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Ce qui est démocratique : faire du petit cercle de connaisseurs un grand cercle de connaisseurs

Bertholt Brecht 

 

La Pré-Renaissance à Paris

La prévôté d'Étienne Marcel marque l'apogée du rôle du prévôt, (Maire de Paris) celui-ci devenant une puissance politique capable d'inquiéter la royauté.

Les pouvoirs du prévôt sont alors diminués, puis, après la révolte des Maillotins de 1382 seront supprimés.

 
 
La révolte des Maillotins et les diverses insurrections en Europe à la fin du Moyen Âge se font contre des taxes de plus en plus lourdes (et au service des armées en guerre), et le manque général de main d'oeuvre. Conséquences de la baisse importante de la population qui se produisit avec la Grande Peste (de 1347). En Angleterre, en Hongrie, les paysans se révoltent. En Europe, cela se traduit par une augmentation des salaires et des revenus, ainsi que par des droits pour les paysans et ouvriers. Le servage disparaît quasiment du continent. Les seigneurs multiplient les franchises communales, ils soutiennent ainsi l'activité artisanale et le commerce sur leurs "terres". Et tentent aussi de retenir la main-d'oeuvre paysanne en offrant de meilleures conditions de travail.
 
 

 1350, Jean II, dit le Bon

Après avoir été couronnés à Reims le 27 septembre, il épouse Jeanne d'Auvergne, et entrent solennellement à Paris, le 17 octobre.

1355 : Ouverture des états de la langue d'oil.
1358 : Le dauphin Charles "régent" du royaume. Grande Jacquerie en Beauvaisis et en Ile de France. Et Meurtre d'Etienne Marcel.
1360 : Retour de Jean II le Bon à Paris.
 
En 1356, les parisiens se plaindront de la saleté des rues. Les problèmes sanitaires sont importants, notamment dans la propagation des maladies et l'air au sein des rues ruelles et passages y est infect. Contradictoirement les intérieurs parisiens sont d'une grande propreté, et l'on aime prendre des bains, s'occuper de son corps. Des mesures seront prises, pavages des rues (seules les grandes artères étaient pavés jusqu'à lors), création d'une taxe sur les ordures ménagères et l'on pose des croix sur les murs pour que les croyants s'abstiennent d'uriner.
 
 

Un 22 février 1358 : Etienne Marcel
l'homme qui voulut être roi !


En 1358, pendant que Jean II est prisonnier en Angleterre, à Paris, Etienne Marcel encourage un soulèvement. Rapidement, il devient tout-puissant dans la capitale. Il souhaite s'imposer pensant que le dauphin Charles, laissera faire...? Etienne Marcel est élu prévôt des marchands en 1355 et lui permet de gérer le commerce de la capitale. Issu d'une famille bourgeoise qui s'est enrichie dans la draperie, il s'érige comme la tête pensante du Tiers État lors des États Généraux de 1355 et de 1356. 

Au début de l'an 1358, il organise des réunions, sensiblisant les bourgeois à ses orientations, et créé une milice pour défense contre de possibles attaques des Anglais. Il fait renforcé les protections de Paris. Le roi retenu, il envisage de prendre le pouvoir, à 43 ans. Etienne Marcel pense que le jeune dauphin qui a tout juste vingt ans ne résistera pas, toutefois le futur Charles V ne donne pas son aval aux actions.  

 

Etienne Marcel sans autre alternative pousse le peuple parisien à se révolter, le 22 février 1358, Paris se réveille au prise d'une émeute réunissant trois mille personnes. Cette ire augmentera quand les parisiens apprendront que Jean II a signé un traité accordant la moitié du territoire aux Anglais. S'en suivra un mouvement vers le Louvre pour déchoir Jean II dit le "bon". Etienne Marcel et ses soutiens surviennent dans la chambre du dauphin, futur Chrales V. Ils tuent les conseillers et épargnent le dauphin, mais l'humilient en le parant d'un chaperon rouge et bleu. (ancêtre du bonnet phrygien...)

Cette même équipée se dirige par la suite sur la place de Grève et remercie les émeutiers et Etienne Marcel encourage à supprimer "les traîtres du royaume". Il forcera le dauphin à parapher l'éxécution de ses conseillers et relance l'ordonnance de 1357 qui lui permis d'accéder au pouvoir exécutif et entre ainsi au Conseil du Roi. Etienne Marcel tente d'étendre la révolte à la province, Jean II quitte la capitale et prend alliance avec la Picardie, l'Artois et la Champagne, et met en place un blocus autour de Paris.

La bourgeoisie rejoint le parti du roi, la population exprime son écoeurement, et dans la nuit du 31 juillet au 1er août, Etienne Marcel se prépare à ouvrir la ville à Charles le Mauvais. Il sera exécuté par Jean Maillard. Le 2 août, c'est le retour du dauphin Charles à Paris, le triomphe lui assure à brève échéance le trône de France.

 
 
 
1364 : sacre de Charles V, dit le sage  

En 1367, Charles V fait élargir les fortifications. De plus, les effets du développement des biens marchands en Europe font de Paris un axe marchand conséquent avec ses 300.000 habitants. Les notables et la cour s'assurent de la protection et aussi de l'accroisssement de la ville, plans et marchés ou "conduites à tenir" sont délivrés aux batisseurs. En 1369 reprise de la guerre contre Edouard III d'Angleterre, qui reprend le titre de roi de France.


 
Charles V est le fils de Jean II, le Bon et de Bonne de Luxembourg. Enfant, il assiste aux débuts de la guerre de Cent ans durant le règne de son grand-père Philippe VI. Il fera face au roi d'Angleterre Edouard III (né en 1312) pour le trône de France. Le roi d'Angleterre Edouard est le fils de la fille de Philippe IV, mais en France c'est la loi salique qui détermine, et invalidera sa prétention à la couronne. Mais il conteste sa situation de vassal et relance «la guerre de cent ans» (1337).
 
Charles V mis fin au désordre monétaire par la création du « franc or ». Il équilibra ainsi la valeur de la monnaie, et un terme aux spéculations, il assoit de la sorte la sécurité des créances. Cultivé, il aime la poésie et la musique. Paris sous son impulsion devient un grand centre culturel et politique en Europe. Il réaménage le donjon du Louvre et dans une des tours installe une bibliothèque avec des ouvrages au service chercheurs de son temps. « La consideration et le propos de notre bon roy est à recommander qui fait les bons livres et excellens translater en françois». Après avoir été le grec, puis le latin, la langue de culture est désormais le français.
 
Il fit traduire en français des livres scientifiques et techniques, d'astrologies, d'histoires et philosophiques comme l'oeuvre d'Aristote (Politique, Économique et Éthique, traduction française de Nicolas Oresme, vers 1370-1374). La « Librairie royale » comptera presque un millier de manuscrits (l'inventaire est consultable à la B.N.F). Charles V élargit les protections de Paris, édifiant une nouvelle enceinte, doublant les fortificatiions de Philippe Auguste. Il fut à l'origine de la construction de : l'Hôtel Saint-Paul (quartier du Marais), et engagea un nouvel élan urbain pour les besoins princiers.
 
Le roi n'aura aucune confiance dans les grands du royaume. Il choisira dans son entourage de préférence des bourgeois, ou bien au sein des souches de la petite noblesse provinciale (dite de robe). Il tiendra compte des avis de ses clercs et des universitaires. Il redéploie l'armée et désigne de nouveaux chefs militaires à l'exemple de Du Guesclin. Il reconquiert les provinces aux mains des Anglais : Le Rouergue, le Limousin, le Poitou, l'Aunis et la Saintonge. A sa mort seule la Gascogne et Bordeaux resteront encore sous domination anglaise. En 1374, Charles V demande à tous les propriétaires de la capitale d'installer à demeure des latrines pour ne plus polluer les rues.
 
La France a pu gagner la paix grâce à Charles le Sage et à son connétable, Bertrand Du Guesclin. Les Anglais ne tiennent plus que cinq ports : Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux et Bayonne. Charles V meurt le 16 septembre 1380. Le roi Charles VI de Valois à 11 ans au décès de son père. Il est sacré à Reims le 4 novembre. Les parisiens salueront le sacre par les cris de «Vive le roi de France ! Montjoie Saint Denis !» Surtout, sont supprimés les fouages (un impôt taxant chaque feu ou foyer). Le royaume tente de se remettre du long conflit avec les Anglais et des troubles civils.
  Pendant la régence, ce sont Louis d'Anjou, Jean de Berry, Louis de Bourbon et Philippe de Bourgogne, qui assureront le pouvoir. Ils en profitent pour vider les caisses du royaume et créent de nouveaux impôts à leur profit. Pas contents du tout, les contribuables parisiens s'arment de maillets de plomb (d'où le surnom des «Maillotins») et descendent dans la rue. Cette révolte fiscale fini le 3 janvier 1383 et débouche sur la loi martiale. Et la prévôté des marchands est supprimée. En 1388, Charles VI chasse ses oncles et rappelle les conseillers de son père.



Prévôt de Paris
,
Hugues Aubriot
sous Charles V
(dernière partie)


A mesure que Charles V voyait la tranquillité se rétablir dans la capitale, il augmentait les pouvoirs de son prévôt, et ajoutait de nouvelles faveurs aux anciennes. Non-seulement Aubriot exerca dans Paris une autorité absolue, mais encore il acquit une grande influence dans le Conseil privé du Roi ; son patrimoine, déjà̀considérable, s'était accru des largesses que lui faisait journellement  Charles V et dont je viens de citer quelques exemples. Hugues Aubriot, libéral par nature, aimait à répandre autour de lui les bienfaits ; il se plaisait surtout à étaler beaucoup de magnificence, et à doubler ainsi le respect et la considération qui s'attachaient au premier magistrat de la capitale. Jamais il ne paraissait dans la ville qu'environnée de ses gardes et suivi de nombreux  serviteurs montés sur de hauts destriers frisons ou allemands.

Lui-même chevauchait sur une mule fringante, richement caparaçonnée. Dans son hôtel de la rue du Jour, il avait réuni, soit en meubles, soit en tapisseries, tout ce que l'art de cette époque pouvait produire de délicat et de recherche. Le seul détail qui nous soit parvenu à cet égard pourra faire juger jusqu'à quel point le luxe et la recherche y avaient été poussés. Hugues Aubriot aimait les oiseaux rares de toutes espèces. La cage dans laquelle il les renfermait était citée avec celle du Roi, à l'hôtel Saint-Paul, comme la plus remarquable du royaume. Dans ce brillant et somptueux hôtel, le prévôt de Paris réunissait souvent les grands personnages de la cour, leur donnait de splendides festins, les accablait de présents, et affermissait par ce moyen son crédit auprès du Roi. « Ceux qu'il avait ainsi gagnés, dit un chroniqueur contemporain, l'avancèrent tellement dans l'intimité de Charles V, qu'on le voyait souvent placé à la droite du prince, avoir avec lui un entretien particulier, et qu'il assistait au Conseil public ou privé. »

Comblé d'honneurs et de richesses, environné de l'estime et de la considération de tous, soutenu par la faveur royale, cet homme remarquable, le bienfaiteur de ses. administrés, semblait défier l'envie et la haine.  Les sages réformes accomplies d'une main ferme, malgre ́les oppositions des privilèges abusifs et contradictoires, avaient excité des jalousies d'autant plus vives qu'elles étaient comprimées et ne pouvaient encore éclater au grand jour. Au faîte de la prospérité, Hugues Aubriot touchait, sans s'en douter, aux jours des rudes épreuves et des persécut ions implacables. Des rancunes sournoises attendaient impatiemment la mort du roi pour fondre sur le magistrat qu'un changement de maître leur livrerait désarmé.

Les prétextes ne manqueraient pas alors aux poursuites acharnées, aux accusations inévitables. Il était facile de tourner contre lui la hauteur de son caractère, l'indépendance de son esprit, dégagé des préjugés respectés de la foule. Exalter son luxe et ses richesses aux dépens de ses mœurs, paraissait chose aisée. On se disait déjà tout bas, en attendant qu'on pût le crier dans les rues, que la vie du prévôt n'était qu'une suite de débauches. Il menait au grand jour l'existence ininterompue d'un païen, ne croyait pas aux mystères de la religion catholique et n'en pratiquait pas un seul précepte. On affirmait qu'un pacte sacrilège le liait aux juifs, qu'il ne craignait pas de contracter avec les plus belles de leurs filles des liens impurs, et de prendre hautement la défense de ces hommes souillés du sang d'un Dieu. Un trait remarquable de l'administration du prévôt, qui prouve que son esprit élevé devançait les progrès du temps, plus préoccupé des droits de l'humanité que des calculs d'une vulgaire prudence, avait donné lieu à ces accusations. Profitant de l'arrêt de bannissement qui fut prononcé contre les juifs, en 1380, plusieurs personnes, emportées par un zèle inconsidéré, s'étaient emparées des enfants des proscrits pour les faire baptiser. Les mères de ces enfants vinrent trouver le prévôt et redemandèrent a ̀hauts cris le fruit de ieur sentrailles. Hugues Aubriot n'hésita pas : il donna l'ordre que ces enfants fussent remis immédiatement à leur famille. (1)


Note :

l. Voici comment le moine de Saint-Denis, auteur de la Chronique de Charles VI, parle de la conduite privée du prévôt ; on ne doit pas oublier que ce chroniqueur est l'interprète officiel du clergé et de l'université : « il était enclin au libertinage , quoiqu'il fut sexagénaire; ilnégligeait une épouse vertueuse pour rechercher le commerce des jeunes filles encore vierges, et quelquefois il avait affaire à des sorciers pour faire triompher sa passion. D'autres fois, portant le déshonneur dans la maison d'autrui, il cherchait à séduire par des présents les femmes dont il entendait vanter la chasteté; souvent aussi il emprisonnait les maris sans motif, afin d'être plus libre pendant ce temps de lâcher bride à ses désirs effrénés. On le soupçonna aussi d'avoir entretenu des liaisons illicites avec des juives, parce qu'il avait eu avec elles des entretiens illicites et trop familiers; il leur rendit même, sur leur demande, leurs fils qu'on avait baptisés de force, se montrant en cela fort inconsidéré, car il donnait ainsi aux Juifs, ennemis du Christ, l'occasion de profaner la sainteté du baptême.» (T. I, p. 103.)

Origines chrétiennes de l'antisémitisme
en France, lire ici !

Autres notes et textes extraits de Antoine Le Roux De Lincy
sur HUGUES AUBRIOT, Prévôt de Paris -  Persée.fr



C'est sous Charles VI, en 1383, que s'achèveront les travaux de construction des nouvelles murailles de la ville, sans aucun doute importants, puisqu'ils s'étendirent sur 16 années (1367-1383) et agrandissaient ainsi une nouvelle fois la rive droite de Paris (aujourd'hui à la hauteur des grands boulevards).

Plan de Paris vers 1380


En rose : l'élargissement au nord des proctections (niveau bld St Denis et St Martin),

En jaune
: l'ancienne enceinte de Philippe Auguste ( niveau rue Etienne Marcel).

1382 :
émeutes dans tout le pays : Les maillotins à Paris, et les Tuchins en Languedoc se soulèvent. Forte protestation contre l'oppression fiscale, les collecteurs de taxes et les usuriers sont victimes du soulèvement populaire; les insurrections sont sévèrement réprimées et les fauteurs de trouble lourdement condamnés, voir exécutés. Et révolte des Flamands. 
1388 : Trêve entre la France et l'Angleterre  
1392 : Crise de demence de Charles VI.
 



Charles VI s'enfonce dans ses crises où il brise tout ce qui l'entoure, sans se rappeler de ses actes lorsqu'il retrouve la raison, il se met à pleurer. Il chasse son épouse du lit conjugal...

Isabeau devient en 1392 la maîtresse de son beau-frère Louis, duc d'Orléans. La reine fait l'achat d'un grand hôtel particulier (Saint-Paul) à Paris pour y recevoir ses amis. Devant la déficience du roi deux partis s'affrontent autour de la reine Isabeau pour une véritable bataille du pouvoir :

- d'un côté Louis d'Orléans, frère du roi Charles qui a épousé la fille du comte Bernard VII d'Armagnac, et pourquoi ses partisans prirent le nomd'Armagnacs.

- de l'autre côté Philippe le Hardi, duc de Bourgogne est devenu le chef du parti des Bourguignons. Mais c'est la reine de France qui obtient du roi de France (son époux) les pleins pouvoirs durant sa maladie.

 
En 1406, Mort de Philippe le Hardi, son fils Jean sans Peur prend la succession de son père et fait entrer le Dauphin dans Paris.
 
  Le 23 novembre 1407, le duc Louis d'Orléans, frère cadet du roi Charles VI est assassiné à Paris en sortant de l'Hôtel Barbette (rue Vieille du Temple). Où se trouvait Isabeau de Bavière, et sa belle soeur. La reine présidait le Conseil de Régence, et gouvernait le pays depuis la crise de démence du roi, quinze ans auparavant. La victime était membre du Conseil, ainsi que son cousin, le duc de Bourgogne Jean sans Peur, et ses oncles : les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourbon. Louis D'Orléans présentait une menace, il pouvait contrecarrer les plans de ces derniers, qui tentèrent de mettre la main sur le royaume.
 
Le commanditaire du crime est le duc de Bourgogne, Jean sans Peur. À Paris, on finit par accepter cet état de fait, et faussement oublier les assassins par peur de conséquences plus graves sur la Ville. Et le 8 mars 1408, au sein de l'hôtel Saint-Paul (quartier du Marais), un universitaire de la Sorbonne rend légitime l'assassinat. Il explique à une assemblée qu'Isabeau de Bavière et Louis d'Orléans ne sont que «des tyrans et des adeptes en sorcellerie». Après cette justification, Jean sans Peur finira et avec cynisme, par reconnaître son crime.
 
La conjoncture politique comme les nécessités administratives obligent à reconstituer la prévôté en 1409. Toutefois, l'intervention constante du pouvoir royal dans les élections rend illusoire l'autonomie de cette institution. Au reste, les prévôts seront de plus en plus souvent recrutés parmi les hommes de loi, les nobles de robe, les officiers royaux, notamment au XVIIIe siècle. En fait, la municipalité parisienne a perdu toute autorité politique. Ce n'est plus qu'une institution économique. Le dernier prévôt des marchands, Jacques de Flesselles, sera tué le 14 juillet 1789 par les révolutionnaires qui proclament la Commune : il n'était donc plus qu'un agent d'un pouvoir royal déconsidéré, et non plus le représentant de la population parisienne.
 
L'assassinat de la rue Vieille du Temple présente des conséquences dramatiques pour le royaume, et met face à face les Armagnacs et les Bourguignons pour la prise du pouvoir. Le fils de la victime, le poète Charles d'Orléans, fait appel au comte d'Armagnac, son beau-père. Bernard VII prend le parti de son gendre contre les Bourguignons sans grande hésitation. Et lui apporte ainsi un soutien militaire de poids. En Janvier 1413 est proclamée la Grande Ordonnance "cabochienne", et les parisiens se soulèvent contre les Armagnacs.
Jean sans Peur (ci-contre) dispose d'une grande popularité auprès du petit peuple de Paris. Il s'impose avec l'appui de la faction menée par Simon Caboche. Et ses soutiens n'hésiteront pas à attaquer la Bastille et à tuer le prévôt de Paris, et à séquestrer les membres de la famille Royale. Une réforme administrative connue sous le nom d'ordonnance cabochienne cherchera à limiter le pouvoir monarchique. Le roi convoque d'urgence les états généraux en janvier 1413 et signe l'ordonnance. Il ira jusqu'à porter le capuchon des cabochiens. Mais les crimes des Bourguignons et des Cabochiens pousseront les habitants de la capitale à se soulever.  

 

L'émeute des "Cabochiens"!
 

Charles VI, par la grâce de Dieu Roy de France, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, Salut.

(...) Crimes et délits sont avenus et ont été commis et perpétrez en notre bonne ville de Paris par gens séditieux, troubleurs de pays, rebelles et coupables de crime de Lèse Majesté (...) Nous et contre Notre Royale Majesté, et contre tous autres roys et princes terriens qui ont peuple à gouverner, Nous, voulons la vraie vérité des choses (...) Nous étant et faisant notre résidence en notre dite bonne ville de Paris, et avec Nous notre très chère et très aimé compagne, la Reine, nos très chers et très aimé fils ainé, Louis, Duc de Guyenne, et Oncle de Berry, et plusieurs autres de notre sang et lignage, et de nos conseillers et serviteurs, comme accoutumé avons le temps passé, advint que le vendredi après Pâques XXVIIIe jour du mois d'avril dernièrement passé, Elion de Jacqueleuille, Robert de Mailly, Charles Guillaume Barrau, lors notre secrétaire, un chirurgien nommé Mestre Jean de Troyes, ses enfants, Thomas Le Gouers et ses enfants, Garnot de Saint Yon, bouchers, Simonnet le Coustelier, dit Caboche, ..., (...) après plusieurs assemblées, secrètes conspirations et monopoles par eux faits en notre dite bonne ville, en divers lieux, de jour et de nuit, vinrent en très grand et excessif nombre, tous armés à étendard déployé et par manière d'hostilité et de puissance désordonnée, passèrent par devant notre hôtel de Saint Pol, sans notre sceau et à notre très grand déplaisir et déshonneur, et allèrent droit à l'hôtel de notre dit fils, le Duc de Guyenne, auquel hôtel ils s'efforcèrent d'entrer et, de fait, rompirent les portes en grand esclandre et déshonneur de Nous et de notre dit fils, et eux autres en cet hôtel allèrent en sa chambre par force et violence moult terrible et épouvantable, j'assoit que par notre dit fils et par notre très cher et féal cousin germain, le Duc de Bar, Louis, Duc en Bavière, frère de notre dite compagne et plusieurs autres nobles hommes, chambellans et autres officiers (...) les meurtrirent inhumainement, (...) et puis par menaces et pour de mort, les rançonnèrent à très grandes et excessives sommes d'argent ; vous tous, et ceux pris ou fait prendre comme traîtres, meurtriers, rebelles envers Nous et coupables de crime de Lèse-Majesté, contre leur naturel et souverain seigneur, et les Nous envoyez pour punir selon raison, si que tous autres y prennent exemple, et ces présentes nos lettres faites crier et publier solennellement par tous lieux ou l'on a accoutumé faire cris à son de trompe, et, avec ce, faites la copie de celles, collationnée à l'original, fichez values et portes des églises afin que nul n'en puisse prendre ignorance(...)

 

Ci-dessus :

La Révolte des cabochiens,

Une miniature
de Martial d'Auvergne


(reproduction en deux parties)

Simonnet le Coustelier ou Simon Caboche était boucher à Paris. Les Cabochiens furent une faction populaire - du nom de son chef et proche du parti Bourguignon.


Ci à côté quelques extraits des actions des Cabochiens contre la famille royale.

 

 
Donné à Paris le XVIIIe jour de Septembre, l'an de grâce mil IIIIc et XIII, et de notre règne le XXXIIIIe. Par le Roy en son conseil, auquel le Roy de Sicile, nos seigneurs les Ducs de Berry et d'Orléans, de Bourbon et de Bar, les Comtes d'Alençon et de Verbuz, de Richemont et de Tantarville, le connétable, vous, les Archevêques de Sens et de Bourges, les Evêques d'Auxerre, de Noyon et d'Evreux, le grand Maistre d'Hôtel, les chanceliers de Guyenne et d'Orléans, et plusieurs autres grands seigneurs, barons, conseillers et chambellans et autres étaient.
 
le 11 mai 1413 : Les Cabochiens organisent des arrestations sans véritable raison, quelques-uns sont tués lors de l'interpellation ou le seront quelques jours plus tard.   en Juin : le Duc de Bourgogne, Jean Sans Peur est dépassé par les événements, les bourgeois parisiens souhaitent des réformes mais craignent l'anarchie du mouvement.
le 27 juillet : Jean Sans Peur décide de négocier et abandonne les Cabochiens, la paix de Pontoise est signée, elle abolit toutes les mesures d'exception en vigueur et proclame l'amnistie pour tous les parisiens ayant participé aux troubles.   le 4 août : Les Cabochiens sont désavoués par la foule réunie place de Grève, le Duc de Bourgogne quitte Paris et le roi fait son entrée dans Paris. Il y menera une répression qui fera une centaine de victimes, rien que dans ses propres rangs, une vingtaine de Baillis et Sénéchaux sont également révoqués. Les Armagnac rentrent dans Paris
 
Une fois éliminé les Cabochiens, le duc de Bourgogne doit céder la place aux Armagnacs. Bernard VII devient maître de Paris et se fait nommer connétable par la reine Isabeau de Bavière.Et ces troubles n'échappe pas au nouveau roi d'Angleterre. Henri V de Lancastre en profite pour reprendre la guerre contre la dynastie des Valois. Malgré une interruption de plus de 35 ans, il débarque en Normandie avec ses troupes.
 
 
1414 : le palais des Ducs de Bourgogne à Paris dispose de latrines à fosses.
1417 : Paris est sous la dictature des Armagnacs. 
1418 : Le dauphin Charles devient régent, entrée des Bourguignons dans Paris et massacre des Armagnacs. Bertrand d'Armagnac, qui succèda à Charles (prisonnier à Londres) est également assassiné à Paris par les Bourguignons. Paris sera transformé en charnier, plus de 10 000 assassinats y seront commis, en particulier celui du bourreau Capeluche qui après avoir assassiné les prisonniers, éventrerait les femmes enceintes, de sinistre mémoire
1420 : Entrée d'Henri V et de Charles VI à Paris. Souvenance de loups affamés aux portes de Paris, on les signalaient la nuit en train de roder près des fortifications.

En 1422, Mort d'Henri V à Vincennes le 31 août. Il laisse derrière lui un héritier nouveau né. Le 21 octobre suit le décès de Charles VI qui décède. Deux nouveaux régents sont nommés pour diriger les deux nations : HUMPHREY, duc de Gloucester est nommé : Régent d'Angleterre. Le duc de Bedford est nommé Régent du royaume de France. Tous deux sont frères du feu roi Henri V. Ils sont également nommés tuteurs d'Henri VI. Son travail étant accompli la reine de France Isabeau se retira dans son hôtel Saint-Paul. Elle y mourut le 26 septembre 1435.
 
Cette même année débute le règne de CHARLES VII (le Bien Servi). Il est né en 1403, il est l'avant-dernier et cinquième fils des douze enfants reconnus de Charles VI et d'Isabeau de Bavière. Charles épouse en avril 1422 Marie d'Anjou, 22 ans, fille du comte d'Anjou, roi de Naples et de Sicile. Elle mettra au monde à Bourges en 1423, le futur LOUIS XI ainsi que quatre autres frères et huit soeurs. La Cour se retire à Chinon. En 1429, Jeanne d'Arc est victorieuse à Orléans, elle tentera la même année le siège de Paris sur sa rive nord, elle échouera. En 1435 s'organise le sacre de Henri VI de Lancastre à Paris comme roi de France.
 
 
 
L'Université parisienne sera complice de la mort de Jeanne d'Arc et Charles VII ne l'oubliera pas en entrant dans sa capitale, en 1436. Le corps universitaire sera sous la juridiction du Parlement de Paris en 1446, afin d'en mieux contrôler les excés.L'Université se mit en grève. Charles VII et le pape réformèrent le corps universitaire et le régime de ses Facultés en 1452. Par après, la réforme fut marquées par des grèves et des manifestations étudiantes très violentes, et un écolier parisien, le poète François Villon y participa. En 1454 manifestations d'étudiants à Paris, les cours sont suspendus dans le quartier Latin, un étudiant sera tué par la police pendant une charge contre des manifestants.En 1470, à la demande de Louis XI, bibliothécaire, Guillaume Fichet, lance la première imprimerie parisienne (et française) au sein de la Sorbonne.
 
 
Louis XI, le rusé (1423-1483)
Charles VII son père (ci-contre) est connu pour avoir été un roi faible au début de son règne. C'est la pucelle d'Orléans, Jeanne qui va en quelque sorte le porter. Sa fin de règne contrastera avec le début. Relativement tôt le jeune dauphin Louis va entreprendre son dessein, faire de la France une puissance moderne. En 1461 Louis XI accèdera au pouvoir.


Louis XI, au sortir de la Guerre de Cent ans invente le premier l'idée d'État nation. Pour construire cette «chose commune» (la République), on doit nécessairement recueillir le consentement du peuple. Le concept de gouvernement « par le peuple et pour le peuple » fut abordé au Concile de Bâle (1434) par l'historien et humaniste chrétien Nicolas de Cuse. Ses recherches prouveront que la Donation de Constantin, document (du IXème siècle) attestant que l'Empereur Constantin aurait cédé le pouvoir temporel de l'Empire à la papauté est un faux. Pour mémoire la grande Peste bubonique de 1348 élimina la moitié de la population européenne, l'Europe 70 ans avant la naissance de Louis est fortement menacée. S'en suit l'effondrement du système spéculatif pratiqué à Venise qui désorganise les échanges économiques. Et la peste bubonique (transportée par les rats) se transforma en peste pneumonique (contamination entre humains).
 
Un peu partout en France, les « écorcheurs » ou dépouilleurs, c'est à dire les « milices » des seigneurs français pillent et tuent en plus de l'épidémie. Sans omettre les armées anglaises qui pratiqueront sur le sol français une politique de guerre très destructive. Les régions sont sous la menace du chaos, les villes en pleine crise économique et sociale et des villages se trouvent tout simplement rayés de la carte. Près de 95% de la population vivra dans l'indigence la plus totale. Au cours de ce même siècle, Louis XI transformera ce pays dépeuplé en un État de grande puissance à l'échelle du monde. Il en devint le plus productif et ce modèle fut une référence dans la construction de nations telles que : l'Espagne, ou l'Angleterre.
Le 5 octobre 1465, marque la fin de la « Ligue du Bien public», les grands féodaux du royaume font la paix avec le roi à Saint-Maur (une paroisse en proximité de Paris). Louis XI a accédé au trône en 1461, à 38 ans. Après son sacre, il se vengera des proches conseillers de son père qui l'avaient combattu. Le chancelier Guillaume Jouvenel des Ursins sera un temps embastillé. Dunois est évincé du Conseil. Mais Louis XI fini par reprendre d'anciens conseillers royaux et en recrute de nouveaux dans la bourgeoisie. À l'exemple de son barbier, Olivier le Daim, « son conseiller occulte et exécuteur de ses basses oeuvres ».  

 
Le clergé français est mécontent de payer des impôts et réprouve son indépendance. Le roi est aussi d'une grande fermeté avec ses vassaux, il privera certains seigneurs de leur pension ou limitera leur droit de chasse. Les nobles voient en Louis XI celui qui les dépouillera de leurs pouvoirs, limitant les pensions et favorisant des mariages à son avantage, et ils n'aiment pas le voir gouverner avec des bourgeois. Ils créeront pour y répondre une «Ligue du Bien public» face au «desordonné et piteulx gouvernement». Ils comploteront pour mettre à sa place son frère Charles.
 
Louis XI avec le soutien de Gaston de Foix et de son armée (en mars 1465, il marche contre le Bourbonnais dans le centre du pays). La jonction des forces de Louis se fait non loin de la capitale avec les Bretons de François II et les Bourguignons de Charles le Téméraire. Une bataille se produit à Montlhéry, au sud de Paris, le 16 juillet 1465. Le résultat de la bataille reste mitigé. Toutefois, Louis XI profite de la confusion pour entrer à Paris et affirmer son autorité. Il scelle la paix de Saint-Maur, cédant aux revendications des princes. Il versera de nouvelles pensions et attribuera ou confirmera les féodaux signataires.
 
Qualifié de rusé, les intentions de ce roi ne sont pas de se conformer aux règles du monde féodal. Il invente un nouveau type de pouvoir. L'image désastreuse de ce roi, mettant en cage (les fillettes) ses ennemis, épousant une enfant de six ans sont certes vrais, mais cache la complexité d'un homme qui engage un tournant politique majeur. Louis XI pose les bases d'une unité territoriale et administrative aux dépend des pouvoirs locaux. C'est un homme habile, un tyran qui fut décrié sans en connaître le fond. Il prouve surtout que le centralisme est en marche. Et d'inspiration républicaine...
Presque l'ensemble des princes du royaume se sont heurtés à cet homme froid, intelligent et calculateur. Il a tout du visage du pervers et aurait aimé les pratiques zoophiles. On ne l'imagine pas vraiment en proie au doute. Il a une seule route possible, la sienne et quel qu'en soit les moyens . Il est le fondateur de l'État-nation. Il ouvre ainsi, avec le soutien du Saint-Siège romain, de Réné II (Duc de Loraine) , de Philippe de Contamynes (premier secrétaire du roi), et de la Maison financière de Laurent de Médicis, une nouvelle ère du pouvoir.  
 
 
Naissance de l'État-nation...
 
Louis XI et ses alliés proches formèrent la « Ligue de Constance ». La France se composait de 14 duchés et de 94 grandes villes. Elles s'unifient sur la base du bien commun, avec pour slogan : «Un droit, un poids, une monnaie». Il renforça aussi l'armée permanente de son père Charles VII. La stratégie de Louis consista à gagner des cités, à développer des centres culturels, à créer des manufactures et ouvrir des grandes foires commerciales. Il veut attirer dans ces centres tous les talents des régions et de l'étranger (en particulier des allemands et italiens). Louis assure l'expansion des manufactures en subventionnant les villes. Cet argent est tiré de l'impôt sur le revenu et il soutient le travail qualifié (les salaires en 20 ans vont doubler). Les seigneurs seront imposés à un taux plus élevé que les villageois, et les villageois plus que les citadins. Les revenus doublèrent et l'impôt sur le revenu tripla en l'espace de 20 ans : en 1462, l'impôt se montait à 1.200.000 livres; en 1482, il fut de 3.900.000 livres.
Les relations qu'entretenait Louis XI avec la ville de Florence constitua une bonne part de son dessein. Le but avoir une monnaie unique et un plan global d'investissements au service des manufactures. Louis pense très tôt à une banque d'État. À l'époque, une seule banque s'engage dans ce type développement économique, celle des Médicis. Dès 1462, il émit une ordonnance créant une banque avec des filiales à Paris, Lyon et Montpellier. Les Médicis accepte de garantir les dépôts et prennent en charge ce qui adviendra la future « banque de France », peut on présumer.  

C'est une politique économique de grande ampleur qu'il organisera sous son régime. À l'agriculture, il fait recensé les jachères et favorise l'embauche de main d'oeuvre étrangère pour les cultures, si besoin est. Il génère aussi une politique industrielle et minière. S'il découvrait des réticences seigneuriales, il n'hésitait pas à pratiquer la nationalisation des terres en cas de sous exploitation des sols et sous sols. Il est le créateur des postes à l'échelle du territoire : une lettre devait en 24 heures parcourir 400 kilomètres. Du coup s'installeront un peu partout en France des relais de poste et des auberges. Il proclamera des milliers de lois, trouva au sein des villes le soutien de la bourgeoisie. Il mena ainsi une politique de forte croissance et sorti la France du chaos.
  Pour les questions intellectuelles, en 1471, Louis XI inaugure l'imprimerie de la Sorbonne à Paris. Elle diffusera des écrits de Platon, Salluste, Virgile, Juvenal et Xénophon à sa demande. Il fit venir d'Allemagne Martin Krantz, Ulrich Gering et Michel Friburger pour faire fonctionner cette imprimerie. Pour Louis XI, c'est une arme de propagande et de transmission du savoir. En 1477, il commandera la rédaction du premier livre en français : une chronique sur l'histoire de France depuis le temps des Romains jusqu'à la mort de son père.
Louis, le rusé crée les conditions pour la France devienne la première puissance de l'époque. Il ne conservera pas une bonne image auprès de la noblesse et du clergé qui bien après sa mort continueront à le discréditer. Pourtant on est un peu loin de l'idée général d'un roi uniquement sombre et cruel. Il est à l'image des grands princes de ce temps, tout simplement il est "machiavélique" (et ami de Laurent le Magnifique). Aujourd'hui, on parlerait d'un grand homme d'État, et pour cause il met en place toute les bases d'un état moderne en seulement 20 ans. Il sera l'avant dernier des Orléanais au trône de France (le dernier étant Louis Philippe en 1830). On lui connut aussi un goût pour l'astrologie, les superstitions, contradictions pas si étonnantes entre ce législateur de génie et l'homme de son temps. En soit le rationalisme n'est pas encore né, et l'on peut comprendre qu'il ressemble aussi à ce qui prédominera au quatorzième et quinzième siècle, c'est à dire une violence sociale et humaine quelque peu effrayante.
Louis XI, a été un roi itinérant, il n'aimera pas plus Paris que son père, il résida dans les villes et châteaux de la Loire. Il mourut à la fin d'août 1483 après avoir lutté contre la mort et sous l'emprise de superstitions religieuses. « Il voulait être enterré à Notre-Dame de Cléry et non à Saint-Denis avec ses ancêtres. Il recommandait qu'on le représentât sur son tombeau, non vieux, mais dans sa force, avec son chien, son cor de chasse, en habit de chasseur » (Michelet).  

En 1477, Louis le rusé structure les divers services de dépêches : du roi, de l'université, du Bureau de la Ville de Paris, des corps de métiers et fait établir progressivement, pour ses chevaucheurs, des relais de poste sur la part du royaume de France qu'il contrôle : Anjou, Poitou, Guyenne, Normandie, Picardie, Bourgogne. Très vite des maîtres de poste offrent leurs chevaux et l'hébergement à d'autres voyageurs.
 

« La propriété des Rois et des princes et de leurs chevaliers, considèrent que leur état et vocation est pour le bien commun défendre tant ecclésiastique que séculier, et de entretenir justice et paix entre leur sujets, (...) Et pour ce que le bien commun qui regarde plusieurs, qui est la chose publique du Royaume est plus louable que le particulier, par lequel souvent est empêché le bien commun ; on a volontiers mis en écrit les fats des princes et de leurs chevaliers, et toute bonne doctrine qui sert à leur état. ». (...)« Je ne vois rien qui tant ait détruit et annihilée la puissance des Romains, que ce qu'ils entendaient plus au bien particulier que au bien commun. » (...) « Quand Justice règne en un royaume, le bien commun est bien gardé, et aussi le particulier : car Justice est celle de vertu, qui garde humaine compagnie et communauté de vie, si que chacun use en bien des choses communes comme communes; et des particulières comme particulières. »

Louis, le onzième du nom

 
 
1476 : Première Bible sortie des presses parisienne.
1485 -1510 : Construction de l'Hôtel de Cluny à Paris.
1493 : Christophe Colomb découvre la Dominique et la Guadeloupe.
1494 : La famille Médicis est chassée de Florence.
1497 : Vasco de Gama trouve la route des Indes par la mer.
 
 
Suite de la promenade...  
La Renaissance à Paris (1ère partie)
 

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Dernières modifications : 10/09/2015