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"Ce
qui est démocratique, c'est à faire du petit cercle
de connaisseurs un grand cercle de connaisseurs"
Bertholt
Brecht
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Quartier de
la Porte Saint-Denis à Paris
Comment d'un travail
d'histoire "locale" mieux comprendre notre espace ?
C'est-à-dire,
comment est il possible de poser les termes d'une histoire urbaine,
ou donner du relief à un espace géographique limité
à partir de certains éléments de sa mémoire.
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| Nous
vous proposons ainsi de retrouver ce qu'aujourd'hui nos yeux
ne verront plus, mais que les espaces virtuels et un peu d'imagination
peuvent aider à entrevoir ? Pourquoi ce quartier de Paris
plus qu'un autre ? |
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| Ce
travail est parti simplement autour de l'idée d'un ré-aménagement
urbain du bas du faubourg Saint-Denis (entre la porte monumentale
et la grande Poste proche du boulevard Magenta). L'objectif était de rendre
aux piétons l'espace conquis par l'automobile, et d'engager
un dialogue avec les résidents et les commerçants.
Pris "au piège"de certaines recherches sur l'historicité
des alentours de la Porte Saint-Denis, les découvertes
sont devenues si passionnantes, qu'il fut difficile de résister.
Les sources furent abondantes, à la limite du trop plein
et certaines reposaient sur des données par toujours fiables.
Il importait de trouver des travaux mettant en lumière
les évolutions urbaines. Il y avait le désir de
pouvoir parler de Paris autrement, sortir d'une histoire trop
conventionnelle, sans pour autant tomber dans une histoire "localiste".
La richesse en mémoire de la capitale est telle que l'histoire
d'un lieu peut se subdiviser sur des segments nombreux. Ce qui
pouvait sembler limité, est devenu une somme de travail
et au fil du temps et des recherches a fini par trouver une certaine
cohérence. Et, il reste du travail sur la planche, notamment
pour de jeunes historiens en recherche d'un sujet. Ce travail
reste partiel, probablement avec son lot d'erreurs, mais attention,
il n'est pas le fait d'un historien, ni d'un urbaniste et n'a
aucun caractère universitaire. Au mieux son but est pédagogique
ou d'ouvrir des pistes à d'autre curieux. |
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| La
mémoire est un outil complexe, quand l'hypothèse
devient un enjeu de recherche, tout à chacun peut ainsi
participer et apporter sa contribution. Simplement à titre citoyen, il suffit d'avoir
un goût prononcé pour la recherche (même en
tant qu'amateur). C'est aussi un moyen de transmission pédagogique
adapté pour donner goût à l'observation et
aux espaces dans lequel nous vivons ou déambulons de temps
à autre. Et l'occasion d'aborder diverses choses, comme
l'architecture, la vie artistique plus largement, la vie sociale
et économique, et bien d'autres domaines. |
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Si l'histoire en devient un peu trop localiste,
il est difficile d'expliquer les influences extérieures,
les causes parfois répétitives des conséquences
d'un urbanisme qui se dégrade, ou change de propriétaires
ou de populations, etc... Ou
prenant le pas des marchés spéculatifs, quitte
à sacrifier quelques bijoux immobiliers du dix-huitième
siècle, comme ce fut il y a encore quelques années
(du temps de la main mise du RPR et ses réseaux sur la
capitale). Le patrimoine parisien demeure relativement opaque
et "Paris Ville Propre" a fait le reste. Si l'on s'attarde
à savoir qui sont les grands propriétaires de la
capitale, nous trouvons : la Ville de Paris, l'Evêché,
l'État ou des entreprises nationales comme la SNCF. Ces
institutions sont à la tête d'un patrimoine considérable
et au prix du mètre carré à Paris, on reste
rêveur devant les ors de la république et du clergé.
note du 21-08-2005
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| Histoire
urbaine du Quartier de la Porte Saint-Denis |
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Nous vous proposons une
visite virtuelle au sein d'un quartier de Paris : le Quartier
de la Porte Saint-Denis, dans le dixième arrondissement
de la capitale.
Une promenade sur un petit
bout de terre à la loupe des mémoires, pour découvrir
comment au fil du temps un petit morceau de la capitale évolua.
ci-contre
: carte fin dix-huitième siècle
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| Le Paris d'avant la Renaissance nous laisse en
apparence peu d'empreintes. Par
exemple de la période du Moyen Âge, le plus vieil
immeuble parisien date de 1431 (quartier du grenier Saint Lazare).
C'est en soit un des rares vestiges immobiliers de cette époque
dans la capitale. On pourrait penser qu'il y a moins de traces
qu'au temps de l'antiquité gallo-romaine ? Ce qui est
vrai en terme de visibilité, faux si l'on sait que se
cache de nombreuses fondations, ou que les matériaux ont
été recyclés au service de nouvelles constructions
(datant de la Renaissance et des Temps Modernes). |
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| Si
certaines villes en France ont pu conserver leurs centres villes
médiévaux (Dijon, Le Mans, ...), ce n'est pas vraiment
le cas de Paris. Première
évidence, cette ville est relativement petite et dense,
notamment en rive droite. Sans compter les incendies, les fortifications
et les guerres qui ont provoqués des destructions et des
reconstructions. Sans omettre la volonté des monarques
de marquer à chaque période une évolution
architecturale, et de fait urbanistique. Ce qui conduisit cette
Ville à changer plusieurs fois de visage et laisser assez
peu de place à ce qui est antérieur au 15ème
siècle. Il y aura surtout de la part du pouvoir impérial,
sous l'égide du baron Haussmann, la volonté de
détruire les restants médiévaux. Il fallait
que l'armée puisse se déplacer dans la ville et
réprimer les foyers révolutionnaires. Et comme
Paris ressemblait à un labyrinthe, on peut imaginer l'ampleur
des travaux et les nombreuses expulsions que cela provoqua. |
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| Nomenclature du quartier de la Porte Saint-Denis |
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| Depuis 1860 et sa dernière délimitation
administrative, la superficie du quartier est de 47 hectares.
Il commence boulevard
de Bonne Nouvelle, en son sud, et prend fin en son nord au boulevard
de Magenta. Le faubourg Poissonnière se trouve en son
extrémité Est, et le boulevard de Strasbourg à
l'Ouest. Il jouxte les 2, 3, et 9ème arrondissement et
les quartiers Saint-Martin et Saint-Vincent de Paul au sein de
la même localité (le dixième arrondissement
de Paris). |
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Avant 1860, le quartier
Saint-Denis est en quelque sorte un quartier nomade. Sa configuration géographique
va plusieurs fois changer, s'étendre au fil du temps du
centre vers le nord de la capitale. Il a connu pour premier
et bref emplacement l'Île de la Cité, sous probablement
les mérovingiens. Puis
"s'en alla" en rive droite vers l'actuel deuxième
arrondissement, progressant sur plus de six siècles jusqu'au
sud du quartier actuel de Saint-Vincent de Paul. Le quartier fut rattaché
avant 1860 au cinquième arrondissement de Paris, et en
tant que neuvième paroisse avant 1789. Napoléon III rattacha
les villages limitrophes, tous ceux en limite des barrières
de l'octroi (construites par Nicolas Ledoux). Il réorganisa ainsi la carte administrative
de Paris, et constituera le paysage moderne de la capitale avec
ses 20 arrondissements. Le quartier de la Porte Saint-Denis est
inclus depuis au dixième arrondissement de Paris.
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| Historique routier, en bref : |
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L'axe principal du quartier
Saint-Denis est le faubourg Saint-Denis - cette rue a porté
aussi le nom de faubourg Saint-Lazare (en 1793 on le nomma le
faubourg Franciade).
Le faubourg est la continuation
de la rue Saint-Denis, qui s'est formée à partir
de l'ancienne prison du Châtelet. Ce qui constitua longtemps
la route de Saint-Denis et débouchait sur le village de
la Chapelle, environ une lieue plus loin, puis vers la Basilique
du même nom en Seine Saint-Denis.
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Pour le
faubourg Saint-Denis,
prendre
la première à gauche...
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| La
route de Saint-Denis fut une ancienne voie royale, elle servit
à la fois pour les enterrements royaux, les entrées
solonnelles dans Paris.
Là où les bourgeois et l'aristocratie venaient
accueillir ou faire leurs adieux aux monarques. Le faubourg Saint
Martin et le faubourg Saint Denis sont les deux principaux noeuds
de communications en rive droite. Le faubourg Saint-Martin fut
longtemps considéré l'axe principal de communication,
en raison de ses origines qui dateraient de la période
gallo-romaine. |
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| Etymologie
de "faubourg": les
faubourgs sont les rues qui viennent de l'expression "fors
le bourg", c'est-à-dire en dehors des remparts de
la ville. C'est à Paris le prolongement de rues se trouvant
en son centre (Saint-Denis, anciennement Saint Jacques,...),.
Les faubourgs sont l'expansion sur plusieurs centaines d'années
d'un urbanisme relativement anarchique. Ils se trouvèrent
hors des enceintes fortifiés jusqu'à Louis XIV. |
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| Noms
des principales rues du quartier de la Porte Saint-Denis : rue de Paradis, rue d'Enghien,
rue des petites écuries, rue Martel, rue d'Hauteville,
rue de Metz, ... ; et les passages complètes et donnent
à ce quartier une atmosphère toute particulière
: passage Brady, passage de l'Industrie, passage de Reilhac,
passage du Prado et du Désir. Si vous souhaitez connaître
rue par rue ou par numéro de rue l'histoire de ces lieux
ou d'autres, il existe un très bon dictionnaire en deux
volumes sur les Rues de Paris (Chez Larousse), consultable à
la BPI (3ème niveau, M°Beaubourg). |
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| Conseils
aux visiteurs, si d'aventure il vous prenait d'arpenter ce quartier
: un conseil avisé,
prenez votre temps et venez respirer, non pas l'air pur, mais
découvrir un quartier très vivant et représentatif
de ce que le Paris populaire a pu vivre. Subsiste de nos jours
un harmonieux mélange culturel (indiens, Turques, Pakistanais,
...)-. Une visite tard en soirée s'impose, la journée
"ça grouille" de toute part et l'on ne se rend
pas toujours compte de la beauté de ce lieu et de ses
méandres. Avec la lumière du soir, vous vous rendrez
compte que ce quartier regorge de choses à voir, l'architecture
locale va principalement du 17ème siècle, aux immeubles
d'après Haussmann. En journée, vous pouvez vous
promenez dans ce petit labyrinthe et avoir de belles surprises.
À cela un seul geste, poussez les portes cochères,
à vous de découvrir des espaces qui échappent
au regard et qui valent le détour. Vous pouvez aussi continuer
votre promenade vers la gare de l'Est et le Canal Saint-Martin.
Il suffit de traverser le canal pour découvrir l'hôpital
Saint-Louis et sa splendide cour carrée (ouverte en journée).
Par ailleurs attention aux luxation du cou, regarder des immeubles
demande de s'arrêter ou de regarder en l'air... |
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| Les premières fondations du quartier Saint-Denis |
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| Il
mutera jusqu'en 1860, pour connaître son actuelle configuration
au sein du dixième arrondissement de Paris. Lors des invasions barbares du
IIIème siècle après Jésus Christ
les habitants se réfugieront sur l'île de la Cité,
au lieu dit de Saint-Denis, possiblement à proximité
de l'ancien Forum gallo-romain. C'est du moins la première
mention écrite faisant référence à
ce lieu dans les textes anciens. Au cinquième siècle,
l'actuel faubourg Saint-Denis n'est qu'un sentier. La première
implantation au sein de l'actuel 10ème arrondissement
se fait un peu au nord sous les mérovingiens, au sein
de la paroisse Saint-Laurent (Gare de l'Est). Où se trouve
probablement l'une des plus vieilles maisons de la capitale.
Elle est attenante à l'Église Saint Laurent et
daterait du 15ème siècle. |
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| Le
premier nom toponymique de Saint-Denis prend son départ
de nos jours à la hauteur de la rue des Tuileries. C'est à partir de la rue
Saint-Denis (au sein du 1er arrondissement) que la route s'organisera
vers le nord et sur la rive droite en direction de la Ville de
Saint-Denis. Non loin de l'ancien cimetière des Innocents
se trouvèrent les premières bases urbaines du quartier,
c'est à dire plus exactement une paroisse. Le quartier
est une innovation administrative tardive. S'en suivra au début
du deuxième millénaire l'édification des
portes fortifiées de Saint-Denis et de Saint-Martin. Elles
se trouvaient à la hauteur de l'actuelle rue Etienne Marcel
(pour repère elles verront le jour sous Philippe Auguste
sous ces noms). |
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Au sein de ce qui adviendra
le faubourg Saint-Denis, c'est vers 1100 qu'un ordre chevaleresque
ouvre ses portes à une léproserie. S'y trouvait quelques aristocrates
qui combattirent les "incroyants" et revinrent affectés
par le mal de l'époque : la peste. C'est ainsi que va se constituer
l'un des plus vastes domaines privés parisiens, le lieu
dit de Saint-Lazare, à l'origine de Saint-Ladre. Il occupera une surface équivalente
à un peu plus de cinquante hectares, soit plus que la
superficie du quartier Saint-Denis actuel. La lèpre gagne
du terrain, la maladie fait peur et l'on maintien de préférence
à bonne distance "les pestiférés"
de la cité et des ses murailles.
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| Difficile de comprendre l'expansion de cette partie
de la capitale sans se plonger dans les communautés religieuses.
On découvre
ainsi que le quartier de la Porte Saint-Denis est le résultat
d'un développement que l'on doit principalement à
des ordres non contemplatifs. Ils répondaient à
des fonctions charitables ou d'hospitalité. Ils évolueront,
changeront de noms ou fusionneront et seront propriétaires
jusqu'à la fin dix-huitième siècle d'une
grande part des terres du quartier et du domaine disparu de Saint-Lazare.
Jusqu'à ce que la révolution de 1789 mette en oeuvre
des expulsions et la récupération des terrains.
Ces ordres charitables seront actifs et rendront nombres de service
aux populations indigentes, malades, sans éducations ou
de petite vertu, comme l'on disait en d'autres temps... |
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| C'est un peu "toute la misère du monde",
qui se trouva en dehors des murailles et accédait à
cette manne charitable.
Il n'y a pas à instruire un pour ou contre, mais à
suivre les évolutions du pouvoir royal, et l'histoire
politique et religieuse de Paris. Au début deuxième
millénaire de la chrétienté, on peut parler
des prémices de l'humanisme. De l'importance de cette
charité pour répondre à une misère
chronique (plus ou moins importante selon les époques,
mais relativement constante au sein et autour des faubourg du
temps des fortifications). Les entrées de Paris ne laissent
pas tout le flot humain s'engouffrer dans les enceintes, et une
majeure partie des miséreux sont hors la ville. |
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| Le
quartier d'origine ne part pas de la même configuration
géographique que celle que lui affecta en 1860 Napoléon
III . Elle va changer, et aller avec le temps plus au nord, à
quelques 2 kilomètres de son point de départ présumé.
C'est au sein de l'actuel deuxième arrondissement que
la paroisse Saint-Denys vit véritablement jour. Administrativement,
elle englobait entre autre la partie nord du quartier Montorgueil.
Le quartier évoluera au fil des changements du royaume
et surtout en regard des configurations urbanistiques, qui ne
cesseront de se transformer et modifier le paysage urbain en
raison de l'expansion de la capitale, notamment en rive droite. |
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| Le
premier acte connu, qui
authentifie la première implantation humaine au sein de
l'actuel quartier de la Porte Saint-Denis, date du XIIème
siècle. Avec
Philippe Auguste, Paris s'élargit sur la rive droite,
et une Porte fortifiée de Saint-Denis prend nom et place
vers 1180. Elle serait
la deuxième enceinte fortifiée en rive droite,
la première datant des premiers siècles comme la
possible conséquence des invasions venues de l'Est et
du Nord de l'Europe. L'oeuvre devait être imposante, des
fossés larges protégeaient l'accès à
la citadelle, et les passages des marchandises ou individus se
faisaient par les portes. Hors des remparts, la route de Saint-Denis
se prolongea avec de nouvelles habitations, de même que
la route Saint-Martin. |
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| Louis
IX (mort en 1270) renforça pendant son règne le
rôle des processions, et de certains rites au sein du faubourg,
le long de la route Saint-Denis. Ce fut aussi le chemin des dépouilles mortuaires
des grands du royaume. Sur cette même route les condamnés
du gibet de Montfaucon faisaient une dernière halte devant
le couvent des Fille-Dieu. Au devant duquel se tenait une croix
devant laquelle, les religieuses donnaient "trois morceaux
de pain et un coup de vin, avec des paroles de charité". |
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Vers 1370, Charles V fait
édifié de nouvelles enceintes, qui repoussent les
limites de la rive droite à la hauteur actuelle des grands
boulevards. Pour protéger la
ville il faut aussi absorber son expansion vers le nord. Il mettra
en oeuvre un travail considérable, et a du être
la cause d'une croissance économique soutenue. L'on découvrait
deux sorties, deux portes fortifiées, la plus imposante
fut probablement celle de Saint-Martin, tout comme celle du Temple
voisine, à l'est une Porte plus modeste, celle de Saint-Denis,
dite des peintres.
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| De
plus, les effets du développement des biens marchands
en Europe font de Paris un axe marchand. Les notables et la cour s'assurent de la protection
et aussi de l'accroissement de la ville, plans et marchés
ou "conduites à tenir" sont délivrés
aux bâtisseurs. C'est sous Charles VI en 1383 que s'achèveront
les travaux, sans aucun doute importants puisqu'ils s'étendirent
sur 16 années (1367-1383). |
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| En
tout début de l'actuel dixième arrondissement de
Paris, une entrée fortifiée sera construite sous
Charles V (vers 1370), cette enceinte fortifiée préfigure
les futurs Grands Boulevards de la Madeleine à la Bastille. De
la sortie de la Porte fortifiée de St-Martin, jouxtant
la porte de Saint-Denis, La Villette est le premier Village à
environ 2 kilomètres. C'est un no man's land qui s'organisa
tant bien que mal, et l'entrée sur Paris n'était
pas facile d'accès. Surveillances, contrôles, les
marginaux se tassent aux entrées des portes. La présence
des ordres charitables confortent cet état de fait, et
l'on retient les "misères" économiques
aux portes de la capitale politique. |
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| Ce qui sera
un jour, ou préfigure le quartier de la Porte Saint-Denis,
dénombre 200
contribuables et quelques milliers d'habitants autour du faubourg
de Saint-Lazare. Le
premier recensement fut organisé au 14ème siècle
. La campagne avec le temps devient rurbaine, et les deux mêmes
voies de communications dominent, l'une allant sur Saint-Denis,
ou l'on rend hommage au lieu dit de St-Ladre aux déplacements
royaux, l'autre sur les Flandres via le faubourg saint-Martin
(la plus vieille voie de communication sur le nord de la france). |
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Au quinzième
siècle le quartier
Saint-Denis est quasiment relié à la capitale,
mais pas encore au sein de Paris. 200 ans après Philippe Auguste, on engage
à nouveau des travaux d'agrandissement sur la rive droite.
Le deuxième et troisième arrondissement (actuel)
sont inclus à la ville nouvelle, les faubourgs apparurent
à partir du cinquième "Plan de La Ville de
Paris". Sur un plan de 1383, quelques bâtiments et
terres-pleins, des terres cultivées ou aménagées,
des espaces boisés, l'urbanisation reste modeste mais
la vie prend forme à grand pas, la banlieue d'autrefois
ressemble pas encore à la ville, elle conserve un brin
de campagne, les portes sont toujours sous une haute protection
et laissent place à l'extérieur aux faubourgs émergent. |
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| Le Neuvième quartier de Saint-Denys |
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Au milieu du seizième
siècle, le quartier était encore le début
de la campagne parisienne avec la présence d'une agriculture
maraîchère importante (résultat de l'assèchement
des marais). Un espace semi-rural, qui
voit l'apparition progressivement d'hôtels particuliers
par le rachat des emplacements appartenant en grande part aux
congrégations religieuses. Ces confréries sont
à l'échelle de l'époque des O.N.G. ayant
un siège et des activités diverses au sein du faubourg
Saint-Denis.
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| Il
existera aussi des chaumières, il faut loger les ouvriers
agricoles... A cette
époque des hôtels particuliers sont construits par
de riches bourgeois, des maisons de campagne au nom de "folie"
pour l'aristocratie, ou sinon des immeubles de rapport que font
construire les ordres religieux pour les louer. S'amorce la mutation
de ce quartier, en quartier de villégiature, la présence
d'arbres fruitiers et de produits maraîchers. voit l'installation
d'une population aisée aux milieux de cet espace conquis
par les ordres de charité et lieux de prêche. |
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- S'installeront les Petites
Ecuries Royales (d'où la rue et la cours des petites écuries
attenantes au faubourg).
Le nom de Petites Ecuries est du à la présence
des accessoires pour les chevaux et calèches de la cour
- et des métiers s'affairant à l'entretien et à
la production des pièces utiles pour entretenir les attelages.
Dans le fb St denis : Les prêtres de la Mission
construiront en 1719 et en 1756 de belles maisons dans le faubourg
(du numéro 99 au 105) - qu'ils loueront à des aristocrates
: les Marquis de Touteville et de Sabrevois (en 1763).
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| Sous
son règne Louis XIV mettra en oeuvre un travail important
d'embellissement. Les
anciens remparts vont laisser place à une très
belle promenade avec de nombreuses rangées d'arbres. De
la Bastille à la Madeleine une large allée va sortir
de terre, sur ce qui sera le circuit des grands boulevards. C'est
l'architecte Blondel qui aura pour commande la porte monumentale
de Saint-Denis, consacrant les victoires du roi Soleil. Paris
sous Louis XV une nouvelle fois s'agrandit et s'en va pousser
ses limites un peu plus loin à ce que l'on nommera la
barrière d'octroi. Cela créera une nouvelle ceinture
parisienne, une de plus, et toujours avec le même rôle
repousser la misère un peu plus loin, de fait le quartier
Saint-Denis des grands boulevards à la rue de Paradis
vont s'embourgeoiser. Mais c'est le commerce et l'industrie qui
prédomineront, et de la nécessité de loger
ouvriers et gens de maison. |
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Avec à la création
des Grands Boulevards -cela poussa le 5ème arrondissement
à continuer de s'agrandir au dix-huitième siècle. Il commençait au deuxième
arrondissement actuel y englobait ce qui en son nord allait au
delà des grands boulevards. En raison de l'accentuation
de la population et de la nécessité d'accueillir
les migrations qui se succéderont et fera de ce quartier
ce qu'il est encore aujourd'hui : une mosaïque de culture
des régions françaises et aussi de la réalité
cosmopolite de Paris.
Au dix-neuvième
siècle l'immigration est principalement d'origine Belge,
Allemande, Suisse, en bref venant principalement de l'Est de
l'Europe.
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| Il
est important de souligner que le faubourg Saint-Denis est une
artère importante donnant sur Troyes et l'Est de la France,
et de l'Europe. Une
voie aussi de transit vers le Ventre de Paris (les Halles) et
l'alimentation de tous les parisiens. Le faubourg Poissonnière
tient son appellation du passage des marchands de poisson venant
eux des ports du nord de La France. Les villages des plus connus,
Montmartre pour exemple sont à une bonne lieue de la ville
au début du dixième huitième siècle.
Ils conservent un air de campagne et formeront la nouvelle banlieue
de Paris. que formeront les villages (Villette, Chapelle, Belleville,
etc.) |
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| Avec
une présence policière forte, Paris restera longtemps
une ville suspecte.
Le pouvoir royal a toujours vécu la présence du
petit peuple comme un danger de soulèvement. Avec l'installation
de commerçants, d'artisans, la présence des petits
métiers de rue, ces nouvelles artères que sont
les faubourgs de la capitale vont engager un processus économique
et urbain considérable. En rive droite, l'expansion de
Paris se concentre un grand centre industriel, les manufactures
vont éclore et engager la future révolution industrielle. |
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| L'urbanisation
et la densification du quartier Saint-Denis débute véritablement
avec la disparition des murailles. Ce qui appartenu aux congrégations religieuses
- lazaristes, filles de la charité - il en demeure toujours
quelques réalisations (du 17 et 18ème siècle).
Elles sont encore de nos jours visibles pour bonne part dans
le bâtît d'origine. Se construiront des hôtels
particuliers, des immeubles bourgeois avec des activités
artisanales ou commerçantes, des bâtiments militaires
et des locaux d'activités - deux casernes, et n'oublions
pas les petites écuries du roi. |
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| Ce
fut progressivement le compte à rebours de la présence
des congrégations religieuses. Elles perdirent du terrain, de plus leurs vocations
charitables attirera plutôt les foudres de la bourgeoisie
locale, qui cherchait à s'étendre. Qui dit activités,
dit aussi gens de maison et ouvriers à loger, et peu à
peu la campagne deviendra le poumon économique et industriel
de la capitale et des activités nouvelles vont émergées.
Plus tardivement, le commerce va y avoir une place importante,
en raison de la présence de fabriques, il existera jusqu'à
une usine à Gaz servant à l'alimentation des parisiens
dans le nord du quartier non loin de la grande poste. |
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| Difficile
d'appréhender une évolution véritablement
précise, l'état des lieux est encore imprécis.
Il faut ne pas oublier
que le quartier Saint-Denis actuel dépendait du cinquième
arrondissement de Paris. Chaque construction administrative à
son importance et porte à certaines erreurs. À
partir de Louis XIV une véritable administration va se
constituer, son pouvoir absolu favorisera un travail de recensement
considérable,jusque dans la surveillance des parisiens
(des archives manuscrites à ce sujet se trouvent à
la bibliothèque de l'Arsenal). |
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| La
police et les mouchards vont avoir une place importante dans
la vie quotidienne, et l'on ne circule pas dans la ville, si
l'on vient de l'extérieur, le plus aisément du
monde. Le premier filtre
dans le dixième arrondissement s'opérait à
la hauteur de la Rotonde de l'architecte Ledoux, (ancienne halles
aux blés) . Où se tenait en lieu et place la barrière
d'accès, dite d'octroi, pour entrée dans les faubourgs
du nord de la capitale. Puis l'on trouvait d'autres arrêts
au sein du même arrondissement en raison de la présence
des garnisons militaires, notamment au dix-neuvième siècle
avec la garde nationale (rue d'Hauteville et Place de la République). |
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