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Bertholt Brecht

 

La Commune de Paris

(en 3 parties ou 3 pages !)

18 mars au 28 mai 1871

140e anniversaire de la Commune 
(année 2011)

L'association des Amis de la Commune de Paris 1871 veut faire de la commémoration du 140e anniversaire de la Commune une année de manifestations importantes.


"Il s'agit de lutter contre l'oubli des hommes et des femmes de la Commune, de leurs actes et de leurs idéaux, de réactiver un héritage politique, social, culturel, et de les réhabiliter en leur restituant leur dignité."



 


Face à la déferlante prussienne le pouvoir de Napoléon III s'écroule à Sedan en 1870, l'empereur est battu et fait prisonnier (en photo ci-contre). Par après et malgré les tentatives de Léon Gambetta (ministre de l'intérieur), les troupes mobilisées en province échouent elles aussi.

En se rendant à Bordeaux, le pouvoir laissent aux parisiens l'humiliation de la défaite. Puis en choisissant en février 1871 d'établir le parlement à Versailles, il y a là une cassure symbolique et une perte de repère. Versailles c'est le pouvoir royal. Et dans, Paris la ville des révolutions et des idées de progrès, l'émotion en sera d'autant plus grande et la colère diffus


Plus de cent trente ans après sa mémoire reste vivace, fort instructive sur les divisions des communards et de la gauche française...Faire oeuvre de mémoire sur la Commune de Paris est rarement le fait d'un travail objectif, nous n'échapperons pas à la règle. Les événements survenus entre septembre 1870 et la semaine sanglante fin mai 1871 ont poussé plusieurs générations de militants de gauche à trouver dans la révolte des parisiens de 1871 un modèle de référence. Difficile de ne pas prendre parti ou cause, mais au filtre du temps, il y a à lever encore certaines ombres. Redonner un peu de sens et de dignité à ceux qui soutinrent des causes justes avec des réalités politiques d'un autre temps.
 
  Ce fut une époque cruciale pour l'ensemble des luttes ouvrières en France et en Europe, à analyser en tant que telle. La mémoire de cette commune ouvrière a été bien au delà de l'hexagone et a eu une influence sur de nombreux processus révolutionnaires du vingtième siècle. De Léon Trotsky à Maozedong, la Commune de Paris est souvent plus connue à l'étranger qu'en France. Et un certain nombre d'archives ont aussi suivi les routes de l'exil.
 
Toutefois, le lègue est important et à plus qu'alimenter le devenir de la gauche en France, des anarchistes aux socialistes. C'était hier et pourtant les débuts d'un mouvement ouvrier émancipé en France va connaître la perte d'une génération entière. Il faudra 20 à 30 ans pour que la gauche ouvrière française s'en relève. Depuis 1830, les parisiens avec leurs drapeaux rouges et noirs font de plus en plus peurs aux bourgeois. Adolphe Thiers préparera une riposte claire et précise. Son objectif sera de supprimer cet embryon de contre-pouvoir, faire échec à toute revanche de l'esprit de 1792. Thiers mettra quarante ans pour accomplir son sinistre plan. La haine est de chaque part, mais seuls vraiment les protagonistes communards paieront le prix du sang et feront la preuve de leur totale impréparation aux événements.
 
Bien que proclamée en septembre 1871, il faudra attendre 1875 pour que la 3ème République se dote d'une nouvelle constitution (période de la République des "Ducs"), et vers 1880 une assemblée moins répressive et moins monarchiste qu'à ses débuts. Pourtant les hommes et les femmes de mars 1871, en lutte dans la capitale ont cru à nouveau qu'ils pouvaient propager les idéaux révolutionnaires et les valeurs de la république sociale. Mais les événements de 1830 et 1848 provoquèrent une grande césure entre parisiens et provinciaux. Peu de mouvements éclateront en dehors de Paris. Ou ne survivront que l'éclipse de quelques jours, à Lyon notamment. Thiers recrutera son armée au sein des campagnes apeurées par la propagande royaliste et par les Prussiens qui occupent une partie de la France. Aussi, faut-il avoir à l'esprit que la France contrairement à l'Angleterre ou l'Allemagne est encore en 1870 un pays majoritairement agricole. Et l'on ne peut pas dire que la gauche ouvrière est homogène ou rassemblée. Précisons que la naissance de la SFIO devra attendre 1905. Il existera une multitudes de petites organisations sous la troisième République, qu'il sera très difficile de réunir dans un grand parti ouvrier.  
 
 
La débâcle de Napoléon III, la chute de l'Empire se fait face à un autre, le régime prussien. Si en 1792, Valmy est la victoire des troupes de la république française. 1870 c'est le choc ou le contre coup de la montée des nationalismes, payant ainsi l'héritage napoléonien qui favorisa partout en Europe des guerres civiles et nationales. Si la commune de 1871 est unique en son genre, c'est qu'en germe l'internationalisme pointe son nez et on peut se demander si les travailleurs vont apprendre à ne plus avoir de frontières ?
 
Est-ce un hasard que cela surgisse à Paris ? non il n'y a pas de doute que depuis Louis XIV cette ville fut un temps désertée par le pouvoir royal, pour devenir suspecte et très surveillée. Avec une telle concentration de misères économiques et sanitaires, on peut se douter que les conditions de vie sont plus que déplorables pour la plus grande majorité des habitants. L'essor économique intervenu sous Napoléon le petit, ou le troisième du nom, favorisa, il va de soit une minorité aisée. À Paris des empires économiques se construiront sous son règne. Il engagera des travaux gigantesques menés par le baron Préfet Haussmann, poussant les plus pauvres hors des fortifications comme préfiguration de la banlieue parisienne et de l'ancienne zone ou poussèrent les bidonvilles tout autour de Paris.
 
Tout comme son parent illustre et mégalomane Napoléon 1er, la tentation des guerres ne manquèrent pas et l'échec du Mexique n'a pas permis à cet autocrate d'asseoir un pouvoir stable. Mais il a su réveiller le nationalisme allemand ou pangermanique. L'échec de Sedan poussera Napoléon III vers l'exil. En septembre 1870 le pouvoir en France est quasi vacant. Paris se perd dans des conjonctures et oubli de proclamer sa légitimité, c'est-à-dire à fonder une nouvelle République. Les monarchistes et réactionnaires profitent du vide pour se faire élire, là où la réaction fleure bon l'ordre moral. Ils siégeront à Bordeaux, puis à Versailles. Le petit peuple de Paris le prendra comme une injure supplémentaire, en particulier après les parades des troupes d'occupations dans la capitale (début mars 1871).
 
 
Aussi surprenant que cela puisse sembler dans ce fatras et de revanche, les urnes et les consultations électorales vont être relativement nombreuses en si peu de mois (avant et pendant la Commune). En raison du siège prussien bon nombre ont abandonné la capitale pour des retraites plus sures et restent principalement les familles ouvrières et les petits artisans, dont les hommes dépendant de la Garde Nationale (en uniforme de guerre ou presque). Les premières urnes à Paris font ressortir les contradictions des républicains et leurs divisions . Ce que l'on peut analyser ce sont les différents scrutins de la capitale pour mieux comprendre certains antagonismes locaux, et certaines contadictions avec la province ou entre villes et campagnes.
 
Les campagnes sont majoritaires et Paris est une ville à part. L'on doit à certains étrangers une place conséquente dans le mouvement qui vit jour par la proclamation de la Commune le 26 mars 1871. Il va aussi de soit, que nos parisiens sont très divisés et qu'il importe de rétablir un certain contexte. Il est bien connu que les français n'en font qu'à leur tête pour comprendre que l'Europe est loin de voir le jour. Et l'on oubli qu'ailleurs l'Internationale se construit et sans vraiment le soutien des français, trop préoccupés à raviver les divisions internes. C'est un polonais du nom de Léo Frankel qui sera une figure des premiers marxistes en France lors de la Commune. Il ne pourra s'appuyer que sur quelques rares arrondissements de Paris, comme le dixième arrondissement .
 
Dès le début de juin ou juillet 1870, Marx dans son exil lança un appel à la paix avec les travailleurs français. En septembre il s'inquiète de l'inertie. Il ne comprend pas pourquoi la république n'est pas proclamée à Paris. Quand les anciens de 1848 et pour certains de 1830 s'exaltent d'une première république disparue (et n'a pu profité historiquement qu'à la classe bourgeoise). Au lieu de l'imposer de fait, la République sera en réalité absente des enjeux. Tout discours venant de l'étranger est suspect, ou hors des réalités quotidiennes d'un pays mis en pièce par les armées d'outre Rhin. La réaction fait mine de dénoncer ce qui vient de l'Est de l'Europe, et délivrera pour longtemps une fantasmagorie très franchouillarde et réactionnaire sur le "parti de l'étranger".
 

En moins de trois mois, va se vivre l'un des événements les plus marquant de l'histoire contemporaine. Un épisode de l'histoire de France mondialement connu. Trop peu souvent transmis au grand public, en particulier scolaire. Cette révolution pourtant préfigure les grandes causes sociales du vingtième siècle, et la validité des observations de Karl Marx sur ses échecs.

A noter : À LYON, À MARSEILLE, et dans d'autres villes des foyers de révoltes, des communes libres tenteront de se mettre en place. Elles seront très rapidement circonscrites et limitées dans le temps à quelques jours.


 Karl MARX : "DISCOURS SUR LA COMMUNE" (compte-rendu du 23 mai 1871)

A la réunion du Conseil général du 25 avril 1871, Marx a fait un rapport d'information sur la Commune. «On ne peut s'imaginer, a-t-il déclaré, la force de l'enthousiasme du peuple et de la garde nationale».

Le 9 mai 1871, Engels fit le rapport sur la Commune. Le 23 mai 1871, en pleine «semaine sanglante », Marx prononça un grand discours sur la Commune dont seule fut conservée une courte note de procès-verbal. Le citoyen Marx a déclaré qu'il était malade et qu'il n'était pas à même de terminer l'« Adresse1» qu'il a accepté de faire, mais il espérait la terminer pour le mardi suivant. A propos de la lutte à Paris, il a dit qu'il craignait que la fin fût proche, mais si la Commune était battue, la lutte serait seulement ajournée. Les principes de la Commune sont éternels et ne peuvent être détruits : ils seront toujours posés à nouveau à l'ordre du jour, aussi longtemps que la classe ouvrière n'aura pas conquis sa libération. On abat la Commune de Paris avec l'aide des Prussiens qui agissent en qualité de gendarmes de Thiers. Le plan de sa destruction a été élaboré par Bismarck, Thiers et Favre. A Francfort, Bismarck a déclaré que Thiers et Favre lui avaient demandé d'intervenir. Le résultat a montré qu'il était prêt à tout faire pour leur venir en aide, sans risquer la vie des soldats allemands, non parce qu'il estimait la vie humaine quand il s'agissait du profit, mais parce qu'il désirait une chute encore plus profonde de la France, afin d'avoir la possibilité de la piller. Il a permis à Thiers de recruter plus de soldats qu'il n'était convenu dans l'accord ; par contre, il n'a autorisé le passage des vivres à Paris qu'en quantités limitées.

C'est une vieille histoire. Les classes supérieures se mettent toujours d'accord pour tenir sous leur talon la classe ouvrière. Au XIe siècle, il y eut une guerre entre les chevaliers français et normands, et les paysans se soulevèrent. Les chevaliers oublièrent immédiatement leurs querelles et se réunirent afin d'écraser le mouvement paysan. Pour montrer comment les Prussiens s'acquittaient de leur tâche de policiers, il suffit d'indiquer qu'à Rouen, occupé par les Prussiens, 500 personnes ont été arrêtées parce qu'elles appartenaient à l'Internationale. L'Internationale fait peur. A l'Assemblée nationale française, le comte Jaubert - momie desséchée, ministre de 1834 - connu comme partisan des mesures de répression contre la presse, a prononcé un discours dans lequel il dit qu'après le rétablissement de l'ordre le premier devoir du gouvernement doit être une enquête sur l'activité de l'Internationale, et son anéantissement. A la même séance, on a examiné la question de la protestation du Conseil général contre les atrocités des Versaillais et la question de l'aide à accorder aux émigrés de la Commune. Marx a déclaré :Nous pouvons démasquer l'activité du gouvernement versaillais, mais nous ne pouvons lui faire part de notre protestation,parce que cela signifierait que nous nous adressons à ce même gouvernement que nous qualifions de brigand.

(adresse1 ) Adresse du Conseil général 
de l'Association internationale des travailleurs.

 

"L'insurrection du 18 mars 1871, est déclenchée par le gouvernement de Monsieur Thiers, par son refus de restaurer la république, si l'on peut résumer ce mouvement populaire, ce fut un enjeu communaliste, patriotique, républicain et de révoltes ouvrières, qui n'avait pas pu trouver libre cours depuis juin 1848."

Compère-Morel - publications sociales - édition 1920

 

 
Le 19 mars, appel à des élections libres dans les arrondissements. Le 26, sont élus les représentants de la Commune proclamée. Ils siègent à l'Hôtel de Ville de Paris. La notion "de révolution manquée" n'est pas l'idée d'une révolution pour rien, bien au contraire. On ne peut refaire ou réécrire l'histoire et on ne peut que se baser sur des faits. Que l'analyse des événements divergent cela ne fait pas de doute. C'est un sujet qui demeure encore partisan. Toutefois si l'on s'en tient à l'examen des sources, c'est aussi une grande page la mémoire du mouvement ouvrier français et de ses relations ou pas avec une perspective internationaliste.
 
 
 Les coulisses de la révolution manquée et premières journées...
 
Le 1er mars 1871, conformément aux accords du gouvernement en exil, les troupes ennemies paradent dans une capitale endeuillée. Les statues sont recouvertes de voiles noirs et l'accueil de la population est glacial. Adolphe Thiers (73 ans), le 2 mars 1871 obtient de l'Assemblée nationale à Bordeaux qu'elle accepte les bases d'un traité de paix avec la Prusse. Le 17 mars le petit peuple de Paris et la garde nationale font cause commune à Montmartre. Le 18 mars la Caserne du Chateau d'Eau (place de la République) est au main des insurgés. Le 26 mars des élections donnent naissance à la commune libre de Paris.
Le gouvernement de la Défense nationale acculé, signe un armistice le 28 janvier 1871 et décide d'organiser des élections générales. Dans la confusion la plus totale le gouvernement se réfugie quelques temps à Bordeaux, puis à Versailles, le 10 mars. Le jeune Georges Clemenceau (31 ans), maire du XVIIIe arrondissement (ci-contre), traduit les ressentiments de la population et fait affiché la proclamation suivante: «On vous a livrés sans merci. Toute résistance a été rendu impossible».  

Paris, depuis longtemps fait peur au pouvoir politique, la capitale avec ses deux millions d'habitants est majoritairement républicaines et socialistes. C'est un danger pour le nouveau parlement réactionnaire de Versailles et le puissant camps royaliste croit tenir sa revanche. Le camp de la réaction a tout intérêt à réduire à la plus simple expression toute opposition "rouge". D'autant plus si elle dispose d'armes qui peuvent se retourner contre le nouveau pouvoir. Le gouvernement du libéral Olivier décidera le 10 mars de s'installer à Versailles. Les premières mesures prisent démontre la volonté d'en découdre avec ceux d'en bas : fin du moratoire sur les loyers, réduction de l'indemnité de la garde nationale (à Paris, elle rassemblait 180.000 hommes issus de la petite bourgeoisie et du monde ouvrier, volontaires pour défendre la capitale).
  Adolphe Thiers prend la décision de récupérer 200 canons dans la capitale. La garde nationale de Paris avait à l'origine du conflit avec les prussiens disposé des canons sur les buttes de Montmartre et de Belleville. Elle avait choisi de les mettre hors d'atteinte avant l'entrée dans la capitale des troupes allemandes. Le samedi 18 mars, c'est l'envoie d'une colonne de 40.000 soldats sur la capitale avec l'ordre de récupérer les canons, qui sera la goutte qui fera déborder le vase. Mal préparés les soldats de Thiers perdent du temps à trouver des attelages.
Lorsque les troupes arrivent à Montmartre, elles sont cernées par  les citoyens de la ville avec des aliments et des chopes de vin, les femmes y joueront un rôle non négligeable. "Les femmes et les enfants sont venus et se sont mêlés aux troupes. Nous avons été rudement trompés en permettant à ces gens de s'approcher de nos soldats, car se mélangèrent à eux, et les femmes et les enfants leur scandaient", "Vous ne tirerez pas sur le peuple!". Le général Lecomte donne l'ordre à ses hommes de faire feu, le refus sera catégorique. Les nouvelles affluent dans tout l'Est de Paris, des barricades sont érigées. Jules Vallès, écrivain et journaliste décrit ainsi la première journée : "C'est la révolution ! Nous y voilà, le moment espéré et attendu depuis le premier geste de cruauté d'un père, depuis la première gifle à l'école, depuis la première nuit à dormir dans les rues. Voici la revanche pour l'école, pour la pauvreté et pour le coup d'état de 1851."
 
Le signal de rappel et de mobilisation populaire sera donner par le tocsin, la foule fait masse et les soldats s'enfuient, d'autres rejoignent le mouvement naissant. Le général Lecomte, chef de brigade, est fait prisonnier, et le général, Clément Thomas. A 17 heures, ils sont exécutés dans une liesse effroyable, sous les yeux horrifiés de Georges Clemenceau. Il ne trouve aucun moyen de canaliser la vue frénétique du sang. D'autres émeutes se produisent dans d'autres quartiers, de nombreux soldats fraternisent avec le peuple de Paris. Les bataillons de la garde nationale se fédèrent avec un comité à leur tête (d'où le terme de "fédérés" qu'ils conserveront).
Adolphe Thiers face à une telle levier de bouclier ne peut contenir le mouvement, il ordonne à l'armée et aux corps constitués d'évacuer sur le champ la capitale. La débandade s'engagea en début d'après-midi et s'achèvera à la tombée de la nuit. Paris s'en remettra pendant deux mois à des militants jacobinistes comme l'avocat Charles Delescluze, aux blanquistes (Blanqui, lui est en prison le 18 mars), aux utopistes proudhoniens, aux marxistes, dont Marx sera un des premiers auteurs à traiter des erreurs de la Commune, aux anarchistes dont à l'époque Michel Bakounine est le fer de lance. Ce qui constituera un Comité central siégeant à l'Hôtel de Ville. Sans omettre la combativité des femmes plus que manifeste, et l'une d'elle qui sera cette grande dame que fut Louise Michel.  
La composition du parlement des élus communards est très variée. Le camp dit "bourgeois" est majoritaire au 26 mars, puis au vue des abandons de postes aux mains des nostalgiques de 1792 : Blanquistes et Jacobins. Ils pèseront dans l'inertie des décisions, les autres composantes sont trop éclatées pour faire cause commune. Seul, le groupe des internationalistes fait contre-poids mais n'arrive pas à trancher entre Proudhon et Marx. Ce fut pour ainsi dire une assemblée plus que confuse. Pendant ce temps, Thiers reculera à Versailles avec son armée et lèvera rapidement 100.000 hommes dans les campagnes. Un nouvel assaut sera tenté les 2, 3 et 4 avril, qui se soldera à nouveau par un échec des "Versaillais".
Deux causes majeures ont pesé et ont joué un rôle dans la chute de cette révolution. La première fut l'argent et la non utilisation des réserves d'or, que pourtant avait "sous le coude" l'assemblée communale. La deuxième fut stratégique et décisive dans le rapport de force, et maintes fois rédigées. L'isolement dans les murs de la capitale a permis "aux canons de la réaction" encerclant Paris à réduire à néant, ce qui fut probablement de mémoire de parisien une de ces périodes les plus riches de sens. Qui fut au service de nouveaux idéaux universels. Cet affontement social et politique laissera pour mémoire : l'organisation d'une égalité entre les femmes et les hommes, l'idée d'un salaire minimum, l'accueil gratuit de tous les enfants à l'école communale et la suppression de leur travail, et la journée de huit heures.
 
C'est en mai, le 21, que les armées de la contre révolution entameront une bien triste page d'histoire. Le 22, ils s'engagent dans le massacre de plus de 20.000 hommes, femmes et enfants. Puis l'exil forcé pour ceux qui seront arrêtés (environ 38.000 personnes).
 
ci-contre :
ruines du théâtre Saint-Martin
Pendant la "semaine sanglante" Paris sera conquis rue par rue jusqu'au 28 mai 1871. On recensera des incendies : à l'Hôtel de ville, au Quai d'Orsay, aux Tuileries, à la Légion d'honneur, à la Cour des comptes, au Palais de Justice, à la Bibliothèque du Louvre,... Au final les armées de Versailles achèvent la reconquête de la capitale avec la prise du Père Lachaise, et la chute de la dernière barricade, rue Ramponeau (Paris 20ème).

 
Suite de la promenade...  
La Commune de Paris, l'Est Parisien
 
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Dernières modifications : 10/09/2015