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Le Bas Moyen Âge
 
à Paris

(seconde partie)

Universités et mœurs, administrations publiques

Ci-contre : enluminure de Philippe Auguste
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En 1200, la police royale réprimait violemment un incident entre les bourgeois et la corporation universitaire. Philippe Auguste prenait le parti des maîtres et des étudiants, il leurs donna pour privilège d'être jugés en cas de fautes par les seules instances religieuses. Le roi légalisait ainsi la corporation de l'Université parisienne. Et naissait en 1214 le futur Louis IX, petit-fils de Philippe Auguste.

Nous sommes face à l'essor et à une crise profonde du monde universitaire, au XIII° et au XIV° siècle la capitale en a été une belle illustration. Innocent III mettait un terme aux paiements des licences par les étudiants en 1215, et le laissait au seul jugement des maîtres d'université. Quatre champs majeures commencèrent à  être transmises à Paris : la théologie, le droit ecclésiastique, la médecine et les arts libéraux qui devinrent les plus recherchés en Europe (1213). Au titre des arts dits libéraux, il était étudié sept disciplines, et ces cours dominaient les enseignements parisiens avec : la grammaire - la dialectique - la rhétorique - la géométrie - l'arithmétique - l'astronomie et la musique.
 

En 1231, Grégoire IX (ci-contre) donnait à l'Université un statut reconnu par le pouvoir laïque (ou politique) et l'Église. Ce fut aussi la création du baccalauréat - ou de la «déterminance», juste en dessous de la licence, de la maîtrise et du doctorat. les derniers échelons pouvaient représenter de longues années d'études.

À partir de 1250, les universités parisiennes devenaient incontournables en Europe. La Faculté des Arts professait la science et la métaphysique selon Aristote et les principes d'Averroès. Et la faculté de théologie cherchait une voie chrétienne et fondamentaliste, dont Thomas d'Aquin a été une des figures fanatiques. Thomas d'Aquin était un dominicain qui a vécu et a pris domicile avec les franciscains sur la rive gauche, et il menaça un tant soit peu le pouvoir universitaire dit "laïque" (non séculier) au sein de la capitale.

De 1250 à 1255, ça grondait, mais les universitaires se virent obligés par la papauté d'accepter à tous les ordres religieux le droit d'enseigner. Le conflit a eu toutefois des suites et laissa des traces dans la fondation des différents collèges qui allaient se créer comme la Sorbonne.

L'on comptait environ une quarantaine de collèges dans la capitale, tous se situaient en rive gauche et notamment au sein du quartier dit Latin. Il s'agissait de fondations charitables, elles étaient destinées à l'origine à accueillir en leurs locaux des étudiants pauvres. L'on a connu jusqu'à 17% d'étudiants boursiers, ces écoles étaient des petites unités rassemblant en moyenne 6 à 12 pensionnaires
(en référence une vidéo ci-après sur les collèges médiévaux à Paris jusqu'à l'Université moderne).



 

Robert de Sorbon, maître en théologie au cloître Notre-Dame, créait en 1253 le collège qui porte son nom, afin de limiter le poids des franciscains et des dominicains.


Chapelain de Saint-Louis, il s'activa sous ses ordres, et Louis IX en 1257 reconnaissait le nouveau collège. Il était composé de prêtres séculiers et d'étudiants pauvres, et il était attribué une bourse pour la préparation au sacerdoce.

ci-contre : Portail de la Sorbonne




En 1277, courant  mars,  le Saint siège ainsi que l'évéque anglais Robert Kilwarby condamnaient (mais ne l'interdisaient pas) l'oeuvre de Thomas d'Aquin. Le 12 mars de la même année, Etienne Tempier, l'évêque de Paris faisait 279 propositions à l'encontre de sa doctrine. Aux yeux des autorités ecclésiales sa pensée était trop clémente avec les aristotéliciens (disciples de la philosophie d'Aristote) et indirectement les avéroïstes promotteurs d'une philosophie séparée de tout contenu religieux ou théologique, ce que tenta de faire Thomas d'Aquin décédé trois ans plus tôt. Il fut néanmoins canonisé en 1323 avec la montée en puissance des frères dominicains. En 1292, les étudiants licenciés à Paris purent enseigner dans toute la chrétienté romaine, le diplôme s'élargissait au-delà de la compétence diocésaine.

Au XIVe siècle les universités rencontraient des difficultés, en particulier les débouchés pour les étudiants sans fortunes.
Cette crise a  été la conséquence des abus de taxes opérés par les pontifes avignonnais, qui accentuèrent la crise économique et sociale à la fin du Moyen-âge. Et firent naître les racines du protestantisme.

Aux Origines du Quartier Latin - Collèges et Universités

Une conférence enregistrée en janvier 2018 avec Thierry Kouamé,
maître de conférences en histoire médiévale à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne


Le fils de Philippe Auguste, Louis VIII lui succéda de son vivant en 1223 et décéda en 1226. Il a été l'époux de Blanche de Castille (petite fille d'Aliénor d'Aquitaine). Au cours de son règne il allait reprendre aux Anglais le Poitou, le Limousin, le Périgord et une partie du Bordelais. Il décéda lors d'une croisade décisive contre les Cathares. Suite à sa disparition Louis IX est sacré roi à 12 ans.  


 
1226 : sacre de Louis IX, dit saint Louis

On connait de ce roi, sous son chêne où il rendait la justice, le mythe et  la légende d'un saint homme qui contribua à faire de la Sainte Chapelle et de ses reliques christiques les emblèmes de sa puissance divine et terrestre. Pour anecdote, dans le 10ème arrondissement de Paris, l'on retrouve son nom et sa légende, au lieu dit du buisson Saint-Louis, une petite rue aujourd'hui bétonnée. Le roi aimait parait-il venir s'y détendre, l'on présumait ainsi de sa campagne parisienne à quelques encablures de la ville. Elle était champêtre comme l'entend le légendaire, ou plus simplement la campagne n'était pas très lointaine des fortifications de son grand-père. En ce qui concerne l'hôpital Saint-Louis, pour sa fondation, il fut consacré aux maladies de peau, il faut attendre le règne d'Henri IV pour y voir s'édifier un vaste ensemble hospitalier, non loin du buisson...

 
Sa mère (ci-contre), Blanche de Castille allait assumer la régence jusqu'en 1235, maniant la diplomatie aussi bien que la force contre les vassaux récalcitrants. Depuis 1233, l'Inquisition avait mis en place une juridiction chargée de juger les hérétiques. Le tribunal de l'inquisition était dirigé par les Dominicains et sous le contrôle du Pape. Louis IX de son côté allait soutenir les chasseurs de sorcières et imposer aux Juifs le port d'une rouelle jaune.

Sous Louis IX fut construite entre 1245 et 1248 la Sainte Chapelle, elle  se situe aujourd'hui au sein du Palais de Justice de Paris. La  chapelle a été édifiée pour accueillir la couronne d'épines du Christ, deux tiers des verrières encore existantes sont encore d'origine. Ce fut un monarque qui tint très à cœur les questions de législation, il parapha des ordonnances interdisant : la prostitution, les combats entre les nobles, le jeu. Il favorisa sa monnaie et restreignit celles des seigneurs au seul domaine et engagea la naissance d'une unité monétaire à l'ensemble du royaume.


Le dit saint Louis aurait soigné des lésions cutanées (« les écrouelles »). On connaît sa charité, ses soutiens aux pauvres et aux malades, entre autres pour les lépreux. Il a été le fondateur des hospices, en particulier celui des Quinze-Vingt pour accueillir 300 aveugles.

En 1254 à Paris, il créait un Parlement avec une cour de justice et un conseil politique.
Il mettait fin «au jugement de Dieu» par des enquêtes et des auditions. Le roi créa de même un corps issu des universités parisienne, ces hommes allaient suivre l'application des mesures sur tout le territoire. Il organisa les métiers, selon des codes propres à chaque profession. Louis IX a été canonisé par le Pape Boniface VIII en 1297, 27 ans après sa mort, il devenait Saint-Louis.



La prostitution du temps de Louis IX

Le dit « plus vieux métier du monde » ne s'exerça pas dans l'indifférence pendant les temps médiévaux, la prostitution depuis le code Alaric (V° siècle) poursuivait celles qui vendaient leur corps et condamnait ceux qui les soutenait, les proxénètes. Sous Charlemagne, les prostituées étaient passibles de 300 coups de fouet et la chevelure tondue.

Lors de la construction de la cathédrale Notre-Dame, l'évêque refusa le don d'un vitrail par les "ribaudes" parisiennes. Il existe aussi le terme "maquerelle", une île parisienne a porté longtemps ce nom (l'île aux Cygnes de nos jours, face à la maison de Radio France). L'île aux Maquerelles était dévolue à la prostitution, et pas le seul endroit de la capitale connu. Ce commerce a tenu une place non négligeable dans les arcanes de la vie quotidienne de la ville, et un rôle économique important, et même antérieurement une (pré) accumulation de richesse utile au développement des villes.

Certains théologiens s'interrogèrent sur le statut de ce métier si particulier. Thomas de Cobham estima que les femmes "foles de leur cors" devaient être assimilées aux mercenaires :


"Elles louent, en effet, leur corps et fournissent un travail. Si elles se repentent, elles peuvent garder les bénéfices de la prostitution pour en faire des aumônes. Mais si elles se prostituent par plaisir et louent leur corps pour connaître la jouissance, alors elles ne fournissent pas un travail, et le bénéfice est aussi honteux que l'acte"
.

Louis IX dans un édit de 1254, prôna l'extradition. La prostitution devint souterraine suite à une forte répression et vit un temps la fermeture des maisons de luxure. La population finira par se plaindre des restrictions, les viols se multipliant. Ces crimes mettaient en danger les filles ou les épouses des bourgeois. Sous la pression l'édit fut révoqué et un nouveau décret ouvrit de nouvelles conditions à la prostitution : seulement dans certains quartiers ou rues de la ville, à certaines heures et fermés à l'accès selon des conventions religieuses précises certains jours. Aux moments de débauche général comme les carnavals le viol devenait pratique courante.

Les Dames de bon rang exigèrent un code vestimentaire les différenciant, des autres Dames, dîtes de "petite vertu". Il fut donc interdit aux "filles ou femmes publiques" de se vêtir dans de riches toilettes, et obligeant celles-ci à porter au cou un ruban de couleur jaune. Idem pour les souteneurs devant porter un habit de couleur jaune, afin de les éviter, ou sous peine d'être fouetté.


Il fut de fait interdit aux "filles ou femmes de joye, follieuses, ribaudes, bordelières, folles de leurs corps" de se mélanger avec la population. Louis IX fut le premier, en 1254 à vouloir expulser ces dames du royaume, après confiscation de leurs biens et vêtements. Cette ordonnance fut réitérée lors de son départ d'Aigues Mortes pour l'outremer, avec un don au couvent des Filles-dieu ouvert aux filles repenties ou pénitentes.

En 1256, le roi se contenta de les expulser hors les murs et de leur interdire de travailler en centre ville, près des églises ou des cimetières.
 

Après cette édit prohibitionniste à la huitième croisade, le roi s'assouplit fortement, étonnamment les prostituées et courtisanes suivirent les troupes. Il fut fait mention sur les "Livres de Compte d'État", que le roi paya un salaire à 13.000 prostituées, pour répondre aux besoins des hommes loin de leur terre natale et de leurs épouses. Au XIV° siècle, on vit ainsi naître une reconnaissance de la prostitution. La maison close est reconnue par l'Eglise et la municipalité comme d'utilité publique. Et ce fut le clergé, qui servit à son contrôle. La prostitution a été considérée dès lors comme un mal nécessaire. Néanmoins, les prostituées se devaient à une pénitence de six ans pour expier, les clients de jeûner pendant dix jours. L' Eglise considéra ces femmes comme des "brebis égarées".

La prostitution, quoi que mal vue était tolérée, puis fut encadrée par le pouvoir politique. Il est vrai que ce genre de pratiques hypocrites permettait pour apparence de protéger la vertu des honnêtes femmes, en charge des enfants et du foyer, et dument réservée à leurs maris. Il semble à la lecture de registres criminels que les viols, parfois en groupe n'étaient pas rares, au point que les historiens ont parlé de rite de passage à l'âge adulte pour les jeunes mâles entravés par un carcan social et religieux pesant. Même la cité des Papes connaissaient quelques mauvais lieux, puisqu'un proverbe disait qu'on ne pouvait traverser le pont d'Avignon sans croiser "deux moines, deux ânes et deux putains".

Il y a au sujet du règne de Louis IX, un sentiment contradictoire, à la fois il engageait des évolutions notables, et sur le fond il se nourrissait de l'intolérance religieuse de l'époque. Il posa un peu plus loin les bases du centralisme et gagna un peu sur le pouvoir "intemporel" de l'église, qui ne pouvait le suspecter d'être un hérétique.

Le dit saint-Louis passa une bonne part de son temps en guerre, même en prison quelques temps, en l'attente du paiement de sa rançon
. Il a été avant tout un personnage autoritaire, qui a su s'attirer la sympathie de ses sujets chrétiens, cela va de soit...
 






Saint-Louis a connu une difficile séparation sur la route de Saint-Denis avec la Reine Mère Blanche de Castille.

Quand Louis IX partit en croisade (il était fait prisonnier en 1250), la cours fit ses adieux au roi. Nous vous livrons un extrait du récit, ci-dessous.

Pour les deux extraits cités : les termes du texte original sont dans un français plus contemporain

"La reine (Marguerite de Provence), et les frères et leurs femmes, déchaussés et nus pieds, et toutes les congrégations et le peuple de Paris les convoyèrent jusqu'à Saint-Denis, en larmes et en pleurs...

Et là prit à eux congé du roi et les renvoya à Paris, et pleura assez au départir d'eux. Mais la Reine sa mère demeura avec lui, et la convoya trois journées, maugréa le roi.

Et hors de lui :
- Belle, très douce mère, par cette foi que vous me devez, retournez désormais.

- Ah donc lui répondit la reine en pleurant; Beau, très doux, fils, comment pourrai-je souffrir le départi de vous et de moi. Vous m'avez été le meilleur fils que peut avoir une mère.

A ces mots elle chue dans un spasme, et le Roi la redressa, et elle prit congé de lui en pleurant. Quand le benoit roi dut aller outre-mer à la dernière fois qu'il y alla, il visita les maisons de religions de Paris. (...)

Et il s'en alla à la maison de Saint-Ladre (ou Saint-Lazare) et s'agenouilla devant les meseaux (malades lépreux) assemblés et leur requit humblement et dévotement qu'ils priassent Notre-Seigneur pour lui. Et les choses devant dites furent faites" .


Louis IX ne revit jamais la reine mère, par avant de disparaître elle créa deux monastères, quelques temps après elle mourut très dévotement sur une paillasse en 1252. Tel est le récit qu'il nous reste des derniers jours de Blanche de Castille.

En 1254, Louis IX réformait "le guet de Paris" (ou guet royal en place depuis Hugues Capet) et il créait la fonction de "chevalier du guet" (miles guetti).  Un corps fait de garde fixe avec le "guet assis" ou le "guet dormant", ainsi se constitua une milice bourgeoise, composée des "gens de métier" (au sein des corporations), ils devaient chaque nuit et jour au prévôt les hommes nécessaires à la protection des remparts et surveillance de la capitale. (lire la suite sur la police du guet sous François 1er)


La même année, Louis IX était libéré suite au paiement d'une rançon, il pouvait ainsi revenir en France, et dans sa ville. Marguerite de Provence, sa femme l'accompagna dans ses périples. Elle incarna une figure d'héroïne à côté de son mari batailleur. Elle disparaissait en 1295.



Prévôt des marchands, et naissance de la Mairie parisienne

Le corps municipal
ayant une juridiction sur la ville,
n'est apparu que vers 1260


Le terme prévôt des marchands 
fut le nom donné au chef de la municipalité parisienne jusqu'en 1789
 

La hanse des marchands de l'eau :

L'organisation municipale parisienne a résulté de la transformation de la plus importante des corporations de la ville, la hanse des marchands de l'eau. Cette hanse n'a eu aucun lien avec la corporation des nautes (navigateurs) de la Lutèce romaine. Elle est née spontanément à la fin du XIe siècle pour défendre les intérêts commerciaux de Paris, menacés par l'essor de Rouen. Libéralement ouverte à tous les bourgeois, elle établissait au profit de ses membres un monopole du transport des marchandises entre Mantes et Rouen.

Les marchands non parisiens devaient obligatoirement s'associer à un marchand membre de la hanse pour commercer sur ce secteur de la Seine. Soutenue par la royauté, la hanse fit de rapides progrès : le contrôle de son monopole l'amèna à juger les infractions et à lever des amendes; de là, sa juridiction s'étendit au contrôle de la navigation; enfin, elle obtint du roi des privilèges pour ses membres.  


La hanse administrative de Paris :

En 1263, cette hanse devenait l'organisation municipale de Paris. Le roi administrait sa capitale par l'intermédiaire de prévôts. Les prévôts se recrutaient dans la bourgeoisie de la ville. En 1260, le roi alignait le statut de la prévôté de Paris sur celui des baillages et place à sa tête un prévôt salarié. Pour éviter un conflit avec les bourgeois dépossédés de leurs attributions, Louis IX décida de confier celles-ci à la hanse : perception et répartition des taxes et représentation de la ville.

Le prévôt des marchands, assisté de quatre échevins (magistrats municipaux), apparaissait alors comme le chef de la municipalité. Il s'occupait de l'approvisionnement de la ville, des travaux publics, de l'assiette des impôts, et il a juridiction sur le commerce fluvial. Cette juridiction et ses attributions financières lui permettaient de nouer des liens très forts avec la bourgeoisie locale. Il représenta la volonté de celle-ci, aussi bien lorsqu'elle donnait son accord aux levées de taxes, que lorsqu'elle résista aux abus de la royauté et voulue imposer la réforme du gouvernement (sous Étienne Marcel).  



Des dates, en bref


1259 :
Traité de Paris
1270
: Départ en croisade et mort de Louis IX
1292 :
Persécutions et rumeurs anti-juives à Paris

1314 : 
Le maître des Templiers Jacques de Molay est condamné à mort par Philippe le Bel (en octobre)

1315 :
Louis X, dit le Hutin
1315 -1317 :
Grande famine en France et en Occident
1316 :
Mort de Louis X, le Hutin  
1317
: Sacre de Philippe V, dit le Long. Assemblée des notables instituant la loi salique à la succession des rois de France
1321 :
Disette et persécutions contre les lépreux et les juifs
1322 :
Sacre de Charles IV, dit le Bel
1323-1328 :
Soulèvement de paysans en Flandre  
1328 :
Mort de Charles IV le Bel. 


Ci-contre :
Enluminure représentant Saint-Louis


 Philippe IV, dit le Bel (1268 -1314) et ses successeurs maudits?

Ce monarque  montait sur le trône de France à l'âge de dix-sept ans, à la mort de son père Philippe III, en octobre 1285. Sous Philippe IV, la France était la nation la plus peuplée en Europe occidentale (en proportion un tiers de la population, soit 13 à 15 millions d'habitants). Le pays allait vivre une relative prospérité économique. Jean de Paris rédigea sous son règne «De potestate regum papali», un écrit sur «la laïcisation» du pouvoir royal.

Le Bel convoqua en 1302, pour la première fois ensemble les représentants des trois ordres ou états, qui deviendront plus tardivement les Etats Généraux. De 1277, à 1311, il fit procédé à des arrestations et des expulsions contre des marchands Italiens (les frères florentins Biccio et Musciato Guidi de Franzesi,... ). Plus largement, les confiscations furent décrétés à l'égard «des corps étrangers au royaume», en particulier par des expulsions collectives. Ce fut le cas d'
environ 100.000 Juifs  en 1306. Consulter :  L'histoire des Juifs en Europe de la Gaule Romaine aux Capétiens (en deux parties)


Persécutions et rumeurs antisémites de 1292



(antisémitisme chrétien)

(...) Cette même année arriva à Paris un événement extraordinaire, aux dires de ceux qui s'y trouvaient. Dans cette ville, il y avait une femme à qui un juif avait prêté de l'argent avec usure sur ses draps. Elle alla voir le juif le jour de la sainte Pâque et dit qu'elle voulait racheter ses draps. Il lui répondit que si elle voulait bien lui apporter "son Dieu qu'elle adorait" et qu'elle devait recevoir ce jour-là, il lui rendrait ses draps sans lui demander d'argent. Elle, "embrasée de convoitise", alla à l'église, reçut avec dévotion le précieux corps de Jésus-Christ et l'apporta au juif qui lui rendit ses draps et jeta l'hostie dans une casserole d'eau qui bouillait sur le feu.

Quand il vit que cela ne l'abîmait pas, il tira son couteau et commença à la frapper dans l'eau ; et l'eau qui était claire devint rouge comme si elle avait été mélangée à du sang. Sur ce, une femme chrétienne entra dans la maison du juif et elle s'aperçut du crime que le juif était en train de commettre ; elle commença à l'injurier et à le menacer d'en parler à l'évêque. Le juif prit peur et promit de lui donner 20 sous si elle se taisait et l'aidait à détruire son Dieu ; mais celle-ci n'était pas si "convoiteuse" que la première, et répondit qu'elle préférerait être brûlée dans un feu.

Elle sortit de la maison très en colère et en parla à deux sergents qui se rendirent à la maison du juif et trouvèrent qu'il n'avait en rien changé sa volonté de faire du mal à Notre Sauveur, même après ce qu'il avait vu. Il l'avait au contraire frappé encore à plusieurs reprises et replongé dans l'eau froide qui, à son tour, était devenue toute "vermeille". Quand il se rendit compte que les sergents venaient pour l'arrêter, il versa l'eau dans un lieu où ils ne purent la voir et ils trouvèrent l'hostie sur une table où elle avait si doucement sauté que ni le juif ni les deux autres ne s'en étaient rendu compte. Le juif fut arrêté et mis en prison : il avoua toute l'affaire sans en avoir aucun repentir ; et pour ce crime, il fut brûlé à Paris, en la place aux Pourceaux. (...)

 
Source :  BNF - L'enfance au Moyen-âge  Chronique anonyme finissant en 1308
(Recueil des historiens de France, Paris, 1856. tome XXI,
pages 132 et 133. Adaptation de l'ancien français par E. Lalou)


Cette même année de 1306, en raison des ajustements monétaires éclataient de graves émeutes à Paris. S'en suivait l'exécution des meneurs et la suppression (provisoire) des corporations parisiennes. Cette politique économique valut à Philippe le Bel la réputation de "faux-monnayeur" et quelques relations difficiles jusque dans ses relations avec le Vatican. Qui ne le porta pas vraiment en son cœur et en esprit.

Philippe, dit le Bel fit arrêté Enguerrand de Marigny, de la petite noblesse du Vexin. Celui-ci dirigea un temps les affaires financières et les affaires extérieures du royaume, il fut pendu en avril 1315 au gibet de Montfaucon, son cadavre y resta à la vue de tous durant deux années. Il était soupçonné d'enrichissement.


Philippe IV garda sa vie entière une grande estime pour Louis IX, son grand-père, il obtint sa canonisation en 1297. Mais "le temps de monseigneur Saint-Louis" n'était plus, et s'engagèrent des mutations monétaires, notamment des dévaluations à la fin de son règne, ainsi que la grande famine de 1315-1317.

Le Bel fut transporté jusqu'à Poissy par le réseau fluvial, puis en civière à Fontainebleau. Il décéda, le 29 novembre 1314.
Quarante huit heures auparavant, il prévenait son fils de "tenir l'Église romaine en révérence, d'aimer ses sujets, de maintenir le royaume de France en bon état, à l'instar de son aïeul Saint Louis, de prendre l'avis de ses frères et oncles". Son corps fut embaumé et couvert d'objets précieux, et arriva via la Seine à Notre-Dame de Paris.

Puis le corps fut emmené à Saint-Denis où on l'enterra près de son aïeul vénéré. Ses fils, lui succédant moururent tous les trois, plus le très jeune dauphin. C'est ainsi que naquit un mythe, suite à la condamnation des Templiers, la fameuse malédiction des « rois maudits » faisait jour.

Le successeur de Philippe le Bel, son fils Louis X ouvrait à l'affranchissement des serfs sur son domaine royal, il devenait possible aux paysans contre paiement de se libérer des charges féodales. Plus exactement, il imposa de fait le rachat de leur servitude. Deux édits sont promulgués le 3 et 5 juillet 1315, il a fallu attendre l'année 1778 pour voir étendre la mesure à tout le royaume.

Dans cette série des règnes courts et brefs de la dite malédiction, à son tour, Philippe IV fit surtout commande à un des moines de l'abbaye de Saint-Denis d'un travail sur les miracles du saint-Denis. Le roi croyait en une histoire des monarques de France plongée dans des phénomènes surnaturels. Celui-ci dut affronter en 1321 des rumeurs sur les lépreux (ou ladres), notamment dans le Languedoc, après une tentative d'appropriation des biens des léproseries (ou maladrerie), il renonça plusieurs mois après et ordonna la levée de la décision. 

L'année suivante, son successeur Charles IV décide à son tour que "que les lépreux seront nourris de leurs propres biens, prélevant ce qu'il faut pour leurs femmes et leurs enfants, ou des biens des léproseries, ou enfin aux dépens des habitants de leurs paroisses, s'il en est besoin". Une décision qu'il avait adressé par lettre au Sénéchal du Languedoc, qui n'eut pas grand effet, l'errance des lépreux posant dans le royaume et ailleurs des mesures d'éloignements ou de réclusions, toujours mises à distance des villes, estimées à 1200 léproseries sur toute l'étendue du royaume de France depuis le XII° siècle, allant donner lieu à des rentes de situation au cours du temps (cf. Chevaliers de Saint-Ladre ou de Saint-Lazare).


1314-1316 : Règne Louis X dit le Hutin, il décède à Vincennes.
1316-1322 : Décès de jean Ier et règne de Philippe V dit le Long.
1322-1328 : Règne de Charles IV dit le Bel dernier des Capétiens en lignage direct. Révoltes des Karls en Flandre contre les impôts l'hiver 1323-24 réprimées jusqu'en 1328.
1328, Philippe VI de Valois est acclamé roi (ci-contre) et "pour force de guerre de cent ans".
1330 :
Agitation à Paris avec des scènes de pillage et des violences destructrices.
1340 :
Edouard III d'Angleterre se déclare roi de France
1341:
Extension de la Gabelle à tout le royaume
1348 :
Apparition de la peste noire à Marseille et extension à tout le royaume. Agitations à Paris, elles sont dues à la guerre, mais aussi à la maladie et à la misère.

Les paysans et citadins souffraient de plusieurs maux : la peste, la guerre et la faim. La peste, depuis la grande épidémie de 1348, revenait régulièrement, elle raya des villages, des quartiers urbains entiers parfois. La guerre entraîna la destruction de terres, l'instabilité des villes et Paris  a été  le jeu des passations de pouvoir entre la France et l'Angleterre, d'un royaume menacé à l'Est comme à l'Ouest, qui campait le temps des honneurs à Paris et laissait au sein du peuple un sentiment d'incertitudes et des doutes sur le pouvoir royal qui tenta de survivre et n'oublia pas de lever de nouveaux impôts pour de nouvelles guerres.


Le roman de Fauvel ou la critique du pouvoir


Avec Thibault Randomme, Docteur ès Lettre de l'université de Louvain
RTBF - Un jour dans l'histoire de janvier 2017



Les marginaux parisiens aux XIV° et XV° siècles

Paris au quatorzième siècle fut la ville la plus importante de l'Europe occidentale, environ 200 à 300.000 habitants. Au début du quinzième siècle la population chuta brutalement d'un tiers (à l'échelle européenne), en raison de la grande peste de 1348. Plus exactement, on parle de "feu(x)" (le foyer ou l'enceinte familiale) et non d'habitants, terme désignant un foyer avec plusieurs personnes, et sur lequel on prélevait une taxe, si l'on avait un toit.

Pour les chiffres de l'époque, il s'agissait d'un peu plus de 60.000 foyers que l'on recensait à Paris. Et encore, on ne prenait en compte que les «feux» au sein des enceintes. La population des faubourgs et villages limitrophes n'était pas concernée, encore moins les marginaux hors de la ville et nombreux.


Les marginaux parisiens étaient composés principalement des mendiants, des vagabonds, des prostituées, lépreux et des artistes, mais à relativiser en raison du nombre, la prostitution entrant dans un chapitre autre et pas vraiment marginal dans ou à l'extérieure de la capitale, ou selon les humeurs du souverain. Pour les mentalités de l'époque être mendiant était en soit déjà un crime, être prostituée depuis Charlemagne, un délit passible de 300 coups de fouets et de la tonte, puis une corporation reconnue et établie aussi bien sous la conduite du clergé, puis de l'échevinage et de la prévôté, puis sous la gestion de l'aristocratie et de son monarque des siècles durant.

En raison des forts écarts économiques, l'on peut se douter que les plus pauvres pour survivre favorisaient des solutions pas toujours honnêtes ou morales, et là aussi difficile de parler de marge.
Ou bien la marge ou les marges correspondirent au ressort du bouc émissaire, de ce qui n'entraient pas dans la commune morale s'édifiant pas à pas, car les mœurs avaient conservé certaines tonalités propres ou anthropologiques pouvant nous échapper? La violence sociale était telle, que la criminalité pouvait représenter une solution face aux questions quotidiennes : se loger, manger, s'habiller, se soigner ou simplement survivre.

La justice en cette fin de Moyen Âge s'était employée à réprimer sévèrement les couches sociales les plus défavorisées. La grande majorité des punitions se faisait à la vue d'un public. Les châtiments étaient corporelles et variaient selon l'estimation de la faute. On était passible de pendaison pour un incendie délibéré de maison, l'hérésie religieuse après maintes tortures se finissait le plus souvent sur le bûcher. Dernier exemple, la fausse monnaie valait pour condamnation à son auteur d'être jeté vivant dans l'eau bouillante.


La torture au Moyen Âge?


Avec Faustine Harang, Doctorante de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne
RTBF - Un jour dans l'histoire - 28/07/2018 - durée 27 minutes


La liste des supplices et idées tordues seraient longues. La notion d'altérité était quasi inexistante et les temps les plus durs ne sont pas encore venus, à côté du XVII° siècle, le bas Moyen-âge a pu paraître clément. Nous sommes néanmoins face à une justice féodale, une justice implacable, et le sort dévolu aux plus humbles était de fait plus expéditif ou avec moins d'échappatoires. De triste mémoire, le gibet de Montfaucon à la sortie de Paris exhibait et laissait en nombre les corps de malheureux pendus au spectacle des passants. La prison n'avait pas pour but d'y maintenir les criminels en lieu sûr, on n'y faisait que passer en l'attente de sa condamnation publique. Paris regorgea de prisons et de condamnés au fil du temps.

Au Châtelet, la plus grande prison parisienne, le séjour coûtait six deniers pour une litière et un denier pour la "fossée", soit un bout de geôle très humide comme seule solution pour ceux qui n'avaient aucuns moyens pécuniaires. La nourriture y était médiocre et insuffisante et les prisonniers dépendaient de l'aide éventuelle de visiteurs charitables ou des proches. Le séjour carcéral n'était pas quelque chose de rare ou pris comme dégradant. Sauf pour les pauvres dont les conditions étaient terrifiantes, et les peines plus sévères.


La délation était aussi un mode répandu par des appels au "voisinage" pour lutter contre les malandrins ou gibiers de potence.
La police parisienne disposait des Sergents de Ville pour exécuter la justice prévôtale. Il y avait peu de contrôle de leurs fonctions et les abus étaient fréquents. Les Sergents du Châtelet furent conscients de leur force et détestés par la population. Ils tirèrent le plus souvent profit de leur pouvoir. Difficile de savoir quels étaient leurs effectifs précis, environ plusieurs dizaines au début du XIV° siècle, et il faut rester prudent quant à leur capacité à faire la police, comme nous pouvons l'entendre de nos jours .

A Paris, on estima à quatre-vingt policiers à cheval et autant à pied, mais moins ils subissaient de contrôle et plus ils augmentaient en nombre.
De quoi supposer qu'en période de vacances de pouvoir ou de changements fréquents pendant la guerre de Cent ans, que les policiers disposèrent d'une emprise conséquente sur les citadins en matière de nuisances. Il faudra attendre le XVIII° siècle pour connaître les débuts timides d'une police enquêtrice, ou tourner vers une résolution des investigations criminelles.


La société médiévale fut marquée par la féodalisme et fossilisa les relations sociales dans chaque fiefs, au dépend d'une plus grande unité territoriale. L'état de vagabondage et l'instabilité politique inquiétaient. Le vagabondage devint progressivement un délit. Et l'on n'hésita pas à appréhender les personnes sans revenu, les soûlards, ou individus louches. Si vous étiez suspect "de mauvaise vie", l'expulsion de la ville ne tardait pas. Les migrations préoccupaient les populations sédentaires, la peur de l'étranger domina. En 1351, l'ordonnance de Jean II le Bon marquait le début d'une chasse aux indigents des centres urbains, c'est-à-dire repousser les plus pauvres hors des murailles ou des fortifications urbaines et dans la préfiguration des faux-bourgs populeux.

La Cité au Moyen-Âge vivait sur la notion de quartier avec ses spécificités (ou bien de paroisse dans un dimension plus élargie du territoire) avec des concentrations artisanales ou commerçantes. On trouvait ainsi à Paris des rues où dominaient la pratique d'un travail ou d'un métier : bouchers, tanneurs, jongleurs, etc. Les listes dressées pour le prélèvement de l'impôt de la taille recense la répartition des fortunes, mais nous ne savons pas grand-chose sur les contribuables du Paris médiéval. Et rien ne permet d'indiquer avec exactitude où s'assemblait la population la plus misérable? Sauf à se concentrer sur les abords de la ville, ou dans ses faubourgs ou localités avoisinantes.

Henri Sauval, (avocat au Parlement et historien de Paris du XVIIème siècle), écrivit un texte sur «la cour des miracles», dont il dénombra une dizaine de lieux similaires à Paris. Dans son récit, l'auteur situe l'action d'une de ces particularités sur une vaste place et une longue ruelle. Juste derrière où se tenait le couvent des Filles-dieu (le couvent des anciennes prostituées ou filles publiques repenties), non loin de l'emplacement des fortifications (avant leur expulsion). Où se dressaient des cabanes en torchis, où se concentraient les "gueux". Pareillement cette Cour de mendiants, détrousseurs et voleurs réapparaît dans la fiction sur le Capitaine Fracasse au sein possiblement du deuxième arrondissement, à la limite des actuels grands boulevards. Et le sud parisien avec ses carrières a été propice à des planques et des possibles petits royaumes avec ses groupes de brigands ou Cour des miracles, et son lot de légende avec entre autres : le diable Vauvert (ancienne rue d'Enfer de la rive gauche).

Le clergé fut aussi concerné par le crime. Certains individus entraient dans les ordres pour échapper à la justice, en particulier à la peine de mort, qui était assez coutumière. On trouvait aussi une catégorie du clergé en situation d'errance. Ces prêtres sans officine allant de paroisse en paroisse pour trouver du travail, ils vivaient avec les errants et s'adaptaient ainsi aux mœurs et aux groupes.

Les institutions ecclésiastiques furent inaptes face à la misère. Les hôpitaux n'étaient pas vraiment ce quoi nous pouvons connaître. Les pauvres, les mendiants, les prisonniers étaient des pécheurs et s'ils se trouvaient au sein d'un hospital, c'était d'abord pour expier, les soins médicaux étaient secondaires. L'enfermement prenait un sens particulier pour l'époque : reconnaître ses fautes et souffrir, c'était enfin vivre en "bon chrétien" et c'est seulement à ce titre que l'on pouvait échapper à la rue ou au crime.



Bronislaw GEREMEK,
ancien ministre polonais, et historien du Moyen Âge


Une émission de France Culture de 1993 - durée 14 minutes


Livres à consulter de Bronislaw Geremek :

- Les marginaux parisiens aux XIV° et XV° siècles,
Flammarion, 1976
- La Potence et la pitié. L'Europe des pauvres, du Moyen Âge à nos jours,
Gallimard, 1987

Suite de la promenade :La Pré-Renaissance à Paris

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