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Le Bas Moyen-Âge

à Paris 

(1ère partie)

Le roman naît à l'époque médiévale

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C'est avec la chanson de geste que naissent en Europe les premiers écrits romanesques avec la très célèbre Chanson de Roland (XI° siècle), suivront des romans de chevalerie et d'amour, des histoires populaires dont les auteurs sont restés pour certains des anonymes : Aucassin et Nicolette (auteur anonyme) ; Tristan de Thomas (1155); Le roman de Renard (vers 1170, auteur anonyme) ; Le roman de Tristan de Béroul (XII° siècle) ;  Le Roman de Floire et Blancheflor (vers 1175, auteur anonyme ) et Lancelot du Lac (XII° s., par Chrétien de Troyes).
 
 Pierre Abélard (1079-1142), chanoine de Notre-Dame à Paris
 
Pierre Abélard, natif du Pallet près de Nantes, après avoir été un étudiant itinérant durant sept années (cours de Roscellin de Compiègne), il allait après devenir maître d'école (écolâtre) au sein du "Chapitre de Notre Dame" (ou de Saint-Etienne) sur l'île de la Cité. Ce jeune Poitevin d'origine disposa d'une formation philosophique auprès de grands théologiens ou doctrinaires de son temps, puis bouscula l'édifice conceptuel et ses propres maîtres.

Alors que  la cathédrale Notre-Dame n'était pas encore construite (début des travaux en 1163) se dressait une imposante et ancienne Basilique sur le parvis, datant du IV° ou VI° siècle dédiée à saint Etienne.  Le Chapitre signigfiant le choeur, il s'agissait d'une institution qui disparu au XIV° siècle. C'est en son sein que l'Evêque de Paris était élu par les chanoines, qui eux-mêmes étaient désignés par l'Evêque. Par ailleurs, le Chapitre de Notre Dame a été un grand propriétaire de terrains au sein de la ville comme à l'extérieur, et a connu des conflits scholastiques ou internes réguliers.

L'arrivée de Pierre Abelard à Paris se produisit vers l'an 1100, il a été un personnage de légende,  oubliant pour beaucoup son rôle dans le monde des idées.
Le jeune étudiant a suivi les enseignements de Guillaume de Champeaux avec qui il se confronta lors d'une disputation autour des enseignements de Platon et d'Aristote sur la question des Universaux, et marquait leur rupture (1108).

Abelard est l'un des grands penseurs de la philosophie du Moyen Âge, dite scholastique (Schola étant l'école, son sens : le lieu où l'on va étudier). Ce courant philosophico-religieux est né avec le poète et savant Alcium (Anglais) sous le règne de Charlemagne à Aix-la-Chapelle.
Le terme (et les études) scholastique est spécifique à l'époque médéviale jusqu'au XII° s., ou ce qui correspondait aux premières écoles de formation de l'esprit avant la création des Universités. Un de ses prédecesseurs fut Saint-Anselme ou le moine, théologien et philosophe Anselme de Cantorbéry (1033-1109), de l'ordre de Saint-Benoît.

Le moine philosophe Abélard introduisit systématiquement le procédé du doute en amenant des arguments dans un sens, ou dans un autre (venant de l'Écriture ou des Pères) avant de trancher et de répondre aux arguments. Un peu approximatif d'un point de vue théologique, il est condamné par divers  conciles, dont celui de Sens (1140) à l'instigation de Bernard de Clairveau.

Son nom est associé à Paris autour de son destin tragique et amoureux avec Héloïse, ils auraient eu un enfant et procédé à leur union en secret.
Une grande fresque médiévale sur les relations de deux amants, peu moraux selon les époques, et remis en exergue au XVIII° s. avec la publication des Lettres. La trame d'un roman, pourtant l'histoire a sa part de vraie, du moins possède des fondements de vérité, comme bon nombre de légendes.



  L'on trouve encore de nos jours les deux amoureux, côte à côte, au cimetière du Père Lachaise, une tombe les réunissant. Une survivance du romantisme et du dix-neuvième siècle. C'est le philosophe Victor Cousin qui fit la traduction depuis le Latin des lettres entre les deux amants, le livre est consultable sur wikisource, un ouvrage du XIX° siècle. Sa fiche wikipedia est très bien sourcée.

Pierre Abélard de son vivant fut un universitaire et un des plus grands intellectuels du douzième siècle.
Il s'illustra dans le champ de la logique, un esprit rationnel avant l'heure, bien que mystique dans l'âme. Ce qui n'a rien de contradictoire avec l'époque. Certains érudits pensaient que l'autobiographie d'Abélard, «Histoire de mes malheurs», ainsi que la correspondance d'Abélard et Héloïse étaient des écrits apocryphes de Jean de Meung (XIII° siècle). Le continuateur du Roman de la Rose, il aurait lui-même rédigé les textes.



Notre moine philosophe ouvrait la voie à une pensée rationaliste et aux mondes des concepts. Il a été avant tout un esprit libre, sachant conquérir le public étudiant à sa cause. On y parlait des universaux, c'est à dire des idées générales sur l'Homme, la chrétienté, la justice, la bonté, etc.

On peut saisir que Pierre Abélard, en expiant pour des fautes charnelles avec la douce Héloïse paya probablement de ses trop grandes lumières sur son temps?
En 1110, il créa sa propre école à Paris, au sein de l'abbaye Ste-Geneviève dirigée par Etienne de Garlande (s'associant à la rue Galande) et gagnait les esprits. D'après l'abbé Foulques, un contemporain, les étudiants parvenaient d'Italie, d'Angleterre, de Flandre, d'Allemagne, de Bretagne, d'Occitanie et de Bourgogne pour suivre son enseignement. Ils bravaient les routes peu sûres pour l'entendre.


Le concile de Soissons de 1121 le condamna au silence perpétuel et à la claustration (enfermement) dans un monastère, ses écrits brûlés (autodafé). Rapidement, le Pape leva les sanctions et il  rejoignit l'abbaye de St-Denis, comme moine.
 
L'histoire parisienne légendaire est dès plus pathétique. Pierre marié et plus âgé donne des cours à la fille d'un bourgeois se nommant Fulbert ou selon d'autre lui aussi chanoine et oncle d'Héloïse. Ils s'éprennent l'un de l'autre et sont découverts, puis vient un bébé, fuite en Bretagne etc., etc. On s'y perd...

Sans entrée dans le détail, Abélard va subir une castration, et l'un et l'autre vont se retirer dans un retraite monastique. Ce malheur le rendit populaire. Les témoignages de sympathie émanant du clergé, des étudiants. Abelard se retira à l'abbaye de St-Denis où il prononça ses voeux de silence, tandis qu'Héloïse prenait le voile à l'abbaye de Notre-Dame d'Argenteuil.

 
Au bout de trois ans, il s'en va de Saint-Denis pour se construire un ermitage de roseaux à mi-chemin de Fontainebleau et Troyes. Des disciples vinrent, il continua ainsi à dispenser son enseignement. Ses doctrines inquiétèrent, elles donnaient à ses étudiants l'habitude de se poser des questions et de soumettre les dogmes à un libre examen de conscience.

Il fit un Sic et Non ("Sic aut non"), sur les affirmations et contradictoires de la Bible, des Pères de l'église autour de 157 questions. Dans une colonne les citations donnant une réponse affirmative, dans l'autre des réponses négatives, il s'attira l'hostilité de nombreux théologiens, à commencer par Bernard de Clairvaux. Menacé il fut contraint de partir et se vit nommer abbé de saint Gildas-de-Rhuys dans le Morbihan. Par ailleurs, il a été en rapport avec les écrits de Rachi, rabbin de la ville de Troyes (Rabbi Salomo ou Salomon de Troyes, né vers 1040 et mort en 1105).
 
Il resta pendant onze ans à la tête de cette abbaye Bretonne. Puis, on ne sait dans quelles circonstances, il repartit pour Paris reprendre son enseignement dans les parages la Montagne sainte Geneviève (plutôt dédiée au logement des étudiants qu'à l'enseignement). Il ne fut jamais condamné comme hérétique, mais le concile tenu à Sens en 1140 condamna 16 propositions tirées de ses livres. Il mourut en 1142 à St-Marcel, près de Châlon-sur-Saône. Héloïse survécut 22 ans et fut inhumée, selon leur désir et promesse mutuelle d'être ensemble pour l'éternité...
 
"J'habite un pays barbare dont la langue m'est inconnue ; je n'ai de commerce qu'avec des peuples féroces; mes moines n'ont d'autres règles que de n'en point avoir. Je voudrais que vous vissiez ma maison, vous ne la prendriez jamais pour une abbaye, les portes ne sont ornées que de pieds de biches, de loups, d'ours, de sangliers, des dépouilles hideuses des hiboux... J'éprouve chaque jour de nouveaux périls."                                  
(extrait d'une Lettre à Héloïse)


 
Repères chronologiques :

1107 :  Le pape Pascal II rencontre à St-Denis le roi Philippe Ier (4° de la dynastie des capétiens, né en 1052) et son fils Louis
1108, décès de Philippe 1er à Melun et début du règne de Louis VI, dit le Gros
1109 -1112 : Insurrections communales en France
1115 : Fondation de l'Abbaye de Clairvaux
1122 : L'abbé Adam en titre de l'Abbaye de St-Denis décède,  Suger est élu à sa place sans l'avis du roi
1133 : Louis le Gros fait démolir l'ancienne basilique mérovingienne de Montmartre et fait bâtir l'église saint Pierre (de style roman et ci-contre une colonne sculptée).
1137 : Mort de Louis VI. Sacre de Louis VII dit le jeune et mariage de Louis VII et d'Alienor d'Aquitaine à Bordeaux    



Légendes et mythes du Vieux Paris

La châsse et le mythe
de sainte-Geneviève

« Dans les grandes calamités publiques, c'était surtout la châsse vénérée de sainte Geneviève qu'on promenait dans les rues, l'archevêque marchant à pied, à gauche de l'abbé qui était souvent dans sa chaise. Cette procession se faisait avec une splendeur publiquement incomparable. Le peuple de Paris avait confiance sans bornes, justifiée par de nombreuses marques d'une protection évidente. (…)


« Sous le règne de Louis le Gros, en 1129 , alors que la terrible épidémie connue sous le nom de mal des ardents tuait les Parisiens par milliers : après avoir eu vainement recours à l'art des médecins, aux jeûnes, aux prières, on porta la châsse de la sainte à l'église Notre-Dame, dont la nef entière et le parvis débordaient des malades, et tous furent instantanément guéris, sauf trois et tous incrédules, - éclatante exception qui confirma le miracle (sic). (…)

« Cette châsse, conçue dans le style du treizième siècle, et restaurée au dix-septième, était ornée de douze statues également en or, élevée sur quatre grandes colonnes de marbre et portée par quatre statues de vierges tenant des flambeaux. Quand on promenait la précieuse châsse dans les rues de la ville, c'était d'ordinaire le clergé de Notre-Dame qui venait la chercher, et qui la reconduisait après la cérémonie, avec les reliques et qui la de saint-Marcel, autre patron de Paris (…) et de même un ancien bourg, puis quartier de la capitale.

Source : In Les rues du vieux Paris, par Victor Fournel
Page 158 – Editeurs Firmin-Didot et C° - 1879


Mort du prince héritier Philippe
pour cause de cochon errant et maléfique



En 1131, le 13 octobre, Philippe fils aîné de Louis VI arpentait à cheval la ville. Au niveau de l’ancienne rue du Martroi (depuis disparue), se trouvant derrière l’Hôtel de Ville, soudainement un cochon en errance se met en travers de sa route. Celui-ci chute de sa monture la tête en avant sur le sol et une grosse pierre, et il se fait piétiner par son propre cheval en panique et périt peu d'heures après.

Dans le quotidien des Parisiens, les animaux domestiques de toutes tailles circulaient dans la cité et les cochons pouvant venir des villages limitrophes. Par ailleurs, les rues étaient jonchées d’ordure se décomposant, provoquant des dépôts de boues animales et aussi humaines. Suite à la mort de son héritier, Louis VI interdit à tous les possesseurs de porcs leur présence dans la ville, l’animal pouvant être emporté sous surveillance et être passif d’un jugement devant dieu, et susceptible de finir chez le bourreau. Cette interdiction des "pourceaux" dans la capitale fut prononcée de nouveau à deux reprises par Louis IX et Charles V.

Suger écrivit dans sa chronique au sujet du prince Philippe : «un porc (porcus diabolicus), véritable envoyé du diable, se mit en travers de son chemin et heurta le cheval qui tomba lourdement. Le cavalier fut projeté sur une grosse pierre, piétiné, puis écrasé par le corps du cheval». L’abbé parla de cris, de pleurs et lamentations à la suite de ce décès dans la capitale. Son frère cadet promis normalement à une carrière ecclésiale accédera à sa place au trône à la mort du père.
(..) Le cochon, lui, absorbe dans son vigoureux estomac les trois réunis jusqu'à ce que, suivant la loi mystérieuse de la nature, il soit mangé à son tour par la vieille nourrice du genre humain, la terre, marâtre impitoyable qui dévore tous ses enfants. On ne peut dire d'une manière précise la date des premières foires aux lards et aux chairs de porc qui, dès l'origine, se tenaient au parvis Notre-Dame, le mardi de la semaine sainte.

Un événement malheureux arrivé au douzième siècle sur la Motte-Saint-Gervais, à l'endroit où s'élève aujourd'hui la mairie du IVe arrondissement, donna lieu à une ordonnance de police alors regardée gomme très-sévère, A cette époque, comme dans les temps les plus reculés, les rues de Paris, encore privées de pavage, étaient d'affreux bourbiers remplis d'ordures dont les chièns et surtout les pourceaux, qu'on laissait vaguer librement dans la ville, absorbaient une grande partie ; c'étaient les boueurs, balayeurs et orduriers de l'époque. Ce qu'ils n'engloutissaient pas se décomposait sur place (...).
 

Or, en 1131, le roi Louis le Gros passant, le 13 octobre, avec son fils, sur la Motte Saint-Gervais qui venait d'être annexée à la capitale, un de ces cochons errants, sans respect pour la majesté royale, vint se jeter dans les jambes de la monture du jeune homme. Le cheval effrayé se cabra, et son cavalier, vidant aussitôt les arçons, tomba d'une façon si malheureuse, qu'il en mourut au bout de quelques heures.

Quelques chroniqueurs religieux prétendent que saint Bernard avait prédit au roi que cette catastrophe arriverait pour le punir d'avoir persécuté les évêques.
La superstition aidant, tout le monde le crut. (...)
Source : In Légendes du vieux Paris par Amédée de Ponthieu
Pages 135 et 136 - Editeurs Bachelin-Florence - 1867


Textes rajoutés en février 2018 - Les ouvrages sont disponibles sur Gallica Bnf


Paris allait connaître quelques administrateurs ou batisseurs, certains rois s'imposaient dans leur souci de protéger la ville, de codifier certaines rêgles, de tenter de mettre un peu d'ordre dans la capitale. Jusqu'au début de la Guerre de Cent ans (au quatorzième siècle), Philippe Auguste et Saint-Louis laissèrent une empreinte particulière. La Ville ne cessa de grandir et de repousser ses murailles plus loin, le pouvoir politique de régenter tout ce qui pouvait concerner la vie quotidienne et ses besoins.
 

Le prévôt de Paris
(première partie)



illustration de la Prévôté de Paris


(...) Dés l'année 1134, Louis le Gros avait confié au prévôt de Paris la dé́fense des privilèges dont jouissaient les bourgeois de la capitale; et l'on verra plus loin comment il fut chargé par nos rois de sauvegarder les privilèges nombreux qu'ils avaient accordé́s à l'université. Lui seul pouvait faire arrêter les é́trangers pour dettes.

Enfin, la police et, le repos de la ville étaient confié́s à ses soins. Cette charge ne pouvait jamais vaquer : aussitôt que par la mort du titulaire l'office de prévrôt devenait vacant, le procureur gé́né́ral au parlement de Paris en é́tait investi provisoirement. Le roi reprenait le bâton de commandement et le remettait lui-même au successeur, dont il se réservait la nomination.

Quand le nouveau fonctionnaire avait reçu l'investiture de sa charge, un président à̀ mortier et quatre conseillers de la grand-chambre se rendaient au Châtelet, et, faisant asseoir le nouveau magistrat sur le siè̀ge surmonté́ du dais royal (tenture fixée au dessus du trône), le président lui disait : 

"Je vous installe dans la charge de prévôt de Paris pour l'exercer dignement au contentement du roi et du public." (...)

Source : Antoine Le Roux De Lincy - Persée.fr


Louis VII dit le jeune devient roi de France en 1137

Avec l'échec de son mariage, notre Louis (né en 1120) dit le jeune préfigure des luttes avec l'envahisseur d'outre-manche. Aliénor d'Aquitaine future Reine d'Angleterre prend pied et grignote peu à peu le royaume de France.

C'est avec l'abbé Suger que la Basilique Saint-Denis et le Paris politique vont avoir à faire à cet homme d'église fort habile et administrateur hors pair.



Fils d'un serf, abbé de Saint-Denis, Surger allait  se faire connaître jusqu'au sommet de l'Église et de l'État. Il  été le conseiller des rois Louis VI et Louis VII, et répondit à un travail législatif conséquent. Il assura la régence quand Louis VII et Aliénor partirent en Croisade avec l'oriflamme de Saint-Denis bannière au vent. Entrepreneur hors pair et financier contesté, Suger faisait reconstruire l'église abbatiale de Saint-Denis (qui date à l'origine des rois mérovingiens). Il a le sentiment de faire oeuvre pour l'Église et le royaume. Il est en contradiction avec Bernard de Clairvaux préférant le dépouillement des lieux de culte.

  Le nouveau choeur de la basilique de Saint-Denis est solennellement consacré en juin 1144 par l'Abbé Suger (ci-contre, vitrail de la basilique). Il invitait Louis VII le Jeune et la duchesse d'Aquitaine, son épouse, ainsi que tous les grands personnages du royaume civils et religieux à son inauguration et laissa son public stupéfait.

La structure haute et élancée et la luminosité des vitraux impressionnent les visiteurs.
Naît ainsi l'Art Gothique et une course à la construction des futures cathédrale qui fleurirent dans les villes de France et d'Europe.



Quelques dates...


1141-1143 :
Traduction du Coran en Latin, à la demande de l'Abbé de Cluny.

1146 : St-Bernard ou Bernard de Clairvaux prêche la seconde croisade depuis l'abbaye de Vézelay (Bourgogne)

1147 : Départ de Louis VII pour la croisade et l'abbé Suger devient régent du royaume

1150 : Architecture gothique "classique" et cycle musical de l'école de Notre-Dame (époque du Motet)

1152 : Annulation du mariage d'Alienor d'Aquitaine et de Louis VII et remariage d'Alienor d'Aquitaine avec Henri de Plantagenet

1154 : Henri de Plantagenet est couronné roi d'Angleterre

1163 : Début de la construction de Notre-Dame de Paris, la cathédrale remplaçant l'ancienne abbaye de Notre Dame. C'est le Pape Alexandre III  qui pose la première pierre en présence du roi.

1171 : Les marchands d'eau de Paris obtiennent le monopole du commerce sur la Seine.

1177 : Achévement du Choeur de Notre-Dame de Paris.

 

 
 
En 1179 Philippe II dit Auguste est associé au trône

Philippe Auguste ou Philippe II (1165-1223) est un des grands rois constructeurs de Paris et cette ville lui doit le premier élargissement d'ampleur depuis les romains. Pour mémoire du nord au sud, il exista des portes fortifiées, des murailles élévées. Une grande place forte s'érige et n'en finira pas de s'élargir avec le temps.

En 1180, la capitale avait une population estimée de 25.000 et à 50.000 âmes
quarante ans plus tard.
Une réalisation gigantesque, sur au moins cinq kilométres de diamètres se dresaient lles imposantes fortifications de Philippe Auguste.
 

Des tours : Au moins trente-trois pour le pourtour nord de la rive droite et idem au midi, plus celles qui fortifiaient les portes, qui s'élevaient à quinze mètrs environ et comprenant deux étages; plus celles qui formaient la tête d'enceinte, avec vingt-cinq mètres de haut sur dix environ de diamètre comprenant trois étages en forme de voûte. Plus deux grands murs reliés entre eux par des "moellons" noyés dans du ciment, les pierres sont calcaires, devenuent à l'air presque aussi dure que du grès, et d'une teinte grisâtre. Par suite de nombreuses réparations, il s'est intercalé des pierres d'autres dimensions et natures.

La muraille de Philippe Auguste est une combinaison "idéale" de protection. Toute en rondeur qui fit de Paris une vaste structure s'étendant de nord en sud et son centre étant les palais royaux, avec le futur Palais du Louvre. Des subsitances, encore présentes en de nombreux lieux pour qui veut le voir ou le rechercher. Pour la défendre à l'Ouest, le roi fit ériger sur son argent propre le Louvre féodal, le reste fut financé par la ville.

Entre 1190 et 1220 sous le règne de Philippe II, il est édifié cette oeuvre fortifiée, le second et dernier ouvrage au service d'une défense "globale", une muraille avec un chemin de ronde, des créneaux, des portes fortifiées et des tours rondes. Paris en 1230 s'étendait sur 2.800 mètres sur la rive droite, et de 2.600 m. sur la rive gauche, avec trois mètres d'épaisseur à la base, neuf mètres de hauteur et une tour de quatorze mètres de haut tous les soixante-dix mètres. La structure du rempart était composé de deux murs épais, solides et appareillés. Tout l'espace entre les deux parois contenaient de petites pierres et du mortier.
 


Création des Echevins
& armoirie de l’Hôtel de Ville



illustration de l'armoirie de 1180

Gilles Corrozet,
(1561 et 1581)
Imprimeur et premier historien de Paris

« Reprenant le fil sur le temps du roi Philippe Auguste, dit le Conquérant, il accrue grandement son royaume et enrichit de beaucoup sa ville de Paris. Car en l’an 1080 il créa les Echevins de cette ville, lui donnant les armoiries qu’elle porte aujourd’hui, c’est de gueules à un navire d’argent, le chef d’azur, semé de fleurs de Lys d’or, donnant par ses signes à entendre, que Paris est la dame de toutes les autres villes de France, dont le Roi est le seul gouverneur et patron, qu’elle est la nef d’abondance et affluence de tous biens. Et tout ainsi que le navire représente une république bien administrée aussi les autres villes se règlent selon le gouvernement, et police de celle-ci.

Ce bon prince voyant que la ville était si orde (sale) et boueuse manda le Prévôt, Echevins et Bourgeois, auquel il donna charge, moyennant certains deniers qu’il fit délivrer, que toutes les rues de celle-ci fussent pavées de carreau de grès, ce qui fut fait, et depuis a y été toujours continué. D'avantage pour ce que la dîte ville était de peu de défense, commanda aux dessus dits faire fermer et clore cette ville de gros murs, portaux, et fossés, ce qu’ils firent et est ce qui ce qui comprend, commençant à l’hôtel de Nesle, tout le circuit des portes St. Germain des près, St. Michel, St. Jacques, St. Marceau (ou Marcel) et St. Victor jusqu’à la rivière, au lieu appelé des Tournelles, vis-à-vis des Célestins. Aussi la fit clore des mêmes portes ou grosse murailles, qui environnent tout le reste de ma ville, à savoir les portes et fossés St. Honoré, Montmartre, St. Denis, St. Martin et St. Antoine et ordonna d’édifier en cette clôture des maisons pour y habiter car tout était vague depuis les vieilles portes qui ont été abattues jusqu’à celle qu’on voit maintenant. (…)
Sous le règne de ce dudit auguste Roi, on fit réparer le grand Châtelet de Paris, siège ordinaire de la justice. Aussi fit faire la grosse tour du Louvre, laquelle a été démolie par commandement du roi François en l’an 1529. (...)

Compléments de Bonfons Nicolas (1581) :
« Je ne veux passer sans déclarer la manière et quels sont les Echevins de cette notable ville : je dis que nul ne peut venir à la dignité de Prévôt des Marchands, ni d’Echevin, qui ne soit enfant des habitants de cette ville, afin que les étrangers ne soient instruits aux secrets de la ville, et que la communication de ceux-ci, ne soit préjudiciable et de mauvais exemples pour la postérité. Mais encore y a-t-il une autre observation, qui est qu’on épluche de si près la vie de ceux qui aspirent à ces dignités, qu’il est impossible, qu’homme puisse y parvenir qui soit le moins du monde marqué de quelque note d’infamie, ressentant dénigrement de renommée, ou qui pour quelque méfait, et fut-il léger, aurait été mis en prison, tant est saine cette autorité et honneur d’échevinage, que la seule opinion de vice peut lui demander empêchement. La quantité des magistrats de cet hôtel de ville est un Prévôt des Marchands, les susdits quatre échevins ainsi que l’Etat est dressé dès sa première institution, les 24 Conseillers et le Greffier, Procureur, Receveur, Clerc, Quarteniers (officiers publics à la surveillance et au soin du quartier), Cinquanteniers (officiers ayant sous ses ordres 50 hommes) et désignés. (...)

Source : Gallica-Bnf Les antiquités, chroniques et singularités de Paris avec les fondations et bâtiments des lieux, les sépulcres et épitaphes des princes. Par Gilles Corrozet, Gilles (1510-1568). Texte mis en français moderne et composé de deux documents.


Avec le temps, la muraille fut aménagée, peu détruite. Elle servie d'assise à de nouvelles constructions, cela permettait de faire des économies substantielles aux entrepreneurs.

Une bonne partie de son parcours résida quasiment intact servant d'appui aux nouvelles édifications, il demeure aujoud'hui des portions visibles de la structure.

Des parties furent mises à jour après la deuxième guerre mondiale. Il en est ressorti un long pan de mur et deux tours oubliées, mais préservées : rue des Jardins Saint-Paul (4ème) et la Tour Saint-Jean (rue E. Marcel - 3ème).
 

  Et l'on ne n'a cessé de vouloir toujours pousser un plus loin les enceintes. Il est fort possible que la ville fortifiée connue des travaux quasi permanents. Pour preuve des expulsions ont été organisées et pour paradoxe ont eu un rôle dans la résorption des marais parisiens, par la mise à distance des Filles-dieu des enceintes de la Ville, comme pour les léproseries disséminées dans les campagnes. Chaque assèchement procédant d'une conquête de terrains, la rive droite construisit ainsi ces quartiers les uns après les autres, repoussant les zones marécageuses vers une disparition progressive et très nette de son territoire passé.



Le grand Châtelet

et

le Prévôt

de Paris (2/3)



Souvent modifié, presque totalement reconstruit à l'intérieur en 1506, 1537, 1544 et en 1684, le Châtelet conserva néanmoins jusqu'à son entière destruction des traces d'une haute antiquité. Trois tourelles rondes, très élevées étaient reliées entre elles par des constructions de diverses époques. Deux de ces tourelles en pendentif, d'inégale grosseur, protégeaient les deux côés d'une voûte qui donnait accès dans la ville. Au sommet de la plus forte de ces tourelles, il y avait unegalerie environnée d'une balustrade en fer et surmontée d'un toit conique. Cette galerie servait aux galles, ou gardes de nuit.

La voûte supportait deux étages, au milieu desquels on voyait un cadran couronné d'un écusson aux armes de France. Une grande statue de la Vierge tenant le Christ enveloppé dans son manteau, était sculptée sur la clef de voûte et donnait au Châtelet le caractère distitictif des portes de Paris (1). Un peu en avant une colonnette terminée par une croix reposait sur un piédestal très orné. Tel était, au dehors, l'aspect de ce monument célèbre qui, depuis le douzième siècle, devint le siège de la juridiction royale de Paris, et la demeure du prévôt institué par le roi pour veiller sur la ville.

Disons quelques mots de l'origine de cette magistrature, aussi bien que des fonctions et des prérogatives du dignitaire qui l'ехегçait. A la fin du dixième siècle, la féodalité triomphante monta sur le trône de France dans la personne de Hugues Capet, comte de Paris. Le nouveau roi confia le gouvernement de son ancien héritage à un lieutenant, ou prévôt, chargé de le représenter.

Ce magistrat devint naturellement un des chefs de la capitale et le plus important des officiers féodaux qui y résidaient, comme dé légué du seigneur suzerain. Non-seulement il exerça dans le fief particulier de son maître justice haute, moyenne et basse, mais il put encore évoquer à son tribunal bon nombre de contestations soulevées dans les fiefs environnants. Ces prérogatives donnèrent au prévôt de Paris beaucoup de pouvoir ; nous voyons qu'en 1060 et en 1067, il comptait au nombre des principaux officiers du roi. Etienne souscrit en cette qualité deux chartes des donations faites à l'église de Saint-Martin des Champs par les rois Henri et Philippe Ier.

Le prévôt de Paris était chef de la noblesse et commandait l'arrière-ban. Il siégeait de droit aux états généraux comme premier juge ordinaire et politique de la capitale du royaume. Son costume était le même que celui des pairs de France ; il portait un bâton de commandement couvert d'une étoffe d'argent, et marchait escorté de douze gardes, spécialement attachés à son service, qui ne devaient jamais le quitter. (...)


Note :


1. Philippe-Auguste avait fait placer au-dessus des portes de Paris une statue du même genre. Corrozet, dans son livre des antiquités de Paris, assure les avoir vues en 1530 ; Sauval, qui écrivait au milieu du dix-septième siècle, dit à ce sujet : « Je n'en ai pu trouver qu'une, qui est celle de la Porte-aux-Peintres, élevée sur un pied d'estal contre une maison de la rue Saint-Denis, qui fait le coin d'un cul-de-sac de la Porte-aux-Peintres.

Le propriétaire en a eu tant de soin qu'ayant rebaptisé sa maison, pour marquer plus de vénération, il a posé cette figure sur un pied d'estal,  l'a fait peindre et couronner d'un dais, avec cette inscription en lettres d'or en bas. Cette image était sur l'ancienne porte qui fut abatue en 1535, et a été mise ici pour servir de mémoire. Elle est de pierre, plus grande que nature, tient le petit Jésus entre ses bras, et le regarde amoureusement. Apres tout elle ne passe pas pour mal faite, quoi qu'ancienne de plus de 460 ans. In Antiquités de Paris, etc., tome I, page 31.


Source : Antoine Le Roux De Lincy - Persée.fr
 

Les eaux de Paris
 
L'Empereur Julien l'Apostat aurait dit vers 358 au sujet de l'eau de la Seine qu'elle était "très pure et riante à la vue". Si les eaux ont pu permettre à une population de moins 20.000 habitants de profiter de cette "pureté", la population au début du XII° siècle va être multiplié par au moins cinq et connaître près de 250.000 âmes à la fin du XIII° siècle.

La Tutela, protection naturelle inondable, qui occupa une partie de la rive droite, connue aussi deux sources pour l'alimenter. Il restera un lien certain entre le ruisseau de Ménilmontant et l'ancien bras nord, qui peut porter à confusion entre des sources et le bras.

L'ancien bras de la Seine avait une jonction au bas des collines du nord est parisien avec deux petits affluents venant des hauts de Belleville et de Ménilmontant
. Cette confusion est tout à fait compréhensible ces deux sources vont devenir sous Philippe Auguste souterraines, et de l'ancien bras ne subsitait qu'un maigre écoulement, qui pris à l'époque le nom de ruisseau de Ménilmontant.
 


Le roi fit construire deux aqueducs souterrains. On capta les eaux du des hauteurs du Pré-Saint-Gervais et de Belleville, les premières allaient à la léproserie de Saint-Lazare et suivait à peu près la rue Petit - 19ème arrondissement - rejoignant la rue des Flandres, puis le faubourg Saint-Martin - 10ème arrondissement. - jusqu'à l'enclos des Lazaristes à partir de 1179. La présence des eaux en rive droite sera une raison essentielle du développement de ce territoire en jachère jusqu'au début des rois mérovingiens, notamment en la construction de puits, à environ quatre mètres de profondeur, on trouvait de l'eau, à un détail près, elle était croupissante le plus souvent, à moins de ne tirer directement dans une nappe phréatique.
 
L'état sanitaire de Paris restera sur ce plan plus que médiocre pour ne pas dire insalubre, l'évacuation des eaux usées et des ordures allait devenir un enjeu dès la fin du règne de Philippe Auguste. Un problème qui ne sera (en partie) résolu que sous Napoléon III, du moins l'eau courante dans les immeubles. On estima au début du dix-neuvième siècle que l'approvisionnement moyen pour un parisien était de l'ordre de un litre d'eau par jour. Le tout étant devenu avec le temps au tout avenant, la chaussée était traversée le plus souvent d'une rigole où coulait les eaux usées et les Parisiens avaient peu de gène à jeter par les fenêtres les eaux domestiques ou les bassins d'aisances (ou pôts de chambre). Avant que Paris ne connaisse des règles élémentaires d'hygiène, en clair les ruelles ne fleuraient pas très bon.

 La pluie faisait office de nettoyage et l'on peut se douter qu'en rive droite une bonne partie finissait dans la Seine ou croupissait en l'attente de l'été. Le dallage des rues fut ordonnées aussi par Philippe Auguste et pris un temps très long avant que la Ville ne soit complètement pavée.

Seules les grandes voies de communication connurent vraiment une chaussée en dur. Dont probablement la grande rue ou route de St-Denis qui devint l'axe principal de circulation vers le nord et l'ouest de la France, un noeud routier et la voie royale vers la Basilique de Saint-Denis.


Les catastrophes naturelles provoquées par les eaux ont laissé quelques traces de mémoire et pour cause les inondations se sont avérées pour certaines meurtrières et dévastatrices. A la fin du VIème siècle Grégoire de Tours faisait mention de naufrages survenus d'eaux subitement gonflée au sud de la Basilique Saint-Laurent. L'on sait aussi que Philippe Auguste déménagea au plus vite avec les siens à l'Abbaye Sainte-Geneviève, c'est à dire en hauteur pour ne pas être noyé par les eaux dans son palais de la Cité, en 1197.
 
On doit accorder à Philippe Auguste une impulsion décisive dans l'essor de la Nouvelle Ville. Malgré les premières tentatives de réglementations, l'eau a toujours été une question de discorde ou d'enjeux de développements. Et la ville avec ses permanentes mutations immobilières toujours en quête d'espace. Les premières mesures applicables en dehors des fortifications furent peu suivies. Le royaume de France et sa ville capitale allait attendre le seizième siècle pour connaître une certaine stabilité territoriale.
 
Quelques dates...

1187 :
Défaite de Guy de Lusignan, roi de Jerusalem par Saladin et prise de Jerusalem
1189-1194 : Troisième croisade et défaite de Philippe Auguste.
1197 : Une crue de la Seine emporte les ponts de Paris, Philippe Auguste fuit le palais et se réfugie à l’abbaye Sainte-Geneviève.
1202-1204 : A le demande du pape Innocent III quatre ans plus tôt, s'engaeait  la Quatrième croisade.
1209-1229 : Croisade contre les Albigeois décrétés hérétiques.

 
En 1215, Philippe Auguste réglementait l'installation "La foire du Lendit ou du Landit" - sa  tenue était occasionnelle et antérieure à sa réglementation depuis pluisieurs siècles. Ce marché fonctionnait une fois l'an, durant deux semaines au mois de juin dans l'actuelle ville de la Plaine Saint-Denis, un lieu connu pour sa production agricole et son approvisionnement de Paris en produits maraîchers. Lors de son déroulement les marchands des Halles parisiennes se devaient de ne pas vendre, et de laisser les denrées invendues être réexposées aux Champeaux les jours suivants.
 

Plan de Paris de 1223 dit quatrième plan de la Ville



Attention le Nord est en bas et le Sud en haut !


 
 Au fil des routes
 
Au XIIème siècle les conquêtes Vikings ou Normandes sont lointaines et les invasions Magyares ont cessé. Le climat est plus doux, il démarre une expansion démographique, des défrichements nouveaux et une division du travail réapparaît. Les villes antiques du bassin de la Seine renaissent et sont en relation avec la campagne environnante, ainsi l'attelage moderne du cheval (en file et avec collier d'épaule) et sa ferrure (inventée au IX° s.) sont utilisés, la charge des charrettes peut augmenter.

 

Les villes comportent des rues plus ou moins entretenues : en 1186 Philippe II Auguste (1165-1223) ordonne au Prévôt de faire paver les principales rues de Paris (les dalles romaines subsistantes étaient, depuis longtemps, disparues sous une épaisse couche de boue). Des villes possèdent aussi quelques ponts le plus souvent en bois et parfois en pierres, les moyens financiers nécessaires pour l'édification de ces ponts sont fournis par une fondation. L'entretien est assuré par les "oeuvres du pont". Ils tirent leurs revenus des péages.


Les liaisons à grandes distances, pour se substituer aux routes des canaux, comme le Naviglio Grande dans le Milanais au XIIème siècle, sont creusés.

 
Suite de la promenade :
Le Bas Moyen-Âge à Paris  (2ème partie)

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Dernières modifications : 10/09/2017