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Ce qui est démocratique : faire du petit cercle de connaisseurs un grand cercle de connaisseurs

Bertholt Brecht


 

Les Celtes-Gaulois

Les Celtes sont composites, des peuplades venant d'Asie Centrale. Ils se déplacèrent et entrèrent sur le territoire européen aux alentours de moins 5000 ans avant J.C par la Russie. Puis migrèrent à nouveau vers moins 2500 ans vers l'ouest. Et à partir de l'âge de fer, ils s'étendront de nord en sud sur l'ensemble du continent.

 
 
Antérieurement à 396 avant Jésus Christ, une chronologie précise et détaillée est difficilement possible. Elle varie et évolue selon les découvertes archéologiques. Ce que l'on appelle la protohistoire (époque située entre la préhistoire et l'antiquité) a bousculé ces dernières années certaines datations et analyses. Ce que l'on présume, tout commence vers 5000 ans av. JC et va jusqu'à l'invasion des Gaulois du nord de l'Italie en 396 av. J-C. Le peuple celte s'est étendu d'Est en Ouest, et a dominé plus de 1000 ans une majeure partie de l'Europe.
 

Au fil des découvertes, si certaines coutumes peuvent sembler "barbares", les objets celtes à travers l'Europe démontrent une maîtrise des métaux assez exceptionnelle et la réalisation de pièces prouvant une certaine ingéniosité. Pour ce qui aurait été de bandes en hordes sauvages déferlantes sur l'Europe, ce fut surtout une grande civilisation, encore grandement méconnue. Ou récupérée à des fins politiques racialistes. Le monde celte au contraire fut ouvert à la diversité et au mélange culturel.



Ci-contre : soldats celtes et leurs chevaux inhumés (fouilles à Lyon

 

 
Il existera une écriture, elle restera rudimentaire, peut explicite : des noms, des symboles, des runes au mieux pour les celtes de l'Est, mais pas une écriture véritable avant les débuts de l'ère chrétienne pour les Celtes-gaulois. De très rares écrits subsistent des gaulois... et encore à partir du premier ou second siècle après J-C.
 
Ce fut une civilisation orale où "l'éloquence" n'était pas de mise, un domaine ou les latins en firent un art de vivre et de penser. Néanmoins, il exista un droit coutumier capable de s'adapter aux évolutions. Le pouvoir est au main des hommes, mais rien ne permet de penser que les femmes étaient sans droits. Les liens du mariage étaient possiblement moins intangibles que chez les latins. Sauf que la propriété était collective. Elle permettait aussi bien à un homme qu'à une femme de disposer de biens propres. Seule exception, on ne pouvait hériter d'une femme, ses biens revenaient au groupe.
 
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L'on voit poindre des "tumulus", c'est-à-dire des amas de terre qui sont d'anciennes tombes.
Pour citer un tumulus proche de Paris, c'est au lieu dit de Montjoie en Seine-Saint-Denis que l'on découvrit un monticule datant de l'époque et de la civilisation Celte. Elle donna lieu à la légende de Montjoie et du saint Denis, et à la naissance de la ville du même nom.
 

Vix en bord de Seine est le premier foyer Celte en France aux alentours du VIème av. J.C. Il laisse pour mémoire le célèbre vase de Vix et un art funéraire d'une très grande qualité artistique.

 
 
Celtes et Gaulois une histoire commune ?
 
Celtes et gaulois sont des parents proches, une histoire qui se confond mais qu'il importe de distinguer. Les Celtes sont composites, c'est à dire des tribus qui se sont disséminées sur l'ensemble du continent et ses abords. C'est une civilisation qui durera de moins 5000 ans avant J.C. à environ le fin du VIème siècle en Angleterre. Les gaulois ne concernant eux que la partie du territoire de la France et de la Belgique, car les Celtes vont s'étendre du Danube en Asie Mineure et jusqu'au Portugal et l'Irlande à l'Ouest. Et l'on sait qu'ils entretinrent des relations avec les Mauresques, les Romains, les Etrusques, les Grecs, et les peuples nordiques.
Toutefois si l'étude des Celtes dans leurs diversités permet de mieux saisir leurs influences en Europe. Il existe une cohérence, un maillon indispensable pour comprendre les changements successifs jusqu'au territoire de la gaule indépendante, avant les conquêtes de César. L'organisation du territoire est un savant mélange d'époques et d'évolutions communes ou conflictuelles. Il est certain que le brassage des cultures est la clef des différentes étapes et progressions du monde celtique.  

Les Celtes sont principalement à l'Est les Germains. Ils sont au contact au nord avec les populations scandinaves, et au sud avec les civilisations antiques prédominantes : égyptienne et gréco-latine. Ils émergent des brumes de l'histoire et formeront un peuple migrateur toujours en quête de nouveaux territoires. Ils s'installeront sur le sol gaulois aux alentours de moins 800 av. JC. Certains groupes prennent racines, d'autres se confondront avec les populations d'origines prenant ainsi le pouvoir tout simplement. Ceci au titre d'une hiérarchie qui accepte la soumission des vaincus .

On peut en distinguer en France une culture commune et des tribus de sud en nord dans l'hexagone selon un territoire bien établi. Les gaulois sont la fusion des celtes et des populations antérieures, les premiers colons de la France et de la Belgique. On parla aussi de"galates", mais c'est un terme trop vague qui désignait pour toute époque sous ce vocable les celtes ; à moins de ne voir en Galate le terme qui désignait les celtes orientaux ?

Ci-contre : Barde à la lyre

 
 
Pourquoi cette facilité de fusion entre Celtes des environs du Danube et gaulois de souche ? Par évidence, une langue d'origine commune, des mythes communs. Une lecture complexe qui demande d'abord à savoir qui sont ces envahisseurs ? Des barbares pas vraiment, certainement des populations opportunistes qui choisirent une expansion à des fins agricoles et pour les besoins de la collectivité. Ce qui les pousse à s'agrandir et à épouser des influences nouvelles. À prospérer, et nous leurs devons une culture propice à la fusion des cultures. Mais c'est aussi un peuple très divisé ou éclaté, qui selon les évolutions des métaux s'appuient sur la maîtrise de la guerre et la conquête de nouvelles terres fertiles ou riches en minerais.
Le nom latin des "Celtes" apparaît en premier chez Hécatée de Milet (vers 500 av. J.C.). Puis chez Hérodote (vers 450 av. J.C.), ce mot viendrait de l'indo-européen "keletos", rapide, ou "kel-kol", habitant, colon.
- le mot "Galate" signifierait " ceux d'ailleurs " ou "envahisseurs ". Le terme apparaît dans la littérature grecque en 279 av. J.C., sous le nom de "Galli" en 168 av. J.C. dans les "Origines" de Caton l'Ancien. Et c'est sous le terme de "Galli" que Jules César rédige "la Guerre des Gaules" pour désigner les gaulois.
 
 

 
La Gaule Indépendante
 
Dans l'étude des origines de Lutécia, on découvre deux tribus qui marqueront la région du bassin parisien : les Sénons et les Parisiens, Senones et Parisis en latin. Les Sénons sont originaires des pays germaniques et de la période du Hallstatt. Ils viendront prendre souche en la ville de Sens. Elle fut un temps son centre de pouvoir, s'étendant à l'ouest de la Seine en la ville de Melun. Leurs limites territoriales en ouest jouxtaient celles des Parisiens en ce qui est aujourd'hui la Seine et Marne. Plus tardivement, ils seront à leurs tour absorbés par les invasions Burgondes, dès les premiers siècles de l'ère chrétienne. Ceux qui auraient connu à l'âge du fer le début des invasions celtes sont au registre de l'énigme. Qui sait si les Parisiens et Senons ne s'en tinrent pas à une répartition géographique de l'espace, un accord pour que les cours d'eaux délimitent au mieux les espaces de chacun : les Sénons au Nord-ouest et les Parisiens au Sud-est de la Seine.
 
Les Sénons étaient le peuple le plus puissant de la Gaule après les Arvernes. Leur vaste territoire s'étendait entre le sud de la Champagne et le nord de la Bourgogne. Les Parisii ou les Parisiens furent une tribu vassale des Sénons. Elle profita de la situation géographique, pour y développer une agriculture, une industrie de la pierre, puis des échanges marchands via la Seine.  

 
Chronologie de l'époque Celto-Gauloise

 -396 Les Celtes envahissent le nord de l'Italie.
 -390 Les Senons assiègent Chiusi (Etrusque).
 -390 juillet Les Gaulois de Brennus s'emparent de Rome après 7 mois de siège et se retire contre           une forte rançon.
 -368 M. Furius repousse une incursion gauloise dans le Latium
 -361 Nouvelle incursion gauloise près de Rome.
 -350 Défaite gauloise dans le Latium face à Popillius Lenas.
 -349 Défaite gauloise dans le Pontine face à Camille.
 -300 Nouvelles incursions celtes en Italie du nord.
 -295 Défaite celte (Sénons) à Sentinium face au Romains.
 -283 Les romains s'emparent du pays des Senons.
 -250 Nouvelles incursions celtes en Italie.
 -225 L'armée gauloise des rois Concolitanus,Aneoestus et Britomartus passe les Alpes, entre en              Etrurie avant d'être détruite par l'armée romaine commandée par L. Aemilius Papus.
 -123 Alliance entre Rome et les Eduens.
 -123 Les Allobroges attaquent les Eduens qui demandent l'aide de Rome.
 -122 Défaite des Allobroges face à l'armée romaine de Domitius Ahenobarbus.
 -121 L'armée romaine de Q. Fabius Maximus bat l'armée Arverne de Bituitos qui se portait au                   secours des Allobroges.
 -101 13 juillet Naissance de Jules César.
 -77 Pompée pacifie la Gaule transalpine et gagne l'Espagne.
 -71 Pompée annexe la Vallée de la Garonne à son retour d'Espagne.
 -61 Les Séquanes, les Arvernes et les Suèves soumettent les Eduens qui demandent l'aide de               Rome.
 -61 Les Suèves battent les Séquanes qui avaient repoussés leurs exigences.
 -60 Les armées suèves d'Arioviste battent les Eduens et les Séquanes.
 -59 César est nommé consul.


La Gaule à partir de Jules César :
"La Celtique Orientale"
par Alfred Rambaud (1900)
Vue d'ensemble de la Gaule à partir de César

Jules César divise la Gaule en trois parties, habitées, la première par les Belges (Belgæ), la seconde par les Aquitains (dans le texte « Aquitan » et vivant en Aquitani), la troisième, celle du milieu, par ce peuple qui se donne le nom de Celtes (Celtre) et que les Romains appellent Gaulois (Galli). Il ajoute que les Aquitains sont séparés des Celtes par la Garonne, les Celtes des Belges par la Marne et la Seine. Dans la Gaule, ainsi décrite par César, n'est point comprise la Province Romaine. Cette géographie est très simple : la Gaule entière, comprise entre la Méditerranée, les Alpes, les Pyrénées, l'Océan et le Rhin, ne comprend que quatre divisions : Belgique, Celtique, Aquitaine, Province Romaine.

Sous Auguste, l'héritier de Jules César, cette géographie se modifie : les limites de l'Aquitaine sont reportées au nord jusqu'à la Loire et englobent ainsi quatorze nations celtiques ; ce qui reste de la Celtique prend le nom de Lyonnaise et comprend vingt-deux peuples différents ; la Belgique subsiste, avec ses quinze nations ; la Province Romaine va prendre le nom de Narbonnaise. Cela se complique encore sous les successeurs d'Auguste. Au IVe siècle, nous trouvons qu'on a démembré de la Belgique deux provinces situées le long du Rhin, qu'on appelle Germanie supérieure, avec Mayence, Germanie inférieure, avec Cologne. Il y a, en outre, deux Belgique: première (Trêves), seconde (Reims); deux Aquitaines : première (Bourges) et seconde (Bordeaux); deux Narbonnaises (Narbonne et Aix); quatre Lyonnaises (Lyon, Rouen, Tours, Sens); une Séquanaise (Besançon); une Viennoise (Vienne); et enfin les provinces des Alpes Grées et Pennines (Moutiers en Tarantaise), des Alpes-Maritimes (Embrun) et de Novempopulanie (Eauze): au total 17 provinces (*), subdivisées en 113 cités. (…)

L'aspect général du pays devait être assez différent de ce qu'il est de nos jours. D'immenses forêts couvraient les monts : celle des Ardennes (divinisée en Arduenna) étendait ses fourrés ténébreux de la Marne au Rhin et se confondait avec celle des Vosges. Les fleuves n'avaient pas achevé de se frayer un lit; ils débordaient, s'épandaient en marécages. On n'avait guère défriché : on ne cultivait que les plus fertiles des hautes plaines; la vigne était inconnue hors de la zone méditerranéenne. Le climat était plus humide et plus froid que de nos jours, mais probablement aussi plus régulier, moins sujet à de brusques oscillations. La plupart des rivages de la mer, surtout de l'Océan, n'avaient pas la même forme qu'aujourd'hui : depuis ce temps, la mer les a profondément remaniés. Enfin, sur le vieux sol gaulois, c'est l'homme surtout qui a changé. Peut-être les sauvages préhistoriques, les descendants de la lignée mystérieuse qui éleva les monuments mégalithiques n'avaient-ils pas complètement disparu. En tout cas, les Grecs de Marseille, les Ibères d'Aquitaine, les Romains de la Province, les Celtes du Centre, les Bolgs ou Belges du Nord ne ressemblaient guère aux Français actuels. (...)

  LA CELTIQUE ORIENTALE
 Descriptif des implantions gauloises
 de Lugdunum  à Lutèce
 (de Lyon à Paris)

La Celtique s'étendait, au temps de César, de la Garonne à la Seine et à la Marne, de l'Océan au Rhin supérieur. Auguste, en ayant détaché les douze peuples compris entre la Garonne et la Loire, pour les attribuer à l'Aquitaine, forma du reste une province qu'il nomma la Lugclunaise ou Lyonnaise, du nom de Lugdunum (en celtique Lugdun, « colline de Lug »; aujourd'hui Lyon). Lyon fut une colonie fondée, en l'an 43 avant J.-C., par Lucius Munatius Plancus.

Le Lyon romain s'étageait sur les pentes de la colline de Fourvières, dont le nom rappelle le Forum Vetus, magnifique édifice, construit plus tard par Trajan et qui a disparu. Ses autres monuments romains n'ont pas laissé plus de trace. - Le Lyon gaulois occupait l'étroite presqu'île qui sépare la Saône et le Rhône avant leur jonction et où s'étend la place Bellecour. Là s'éleva l'autel de Rome et d'Auguste, centre vénéré du culte nouveau établi en Gaule par l'habile empereur. Là se réunissait l'assemblée des soixante (et bientôt des soixante-quatre) cités de la Gaule dite chevelue (les vingt cités de la Narbonnaise ayant à Narbonne leur assemblée à part). Lyon, avec ses deux villes, symbole de la société gallo-romaine, était à la fois un centre politique et militaire et un centre religieux et national, industriel et commercial. Les étrangers ne tardèrent pas à y affluer, à y apporter, à y mélanger leurs langages divers, leurs idées, leurs croyances. Là naquit l'Église chrétienne des Gaules. Là se développèrent en même temps une activité matérielle, une prospérité sans précédents en Transalpine. Lyon eut des entrepôts pour les vins, des fabriques d'outres, une compagnie pour l'exploitation des mines.

Il fut le point de croisement de toutes les grandes routes. Auguste en fit la capitale officielle des Gaules, dont Lyon resta longtemps la métropole. Lyon fut la patrie de l'empereur Claude, qui lui accorda le titre de colonie et qui prononça au Sénat de Rome, pour l'admission des nobles gaulois aux fonctions publiques, un discours mémorable, gravé sur des tables de bronze par les Lyonnais reconnaissants. Ce document, unique en son genre, a été retrouvé en grande partie dans le Rhône; il figure au Musée archéologique de Lyon et n'est pas le moins curieux ornement d'une collection épigraphique incomparable, la plus importante de France. Cependant Lyon, à la suite d'une bataille entre compétiteurs à l'Empire, fut ruiné au II° siècle et s'effaça pour longtemps de l'histoire, laissant la suprématie en Gaule à Trèves et à Arles. Mais il devait renaître et reprendre sinon le premier, au moins le second rang dans une Gaule nouvelle qui est la France (seulement à partir de 900 après Jésus-Christ et le commencement du règne des capétiens).

La Lyonnaise avait une forme très bizarre, très allongée de l'Est à l'Ouest. Aussi peut-on y distinguer dès lors deux grandes régions : la Lyonnaise ou Celtique orientale et la Lyonnaise ou Celtique occidentale. Elles auraient Paris pour point d'intersection. Les hautes terres, qui, sous un manteau de forêts et de gazon humide, prolongent au nord les Cévennes et vont rejoindre les Vosges, toute cette verdoyante écharpe qui sépare la Saône et le Rhône de la Loire supérieure et des sources de l'Yonne, de la Seine, de la Marne, se partageaient inégalement entre trois grands peuples. Dans le Forez, les Ségusiaves avaient pour centre Forum Segusiavorum (Feurs) : c'est sur leur territoire qu'on bâtit Lyon.

En Bourgogne étaient les Éduens (Ædui), dans une situation privilégiée : grâce à la possession des passages naturels qui unissent le versant de la Manche à celui de la Méditerranée, ils tenaient dans leurs mains les clés des grandes routes terrestres et fluviales. Aussi avaient-ils étendu fort loin leur clientèle et formé une puissante confédération, qui n'a cessé, pendant les siècles d'indépendance gauloise, de rivaliser avec celle des Arvernes. Leur histoire a quelque analogie avec celle de Marseille, et c'est leur alliance qui permit aux Romains, prenant la Gaule à revers, de s'avancer d'un seul élan jusqu'au coeur des pays celtiques. César cite parmi leurs villes : Noviodunum (Nevers), Decetia (Decize), Matisco (Mâcon), Cavillonum (Chalon-sur-Saône). On ignore si Dibio (Dijon) existait déjà. Leur ancienne capitale était Bibracte (sur le mont Beuvron, à 20 kilomètres au nord d'Autun); sous Auguste, elle fut remplacée par Augustodunum (« colline d'Auguste », aujourd'hui Autun), qui devint une cité élégante et lettrée, et qui possède encore, parmi d'autres ruines romaines, une porte monumentale. Les principaux clients des Eduens furent les Boii, avec Gorgobina (Saint-ParizeChâtel); les Aulerks Brannoviks (Brannovicest Charolais); les Ambarres (Bresse: leur nom revit dans Ambérieu), les Mandubii, chez qui s'élevait la célèbre forteresse? Alésia (Alise Sainte-Reine : mont Auxois), rempart déchu de l'antique indépendance. Quant aux Lingons (pays de Langres), après avoir fait partie de la Celtique, ils furent, au temps d'Auguste, compris dans la Belgique.

La route du Jura se dirigeait d'abord droit au midi sur Andemantunum (Langres), chef-lieu de la cité des Lingons. Cette ville, assise comme un nid d'aigle sur une montagne qui inspecte tous les plateaux et toutes les vallées d'alentour, était un centre actif pour l'industrie de la laine. Elle n'a conservé de ses monuments romains qu'une porte qui n'est pas antérieure au Ille siècle. De Langres on descendait vers la Saône et ses prairies noyées. Dans le massif et sur les pentes occidentales du Jura étaient les Séquanes (Sequani, Franche-Comté), agriculteurs solides et patients, qui exportaient des jambons salés. Leur capitale était Vesuntio (Dubis). Un autre de leurs oppida, Alésia (Alaise), a été souvent opposé par certains archéologues à l'Alésia de Bourgogne. ? Adma-getobriga ou Magetobriga, qui vit la victoire d'Arioviste sur les Éduens, était située sur les confins des Séquanes et des Lingons, soit auprès de Luxeuil, soit auprès du confluent de la Saône et de l'Ognon.

Au-delà du Jura, couvert d'épaisses forêts de sapins, dans la Suisse actuelle, habitaient les Helvètes. La route, passant par Pontarlier, débouchait, sur le lac de Neufchâtel, à Aventicum (Avenches), qui devint la capitale de l'Helvétie. Celle-ci comprenait plusieurs nations : Rauraci ou Raurici, Tulinges, Latobroges, Tigurini, Tugeni, Verbigeni, Seduni aveoSedunum (Sion), Veragri avec Octodurum (Martigny), Ambrons, etc. Deux colonies romaines y avaient été fondées : près du Léman, Julia Equestris (Nyon); près du coude du Rhin, Augusta Rauracorum (Augst), que Bâle plus tard a remplacée. De l'Helvétie, on pouvait rentrer en Lyonnaise, par la route de Genève et du Pas de l'Écluse qui descendait le Rhône et, par un détour sur Vienne, aboutissait à Lyon.

La région parisienne - territoires des Senons et Parisiens - vers moins 52 av. JC



La route de Lyon à Autun, en se prolongeant vers le nord, laissait à gauche, le massif sauvage du Morvan, hanté par toutes sortes de superstitions. Elle descendait dans la vallée inférieure de l'Yonne (Icauna) et atteignait à Autessiodurus (Auxerre) le pays des Senones, qui se signalèrent par leur résistance acharnée aux légions de César. Leur capitale était Agedincum (Sens). Ils possédaient aussi Vellaudunum (Château-Landon) et Melodunum (Melun). A part quelques vastes clairières, leur pays n'était qu'une forêt continue où se conservaient les coutumes, les usages, la rudesse des moeurs primitives des Celtes. Ils avaient pour voisins, sur le cours supérieur de la Seine (Sequana) et de l'Aube (Albis), les Tricassi et leur ville d'Augustobona (Troyes); sur le cours inférieur de la Marne (Matrona), les Meldi, avec Jatinum (Meaux); sur la moyenne Seine, les Parisiens (Parisii), avec Lutetia (ou Lutecia - Paris), dont un faubourg (Lucotocia) ne tarda pas à se former sur la rive gauche, au pied du mont Lucoticius (montagne Sainte-Geneviève).

Ce petit peuple des Parisiens était encore presque ignoré, bien qu'il fût destiné, d'abord, à hériter de l'importance des Senones, et plus tard, à devenir comme la tête des Gaules. Lutèce, enfermée d'abord dans l'île de la Cité, au bord des oseraies paisibles, commençait à escalader les pentes du mont Lucotice, où l'on adorait, parmi les tilleuls, la déesse Bélisana, où se construisait peu à peu une ville nouvelle (quartier Latin), où s'élevèrent plus tard un amphithéâtre (près de la rue Monge) et des Thermes (palais de l'empereur Julien; le musée de Cluny s'est construit sur son emplacement). Toute la rive droite n'était qu'un marais peuplé de grenouilles et dominé par le mont de Camul (mont de Mars, plus tard mont des Martyrs, Montmartre), tout couvert de chênes.

En amont, la Seine, aux eaux calmes et limpides, se grossissait de la Bièvre ( dont le nom parait signifier : « rivière des Castors »). En aval, elle se recourbait au pied du Mont-Valérien. Tout autour de Lutèce et de quelques champs de céréales, s'étendaient des forêts séculaires, et dans les îles voisines, parmi les roseaux et les aulnes, pullulaient les loutres, les canards, les cygnes. Entre les Belges blonds du Nord et les Celtes bruns du Sud, les Parisiens formaient un peuple intermédiaire, mais plutôt celtique par le tempérament et le caractère. Ils naviguaient sur la Seine, étant les intermédiaires obligés du commerce entre les pays de la Méditerranée et du Rhône et ceux de la basse Seine voisins de l'Océan. Plus tard, sous Tibère, se fonda chez eux une corporation de Nautes ou « Navigateurs », que remplaça, au moyen âge, celle des «Marchands de l'eau», dont l'emblème, un navire flottant sur les eaux, est devenu celui de la ville de Paris.

De la corporation gallo-romaine des Nautes subsiste un curieux monument : c'est un autel trouvé dans le sol de Notre-Dame, et actuellement au Musée de Saint-Germain-en-Laye. Il présente à la fois des dieux gaulois (Elus et Tarvos Trigaran) et des dieux romains (Jupiter et Vulcain). (2) Leur ville occupait un des carrefours de la Gaule. Au sud (par le pied du Mons Chetardus, la rue Mouffetard), une grande voie allait vers l'Italie ; au nord était la Belgique; à l'ouest s'étendait cette partie de la Celtique qui, sous Auguste, fut dénommée Lyonnaise occidentale.

A peu de distance de Paris, au sud comme à l'ouest, on entrait dans le pays des Carnutes. Ce peuple avait été l'un des plus puissants de l'ancienne Gaule, l'un des plus religieux; il avait lutté plus vaillamment qu'aucun autre pour l'indépendance. Il portait sur ses enseignes un cheval bridé, mais ailé. Dans ses forêts de chênes consacrées à Teutatès, les druides, les prêtresses s'assemblaient pour les sacrifices; on y accourait en pèlerinage; sous les empereurs romains, les sacrifices humains furent interdits; les écoles druidiques n'eurent plus que de rares disciples ; les anciennes divinités prirent des noms romains. Les Carnutes cultivaient beaucoup de blé. Ils élevaient des porcs avec les glands de leurs chênes. Ils avaient des marchés très connus et des ports sur la Loire; le plus actif était Genabum ou plutôt Cenabum (Orléans; Genabum serait peut-être Gien). Leur capitale était Autricum (Chartres), ainsi nommée de l’Autura (Eure), qui l'arrose. Leurs autres villes étaient Durocasses (Dreux), Condate Carnutum (Cosne). (3)

Notes :

Ce texte a été l'objet de quelques anotations et changements de noms propres comme les Edues en Eduens, Les Parises en Parisiens. Le terme "senones
" pour les Sénons n'a pas varié, ni les termes latins. Le terme de "race" était cité deux fois, il a été remplacé par le mot peuple, pour éviter toute confusion ou amalgame.

(*)  Rappelons que la Gaule située au nord des Alpes s'appelait Gaule Transalpine. L'Italie du nord, des Alpes à l'Adriatique, toute celtique avant qu'elle fût con,quise par les Romains, s'appelait Gaule Cisalpine. Il y avait aussi une Gaule en Asie Mineure : la Galatie (les Gallates). - Sur la géographie de la Gaule Transalpine, consulter surtout E. DESJARDINS, Géographie historique et administrative de la Gaule romaine, 4 volumes in-4°, 1878.

1. Voir ci-dessous, page VIII, et Paul Monceaux : Le grand temple du Puy-de-dôme. Voir ci-dessus, page VIII, l'histoire des Arvernes, dans la Revue Historique, Dôme, le Mercure gaulois et l'histoire des Arvernes, dans la Revue Historique, 1887 et 1888.

2. Sur les dieux de la Gaule, consulter Salomon Reinach, Antiquités nationales, description raisonnée du Musée de Saint-Germain-en-Laye, et visiter la collection de ces dieux à ce Musée.

3. Dans la géographie gauloise les noms anciens ou nouveaux, tels que Condate, Condatum, Condé, Candé, Coudat, Condom, etc., indiquent un confluent. Ce sont assurément des noms d'origine celtique.

Source :  Extraits et illustrations de L'anneau de César (Nouvelle édition augmentée d'une Etude sur la Gaule ancienne à l'époque de Jules César)  par Alfred Rambeau  - édieur, J. Hetzel à Paris - 1900 - BNF-Gallica - Domaine public.


Parisii : d'ou provient ce nom ?
 

Parisiens et Sénons : les deux tribus sont souvent citées par les auteurs latins. Ils domineront l'actuelle Ile de France. Les Parisiens feront face à une bataille sémantique.

"Par Isis" pensera un auteur romain, une mythologie qui se serait inspirer des pratiques religieuses du bassin méditerranéen.mais le nom est d'origine celtique, Il s'agirait concernant les Parisii, d'un terme qui signifierait "le peuple des carrières" . Ils furent probablement les premiers à exploiter à ciel ouvert, soit du calcaire, soit du gypse très abondant à Paris et dans ses alentours, du nord au sud.

ci-contre : la déesse Isis (Egypte)

 
 
Et en toute hypothèse, à la limite du scénario, l'on peut deviner en quoi depuis tout temps Paris et sa région fut une terre d'accueil. Il y a dans son histoire des strates géologiques, tout comme il y a des strates de migrations humaines : du maillon des origines à l'histoire antique. Tous ces premiers peuples formèrent un ciment de culture. Nous concernant, ceux qui furent les premiers habitants de l'Île de France. Les celtes-gaulois furent de ceux qui créèrent les premières bases urbaines et défensives en France avec l'apparition de l'oppidum (camp gaulois retranché, il permettait de répondre à des offensives et protégeait les populations avoisinantes des attaques).
 
 
Suite de la promenade...   Les premiers Parisiens
 
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Dernières modifications : 10/09/2015