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Bertholt Brecht

 
Le Haut Moyen Age
à Paris


Les dites invasions ou poussées miratoires  venant de l'Est en 395, provoquaient la décomposition rapide de l'Empire romain. Nous passons de l'Antiquité gréco-romaine à ce qu'il est convenu d'appeler le Moyen Âge.

ci-contre :
baptême de Clovis
 


Le Moyen-Âge : cette période historique durera plus ou moins mille ans et prendra fin avec la découverte des  Antilles en 1492-1493.

On utilise parfois l'idée d'"Epoque de la Grande Noirceur" durant les rois mérovingiens. Pour expliquer cette stagnation, la stabilité ou la paix en Europe occidentale, elle ne reviendra pas avant 800 (et encore sur une période relativement courte). L'Église chrétienne devient puissante et le pouvoir politique sera détenu par des rois mérovingiens, puis carolingiens à partir du règne de Pépin le Bref. Paris n'est peuplée que de quelques milliers d'habitants et c'est une ville de très moyenne importance, rien ne peut indiquer que Paris sera un jour une place forte de grande envergure. Sa population n'excédait pas 15.000 âmes, les campagnes dominaient, et le monde urbain s'essoufflait au début des dites invasions ou poussées migratoires venus du nord de l'Europe.

  Le Haut Moyen Âge est cette première période lontgemps vue au seul filtre des "invasions", elle met un arrêt ou un frein aux conditions du progrès de la civilisation latine, notamment la mise entre parenthèse de son organisation urbaine pendant près de 500 ans, mais pas à se codes et usuels. Pour autant, la chute de l'Empire Romain de 476 n'a pas vraiment eu lieu (écouter la conférence de Bruno Dumézil), il laiisse place à l'Empire d'Orient et un ensemble européen très composite.
 

Carte de l'expansion de l'Empire Franc de l'an 441 à 814



Source : Wikipedia.org
 



La période Mérovingienne
Début du Vème siècle c'est le commencement des grandes invasions qui commence par les Vandales, ensuite les Huns et les Francs (Saliens fondateur de la loi Salique). Les Francs avec Clovis à leur tête, ils se rendent maîtres de la plus grande partie de la Gaule. De la fin du Vème siècle au VIIème siècle, Clovis puis d'autres francs administreront Paris. La période mérovingienne débute après la victoire de Vouillé et le triomphe à Reims de Clovis. Il est reconnu comme le grand souverain de l'Europe occidentale. II décidera de se fixer sur l'Île de la Cité, roi des francs et vainqueur des Romains en 486, il s'établit à Paris et en fera de fait la capitale de son royaume.  

Pourquoi Clovis prend-il place à Paris? Vers 450, lors de l'invasion des Huns, sainte Geneviève galvanise les habitants de Paris et leur intime de ne pas déserter la ville, elle engage la résistance devant les Huns d'Attila, qui ne viendront jamais à Paris. Elle deviendra très écoutée des parisiens, et favorisera la venue de Clovis et le conseillera habilement. Clovis demeurera à Paris, probablement dans le palais construit sous l'empereur romain Julien. Assurément pour des raisons stratégiques : le fleuve et l'île de la Cité comme protections naturelles, des garnisons militaires pour renforts. Mais aussi pour des raisons religieuses, Clovis est converti et baptisé depuis peu, influencé par Geneviève de Nanterre. 
 

À la mort de sainte Geneviève, vers 502, Clovis fera construire à Paris une basilique, sur le lieu où elle est inhumée et où il souhaita lui-même reposer avec son épouse Clotilde. Il décida de faire bâtir la basilique des saints Apôtres, (sur son emplacement la future église Sainte-Geneviève et plus tard le Panthéon). Clovis fait de Paris officiellement la capitale des Francs en 508.

Ci-contre : une représentation de Geneviève

Lorsque Clovis meurt en 511, trois royaumes mérovingiens se forment avec l'Austrasie, la Neustrie et la Bourgogne et se déchirent en guerres intestines. Il sera comme selon ses voeux enterré à l'église des Saints-Apôtres aux côtés de Sainte-Geneviève qui donnera son nom à cette montagne (environ 85 mètres de hauteur, une colline plus exactement...).

En 547, un immense incendie commence d'une des maisons bâties sur le pont d'un petit bras de la Seine sur la rive gauche et détruit une bonne partie la ville gallo romaine. Le fils de Clovis, Childebert 1er, fondera en 558 l'abbaye de Saint-Germain où seront enterrés les rois mérovingiens.  

Le royaume de Clovis n'ayant pu conserver son unité, la vie à Paris se concentre sur l'île de la Cité et sur la rive droite de la Seine autour de la place de Grève. Toutefois, ses fils continueront à être garant de Paris et, bien que divisés, le Roi Dagobert la conservera comme capitale jusqu'à la fin de son règne en 639.

  Au VIIème siècle c'est un affaiblissement du royaume qui se produit sous les "rois fainéants". Clotaire II et Dagobert Ier tenteront une unité de façade. En 651, la Grande famine terrasse le pays, l'évêque Landry fait bâtir un hôpital, bien connu sous celui de l'Hôtel-Dieu. En 687, Pépin de Herstal devient le chef réel des trois royaumes, puis entre 711-714, les armées arabes du Califat de Damas veulent convertir le sud de l'hexagone à l'Islam. depuis l'Espagne. Et ils deviennent maître du Languedoc, Charles Martel vers 732 les auraient mis en échec à Poitiers. La dernière ville reprise par les Francs  aux mains des Sarrasins sera Narbonne en 759.
 
 
 De la période carolingienne aux invasions Vikings
 
  Pépin le Bref devient roi de Francs en 751 et il fonde la dynastie des Carolingiens. Avec la décadence du pouvoir des rois mérovingiens, Paris perdra de son importance. Sous les Carolingiens, l'empire de Charlemagne s'étant considérablement agrandi, celui-ci fait Aix-la-Chapelle sa capitale, et semble accorder à Paris de n'être qu'une de ses potentielles résidences. Pépin meurt en 24 septembre 768 à l'abbaye de Saint-Denis, après avoir partagé le royaume entre ses deux fils, Charles (futur Charlemagne) et Carloman Ier.
En Europe, en l'an 800, Charlemagne se fait sacrer Empereur (ci-contre), roi des Francs et empereur d'Occident, un des fils qui lui succédera, Louis le Pieux (814-840) ne maintiendra pas l'unité de l'Empire d'occident. Charlemagne, à l'inverse de Clovis, qui avait son Palais sur l'île de la Cité, fait d'Aix-la-Chapelle la capitale de son Empire, le partage de l'empire d'Occident aura lieu en 843 (traité de et à Verdun), et Charles II le Chauve deviendra le premier roi de France en titre (La Francie occidentale de 843 à 877) et Empereur d'occident les deux dernièes années de sa vie. Son successeur sera Chatles III dit le Gros à partir de 881, co-roi de la Francie de 876 à 887.
 

 
  Charles le Chauve organise la défense grâce un système de fortifications et les habitants trouvent refuge sur l'île de la Cité. Le Comte Eudes et l'évêque de Paris Gozlin à la tête de leurs chevaliers repoussent les assauts répétés des Vikings. En effet ils remontaient l'estuaire de la Seine et menacaient ainsi la cité parisienne. En 845 Les vikings attaquent et pillent la ville, l'empereur Charles. II est rançonné pour qu'ils se retirent de la région. Les invasions scandinaves provoqueront l'affaiblissement de la royauté, la féodalité se développant. En 885 les Vikings assiégèrent de nouveau l'île de la Cité pendant plus de 13 mois. Lors des raids les bourgs se formèrent sous la protection des abbayes.



Paris comptait probablement au plus cinq mille habitants et une importante communauté de marchands Syriens. La lecture et le calcul étaient pratiquement inconnus, l'hygiène corporelle inexistante, ce qui expliquerait que Charlemagne ait créé par ailleurs des écoles et installé un bain dans son palais. En 882, Fondation de la première école connue à Paris par Rémi d'Auxerre.


De la période anarchique 877-987 émergent les Robertiens de Paris, entre-temps, les Vikings s'installent en Normandie (911).
Louis V, le Fainéant, le dernier souverain carolingien s'éteint, après s'être illustré dans la défense du Royaume de Francie contre les Vikings scandinaves (Suède et Danemark notamment).
 
Les pirates Scandinaves à Paris
sous le royaume Franc

(….) Ni l'Escaut, ni la Loire ne furent attaqués avec plus d'acharnement que la Seine.

Le 15 mai 841, une flotte Scandinave y arriva, conduite par le terrible Ogier, dont les sanglants exploits devaient laisser un tel souvenir parmi les peuples, que son nom changé en celui d'Ogre, a traversé les siècles et sert encore d'épouvantail. Ogier brûle Rouen, Jumiéges, Fontenelle, détruit villes et monastères, traîne en esclavage les populations sans défense, égorge tout ce qui résiste.

Quatre ans plus tard, le Norvégien Ragnar-Lodbrog remonte jusqu'à Paris avec 120 bâtiments chargés de pirates. Les habitants étaient enfuis; les Danois pillèrent tranquillement les monastères et la cité. Le roi Charles le Chauve, réfugié à Saint-Denis, se hâta de pactiser avec eux et de leur donner 7.000 livres d'argent pour les renvoyer. Ragnar, après avoir juré, «par ses dieux», de ne plus attaquer le royaume, s'empressa, dès qu'il eut reçu la somme promise, de ravager tous les pays qu'il traversait pour s'en retourner.

Revenu dans son pays, il étale son immense butin sous les yeux de ses compatriotes émerveillés. Il raconte à la jeunes empressée autour de lui, comment il a soumis à un tribut «tout le royaume des Franks!» comment il a parcouru en conquérant une terre bonne, fertile, remplie de biens, couverte d'habitants lâches et incapables de se défendre. Ses récits enflamment la cupidité et redoublent l'audace des pirates. C'est en vain que les rois de France, de Germanie et d'Italie demandent la paix au «kongar» (roi) des îles danoises (847), ce dernier lui-même se sent impuissant à arrêter le courant qui entraîne ses peuples vers des rivages plus fortunés.

En 851, Ogier qui revient de Gascogne où il n'a rien laissé debout, réparait huit à coup. Il renverse ceux des monastères des deux rives qui s'étaient rachetés à prix d'or dans sa première invasion et répand une telle terreur, qu'au dire des chroniqueurs, on n'avait jamais vu semblable extermination dans ces contrées. Mais comme il revenait de piller Beauvais, il fut surpris par un des seigneurs du pays, et le petit nombre de ses compagnons qui échappèrent au massacre s'enfuirent dans les bois et regagnèrent de nuit leurs vaisseaux

En 853, Godfried, «roi de mer», après avoir tenté d'établir une colonie à Vernon, vogua vers la Loire pour piller le monastère de Saint Martin, l'illustre sanctuaire de la Gaule mérovingienne. Nos vieux chroniqueurs nous montrent les chemins couverts de peuple, de moines, de prêtres épouvantés, portant à eux les reliques des saints, les restes de l'apôtre des Gaules, qui fuyaient de toutes parts devant les bannières d'Odin.

Bientôt les pirates, commandés par Biern-Côte-de-Fer, reparaissent dans la Seine. Mais Charles le Chauve les attendaient à la tête d'une armée et en fil un grand carnage dans la forêt du Perche.
Cette défaite n'empêcha pas Biern de revenir, en 857, après avoir reformé sa flotte. Paris fut livré à un nouveau pillage. Presque toutes ses églises furent brûlées.

«Lutèce, dit un contemporain de ce désastre, Lutèce, cette noble capitale resplendissante de gloire, ce trésor des rois, port des nations, ne représente plus qu'un amas de cendres. »


« La Seine, s'écrie Hildegher, évoque de Meaux, roule à la mer d'innombrables cadavres chrétiens; la poussière des os des captifs morts entre les mains des pirates blanchit toutes les îles du fleuve.»


Les North-mann revinrent encore en 861 et enlevèrent tout ce que leurs devanciers avaient laissé. Comme ils s'en retournaient, Charles leur ferma la retraite, leur fit restituer une partie de leur butin et força Weeland, un de leurs principaux chefs, à recevoir le baptême; ce qui ne compromettait guère celui-ci aux yeux de ses compagnons, tout prêts à en faire autant pour sauver leur vie ou leur butin.

Pendant 24 ans, les North-mann, occupés ailleurs, ne songèrent plus à Paris qu'ils croyaient avoir anéantie pour toujours. Les Parisiens profitèrent de ce répit pour se fortifier, en construisant une solide enceinte.

Enfin, en 885, les pirates reparurent plus nombreux que jamais. 700 barques peintes, couvrait le fleuve sur une étendue de deux lieues, portaient 30,000 combattants, et arrivèrent devant Paris, le 25 novembre. Les audacieux North-mann. attirés par l'espoir de piller une quatrième fois la capitale des Franks, furent bien surpris de la trouver fortifiée et de voir la Seine barrée par deux ponts protégés eux-mêmes par deux énormes tours.

Cette fois, les Parisiens allaient se défendre, sous les ordres de leur évêque Gozlin et de leur comte, Eudes, ancêtre des Capétiens.

Jugeant bien qu'ils n'auront pas facilement raison de la ville, les pirates demandent seulement à la traverser, en franchissant le barrage de la Seine, pour remonter ce fleuve et aller piller le centre de la Fiance. Leur proposition est repoussée avec horreur.

L'attaque commença le lendemain, mais elle n'eut aucun succès. Après quelques semaines de repos, les Barbares reprirent les attaques de vive force en employant toutes les machines que la science militaire des Romains avait inventées.

Tour roulante, à trois étages, tortues de boucliers, mantelets de cuir frais, béliers, brûlots, tout vint échouer contre le courage des assiégés.

L'inclémence du ciel ne put elle-même les effrayer. La chute du Petit Pont, emporté par une crue subite de la Seine, vint faire tomber une tour au pouvoir des North-mann sans affaiblir la résolution des Parisiens. Leurs hauts-faits retentissaient dans tout l'empire et faisaient contraste avec la lâcheté des autres villes. De toutes parts on organisa des secours; mais nul ne put faire lever le siège.

Bientôt la peste, dont l'héroïque évêque Gozlin fut une des premières victimes, abattit les plus intrépides défenseurs de la cité, sans abattre pour cela le courage de ceux qui restaient.

Enfin Charles le Gros arriva avec des troupes assez nombreuses pour écraser les assiégeants qui livrèrent un dernier assaut, repoussé comme les autres, et se préparèrent à vendre chèrement leur vie.

Mais le lâche empereur, au lieu de combattre, prit le parti de payer aux pirates une rançon de 700 livres d'argent et de leur donner, en outre, le droit d'aller ravager la Bourgogne. Malgré les termes de cette convention, Paris ne s'y méprit pas. C'était une capitulation !...

A partir de ce jour, la dynastie des Carlo-vingiens fut perdue dans L'esprit du peuple indigné, qui chercha dans son propre sein des hommes capables de le défendre et ne tarda pas à donner la couronne au plus digne de la porter, à Eudes, fils de Robert le Fort, et fondateur de la dynastie des Capétiens. La rançon payée par Charles ne désarmait pas les pirates; elle les rendit plus entreprenants.

Ne pouvant traverser Paris pour aller piller la Bourgogne, ils transportèrent leurs barques par terre, de l'autre côté de la cité, et l’année suivante, le 24 juin 888. Eudes les surprit dans les défilés de l’Argonne et en passa19,000 au fil de l'épée.

D'autres désastres avaient presque anéanti les North-mann, lorsque, des ports de la Scandinavie, partirent de nouvelles nuées, à la suite d’une guerre civile. A leur tète; ils avaient placé le célèbre Rollon dont voici l'histoire en peu de mots.

Rollon, que les anciens chroniqueurs appellent tantôt Rolf, Rou, Raoul, Haroul ou Robert, exilé pour certains actes de violence, ne pouvait revoir la Scandinavie. A la tête d'une troupe d'aventuriers, il s'abat sur les côtes d'Ecosse, imprime son souvenir en lettres de sang sur les rivages anglais, tombe sur la Frise, bat et fait prisonnier le comte de Hainaut, qu'il soumet à un tribut et aborde en France, vers l’an 876.

Après avoir remonté la Seine jusqu'à Rouen, il s'empare, sans combat, de cette ville; mais au lieu de la piller, il la fortifie et en fait sa place d'armes. La victoire de Pont de-1'Àrche, remportée sur l'armée française, lui livre Meulan ; une autre victoire lui donne la tranquille possession des bords de la Seine.

Il aurait bien voulu Paris; mais il tenta vainement, en 911, de s'en emparer. Il se consola en allant saccager Bayeux et le pays Bessin. Dans cette expédition, il parvint à s'emparer de Popée, fille du comte Bérenger, femme d'une grande beauté, dont il était éperdument amoureux et qu'il épousa par amour, comme on disait alors, quand le prêtre ne bénissait pas l'union.

Souvent battu, mais jamais vaincu, Rollon vogue vers l'Angleterre, pour secourir le roi Alfred, son ami, alors en guerre avec ses sujets ; puis il reparaît en France, conquiert Nantes, Angers, le Mans ; pousse des excursions jusqu'en Bourgogne et en Auvergne.

Battu sous les murs de Chartres, dont il fait le siège, il parvient à se retirer sans se laisser entamer et force le faible Charles le Simple à lui proposer la paix. Un traité fut conclu à Saint-Clair-sur-Epte, traité par lequel le North-mann resta maître, en qualité de duc, de la partie de la Neustrie qui, depuis, a porté le nom de Normandie.

Rollon, pour faire une fin sérieuse, se convertit au christianisme et épousa Gisèle, fille du roi (912). La cérémonie du baptême avait été précédée de l'hommage, dont une des formalités était de baiser les pieds du roi. Lorsqu'on avait proposé cet acte humiliant au fier Scandinave, il s'était récrié. Une vieille chronique latine dit même qu'il refusa carrément, par ces mots : « - Ne se, by god ! Jamais, de par Dieu !  »

D'où serait venu le sobriquet de bigots, donné d'abord aux Normands et appliqué ensuite à ceux qui parlent souvent de Dieu. On ne put rien obtenir de lui, sinon qu'il ferait baiser le pied du roi par un de ses officiers. Celui-ci, furieux d'accomplir une semblable commission, empoigne brusquement le pied auguste du monarque, et le porte jusqu'à ses lèvres, sans daigner se baisser ; de sorte que le roi tomba en arrière, aux grands éclats de rire des Normands présents à cette cérémonie.

Le faible Charles, incapable de se venger, fit semblant de prendre cette insolence pour une maladresse; et l'hommage de Rollon (appelé Robert depuis son baptême) ne servit qu'à humilier, une fois de plus, la majesté royale.

A l'exemple de leur prince, les Normands s'empressèrent de recevoir le baptême. Ils se présentèrent un jour en si grand nombre aux pieds des autels, qu'il n'y eut pas assez d'habits dits de néophytes, habits dont on couvrait alors les nouveaux convertis et qui leur restaient ensuite. On en fit à la hâte d'assez grossiers. Mais les Normands n'en voulurent point.

— Garde ta casaque pour des bouviers, dit l'un d'eux en colère; voilà, grâce au ciel, la vingtième fois que je me fais baptiser ; jamais on n'avait encore eu L'insolence de in offrir de pareilles guenilles. (...)
(texte ajouté en avril 2017)

Source : Ce texte est extrait de l’Histoire illustrée des pirates, etc.
Un livre de Jules Trousset publié en 1880.
Livre V, les pirates scandinaves, les North-mann en France,
pages 366 à 368. (Gallica-Bnf)


 
Le premier roi « français » et règne des Capétiens
Les quatre premiers rois Capétiens furent Hugues Capet, Robert II, Henri Ier et Philippe Ier. Ils seront tour à tour les maîtres d'un réel petit domaine autour de Paris...  

 

Le 29 février 888, le comte Eudes est élu roi par ses pairs. L'autorité du nouveau roi est symbolique. Son domaine s'étend à peu près sur le nord de l'actuelle France. L'élection d'Eudes, comte de Paris, met fin à l'empire fondé par Charlemagne. Elle préfigure d'une monarchie «françoise».

L'empereur carolingien Charles le Gros meurt le 13 janvier 888, son successeur, sera Eudes. C'est le fils d'un soldat, Robert le Fort, connu pour sa résistance aux Normands. Eudes montrera la même combativité dans la défense de Paris. Après dix ans de guerres, Eudes et Charles III, dit le Simple signent un accord, ce dernier se retrouve avec un pouvoir limité entre la Seine et la Meuse.

Son frère Robert s'occupera des tractations de Saint-Clair-sur-Epte, ou les Normands poseront pieds définitivement aux embouchures de la Seine, en terres Normandes de nos jours. Le 29 juin 922, il devient roi de la « Francie occidentale ». Son règne fut bref : 1 an. Il décédera à Soissons face à Charles III, pourtant vaincu à l'issue de la bataille.

 
  Hugues, fils de Robert, dit non dans un premier temps à la couronne. Il favorise l'élection de son cousin Raoul de Bourgogne, puis de Louis IV. Ce dernier donnera la « Francie occidentale » à Hugues. Puis Hugues 1er, habile négociateur sera élu roi, le 3 juillet 987. Paris connue diverses fortunes mais ne redeviendra définitivement capitale qu'après l'élection de Hugues Capet au trône. Il s'empare de la couronne en 987 et fonde ainsi la dynastie des Capétiens. Son pouvoir et son héritage finiront un 21 janvier 1793 sur l'échafaud avec Louis Capet... ou Louis XVI.

 
La Neuve Ville ou la nouvelle ville...
 
C'est ainsi que l'on appela la rive droite de Paris, la Nouvelle Ville en français contemporain. Elle fut le poumon économique de la capitale en toute fin du premier millénaire. Ce nom donnera lieu aussi à ce qui adviendra le village de la Villette, ou le village de la Neuve Ville. C'est dans la Cité, puis le Louvre que le politique imprime peu à peu une tendance à l'absolutisme, mais son pouvoir n'est pas toujours à la hauteur de ses espérances et certaines urgences primes, en particulier les défenses de la Ville.
Nous entrons enfin dans une période plus propice, ou les sources sont plus nombreuses, et allons savoir comment Paris va passer de vingt mille ou plus, à près de trois cent mille habitants en moins de trois cent ans. Ce développement soutenu demanda un pouvoir relativement centralisé. Nous n'en sommes pas encore à Monsieur Colbert, mais des rois de France se feront remarquer pour le souci qu'ils marqueront pour Paris. A ce stade le Palais royal est une forteresse (ci-contre) et il est possible de découvrir les restes des fondations au musée du Louvre.
 

Le pouvoir de l'Église est manifeste, le féodalisme a permis un contre pouvoir, notamment dans la conduite de l'administration et les Évêques de Paris sont avant tout les administrateurs d'un diocèse fleurissant. Encore de nos jours, l'Archevêché parisien reste le deuxième propriétaire de biens immobiliers à Paris. Une histoire politique et religieuse d'une très grande richesse, et l'on ne pourrait comprendre le développement des quartiers périphériques sans les congrégations qui commencèrent tout d'abord à défricher et développer les cultures maraîchères afin de répondre aux besoins alimentaires des parisiens.

  C'est au coude à coude que la bourgeoisie et les ordres religieux vont partir à la conquête de notre fameuse Tutela. La rive gauche en comparaison ne connaîtra pas vraiment d'expansion notable en dehors de son axe sur la voie Saint-Jacques, mais deviendra le ventre fécond d'un des plus grands centres universitaires en France et en Europe en raison de l'ouverture d'écoles religieuses, notamment tout autour de la Montagne Sainte Geneviève, bien connu sous le nom de quartier Latin.

Si la première impulsion date de Charlemagne qui s'émeut du peu de connaissance de son peuple, c'est l'Église qui détient pour bonne part le savoir et les moyens de sa transmission.
L'écrit se fait encore essentiellement en latin quand la langue est à mi-parcours entre un français et des patois en langue d'oïl au nord de la Loire. Spiritualité, pouvoirs politiques et développement industriel sont les 3 centres notables de le ville capitale.
 
 
La Neuve Ville, l'Université et la Cité
 
Pendant le premier millénaire, seuls deux quartiers, celui du Marais et de la Place de Grève se développeront vraiment en rive droite, ou bien il faut remonter à hauteur de la Gare de l'Est, à la paroisse de Saint Laurent pour trouver des habitations, qui ne soient pas sous la menace des crues de la Seine et ce qui va adviendra du bras mort de la Seine, c'est à dire un ruisseau s'amenuisant avec le temps. Paris grandit et prend de l'importance à partir du Xème siècle, en raison de l'impulsion de l'essor économique, d'une démographie en pleine croissance et le développement des routes. C'est par l'agglomération industrieuse et marchande de la rive droite, que Paris grandit et à grand pas.  

 
S'organise une subdivision géographique en trois pôles, le pouvoir est au centre de la capitale dans l'Île de la Cité et au Louvre, l'Université et les cloîtres sont en rive gauche. Les marchands , les industriels et le petit peuple en rive droite feront de cette dernière le pôle émergeant de ce nouveau millénaire. On la nommera la Ville au sens plein, ou bien "la neuve ville" en français ancien. C'est avec différentes activités de production que les bourgeois parisiens vont prospérer. Les marchands d'eau par navigation fluviale vont devenir les premiers magistrats de la Capitale. La Hanse des marchands d'eaux étant devenu plus puissante que l'ancienne corporation des Nautes . En tout début de ce que l'on nomme le bas Moyen Âge, préfigure le futur statut de Paris et des fonctions des Prévôts, que l'on doit à Louis IX.
Cette première étape constitutive de la rive droite connaîtra un port très actif, s'étendant le long des rives nord. L'activité fluviale prend un nouvel essor et favorise les activités de commerce sur la rive droite de la capitale.  

Les métiers deviendront la plupart très organisées et se trouvant en des lieux qui portent encore de nos jours des noms de rue. À l'exemple de la rue de la Jonglerie, où résidaient les artistes ou intermittents du spectacle les plus sollicités du temps de Saint-Louis ; ou la rue de la Ferronnerie, de la Tannerie, etc... Tout comme l'on voit la construction de bâtisses destinés à protéger les marchandises, comme le Champeau qui deviendra les Halles marchandes.

En rive droite, c'est un véritable rapport de force qui va s'engager sur la propriété des sols de l'ancienne Tutela. Qui de l'église ou du pouvoir royal peut se prétendre propriétaire naturel des lieux et la polémique au sens plein va duré quelques temps, d'au moins 814 à 1222 entre la royauté et les différent Évêques de Paris


L'Église se retrouvant quasi seule a pouvoir produire des actes écrits au sujet des terrains de la Tutela. Ils vont être âprement négociés, la plupart des actes furent des faux en écriture qui prévalait d'un droit à l'Évêché de Paris sur la partie occidentale de la rive droite jusqu'à l'arc ou quart de cercle dessiné par le marais septentrional. Produit sur la foi de deux actes datés de 814 et 820, revus en 978, et tranché en 1222 par les choix de Philippe Auguste, que l'on désigne sous le nom de "Charta Paris".
 
 Au fil des routes
 
Une des dernières bornes milliaires gallo-romaine date de 435 en France. En Europe occidentale s'engagera la fin de l'entretien des routes et l'arrêt de la circulation charretière aux VIème et au VIIème siècle, au profit d'une navigation fluviale de faible activité. En 614 un édit de Clotaire II (584-628) supprime les droits sur la circulation des marchandises.
 
En 793 un capitulaire de Charlemagne (742-814) prescrit que les réparations des ponts et des routes doivent être effectuées selon les usages antiques. En 819, 823 et 830 Louis le Pieux (778-840) ordonne le rétablissement de relais pour ses envoyés et la réparation ou la reconstruction des ponts construits au temps de son père. Mais aucune organisation efficace n'est prévue et le trafic s'effectue avec des bêtes de somme ou des chars à boeufs qui constituent des véhicules tout terrain.
Les difficultés des transports en Europe occidentale imposent une dispersion des centres de production: agriculture indifférenciée, vignes le plus au nord possible, multiplication des étangs pour la pisciculture et utilisation pour la construction de matériaux locaux.  

 
Les pèlerinages : vers Saint-Martin-de-Tours (VIème s.), Saint-Gilles-sur-le-Rhône (Xème s.), Saint-Jacques-de-Compostelle (XIème s.) et l'accès aux universités (XIII ème s.) doivent se faire à pied par des sentiers avec des gués ou des bacs.
 
 
Suite de la promenade...  
Le Bas Moyen-Âge à Paris (1ère partie)


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Dernières modifications : 10/05/2017