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Bertholt Brecht


 

 Figures méconnues
du faubourg Saint-Denis

et "Une geôle parisienne :
Saint-Lazare" (nouveauté)

L'actuel faubourg était un sentier au 5ème siècle et devint une voie royale qui allait en direction de la Ville de Saint-Denis, vers le 10ème siècle après J.C.

 
 
Ce fut un passage obligé pour la cour se rendant à l'Abbaye de Saint-Denis, elle emprunta maintes fois cette route pour y sacrer et y enterrer nombre de ses têtes couronnées. L'apparition d'une population au sein du faubourg Saint-Denis débute avec la construction d'une léproserie ou maladrerie (au 11ème siècle), en raison du retour des croisades et des maladies liées à la peau : la lèpre. Suivront l'installation de congrégation religieuse dont celle de Saint-Vincent de Paul, « les soeurs de la charité » et tout particulièrement des « filles dieu » qui participèrent activement à la collectivisation des anciennes terres marécageuses. La monumentale Porte St Denis fut édifiée en 1672 par Monsieur Blondel, qui sera aussi le maître d'oeuvre de la Porte Saint-martin (rénovation effectuée en 1998). Ce fut Louis XIV qui fit tomber l'enceinte fortifiée en 1670 construite sous Charles V vers 1360.
Au début du 17ème siècle l'actuel quartier était le début de la campagne parisienne avec la présence:

- d'une agriculture importante , résultat de l'assèchement des marais, on peut présumés l'existence de chaumière, la présence d'une population indigente et n'ayant pas toujours droit d'entrée dans la ville royale.
- des petites écuries royales; d'où la rue, et cours des petites écuries, qui jouxtent le faubourg.
 

 
Puis l'on découvre l'apparition progressive d'hôtels particuliers par le rachat des emplacements appartenant en grande part à l'église. Grande misère et détresse s'y focalisait, en raison de la présence d'ordres se chargeant des mendiants. Un quartier populaire ou l'exclu vit à côté des "restos du coeur"de l'époque. Le quartier voit l'installation de la bourgeoisie dans ces nouvelles artères que sont les faubourgs de la capitale grâce à la création des grands boulevards : poussant Paris vers un élargissement géographique de ses frontières et une forte accentuation de sa population. Le roi Louis XIV à partir de la fin du 17ème siècle (à l'exception de quelques années du temps de la Régence du Prince Philippe) vit et dirige le pays à Versailles.
 
Le petit peuple des faubourgs va émerger avec la révolution "bourgeoise" de 1789. Le clergé va perdre de sa suprématie, entre autre, en tant que propriétaire des terrains et des bâtisses. Il est à noter que la présence des religieux et de leurs pauvres pèsent sur la vie du quartier. Il reste des traces de plaintes et de procédures juridiques visant à la récupération des biens ou à l'expulsion des religieux, bien antérieurement à la révolution. La vie religieuse dans tout la périphérie nord des grands boulevard va participer à la naissance de nouveaux quartiers de Paris mi ruraux, mi urbanisé. Le quartier Saint-Denis et Saint-Martin verront naître une forte activité marchande en dehors des anciennes enceintes détruites sous Louis XIV.

  Avec la révolution de 1789 s'engagea une mutation de Paris vers la naissance des faubourgs, (la banlieue de ces temps passés), les villages des plus connus :Montmartre, Chapelle, Villette pour exemple sont encore à plus ou moins une lieue de la ville. De la révolution de 1789 restera les deux portes (St-Martin, ci-contre), un peu miraculeusement survivantes, elles seront les témoins de nombreux affrontements et l'apparition des barricades... Elles devinrent des lieux importants mais sanctuaires des révolutions de 1830, 1848, et de 1871 (la Commune de Paris).
 
Tout au long du 19ème siècle ce quartier est très en lien avec l'idée de "débauche" festive, le faubourg Saint-Denis va s'ancrer comme un quartier de la "fête" et des métiers des arts de la scène et du spectacle. Déjà au 18ème pré-illustre les bals du bois de Boulogne (passage du Prado) et un passage du désir qui semble avoir été retenu dans son origine populaire comme le ragot local sur les activités d'hôtels qualifiés de <<garni(s)>>. Le passage Brady, initié par Monsieur Brady vers 1830, en fit un grand lieu de la confection. S'agrégèrent comme métiers spécifique à la mémoire de ce quartier : l'édition de musique, la porcelaine, le cuir et la fourrure, la faïence, la coiffure, l'hôtellerie et la restauration.
 
De nombreux lieux festifs y verront jours : les Concerts Parisiens et Mayol, les Théâtre du Château d'Eau, de l'Escalier d'Or et Français (puis Théâtre du Gymnase). Le quartier subira aussi la percée du boulevard de Strasbourg et la naissance des deux gares, du Canal St-Martin (1857), l'activité du quartier de la Porte St-Denis sera très forte jusqu'à la seconde guerre mondiale. On verra même sur ce territoire se construire la première usine à gaz de Paris et s'installer les Magasins de la Ville de Saint-Denis dans le faubourg. Le dixième arrondissement de Paris va voir sa population se réduire et passée à 170.000 âmes en 1896 (environ 90.000 en 1998).
 
 
 
Les Hospitaliers et Chevaliers de Saint-Ladre
 
Au sein de l'actuel quartier Saint-Denis voit l'apparition d'une première population, elle émerge avec la construction d'une léproserie ou maladrerie (entre le Xème et XIIème siècle). C'est en raison des croisades menées en "terre sainte que la lèpre se propage. Ce sont les "Hospitaliers ou Chevaliers de Saint-Ladre" qui participèrent à la conquête de la Terre Sainte en Palestine, qui sont à l'origine de la léproserie et du premier peuplement du quartier en 1110 (première trace écrite sous forme d'une Charte). Louis le Gros engagea en leur faveur la Foire Saint-Laurent et jusqu'en 1253. Le grand maître de cet ordre devait être un chevalier lépreux. C'est au sein de l'enclos Saint-Laurent (bien avant de n'être une foire à bétail) que se trouva la première implantation marchande dans le dixième arrondissement. La foire se tenait une fois l'an et selon des règles précises.
Un cérémonial sera lancé en 1147 par Louis VII le Jeune, qui partant pour les croisades s'arrêta dans le faubourg Saint-Denis (avant l'actuel boulevard du Magenta - à la hauteur de la grande poste) avant d'aller quérir l'oriflamme dans la ville de Saint-Denis.  

Le roi observait ainsi une halte devant la léproserie. Elle se fit en l'observance d'un culte en faveur de la guérison des lépreux, c'est à dire, faire d'un mal dont personne ne connaissait le traitement, une dévotion au culte de St-Lazare ou de St-Ladre (saint des lépreux). C'est aussi devant la Maison de St-Ladre, répondant aussi au nom de Logis du Roi, que les rois de France mettaient pieds à terre lors des entrées solennelles dans Paris. Ils recevaient les serments de fidélité et d'obéissance de tous les ordres de la Ville.
 
Comme l'on dit, "toute misère a du bon" et l'implantation de la léproserie implique de défricher les alentours, de construire des édifices pour résider et des lieux de cultes, la maison de St-Ladre (plus tard au main de la congrégation de Saint Victor sise à Paris) voit le jour. Les premiers bâtiments disparaîtrons au 15ème siècle dans les flammes, dans un énième bataille avec les Anglais et donnera le jour au lieu dit de Saint-Lazare. Saint-Ladre fut en parti détruite par les "Anglois" qui assiégèrent Paris sous Charles VI . En 1490, la lèpre ayant disparue en France Innocent VIII supprima cet ordre - bien qu'ils survécurent sous l'appellation de Lazaristes et fusionneront vers 1630 avec la Congrégation de la Mission . En 1672, Louis XIV attribuera aux invalides les biens destinés aux lépreux.
 
 
Petite histoire des Filles-dieu
 
Au 13ème et au 14ème siècle, ce sont les religieuses du Couvent des Filles-Dieu qui, au sud-ouest de l'arrondissement assainissent les terres qu'elles mettront en culture pour certaines. En 1360, Charles V décide la construction de remparts autour de Paris qui relèguent les futures terres du 10ème arrondissement de Paris, hors de la capitale. A partir du XIVème siècle, on assiste à l'émigration des petits artisans qui fuient la ville pour échapper aux charges devenues trop lourdes. Ils s'installent en dehors de la ville et créent les faubourgs, repoussant ainsi les frontières de Paris en dehors de l'enceinte de Charles V qui sera détruite en juin 1670.  

 
Au sein du quartier Saint-Denis, les "Filles de Dieu"arrivent au début du 13ème siècle. Suite à une expulsion et aussi à la marginalisation d'une communauté de femmes charitables qui activaient au profit des femmes de petite vertu, c'est à dire, au secours de femmes prostituées. Les religieuses et leurs filles chercheront une terre d'accueil, elles choisirons hors des murailles un espace marécageux et assécheront les terres. Elles impulseront un domaine qui s'étendra sur la partie sud-est du faubourg Saint-Denis et commençait au début du boulevard Bonne Nouvelle, jusqu'à la rue du faubourg Poissonnière. Là ou se trouve de nos jours le théâtre du Gymnase, se tenait un cimetière disparu au XIXème siècle.
 
Les Filles-Dieu en 1226, avec 200 femmes converties résident dans l'actuel deuxième arrondissement (rue du Caire). Puis déménagèrent de Paris de l'époque à la campagne en raison de l'agrandissement des fossés de l'enceinte fortifiée. Elles s'installèrent un peu plus au nord à la hauteur du boulevard Bonne Nouvelle. Elles participèrent activement à la collectivisation des anciennes terres marécageuses en terre fertiles dans tout le sud-ouest du quartier - "il fut convenu que la Maison des Filles-Dieu soit érigée en Hôpital" - au sens d'hospitalité plus que de soin... - ce pour des femmes qui pouvaient y passer une nuit et y recevoir "un denier".
 
Le début des constructions date de 1225 et il s'en fallu de peu qu'elles ne s'établissent sur la montagne Sainte-Geneviève. En 1232, Guillaume d'Auvergne installa donc les Filles-Dieu : 200 religieuses dotées d'une rente de 400 livres par an. Il n'existe aucun titre de fondation, "nous n'avons aucun de nos historiens qui ne fassent honneur à Saint-Louis de la fondations de ces religieuses" mentionna Jaillot géographe de Louis XV. Cette dotation verra jour sous les lettres du roi Jean en 1350 pour la même somme, mais seulement avec une centaine de religieuse.
  Saint Louis est à l'origine de la création des maisons-dieu, après sa mort il existait douze maisons de cette nature à Paris. Les Fille Dieu du quartier Saint-Denis répondaient aux problèmes propres aux prostituées et connu pas mal de difficultés à apporter secours ou charité aux femmes "de mauvaises vies". Au fil du temps et en 1356, suite à une expulsion elles prennent base dans le quartier Saint-Denis actuel. Hors des murailles sur des terrains achetés avec les biens de la communauté vers 1250. Elles déménageront dans l'actuel faubourg Saint-Denis, où se tenaient un peu plus haut, les chevaliers de l'ordre de Saint-Ladre et leur Maison.
 
Il est à noter que les financements de l'implantation des ordres était "le fait du prince", c'est-à-dire subventionnée par la noblesse. De plus, en raison de terres vivrières, il fut possible d'en retirer des ressources financières non négligeables. Et aussi son lot de jalousie, l'on retrouve à ce titre, que Guillaume d'Auvergne a du convaincre Louis IX, dit saint Louis : "de faire des progrès sous son épiscopat". Saint Louis tentera une expérience prohibitionniste accompagnée de la réinsertion des prostituées dans le couvent des Filles-Dieu. Cela se soldera par un échec qui le conduira à rouvrir les maisons closes. La position de l'Église sera de considérer la prostitution comme un mal, mais nécessaire.
 
C'est avec deux arpents de terre acquis pour les fondations de la maison que s'installèrent en bas du faubourg Saint-Denis les Filles-Dieu. Rapidement elles achètent quatre autres acquisitions au sein de la cursive de Saint-Lazare, et suivra l'achat en 1253, de huit nouveaux arpents supplémentaires. En 1256 saint Louis accordera le fait de tirer de l'eau de la fontaine St-Lazare et de la faire conduire au couvent des Filles-dieu. En 1495, les Filles-Dieu furent réunies avec les religieuses de Frontevault qui reprirent le nom de Filles-Dieu, il ne restait plus qu'une douzaine de religieuses vers 1480 et elles mirent beaucoup de difficultés à accepter les nouvelles (plus de douze années de tractation).  

 
Ce n'est pas sans difficultés que les ordres charitables vont se créer et résister au temps. Un débat se tient au sein du clergé et aussi au sein de la noblesse sur la question du secours aux plus démunis. S'affronta surtout une morale et des questions financières, et dépendra en partie des caisses royales. Lesquelles ne seront pas toujours au beau fixe. Puis s'ajoute la question morale aider les indigents, les prostitués, tout cela ne fut pas toujours "très catholique" au goût de certains puissants, cela donnera lieu à de nombreuses polémiques et controverses.
 
 
La Maison de Saint Lazare et Vincent de Paul


"En 1632, la célèbre Leproserie de Saint-Ladre ne renfermant plus aucun le- preux, et le dernier Prieur Adrien Lebon ayant cede sa Maison a Vincent De- paul, Saint-Ladre, maintenant Saint-Lazare, chef-lieu de la « Mission », allait connaitre une ère nouvelle de gloire et de splendeur en devenant le centre d'où rayonneront toutes les oeuvres les plus belles de charite et de relevement. Sous le ministêre et la direction de celui qu'on appelait le bon Monsieur Vincent, Saint-Lazare, si souvent au cours de son histoire centre de misêre et de douleur, symbolisa « la Maison accueillante et consolatrice », vers qui s'elançaient la gratitude et l'admiration de l'humanite entiere." (Docteur Léon Bizard et Jane Chapon - 1925)

Ci-contre :  représentation du domaine de Saint-Lazare ou de Saint-Ladre au  seizième siècle.


Les Lazaristes fusionnent avec la Congrégation de la Mission de Monsieur Vincent de Paul, leur implantation dans le faubourg Saint-Denis date du dix-septième siècle, d'autres communautés religieuses s'y agrègent. Entre autre la congrégation séculaire de la Mission créée en 1632 qui prit cession de la Maison et du Clos de Saint-Lazare et de ses 52 hectares arborés, en fusionnant avec les Lazaristes.  

 
Au sein de la Maison de Saint Lazare, dans le faubourg Saint Denis, les activités se développeront en l'accueil de religieux. S'y font des séminaires. S'y tient aussi une maison de retraite et un collège. Et l'on accorde une hospitalité aux laïques, près de 20.000 personnes y passèrent de 1635 à 1660, pour des séjours de huit jours, à titre gratuit. Vincent de Paul y conserva une chambre jusqu'à sa disparition. il fut inhumé dans la vieille église de Saint-Lazare en 1660 à 85 ans, et béatifié en 1729. Ses restes furent conservées jusqu'à la révolution dans l'église de Saint-Lazare qui n'a pas été conservée. De triste mémoire, Saint-Lazare fut aussi une prison (une Renfermerie) pour enfants indisciplinés de familles fortunées (un par cellule et sans vis à vis...).
  Si la Maison de Sain-Lazare, doit à Vincent de Paul d'avoir été un lieu d'hospitalité et de formation de l'esprit, elle sera aussi une renfermerie, une prison pour jeunes enfants. Plus tardivement c'est tout le lieu qui deviendra une prison réservée aux femmes qui depuis n'existe plus, mais laisse quelques stigmates de bâtiments disparus. La plus célèbre des femmes incarcérées fut Mata Hari, dont la France voulue faire un exemple en l'exécutant pour espionnage durant la guerre de 1914-1918. Sa culpabilité laisse de nos jours un certain doute. il fallait un exemple et de plus elle incarnait une morale non conformiste.

Le domaine de Saint-Lazare fut d'une superficie de plus de clinquante hectares, soit un peu plus grand que le jardin actuel des Tuileries. Il fut la plus vaste propriété de Paris. Connu pour ses arbres fruitiers et productions maraîchères. L'industrialisation croissante fit disparaître cette grande étendue de verdure au profit notamment du train et aujourd'hui des 2 gares de la SNCF. Il passa aussi par là le coup d'arrêt mis aux propriétés ecclésiastiques au sein du faubourg. La révolution de 1789 proscrit tous les ordres et engagea leurs déclins. Après 1945, la prison pour femme ferma pour laisser place à l'hôpital Saint-Lazare. Sur les fondations d'entrée de l'ancienne prison (aujourd'hui détruite, voir la photo ci-dessus), on découvre de nos jours le visage Vincent de Paul dans le faubourg Saint-Denis, que l'on peut encore deviner en cet espace marqué par l'histoire. Jusqu'en 1999 est restée une activité universitaire, principalement dans le domaine de la médecine. Un ré-aménagement urbain du site assez sommaire a eu lieu depuis, mais rien ne faisant appparaître ce qui fut un lieu important de la capitale.

 
Monsieur Vincent un film de Maurice Cloche
et avec Pierre Fresnay (1947)




La Compagnie des Filles de Charité
 
Elle fut fondée en 1633, par Vincent de Paul et Louise de Marillac. Les premières Charités (ou Confrérie de Charité) ont été organisées par saint Vincent dès 1617, à Châtillon-les-Dombes. Elles étaient alors composées de femmes de milieux relativement modestes, désirant se dévouer au service des Pauvres et des Malades de leurs villages ou paroisses. Quand ces Confréries ont vu le jour à Paris, des Dames de la noblesse ou de la haute bourgeoisie s'y sont engagées, entraînées par le zèle et l'enthousiasme apostolique de Monsieur Vincent. Mais leurs obligations familiales, leur rang social, rendaient difficiles les services humbles dans les maisons des Pauvres. Certaines se sont vues dans l'obligation de se décharger de ces tâches sur leurs servantes : celles-ci les accomplissaient plus souvent par contrainte que par charité...



Dès 1630, Monsieur Vincent les confia à Mademoiselle Le Gras (Louise de Marillac), qui le secondait dans l'organisation, la visite et le suivi de Confréries, créées par lui-même et ses proches, là où se "donnaient" les Missions. Ces bonnes volontés ("déjà toutes données à Dieu pour le servir dans les Pauvres" ) étaient donc dispersées dans Paris. Chacune au service d'une Confrérie différente. Rapidement, Louise de Marillac perçut la nécessité de les grouper, afin de les mieux former et accompagner dans leur service, tant corporel que spirituel.  

 
Après mûres réflexions, elle en obtint l'autorisation de Monsieur Vincent , le 29 novembre 1633. Louise de Marillac recevait régulièrement chez elle les six premières "Filles" (ces "Filles" étaient servantes des "Dames" des Charités) et marque "l'acte de naissance" de la Compagnie des Filles de la Charité. C'était une nouveauté dans l'Eglise de ce temps, qui n'admettait pas que des Religieuses soient hors des cloîtres. La Compagnie fut approuvée par l'Archevêque de Paris, en 1655, et par Rome, en 1668. Elles disposeront de d'un hôpital au sein du faubourg et seront non loin de la Maison de Saint-Lazare.
 


UNE VIEILLE GEOLE PARISIENNE SAINT-LAZARE


A mon petit-fils, Lucien-Richard Callet.


Dans son immense enceinte, Paris concentre toutes les joies et toutes les douleurs de l'humanité, tous les héroïsmes et toutes les infamies. A côté des palais somptueux consacrés aux joies, aux plaisirs, à l'art, au culte du Beau, les musées, les théâtres, les bals, les asiles où l'on pleure, les hôpitaux où l'on souffre, les prisons où l'on peine. A côté du Paris pimpant, chatoyant, brillant, paré, éclatant de lumières, amoureux de luxe et de fêtes joyeuses, le Paris dolent et misérable qu'angoisse la douleur, qu'étreignent la misère et la faim. « Dans cet océan sans fonds, dit Balzac, il s'y rencontre à côté des perles, des monstres. » Mais de plus en plus ce creuset merveilleux où tout s'affine, tend à rejeter au loin ses impuretés et ses scories.

Tandis que, par un mouvement lent, mais ininterrompu, depuis sa formation, le Paris riche et aristocratique s'avance toujours vers l'Ouest, la Cité, de plus en plus, repousse hors de ses murailles, dans sa banlieue du Midi et du Nord, dans ces plaines arides, lépreuses de misère, sans verdure, bossuées de gravats, hérissées dé cheminées d'usines aux panaches sulfureux ou noirs, dans ces champs livides, tout ce qu'on pourrait appeler ses communs, ses organes vils, ses voieries, ses hôpitaux, ses abattoirs, ses prisons, comme les glaciers qui, selon le mot de V. Hugo, « ont je ne sais quelle chasteté grandiose et, d'un mouvement insensible, mais irrésistible et continu, rejettent sur leurs moraines les blocs erratiques ».

Aujourd'hui, c'est au tour des prisons à émigrer hors murs; le Conseil général de la Seine ayant entrepris l'œuvre de leur réorganisation sur de nouvelles bases et de leur transport en dehors de l'enceinte. On a démoli Mazas et Sainte Pélagie que remplace, sur le plateau de Villejuif qui domine la Bièvre, la prison colossale et modèle de Fresnes-les-Rungis qui comprend 2.000 cellules. Le plan de cette prison nouvelle a été conçu, d'après l'inspiration du Conseil, et partant de cette donnée que la peine, tout en châtiant le coupable, ne doit ni l'abrutir, ni le déprimer moralement et physiquement en le rejetant dans la vie, anémié, aigri, farouche, impropre à tout travail et bon pour l'hôpital ou une nouvelle prison, mais lui laisser, au jour de la libération, la force de gagner sa vie et de se réhabiliter.

Paris se trouve placé, au point de vue pénitentiaire comme au point de vue hospitalier, dans des conditions spéciales. Il est le centre - Eldorada ou Maëlstrom - vers lequel convergent ou sont attirés tous les déclassés, les miséreux, les irréguliers, les tarés, les ruffians qui espèrent y faire fortune par tous les moyens ou y cacher, dans l'immense tourbillon, les fautes et les ruines d'antan.

Le Conseil général de la Seine a décidé que Saint-Lazare sera démoli et ira rejoindre, sous la poussière des choses mortes, Mazas et Sainte-Pélagie. Mais il faudra attendre que la commission extraparlementaire du Régime des Mœurs ait statué pour décider du sort de Saint Lazare, et il est probable que, dans un temps prochain, la vieille prison « couleur de boue », comme l'appelle Alfred de Vigny dans Stello, tombera sous la pioche qui en fera jaillir une envolée de souvenirs comme un heurt d'airain fait envoler des essaims d'abeilles.


Il y avait là, dès l'an de miséricorde et grâce 1110, dominant Paris, au bord du ru de Belleville, un hôpital de lépreux, construit sur l'emplacement d'une vieille basilique dédiée à saint Laurent et d'un antique moustier (monastère) dont parle Grégoire de Tours et qui fut dévasté par les hordes normandes. A leur retour de la deuxième croisade, les soldats de la Croix avaient rapporté la peste et la lèpre ; ces maladies horribles épouvantèrent tellement le populaire de Paris, de tout temps si impressionnable, qu'on fit par toute la ville une criée à son de corne et à son de trompe pour donner ordre aux ladres de se « bouter hors des murs ».

La femme de Louis le Gros fit bâtir la léproserie qui n'était qu'un assemblage de huttes en pisé et en torchis, à demi creusées en terre et entourées d'une muraille basse. Au lieu d'installer, comme aujourd'hui, les hôpitaux en lieu élevé et salubre, fouetté du plein air, on les enterrait profondément ; c'étaient des cabanons où le jour et l'air n'arrivaient que par le haut.



La reine affecta à cette fondation la concession de certaines foires qui se tenaient aux abords de la basilique de SaintLaurent. En face, sur le côté droit de la voie montueuse qui escaladait le premier soulèvement de la colline de Montmartre, s'élevait un petit pavillon, le Logis du Roi, où de tradition le roi de France s'arrêtait quand il allait solennellement prendre l'oriflamme à Saint-Denis pour entreprendre une grande chevauchée contre ses vassaux rebelles; il s'y arrêtait une seconde fois quand il allait dormir son dernier sommeil sous les cryptes de la vieille basilique dyonisienne.

Les ladres de Saint-Lazare, qui devaient tous être « issus d'un légitime mariage et nés entre les quatre portes de la ville », venaient, en vertu d'une coutume pleine d'enseignements, jeter un à un l'eau bénite sur la dépouille royale « déposée entre les deux portes ». Au seizième siècle, le relâchement s'était introduit dans cet hôpital qui ne recevait plus guère de lépreux mais des gens qui, pour échapper à l'impôt et à la capitation si durs alors, se disaient ladres; de là la synonymie de ladre et d'avare. Les prêtres chargés de le desservir, selon l'habitude d'alors, envahirent les revenus et gaspillèrent les fondations.

Pillée, dévastée, saccagée par les Anglais, la léproserie fut remise aux chanoines de Saint-Victor, mais des irrégularités dans l'emploi des aumônes destinées à « l'entretènement (l‘entretien) et à la nourriture des pauvres ladres » amenèrent l'intervention du Parlement qui ordonna aux religieux d'employer au moins le tiers de leurs revenus à l'entretien de l'hôpital.

En 1632, la maison était en pleine décadence, lorsqu'elle fut donnée aux prêtres de la Mission qui venaient d'être institués par saint Vincent de Paul. Elle devint le chef-lieu de cette congrégation célèbre qui alla par tout le monde évangélisant et prêchant les infidèles, toutefois on imposa au fondateur de l'Institut l'obligation de recevoir les lépreux qui étaient encore, à cette époque, très nombreux à Paris.

De sa rude et forte main, cet homme, qui fut sublime dans le bien, régénéra la maison et y imprima sa puissante empreinte. Lorsque les Espagnols, après la prise de Corbie, menacèrent la capitale, l'énergique patriote, à l'appel de Richelieu, fit de Saint-Lazare la place d'armes, le boulevard de Paris ; en huit jours, soixante-douze compagnies levées parmi les domestiques et apprentis furent fermées, exercées et prêtes à partir au-devant de l'ennemi.

C'est de cette petite cellule froide et triste qu'il conçut et organisa cette œuvré admirable des Enfants assistés, de ces misérables épaves de l'amour qui mouraient par milliers aux marches des églises. C'est de là qu'il écrivit ces sermons et ces lettres d'un style si poignant et si sobre où, en présence des misères de la Fronde et de l'insouciance de la Cour, il flagelle si énergiquement les vanités, les prodigalités et les avidités des grands. C'est sur cette marche de pierre, usée à moitié, qu'il s'agenouillait pour demander au ciel de l'inspirer et de le soutenir dans cette œuvre immortelle de Grand aumônier de France.

Saint Vincent de Paul mort, les Lazaristes bénéficièrent de la gloire du bienheureux, ils agrandirent considérablement la maison et la transformèrent en une « retraicte honneste et chrétienne » où ils formaient, par des lectures édifiantes, des pratiques pieuses, à la continence et à la vertu, les fils de famille dont les parents voulaient réprimer les écarts d'une exubérante jeunesse.

Ils construisirent ces édifices conventuels que nous voyons encore aujourd'hui, d'un aspect si dur et si sombre, si régulier et si sévère, et qui sont de la même époque que la Sorbonne dont on a démoli, il y a quelques années, la vieille cour de si haut caractère, avec ses bâtiments aux toits aigus d'une élégance austère et sobre. Les architectes laissèrent intactes les fondations de l'ancienne léproserie. Il y a quelques années, en creusant pour l'établissement d'un calorifère, on mit à jour, dans le vieux tuf gallo-romain, des anciennes cryptes aux arceaux élégants, aux nervures délicates. Au bout de la crypte profonde, à ras du sol, une trappe de fer ferme un trou béant où l'on descend par des marches gluantes et rompues. Une odeur fade de marécage vous prend à la gorge, on entend clapoter l'eau noire.

C'est le ru canalisé qui descend à la Seine. Chapelle (poète) fut enfermé, par ordre paternel, dans la « retraite » des bons Pères ; mais son exemple et son impénitence finale montrent de combien petite vertu étaient la discipline et la correction lazaristes.C'est à la maison Saint-Lazare, sous la férule de fer gantée de velours de ces directeurs de consciences perverties, que l'abbé Prévost fait enfermer l'aimable Des Grieux qui, rêvant aux folles caresses de l'adorable Manon, écoutait d'une oreille distraite les sermons et les homélies du séminariste Tiberge qui tant assommaient Musset !

A la veille de la Révolution, Beaumarchais y fut conduit sur un mot du roi, écrit au dos d'une carte à jouer, pour le punir des hardiesses immortelles qu'il s'était permises à l'égard des grands dans le Mariage de Figaro. Il n'y resta d'ailleurs que trois jours ; un mouvement d'opinion très violent se prononça en sa faveur parmi le peuple de Paris, dans l'âme duquel grondait déjà le tonnerre prochain de la Révolution. La veille de la prise de la Bastille, au matin, - l'effroyable misère des campagnes ayant rabattu de toutes parts des troupeaux d'affamés sur Paris - d'après un bruit qu'il y avait du blé à Saint Lazare, la foule y court et trouve d'abondants harnois de gueule que les bons Pères avaient entassés. On transporta le tout aux Halles, après avoir quelque peu défenestré les meubles et donné la volée aux prisonniers.


La Révolution fit de Saint-Lazare une prison. C'est dans la « Maison Lazare » qu'André Chénier écrivit l'élégie de la Jeune Captive, hymne à la toute charmante Mlle de Coigny, avec laquelle il ébaucha un amour tendre et qui, « échappée aux réseaux de l'oiseleur cruel », divorça à la suite d'un procès célèbre. Quatre cents suspects que le Comité de salut public semblait oublier étaient entassés dans ces bâtiments gris et sales, aux barreaux épais entourant des cours sinistres, d'où rarement, du haut des toits, le soleil jette un rayon triste. L'invocation de Chénier au poignard, seul espoir de la terre, ses brûlantes apostrophes aux bourreaux, barbouilleurs de lois, vinrent rappeler au Comité et aux triumvirs l'imprudent poète.

C'est de ce sombre corridor de gauche qu'a immortalisé Muller dans son romantique tableau de l'Appel des condamnés, que, dans la lugubre charrette, aux chaînes retentissantes, éclairée de falots aux lueurs sanglantes et fumeuses, par une orageuse soirée de thermidor, partit avec Boucher, le fade poète des Mois, André Chénier, pour aller, à l'avant-veille du jour de la délivrance, à la guillotine, où ce qu'il avait là s'enfuit avec son sang.

Les lieux n'ont pas changé ; c'est bien toujours le sombre porche, les hautes mansardes, la porte cochère énorme et trapue, aux vantaux martelés de clous, donnant accès dans une cour, aux pavés encadrés d'herbe, et barrée en deux par un haut mur. Ce sont encore les mêmes corridors longs et froids, aux dalles - cassées, aux portes épaisses percées de guichets grossiers, les lourds piliers supportant les plafonds aux poutrelles serrées, enfumés et noircis, les larges escaliers cirés aux balustres massifs, aux marches de calcaire bleuâtre usées par le battement des galoches des prisonniers.

A côté du Dépôt, cette antichambre, autrefois, de la mort, que le tableau de Muller a agrandi et dramatisé, se trouve un endroit sinistre, aux vitres épaisses, aux murs rongés de nitre et lépreux d'humidité ; dans un coin, une auge énorme, pleine d'eau croupie. C'est là où l'on fustigeait jadis les faiseurs de libelles. Ce cachot lugubre de basse geôle a gardé le nom de casse-gueule. A quelques pas, au bas de quelques marches, un trou noir éclairé par son soupirail grillagé, c'est le cachot des Aînesses, où les fils de famille qui n'avaient pas voulu se soumettre à la règle austère « de redressement et de pénitence », allaient expier leurs tapageuses fredaines et leur mépris des hypocrisies et des conversions feintes.

Les préaux, sur lesquels s'ouvrent les portes basses des anciennes cellules des Lazaristes dont les pluies n'ont pu encore laver les numéros, enchâssés dans les hautes murailles, sont glacials; au milieu, une énorme fontaine de pierre qu'entourent quelques acacias malingres et où pleure l'eau d'un robinet. Au-dessus de la porte, encore peint des couleurs nationales, se voit le vieux cadran portant sa devise de mort : Hœc mea, forte tua (« Voici mon heure, peut-être aussi la tienne »), et au fronton d'un autre portail, la vieille horloge qui sonne l'heure aux damnés de cet enfer où l'aiguille .pose sur l'émail brillant, Dans les soixante pas où sa course est bornée Son pied sonore et vigilant.

L'apothicairerie avec ses vases aux formes antiques, la lingerie, ont bien gardé le caractère d'autrefois. L'atelier des détenues de droit commun était jadis la vieille chapelle des Lazaristes; elle a été bien dégradée, on reconnaît encore la forme de l'abside et les voûtes d'une solidité superbe. La chapelle moderne est contiguë, c'est un bâtiment d'une laideur officielle ; l'autel, dominé par une statue médiocre de saint Vincent L'appel des dernières victimes de la Terreur D'après le tableau de Ch. L. MULLER (musée de Versailles) de Paul, est élevé de six marches. En bas, des bancs barbouillés de couleur jaune, réservés aux condamnées de droit commun ; en haut, aux tribunes, les prévenues et les condamnées administratives. Derrière l'autel, une copie de la Madeleine de Prud'hon. Dans un campanile, une cloche blanche, d'argent pur, dit-on, tinte les Angelus et les heures des offices.



Tous ces bâtiments sont entourés d'un large chemin de ronde ou bordés de bâtisses qui servent de magasins de vêtements et de lingerie pour toutes les prisons de la Seine. A la lingerie, on confectionne les camisoles de force en toile à voile pourvues de sept courroies et destinées à mater les furieux, et les suaires en toile grossière dont on enveloppe les morts. Là aussi se trouvent les fours où l'on boulange pour toutes les prisons du département, et cela en vertu d'une bien curieuse tradition qui remonte à sept ou huit siècles, à l'époque où Saint Lazare était un hôpital de pestiférés. Les boulangers ayant remarqué qu'ils étaient plus exposés que les autres artisans à contracter la lèpre, probablement à cause de l'action du feu sur la peau, faisaient à la léproserie d'abondantes aumônes de pain, et celle-ci, par réciprocité, recevait tous les boulangers atteints de cette cruelle maladie.

Au fond, un jardin triste et vide, planté de vignes grimpantes, de lilas étiques, d'acacias et de sycomores d'un vert gris et terne : c'est le lieu de récréation des nourrices, car, à Saint-Lazare, il naît chaque année une cinquantaine de pauvres bébés. Cette nursery en plein air jette dans ce triste refuge une note attendrie. Non loin, la Morgue, petit bâtiment bas entouré d'un mur à hauteur d'appui, meublé seulement de trois dalles de pierre, où on expose les corps, et d'une table de fer pour la dissection; dans un angle, le brancard et la bière communs.



On enferme à Saint-Lazare toutes les femmes, sans exception, quel que soit le délit ou le crime qu'elles aient commis. Malgré les règlements et les séparations, il y a, dans une promiscuité fâcheuse et dangereuse, la voleuse de profession, la bonne infidèle, la femme délaissée qui a tenté de se venger, la marchande des quatre-saisons qui a contrevenu aux règlements, les filles soumises.

Chaque jour, dans la cour d'entrée, les « paniers à salades » qui viennent du Dépôt vident leur contenu. Les gardiens font la haie et, une à une, descendent toutes ces femmes sur qui dame police a mis sa rude main, quelques-unes en toilettes tapageuses, d'autres en haillons sordides. Dans le parloir, une religieuse de Marie-Joseph fait le tri. Les détenues administratives gardent leurs hardes, mais s'encapuchonnent du bonnet noir de la prison. La plupart ont sur leur figure, insignifiante et niaise, un sourire d'inconscience ; quelques-unes ont l'air dur et révolté; d'autres, hypocrite et sournois. Presque toutes portent dans leur regard le souvenir farouche des errances lugubres et des désespérances maudites.

L'aspect est étrange, dans les longs couloirs sombres, de ces longues théories de femmes marchant silencieusement en file indienne, escortées des religieuses de Marie-Joseph, calmes et graves, dans leurs longs vêtements de laine, sous leur triple voile blanc, bleu et noir — œs triplex (triple airain). Parmi ces filles au front bas, à l'air insolent ou épais, quelques fillettes, poussées sur le fumier parisien, pauvres brebiettes (petite brebis) égarées dans cet horrible bercail, au teint de chlorotique (jaune pâle) ravivé par des yeux chercheurs, charmantes sous la coiffe brune de leur petit béguin ; elles font penser à la pauvre et adorable Manon. Va-t-elle tomber toute entière, cette vieille geôle dont le nom sonne comme un glas sinistre dans laquelle la lèpre du Nouveau Monde a succédé à celle de l'Orient, qui a renfermé tant de misères, de douleurs et de révoltes ?

Ne va t'on pas garder une partie de ce vieil logis qui tient une place à part dans les vieilles annales parisiennes, à chaque pierre duquel s'accroche un lambeau de notre histoire Qu'on en fasse un musée d'hygiène, un musée pénitentiaire, mais qu'on ne vienne pas encore, nous jeter bas ces corridors, ces geôles hantes des souvenirs de jadis.

Que la Commission du Vieux Paris, que les Amis des Monuments parisiens jettent un cri d'alarme


Source : Bibliothèque nationale de France
-  Auteur : Albert Callet (1843-1925)
 Date d'édition : 1909 - Droits : domaine public.


 
Fin du ruisseau de Ménilmontant et de la Tutela ?
 
  Il servira pendant de long temps d'exutoire aux nauséabondes eaux usées du quartier Saint Denis, jusqu'à ce qu'en 1740, le prévôt des marchands, Michel-Étienne Turgot, père du célèbre ministre (et auteur des plans Turgot de Paris), le fasse voûter. 

 

Il devient ainsi le premier grand égout collecteur parisien au sein du faubourg Saint Denis. L'on avait fini par confondre le ruisseau de Ménilmontant et l'ancien bras mort de la Seine. Les besoins en eau ne pouvant qu'augmenter au fil du temps le ru se transforma en dépotoir, puis se transforma en écoulement des eaux putrides et créant les premières bases du vaste réseau des égouts parisiens.

Des vestiges de ce " Grand égout " ont été occasionnellement retrouvés en de nombreux endroits du dixème arrondissement, au pied de la rue d'Hauteville, rue de Bondy, dans les rues du Faubourg-Saint-Denis et Saint-Martin et place de la République.
Il y eut aussi une légende pour ce ruisseau, ancien bras mort de la Seine, il serait devenu, plutôt qu'un égout putride, la poétique rivière de " la Grange-Batelière" qui coulerait encore souterrainement sous les maisons...
 
"L'an 1400 et 9, le jour de la mi-août, fit tel tonnerre, environ entre cinq ou six heures du matin, qu'une image de Notre-Dame, qui était sur le moutier de Saint-Ladre, de forte pierre et toute neuve, fut du tonnerre tempêtée et rompue par le milieu, et portée bien loin de là; et à l'entrée de la Villette Saint Ladre, au bout de Paris, furent deux hommes tempêtés, dont l'un fut tué tout mort, et ses souliers et ses chausses, son gipon furent tout dessirés, et si il n'avait point le corps entamé; et l'autre homme fut tout affolé." et nous de même ! C'est un témoignage de l'époque sur une forte tempête, débordement de notre Tutela, ou bras nord de la Seine, aujourd'hui disparu ? Normalement les crues de la Seine se ranime tous les cent ans, préparons nos bottes et nos embarcations !
 
 
Suite de la promenade...  
Lieux et personnages du faubourg St-Denis


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Dernières modifications : 27/07/2015