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      Ce qui est démocratique : faire du petit cercle de connaisseurs un grand cercle de connaisseurs 

Bertholt Brecht


 

Le Bas Moyen Âge 

à Paris

(1ère partie)

Le roman naît à l'époque médiéval

 
C'est avec la chanson de geste que naissent en Europe les premiers écrits romanesques avec la très célèbre Chanson de Roland (11ème siècle), suivront des romans de chevalerie et d'amour, des histoires populaires dont les auteurs sont restés la plupart anonymes : pour exemples : Aucassin et Nicolette (auteur anonyme) ; Tristan de Thomas (1155) ; Le roman de renard (vers 1170, auteur anonyme) ; Le roman de Tristan de Béroul (12ème siècle) ; Lancelot du lac (12ème siècle, Chrétien de Troyes).
 
 
 Pierre Abélard, chanoine de Notre Dame à Paris
 
 
Il est natif du Pallet, près de Nantes (1079 ­1142). Il introduit systématiquement le procédé du doute en amenant des arguments dans un sens puis dans l'autre (venant de l'Écriture ou des Pères) avant de trancher et de répondre aux arguments. Un peu approximatif d'un point de vue théologique, il est condamné par le concile de Sens (1140) à l'instigation de Saint Bernard. Son nom est associé à Paris autour du destin tragique et amoureux de Abelard et de Héloïse. Une grande fresque médiévale sur les relations de deux amants, peu moraux aux yeux de l'époque. La trame d'un roman, pourtant l'histoire est vraie, du moins à des fondements réels. L'on trouve encore de nos jours les deux amoureux, côte à côte, au cimetière du Père Lachaise. Survivance du romantisme et du dix-neuvième siècle.
  Pierre Abélard de son vivant fut un universitaire et un des plus grands intellectuels du douzième siècle. Il s'illustra dans le champ de la logique, un esprit rationnel avant l'heure, bien que mystique dans l'âme. Ce qui n'a rien de contradictoire avec l'époque. Certains érudits pensent que l'autobiographie d'Abélard, « Histoire de mes malheurs ». Ainsi que la correspondance d'Abélard et Héloïse seraient des écrits apocryphes de Jean de Meung (13ème siècle), continuateur du Roman de la Rose, il aurait lui même rédigé les textes.
Le jeune Abélard suivra les cours de Roscellin et de Guillaume de Champeaux. Il disposera d'une formation philosophique auprès de grands maîtres de son temps. Il ouvrira la voie à une pensée rationaliste. Certains de ces écrits seront condamnés au sein d'un concile, suite à des prises de position que l'église ne pouvait admettre car écornant les saints dogmes. C'est un esprit libre, sachant conquérir le public étudiant à sa cause. On y parle des universaux, c'est à dire des idées générales sur l'Homme, la chrétienté, la justice, la bonté,.... On peut saisir que Pierre Abélard, en expiant pour des fautes charnelles avec la douce Héloïse paya probablement de ses trop grandes lumières sur son temps ? En 1115, il crée sa propre école à Paris, au sein du cloître de Notre-Dame, et gagne les esprits. D'après l'abbé Foulques (un contemporain), les étudiants parvenaient d'Italie, d'Angleterre, de Flandre, d'Allemagne, de Bretagne, d'Occitanie et de Bourgogne pour suivre son enseignement. Ils bravaient les routes peu sures pour l'entendre.
 
Le concile de Soissons de 1122 le condamna au silence perpétuel et à la claustration dans un monastère. En parfaite humilité chrétienne, il entra comme simple moine à l'abbaye de Cluny. Il adressa de là, à Héloïse des lettres. L'histoire parisienne est pathétique. Pierre marié et plus agé donne des cours à la fille d'un bourgeois (Fulbert). Ils s'éprennent l'un de l'autre et sont découverts. Sans entrée dans le détail, Abélard va subir une castration, et l'un et l'autre vont se retirer dans un couvent. Ce malheur le rendit populaire. Les témoignages de sympathie émanent du clergé, des étudiants... il alla s'enfermer à saint-Denis où il prononça ses voeux, tandis qu'Héloïse prenait le voile.  

 
Au bout de trois ans, il s'en va du monastère pour se construire un ermitage de roseaux à mi-chemin de Fontainebleau et Troyes Des disciples vinrent et il continua ainsi à dispenser son enseignement. Ses doctrines inquiétèrent, elles donnaient à ses étudiants l'habitude de se poser des questions et de soumettre les dogmes à un libre examen de conscience. Il fit un Sic et Non, sur les affirmations et contradictoires de la Bible, des Pères de l'église autour de 157 questions (dans une colonne les citations donnant une réponse affirmative, dans l'autre des réponses négatives Il s'attira l'hostilité de nombreux théologiens, à commencer par saint Bernard. Menacé il est contraint de partir et sera nommé abbé de saint Gildas-de-Rhuys.
 
Il sera pendant onze ans à la tête de cette abbaye bretonne. Puis, on ne sait dans quelles circonstances, il repartit pour Paris reprendre son enseignement sur la Montagne Sainte Geneviève. Il ne fut jamais condamné comme hérétique, mais le concile tenu à Sens en 1140 condamna 16 propositions tirées de ses livres. Il mourut en 1142 à St-Marcel, près de Châlon-sur-Saône. Héloïse survécut 22 ans et fut inhumée, selon leur désir et promesse mutuelle d'être ensemble pour l'éternité.
 
"J'habite un pays barbare dont la langue m'est inconnue ; je n'ai de commerce qu'avec des peuples féroces; mes moines n'ont d'autres règles que de n'en point avoir. Je voudrais que vous vissiez ma maison, vous ne la prendriez jamais pour une abbaye, les portes ne sont ornées que de pieds de biches, de loups, d'ours, de sangliers, des dépouilles hideuses des hiboux... J'éprouve chaque jour de nouveaux périls."                                    (Lettre à Héloïse)
 
 
Repères chronologiques :
 
1108, règne de Louis VI, dit le Gros
1109 -1112 : Insurrections communales en France
1115 : Fondation de l'Abbaye de Clairvaux
1137 : Mort de Louis VI. Mariage de louis VII et d'Alienor d'Aquitaine à Bordeaux    
Paris va connaître quelques administrateurs ou batisseurs, certains rois s'imposeront dans leur souci de protéger la ville, de codifier certaines rêgles, de tenter de mettre un peu d'ordre dans la capitale. Jusqu'au début de la Guerre de Cent ans au quatorzième siècle, Philippe Auguste et Saint-Louis laisseront une empreinte particulière. La Ville ne cessera de grandir et de repousser ses murailles plus loin, le pouvoir politique de régenter tout ce qui peut concerner la vie quotidienne et ses besoins.
 


Le prévôt de Paris (première partie)


(...) Dés Tannée 1134, Louis le Gros avait confié au prévôt de Paris la dé́fense des privilèges dont jouissaient les bourgeois de la capitale; et l'on verra plus loin comment il fut chargé par nos rois de sauvegarder les privilèges nombreux qu'ils avaient accordé́s à l'université. Lui seul pouvait faire arrêter les é́trangers pour dettes.


Enfin, la police et, le repos de la ville étaient confié́s à ses soins. Cette charge ne pouvait jamais vaquer : aussitôt que par la mort du titulaire l'office de prévrôt devenait vacant, le procureur gé́né́ral au parlement de Paris en é́tait investi provisoirement. Le roi reprenait le bâton de commandement et le remettait lui-même au successeur, dont il se réservait la nomination.

Quand le nouveau fonctionnaire avait reçu l'investiture de sa charge, un président à̀ mortier et quatre conseillers de la grand-chambre se rendaient au Châtelet, et, faisant asseoir le nouveau magistrat sur le siè̀ge surmonté́ du dais royal, le président lui disait : 


"Je vous installe dans la charge de prévôt de Paris pour l'exercer dignement au contentement du roi et du public." (...)

Source : Antoine Le Roux De Lincy - Persée.fr

Louis VII dit le jeune devient roi de France en 1137

C'est avec l'abbé Suger que la Basilique Saint-Denis et Paris, vont avoir à faire à cet homme d'église fort habile et administrateur hors pair.

Avec l'échec de son mariage, notre Louis dit le jeune préfigure des luttes avec l'envahisseur outre manche. Aliénor d'Aquitaine future Reine d'Angleterre prend pied et grignote peu à peu le royaume de France.

 

 
Fils d'un serf, abbé de Saint-Denis, Suger montera jusqu'au sommet de l'Église et de l'État. Il sera le conseiller des rois Louis VI et Louis VII, et répondra à un travail législatif conséquent. Il assurera la régence quand Louis VII et Aliénor partent en Croisade avec l'oriflamme de Saint-Denis banière au vent. Entrepreneur hors pair et financier contesté, Suger fait reconstruire l'église abbatiale de Saint-Denis (qui datent à l'origine des rois mérovingiens). Il a le sentiment de faire oeuvre pour l'Église et le royaume. Il est en contradiction avec Bernard de Clairvaux préférant le dépouillement des lieux de culte.
  Le nouveau choeur de la basilique de Saint-Denis est solennellement consacré en juin 1144 par l'Abbé Suger (ci-contre, vitrail de la basilique). Il invitera Louis VII le Jeune et la duchesse d'Aquitaine, son épouse, ainsi que tous les grands personnages du royaume civils et religieux à son inauguration et laissera son public stupéfait. La structure haute et élancée et la luminosité des vitraux impressionnent. Naît ainsi l'Art Gothique et une course à la construction des futures cathédrale qui fleuriront dans les villes de France.
Quelques dates...

1141-1143 : Traduction du Coran en Latin, à la demande de l'Abbé de Cluny
1146 : Saint Bernard et la seconde croisade
1147 : Départ de Louis VII pour la croisade et l'abbe Suger devient régent du royaume
1150 : architecture gothique "classique" et cycle musical de l'école de Notre-Dame (Epoque du Motet)
1152 : Annulation du mariage d'Alienor d'Aquitaine et de Louis VII et remariage d'Alienor d'Aquitaine avec Henri Plantagenet
1154 : Henri Plantagenet couronné roi d'Angleterre
1163 : Début de la construction de Notre Dame de Paris
 

 
 
En 1179 Philippe II dit Auguste est associé au trône
Philippe Auguste est un des grands rois constructeurs de Paris et cette ville lui doit le premier élargissement d'ampleur depuis les romains. Pour mémoire du nord au sud, il exista des portes fortifiées, des murailles élévées. Une grande place forte s'érige et n'en finira pas de s'élargir avec le temps.  
Gigantesque, sur au moins cinq kilométres de diamètres se dresaient l'imposante fortification de Philippe Auguste. Des tours : au moins trente trois pour le pourtour nord de la rive droite et 33 au midi, plus celles qui fortifiaient les portes, qui s'élevaient à quinze mètrs environ comprenant deux étages; plus celles qui formaient la tête d'enceinte, avec vingt-cinq mètres de haut sur dix environ de diamètre comprenant trois étages en forme de voûte.Plus deux grands murs reliés entre eux par des "moellons" noyés dans du ciment, les pierres sont calcaires, devenuent à l'air presque aussi dure que du grès, et d'une teinte grisâtre. Par suite de nombreuses réparations, s'est intercalé des pierres d'autres dimensions et natures.
 

La muraille de Philippe Auguste est une combinaison "idéale" de protection. Toute en rondeur qui fit de Paris une vaste structure s'étendant de nord en sud et son centre étant les palais royaux, avec le futur Palais du Louvre. Des subsitances, encore présentes en de nombreux lieux pour qui veut le voir ou le rechercher. Pour la défendre à l'Ouest, le roi fit ériger sur son argent propre le Louvre féodal, le reste fut financé par la ville.

Entre 1190 et 1220 sous le règne de Philippe II, sera édifié cette oeuvre fortifiée qui sera le second et dernier ouvrage au service d'une défense "globale", une muraille avec un chemin de ronde, des créneaux, des portes fortifiées et des tours rondes. Paris en 1230 s'étend sur 2.800m sur la rive droite, et de 2.600m sur la rive gauche, avec trois mètres d'épaisseur à la base, neuf mètres de hauteur et une tour de quatorze mètres de haut tous les soixante-dix mètres. La structure du rempart était composé de deux murs épais, solides et appareillés. Tout l'espace entre les deux parois contenaient de petites pierres et du mortier. 

Avec le temps, la muraille fut aménagée, peu détruite. Elle servie d'assise à de nouvelles constructions, permettant des économies substantielles aux entrepreneurs. Une bonne partie de son parcours résida quasiment intact servant d'appui aux nouvelles constructions, demeure aujoud'hui des portions visibles de la structure qui furent mises à jour après la deuxième guerre mondiale. En est ressorti une long pan de mur et deux tours oubliées, mais préservées (rue des Jardins Saint-Paul - 4ème) et la Tour Saint Jean (rue E. Marcel - 3ème).  
  Et l'on ne n'a cessé de vouloir toujours pousser un plus loin les enceintes. Il est fort possible qu'il y est eut des travaux quasi permanents, pour preuve des expulsions seront organisées et pour paradoxe auront un rôle dans la fin des marais parisiens. Chaque assèchement procédant d'une conquête de territoire, la rive droite construisit ainsi ces quartiers les uns après les autres, repoussant les zones marécageuses vers une disparition progressive et très nette de son territoire passé.




Le grand Châtelet

et
le Prévôt
de Paris (2/3)





Souvent modifié, presque totalement reconstruit à l'intérieur en 1506, 1537, 1544 et en 1684, le Châtelet conserva néanmoins jusqu'à son entière destruction des traces d'une haute antiquité. Trois tourelles rondes, très-élevées étaient reliées entre elles par des constructions de diverses époques. Deux de ces tourelles en pendentif, d'inégale grosseur, protégeaient les deux côés d'une voûte qui donnait accès dans la ville. Au sommet de la plus forte de ces tourelles, il y avait unegalerie environnée d'une balustrade en fer et surmontée d'un toit conique. Cette galerie servait aux galles, ou gardes de nuit.


La voûte supportait deux étages, au milieu desquels on voyait un cadran couronné d'un écusson aux armes de France. Une grande statue de la Vierge tenant le Christ enveloppé dans son manteau, était sculptée sur la clef de voûte et donnait au Châtelet le caractère distitictif des portes de Paris (1) . Un peu en avant une colormette terminée par une croix reposait sur un piédestal très orné. Tel était, au dehors, l'aspect de ce monument célèbre qui,depuis le douzième siècle, devint le siège de la juridiction royale de Paris, et la demeure du prévôt institué par le roi pour veiller sur la ville.

Disons quelques mots de l'origine de cette magistrature, aussi bien que des fonctions et des prérogatives du dignitaire qui l'ехегçait. A la fin du dixième siècle, la féodalité triomphante monta sur le trône de France dans la personne de Hugues Capet, comte de Paris.  Le nouveau roi confia le gouvernement de son ancien héritage à un lieutenant, ou prévôt, chargé de le représenter. Ce magistrat devint naturellement un des chefs de la capitale et le plus important des officiers féodaux qui y résidaient, comme dé légué du seigneur suzerain. Non-seulement il exerça dans le fief particulier de son maître justice haute, moyenne et basse, mais il put encore évoquer à son tribunal bon nombre de contestations soulevées dans les fiefs environnants. Ces prérogatives donnèrent au prévôt de Paris beaucoup de pouvoir ; nous voyons qu'en 1060 et en 1067, il comptait au nombre des principaux officiers du roi. Etienne souscrit en cette qualité deux chartes des donations faites à l'église de Saint-Martin des Champs par les rois Henri et Philippe Ier.

Le prévôt de Paris était chef de la noblesse et commandait l'arrière-ban.  Il siégeait de droit aux états généraux comme premier juge ordinaire et politique de la capitale du royaume. Son costume était le même que celui des pairs de France ; il portait un bâton de commandement couvert d'une étoffe d'argent, et marchait escorté de douze gardes, spécialement attachés à son service, qui ne devaient jamais le quitter. (...)


Note :


1. Philippe-Auguste avait fait placer au-dessus des portes de Paris une statue du même genre Corrozet, dans son livre des antiquités de Paris, assure les avoir vues en 1530 ; Sauval, qui écrivait au milieu du dix-septième siècle, dit à ce sujet : « Je « n'en ai pu trouver qu'une, qui est celle de la Porte-aux-Peintres, élevée sur un « pied d'estal contre une maison de la rue Saint-Denis, qui fait le coin d'un cul-de-sac de la Porte-aux-Peintres.

Le propriétaire en a eu tant de soin qu'ayant rebaptisa « maison, pour marquer plus de vénération, il a posé cette figure sur un pied d'estal, « l'a fait peindre et couronner d'un dais, avec cette inscription en lettres d'or en « bas : Cette image était sur l'ancienne porte qui fut abatue en 1535, et a esté mise « ici pour servir de mémoire. Elle est de pierre, plus grande que nature, tient le « petit Jésus entre ses bras , et le regarde amoureusement. Apres tout elle ne passe «pas pour mal faite, quoiqu'ancienne de plus de quatre cens soixante ans. » (Antiquités de Paris, etc., t. I, p. 31.)


Source : Antoine Le Roux De Lincy - Persée.fr
 

Les eaux de Paris
 
L'Empereur Julien aurait dit vers 358 au sujet de l'eau de la Seine qu'elle était "très pure et riante à la vue". Si les eaux ont pu permettre à une population de moins 20.000 habitants de profiter de cette "pureté", la population au début du 12ème siècle va être multiplié par au moins cinq et connaître près de 250.000 âmes à la fin du 13ème siècle.
La Tutela, protection naturelle inondable, qui occupa une partie de la rive droite, connue aussi deux sources pour l'alimenter. Il restera un lien certain entre le ruisseau de Ménilmontant et l'ancien bras nord, qui peut porter à confusion entre des sources et le bras. L'ancien bras de la Seine avait une jonction au bas des collines du nord est parisien avec deux petits affluents venant des hauts de Belleville et de Ménilmontant. Cette confusion est tout à fait compréhensible ces deux sources vont devenir sous Philippe Auguste souterraines, et de l'ancien bras ne subsitait qu'un maigre écoulement, qui pris à l'époque le nom de ruisseau de Ménilmontant.   

Le roi fit construire deux aqueducs souterrains. On capta les eaux du des hauteurs du Pré-Saint-Gervais et de Belleville, les premières allaient à la léproserie de Saint-Lazare et suivait à peu près la rue Petit -19ème arrondissement- rejoignant la rue des Flandres, puis le faubourg Saint-Martin -10ème arrondissement.- jusqu'à l'enclos des Lazaristes à partir de 1179. La présence des eaux en rive droite sera une raison essentielle du développement de ce territoire en jachère jusqu'au début des rois mérovingiens, notamment en la construction de puits, à environ quatre mètres de profondeur, on trouvait de l'eau, à un détail près c'est qu'elle était croupissante le plus souvent, à moins de ne tirer directement dans la nappe phréatique.
 
L'état sanitaire de Paris deviendra sur ce plan plus que médiocre pour ne pas dire insalubre, l'évacuation des eaux usées et des ordures va devenir un enjeu dès la fin du règne de Philippe Auguste. Un problème qui ne sera (en partie) résolu que sous Napoléon III. On estima au début du dix-neuvième siècle que l'approvisionnement moyen pour un parisien était de l'ordre de un litre d'eau par jour... Le tout étant devenu avec le temps au tout avenant, la chaussée était traversée le plus souvent d'une rigole ou coulait les eaux usées et les parisiens avaient peu de gène à jeter par les fenêtres les eaux domestiques ou les bassins d'aisances. Avant que Paris ne connaisse des règles élémentaires d'hygiène, en clair les ruelles ne fleuraient pas très bon.
 
  La pluie faisait office de nettoyage et l'on peut se douter qu'en rive droite une bonne partie finissait dans la Seine ou croupissait en l'attente de l'été. Le dallage des rues fut ordonnées aussi par Philippe Auguste et pris un temps très long avant que la Ville ne soit complètement pavée. Seules les grandes voies de communication connurent vraiment une chaussée en dur, dont probablement la grande rue de St-Denis qui devint l'axe principal de circulation vers le nord et l'ouest de la France, un noeud routier et la voie royale vers la Basilique de Saint-Denis. 
Les catastrophes naturelles provoquées par les eaux ont laissé quelques traces de mémoire et pour cause les inondations se sont avérées pour certaines meurtrières et dévastatrices. A la fin du VIème siècle Grégoire de Tours fait mention de naufrages survenus d'eaux subitement gonflée au sud de la Basilique Saint-Laurent. L'on sait aussi que Philippe Auguste déménagea au plus vite avec les siens à l'Abbaye Sainte-Geneviève, c'est à dire en hauteur pour ne pas être noyé par les eaux dans son palais de la cité, en 1281. En 1432 le crue dura un mois et demi, il fallut traverser en bateau pour se rendre à la hauteur de l'actuelle Gare de l'Est en partant de la rive gauche...
 
On doit accorder à Philippe Auguste une impulsion décisive dans l'essor de la Nouvelle Ville. Malgré les premières tentatives de réglementations, l'eau a toujours été une question de discorde ou d'enjeux de développements et la ville avec ses permanentes mutations immobilières est en quête d'espace. Les premières mesures applicables en dehors des fortification furent peu suivies, il est compréhensible que les protections l'emportent. Le royaume de France et sa ville capitale pour connaître une certaine stabilité territoriale devra attendre le seizième siècle.
 
Quelques dates...
 
1187 : Défaite de Guy de Lusignan, roi de Jerusalem par Saladin et Prise de Jerusalem
1189-1194 : Troisième croisade et défaite de Philippe Auguste
1202 : Quatrième croisade
1209-1229 : Croisade contre les Albigeois  
 

 
En 1215, Philippe Auguste réglemente l'installation "La foire du Lendit " - probablement la foire du lundi - qui se trouve en pleine campagne sur la route de Saint-Denis. Lors de son déroulement les marchands des Halles de Paris se devaient de ne pas vendre, et se devaient de laisser les denrées invendues être réexposées aux Halles les jours suivants.
 
 
 Au fil des routes
 
Au XIIème siècle les invasions normandes sont lointaines et les invasions magyares ont cessé. Le climat est plus doux, démarre une expansion démographique, des défrichements nouveaux et une division du travail réapparaît. Les villes antiques du bassin de la Seine renaissent et sont en relation avec la campagne environnante, ainsi l'attelage moderne du cheval (en file et avec collier d'épaule) et sa ferrure (inventée au IXème s.) sont utilisés, la charge des charrettes peut augmenter.
 

Les villes comportent des rues plus ou moins entretenues: en 1186 Philippe II Auguste (1165 - 1223) ordonne au Prévôt de faire paver les principales rues de Paris (les dalles romaines subsistantes étaient, depuis longtemps, disparues sous une épaisse couche de boue). Des villes possèdent aussi quelques ponts le plus souvent en bois et parfois en pierres, les moyens financiers nécessaires pour l'édification de ces ponts sont fournis par une fondation. L'entretien est assuré par les "oeuvres du pont". Ils tirent leurs revenus des péages.

Les liaisons à grandes distances, pour se substituer aux routes des canaux, comme le Naviglio Grande dans le Milanais au XIIème siècle, sont creusés. Au XIVème siècle les galères génoises et vénitiennes vont jusqu'à Bruges et Londres, ce qui entraînera le déclin des foires de Champagne.
 

Suite de la promenade....  

Le Bas Moyen-Âge à Paris (2ème partie)



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Dernières modifications : 10/09/2007