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Le grenier de Lionel Mesnard

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  Ce qui est démocratique : faire du petit cercle de connaisseurs un grand cercle de connaisseurs

Bertholt Brecht


 

La Commune de Paris, vue de l'Est (retour à la 1ère page)

L'Est Parisien et tout particulièrement le 20ème, le 19ème, le 18ème et le 11ème arrondissement et ses habitants participèrent activement à l'insurrection du 18 mars 1871.

Moins connu, le dixième arrondissement de Paris. Cette localité aura aussi une place et et une activité notable dans le processus révolutionnaire
 
 
Les vingt arrondissements de Paris émanent d'une décision de Napoléon III de 1860. Comment ne pas rappeler que le Préfet Haussmann entrepris de larges tranchées, un urbanisme favorisant les édifices bourgeois. Immeubles qualifiés du nom de cet ancien préfet de Paris, d'haussmanniens. Le 1Oème arrondissement sera la localité parisienne la plus touchée, en raison des travaux sur plusieurs voix de circulation, notamment le boulevard de Magenta et de Strasbourg. Au sein du dixième arrondissement, on recensait quelques 2 à 300.000 habitants vers 1870. Sachant qu'aujourd'hui il sont un peu plus de 90.000. Malgré cette baisse importante, cette localité reste l'une des plus densifiée d'Île de France (à l'exemple de ses 0,4 mètres par habitants d'espaces verts).
 
 
 
 
Avant les travaux du Préfet Haussmann, les rues ne dépassaient pas quatre à six mètres de largeur, voire en faisait deux maximum de large en raison d'une urbanisation non maîtrisée ou héritée du moyen âge. On devine l'ampleur des travaux, les mouvements de population. En particulier, quand on délogea les plus pauvres des faubourgs et rues avoisinantes. N'oublions pas la présence de deux gares, celles du Nord et de l'Est, et le développement du train au cours du dix-neuvième siècle. Sans omettre la construction du canal Saint-Martin, et l'aspect industrieux et artisanal, qui font de cet arrondissement parisien, un des principaux poumons économiques de la capitale.
 
Les quartiers populaires du dixième, jouxtant les grands boulevards, comme les quartiers Saint-Martin et Saint-Denis furent des lieux festifs et de débauches. Les révolutions de 1789, 1830, et 1848 eurent leurs heures de gloire sous les arcs des deux portes monumentales de St-Denis et de St-Martin (édifiées sous Louis XIV). Ces quartiers rassemblaient de jour et de nuit une activité grouillante. De jour, s'y illustra le jeune Victor Shoelcher travaillant dans le magasin de son père dans le faubourg Saint-Denis. La nuit tombante, le guinguet coulait à flot, et ici ou là, les chants révolutionnaires jaillissaient de la nostalgie des anciens et de l'espoir d'un autre monde.
  Depuis Louis XIV, Paris est une ville hautement surveillée, dans l'ombre agissent les "indics". La surveillance policière ne fait pas de cadeau aux agitateurs : en point de mire "les rouges" et surtout ce que l'on appel depuis 1830 les classes dangereuses. La présence d'une classe ouvrière naissante, peu à peu s'organisant et se reconnaissant des les idéaux républicains de 1792 dans l'est parisien, restera une menace permanente. Et si les cafetiers connaissent des descentes régulières de police. On peut présumer aussi de nombreuses planques ou lieux d'accueils pour les militants révolutionnaires de France et d'ailleurs, au sein de cet ancien dédale des ruelles et des passages jouxtant les faubourgs de la rive droite.
En raison des voies de circulation et des déplacements ferroviaires, c'est aussi un arrondissement par où passeront de nombreuses migrations de l'est européen. La venue nombreuse d'allemands, de polonais, de suisses et de belges, tout au long du 19ème siècle, s'en retrouvera renforcée par la présence des deux gares et le développement des moyens de transports. Rien de vraiment étonnant de découvrir encore aujourd'hui, en ce bout de capitale, qu'un habitant sur quatre est de nationalité étrangère. Et toutes les nationalités y vivent harmonieusement.
 
 
 Notes propres au dixième arrondissement de Paris
 
Les ouvriers dès le 18 mars font causes communes avec la garde nationale, elle défendant les canons. Des barricades se dressent au pied des Portes Saint-Denis et Saint-Martin, mais aussi sur le boulevard du Magenta et partout dans la capitale. Elles éclosent sur les axes principaux de circulations et maintiendront la défense des faubourgs populaires.

Les employés du café de nos jours
"l'Écu de l'Est", à proximité
de la Gare de l'Est, non loin...


...de la barricade du boulevard Magenta
(ci-contre)



Les employés du café enclencheront la première grève connue ou répertoriée, et en solidarité avec le mouvement naissant
.
 

 
Publications locales 

Il est fait part dans le journal officiel de la commune (du 10 avril) : un article, il est fait mention des héroïnes de la révolution de 1848 et de faits aux Portes St-Martin et St-Denis. 

 
"Le Journal du 10ème arrondissement"

Il
publiera deux numéros au moment de la Commune, c'était "l'organe des intérêts communaux, politique, littéraire et commercial", un journal d'inspiration Proudhonien. Autres publications : le Gaulois et le Faubourg.
 
Un appel à la mobilisation sera lancé en avril et signé par Monsieur A. Moreau en tant que délégué à l'administration de la mairie du X°. Au sein de la Commune, il existera une Fédération des artistes de Paris, dont fut membre le peintre Corot (habitant du 10ème, rue du faubourg Poissonnière).

 
Figures du dixième arrondissement de Paris pendant la Commune de Paris

Antoine
Brunel
Comme acteur sur le terrain du 10ème arrondissement s'y illustra un certain Antoine Brunel, qui suite à son incarcération en 1870 pour indiscipline profita de la confusion. Il s'évada en tout début de la Commune et s'empara le 18 mars de la Caserne du Château d'Eau. Il devint ainsi chef de la 10ème légion. Il trouvera comme exil l'Angleterre après la fin de la commune.
 
Antoine Brunel  prend part au soulèvement blanquiste du 31 octobre 1870, contre le gouvernement de la Défense nationale. Le 26 janvier 1871, à l'annonce de l'armistice avec les Allemands, il tente de s'emparer des forts de l'Est parisien ; il est arrêté et condamné à la prison. Il est libéré le 26 février par la Garde nationale. Le 18 mars 1871, au début du soulèvement des Parisiens contre le gouvernement Thiers, il s'empare de la caserne Prince-Eugène et de l'Hôtel de Ville de Paris. Le 24 mars, il est nommé général de la Commune (avec Émile Eudes et Émile-Victor Duval). Le VIIe arrondissement l'élit au Conseil de la Commune. Il demande alors sa mise en disponibilité comme général. Il est chargé de la difficile réorganisation de la défense du fort d'Issy. Il est grièvement blessé au combat pendant la Semaine sanglante, mais parvient à se réfugier en Angleterre. Il y reste et devient professeur à l'école navale de Dartmouth. (Source Wikipedia, rajoutée le 10 avril 2011)




Louis-Charles Delescluzes


 

 


Louis-Charles Delescluzes est
élu le 5 novembre 1870 maire du XIXe arrondissement,

Mort sur la barricade
du Château-d'Eau à Paris,
X° arrondisssement

« servir de victime ou de jouet à la réaction victorieuse ».

Il démissionnera le 6 janvier 1871, appelant à « la lutte armée contre les capitulards » (c’est-à-dire le gouvernement de la Défense nationale). Son journal est suspendu en janvier après l'échec de l'insurrection contre le gouvernement. Le 8 février 1871, il est élu par un vote massif à l'Assemblée nationale, où il demande la mise en accusation des membres du gouvernement de la Défense nationale. Le 26 mars, élu membre du Conseil de la Commune par le XIe et le XIXe arrondissements, il donne sa démission de député. Il est membre de la commission des Relations extérieures, de la Commission exécutive (4 avril), et à celle de la Guerre. Il est membre du Comité de Salut public (9 mai) et délégué civil à la Guerre (11 mai). Lors de l'entrée des Versaillais dans Paris, il en appelle le 24 mai à une guerre des quartiers : « Place au peuple, aux combattants aux bras nus ! ». Le lendemain, 25 mai, désespéré, il ne fera rien pour éviter la mort sur une barricade au Château-d'Eau, ne voulant en aucun cas « servir de victime ou de jouet à la réaction victorieuse ». Considéré comme en fuite bien que mort, il sera condamné à mort par contumace en 1874. (Source Wikipedia rajoutée le 10 avril 2011)
Jean-Baptiste Corot
Ci-contre : la chambre du peintre à Paris où il décèdera.

Il est  né en 1796, et meurrt à Paris dans le 10e arrondissement de Paris en 1875, au 56 de la rue du Faubourg-Poissonnière. Il sera responsable de la commission des artistes pendant la Commune de Paris.

Dans la nuit du 9 au 10 septembre 1870, alors que les troupes prussiennes progressaient vers Paris, Corot fit le cauchemar que l'ennemi entrait dans la ville pour l'incendier. Le lendemain, dans un tableau qu'il intitula Le Rêve, Paris incendié, l'artsite fixa rapidement et fébrilement, comme pour s'en libérer, cette vision terrifiante en laquelle il vit, quelques mois pluis tard, une prémonition des destructions de la Commune. Jusqu'à sa mort, Corot conserva presque secrètement ce tableau dans son atelier, où il fut peu montré, au point qu'à la vente posthume de l'atelier de l'artiste, en 175, il fut relégué parmi les études et les esquisses. Après la Commune cette représentation fantasmée de la capitale livrée aux flammes devint certainement pour Corot une sorte de mémorial des ses traumatismes intimes confondus avec l'histoire récente.

Source : La Commune de Paris, la révolution sans images, de Bertrand Tillier (éditeur Epoques - Champ Vallon, année 2004)


 Les élus du 10ème arrondissement de Paris après le 26 mars 1871
 
Jules-Nicolas-André BABICK (1820-1902) : parfumeur et chimiste, né en Pologne, il adhère à l'internationale en 1871 et signa l'affiche rouge. Il est élu au Conseil de la Commune par le Xe arrondissement. Il fut membre de la commission justice puis des services publics et fut condamné à la déportation (connu pour ses positions mystiques, il créa même un culte). Il décédera à Genève.
 
Charles-Ferdinand GAMBON (1820-1887) : avocat et juge, élu de la Seine et de la Nièvre, socialiste, écrivit deux essais "la revanche"et "la dernière révolution". Il se rangea du côté de la Commune puis s'exila en Suisse et fut condamné par contumace.

Après la proclamation de la République le 4 septembre 1870, il est élu à l'Assemblée nationale comme socialiste révolutionnaire. Il en démissionne le 26 mars à la suite de son élection au Conseil de la Commune par le Xe arrondissement. Il fait partie de la Commission de la Justice, mais refuse le poste de Procureur de la Commune. Le 9 mai 1871, il devient membre du Comité de Salut public. (italyque source Wikipedia)




Henry-Louis CHAMPY (1846-1902) : doreur sur métaux, membre de l'Internationale et du comité central de la Garde Nationale. Pendant le siège de Paris par les Allemands (septembre 1870-mars 1871), il est membre du 203e bataillon de la Garde nationale. Il fut membre de la commission de subsistance de la Commune de Paris et condamné à la déportation au mois de septembre et revint en France en 1880; ancien président de la Société des proscrits de 1871, il décédera à Paris.  


En 187O, Le journaliste Félix Pyat lance pour la première fois dans Le Combat l'idée d'une commune de Paris.
Félix PYAT (1810-1889) : publiciste radical avocat, journaliste et écrivain, écrivit quelques pièces de théâtre dont "le brigand et le philosophe", "les deux serruriers", "le chiffonnier de Paris". Élu membre de la commission exécutive de la Commune de Paris, il fait une proposition à la séance le 2 avril que L'Officiel (J.O. de la commune, elle sera rejetée par 32 voix - pour : 25). Le 20 avril il menace de démissionner, Henry Champy demande que sa démission ne soit pas prise en compte. A la fin de la Commune, il dut s'enfuir et fut condamné à mort par contumace (et réhabilité en 1880). Il sera élu député des Bouches du Rhône en 1887.  


Paul Philémon RASTOUL (1835-1875) : Il s'établit comme médecin à Paris vers 1870. Pendant le siège de Paris par les Allemands (septembre 1870 - mars 1871), il est garde national au 9e bataillon. Il préside le club des Montagnards et organise à ses frais une ambulance. Le 26 mars 1871, il est élu au Conseil de la Commune par le 10e arrondissement ; il siège à la commission des services publics et le 9 avril il est nommé inspecteur général des Ambulances., il fut condamné par le Conseil de Guerre à la déportation. En 1875 tentant de s'évader de l'Île des Pins en Nouvelle Calédonie son embarcation échoua et périt sur un banc de corail.

Henry FORTUNé (1821-1882) : Poète et militant politique, il est issu d’une famille d’artisans bottiers de Nîmes. Il s'installe à Paris à partir de 1846. Fortuné combat  sur les barricades en 1848. Considéré comme un opposant à Napoléon III, il est interné politique à la Prison Sainte-Pélagie après le Coup d'État du 2 décembre 1851. Il collaborera à l’Almanach phalanstérien et au quotidien La Démocratie pacifique. Il s’intègre à la société littéraire parisienne et reprend la publication de Panurge. Mais un article qualifié d’obscène lui vaut une nouvelle condamnation : en janvier 1863 il est condamné à un mois de prison. D'abord fouriériste, il évoluera vers l'anarchisme.  Ci-contre : Le portrait d'Henry Fortuné par Félix Vallotton paru dans La Revue Blanche, 1897

En 1867 il se marie avec une jeune confectionneuse méridionale, Rose Caubet, dont il aura trois enfants. La même année il fonde avec les militantes féministes Louise Michel et Marguerite Tinayre la Société des équitables de Paris, une société coopérative de consommation et d’éducation. Par cette société il adhère à l’Association internationale des travailleurs.Son militantisme politique lui vaut un nouveau séjour à la Prison Sainte-Pélagie. En tant que délégué de son arrondissement Fortuné est l’un des signataires de l’affiche rouge du 6 janvier 1871 appelant à la création de la Commune de Paris. Le 3 mars il est élu au Comité central de la Garde nationale.

Après le 26 mars 1871, i
l est désigné membre de la Commune de Paris par les élus du X° arrondissement, il siègea à la commission des subsistances et fut le créateur du Comité de vigilance du 10ème arrondissement ; il s'exilera après la Commune. Pendant la Semaine sanglante Fortuné est l’un des derniers à combattre. Il occupe l’hôtel de ville dont il dirige la défense avec Pindy.
Le 27 mai il combat encore rue Haxo à Belleville puis il parvient à échapper à la répression versaillaise en se déguisant en peintre en bâtiment. Condamné à mort par contumace par le Conseil de Guerre, Fortuné doit attendre l'amnistie de 1880 pour revenir en France. Malade et sans revenu, il est heureusement aidé par son ami le docteur Goupil qui le soigne et l’emploie comme secrétaire. Fortuné meurt le 28 mai 1882 dans son domicile parisien d’une congestion cérébrale due aux vapeurs de mercures qu’il avait respirées dans son usine. Il est enterré au cimetière d’Ivry en présence de plusieurs communards dont le docteur Goupil et Benoît Malon.



Les sources en italique sont de Wikipédia, le texte sur les élus du X° a été modifié le 7 avril 2011, et un grand merci à l'auteur M. Gauthier Langlois pour ses précisions et son apport sur Henry Fortuné. 



Source BNF

 Le regard critique de Marx et des internationalistes...
  Il importait de créer une césure et c'est en partie en Septembre 1870 que l'échec de la révolution sociale ou "socialiste" s'est jouée. Au moment de la débâcle du pouvoir impérial. Paris, la capitale politique du pays était en mesure de constituer un gouvernement provisoire, d'imposer la République aux factions monarchistes. En quelque sorte, la Sociale laissa à ce moment à la réaction, une porte ouverte pour une reprise en main à court terme.
Ce gouvernement provisoire est non conforme aux voeux de Marx et il le fait savoir. Les français en 1870 n'y entendent pas grand chose à la nouvelle problématique internationaliste. La révolution "bourgeoise" de 1789 sert plus à fanatiser les foules qu'à les organiser. Marx dans sa correspondance est agacé par la tournure des événements. Bien qu'il ait demandé aux soldats allemands de ne pas faire de la République et du peuple français les victimes d'une guerre ou serait victorieuse la domination Prussienne. Qui l'a lui même poussé à l'exil, et lui fit connaître ainsi les pires accents de la censure et de la répression. Le Marx de 1870 n'est plus vraiment l'auteur tranchant du manifeste (1847). Son analyse a évolué, même si Karl Marx pense toujours en terme de rapport de force, il l'envisage autrement, pour un autre tournant dialectique. Il accorde depuis une plus grande place aux institutions démocratiques et républicaines.
En France, en 1870, les marxistes sont denrées rares, en dehors de la personne de Léo Frankel (ci-contre). C'est un hongrois d'origine, ministre au moment de la Commune. Il sera pour certains un "social-démocrate"..., voire un "social-traître".

Au sein de l'internationale, le courant marxiste est du côté des "modérés", et l'on en conserve encore une trace dans l'ignorance en France de l'oeuvre de Marx, et surtout de sa pensée au fil du temps et de son évolution intellectuelle.
 
On connait mieux les changements politiques de Victor Hugo, chantre réactionnaire dans sa jeunesse, devenu sensible à une Europe progressiste et républicaine en 1870. Lui aussi, comme Marx connu l'exil, point commun entre ces deux hommes, de plus contemporains. Sauf que l'on connait moins l'évolution intellectuelle de ce Rhénan. Sa jeunesse est aussi contrastée que celle d'Hugo, notamment quand il partagea certaines vues avec un certain Bauer, antisémite allemand notable. Toutefois, il sera le précurseur de beaucoup de révolutionnaires du vingtième siècle. Avec le temps, il deviendra non pas plus lisse, mais moins présomptueux sur le devenir victorieux de la classe ouvrière en Europe.
Marx aura tout à loisir d'être l'observateur le plus avisé de son temps, des mouvements sociaux et politiques dans l'hexagone, puis en Grande Bretagne. Suite à son manifeste en 1847, il rédige un opuscule sur les luttes sociales en France. Au hasard de sa vie d'exilé, il est présent à Paris en 1848. Il en sort une analyse des rapports de classes, pour en conclure qu'une fois de plus le mouvement ouvrier sera dépossédé du pouvoir. Il table sur un changement selon des conditions sociales et économiques particulières, et par une meilleure fédération du mouvement ouvrier. Il sera un des fondateurs de la 1ère Internationale et de l'Association Internationale des Travailleurs (AIT). Par après, il s'installera en Angleterre et compléta ses analyses sociales et politiques sur la révolution industrielle, dont le Royaume Uni fut le fer de lance depuis la fin du dix-huitième siècle. Il habitat donc ainsi les trois nations les plus importantes du dix-neuvième siècle : l'Allemagne, la France et la Grande Bretagne.

Pour en revenir à la Commune, l'on comprend mieux que Marx soit en colère. Mais ses idées ont peu de place à Paris et c'est en analysant les divers courants en présence que l'on se rend compte que l'annonce d'une révolution socialiste n'était pas vraiment à l'ordre du jour. Sauf, pour en comprendre les failles et souhaiter qu'un jour un changement radical suive un autre chemin. Après Septembre 1870, les élections successive sont des échecs électoraux pour les progressistes. Le scrutin du 26 mars 1871, ne fut que le résultat des arrondissements parisiens. Il ne sera en rien représentatif de l'opinion globale des français. La lecture des différents scrutins est moins reluisant que l'héroïsme des communards. Il faut avoir une lecture plus austère des élections.Très évocatrices des forces en présence, notamment réactionnaires.
 
L'analyse des scrutins de septembre, novembre 1870, de janvier, à mars et avril 1871 relève d'un contexte particulier. La capitale assiégée s'est vidée d'une partie de sa population. Le nouveau gouvernement "libéral" pousse de ses quatre fers pour qu'aucuns "rouges" n'entrent dans le nouvel échiquier politique. Benoît Malon sera éconduit à Bordeaux, bien qu'élu d'une circonscription de la Seine. Comme analyse historique un tant soit peu sérieuse, l'on remarque aussi une abstention forte et le recul électoral des élus internationalistes, sauf en mars et en avril 1871 à Paris. Il faut aussi re-situer l'ensemble des composantes républicaines : blanquistes, proudhoniens, ... Il fut aussi difficile de maintenir l'unité des diverses composantes, et l'on a une césure claire entre un camp républicains qualifié de "bourgeois", et de l'autre un camp révolutionnaire très éclaté. La situation fut complexe, les échanges vifs et les attaques des armées Versaillaises ne pouvaient installer une situation stable. Le piège d'Adolphe Thiers a fonctionné, et il a pu ainsi décapiter une génération militante. Les conditions n'étaient pas au rendez-vous, mais il restera le courage de ces femmes et hommes du peuple qui ont cru pendant quelques semaines à un changement fondamental des consciences. Et si en France souvent la mémoire est défaillante, le message des communards est devenu depuis lors un message universel d'espoir.
 
  Ce mouvement populaire fut aussi celui de figure que l'on retrouve sous le trait d'exilés de Pologne ou de l'Est de l'Europe. Souvent très actifs sur le terrain, et au titre le plus souvent des marxistes de la Commune. Et il y a des personnages comme Benoît Malon (ci-contre). Il représentera la présence des ouvriers parisiens, et son intrépide combat contre les dérives des Blanquistes.
 
Suite de la promenade....  
Commune de Paris : Chronologie des événements


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Dernières modifications : 10/09/2015