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La
Commune de Paris
(en
3 parties ou 3 pages)
18
mars
au 28 mai 1871,
du
28 mars au soir au 24 mai
siègèrent les élus Parisiens, à ne
pas confondre avec le Comité
central des Gardes nationales
Il ne s'agit pas de réhabiliter
les Communards, il n'y a pas à
juger, mais de pouvoir
transmettre une page de notre
Histoire un peu trop ignorée, ou
sous le coup d'une mythologie
réactionnaire ou progressiste, à
laquelle beaucoup ont pu
succomber.
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Face
à la déferlante prussienne, le
pouvoir de Napoléon III s'écroulait à
Sedan, le 1er septembre 1870, l'empereur
était battu et il était fait prisonnier
peu de temps après (en photo ci-contre). Ensuite
et malgré toutes les tentatives de Léon
Gambetta, ministre de l'intérieur, les
troupes mobilisées en province
échouaient, elles aussi.
En se rendant à
Bordeaux, le pouvoir laissa aux
Parisiens l'humiliation de la défaite.
Puis en
choisissant d'établir le parlement
hors de Paris, il y avait là une cassure
symbolique et une perte de repère.
Ensuite, avec le retour à Versailles en
mars, c'était le pouvoir royal ou
monarchiste qui reprenait le dessus avec
un régime provisoire et sans grande
légitimité. Et dans Paris, la ville des
révolutions et des idées de progrès,
l'émotion en a été d'autant plus grande
et la colère diffuse. |
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Plus de cent quarante
cinq ans après sa mémoire reste vivace, fort
instructive sur les divisions des communards ou
communeux et de la gauche française. Les
événements
survenus
entre
septembre 1870 et la semaine sanglante fin mai 1871
ont poussé plusieurs générations de militants de
gauche à trouver dans la révolte des Parisiens de 1871
un modèle de référence. Difficile de ne pas prendre
parti ou cause, mais au filtre du temps, il y a à
lever encore certaines ombres, des textes à découvrir
qui peuvent échapper. L'objectif de cette synthèse est
redonner un peu de sens et de dignité à ceux qui
soutinrent des causes justes avec des réalités
politiques d'un autre temps.
Ce fut une
époque cruciale pour l'ensemble des luttes ouvrières
et sociales en France et en Europe, à analyser en tant
que telle, et dans le prolongement de 1848.
La mémoire de cette commune ouvrière a été bien
au-delà de l'hexagone et a eu une influence sur de
nombreux processus révolutionnaires du vingtième
siècle. De Léon Trotsky à Maozedong, la Commune de
Paris est souvent plus connue à l'étranger qu'en
France. Et un certain nombre d'archives a suivi les
routes de l'exil, les premières publications des
proscrits allaient être rédigées et éditées à Londres,
Bruxelles, et Genève notamment, ou possibles lieux
d'asiles. |
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La
Guerre Civile en France
(1/2)

« Le 4
septembre 1870, quand les ouvriers de
Paris proclamèrent la république, qui
fut presque instantanément acclamée d'un
bout à l'autre de la France, sans une
seule voix discordante, une cabale
d'avocats en quête de places, avec Thiers
pour homme d'État et Trochu pour général,
s'empara de l'Hôtel de Ville. Ces gens
étaient alors imbus d'une foi si fanatique
dans la mission dévolue à Paris de
représenter la France à toutes les époques
de crise historique que, pour légitimer
leurs titres usurpés au gouvernement de la
France, ils crurent suffisant de produire
leurs mandats périmés de représentants de
Paris.
Dans notre seconde
Adresse sur la récente guerre, cinq
jours après l'avènement de ces hommes,
nous vous disions qui ils étaient.
Toutefois, les véritables dirigeants de la
classe ouvrière étant encore bouclés dans
les prisons bonapartistes et les Prussiens
déjà en marche sur la ville, Paris, pris à
l'improviste, toléra cette prise du
pouvoir, à la condition expresse qu'il ne
serait exercé qu'aux seules fins de
défense nationale. Cependant, comment
défendre Paris sans armer sa classe
ouvrière, sans l'organiser en une force
effective et instruire ses rangs par la
guerre elle-même? Mais Paris armé, c'était
la révolution armée.
Une victoire de Paris sur l'agresseur
prussien aurait été une victoire de
l'ouvrier français sur le capitaliste
français et ses parasites d'État. Dans ce
conflit entre le devoir national et
l'intérêt de classe, le gouvernement de la
Défense nationale n'hésita pas un instant
: il se transforma en un gouvernement de
la Défection nationale. »
Karl
Marx, Londres, le 30 mai 1871, Rathborne
Place,10
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Toutefois,
le lègue est important et a plus qu'alimenté le
devenir de la gauche en France, des anarchistes aux
socialistes, ou le contraire... C'était
hier
et
pourtant les débuts d'un mouvement ouvrier sur les
voies de son émancipation sociale et politique en
France, qui allait connaître la perte d'une génération
entière, une deuxième vague d'exil politique depuis
1851, plus son lot de tués et de prisonniers. Il a
fallu 20 à 30 ans pour que la gauche sociale et
ouvrière française s'en relève.
Depuis 1830, les Parisiens avec
leurs drapeaux rouges et noirs provoquaient des
peurs ou fortes inquiétudes au sein de la
bourgeoisie possédante, Adolphe
Thiers plusieurs fois ministre sous Louis Philippe,
avait envisagé ou pratiqué depuis longtemps une
riposte claire et précise. Son
objectif fut d'empêcher tout embryon de
contre-pouvoir, de faire échec à toute revanche de
l'esprit de 1792. Thiers aura mis
près de quarante ans pour accomplir son sinistre plan
de prise du pouvoir et d'éliminer le "vile multitude"
comme il le fit dès 1832, avec son premier massacre.
Thiers surnommé "le nain" (et autres insultes)
devenait le premier Président d'une république
incertaine en août 1871, sans préalable constituant :
trois textes seront votés en 1875 et le Sénat sera
rétabli. Celui-ci resta à la tête de l'Etat
jusqu'en 1873
où le camp réactionnaire le remercia pour ses bons et
loyaux services, pour laisser place au maréchal
Mac-Mahon.
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Bien
que proclamée en septembre 1871, l'on resta dans le
flou jusqu'en 1875, pour que la IIIe République soit
dotée d'un timide fondement constitutionnel : période
de la République dite des "Ducs", et à partir de 1876,
puis surtout en 1880-1881 une assemblée moins
répressive et moins monarchiste qu'à ses débuts (avec
plus de 60% des sièges et inversement en faveur des
camps républicains). Pourtant
les
hommes et les femmes de mars 1871, en lutte dans la
capitale ont cru à nouveau qu'ils pouvaient propager
les idéaux révolutionnaires et les valeurs de la
république sociale. Mais les événements de 1830, et
1848 avaient été à l'origine une grande césure entre
parisiens et provinciaux, le creuset ne fit que
s'amplifier. Et toute les velléités qui ont pu
survenir dans les centres urbains furent étouffées
dans l'œuf.
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Peu
de mouvements ont éclaté en dehors de Paris.
Ou n'ont survécu que l'éclipse de quelques
jours, à Lyon, à Toulouse, à Saint Etienne, à
Marseille, mais à partir du 6 avril tout
était rentré dans l'ordre ou presque.
(Lire
Histoire Socialiste à ce sujet).
Thiers a pu s'appuyer au sein des
campagnes apeurées sur la propagande royaliste
et conservatrice, et il
profita
comme émminence grise de la présence des
Prussiens qui occupaient une bonne partie de
la France. Aussi, faut-il avoir à l'esprit que
le pays contrairement à l'Angleterre était
encore en 1870 un pays majoritairement
agricole. Et l'on ne peut pas dire que la
gauche ouvrière était homogène ou rassemblée.
Précisons que la naissance de la SFIO a dû
attendre l'année 1905. Il existait à
ses débuts une myriade de petites
organisations sous la troisième République,
qu'il aurait été très difficile de réunir dans
un grand parti ouvrier (et paysan), par faute
ou absence de cohésion, sans parler du camp
dit républicain très disparate : des radicaux
aux modérés. Une structuration qui passa
d'abord par deux formes d'organisation : les
partis et les syndicats, et contrairement à la
sociale-démocratie allemande, ou au
travaillisme anglais, les syndicats ouvriers
français prirent ou gardèrent une orientation
syndicale principalement révolutionnaire
désigné sous le nom d'anarcho-syndicalisme,
qui se traduisit par la charte d'Amiens
(1906). Le seul vrai point d'appui ou force du
mouvement social de 1871 a été le mutualisme,
avec des caisses de secours ou de solidarité
et l'apparition ou l'expérimentation
d'entreprises coopératives.
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Les
affiches ont tenu un rôle décisif
dans l'information de tous, et
dans les deux camps.
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La
débâcle
de Napoléon III, la chute de l'Empire face à un autre
encore plus militarisé, le régime prussien ouvrait la
voie de l'unification allemande, le 1er janvier 1871.
Si en 1792,
Valmy fut la victoire des troupes de la république
française sur l'Empire Germanique et ses alliés
prussiens. 1870 a été le contre-coup de la montée des
nationalismes, un reliquat de l'héritage napoléonien
qui favorisa partout en Europe des guerres civiles et
nationales. Si la commune de 1871 reste unique en son
genre, c'est qu'en germe l'internationalisme pointait
son nez. De quoi s'interroger, les travailleurs
étaient-ils vraiment en mesure de ne plus avoir de
frontières? et avaient-ils les moyens de trouver la
voie de leur émancipation sociale et politique? La
réponse ne peut être que négative, les conditions ne
pouvaient être rassemblées.
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Etait-ce
un hasard que cela puisse survenir à Paris? Non
plus, il n'y a pas de doute que depuis Louis XIV
cette ville fut un long temps désertée par le
pouvoir royal, pour devenir suspecte et très
surveillée, et que rien sur le fond n'avait évolué
en ce domaine. Avec
une
telle concentration de misères économiques et
sanitaires, on peut saisir que les conditions de vie
étaient plus que déplorables pour la plus grande
majorité des habitants (pour exemple, les taux de
décès des enfants ou des adultes dans les quartiers
populaires étaient importants et sans rapport avec les
quartiers de la bourgeoisie).
L'essor économique intervenu sous
Napoléon III, surnommé le petit par Hugo, ou le
troisième du nom, favorisa une minorité aisée.
À Paris des empires économiques se construisirent sous
son règne. Il engagea des travaux gigantesques menés
par le baron et préfet Haussmann, poussant les plus
pauvres hors des fortifications comme préfiguration de
la banlieue parisienne et de l'ancienne zone, d'où
poussèrent les bidonvilles tout autour de Paris de
triste mémoire. |
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Tout
comme son parent illustre et mégalomane Napoléon 1er,
la tentation des guerres ne manquèrent pas et l'échec
du Mexique n'a pas permis à cet autocrate d'asseoir un
pouvoir stable. Mais
il
a su réveiller le nationalisme allemand ou
pangermanique. L'échec de Sedan et après sa capture
poussa Napoléon III vers l'exil. Les bonapartistes
pour autant ne disparaissaient pas d'un coup de
baguette, et s'ils allaient être ramenés
éloctoralement à la portion congrue lors des
législatives en
février
1871 (2%), ils sauvegardaient deux fiefs, l'un en
Corse et l'autre en Charente Inférieure (aujourd'hui
Maritime). Concernant la Prusse de Guillaume I, bien
que considéré comme un agent prussien par certains
journalistes bien informés de sa situation..., Karl
Marx et le secrétariat de l'AIT en place à Londres
suivaient la nature des événements en cours des deux
côtés du Rhin...?
Marx
s'adressant à un correpondant : « Vous
savez que, sous prétexte d'un débarquement
français, toute la côte de l'Allemagne du Nord a
été mise en état de guerre, de manière à ce que
messieurs les militaires puissent arrêter,
juger, fusiller, comme bon leur semble.
Cependant, même dans les parties de l'Allemagne
où l'état de guerre n'a pas été proclamé, les
Prussiens ont établi un régime de terreur,
soutenu par la classe moyenne, contre toute
opinion indépendante. Les ouvriers allemands se
comportent admirablement, malgré cette terreur
et les hurlements patriotiques des bourgeois. Je
regrette de ne pas pouvoir dire la même chose
des camarades français. Leur manifeste [«
Au peuple allemand, à la démocratie socialiste
de la nation allemande » du Conseil fédéral de
l'Internationale de Paris] est
une absurdité: «Repassez le Rhin ! »,
mais ils oublient que, pour arriver chez eux,
les Allemands n'ont pas besoin de repasser le
Rhin, il leur suffit de se retirer dans le
Palatinat et la Province rhénane (prussienne).
Vous comprendrez comment cette phrase chauvine a
été exploitée par les journaux officiels de
Bismarck ! Tout le ton de ce manifeste est
absurde et pas du tout dans l'esprit de
l'Internationale. »
En
septembre 1870 le pouvoir en France était quasi
vacant. Paris, la ville
capitale se perdit dans des conjonctures et oublia
de proclamer sa légitimité, c'est-à-dire de
constituer une nouvelle République.
Les monarchistes et réactionnaires profitèrent du vide
pour se faire élire, là où la réaction fleurait bon
l'ordre moral. En février après les élections du 8,
les élus déménagèrent et siégèrent à Bordeaux, puis
s'installèrent après des hésitations à Versailles le
20 mars. Le petit peuple de Paris le jugea comme une
injure supplémentaire, en particulier après les
parades des troupes d'occupations dans la capitale
début mars 1871. |
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| Aussi
surprenant que cela puisse sembler dans ce fatras de
sentiment ou volonté de revanche,
les urnes et
les consultations électorales allaient être
relativement nombreuses en si peu de mois (avant et
pendant la Commune). En
raison du siège prussien bon nombre ont abandonné la
capitale pour des retraites plus sûres et restaient
principalement les familles ouvrières et les petits
artisans, dont les hommes dépendant de la Garde
Nationale (en uniforme de guerre ou presque). Les
premières urnes à Paris firent ressortir les
contradictions des camps républicains et leurs
divisions. Ce que l'on peut analyser, ce sont les
différents scrutins de la capitale pour mieux
comprendre certains antagonismes locaux, et certaines
contradictions avec la province ou entre villes et
campagnes. |
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Les
campagnes
majoritaires, Paris était une ville à part, ou la plus
en capacité à relever le défi de la liberté et d'une
démocratie effective ou directe. L'on
doit
à certains étrangers une place conséquente dans le
mouvement qui vit jour avec la proclamation de la
Commune, le 26 mars 1871. Il va de même, que nos
parisiens étaient très divisés et qu'il importe de
pouvoir rétablir un certain contexte. L'on pourrait
oublier qu'ailleurs l'Internationale se construisait,
sans vraiment le soutien des Français, trop préoccupés
à raviver les divisions internes. Ce fut un hongrois
du nom de Léo
Fränkel qui représenta une figure des
premiers ou proto-marxistes en France lors de la
Commune. Il n'a pu s'appuyer que sur quelques rares
arrondissements de Paris, et encore sous la houlette
des blanquistes en perte de vitesse ou des
proudhoniens majoritaires au sein des internationaux.
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| Dès
le début de juin ou juillet 1870, Marx dans son exil
lançait un appel à la paix avec les travailleurs
Français. En
septembre il s'inquiétait de l'inertie. Il ne
comprenait pas pourquoi la république n'était pas
proclamée à Paris. Quand les anciens de 1848 (les
quarante-huitards) et pour certains des luttes des
années 1830 s'exaltaient d'une première république
disparue, et qui ne pouvait que profiter à la classe
possédante. Au lieu de l'imposer de fait, la
République resta en réalité absente des enjeux. Tout
discours venant de l'étranger était de nouveau
suspect, ou hors des réalités quotidiennes d'un pays
mis en pièce par les armées d'occupation (500.000
soldats). La réaction fit mine de dénoncer ce qui
venait de l'Est de l'Europe, et délivra pour longtemps
une fantasmagorie très franchouillarde et
réactionnaire sur le "parti de l'étranger". |
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En
moins de deux mois, l'un des événements
les plus marquant de l'histoire
contemporaine
allait se dérouler.
Un épisode de l'histoire de France
mondialement connu. Trop peu souvent
transmis à un large public, en
particulier scolaire. Cette révolution
inaboutie pourtant préfigurait les
grandes causes sociales du vingtième
siècle, et la validité des observations
de Karl Marx sur ses échecs.
A
noter : À Lyon, à Marseille, à
Narbonne, et dans d'autres villes des
foyers de révoltes, des communes libres
tenteront de se mettre en place. Elles
furent très rapidement circonscrites et
limitées dans le temps à quelques jours.
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DISCOURS
SUR LA COMMUNE
Compte-rendu
de
Karl Marx du 23 mai 1871
A
la réunion du Conseil général du 25
avril 1871, Marx a fait un rapport
d'information sur la Commune. «On ne
peut s'imaginer, a-t-il déclaré, la
force de l'enthousiasme du peuple et
de la garde nationale».
Le 9 mai
1871, Engels fit le rapport sur la
Commune.
Le 23 mai 1871, en pleine «semaine
sanglante », Marx prononça un grand
discours sur la Commune dont seule fut
conservée une courte note du
procès-verbal. Le citoyen Marx a déclaré
qu'il était malade et qu'il n'était pas à
même de terminer l'« Adresse 1 » qu'il a
accepté de faire, mais il espérait la
terminer pour le mardi suivant. A propos
de la lutte à Paris, il a dit qu'il
craignait que la fin fût proche, mais si
la Commune était battue, la lutte serait
seulement ajournée. Les principes de la
Commune sont éternels et ne peuvent être
détruits : ils seront toujours posés à
nouveau à l'ordre du jour, aussi longtemps
que la classe ouvrière n'aura pas conquis
sa libération.
On abat
la Commune de Paris avec l'aide des
Prussiens qui agissent en qualité de
gendarmes de Thiers. Le plan de sa
destruction a été élaboré par Bismarck,
Thiers et Favre. A Francfort, Bismarck a
déclaré que Thiers et Favre lui avaient
demandé d'intervenir. Le résultat a montré
qu'il était prêt à tout faire pour leur
venir en aide, sans risquer la vie des
soldats allemands, non parce qu'il
estimait la vie humaine quand il
s'agissait du profit, mais parce qu'il
désirait une chute encore plus profonde de
la France, afin d'avoir la possibilité de
la piller. Il a permis à Thiers de
recruter plus de soldats qu'il n'était
convenu dans l'accord ; par contre, il n'a
autorisé le passage des vivres à Paris
qu'en quantités limitées.
C'est
une vieille histoire. Les classes
supérieures se mettent toujours d'accord
pour tenir sous leur talon la classe
ouvrière. Au
XIe siècle, il y eut une guerre entre
les chevaliers français et normands, et
les paysans se soulevèrent. Les
chevaliers oublièrent immédiatement
leurs querelles et se réunirent afin
d'écraser le mouvement paysan. Pour
montrer comment les Prussiens
s'acquittaient de leur tâche de policiers,
il suffit d'indiquer qu'à Rouen, occupé
par les Prussiens, 500 personnes ont été
arrêtées parce qu'elles appartenaient à
l'Internationale.
L'Internationale
fait peur. A l'Assemblée nationale
française, le comte Jaubert - momie
desséchée, ministre de 1834 - connu comme
partisan des mesures de répression contre
la presse, a prononcé un discours dans
lequel il dit qu'après le rétablissement
de l'ordre le premier devoir du
gouvernement doit être une enquête sur
l'activité de l'Internationale, et son
anéantissement. A la même séance, on a
examiné la question de la protestation du
Conseil général contre les atrocités des
Versaillais et la question de l'aide à
accorder aux émigrés de la Commune.
Marx a
déclaré : Nous pouvons démasquer
l'activité du gouvernement
versaillais, mais nous ne pouvons lui
faire part de notre protestation,
parce que cela signifierait que nous
nous adressons à ce même gouvernement
que nous qualifions de brigand.
(Adresse
numéro 1) Adresse
du Conseil général
de l'Association internationale des
travailleurs.
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«
L'insurrection du 18 mars 1871, est
déclenchée par le gouvernement de Monsieur
Thiers, par son refus de restaurer la
république,
si
l'on peut résumer ce mouvement populaire,
ce fut un enjeu communaliste, patriotique,
républicain et de révoltes ouvrières, qui
n'avait pas pu trouver libre cours depuis
juin 1848. »
Compère-Morel
-
publications sociales - édition 1920
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Le
19
mars, suite à la prise de l'Hôtel-de-Ville par les
insurgés et de son Comité central de la garde
nationale parisienne, était lancé un appel à des
élections libres dans tous les arrondissements.
« Paris,
il y a six mois, a commis la sottise de confier
les destinées de la République à des traîtres
connus, très connus même. Le Comité Central,
composé de délégués de la garde nationale de Paris
a forcé ces traîtres à quitter la place. Il se
déclare prêt à la céder à son tour à ceux qui
seront de nouveau librement élus. Qu’a-t-on dès
lors à craindre de lui? »
Souvenirs
d’un révolutionnaire sur la question sociale
et politique en France (1844-1871), page
471,
dit
Gustave
Lefrançais
Le
26, étaient élus les représentants de la Commune
proclamée qui prirent siège à l'Hôtel de Ville de
Paris, le 28 dans l'après-midi. La notion "de
révolution manquée" n'est pas l'idée d'une révolution
pour rien, bien au contraire.
On ne peut
refaire ou réécrire l'histoire, cependant on ne peut
que s'appuyer sur des faits. Que l'analyse des
événements divergent avec d'autres histoires de la
Commune, cela ne fait pas de doute. C'est un sujet qui
demeure encore partisan et qui mériterait moins de
passions. Toutefois si l'on s'en tient à l'examen des
sources, c'est aussi une grande page du mouvement
ouvrier français et de ses relations ou pas avec une
perspective internationaliste.
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Les
trente-trois
premières
mesures
de la Commune
(à partir du
28 mars 1871)
Ci-contre,
caricature de
Pilotell
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| « Les
séances se tinrent toujours dans la
salle dite du Conseil municipal,salle
très basse, très mal aérée, et dont
l'atmosphère étouffante rendait très
pénibles et très énervantes ces
séances qui avaientsouvent lieu la
nuit, le jour étant consacré à
l'administration et à l'expédition des
affaires. Les mesures les plus
urgentes quis'imposaient étaient le
règlement des loyers et des échéances
; le rétablissement de
l'administration de la ville de Paris
complètement désorganisée par le
gouvernement fugitif de Versailles la
consécration légale des aspirations
révolutionnaires les plus
universellement formulées, et la
direction, après l'agression
versaillaise, des opérations
militaires. |
Aussi les premières mesures de la
Commune furent-elles les suivantes :
1° Remise
générale des loyers des termes
d'octobre 1870, janvier et avril
1871.
2° Suppression de
la vente des objets déposés au
Mont-de-Piété.
3° Abolition de la
conscription
4° Séparation de
l'Eglise et de l'Etat, suppression
du budget des cultes. Confiscation
au profit de la Commune des biens
de main-morte. (Les Biens
de mainmorte se réfère aux
biens des communautés, des hôpitaux
ou hospices, etc., considérés comme
inaliénables, exonérés des droits
fiscaux).
5° Décret accordant
une pension de trois à douze
cents francs à tout fédéré blessé
en combattant pour la liberté
communale.
6° Décret accordant
une pension de 600 francs à la femme
légitime ou non du fédéré tué devant
l'ennemi et une pension de 365
francs pour chaque enfant, reconnu
ou non, jusqu'à l'âge de dix-huit
ans.
7° Etablissement
d'un conseil de guerre dans chaque
légion.
8° Création d'une
Cour martiale sous la présidence de
Rossel.
9° Mise en
accusation des membres du
gouvernement de Versailles, après
l'agression contre Paris.
10° Convocation des
Chambres syndicales ouvrières, des
Chambres syndicales du commerce et
de l'industrie, invitées à présenter
des projets de lois sur les
échéances.
11° Décret sur les
échéances permettant des coupures
payables par dates échelonnées à
partir du 15 juillet, et accordant
un délai total de trois ans.
12° Décret donnant
la direction administrative de leurs
arrondissements respectifs aux
membres de la Commune, sous leur
responsabilité.
13° Interdiction du
cumul, fixation du maximum des
traitements à 6.000 francs par an.
14° Fixation des
émoluments des membres de la Commune
à 15 francs par jour. (environ 400
francs par mois, un député à
l'époque percevait 6000 francs par
mois et le salaire ouvrier moyen de
l'ordre de 4 francs par jour pour
les hommes sur des postes
journaliers, moitié moins pour les
femmes en usine, et les enfants
moins d'1 franc).
15° Adoption des
familles des victimes du 22 janvier
et du 18 mars.
16° Décret
ordonnant que toute arrestation par
la Sûreté générale devra être
notifiée au délégué à la justice,
qui avisera sur le maintien de
l'arrestation. Interdiction de
perquisitions sans mandat
régulier.
17° Attribution,
s'il y a lieu, d'une pension
alimentaire à la femme qui
demandera contre son mari la
séparation de corps.
18° Décret
ordonnant l'organisation d'une
Chambre du tribunal civil de la
Commune de Paris. Abolition de la
procédure ordinaire. Les parties
autorisées à se défendre
elles-mêmes. Les huissiers pouvant,
à défaut d'avoués, occuper pour les
parties.
19° Organisation du
Jury pour assurer aux citoyens en
matière judiciaire d'une façon
complète : Le jugement par ses
pairs ; l'élection des magistrats
; la liberté de la défense.
20° Attribution
d'un traitement fixe aux huissiers,
notaires, commissaires-priseurs,
greffiers des tribunaux quelconques,
qui pourront être dispensés d'un
cautionnement et devront en retour
verser tous les mois entre les mains
du délégué aux finances les sommes
perçues par eux pour les actes de
leur compétence.
21°
Attribution, après enquête et
les droits du patron restant
réservés, les ateliers
abandonnés aux associations
ouvrières.
22° Décret portant
le traitement des instituteurs et
institutrices à 2000 francs et le
traitement des aides des deux sexes
à 1500 francs.
23° Décret
ordonnant le renversement de la
colonne Vendôme.
« Considérant
que la colonne impériale est un
monument de barbarie, un symbole
de force brute et de fausse
gloire, une affirmation du
militarisme, une
négation du droit international,
une insulte permanente des
vainqueurs aux vaincus, un
attentat perpétuel à l'un des
trois grands principes de la
République française : la
fraternité. »
24° Décret
ordonnant que pour mettre un terme
aux exécutions de prisonniers faites
ostensiblement par les Versaillais,
des otages pourraient être
pris parmi les partisans de
Versailles.
25° Interdiction
des amendes et retenues dans les
ateliers et dans les
administrations.
26° Abolition du
serment politique et professionnel.
27° Institution de
médecins de naissances chargés, dans
un but de conservation pour les
nouveaux-nés, d'aller constater la
naissance à domicile.
28° Ouverture dans
chaque mairie d'un registre d'offres
et de demandes de travail avec
les conditions de l'offre ou de la
demande.
29° Nomination
d'une Commission d'initiative de
réformes sociales. Cette Commission
faisait à son tour appel aux
délégués de l'Internationale, des
sociétés ouvrières, des comités
démocratiques, des groupes
industriels et scientifiques, aux
ingénieurs et architectes et à
toutes les initiatives de bonne
volonté.
30° Réforme du
service de vérification des poids et
mesures.
31° Introduction
d'un cahier des charges
fixant le salaire de la
main-d'œuvre, dans tous les marchés
conclus ou à conclure par la
Commune. Cette mesure avait pour but
de ramener la concurrence à son
principe scientifique, c'est-à-dire
de la circonscrire dans les seules
limites du bénéfice, la sincérité de
qualité et de fabrication restant
garantie à l'acheteur et un
salaire raisonnable restant
garanti à l'ouvrier. Forme de
procéder radicalement contraire à ce
qui se fait maintenant, où la
concurrence se fait aux dépens de la
qualité et du salaire, trompant
l'acheteur et exploitant le
travailleur.
32° Remise,
moyennant indemnité, à
l'administration du Mont-de-Piété,
des objets y déposés pour une somme
ne dépassant pas 25 francs (ou 30
francs selon une autre source).
33° Suppression
du travail de nuit dans les
boulangeries. Abolition des
placiers, etc., etc. »
Post-scriptum
: Les deux mesures qui ont été
les plus agitées par les
contre-révolutionnaires furent les 2
décisions qui touchèrent à la
colonne Vendôme et à la question des
otages, qui participèrent des
surenchères. Le reste les mesures de
justices, économiques et sociales,
souvent des urgences, ont été peu
prises en considération et
lointaines des propagandes
Versaillaises. Et ceci bien que
partiel, fut pourtant mis en oeuvre.
Très rapidement les services publics
étaient rétablis... pour exemple de
ces communards "assoiffés de sang"
comme leurs parents de 1793...
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Source : Gallica-BnF, La
troisème défaite du
prolétariat,
Benoît
Malon,
Pages 150 à 155 - édité à
Neuchâtel (Suisse, 1871)
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| Les
coulisses
de la révolution manquée et premières
journées... |
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Le
1er
mars 1871, conformément aux accords du gouvernement en
exil, les troupes ennemies paradaient dans une
capitale endeuillée.
Les statues furent recouvertes de voiles noirs et
l'accueil de la population resta glacial, et des
canons transférés à Montmartre par des gardes
nationaux pour les détourner des troupes d'occupation.
Adolphe Thiers (73 ans), le 2 mars 1871 obtint de
l'Assemblée nationale à Bordeaux qu'elle accepta les
bases d'un traité de paix avec la Prusse (et ses
allliés) devenue l'Empire Allemand. Le 17 mars, le
petit peuple de Paris et la garde nationale faisaient
cause commune à Montmartre. Le 18 mars, la Caserne du
Château-d'Eau (place de la République) était aux mains
des insurgés.
Le 26 mars des élections donnaient naissance à la
Commune libre de Paris et son assemblée communale
populaire, elle resta en activité pendant 57 jours.
C'est à partir de son fonctionnement communaliste
propre qu'elle organisa sa propre dissolution, quatre
jours avant la fin des massacres et du bain de sang de
la population parisienne des quartiers de l'Est
parisien. Toutefois elle ne commença son travail
d'assemblée que le 28 mars au soir. Cette structure
communale éphémère se vit mêlée au sein de
l'Hôtel-de-Ville (la maison commune), à l'activité du
comité central des gardes nationales dites fédérées et
à leur surveillance plus ou moins maladroite.
Il fut créé dix commissions, les
réunions se tinrent d'abord en soirée, puis les
après-midi avec un retard régulier pour réunir une
assemblée volatile (de 20 à 70 élus siégeant selon
les jours). Il fallait en moyenne 4 ou 5
heures par jour pour prendre des décrets sur les
affaires courantes, comme sur les biens du
Mont-de-Piété. Ce qui nécessita un mois avant que la
décision fut prise de restituer une partie des objets
divers et variés à la population la plus démunie, dans
une limite impartie de 20 francs par ménage. Pas de
quoi traduire les décisions communales en des
fanfreluches ou comme le spectre de 1793, des choix
assez austères et au plus juste dans sa répartition.
Les comptes furent tenus de manière scrupuleuse, au
centime près.
Cette anarchie apparente, avec une
réalité désordonnée selon des critiques internes
justifiées, n'en permit pas moins de poser des
revendications légitimes et certaines commissions
accomplirent une prospective sociale plutôt
remarquable. La
présidence
des séances était tournante, selon une règle entendue
qu'il ne devait pas y avoir de chefs et qu'il se
devait à tout à chacun de tenir compte des principes
souverains. Selon lesquels la citoyenneté ne se
délègue pas et pose d'inévitables questions sur la
démocratie : délégation de pouvoir avec un mandat
impératif ou représentatif?
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Le
gouvernement
de la Défense nationale acculé, signait un
armistice le 28 janvier 1871 et décidait
d'organiser des élections générales. Dans
la
confusion la plus totale le gouvernement se
réfugia quelques temps à Bordeaux,
puis revint l'Assemblée à Versailles
le 20 mars, le gouvernement siégea lui à
Paris dès le 17 (lors du premier siège Tours
servit de capitale annexe).
Le jeune Georges Clemenceau (31 ans, en
photo), républicain radical, classé à
"l'extrême-gauche" (sa place dans
l'hémicycle, proche de Gambetta et Ranc),
maire du 18e arrondissement, puis député
de la Seine en février 1871 (ci-contre),
traduisit les ressentiments de la
population et fit afficher la proclamation
suivante : «
On vous a livrés sans merci. Toute
résistance a été rendu impossible. »
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Paris,
depuis
longtemps faisait peur au pouvoir politique et
oligarchique, la capitale avec ses 2 millions
d'habitants était majoritairement républicaine et
socialiste.
C'était un danger pour le nouveau parlement
réactionnaire de Versailles et le puissant camp
royaliste croyait tenir sa revanche. Le camp de la
réaction a eu tout intérêt à réduire à la plus simple
expression toute opposition "rouge" ou "communiste".
D'autant plus si elle disposait d'armes qui pouvaient
se retourner contre le nouveau pouvoir.
L'Assemblée des ruraux depuis Bordeaux décidaient le
10 mars de s'installer à Versailles, après avoir
hésité pour Fontainebleau. Les premières
mesures prisent démontrait la volonté d'en découdre
avec ceux d'en bas : fin du moratoire sur les
loyers, réduction de l'indemnité de la garde
nationale (à Paris, elle rassemblait 180.000
hommes issus de la petite bourgeoisie et du monde
ouvrier, volontaires pour défendre la capitale). |
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Adolphe
Thiers,
sous la pression de la commission des "Quinze"
de l'Assemblée et des impératifs financiers de
l'occupant,
prenait la décision
de récupérer les 270 canons situés à
Montmartre, ou au sein du 18ème arrondissement
et les autres pièces d'artillerie misent
à Belleville
(20e). La
garde
nationale de Paris avait conservé des canons
sur les buttes de Montmartre et de Belleville,
à l'origine le fruit d'une souscription à
l'effort de guerre du journal Le
Siècle durant le premier siège
et autres quêtes des clubs et sociétés
ouvrières. Les soldats avaient choisi de les
mettre hors d'atteinte avant l'entrée dans la
capitale des troupes allemandes, et le firent
à la force des bras faute d'attelage.
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Dans
la nuit du 17 au 18 mars, c'était l'envoie d'une
colonne de 40.000 soldats sur la capitale avec
l'ordre de récupérer les canons. Ce qui fut
la goutte qui fit déborder le vase. Mal préparés les
soldats de Thiers perdirent du temps à trouver des
attelages.
Lorsque les troupes arrivèrent à Montmartre, elles
se virent cernées par les citoyens Montmartrois avec
des aliments et des chopes de vin, les femmes
allaient y tenir un rôle non négligeable. Les
femmes et les enfants sont venus et se sont
mêlés aux troupes. Nous avons été rudement
trompés en permettant à ces gens de s'approcher
de nos soldats, car se mélangèrent à eux, et les
femmes et les enfants leur scandaient : Vous ne
tirerez pas sur le peuple!.
Le général Lecomte donna l'ordre à ses hommes de
faire feu, le refus fut catégorique. Les nouvelles
affluaient dans tout l'Est de Paris, des barricades
étaient érigées. Jules Vallès, écrivain et
journaliste décrivit ainsi la première journée, ainsi
que commandant de la garde nationale : C'est
la révolution! Nous y voilà, le moment espéré et
attendu depuis le premier geste de cruauté d'un
père, depuis la première gifle à l'école, depuis
la première nuit à dormir dans les rues. Voici
la revanche pour l'école, pour la pauvreté et
pour le coup d'état de 1851.
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| Le
signal de rappel et de la mobilisation populaire
étaient annoncés par le tocsin, la foule fit masse et
les soldats s'enfuirent, d'autres désertaient et
rejoignaient le mouvement naissant. Le
général
Lecomte, chef de brigade, fut fait prisonnier avec le
général, Clément Thomas. A 17 heures, ils furent
exécutés dans une liesse effroyable, sous les yeux
horrifiés de Georges Clemenceau. Il ne trouva aucun
moyen de canaliser la vue frénétique du sang. D'autres
émeutes se produisaient dans d'autres quartiers, de
nombreux soldats fraternisèrent avec le peuple des
"bras nus" de Paris. Les bataillons de la garde
nationale s'étaient fédérés avec un comité à leur tête
depuis février (d'où le terme de "fédérés" qu'ils
conservèrent). |
|
Adolphe
Thiers
face à une telle levier de bouclier n'a pu contenir
le mouvement, il ordonna à l'armée et aux corps
constitués d'évacuer sur le champ la capitale. La
débandade s'engagea en début d'après-midi et
s'acheva à la tombée de la nuit, administrations
et ministères inclus. Tout ce petit monde se
replia à Versailles, restèrent cependant des
huiles ou des ronds-de-cuirs, toujours
interchangeables selon les régimes, comme à la
Banque de France (organisme privé) pour protéger
le magot. La Commune ne reçut que 20 millions de
francs, alors que dormait tranquillement des
milliards, tandis que Thiers, chef du régime
provisoire (qui dura) se coucha littéralement
devant les exigences financières du chancelier
Bismarck en retour. Il fallait débourser
rapidement un millliard, plus de 250 millions de
francs furent consacrés à l'offensive contre le
péril "rouge".
|
|
Paris
s'en remis pendant deux mois à des militants
jacobinistes (ou républicains sociaux) comme
l'avocat Charles Delescluze, aux blanquistes
(Auguste Blanqui, lui était en prison le 18
mars), aux proudhoniens, aux premiers
"marxistes", dont Marx a été un des premiers
auteurs à traiter des erreurs de la Commune,
aux anarchistes dont à l'époque Michel
Bakounine était le fer de lance. Sans
omettre
la combativité des femmes plus que
manifeste, et l'une d'elle a été cette
grande dame que fut Louise Michel (ci-contre)
: institutrice, brancardière et
combattante lors des événements ;
blanquiste sous la Commune, elle allait
devenir par la suite anarchiste (et
franc-maçon), ainsi que l'auteure d'un
récit ou d'une histoire sur cette lutte
sociale et politique.
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|
avec
Xavière Gauthière, historienne et une
fiction radiophonique
(Louise
Michel, G. Clémenceau, T. Ferré,
Marie Ferré, etc.,
à
Montmartre )
France
Inter, Autant en emporte
l'histoire - durée 54 minutes
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ADRESSES
DES CITOYENNES
à LA COMMISSION
EXECUTIVE DE LA COMMUNE DE
PARIS |
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Barricade
de la place Blanche (9e) - femmes
au combat - mai 1871
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Considérant
:
- Qu'ils est du
devoir et du droit de tous de
combattre pour la grande cause du
peuple pour la Révolution ;
- Que le péril est
imminent et l'ennemi aux portes de
Paris ;
- Que l'union
faisant la force, à l'heure du
danger suprême tous les efforts
individuels doivent se fusionner
pour former une
résistance.collective de la
population entière, et laquelle rien
ne saurait résister ;
- Que la commune
représente le grand principe
proclamant l'anéantissement de tout
privilège, de toute inégalité, -
par, là même est engagée a tenir
compte des justes réclamations de la
population entière, sans
distinction de sexe, -
distinction créée et maintenue par
le besoin de l'antagonisme sur
lequel, reposent les privilèges des
classes gouvernantes ;
- Que le triomphe
de la lutte actuelle, - ayant pour
but la suppression des abus, et dans
un avenir prochain, la rénovation
sociale tout entière, assurant le
règne du travail et de la justice, -
a, par conséquent, le même intérêt
pour les citoyennes que pour les
citoyens ;
- Que le massacre
des défenseurs de Paris par les
assassins de Versailles exaspère à
l’extrême la masse des citoyennes et
les pousse à la vengeance ;
- Qu'un grand
nombre d'entre elles est résolu,
au cas où l'ennemi viendrait à
franchir les portes de Paris, à,
combattre et vaincre où mourir
pour la défense de nos droits
communs ;
- Qu'une
organisation sérieuse de cet élément
révolutionnaire en une force capable
de donner un soutien effectif et
vigoureux à la Commune de Paris, ne
peut réussir qu'avec l'aide et le
concours du gouvernement de la
Commune ;
Les déléguées
des citoyennes de Paris demandent
à la commission exécutive de la
Commune :
1°
De donner l'ordre aux mairies de
tenir à la disposition des Comités
d'arrondissement et du Comité
central, institués par les
citoyennes pour l'organisation de
la défense de Paris, une salle
dans les mairies des divers
arrondissements, ou bien, en cas
d'impossibililé, un local séparé
où les Comités pourraient siéger
en permanence;
2° De fixer, dans
le même but, un grand local où les
citoyennes pourraient faire des
réunions publiques.
3° De faire
imprimer, aux frais de la Commune
les circulaires, affiches et avis
que les dits Comités jugeront
nécessaire de propager.
Pour
les citoyennes déléguées,
membres du Comité central
des citoyennes :
| Adélaïde
Valentin, ouvrière ;
Noémie Colleuille,
ouvrière ; Marcand,
ouvrière ; Sophie Graix,
ouvrière ; Joséphine
Pratt, ouvrière ; Céline
Delvainquier, ouvrière ;
Aimée Delvainquier,
ouvrière ; Elisabeth
Dmitrieff. |
|
Source
: Le Cri du Peuple du
dimanche 16 avril 1871,
n°46, première année, page 2,
rédaction rue d'Aboukir
|
|
L'Union
des Femmes et son Comité
central?
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|
« Un
fait important entre tous, qu'a
mis en lumière la révolution de
Paris c'est l'entrée des femmes
dans la vie politique. Sous la
pression des circonstances, par la
diffusion des idées socialistes, par
la propagande des clubs elles ont
senti que le concours de la femme
est indispensable au triomphe de la
révolution sociale arrivée à sa
période de combat ; que la femme et
le prolétaire ces derniers opprimés
de l'ordre ancien, ne peuvent
espérer leur affranchissement, qu'en
s'unissant fortement contre toutes
les forces du passé. (...)
Le 9 avrit elles participèrent à la
manifestation populaire qui brûla
deux guillotines au pied de la
statue de Voltaire (11e
arrondissement). On les trouvait
toujours en nombre imposant dans les
actions collectives, et beaucoup se
dévouèrent particulièrement à la
cause révolutionnaire. Un certain
nombre d'héroïnes faisaient
crânement et modestement le coup de
feu aux avant-postes, quelques-unes
sous l'uniforme de garde national.
On ne comptait plus les cantinières
qui se signalaient une dizaine
avaient été tuées, et les
survivantes n'étaient pas moins
braves.
La légendaire Louise Michel,
maîtresse de pension, femme d'une
bonté sans bornes, d'un dévouement
infini, d'un héroïsme
inconscient à force d'être absolu,
fournit à ces jours terribles un de
ces types qu'admire l'histoire et
que les peuples chérissent.
Une femme dont le
nom est celui d'un des plus grands
écrivains de notre temps, et que
Rossel qui s'y connaît, appellait le
citoyen André
Léo (Victoire
Léodile Béra), s'était
également vouée à la cause populaire
et la servait de sa plume, de sa
parole et de son concours. Peu
portée aux mesures violentes elle
blâma beaucoup d'actes de la Commune
mais sachant dégager d'une grande
idée militante son cortège
inévitable d'écarts et de passions,
elle resta fidèle à la Révolution
prolétarienne et s'y attacha plus
fortement que jamais au moment de la
catastrophe.
En compagnie des
citoyennes Jaclard, Poirier,
Buisard, etc. (de Montmartre),
Jarry, Collet, Vanowerbeke, Fallon,
Peuriant, Sassin, etc. (de
Batignolles) elle fonda dans les 17e
et 18e arrondissements un groupe
d'ambulancières. Elle prêchait
en outre la formation d'un
bataillon de femmes pour défendre
les barricades en cas de combats
dans Paris.
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|
De
son côté une jeune Russe qui
signait Elise
Dmitrieff
(en photo) se mit à
l'œuvre. Séduite par la
grande tradition
révolutionnaire de Paris et
aussi entraînée par un
dévouement passionné à la
cause du peuple, elle voulut
réunir dans une ligue
militante les ouvrières de
Paris à l'effet d'apporter à
la cause de la Commune un
concours précieux, et à
l'émancipation des femmes un
point d'appui. Elle commença
par réunir quelques femmes
de cœur, entre autres la
citoyenne Nathalie
Le Mel,
l'une des fondatrices de la
société des relieurs et
relieuses de Paris et un
moment secrétaire de l'une
des sociétés de consommation
que Varlin avait fondées. Le
petit Comité décida que l'on
fonderait des clubs de
femmes. Ces clubs
réussirent.
|
Le Comité prit le titre de Comité
central de L'Union des femmes ; les
propagandistes
se multipliaient le jour dans les
réunions puis le soir dans leurs
clubs et les adhésions leur venaient
en foule. Elles ouvraient des clubs
aussi bien dans les quartiers
bombardés que dans les autres, et
toujours la foule leur venait.
Bientôt vingt
comités de 11 membres furent
installés dans les vingt
arrondissements de Paris, et
groupés fédérativement autour du
Comité central siégeant à la mairie
de 10e arrondissement. Tandis
qu'elles surexcitaient les
dévouements à la révolution et
qu'elles étaient en instance auprès
de la Commune pour obtenir des armes
et des postes de danger, elles
propageaient les idées sociales de
l'Internationale, formaient des
noyaux d'associations ouvrières, de
chambres syndicales des
travailleuses, cherchaient les bases
d'une fédération internationale des
ouvrières de Paris.
Elles ne négligeaient pas non plus
le présent elles formaient des
compagnies de citoyennes qui ne
demandaient que des armes pour
partir aux avant-postes, et
envoyaient sur tous les champs de
bataille des sections
d'ambulancières pour relever et
panser les blessés. Bientôt toutes
les ambulances furent tenues à la
grande satisfaction des blessés, par
les femmes révolutionnaires
fédérées. »
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Source
: Gallica-BnF, Benoît Malon, La
troisième défaite du
prolétariat
Pages 272 à 276 - Edité à
Neuchâtel, Suisse 1871
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La
composition du parlement des élus communards a été
très variée, et sans femmes élues. Le
camp
dit "bourgeois" demeurait majoritaire au 26 mars, puis
à la vue des abandons de postes, passa aux mains des
nostalgiques de 1792 : Blanquistes et Jacobins. Ils
pesèrent dans l'inertie des décisions, les autres
composantes étaient trop divergentes pour faire cause
commune. Seul, le groupe des internationalistes
(désignés sous la Commune sous le nom des
internationaux) pouvait faire contre-poids, mais les
protagonistes ou élus communards ne purent arriver à
trancher entre Proudhon et Marx sur le contenu de ce
qu'il fallait mettre en œuvre. Ce fut pour ainsi dire
une assemblée plus que confuse.
Pendant ce temps, Thiers
propagande à l'appui depuis Versailles levait
rapidement plus de 100.000 hommes,
dont une bonne part des soldats de l'armée régulière
qui avaient été fait prisonniers et avaient été
libérés par l'occupant dans le cadre des conventions
ou des préliminaires de paix du 26 février.
Des assauts en direction de l'ouest vers Versailles,
Sèvres et Châtillon furent tentés les 3 et 4 avril par
des troupes fédérées sous le commandement d'officiers
blanquistes comme Emile
Eudes ("la sortie torrentielle"). Certains
de leur réussite, mais sans réelle stratégie, armement
lourd et même victuailles, les attaques se soldèrent
par des échecs et cantonnaient Paris à l'impuissance,
à se replier, et à vivre un nouveau siège. Gustave
Flourens à la tête d'un des mouvements de
troupe sous les ordres du général Jules
Bergeret, avec plusieurs milliers d'hommes
se virent bombardés sans ménagement depuis le
Mont-Valérien, la panique provoqua une dispersion des
soldats "fédérés". Le général Flourens dut s'enfuir
long de la Seine, il était arrêté
après une dénonciation
; une fois identifié son crâne était sabré par
un capitaine de la gendarmerie, puis
on le fusilla, et sa dépouille criblée servit de
trophée dans les rues de Versailles.
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Engels
dit : « Dans son activité politique (Blanqui)
fut avant tout un "homme d'action" qui croyait
qu'une petite minorité bien organisée pourrait, en
essayant au bon moment d’effectuer un coup de main
révolutionnaire, entraîner à sa suite, par
quelques premiers succès la masse du peuple et
réaliser ainsi une révolution victorieuse
... De l'idée blanquiste que toute révolution est
l'œuvre d'une petite minorité dérive
automatiquement la nécessité d'une dictature après
le succès de l'insurrection, d'une dictature que
n'exerce naturellement pas toute la classe
révolutionnaire, le prolétariat, mais le petit
nombre de ceux qui ont effectué le coup de main et
qui, à leur tour, sont soumis d'avance à la
dictature d'une ou de plusieurs personnes » [Le
programme des émigrés blanquistes de la
Commune,
1874].
(...) Ainsi, comme les masses sont autres, comme
le prolétariat est autre, on ne peut parler
aujourd’hui d’une tactique de conspirateurs, d’une
tactique blanquiste. Blanqui et ses héroïques
camarades ont fait des efforts superhumains pour
amener la masse à la lutte de classe ; ils n’ont
point réussi, parce qu’ils avaient en face d’eux
des travailleurs qui n’avaient pas encore rompu
avec le système des corporations, qui étaient
encore plongés dans l’idéologie petite-bourgeoise.
»
Blanquisme
et Sociale-Démocratie,
Rosa Luxembourg, juin 1906
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| Deux
causes majeures ont pesé et ont joué un rôle dans la
chute de cette révolution embryonnaire. La
première
fut l'argent et la non utilisation des réserves d'or,
que pourtant avait "sous le coude" l'assemblée
communale. La deuxième fut stratégique et décisive
dans le rapport de force, et maintes fois rédigées.
L'isolement dans les murs de la capitale a permis "aux
canons de la réaction" encerclant Paris de réduire à
néant, ce qui fut probablement de mémoire de Parisien
une de ces périodes les plus riches de sens. Qui fut
au service de nouveaux idéaux universels. Cet
affrontement social et politique nous laisse pour
mémoire et revendications : l'organisation d'une
égalité entre les femmes et les hommes, l'idée d'un
salaire minimum, l'accueil gratuit de tous les enfants
à l'école communale et la suppression de leur travail,
la journée de huit heures, etc. |
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En
mai,
le 21, les armées de la contre-révolution
entamèrent une bien triste page d'histoire.
Le 22, des gendarmes, des séides ou anciens
gardes nationaux bonapartistes s'engageaient
dans le massacre de plusieurs milliers
d'hommes, mais aussi des femmes et des
enfants. Le 24 mai, le parlement communard
se dissolvait. Puis ce fut l'exil forcé pour
environ 5.000 personnes, pour beaucoup avant
le 28 mai, ceux qui furent arrêtés plus
de 38.000 personnes,
3.000 furent envoyés deux
ans plus tard
dans les bagnes Néo-Calédoniens, dont Louise
Michel et Henri
Rochefort. Après des procès
expéditifs, à l'automne 1871, 80 hommes
furent fusillés dont le colonel
Louis
Rossel.
Ci-contre : les
ruines du théâtre Saint-Martin |
|
Pendant
la "semaine sanglante" la ville a été conquise, rue
par rue, jusqu'au dimanche 28 mai. On
recensa
des incendies nombreux : à l'Hôtel de Ville, au Quai
d'Orsay, aux Tuileries, à la Légion d'honneur, à la
Cour des comptes, au Palais de Justice, à la
Bibliothèque du Louvre, etc. Au final les armées de
Versailles achevaient la reconquête de la capitale
avec la prise du Père Lachaise, et la chute de la
dernière barricade, rue Ramponeau (Paris 20ème). Ce
fut un outil de propagande utile pour dénoncer les
communards, un beau serpent de mer sur les violences
d'une répression brutale et fruit de ces ruines qui
marquèrent les esprits, plus que la mort de milliers
d'anonymes, dont les estimations hautes varient de
20.000 à 32.000 morts, l'estimation la plus basse est
de l'ordre de 6.000 exéctions sommaires mais très
certainement sous évalués.
En l'état, nous ne
savons toujours pas combien d'hommes et de femmes
ont été tués, ni même véritablement n'ont été
identifiés, il reste à ce sujet un important
travail à mener avec la recherche des noms,
prénoms, etc., et le nombre au plus exact.
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La
Guerre Civile en France
(2/2)
« L'entendement bourgeois, tout imprégné
d'esprit policier, se figure naturellement
l’Association internationale
des travailleurs comme une sorte de
conjuration secrète, dont l'autorité
centrale commande, de temps à autre, des
explosions en différents pays. Notre
Association n'est, en fait, rien d'autre
que le lien international qui unit les
ouvriers les plus avancés des divers pays
du monde civilisé.
En quel que lieu, sous quelque forme, et
dans quelques conditions que la lutte de
classe prenne consistance, il est bien
naturel que les membres de notre Association
se trouvent au premier rang. Le sol sur
lequel elle pousse est la société moderne
même. Elle ne peut en être extirpée,
fût-ce au prix de la plus énorme effusion
de sang. Pour l'extirper, les
gouvernements auraient à extirper le
despotisme du capital sur le travail,
condition même de leur propre existence
parasitaire.
Le Paris ouvrier,
avec sa Commune, sera célébré à jamais
comme le glorieux fourrier d'une société
nouvelle.
Le souvenir de
ses martyrs est conservé pieusement dans
le grand cœur de la classe ouvrière. Ses
exterminateurs, l'histoire les a déjà
cloués à un pilori éternel, et toutes les
prières de leurs prêtres n'arriveront pas
à les en libérer. »
Karl
Marx Londres, le 30 mai 1871. In la
Guerre Civile en France (1871)
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| Les
étrangers et
figures au sein
de la Commune de Paris |
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Nombreux
étaient
les étrangers qui participèrent à la Commune :
des travailleurs immigrés ou migrants,
Allemands, Belges, Luxembourgeois, Polonais,
Espagnols, des Italiens dont les Garibaldiens
engagés volontaires pour défendre la république
face à la menace des états Allemands (puis de
l'Empire de Guillaume Ier), et des
révolutionnaires en exil se cachant ou
travaillant en France, etc. Fait
plutôt ignoré dans l'histoire contemporaine de la
France, plusieurs étrangers occupèrent une place
dirigeante ou des fonctions militaires lors des
deux sièges.
Notamment, un hongrois
juif, ouvrier bijoutier, Léo Fränkel (en
photo).
«
Nous ne devons pas oublier que la
Révolution du 18 mars a été faite
exclusivement par la classe ouvrière. Si
nous ne faisons rien pour cette classe,
nous qui avons pour principe l’ Égalité
sociale, je ne vois pas la raison d’être
de la Commune. L.F.
Frankel siégea au Conseil général de la
Commune et à la commission des élections, le
30 mars 1871, il fut confirmé ainsi :
«
Considérant que le drapeau de la Commune
est celui de la République universelle ;
considérant que toute cité a le droit de
donner le titre de citoyen aux étrangers
qui la servent (...), la
commission est d'avis que les étrangers
peuvent être admis, et vous propose
l'admission du citoyen Frankel. |
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Il y avait
à Paris, environ 40.000 Belges, dont un "Comité
Belge" : Georges Melotte, cheminot,
Alexandre Lebrun, Pierre Cammaerte, Rifflet et
Thomas diffusèrent un appel au début du mois
de mai 1871 pour la création d’une "Légion fédérale
belge". 700 belges
suite à la Commune furent arrêtés, le plus gros
contingent étranger de prisonniers pour un peu plus
de 2000 personnes, dont environ 700 Polonais et 300
Italiens.
Membre de la branche Allemande de l'Internationale,
Léo Frankel fut promu ministre du Travail et inspira
toute l'œuvre sociale de la Commune. Des
généraux polonais, Dombrowski et Wrobleski,
assumèrent des commandements militaires. Anna
Jaclard russe, née Korvine-Kroukovskaïa, Élisabeth
Dmitrieff, elle aussi russe co-dirigea l'Union
des Femmes.
En retour, les acteurs de
la Commune connurent la solidarité du mouvement
ouvrier International.
*
Délégués à la guerre :
Gustave Cluseret (1823-1900)
général de l'armée nord-américaine ; Louis Rossel
(1844-1871), fusillé ; Charles Delescluze
(1809-1871), mort au combat.
Chef militaires ou généraux de la Commune :
Jaroslaw Dombrowski (1836-1871),
mort au combat, quartier maître de l'armée russe ;
Gustave Flourens (1838-1871), assassiné ; Charles
Lullier, lieutenant de vaisseau (1838-1891) destitué
le 25-3-1871 pour incompétence.
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