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La Pré-Renaissance à Paris

La Prévôté d'Étienne Marcel marque l'apogée du rôle du prévôt (un équivalent du Maire actuel, ou de l'échevin pour les communes), celui-ci devenant une puissance politique capable d'inquiéter la royauté. Les pouvoirs du prévôt sont alors diminués, puis, après la révolte des Maillotins de 1382 seront supprimés.

Ci-contre : Maillotins en enluminure

 
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La révolte des Maillotins et les diverses insurrections en Europe à la fin du Moyen Âge se font contre des taxes de plus en plus lourdes, au service des armées en guerre, et le manque général de main d'oeuvre. Conséquences de la baisse importante de la population qui se produisit avec la Grande Peste dite noire (en 1347 et années suivantes). Au XIVème siècle les galères génoises et vénitiennes vont jusqu'à Bruges et Londres, ce qui entraîne le déclin des foires de Champagne.

En Angleterre, en Hongrie, les paysans se révoltent.
En Europe, cela se traduit par une augmentation des salaires et des revenus, ainsi que par des droits pour les paysans et ouvriers. Le servage disparaît quasiment du continent. Les seigneurs multiplient les franchises communales, ils soutiennent ainsi l'activité artisanale et le commerce sur leurs "terres". Et les pouvoirs locaux tentent aussi de retenir la main-d'oeuvre paysanne en offrant de meilleures conditions de travail.


En 1350, Jean II, dit le Bon (ci-dessous en illustration), après avoir été couronné à Reims le 27 septembre, il épouse Jeanne d'Auvergne et ils entrent solennellement à Paris, le 17 octobre.



ORDONNANCES FAICTES PAR LE ROY JEHAN,

j

LE PENULTIME JOUR DE JANVIER MIL CCC.L ET PUBLIEES à PARIS,
au MOIS DE FEVRIER ENSUIVANT, LE PREMIER AN DE SON REGNE.


Le 30 janvier 1351, l’ordonnance du roi Jean II est publiée « sur la police générale et les divers métiers de la ville », dont l’origine rapelle le Livre des métiers (1268) d’Etienne Boileau (1200-1270), prévôt de Paris. Ce document légal comprend 62 titres régissant divers métiers ou corporations comme les boulangers, les bouchers, etc. ; divers éléments de la vie quotidienne comme le blé ou le poisson d’eau douce ou de mer, etc.

TITRE I : DES GENS OISEULX (oisifs)
« Pour ce que plusieurs personnes, tant hommes comme femmes, se tiennent oiseux parmi la ville de Paris et les autres villes de la prévôté et vicomté de celle-ci, et ne veulent exposer leurs corps à faire aucunes besognes (travaux), ainsi truandent les aucuns (certains) et se tiennent aux tavernes et ses bourdeaux (bordels) »; il  – « est ordonné que toutes ces manières de gens oiseux ou joueurs aux dés ou chanteurs des rues, truandant ou mendiants, de quelconque condition ou état qu'ils soient, ayant métier ou non, soient hommes ou femmes, qui soient saints de corps et de membres, s’exposent à faire aucunes besognes de labour, en quoi il puissent gagner leur vie, ou vident (sortir) la ville de Paris et les autres villes de la dite prévôté et vicomté, dedans trois jours après ce cri. (appel)
- Et ce après, les dits trois jours sont trouvés oiseux ou jouant aux dés ou mendiants, ils seront pris et mis en prison et mis au pain et à l'eau; et ainsi tenus par l'espace de quatre jours ;
- Et quand ils auront été délivrés de la dite prison, s’ils sont trouvés oiseux ou s’ils n'ont biens dont ils puissent avoir leur vie, ou s’ils n'ont aveux de personnes suffisants, sans fraude, pour qu’ils fassent besognes ou qu'ils servent, ils seront mis au pilori et la tierce fois (à la troisième fois), ils seront signés (marqués) au front d'un fer chaud et bannis des dits lieux».
Nota bene : Le texte est à l'origine une copie du XV° s., puis édité par morceau par Nicolas Delamare, et rassemblé par René de Lespinasse. Cette portion ou titre1 sur les "oyseulx" a été mis dans un français plus moderne.

Source :  Les métiers et corporations de la ville de Paris : XIVe-XVIIIe siècles. Ordonnances générales, métiers de l'alimentation par René de Lespinasse, ancien élève école des chartes (1843-1922) - Imprimerie nationale (Paris, 1886-1897).


 
1355 : Ouverture des états de la langue d'Oil et des Etats Généraux.
1356 : Les Parisiens se plaignent de la saleté des rues. Les problèmes sanitaires sont importants, notamment dans la propagation des maladies et l'air au sein des rues ruelles et passages y est infect. Contradictoirement les intérieurs parisiens sont d'une grande propreté, et l'on aime prendre des bains, s'occuper de son corps. Des mesures seront prises, pavages des rues (seules les grandes artères étaient pavés jusqu'alors), création d'une taxe sur les ordures ménagères et l'on pose des croix sur les murs pour que les croyants s'abstiennent d'uriner.
1358 : Le dauphin Charles devient "régent" du royaume. Grande Jacquerie en Beauvaisis et en Ile de France. Et assassinat  d'Etienne Marcel.
1360 : Retour de Jean II dit le Bon à Paris.

 
Etienne Marcel : le 22 février 1358 et l'homme qui voulu être roi ?

En 1358, pendant que Jean II est fait prisonnier en Angleterre, à Paris, Etienne Marcel encourage un soulèvement. Rapidement, il devient tout-puissant dans la capitale. Il souhaite s'imposer pensant que le dauphin Charles laissera faire. Etienne Marcel avait été élu prévôt des marchands en 1355 et contrôla le commerce de la capital et fut en rapport avec les corporations de la cité. Marcel était Issu d'une famille bourgeoise qui s'était enrichie dans la draperie. Celui-ci va s'ériger comme la tête pensante du Tiers État lors des États Généraux de 1355 et de 1356.

Au début de l'an 1358, il organise des réunions, sensiblisant les bourgeois à ses orientations, et créé une milice pour défense contre de possibles attaques des Anglais. E. Marcel fait renforcé les protections de Paris. Le roi retenu par les "anglois", il envisage de prendre le pouvoir, à 43 ans. Etienne Marcel pense que le jeune dauphin qui a tout juste vingt ans ne résistera pas, toutefois le futur Charles V ne donne pas son aval aux actions.


Etienne Marcel sans autre alternative pousse le peuple parisien à se révolter, le 22 février 1358, Paris se réveille au prise d'une émeute réunissant trois mille personnes. Cette ire populaire augmentera quand les parisiens apprendront que Jean II a signé un traité accordant la moitié du territoire aux Anglais. S'en suivra un mouvement vers le Louvre pour déchoir Jean II dit le "bon". Etienne Marcel et ses soutiens surviennent dans la chambre du dauphin, futur Chrales V. Ils tuent les conseillers et épargnent le dauphin, mais l'humilient en le parant d'un chaperon rouge et bleu. (ancêtre du bonnet phrygien).

Cette même équipée se dirige par la suite sur la place de Grève et remercie les émeutiers et Etienne Marcel encourage à supprimer "les traîtres du royaume". Ce dernier forcera le dauphin à parapher l'éxécution de ses conseillers et relance l'ordonnance de 1357 qui lui permis d'accéder au pouvoir exécutif et entre ainsi au Conseil du Roi. Etienne Marcel tente d'étendre la révolte à la province, Jean II quitte la capitale et prend alliance avec la Picardie, l'Artois et la Champagne, et met en place un blocus autour de Paris.

La bourgeoisie rejoint le parti du roi, la population exprime son écoeurement, et dans la nuit du 31 juillet au 1er août, Etienne Marcel se prépare à ouvrir la ville à Charles le Mauvais. Marcel sera exécuté par Jean Maillard. Le 2 août, c'est le retour du dauphin à Paris, le triomphe lui assure à brève échéance le trône de France.

 

Etienne Marcel
et le "levain révolutionnaire"?




Assassinat d'Étienne Marcel par Jean Maillard, le 31 juillet 1358 (Chroniques de Froissart)

 Jacques-Antoinde Dulaure, ancien député à la Convention et historien

 (…) « Marcel, persuadé que le moment de frapper un grand coup était venu, se rendit au palais suivi de plusieurs hommes armés et de presque tous les chefs de corporations ; les maréchaux de Champagne et de Normandie furent égorgés sous les yeux du dauphin : - Monseigneur, lui dit Marcel, en lui présentant son chaperon rouge et bleu, prenez ce chaperon , ce sont les couleurs du peuple ; elles vous protégeront mieux que cuirasse et bouclier. Le dauphin accepta le chaperon du prévôt des marchands et lui donna le sien qui était d'une étoffe brune brodée en or.

Marcel s'empressa d'aller rendre compte de ce qui venait de se passer aux bourgeois et aux corporations qui approuvèrent sa conduite, en jurant de vivre et de mourir avec lui. Toutes les confréries défilèrent sous les fenêtres de l'Hôtel-de-Ville, bannières en tête, et saluant Marcel de leurs acclamations. La cour adopta les couleurs parisiennes, et le prévôt des marchands envoya au dauphin deux pièces de drap rouge et bleu, destinées à la confection des chaperons. Il obtint quelque temps après l'adjonction de quatre bourgeois au conseil de régence. Charles le Mauvais, roi de Navarre, qui s'était échappé d'une forteresse où on l'avait longtemps retenu prisonnier, se trouvait alors à Paris, et avait embrassé le parti populaire dans l'espoir d'en faire l'instrument de son ambition. Le régent, détesté par toute la population parisienne, quitta la capitale et se rendit en Champagne, où l'appelait la réaction préparée par la noblesse.

Mais l'agitation des corporations s'était propagée dans les campagnes ; les paysans, las de l'oppression des nobles, se révoltèrent aussi, et la Jacquerie vengea les pauvres serfs de huit siècles de misère et d'esclavage. Le mouvement était donc général; dans les boutiques, dans les ateliers, dans les maisons bourgeoises et les chaumières des campagnards, il y avait le même élan pour la liberté; mais l'heure marquée par la Providence n'était pas encore venue. Les Jacques furent exterminés jusqu'au dernier ; l'ouvrier des champs succomba, et la lutte terrible de l'ouvrier des villes ne devait pas durer longtemps.

Etienne Marcel déployait une énergie, une activité qui tenaient du prodige ; il avait gagné à la cause populaire l'antique et célèbre confrérie de Notre-Dame composée des plus riches bourgeois; les gens de métier formaient une armée aussi intrépide que bien disciplinée. Le prévôt pourvoyait à tous les besoins, et jamais Paris n'avait été mieux approvisionné. Les ateliers étaient en pleine activité, les marchandises se vendaient à de bons prix, parce que la bourgeoisie, qui avait alors entre ses mains la plus grande partie du numéraire, se trouvait à la tête de l'insurrection. Marcel ne négligeait aucun moyen de défense; il fit fortifier Paris et exécuter des travaux extraordinaires. Voici en quels termes le chroniqueur Froissart apprécie cette époque mémorable :

« Six mille ouvriers en ouvre tant qu'il put en avoir à recouvrer de toutes parts, et fit faire grands fossés autour de Paris, et puis chaingles (enceintes), heurts et portes, et y ouvrait-on nuit et jour, et y eut le terme d'un an ; tous les jours trois mille ouvriers, dont ce fut un grand peur que de fermer sur une année et d'enclore et environner de toute défense une telle cité comme Paris et de tel circuit. Et vous dis que ce fut le plus grand bien que oncques (qu'une fois) le prévôt des marchands fit en toute sa vie, car autrement elle eût été depuis courte (?), gâtée, robié (volée) par trop de fois (1). »

Mais la réaction royaliste faisait chaque jour de nouveaux progrès dans les provinces. Marcel conçut alors un projet dont les anciens historiens ne comprirent ni le but ni la portée politique; il fit alliance avec le roi de Navarre, qui s'était toujours montré favorable au parti populaire, et résolut de substituer la royauté élective à la royauté de droit divin. Malheureusement Charles le Mauvais se trouvait lié avec les Anglais, alors si détestés en France, et une fraction de la bourgeoisie parisienne, à la tête de laquelle se trouvait un nommé Jean Maillard, abandonna le prévôt des marchands. Le dauphin s'approchait de la capitale avec des forces considérables, brûlant et saccageant tout sur son passage.

Sur ces entrefaites, les gens de métier ayant appris qu'un corps d'Anglais occupait Saint-Denis, forcèrent Etienne Marcel à se mettre à leur tête et marchèrent contre l'ennemi au nombre de huit mille. Ils tombèrent dans une embuscade et laissèrent un grand nombre des leurs sur le champ de bataille. Cet échec dépopularisa le prévôt des marchands, qui fut tué quelques jours après par Maillard à la porte Saint-Antoine, dont il portait les clés au roi de Navarre, disent les historiens contemporains,

Leurs corps furent dépouillés et laissés nus sur la voie publique. Ainsi périt victime de la réaction féodale, ce célèbre tribun qui arbora le premier sur l'Hôtel-de-Ville de Paris, le drapeau de la liberté. Sa mémoire a été longtemps outragée par les panégyristes des vieilles dynasties ; mais de nos jours son nom est devenu un titre de gloire pour la cité qu'il administra avec tant de génie ; voici comment le célèbre et savant auteur de l'Histoire du Tiers-État juge l'échevin du quatorzième siècle:

« Ici apparaît, dit M. Augustin Thierry, un homme dont la figure a, de nos jours, singulièrement grandi pour l'histoire mieux informée , Etienne Marcel, prévôt des marchands, c'est-à-dire chef de la municipalité de Paris. Cet échevin du quatorzième siècle a, par une anticipation étrange, voulu et tenté des choses qui semblent n'appartenir qu'aux révolutions les plus modernes. L'unité sociale et l'uniformité administrative; les droits politiques étendus à l'égard des civils; le principe de l'autorité publique transféré de la couronne à la nation, les États généraux changés sous l'influence du troisième ordre, en assemblée nationale; la volonté du peuple attestée comme souveraine devant le dépositaire du pouvoir royal; l'action de Paris sur les provinces comme tête de l'opinion et du mouvement général; la dictature démocratique; et la terreur exercée au nom du bien commun; de nouvelles couleurs prises et portées comme signe d'alliance patriotique et symbole de rénovation ; le transport de la royauté d'une branche à l'autre, pour l'intérêt plébéien; eh bien ! il y a de tout cela dans les trois années sur lesquelles domine le nom du prévôt Marcel. Il vécut et mourut pour une idée, celle de précipiter par la force des masses le nivellement gradué, commencé par les rois. »

Ces tardifs mais éclatants témoignages rendus enfin à la mémoire de l'échevin de Paris ont détruit à tout jamais les stupides calomnies des chroniqueurs, et le nom de Marcel ne nous apparaîtra plus qu'environné de l'éclat du patriotisme le plus désintéressé. Les corporations se montrèrent très irritées de sa mort; mais la réaction avait pris le dessus ; les nobles, enivrés par le sang des paysans qu'ils avaient égorgés, se disposaient à entrer dans Paris à la suite du régent et à y commettre de nouvelles violences. Malheureusement, la multitude, comme cela n'arrive que trop souvent, paya de la plus noire ingratitude le dévouement de

Marcel et de ses partisans ; on la vit faire cause commune avec les nobles et outrager des citoyens qu'elle saluait quelques jours auparavant de ses acclamations. Et pourtant la révolution que venaient de tenter Marcel, les principaux bourgeois et les corporations, devait porter ses fruits dans la postérité. Paris avait conquis parmi toutes les cités françaises cette suprématie politique qu'elle n'a plus perdue depuis : ses métiers, par leur attitude, leur énergie civiques; révélèrent aux masses l'instinct de la liberté, et leur apprirent que le flot populaire pouvait facilement renverser les trônes et les dynasties. Aussi pensons-nous avec un de nos plus savants historiens que les États de 1358 furent la première étape de l'émancipation nationale.

Le dauphin et les nobles avaient sondé la profondeur de la plaie. Leurs émissaires soudoyaient dans Paris des misérables sans nom et sans patrie, qui se firent les instruments de la vengeance royale : ils, se joignirent aux meurtriers d'Étienne Marcel, se répandirent dans la ville et égorgèrent tous les bourgeois amis du prévôt : Charles de Toussac et Joseran de Mascon furent conduits au Châtelet et décapités deux jours après leur arrestation. Leurs cadavres gisaient encore sur l'échafaud lorsque le régent fit son entrée dans Paris : son arrivée fut suivie; du supplice des partisans les plus notables d'Etienne Marcel, et la bourgeoisie parisienne expia par le martyre son dévouement à la cause de la liberté.

Les corps de métiers avaient joué un rôle très important dans ce mouvement révolutionnaire ; aussi les agents royalistes firent-ils de nombreuses arrestations de maîtres et d'apprentis. Les classes ouvrières, justement alarmées, se portèrent en masse à la place de Grève, et demandèrent à Jean Culdoé, successeur de Marcel, d'envoyer au régent une députation pour lui demander l'élargissement des prisonniers. Comme leur attitude était menaçante, la députation se mit en marche, et le lendemain le dauphin se rendit à la place de Grève, parla au peuple et accorda la liberté des détenus.

Ainsi, se termina cette insurrection de la bourgeoisie et des classes ouvrières, insurrection des plus légitimes, puisqu'elle avait pour objet d'empêcher la dilapidation, des impôts, l'altération des monnaies, et les abus que la royauté, secondée par la noblesse avide de pillage, faisait peser sur le peuple. Malheureusement le mouvement de 1358 fut détourné de sa véritable origine par l'ambition du roi de Navarre que Marcel avait été forcé d'accepter pour allié».

Mais le levain révolutionnaire continua de fermenter au coeur des corporations. Au commencement du règne de Charles VI, les Parisiens furent frappés d'impôts si exorbitants qu'il se forma des attroupements de bourgeois et d'ouvriers : le prévôt des marchands se rendit au palais suivi par la foule, et déclara que, dans l'état de détresse où se trouvaient les classes laborieuses, on ne parviendrait à rétablir l'ordre dans la cité que par une diminution d'impôts. Le duc d'Anjou, régent du royaume pendant la minorité de Charles VI, promit de transmettre leurs plaintes au roi; mais on n'en continua pas moins la perception de l'impôt.

Le peuple ainsi joué organisa de concert avec les chefs des métiers de vastes associations dans le but d'ôter aux nobles et au clergé toute participation aux affaires publiques, et de confier à des hommes de son choix les soins de l'administration. Des réunions se tenaient pendant la nuit dans les divers quartiers, et on y élaborait une révolution sociale, avec une énergie, une hardiesse d'idées qu'on s'étonne de trouver chez les ouvriers du quatorzième siècle.
Les dilapidations des princes et des nobles, la discorde des deux oncles du roi, excitaient jusqu'au paroxisme l'indignation des Parisiens, et on parlait tout bas d'une nouvelle levée de boucliers plus redoutable encore que celle de 1358. »

Note de l’auteur :


(1) Chronique de Froissart, livre I, deuxième partie, chapitre 66 avec Josetan de Mascon.

Source : Gallica BNF - Histoire physique, civile et morale de Paris : depuis les premiers temps historiques, de Jacques-Antoine Dulaure (1755-1835) et Camille Leynadier (contributeur posthume ou éditeur scientifique). Tome 6, pages 72 à 76 - Éditions Dufour, Mulat et Boulanger (Paris 1859-1863)

 
 
1364 : sacre de Charles V, dit le sage  



En 1367, Charles V fait élargir les fortifications. De plus, les effets du développement des biens marchands en Europe font de Paris un axe marchand conséquent avec ses 300.000 habitants.

Les notables et la Cour s'assurent de la protection et aussi de l'accroisssement de la ville, plans et marchés ou "conduites à tenir" sont délivrés aux batisseurs. En 1369 reprise de la guerre contre Edouard III d'Angleterre, qui reprend le titre de roi de France.


Charles V est le fils de Jean II, le Bon et de Bonne de Luxembourg. Enfant, il assiste aux débuts de la guerre de Cent ans durant le règne de son grand-père Philippe VI. Il fera face au roi d'Angleterre Edouard III (né en 1312) pour le trône de France. Le roi d'Angleterre Edouard est le fils de la fille de Philippe IV, mais en France c'est la loi salique qui détermine, et invalidera sa prétention à la couronne. Mais il conteste sa situation de vassal et relance «la guerre de cent ans» (1337).
 
Charles V a mis fin au désordre monétaire par la création du «franc or». Il équilibra ainsi la valeur de la monnaie, et met un terme aux spéculations. Le monarque assoit de la sorte la sécurité des créances. Cultivé, il aime la poésie et la musique. Paris sous son impulsion devient un grand centre culturel et politique en Europe. Il réaménage le donjon du Louvre et dans une des tours installe une bibliothèque avec des ouvrages au service chercheurs de son temps (1200 à 1500 ouvrages). « La consideration et le propos de notre bon roy est à recommander qui fait les bons livres et excellens translater (traduit) en françois». Après avoir été le grec, puis le latin, la langue de culture est désormais le français.
 
Charles V élargit les protections de Paris, édifiant une nouvelle enceinte, doublant les fortifications de Philippe Auguste. Il fut à l'origine de la construction de : l'Hôtel Saint-Paul (quartier du Marais), et engagea un nouvel élan urbain pour les besoins princiers. Le roi fit traduire en français des livres scientifiques et techniques, d'astrologies, d'histoires et philosophiques comme l'oeuvre d'Aristote (Politique, Économique et Éthique, traduction française de Nicolas Oresme, vers 1370-1374). La «Librairie royale» comptera presque un millier de manuscrits (l'inventaire est consultable à la B.N.F).
 
Le roi n'aura aucune confiance dans les grands du royaume. Il choisira dans son entourage de préférence des bourgeois, ou bien au sein des souches de la petite noblesse provinciale (dite de robe). Il tiendra compte des avis de ses clercs et des universitaires. Il redéploie l'armée et désigne de nouveaux chefs militaires à l'exemple de Du Guesclin. Il reconquiert les provinces aux mains des Anglais : Le Rouergue, le Limousin, le Poitou, l'Aunis et la Saintonge. A sa mort seule la Gascogne et Bordeaux resteront encore sous domination anglaise.

En 1370 débute les premiers travaux ou le dépôt de la première pierre de la future Bastille.

Charles V, par lettres patentes du 1er février 1371, ordonne que les lépreux soient expulsés de la capitale :
« sans délais et sur certaines et grosses peines corporelles ou pécuniaires telles que bon nous semblera, tous les dix meseaux (lépreux, misérables) hommes, femmes et enfants, qui ne sont nés en nôtre dicte bonne Ville, et qui par les dits privilèges ordonnances ou statuts anciens d'icelle, n'y doivent ou ont accoutumé d’être reçus aux maladreries pour ce ordonnées et établies, se partent de notre dicte bonne ville, dedans le jour des Brandons prochain venant, (premier dimanche du carême) et s'en vont droit aux villes et lieux dont ils sont venus et nés, ou ailleurs, aux maladreries où ils doivent être reçus soutenus et gouvernés. »


En 1372 dans Paris, il devient obligatoire de prévenir les passants du jet des pôts d'aisance dans les rues au cri de "Gare à l'eau", ceci devant être dit au moins trois fois. Deux ans après, Charles V demande à tous les propriétaires de la capitale d'installer à demeure des latrines pour ne plus polluer les rues.
 
La France a pu gagner la paix grâce à Charles le Sage et à son connétable, Bertrand Du Guesclin. Les Anglais ne tiennent plus que cinq ports : Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux et Bayonne. Charles V meurt le 16 septembre 1380. Le roi Charles VI de Valois à 11 ans au décès de son père. Il est sacré à Reims le 4 novembre. Les parisiens salueront le sacre par les cris de «Vive le roi de France ! Montjoie Saint Denis !» Surtout, sont supprimés les fouages  (un impôt taxant chaque feu ou foyer). Le royaume tente de se remettre du long conflit avec les Anglais et des troubles civils.

  En 1382, les impôts sont augmentés et provoquent une révolte à Paris, Hugues Aubriot (ex. prévôt) est libéré de la Bastille. Dont il fut à l'initiative de la construction de la forteresse avec l'édification de nouvelles tours (huit au final) et le creusement des fossés (1356-1358).

Pendant la régence, ce sont Louis d'Anjou, le duc Jean de Berry (et ses grandes heures), Louis de Bourbon et Philippe de Bourgogne, qui assureront le pouvoir.  Ils en profitent pour vider les caisses du royaume et créent de nouveaux impôts à leur profit. Pas contents du tout, les contribuables parisiens s'arment de maillets de plomb (d'où le surnom des «Maillotins») et ils descendent dans la rue. Cette révolte fiscale finie le 3 janvier 1383 et elle débouche sur la loi martiale. Et la prévôté des marchands est supprimée et le prévost est désigné  par le roi.

En 1388, Charles VI chasse ses oncles et rappelle les conseillers de son père. Le nouveau prévôt de Paris, Jean Juvénal des Ursins fait défense aux lépreux d'entrer dans la ville, sans sa permission.




Prévôt de Paris
,
Hugues Aubriot
sous Charles V

(dernière partie)


A mesure que Charles V voyait la tranquillité se rétablir dans la capitale, il augmentait les pouvoirs de son prévôt, et ajoutait de nouvelles faveurs aux anciennes. Non-seulement Aubriot exerca dans Paris une autorité absolue, mais encore il acquit une grande influence dans le Conseil privé du Roi ; son patrimoine, déjà ̀considérable, s'était accru des largesses que lui faisait journellement  Charles V et dont je viens de citer quelques exemples. Hugues Aubriot, libéral par nature, aimait à répandre autour de lui les bienfaits ; il se plaisait surtout à étaler beaucoup de magnificence, et à doubler ainsi le respect et la considération qui s'attachaient au premier magistrat de la capitale. Jamais il ne paraissait dans la ville qu'environnée de ses gardes et suivi de nombreux  serviteurs montés sur de hauts destriers frisons ou allemands.

Lui-même chevauchait sur une mule fringante, richement caparaçonnée. Dans son hôtel de la rue du Jour, il avait réuni, soit en meubles, soit en tapisseries, tout ce que l'art de cette époque pouvait produire de délicat et de recherche. Le seul détail qui nous soit parvenu à cet égard pourra faire juger jusqu'à quel point le luxe et la recherche y avaient été poussés. Hugues Aubriot aimait les oiseaux rares de toutes espèces. La cage dans laquelle il les renfermait était citée avec celle du Roi, à l'hôtel Saint-Paul, comme la plus remarquable du royaume. Dans ce brillant et somptueux hôtel, le prévôt de Paris réunissait souvent les grands personnages de la cour, leur donnait de splendides festins, les accablait de présents, et affermissait par ce moyen son crédit auprès du Roi. « Ceux qu'il avait ainsi gagnés, dit un chroniqueur contemporain, l'avancèrent tellement dans l'intimité de Charles V, qu'on le voyait souvent placé à la droite du prince, avoir avec lui un entretien particulier, et qu'il assistait au Conseil public ou privé. »

Comblé d'honneurs et de richesses, environné de l'estime et de la considération de tous, soutenu par la faveur royale, cet homme remarquable, le bienfaiteur de ses. administrés, semblait défier l'envie et la haine.  Les sages réformes accomplies d'une main ferme, malgre ́les oppositions des privilèges abusifs et contradictoires, avaient excité des jalousies d'autant plus vives qu'elles étaient comprimées et ne pouvaient encore éclater au grand jour. Au faîte de la prospérité, Hugues Aubriot touchait, sans s'en douter, aux jours des rudes épreuves et des persécut ions implacables. Des rancunes sournoises attendaient impatiemment la mort du roi pour fondre sur le magistrat qu'un changement de maître leur livrerait désarmé.

Les prétextes ne manqueraient pas alors aux poursuites acharnées, aux accusations inévitables. Il était facile de tourner contre lui la hauteur de son caractère, l'indépendance de son esprit, dégagé des préjugés respectés de la foule. Exalter son luxe et ses richesses aux dépens de ses mœurs, paraissait chose aisée. On se disait déjà tout bas, en attendant qu'on pût le crier dans les rues, que la vie du prévôt n'était qu'une suite de débauches. Il menait au grand jour l'existence ininterompue d'un païen, ne croyait pas aux mystères de la religion catholique et n'en pratiquait pas un seul précepte.

On affirmait qu'un pacte sacrilège le liait aux juifs, qu'il ne craignait pas de contracter avec les plus belles de leurs filles des liens impurs, et de prendre hautement la défense de ces hommes souillés du sang d'un Dieu. Un trait remarquable de l'administration du prévôt, qui prouve que son esprit élevé devançait les progrès du temps, plus préoccupé des droits de l'humanité que des calculs d'une vulgaire prudence, avait donné lieu à ces accusations. Profitant de l'arrêt de bannissement qui fut prononcé contre les juifs, en 1380, plusieurs personnes, emportées par un zèle inconsidéré, s'étaient emparées des enfants des proscrits pour les faire baptiser. Les mères de ces enfants vinrent trouver le prévôt et redemandèrent a ̀hauts cris le fruit de ieur sentrailles. Hugues Aubriot n'hésita pas : il donna l'ordre que ces enfants fussent remis immédiatement à leur famille. (1)

Note :
(l) Voici comment le moine de Saint-Denis, auteur de la Chronique de Charles VI, parle de la conduite privée du prévôt ; on ne doit pas oublier que ce chroniqueur est l'interprète officiel du clergé et de l'université : « il était enclin au libertinage, quoiqu'il fut sexagénaire; il négligeait une épouse vertueuse pour rechercher le commerce des jeunes filles encore vierges, et quelquefois il avait affaire à des sorciers pour faire triompher sa passion. D'autres fois, portant le déshonneur dans la maison d'autrui, il cherchait à séduire par des présents les femmes dont il entendait vanter la chasteté; souvent aussi il emprisonnait les maris sans motif, afin d'être plus libre pendant ce temps de lâcher bride à ses désirs effrénés. On le soupçonna aussi d'avoir entretenu des liaisons illicites avec des juives, parce qu'il avait eu avec elles des entretiens illicites et trop familiers; il leur rendit même, sur leur demande, leurs fils qu'on avait baptisés de force, se montrant en cela fort inconsidéré, car il donnait ainsi aux Juifs, ennemis du Christ, l'occasion de profaner la sainteté du baptême.» (T. I, p. 103.)
Origines de l'antisémitisme Chrétien depuis l'Antiquité Lire ici !

Autres notes et textes extraits d'Antoine Le Roux De Lincy

sur HUGUES AUBRIOT (vers 1320-1382), Prévôt de Paris -  Persée.fr



C'est sous Charles VI, en 1383, que s'achèveront les travaux de construction des nouvelles murailles de la ville, sans aucun doute importants, puisqu'ils s'étendirent sur 16 années (1367-1383) et agrandissaient ainsi une nouvelle fois la rive droite de Paris (aujourd'hui à la hauteur des grands boulevards).

Quelques dates :

1380 : Charles VI âgé d'à peine 12 ans devient roi
sous la tutelle de ses oncles. En fin d'année s'engage une révolte anti-fiscale dans la vallée de l’Oise, à Rouen et à Chartres. A Paris sont agressés des agents du fisc.

1382 : En mars, des émeutes éclatent dans tout le pays : Les maillotins à Paris, et les Tuchins en Languedoc se soulèvent. Forte protestation contre l'oppression fiscale, les collecteurs de taxes et les usuriers sont victimes du soulèvement populaire; les insurrections sont sévèrement réprimées et les fauteurs de trouble lourdement condamnés, voire exécutés. Et révolte des Flamands dans le Nord.

1383 : En janvier s'effectue une reprise en main par Jean sans Peur avec l'exécution des meneurs, l'occupation de Paris et Rouen par l’armée. Les institutions prévôtales sont supprimées dans plusieurs cités jusqu’en 1389. A Paris, la prévôté désignée par ses pairs est supprimée.

1388 : Trêve entre la France et l'Angleterre et majorité du jeune Charles VI.

1392 :
Guerre contre le duc de Bretagne Jean IV et crise de demence de Charles VI.

Plan de Paris vers 1380 


 En jaune : L'ancienne enceinte de Philippe Auguste (niveau rue Etienne Marcel).

En rose : L'élargissement au nord des protections
 (niveau bld St Denis et St Martin),


Le roi Charles VI s'enfonce dans ses crises où il brise tout ce qui l'entoure, sans se rappeler de ses actes et lorsqu'il retrouve la raison, il se met à pleurerIl chassera son épouse du lit conjugal.

Isabeau de Bavière devient en 1392 la maîtresse de son beau-frère Louis, duc d'Orléans. La reine fait l'achat d'un grand hôtel particulier (Saint-Paul ou Pol) à Paris pour y recevoir ses amis. Devant la déficience du roi deux partis s'affrontent autour de la reine Isabeau pour une véritable bataille du pouvoir :

- d'un côté Louis d'Orléans, frère du roi Charles qui a épousé la fille du comte Bernard VII d'Armagnac, et pourquoi ses partisans prirent le nom d'Armagnacs.

- de l'autre côté Philippe le Hardi, duc de Bourgogne est devenu le chef du parti des Bourguignons. Mais c'est la reine de France qui obtient du roi de France (son époux) les pleins pouvoirs durant sa maladie.

 
En 1402, le Prévôt de Paris renouvelle sa défense des lépreux dans la la ville, "sous peine d'être pris par l'exécuteur et ses valets et détenus prisonniers pendant un mois, au pain et à l'eau, et ensuite bannis du royaume". Les lépreux se plaignirent de n'être pas à l'abri dans les léproseries et même de n'y pas être reçus et provoqua l'ordonnance Royale du 3 juin 1404 (mesure renouvelée en 1413 par Charles VI) : «Néanmoins pour ce que les Maîtres et Gouverneurs des Maladreries étant en nôtre dit Royaume, mêmement en nôtre dicte Prévôté et Vicomte de Paris, mus de convoitise désordonnée, prennent et appliquent à eux et à leur profit, les profits, revenus et émoluments des Maladreries au gouvernement desquels ils sont commis et préposez tant par nous, comme autres à qui elles compétentes à donner et conférer, laissent choir en ruine et difformité les Manoirs et Héberges d'icelles Maladreries et n’alimentent, n’hébergent, dûment et convenablement les Ladres qui de raison et par ordonnances sur ces faîtes doivent en celles-ci être reçus, alimentés et hébergés et non autres ; mais y hébergent et logent, de nuit comme hôteliers, autres ladres étrangers, par profit qu'ils en prennent de chacun par semaine, par jour et autrement.»

En 1406, Mort de Philippe le Hardi, son fils Jean sans Peur prend la succession de son père et fait entrer le Dauphin dans Paris. L'année suivante, en février une crue emporte le « Petit-Pont ou le Petit-Pont Neuf » fait en bois, ce dernier avait été terminé lors de sa construction en 1387. Un autre pont sera édifié en bois et sera emporté pareillement, avant d’être reconstruit et de devenir le Pont Saint-Michel lors de sa construction en pierre (en 1616).
 
  Le 23 novembre 1407, le duc Louis d'Orléans, frère cadet du roi Charles VI est assassiné à Paris en sortant de l'Hôtel Barbette (rue Vieille du Temple).

Où se trouvait Isabeau de Bavière, et sa belle soeur. La reine présidait le Conseil de Régence, et gouvernait le pays depuis la crise de démence du roi, quinze ans auparavant.
La victime était membre du Conseil, ainsi que son cousin, le duc de Bourgogne Jean sans Peur, et ses oncles : les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourbon. Louis D'Orléans présentait une menace, il pouvait contrecarrer les plans de ces derniers, qui tentèrent de mettre la main sur le royaume.
 
Le commanditaire du crime est le duc de Bourgogne, Jean sans Peur. À Paris, on finit par accepter cet état de fait, et faussement oublier les assassins par peur de conséquences plus graves sur la Ville. Et le 8 mars 1408, au sein de l'hôtel Saint-Paul (quartier du Marais), un universitaire de la Sorbonne rend légitime l'assassinat. Il explique à une assemblée qu'Isabeau de Bavière et Louis d'Orléans ne sont que «des tyrans et des adeptes en sorcellerie». Après cette justification, Jean sans Peur finira et avec cynisme, par reconnaître son crime.
 
« L'Université de Paris était tellement peuplée sous Charles VI, que Jouvenal-des-Ursins (Jean II) atteste qu'ayant fait une procession en l'an 1409, de l'Eglise de Ste Geneviève à celle de St Denis, pour l'assoupissement des troubles à qui donc voguait par la France ; l'Assemblée se trouva si grande, que le Recteur était encore devant les Mathurins lorsque ceux qui tenaient les premiers rangs étaient en la Ville de St Denys ». In Les Antiquités de la Ville de Paris, tome III, d’Henri Sauval (ou Sauvalle).

En mars 1409 est conclue une Paix de courte durée à Chartes entre les divers partis. La conjoncture politique comme les nécessités administratives obligent à reconstituer la prévôté cette même année. Toutefois, l'intervention constante du pouvoir royal dans les élections rend illusoire l'autonomie de cette institution. Au reste, les prévôts seront de plus en plus souvent recrutés parmi les hommes de loi, les nobles de robe, les officiers royaux, notamment au XVIIIe siècle.

En fait, la municipalité parisienne a perdu toute autorité politique.
Ce n'est plus qu'une institution économique. Le dernier prévôt des marchands, Jacques de Flesselles, sera tué le 14 juillet 1789 par les révolutionnaires proclamant la Commune : il n'était donc plus qu'un agent d'un pouvoir royal déconsidéré, et non plus le représentant de la population parisienne.
 
L'assassinat de la rue Vieille du Temple présente des conséquences dramatiques pour le royaume, et met face à face les Armagnacs et les Bourguignons pour la prise du pouvoir. Le fils de la victime, le poète Charles d'Orléans, fait appel au comte d'Armagnac, son beau-père. Bernard VII prend le parti de son gendre contre les Bourguignons sans grande hésitation. Et lui apporte ainsi un soutien militaire de poids. En Janvier 1413 est proclamée la Grande Ordonnance "cabochienne", et les Parisiens se soulèvent contre les Armagnacs.

Jean sans Peur, le bourguignon (ci-contre) dispose d'une grande popularité auprès du petit peuple de Paris. Il s'impose avec l'appui de la faction menée par Simon Caboche. Et ses soutiens n'hésiteront pas à attaquer la Bastille et à tuer le prévôt de Paris, et à séquestrer les membres de la famille Royale. Une réforme administrative connue sous le nom d'ordonnance cabochienne cherchera à limiter le pouvoir monarchique.

Le roi convoquit d'urgence les Etats Généraux en janvier 1413 et signait l'ordonnance. Il se mit jusqu'à porter le capuchon des cabochiens, mais les crimes des Bourguignons et des Cabochiens allaient pousser les habitants de la capitale à se soulever.

 

L'émeute des "Cabochiens"
 

Charles VI, par la grâce de Dieu Roy de France, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, Salut.

(...) Crimes et délits sont avenus et ont été commis et perpétrez en notre bonne ville de Paris par gens séditieux, troubleurs de pays, rebelles et coupables de crime de Lèse Majesté (...) Nous et contre Notre Royale Majesté, et contre tous autres roys et princes terriens qui ont peuple à gouverner, Nous, voulons la vraie vérité des choses (...) Nous étant et faisant notre résidence en notre dite bonne ville de Paris, et avec Nous notre très chère et très aimé compagne, la Reine, nos très chers et très aimé fils ainé, Louis, Duc de Guyenne, et Oncle de Berry, et plusieurs autres de notre sang et lignage, et de nos conseillers et serviteurs, comme accoutumé avons le temps passé, advint que le vendredi après Pâques XXVIIIe jour du mois d'avril dernièrement passé, Elion de Jacqueleuille, Robert de Mailly, Charles Guillaume Barrau, lors notre secrétaire, un chirurgien nommé Mestre Jean de Troyes, ses enfants, Thomas Le Gouers et ses enfants, Garnot de Saint Yon, bouchers, Simonnet le Coustelier, dit Caboche, ..., (...) après plusieurs assemblées, secrètes conspirations et monopoles par eux faits en notre dite bonne ville, en divers lieux, de jour et de nuit, vinrent en très grand et excessif nombre, tous armés à étendard déployé et par manière d'hostilité et de puissance désordonnée, passèrent par devant notre hôtel de Saint Pol, sans notre sceau et à notre très grand déplaisir et déshonneur, et allèrent droit à l'hôtel de notre dit fils, le Duc de Guyenne, auquel hôtel ils s'efforcèrent d'entrer et, de fait, rompirent les portes en grand esclandre et déshonneur de Nous et de notre dit fils, et eux autres en cet hôtel allèrent en sa chambre par force et violence moult terrible et épouvantable, j'assoit que par notre dit fils et par notre très cher et féal cousin germain, le Duc de Bar, Louis, Duc en Bavière, frère de notre dite compagne et plusieurs autres nobles hommes, chambellans et autres officiers (...) les meurtrirent inhumainement, (...) et puis par menaces et pour de mort, les rançonnèrent à très grandes et excessives sommes d'argent ; vous tous, et ceux pris ou fait prendre comme traîtres, meurtriers, rebelles envers Nous et coupables de crime de Lèse-Majesté, contre leur naturel et souverain seigneur, et les Nous envoyez pour punir selon raison, si que tous autres y prennent exemple, et ces présentes nos lettres faites crier et publier solennellement par tous lieux ou l'on a accoutumé faire cris à son de trompe, et, avec ce, faites la copie de celles, collationnée à l'original, fichez values et portes des églises afin que nul n'en puisse prendre ignorance  (...)

 
Ci-dessous :

La Révolte des cabochiens,

Une miniature
de Martial d'Auvergne


(reproduction en deux parties)

Simonnet le Coustelier ou Simon Caboche était boucher à Paris. Les Cabochiens furent une faction populaire - du nom de son chef et proche du parti Bourguignon.


Ci-contre :

Quelques extraits d'époque des actions des Cabochiens contre la famille royale.
 
 
Donné à Paris le XVIIIe jour de Septembre, l'an de grâce mil IIIIc et XIII, et de notre règne le XXXIIIIe. Par le Roy en son conseil, auquel le Roy de Sicile, nos seigneurs les Ducs de Berry et d'Orléans, de Bourbon et de Bar, les Comtes d'Alençon et de Verbuz, de Richemont et de Tantarville, le connétable, vous, les Archevêques de Sens et de Bourges, les Evêques d'Auxerre, de Noyon et d'Evreux, le grand Maistre d'Hôtel, les chanceliers de Guyenne et d'Orléans, et plusieurs autres grands seigneurs, barons, conseillers et chambellans et autres étaient.

le 11 mai 1413 : Les Cabochiens organisent des arrestations sans véritable raison, quelques-uns sont tués lors de l'interpellation ou le seront quelques jours plus tard.
en Juin : le duc de Bourgogne, Jean Sans Peur est dépassé par les événements, les bourgeois parisiens souhaitent des réformes mais craignent l'anarchie du mouvement.
le 27 juillet : Jean Sans Peur décide de négocier et abandonne les Cabochiens, la paix de Pontoise est signée, elle abolit toutes les mesures d'exception en vigueur et proclame l'amnistie pour tous les parisiens ayant participé aux troubles.   le 4 août : Les Cabochiens sont désavoués par la foule réunie place de Grève, Jean Sans Peur quitte Paris et le roi fait son entrée à son tour. Il y menera une répression qui fera une centaine de victimes, rien que dans ses propres rangs, une vingtaine de Baillis et Sénéchaux sont également révoqués. Les Armagnac rentrent dans Paris
 
Une fois éliminé les Cabochiens, le duc de Bourgogne doit céder la place aux Armagnacs. Bernard VII devient maître de Paris et se fait nommer connétable (chef des armées) par la reine Isabeau de Bavière. Et ces troubles n'échappent pas au nouveau roi d'Angleterre. Henri V de Lancastre en profite pour reprendre la guerre contre la dynastie des Valois. Malgré une interruption de plus de 35 ans, il débarque en Normandie avec ses troupes.
 
 
1414 : le palais des Ducs de Bourgogne à Paris dispose de latrines à fosses.
1417 : Paris est sous la dictature des Armagnacs. 
1418 : Le dauphin Charles ou futur Charles VII devient régent, entrée des Bourguignons dans Paris et massacre des Armagnacs. Bertrand d'Armagnac, qui succèda à Charles (prisonnier à Londres) est également assassiné à Paris par les Bourguignons. Paris se transforma en charnier avec plus de 10.000 assassinats qui y ont été commis, en particulier le bourreau Capeluche qui après avoir assassiné les prisonniers éventrait les femmes enceintes, de sinistre mémoire.
1420 : Entrée d'Henri V et de Charles VI à Paris. Souvenance de loups affamés aux portes de Paris, on les signalaient la nuit en train de roder près des fortifications.

En 1422, Mort d'Henri V à Vincennes le 31 août. Il laisse derrière lui un héritier nouveau né. Le 21 octobre suit le décès de Charles VI qui décède. Deux nouveaux régents sont nommés pour diriger les deux nations : HUMPHREY, duc de Gloucester est nommé : Régent d'Angleterre. Le duc de Bedford est nommé Régent du royaume de France. Tous deux sont frères du feu roi Henri V. Ils sont également nommés tuteurs d'Henri VI. Son travail étant accompli la reine de France Isabeau se retira dans son hôtel Saint-Paul. Elle y mourut le 26 septembre 1435.

Cette même année de 1422 débute le règne de CHARLES VII (le Bien Servi).
Il est né en 1403 à l'Hôtel Saint-Paul, il est l'avant-dernier et cinquième fils des douze enfants reconnus de Charles VI et d'Isabeau de Bavière. Charles le Bien Servi épouse en avril 1422 Marie d'Anjou, 22 ans, fille du comte d'Anjou, roi de Naples et de Sicile. Elle mettra au monde à Bourges en 1423, le futur LOUIS XI ainsi que quatre autres frères et huit soeurs. La Cour se retire à Chinon.
 
Quelques dates...

Ci-contre : le mariage de Charles VII avec Marie d'Anjou en 1522

En 1429 : Jeanne d'Arc est victorieuse à Orléans, elle tentera la même année le siège de Paris sur sa rive nord, elle échouera.

En 1432
Entre le 13 et 25 janvier, il fait Grand froid et la Seine est gelée. En mars-avril se produit une crue de la Seine ; les rives et les terres maraîchères sont recouvertes d'eau. La crue dura un mois et demi, il fallut traverser en bateau pour se rendre à la hauteur de l'actuelle Gare de l'Est en partant de la rive gauche...

En 1435 : Il est  organisé le sacre de Henri VI de Lancastre à Paris comme roi de France.

 
 
 
L'Université parisienne sera complice de la mort de Jeanne d'Arc et Charles VII ne l'oubliera pas en entrant dans sa capitale, en 1436. Le corps universitaire sera sous la juridiction du Parlement de Paris en 1446, afin d'en mieux contrôler les excés. L'Université se mit en grève.

Charles VII et le pape réformèrent le corps universitaire et le régime de ses Facultés en 1452 ; p
eu après, la réforme fut marquée par des grèves et des manifestations étudiantes très violentes, et un écolier parisien, le poète François Villon y participait. En 1454, suite aux manifestations d'étudiants, les cours sont suspendus dans le quartier Latin, un étudiant est tué par la police.
 
 
Louis XI, le rusé (1423-1483)


Charles VII son père (ci-contre) est connu pour avoir été un roi faible au début de son règne.

C'est la pucelle d'Orléans, Jeanne qui va en quelque sorte le porter. Sa fin de règne contrastera avec le début. Relativement tôt le jeune dauphin Louis va entreprendre son dessein, faire de la France une puissance moderne.
En 1461 Louis XI accèdait au pouvoir.

Louis XI, au sortir de la Guerre de Cent ans imprime le premier l'idée d'État nation.


Pour construire cette «chose commune» (la République), on doit nécessairement recueillir le consentement du peuple. Le concept de gouvernement « par le peuple et pour le peuple » fut abordé au Concile de Bâle (1434) par l'historien et humaniste chrétien Nicolas de Cuse. Ses recherches prouveront que la Donation de Constantin, document (du IXème siècle) attestant que l'Empereur Constantin aurait cédé le pouvoir temporel de l'Empire à la papauté est un faux.

Pour mémoire la grande Peste bubonique de 1348 élimina un tiers de la population européenne, l'Europe 70 ans avant la naissance de Louis est fortement menacée. S'en suit l'effondrement du système spéculatif pratiqué à Venise qui désorganise les échanges économiques. Et la peste bubonique (transportée par les rats et leurs puces) se transforma en peste pneumonique (contamination entre humains).
 
Un peu partout en France, les « écorcheurs » ou dépouilleurs, c'est à dire les « milices » des seigneurs français pillent et tuent en plus de l'épidémie. Sans omettre les armées anglaises qui pratiqueront sur le sol français une politique de guerre très destructive. Les régions sont sous la menace du chaos, les villes en pleine crise économique et sociale et des villages se trouvent tout simplement rayés de la carte. Près de 95% de la population vivra dans l'indigence la plus totale.

Au cours de ce même siècle, Louis XI transformera ce pays dépeuplé en un État de grande puissance à l'échelle du monde connu. Il en devint le plus productif et ce modèle fut une référence dans la construction de nations telles que : l'Espagne, ou l'Angleterre. Louis XI a accédé au trône en 1461, à 38 ans. Après son sacre, il se vengera des proches conseillers de son père qui l'avaient combattu.

Le chancelier Guillaume Jouvenel des Ursins sera un temps embastillé. Jean d'Orléans duc de Dunois est évincé du Conseil pour exemple. Mais Louis XI fini par reprendre d'anciens conseillers royaux et en recrutent de nouveaux dans la bourgeoisie. À l'exemple de son barbier, Olivier le Daim, «son conseiller occulte et exécuteur de ses basses oeuvres».
 

 
Louis le onzième avec le soutien de Gaston de Foix et de son armée marchent contre le Bourbonnais dans le centre du pays en mars 1465. La jonction des forces de Louis se fait non loin de la capitale avec les Bretons de François II et les Bourguignons de Charles le Téméraire. Une bataille se produit à Montlhéry, au sud de Paris, le 16 juillet 1465. Le résultat de la bataille reste mitigé. Toutefois, Louis XI profite de la confusion pour entrer dans la capitale et affirmer son autorité. Il scelle ainsi la paix de Saint-Maur, cédant aux revendications des princes. Il versera de nouvelles pensions et attribuera ou confirmera les féodaux signataires.
 
Par ailleurs, le clergé français est mécontent de payer des impôts et réprouve son indépendance. Le roi est aussi d'une grande fermeté avec ses vassaux, il privera certains seigneurs de leur pension ou limitera leur droit de chasse. Les nobles voient en Louis XI celui qui les dépouillera de leurs pouvoirs, limitant les pensions et favorisant des mariages à son avantage, et ils n'apprécient guère de le voir gouverner avec des bourgeois. Ils créeront pour y répondre une «Ligue du Bien public» face au «désordonné et piteux gouvernement». Ils comploteront pour mettre à sa place son frère Charles. Le 5 octobre 1465, marque la fin de la « Ligue du Bien public», les grands féodaux du royaume font la paix avec le roi à Saint-Maur (une paroisse en proximité de Paris).

Qualifié de rusé, les intentions de ce roi ne sont pas de se conformer aux règles du monde féodal. Il imprime un nouveau type de pouvoir. L'image désastreuse de ce roi, mettant en cage (les fillettes) ses ennemis, épousant une enfant de six ans sont certes vrais, mais cache la complexité d'un homme qui engage un tournant politique majeur. Louis XI pose les bases d'une unité territoriale et administrative aux dépens des pouvoirs locaux. C'est un homme habile, un tyran qui fut décrié sans en connaître les fondements poliiques. Il prouve surtout que le centralisme est en marche. Et d'inspiration républicaine.
Presque l'ensemble des princes du royaume se sont heurtés à cet homme froid, intelligent et calculateur. Il avait tout du visage du pervers et aurait aimé les pratiques zoophiles. On ne l'imagine pas vraiment en proie au doute. Il a une seule route possible, la sienne et peu importe les moyens employés. Il est le fondateur de l'État-nation. Il ouvre ainsi, avec le soutien du Saint-Siège romain, de Réné II (Duc de Loraine), de Philippe de Contamynes (premier Secrétaire du roi), et de la Maison financière de Laurent de Médicis, une nouvelle ère du pouvoir.  

 
Naissance de l'État-nation sous Louis le Onzième du nom
 
Louis XI et ses alliés proches formèrent la «Ligue de Constance». La France se composait de 14 duchés et de 94 grandes villes. Elles s'unifient sur la base du bien commun, avec pour ralliement : «Un droit, un poids, une monnaie». Il renforça aussi l'armée permanente de son père Charles VII. La stratégie de Louis consista à gagner des cités, à développer des centres culturels, à créer des manufactures et ouvrir des grandes foires commerciales. Il veut attirer dans les centres urbains tous les talents des régions et de l'étranger (en particulier des Allemands et Italiens).

Louis assure l'expansion des manufactures en subventionnant les villes.
Cet argent est tiré de l'impôt sur le revenu et il soutient le travail qualifié (les salaires en 20 ans vont doubler). Les seigneurs seront imposés à un taux plus élevé que les villageois, et les villageois plus que les citadins. Les revenus doublèrent et l'impôt sur le revenu tripla en l'espace de 20 ans : en 1462, l'impôt se montait à 1.200.000 livres; en 1482, il fut de 3.900.000 livres.



Les relations qu'entretenaient Louis XI avec la ville de Florence constitua une bonne part de son dessein. Le but fut d'avoir une monnaie unique et un plan global d'investissements au service des manufactures. Louis pensa très tôt à une banque d'État. À l'époque, une seule officine s'engageait dans ce type développement économique, celle des Médicis.

Dès 1462, il émit une ordonnance créant une banque avec des filiales à Paris, Lyon et Montpellier. Les Médicis acceptaient de garantir les dépôts et prenaient en charge, ce qui adviendra la future « banque de France » du moins sa première forme (peut-on présumer).




C'est une politique économique de grande ampleur qu'il organisera sous son régime. Au sujet de l'agriculture, il fait recensé les jachères et favorise l'embauche de main d'oeuvre étrangère pour les cultures, si besoin est. Il génère aussi une politique industrielle et minière. S'il découvrait des réticences seigneuriales, il n'hésitait pas à pratiquer la nationalisation des terres en cas de sous exploitation des sols et sous sols. Il est le créateur des postes à l'échelle du territoire : une lettre devait en 24 heures parcourir 400 kilomètres. Du coup s'installeront un peu partout en France des relais de poste et des auberges. Il proclamera des milliers de lois, trouva au sein des villes le soutien de la bourgeoisie. Il mena ainsi une politique de forte croissance et permis à la France de sortir du chaos.

En 1470, à la demande de Louis XI, bibliothécaire, Guillaume Fichet, lance la première imprimerie parisienne (et française) au sein de la Sorbonne.
  Pour les questions intellectuelles, en 1471, Louis XI inaugure l'imprimerie de la Sorbonne à Paris.

Cette imprimerie
diffusera des écrits de Platon, Salluste, Virgile, Juvenal et Xénophon à sa demande. Il fit venir d'Allemagne Martin Krantz, Ulrich Gering et Michel Friburger pour faire fonctionner cette presse à papier.

Pour Louis XI cela représentait une arme de propagande et de transmission du savoir. 
Louis, le rusé crée les conditions pour la France devienne la première puissance de l'époque. Il ne conservera pas une bonne image auprès de la noblesse et du clergé qui bien après sa mort continueront à le discréditer. Pourtant on est un peu loin de l'idée général d'un roi uniquement sombre et cruel. Ce roi est à l'image des grands princes de ce temps, il est tout simplement "machiavélique" et ami de Laurent le Magnifique. (Ne pas confondre Machiavel l'auteur)

Aujourd'hui, on parlerait d'un grand homme d'État, et pour cause il met en place toute les bases d'un état moderne en seulement 20 ans. Il sera l'avant-dernier des Orléanais au trône de France (le dernier étant Louis Philippe en 1830). On lui connut aussi un goût pour l'astrologie, les superstitions, contradictions pas si étonnantes entre ce législateur de génie et l'homme de son temps. En soit le rationalisme n'est pas encore né, et l'on peut comprendre qu'il ressemble aussi à ce qui prédominera au quatorzième et quinzième siècle, c'est à dire une violence sociale, politique et humaine quelque peu effrayante.

En 1476, la  première impression de la Bible du royaume sort des presses parisiennes. Un an après, il commande la rédaction du premier livre en français : une chronique sur l'histoire de France depuis le temps des Romains jusqu'à la mort de son père. La même annéee Louis le rusé structure les divers services de dépêches : du roi, de l'Université, du Bureau de la Ville de Paris, des corps de métiers et fait établir progressivement pour ses chevaucheurs, des relais de poste sur la part du royaume de France qu'il contrôle : Anjou, Poitou, Guyenne, Normandie, Picardie, Bourgogne. Très vite des maîtres de poste offriront leurs chevaux et l'hébergement à d'autres voyageurs.

Louis XI, a été un roi itinérant, il n'aima pas plus Paris que son père, il résida dans les villes et châteaux de la Loire. Il mourut à la fin d'août 1483 après avoir lutté contre la mort et sous l'emprise de superstitions religieuses.

« Il voulait être enterré à Notre-Dame de Cléry et non à Saint-Denis avec ses ancêtres. Il recommandait qu'on le représentât sur son tombeau, non vieux, mais dans sa force, avec son chien, son cor de chasse, en habit de chasseur » (Jules Michelet, Histoire de France).
 





« La propriété des Rois et des princes et de leurs chevaliers, considèrent que leur état et vocation est pour le bien commun défendre tant ecclésiastique que séculier, et de entretenir justice et paix entre leur sujets, (...) Et pour ce que le bien commun qui regarde plusieurs, qui est la chose publique du Royaume est plus louable que le particulier, par lequel souvent est empêché le bien commun ; on a volontiers mis en écrit les fats des princes et de leurs chevaliers, et toute bonne doctrine qui sert à leur état. ». (...)« Je ne vois rien qui tant ait détruit et annihilée la puissance des Romains, que ce qu'ils entendaient plus au bien particulier que au bien commun. » (...) « Quand Justice règne en un royaume, le bien commun est bien gardé, et aussi le particulier : car Justice est celle de vertu, qui garde humaine compagnie et communauté de vie, si que chacun use en bien des choses communes comme communes; et des particulières comme particulières.»


Louis, le onzième du nom

 Quelques dates...

 
1483-1484 : Décès fin août de Louis XI au château du Plessis-lèz-Tours (Indre et Loire), qui devenait la résidence royale jusqu'à Louis XII. Régence de Pierre et Anne de Beaujeu avant la majorité de Charles VIII à 14 ans, son règne s'achevant en 1498.
1485 -1510 : Construction de l'Hôtel de Cluny à Paris.
1492-1493 : Christophe Colomb découvre les Bahamas et Saint Domingue, l'année suivante la Dominique et la Guadeloupe dites Indes occidentales, ou l'Amérique, nom tiré plus tard par un chanoine de Saint Dié d'Amerigo Vespuci autre découvreur du continent et cartographe.
1494 : La famille Médicis est chassée de Florence et début des guerres d'Italie sous Charles VIII.
1495 : Le Châtelet de Paris prend un arrêt contre les vérolés et les immondices.
1497 : Vasco de Gama trouve la route des Indes orientales par l'Océan Indien et le cap de bonne espérance, la grande peur des marins. (Afrique du Sud)


Rumeurs et "fausses nouvelles" au Moyen-Âge ? (59 minutes)



Avec Mme Claude Gauvard, historienne - France Culture - Concordance des temps (19/05/2018)




Suite de la promenade :
La Renaissance à Paris (1ère partie)

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Dernières modifications : 10/12/2017