Charles II. II est rançonné pour qu'ils se retirent de la région. En 860 Charles dit le Chauve fait construire un pont dans la capitale. En 866, le 6 février lors d’un siège des Vikings, un des ponts reliant les deux rives est emporté par la Seine en crue sous le regard des pirates scandinaves. Charles le Chauve décède en 877, le trône impérial reste vacant quatre ans.

En 885 les Vikings assiègent de nouveau l'île de la Cité pendant plus de 13 mois. Lors des raids les bourgs se forment sous la protection des abbayes. Le Comte Eudes et l'évêque de Paris Gozlin à la tête de leurs chevaliers repoussent les assauts répétés des Vikings.  Le siège fut levé en 887, année de la disparition de Charles II.

A Partir de l'an 900, après avoir enseigné à Reims le bénédictin Rémi d'Auxerre (vers 841 et 908) s'installe dans la capitale et aura pour élève le moine Odon (écôlatre ou maître d'école), le deuxième abbé de l'abbaye de Cluny.
Rémi d'Auxerre ou en Latin "Remigius Autissiodorensis" fut entre autres grammairien et a laissé de nombreux manuscrits théologiques.

De la période anarchique 877 à 987 émergent les Robertiens de Paris (dynastie franque) dont Eudes (888-898) et Robert Ier seront comtes de Paris et rois des Francs, (922-923), entre-temps, les Vikings s'installent en Normandie en 911. Louis V, dit le fainéant, né en 967 est le fils de Lothaire. Il est le dernier souverain carolingien, il s'est éteint en 987, après s'être illustré dans la défense du Royaume de Francie contre les Vikings scandinaves (Suède et Danemark notamment).
 

Les pirates Scandinaves à Paris
sous le royaume Franc

(….) Ni l'Escaut, ni la Loire ne furent attaqués avec plus d'acharnement que la Seine.
Le 15 mai 841, une flotte Scandinave y arriva, conduite par le terrible Ogier, dont les sanglants exploits devaient laisser un tel souvenir parmi les peuples, que son nom changé en celui d'Ogre, a traversé les siècles et sert encore d'épouvantail. Ogier brûle Rouen, Jumiéges, Fontenelle, détruit villes et monastères, traîne en esclavage les populations sans défense, égorge tout ce qui résiste.

Quatre ans plus tard, le Norvégien Ragnar-Lodbrog remonte jusqu'à Paris avec 120 bâtiments chargés de pirates. Les habitants étaient enfuis; les Danois pillèrent tranquillement les monastères et la cité. Le roi Charles le Chauve, réfugié à Saint-Denis, se hâta de pactiser avec eux et de leur donner 7.000 livres d'argent pour les renvoyer. Ragnar, après avoir juré, «par ses dieux», de ne plus attaquer le royaume, s'empressa, dès qu'il eut reçu la somme promise, de ravager tous les pays qu'il traversait pour s'en retourner.

Revenu dans son pays, il étale son immense butin sous les yeux de ses compatriotes émerveillés. Il raconte à la jeunes empressée autour de lui, comment il a soumis à un tribut «tout le royaume des Francs!» comment il a parcouru en conquérant une terre bonne, fertile, remplie de biens, couverte d'habitants lâches et incapables de se défendre. Ses récits enflamment la cupidité et redoublent l'audace des pirates. C'est en vain que les rois de France, de Germanie et d'Italie demandent la paix au «kongar» (roi) des îles danoises (847), ce dernier lui-même se sent impuissant à arrêter le courant qui entraîne ses peuples vers des rivages plus fortunés.

En 851, Ogier qui revient de Gascogne où il n'a rien laissé debout, réparait huit à coup. Il renverse ceux des monastères des deux rives qui s'étaient rachetés à prix d'or dans sa première invasion et répand une telle terreur, qu'au dire des chroniqueurs, on n'avait jamais vu semblable extermination dans ces contrées. Mais comme il revenait de piller Beauvais, il fut surpris par un des seigneurs du pays, et le petit nombre de ses compagnons qui échappèrent au massacre s'enfuirent dans les bois et regagnèrent de nuit leurs vaisseaux

En 853, Godfried, «roi de mer», après avoir tenté d'établir une colonie à Vernon, vogua vers la Loire pour piller le monastère de Saint Martin, l'illustre sanctuaire de la Gaule mérovingienne. Nos vieux chroniqueurs nous montrent les chemins couverts de peuple, de moines, de prêtres épouvantés, portant à eux les reliques des saints, les restes de l'apôtre des Gaules, qui fuyaient de toutes parts devant les bannières d'Odin.

Bientôt les pirates, commandés par Biern-Côte-de-Fer, reparaissent dans la Seine. Mais Charles le Chauve les attendaient à la tête d'une armée et en fil un grand carnage dans la forêt du Perche.
Cette défaite n'empêcha pas Biern de revenir, en 857, après avoir reformé sa flotte. Paris fut livré à un nouveau pillage. Presque toutes ses églises furent brûlées.

«Lutèce, dit un contemporain de ce désastre, Lutèce, cette noble capitale resplendissante de gloire, ce trésor des rois, port des nations, ne représente plus qu'un amas de cendres. »


« La Seine, s'écrie Hildegher, évoque de Meaux, roule à la mer d'innombrables cadavres chrétiens; la poussière des os des captifs morts entre les mains des pirates blanchit toutes les îles du fleuve.»


Les North-mann revinrent encore en 861 et enlevèrent tout ce que leurs devanciers avaient laissé. Comme ils s'en retournaient, Charles leur ferma la retraite, leur fit restituer une partie de leur butin et força Weeland, un de leurs principaux chefs, à recevoir le baptême; ce qui ne compromettait guère celui-ci aux yeux de ses compagnons, tout prêts à en faire autant pour sauver leur vie ou leur butin.

Pendant 24 ans, les North-mann, occupés ailleurs, ne songèrent plus à Paris qu'ils croyaient avoir anéantie pour toujours. Les Parisiens profitèrent de ce répit pour se fortifier, en construisant une solide enceinte.

Enfin, en 885, les pirates reparurent plus nombreux que jamais. 700 barques peintes, couvrait le fleuve sur une étendue de deux lieues, portaient 30,000 combattants, et arrivèrent devant Paris, le 25 novembre. Les audacieux North-mann. attirés par l'espoir de piller une quatrième fois la capitale des Franks, furent bien surpris de la trouver fortifiée et de voir la Seine barrée par deux ponts protégés eux-mêmes par deux énormes tours.

Cette fois, les Parisiens allaient se défendre, sous les ordres de leur évêque Gozlin et de leur comte, Eudes, ancêtre des Capétiens.

Jugeant bien qu'ils n'auront pas facilement raison de la ville, les pirates demandent seulement à la traverser, en franchissant le barrage de la Seine, pour remonter ce fleuve et aller piller le centre de la Fiance. Leur proposition est repoussée avec horreur.

L'attaque commença le lendemain, mais elle n'eut aucun succès. Après quelques semaines de repos, les Barbares reprirent les attaques de vive force en employant toutes les machines que la science militaire des Romains avait inventées.

Tour roulante, à trois étages, tortues de boucliers, mantelets de cuir frais, béliers, brûlots, tout vint échouer contre le courage des assiégés.

L'inclémence du ciel ne put elle-même les effrayer. La chute du Petit Pont, emporté par une crue subite de la Seine, vint faire tomber une tour au pouvoir des North-mann sans affaiblir la résolution des Parisiens. Leurs hauts-faits retentissaient dans tout l'empire et faisaient contraste avec la lâcheté des autres villes. De toutes parts on organisa des secours; mais nul ne put faire lever le siège.

Bientôt la peste, dont l'héroïque évêque Gozlin fut une des premières victimes, abattit les plus intrépides défenseurs de la cité, sans abattre pour cela le courage de ceux qui restaient.

Enfin Charles le Gros arriva avec des troupes assez nombreuses pour écraser les assiégeants qui livrèrent un dernier assaut, repoussé comme les autres, et se préparèrent à vendre chèrement leur vie.

Mais le lâche empereur, au lieu de combattre, prit le parti de payer aux pirates une rançon de 700 livres d'argent et de leur donner, en outre, le droit d'aller ravager la Bourgogne. Malgré les termes de cette convention, Paris ne s'y méprit pas. C'était une capitulation !...

A partir de ce jour, la dynastie des Carlo-vingiens fut perdue dans L'esprit du peuple indigné, qui chercha dans son propre sein des hommes capables de le défendre et ne tarda pas à donner la couronne au plus digne de la porter, à Eudes, fils de Robert le Fort, et fondateur de la dynastie des Capétiens. La rançon payée par Charles ne désarmait pas les pirates; elle les rendit plus entreprenants.

Ne pouvant traverser Paris pour aller piller la Bourgogne, ils transportèrent leurs barques par terre, de l'autre côté de la cité, et l’année suivante, le 24 juin 888. Eudes les surprit dans les défilés de l’Argonne et en passa 19,000 au fil de l'épée.

D'autres désastres avaient presque anéanti les North-mann, lorsque, des ports de la Scandinavie, partirent de nouvelles nuées, à la suite d’une guerre civile. A leur tète; ils avaient placé le célèbre Rollon dont voici l'histoire en peu de mots.

Rollon, que les anciens chroniqueurs appellent tantôt Rolf, Rou, Raoul, Haroul ou Robert, exilé pour certains actes de violence, ne pouvait revoir la Scandinavie. A la tête d'une troupe d'aventuriers, il s'abat sur les côtes d'Ecosse, imprime son souvenir en lettres de sang sur les rivages anglais, tombe sur la Frise, bat et fait prisonnier le comte de Hainaut, qu'il soumet à un tribut et aborde en France, vers l’an 876.

Après avoir remonté la Seine jusqu'à Rouen, il s'empare, sans combat, de cette ville; mais au lieu de la piller, il la fortifie et en fait sa place d'armes. La victoire de Pont de-1'Àrche, remportée sur l'armée française, lui livre Meulan ; une autre victoire lui donne la tranquille possession des bords de la Seine.

Il aurait bien voulu Paris; mais il tenta vainement, en 911, de s'en emparer. Il se consola en allant saccager Bayeux et le pays Bessin. Dans cette expédition, il parvint à s'emparer de Popée, fille du comte Bérenger, femme d'une grande beauté, dont il était éperdument amoureux et qu'il épousa par amour, comme on disait alors, quand le prêtre ne bénissait pas l'union.

Souvent battu, mais jamais vaincu, Rollon vogue vers l'Angleterre, pour secourir le roi Alfred, son ami, alors en guerre avec ses sujets ; puis il reparaît en France, conquiert Nantes, Angers, le Mans ; pousse des excursions jusqu'en Bourgogne et en Auvergne.

Battu sous les murs de Chartres, dont il fait le siège, il parvient à se retirer sans se laisser entamer et force le faible Charles le Simple à lui proposer la paix. Un traité fut conclu à Saint-Clair-sur-Epte, traité par lequel le North-mann resta maître, en qualité de duc, de la partie de la Neustrie qui, depuis, a porté le nom de Normandie.

Rollon, pour faire une fin sérieuse, se convertit au christianisme et épousa Gisèle, fille du roi (912). La cérémonie du baptême avait été précédée de l'hommage, dont une des formalités était de baiser les pieds du roi. Lorsqu'on avait proposé cet acte humiliant au fier Scandinave, il s'était récrié. Une vieille chronique latine dit même qu'il refusa carrément, par ces mots : « - Ne se, by god ! Jamais, de par Dieu !  »

D'où serait venu le sobriquet de bigots, donné d'abord aux Normands et appliqué ensuite à ceux qui parlent souvent de Dieu. On ne put rien obtenir de lui, sinon qu'il ferait baiser le pied du roi par un de ses officiers. Celui-ci, furieux d'accomplir une semblable commission, empoigne brusquement le pied auguste du monarque, et le porte jusqu'à ses lèvres, sans daigner se baisser ; de sorte que le roi tomba en arrière, aux grands éclats de rire des Normands présents à cette cérémonie.

Le faible Charles, incapable de se venger, fit semblant de prendre cette insolence pour une maladresse; et l'hommage de Rollon (appelé Robert depuis son baptême) ne servit qu'à humilier, une fois de plus, la majesté royale.

A l'exemple de leur prince, les Normands s'empressèrent de recevoir le baptême. Ils se présentèrent un jour en si grand nombre aux pieds des autels, qu'il n'y eut pas assez d'habits dits de néophytes, habits dont on couvrait alors les nouveaux convertis et qui leur restaient ensuite. On en fit à la hâte d'assez grossiers. Mais les Normands n'en voulurent point.

- Garde ta casaque pour des bouviers, dit l'un d'eux en colère; voilà, grâce au ciel, la vingtième fois que je me fais baptiser ; jamais on n'avait encore eu L'insolence de n'offrir de pareilles guenilles. (...)
Source : l’Histoire illustrée des pirates - Un livre de Jules Trousset publié en 1880.
Livre V, les pirates scandinaves, les North-mann en France, pages 366 à 368. (Gallica-Bnf)



Les Premiers rois « français » et règne des Capétiens

Les quatre premiers rois Capétiens furent Hugues Capet, Robert II, Henri Ier et Philippe Ier.

Ces têtes  régnantes ont été tour à tour les maîtres d'un réel petit domaine autour de Paris, de Senlis à Orléans.
 

Le 29 février 888, le comte Eudes était élu roi par ses pairs. L'autorité du nouveau roi fut symbolique. Son domaine s'étendait à peu près sur le Nord géographique de la France actuelle. L'élection d'Eudes, comte de Paris, mettait fin à l'empire fondé par Charlemagne. Cette désignation préfigurait d'une monarchie «françoise». Celui-ci fils d'un soldat, Robert le Fort a été connu pour sa résistance aux North-man. Eudes montra la même combativité dans la défense de Paris. Après dix ans de guerres, Eudes et Charles III, dit le Simple signaient un accord, ce dernier se retrouvait avec un pouvoir limité entre la Seine et la Meuse.

Son frère Robert s'occupa des tractations de Saint-Clair-sur-Epte, où des Vikings ou North-man posèrent pieds définitivement aux embouchures de la Seine, en terres Normandes de nos jours. Le 29 juin 922, il devenait roi de la «Francie occidentale». Son règne fut bref, une année, il décédait à Soissons face à Charles III, pourtant vaincu à l'issue de la bataille.

Hugues, fils de Robert, dit non dans un premier temps à la couronne. Il favorisa l'élection de son cousin Raoul de Bourgogne, puis de Louis IV. Ce dernier fit don de la «Francie occidentale» à Hugues. Puis Hugues 1er, habile négociateur était élu roi, le 3 juillet 987.

L ville de Paris connue diverses fortunes, mais ne redevint une capitale qu'après l'élection de Hugues Capet au trône. Il s'empara de la couronne en 987 et fonda ainsi la dynastie des Capétiens. Son pouvoir pas encore absolu et son héritage finirent un 21 janvier 1793 sur l'échafaud avec Louis Capet ou Louis XVI.

 


Le dernier des Carolingiens
et Hugues Capet prétendant au trône



illustration du livre sur le Paris médiéval
Par Jacques-Antoine Dulaure

Louis V (...) après moins de deux ans de règne, mourut le 21 mai 987, sans enfant (*). Charles, duc de Lorraine, son oncle, et frère du roi Lothaire, avait seul, suivant l'ordre établi, le droit de lui succéder ; mais pendant qu'il perdait du temps à délibérer, Hugues, surnommé Capet, comte de Paris, duc de France, abbé de Saint-Germain-des-Prés, abbé de Saint-Martin-de-Tours, abbé de Saint-Denis près de Paris, abbé de Saint-Aignan d'Orléans, etc., qui avait hérité de l'esprit de révolte de son père Hugues-le-Grand et de sa haine contre la famille régnante, se hâta de convoquer à Noyon une assemblée qui, vers la fin de mai 987, le proclama roi de France.


Cette assemblée, n'étant composée que des vassaux de Hugues Capet et de quelques seigneurs ses partisans, ne représentait point la nation, et ne pouvait légalement procéder à un acte d'une si haute importance; mais alors la force et l'audace tenaient lieu de règles et de droit. Le 3 juillet suivant, le nouvel élu se fit sacrer roi par Adalbéron, archevêque de Reims, son partisan. A cette nouvelle, le prince Charles adressa de vifs reproches à ce prélat rebelle, et résolut de soutenir sa légitimité par la force. A la tête d'une armée nombreuse, il s'empara de la ville de Laon.

Hugues Capet vint, en 988, l'y assiéger. Charles fit une sortie, mit en fuite son ennemi, et brûla son camp. Hugues Capet, revenu à la charge, fut de nouveau repoussé. Voyant la force inutile, il eut recours à la perfidie. Il parvint à corrompre l'évêque de Laon, nommé Adalbéron Ascelin, sujet et conseiller du prince Charles. Cet évêque n'hésita pas à trahir son maître; et, pendant la nuit du 2 avril 991, il ouvrit à l'ennemi une porte de cette ville.
Hugues Capet y entre en force, surprend Charles et son épouse dans leur lit, les fait enlever et conduire à Orléans, où ils sont renfermés dans une étroite prison. Ils y périrent bientôt tous les deux; mais, avant sa mort, l'épouse de Charles avait donné le jour à deux jumeaux qui, devenus grands , se réfugièrent auprès de l'empereur. (...)

Hugues Capet eu beaucoup de peine à se maintenir sur son trône usurpé. Outre la guerre contre Charles, il en soutint plusieurs autres contre des comtes et des ducs qui refusaient de le reconnaître pour roi : tels étaient le comte de Flandre, le duc de Normandie, le duc d'Aquitaine, le comte de Périgueux, etc., etc., etc. On sait que ce dernier comte, nomme Aldebert, lui fit, en 990, pendant qu'il assiégeait Tours, une réponse qui présente le trait le plus saillant du règne de Hugues Capet.

Ce nouveau roi, n'osant le combattre, se borna à lui faire parvenir cette demande : Qui t'a fait comte? Aldebert lui répondit : Qui t'a fait roi? Arnoul, archevêque de Reims, fils naturel de Lothaire, qui prétendait à la couronne, fut encore son ennemi le plus acharné: le propre fils de Hugues Capet, Robert, lui fit aussi la guerre. Tels furent les fruits amers de son usurpation. Hugues Capet résidait à Paris lorsqu'il était comte de cette ville; il continua d'y résider lorsqu'il fut roi. (...)

Ce chef de la branche des rois capétiens, après un règne de dix ans, cessa de régner et de vivre, le 24 octobre, l'an 996. Sous le règne de Hugues Capet, Paris ne s'enrichit d'aucun établissement civil ou religieux.

(*) Note de l'auteur :
La chronique d'Adhémar de Chabanne porte que ce roi fut empoisonné par Blanche, son épouse adultère. Un autre écrivain dit que Hugues Capet épousa Blanche. (in Recueil des Historiens de France, tome X)


Source : HISTOIRE PHYSIQUE, CIVILE ET MORALE DE PARIS,
DEPUIS LES PREMIERS TEMPS HISTORIQUES, Volume II, première édition 1823.
(Il existe plusieurs éditions dont une sur Gallica-Bnf)


 
La Neuve Ville ou la ville nouvelle
 
C'est ainsi que l'on appela la rive droite de Paris, la Nouvelle Ville en français contemporain. Elle fut le poumon économique de la capitale en toute fin du premier millénaire. Ce nom donna lieu aussi à ce qui adviendra le village de la Villette, ou le village de la Neuve Ville. C'est dans la Cité, puis le Louvre que le politique imprime peu à peu une tendance à l'absolutisme, mais son pouvoir n'est pas toujours à la hauteur de ses espérances et certaines urgences primes, en particulier les défenses de la Ville.

Nous entrons enfin dans une période plus propice, où les sources sont plus nombreuses, et allons savoir comment Paris va passer de vingt mille ou plus, à près de trois cent mille habitants en moins de trois cent ans. Ce développement soutenu demanda un pouvoir relativement centralisé. Nous n'en sommes pas encore à Monsieur Colbert, mais des rois de France se feront remarquer pour le souci qu'ils marqueront pour Paris. A ce stade le Palais royal est une forteresse (ci-contre) et il est possible de découvrir les restes des fondations au musée du Louvre.
 


Le pouvoir de l'Église est manifeste, le féodalisme a permis un contre pouvoir, notamment dans la conduite de l'administration et les Évêques de Paris sont avant tout les administrateurs d'un diocèse fleurissant. Encore de nos jours, l'Archevêché parisien reste le deuxième propriétaire de biens immobiliers à Paris. Une histoire politique et religieuse d'une très grande richesse, et l'on ne pourrait comprendre le développement des quartiers périphériques sans les congrégations qui commencèrent tout d'abord à défricher et développer les cultures maraîchères afin de répondre aux besoins alimentaires des parisiens. (Lire pour exemple les figures du Quartier Saint-Denis)

  C'est au coude à coude que la bourgeoisie et les ordres religieux vont partir à la conquête de notre fameuse Tutela. La rive gauche en comparaison ne connaîtra pas vraiment d'expansion notable en dehors de son axe sur la voie Saint-Jacques. Mais allait devenir le ventre fécond d'un des plus grands centres universitaires en France et en Europe en raison de l'ouverture d'écoles religieuses, notamment tout autour de la Montagne Sainte Geneviève, bien connu sous le nom de quartier Latin.

Si la première impulsion date de Charlemagne qui s'émouvait du peu de connaissance de son peuple, c'était l'Église qui détenait pour bonne part le savoir et les moyens de sa transmission.
L'écrit se faisait encore essentiellement en latin quand la langue était à mi-parcours entre un français et des patois en langue d'oïl au nord de la Loire. Spiritualité, pouvoirs politiques et développement industriel allaient être les 3 centres notables de la ville capitale.
 
 
La Neuve Ville, l'Université et la Cité

Pendant le premier millénaire, seuls deux quartiers, celui du Marais et  du port de Grève se sont développés en rive droite. Sinon il faut remonter à hauteur de la Gare de l'Est, au niveau de la paroisse de Saint Laurent pour trouver des habitations, qui ne soient pas sous la menace des crues de la Seine et ce qui est advenu du bras mort du cours d'eau, c'est-à-dire un ruisseau s'amenuisant avec le temps. Paris grandit et prend de l'importance à partir du X° siècle, en raison de l'impulsion ou de l'essor économique, d'une démographie croissante et le développement des routes. Ce fut par l'agglomération industrieuse et marchande de la rive droite ou du nord, que Paris grandissait et à grand pas.  

 
S'organisa une subdivision géographique en trois pôles, le pouvoir se trouvait au centre de la capitale, à l'origine dans l'Île de la Cité il passa au Louvre, l'Université et les cloîtres étaient en rive gauche ou sud. Les marchands, les industriels et le petit peuple en rive droite allaient faire de cette dernière le pôle émergeant de ce nouveau millénaire. On la nomma la Ville au sens plein, ou bien "la neuve ville" en français ancien. Ce fut avec différentes activités de production que les bourgeois parisiens prospérèrent, les marchands d'eau par navigation fluviale devinrent les premiers magistrats de la capitale. La Hanse des marchands d'eaux était devenue plus puissante que l'ancienne corporation des Nautes. En tout début de ce que l'on nomme le bas Moyen Âge, pose l'enjeu du futur statut de Paris et des fonctions des Prévôts, que l'on doit à Louis IX.
Cette première étape constitutive de la rive droite a connu un port très actif, il s'étendait le long des rives nord.

L'activité fluviale donna un nouvel essor et favorisa les activités de commerce et les échanges de ce savoir faire sur la rive droite (ou nord) de la capitale.


Les métiers allaient devenir la plupart très organisés et se trouvaient en des lieux portant encore de nos jours des noms de rue. À l'exemple de la rue de la Jonglerie, où résidaient les artistes les plus sollicités du temps de Saint-Louis ; ou bien la rue de la Ferronnerie, de la Tannerie, etc... Tout comme l'on voit la construction de bâtisses destinées à protéger les marchandises, comme le Champeaux qui préfigurait les Halles marchandes.

En rive droite, ce fut un véritable rapport de force qui allait s'engager sur la propriété des sols de l'ancienne Tutela (ancien bras mort et disparu de la Seine). Qui de l'église ou du pouvoir royal pouvaitt se prétendre propriétaire naturel des lieux? La polémique au sens plein allait durer quelques temps, d'au moins 814 à 1222 entre la royauté et les différent Évêques de Paris

L'Église se retrouvait quasi seule à pouvoir produire des actes écrits au sujet des terrains de la Tutela ou ce qui pouvait tenir lieu à l'expansion de la "Neuve Ville" en rive nord. Ils vont être âprement négociés, la plupart des actes furent des faux en écriture, qui prévalait d'un droit de l'Évêché de Paris sur la partie occidentale de la rive droite jusqu'à l'arc ou quart de cercle dessiné par le marais septentrional. Produit sur la foi de deux actes datés de 814 et 820, revus en 978, et tranché en 1222 par les choix de Philippe Auguste, que l'on désigne sous le nom de Charta Paris.

Le Onzième siècle


L’empire constitué par Charlemagne n’est plus et nous entrons dans une période dite anarchique ou de mutation, qui est est le fait de constitutions ou fortifications des fiefs où demeurent des seigneurs locaux avec leurs règles propres. Ce que l’on peut appeler les bases de la constitution du monde Féodal : en baronnies, comtés, etc..., avec ses vassalités. Soit, l’organisation des dominations avec des duchés ou royaumes encore incertains, à ce titre Paris représentait un Vicomté avec des enclaves territoriales diverses.

L’An 1000 n’a été que le passage au nouveau millénaire, il a surtout eu pour effet de créer des légendes artificielles, mais rien n’indiquant des populations affolées par une présumée «fin du monde» ou bien des peurs millénaristes. Les incertitudes et les transitions furent d’un autre ordre. Le deuxième de la dynastie capétienne fut le fils d’Hugues Capet, Robert II dit le Pieux. Il était né à Orléans et devenait roi des Francs en 997, sa première épouse a été Adélaïde d’Aquitaine, celle-ci disparue en 1004. Robert II a été pendant une dizaine d’années, roi de Bourgogne. Sa seconde épouse et reine des Francs a été Constance de Provence, qui décéda un an après son époux au château de Melun, mère d’Henri, le dauphin ou héritier au trône.





Les Vikings firent toujours parler d’eux tout au long du siècle, ils ont été à l’origine de la chute de la dernière place forte en Italie des Byzantins à Barri en 1076. Entre 980 et l’an 1010, venus d’Islande, des originaires et bannis de Scandinavie après avoir établi une colonie au Groenland, Erik dit le rouge découvrait et colonisait les îles de Terre-Neuve. Les îles ont été re-découvertes plus tardivement par les Basques pour la pêche à la morue au XIV° ou XV° siècle avant l’arrivée des Caravelles de Cristobal Colombo au Antilles. En Europe de l’Ouest, la région Normande conquise par les Vikings le siècle passé, voyait la naissance de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie (1027-1087). Après la bataille de Hastings et la défaite d’Harold prétendant au trône pour les Anglo-saxons (1066), Guillaume devenait roi d’Angleterre (« Dieu et mon droit ») et donnait naissance à la dynastie des Plantagenêt.

Le XI° siècle a été propice à la construction de châteaux fortifiés (Ci-contre dessin de Charles Nodier - Tancarville en Normandie). Pour ce qui n’était encore qu’une ville de seconde importance, Paris vit fleurir ou fonder des prieurés. Il s’agit de monastères avec à leur tête des abbés, élus ou désignés par leur communauté abbatiale dépendant des abbayes, dont celle de Notre-dame fondée à la fin du X° siècle. Paris dans les années 1030 connu par deux fois des ravages importants avec un incendie sur l’île de la Cité, dont la ruine de l’église St-Pierre-des-Arcis. Cette bâtisse religieuse devait son édification quelques années auparavant au Vicomte de Paris, se nommant Thoudon. Elle fut reconstruite puis réaménagée, elle a été considérée comme une des plus vieilles églises de la capitale, détruite en 1860 à l’emplacement du marché aux Fleurs (Ile de la Cité).




Sur le plan artistique et cultuel, l’art Roman prédomine dans nombreuses régions pour les édifices religieux, bien qu’à Paris, il existe peu de lieux de cultes de l’époque. Seulement quatre ou cinq églises au maximum conservent encore des traces d’origines. Pour les fondations, seule vraiment l’architecture de Saint-Germain-des-Prés y correspond. Cette église fut rebâtie au XI° siècle après la disparition de l’église mérovingienne de Saint-Vincent détruite par les North-man ou pirates scandinaves, et le quartier n’était encore qu’un bourg à proximité de la ville médiévale.








Bruno d’Eguisheim (ci-contre), fils d’une famille de petite noblesse alsacienne a été  d’abord évêque de Toul en 1026, puis pape vers 1048 sous la gouverne de son cousin Henri III du saint Empire Romain Germanique (incluant la Germanie, l’Italie, et deux territoires annexes, la Bourgogne et la Lorraine). Canonisé en 1083 par un des ces prédécesseurs, saint Léon a été l’objet de légendes et de récits romancés. Ce que l’on sait, à sa désignation comme pontife, deux de ses prédécesseurs ont été empoisonnés. Sous son pontificat, il va vouloir affronter les Normands, et en retour s’attirer la  haine des Italiens, et provoquer sur la base de textes encycliques la rupture entre les deux versants ou places antagoniques du pouvoir christique. En bref, l’on peut considérer que c’est la naissance du dit Occident, ou sinon que l’Ouest ou la partie occidentale de l’Europe tourne le dos à ses origines orientales.

A partir du milieu du siècle, le schisme entre Rome et Byzance est consommé, chrétiens d’Orient et d’Occident constituent deux pôles de pouvoirs religieux et politiques disjoints. Le versant Romain fait face à une crise profonde, les successeurs grégoriens vont œuvrer à une restauration des splendeurs romaines. L’on commence à imposer le célibat des prêtres, cette règle était inexistante jusqu’alors, elle allait s’engager sur une longue période avant que les mesures prises soient effectives face à de fortes résistances internes, notamment quant au respect des voeux de chasteté, donna lieu aux premières formes du libertinage de l’épiscopat romain.

A la fin du XI° siècle Urbain II, prêche la croisade.
Par ailleurs, la dite reconquête
(ou reconquista) engagée depuis au moins deux siècles dans l’entité ibérique entraîne la déliquescence et le recul de monde Arabo-musulman. Cela allait participer de la disparition du Califat de Cordoue en 1031 et ouvrit une grande période d’instabilité, puis sa partition en des petits royaumes Berbères au sud de l'Espagne et du Portugal actuel.



Tapisserie de Bayeux relatant le bataille d'Hastings (1066)

Repères chronologiques de Paris et du royaume capétien :
1000 : Fondation du prieuré Saint-Denis-de-la-Chartre située sur l'île de la Cité, et édification de l'église du même nom (détruite en 1810).
1002 : Naissance de Bruno d'Eguisheim le futur pape Léon IX, un pontife réformateur et désigné avec l’accord des Francs, il est originaire d’Alsace.
1031 : Mort de Robert II à Melun, règne d’Henri I sacré à Reims roi des Francs, troisième dans l’ordre des Capétiens.
1034 : Paris, ou son île est ravagée par un incendie, comprenant l’église St Pierre des Arcis située sur l’île de la Cité.
1037 : Paris est de nouveau la proie de flammes et la ville est embrasée dans plusieurs lieux.
1048 : Pontificat de Léon IX.
1049 : Le Concile de Reims condamne les Vikings ou Noth-man en Italie du Nord s’attaquant au populations et aux biens de l’église, et s’en prend aussi aux « Simonies » (déviations des charges des prêtres) et aux « Nicolaïtes » (déviances en faveur des œuvres de  Satan dans l’Apocalypse, le rôle de la sexualité des prêtres et le fait de ne pas pêcher par la luxure)
1054 : Mort du pape Léon IX à Rome. Début du Grand Schisme entre les églises d'orient et d'occident : naissance de l’église Orthodoxe et de la papauté romaine.
1056 : Arrivée de la fourchette en Italie.
1059 : Philippe 1er est sacré roi à Reims.
1060 : Mort d’Henri I et règne de son fils Philippe, quatrième de la dynastie capétienne.
1076-1077 : A Paris et ailleurs, la population subit deux longs hivers avec une chute des températures, les plus froides du siècle.
1077 : Annexion du Vexin par Philippe I.
1079 : Fondation du prieuré de Saint-Martin des Champs en rive gauche.
1095 : Le pape Urbain II lors du Concile de Clermont lance un appel pour la première croisade, et récrimine les désordres ecclésiastiques. Godefroy de Bouillon prend la tête des barons pour chasser les «hérétiques».
1100 : Fondation de la léproserie de Saint-Lazare par les chevaliers de Saint Ladre sur la route menant à l’abbaye de Saint-Denis. Et arrivée du philosophe et moine Abelard à Paris.

 Au fil des routes
 
Une des dernières bornes milliaires gallo-romaine date de 435. En Europe occidentale s'engageait la fin de l'entretien des routes et l'arrêt de la circulation charretière aux VI° et VII° siècles, au profit d'une navigation fluviale de faible activité. En 614, un édit de Clotaire II (584-628) supprime les droits sur la circulation des marchandises.
 
En 793 un capitulaire de Charlemagne (742-814) prescrit que les réparations des ponts et des routes doivent être effectuées selon les usages antiques. En 819, 823 et 830 Louis le Pieux (778-840) ordonne le rétablissement de relais pour ses envoyés et la réparation ou la reconstruction des ponts construits au temps de son père. Mais aucune organisation efficace n'est prévue et le trafic s'effectue avec des bêtes de somme ou des chars à boeufs qui constituent des véhicules tout terrain.



Les difficultés des transports en Europe occidentale imposent une dispersion des centres de production : agriculture indifférenciée, vignes le plus au nord possible, multiplication des étangs pour la pisciculture et utilisation pour la construction des matériaux locaux.

Les pèlerinages s'organisent : vers Saint-Martin-de-Tours (VI° s.), Saint-Gilles-sur-le-Rhône (X° siècle), Saint-Jacques de Compostelle (XIème s.). L'accès aux universités (XIII° s.) ou y parvenir doit se faire à pied le plus souvent, par des sentiers avec des gués ou par des bacs.
 



Les secrets de st.-Jacques de Compostelle (34 minutes)


Histoire d'un jour (RTBF)  avec Philippe Martin,
professeur d’histoire moderne à l’université Lyon 2, spécialiste d’histoire religieuse


 
Suite de la promenade :
Le Bas Moyen Âge à Paris (1ère partie)

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Dernières modifications : 21/09/2017


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