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Le grenier de Lionel Mesnard
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"L'absurdité est surtout le divorce de l'homme et du monde."         Albert Camus


Informations sur l'Amérique Latine,         

Sommaire année 2010, page 1


1 - Vidéo, Mémoires Argentines, les enfants volés, Pantuana TV
2 - Le paramilitarisme toujours très actif en Colombie, par HRW
- Le TLC entre L’Union Européenne et la Colombie remis en cause par l’Espagne
& - Le TLC UE/Colombie, pire que celui avec les USA ? par Jorge Enrique Robledo
4 - Haïti-Séisme : L’interminable tragédie, par Castro Desroches
5 - De la discrimination dans les opérations de secours ? par Alterpresse Haïti
6 - Haiti-Séisme : Repenser l’État, par Maryse Noël Roumain
7 - Colombie : Terre et Confilt, extraction des ressources,  par Inter Pares
8 - Exorcisme de la culture de l’impuissance, entretien avec Eduardo Galeano
9 - Conférence Mondiale, Changement climatique, par Evo Morales




Les dernières vidéos :  
http://www.dailymotion.com/pantuana


  "Mémoires Argentines,
les enfants volés"


Dans le cadre de la présentation du livre "Punto Final" de Félicie Dubois, le Collectif Argentin pour la Mémoire ré-ouvre la question des 30.000 disparus sous la dictature du Général Videla.(1976 -1982). Aux confins de l'auto-analyse et de l'écriture, Félicie Dubois tente de poser un point final. Sofia, l'héroïne de son roman a 22 ans. En faisant un test ADN, elle va découvrir sa véritable identité. Ses parents ne sont pas ses parents biologiques.

Sous la dictature militaire de 1976 à 1982, on estime que 500 enfants ont été volés (ou appropriés). À ce jour, ils sont une centaine en Argentine ayant pu découvrir qui ils étaient. Nous vous invitons avec ce document à mieux connaître un pan de la mémoire des familles de disparus et les crimes commis, pour bon nombre en attente d'un jugement des bourreaux.

Maison de l'Amérique Latine à Paris, le 19 février 2010


 
  Intervenants par ordre d’apparition :

Luc Charcellay, Les éditions Jean-Paul Bayol ;
Félicie  Dubois, écrivaine de roman ;
Estela Weissberg-Belloni, Collectif Argentin pour la Mémoire ;
Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste ;
HIJOS France.


PANTUANA TV -  Cliquez ici !

Autres sources : Le site de Félicie Dubois, http://www.feliciedubois.com/

Punto Final, les ÉDITIONS JEAN-PAUL BAYOL :
http://www.editions-bayol.com/pages/livres-titres/PuntoFinal.php


Le paramilitarisme
toujours très actif en Colombie


      

par Human Rights Watch, le 3 février 2010



L'ONG HRW lance un nouvel appel pour dire "halte aux exactions commises par les groupes ayant succédé aux paramilitaires" et précise que "le gouvernement (colombien) doit protéger les civils et engager des poursuites contre les membres de ces groupes ainsi que leurs complices."


La Colombie doit prendre des mesures efficaces contre les groupes violents  qui ont surgi dans tout le pays à la suite de la démobilisation incomplète des groupes paramilitaires et qui sont coupables de multiples atteintes aux droits humains, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui (3 février 2010, lire tout le rapport en anglais  cliquez ici !).

Le rapport de 122 pages, intitulé «Paramilitaries Heirs: The New Face of Violence in Colombia » («Héritiers des paramilitaires : Le nouveau visage de la violence en Colombie »), documente les exactions graves et répandues commises par les groupes qui ont succédé à la coalition paramilitaire connue sous le nom de Autodefensas Unidas de Colombia (Autodéfenses unies de Colombie, AUC). Ces groupes se rendent régulièrement coupables de massacres, de meurtres, de déplacements forcés, de viols ainsi que d'actes extorsion, créant une atmosphère lourde de menaces dans les communautés qu'ils contrôlent.  Souvent, ils prennent pour cible des défenseurs des droits humains, des syndicalistes, des victimes des paramilitaires qui réclament justice, et des membres de la communauté qui n'obéissent pas à leurs ordres. Le rapport s'accompagne d'une présentation multimédia comportant des photos et des enregistrements audio de Colombiens pris pour cible par les groupes qui ont succédé aux paramilitaires.

«Quel que soit le nom que vous donniez à ces groupes - paramilitaires, gangs, ou tout autre nom - leur impact sur les droits humains en Colombie aujourd'hui ne devrait pas être minimisé», a indiqué José Miguel Vivanco, directeur de la division Amériques à Human Rights Watch. «Tout comme les paramilitaires, ces groupes qui leur ont succédé commettent des atrocités épouvantables, et ils doivent être stoppés.»

S'appuyant sur près de deux ans de recherches menées sur le terrain, le rapport décrit l'impact brutal de ces groupes sur les droits humains en Colombie, mettant en avant quatre régions où ils ont une présence considérable : la ville de Medellín, la région d'Urabá dans le département de Chocó, et les départements du Meta et du Nariño.

Ces groupes représentent une menace croissante pour les droits humains dont peut bénéficier la société colombienne. Selon les estimations les plus prudentes avancées par la Police nationale colombienne, ces groupes comptent plus de 4 000 membres répartis dans 24 des 32 départements de la Colombie. Les groupes recrutent activement de nouveaux membres, et malgré les arrestations de certains de leurs chefs, ils s'empressent de remplacer ces dirigeants et d'étendre leurs zones d'opération.

La montée en puissance de ces groupes a coïncidé avec une forte augmentation des taux nationaux de déplacement interne depuis 2004 jusqu'en 2007 voire au-delà. Une grande partie de ces déplacements se produit dans des régions où les groupes qui ont succédé aux paramilitaires sont actifs. Dans certains endroits, à Medellín par exemple, où le nombre d'homicides a presque doublé durant l'année dernière, les opérations menées par ces groupes ont entraîné une augmentation spectaculaire de la violence.

Le rapport documente de multiples exemples d'exactions commises par ces groupes, notamment les suivants :

Alors qu'une défenseure des droits humains portait assistance à une victime des paramilitaires chez la victime à Antioquia, des membres d'un groupe se faisant appeler les « Aigles noirs » ont fait irruption dans la maison, ont violé les deux femmes et ont averti la militante qu'elle devait cesser ses activités en faveur des droits humains. Elle a dû finalement quitter la ville à cause des menaces continuelles émanant du groupe.

Plus de 40 personnes du quartier de Pablo Escobar à Medellín ont dû abandonner leurs logements entre fin 2008 et début 2009 à la suite des meurtres et des menaces dont s'est rendu coupable un groupe armé local, en partie constitué de paramilitaires démobilisés.

Dans le département de Nariño, près de la frontière sud du pays, la plupart des habitants de trois communautés de la municipalité côtière de Satinga ont été déplacés après que l'un des groupes issus des paramilitaires (utilisant alors le nom d'Autodefensas Campesinas de Nariño, ou Forces d'autodéfense paysannes du Nariño) estentré dans l'une des villes, tuant deux jeunes hommes et causant semble-t-il la disparition forcée d'un troisième.

L'émergence de ces groupes était prévisible, a observé Human Rights Watch, essentiellement en raison de l'incapacité du gouvernement colombien à démanteler les réseaux criminels de la coalition paramilitaire au cours du processus de démobilisation, entre 2003 et 2006. La mise en œuvre insuffisante des démobilisations par le gouvernement a également permis aux paramilitaires de recruter des civils se faisant passer pour des paramilitaires devant être démobilisés, tout en conservant certains de leurs membres en activité. Le rapport décrit, par exemple, la démobilisation du Bloc Nord, où il existe des preuves substantielles de fraudes ordonnées par le leader de l'AUC, Rodrigo Tovar (connu sous le pseudonyme de «Jorge 40»).

Le rapport exprime aussi des préoccupations quant au fait que les activités des groupes issus des paramilitaires seraient tolérées par certains agents de l'Etat et des forces de sécurité gouvernementales. Des procureurs tout comme des officiers supérieurs de la police ont expliqué que cette tolérance constituait un véritable obstacle à leur travail. En outre, dans chacune des villes et des régions où Human Rights Watch s'est rendue, l'organisation a recueilli à maintes reprises des allégations d'une pareille tolérance de la part des forces de sécurité.

Au Nariño, par exemple, un homme s'est plaint que « les Aigles noirs nous interrogent, à vingt mètres des policiers... On ne peut pas faire confiance à l'armée ni à la police parce qu'elles sont pratiquement avec eux.» Dans la région d'Urabá, un ancien fonctionnaire a indiqué que la police d'une des villes semblait travailler avec les groupes issus des paramilitaires : «Tout ça est très évident... La police contrôle les entrées et les sorties [de la ville] et ... ils partagent les renseignements.» Dans le département du Meta, un fonctionnaire a indiqué qu'il recevait « des plaintes constantes selon lesquelles l'armée menaçait les gens, disant que  ‘les Cuchillos' [‘les Couteaux', principal groupe paramilitaire de la région] allaient arriver... Dans certains cas, l'armée s'en va et les Cuchillos arrivent. »

Human Rights Watch a rappelé que le gouvernement colombien a des obligations légales de protéger les civils contre divers dangers, d'empêcher les exactions et, lorsqu'elles se produisent, de garantir que leurs auteurs soient tenus de rendre des comptes.

Toutefois le gouvernement n'a pas fait en sorte de garantir que les unités de police chargées de combattre les groupes, ou les procureurs chargés de mener les enquêtes à leur sujet, disposent de ressources suffisantes.  Il a tergiversé lorsqu'il s'est agi de financer le Système d'alerte précoce du Bureau de l'Ombudsman (Médiateur), qui joue un rôle crucial dans la protection des populations civiles. Des organismes gouvernementaux ont parfois refusé leur assistance à des civils qui signalaient avoir été déplacés par des groupes armés. Le gouvernement n'a par ailleurs pas pris de mesures efficaces pour identifier les fonctionnaires qui auraient toléré ces groupes, enquêter sur leurs actes et les sanctionner.

«L'administration Uribe n'a pas traité l'essor des groupes issus des paramilitaires avec le sérieux que le problème exige », a conclu José Miguel Vivanco. « Le gouvernement a pris quelques mesures pour affronter ces groupes, mais sans fournir un effort soutenu et significatif visant à protéger les civils, mener des enquêtes sur les réseaux criminels de ces groupes, saisir leurs avoirs et traquer leurs complices.»



Le Traité de Libre Commerce
entre L’Union Européenne et la Colombie
remis en cause par l’Espagne

    

Par Lionel Mesnard, le 1er février 2010

C’est un grand revers pour le Président Alvaro Uribe Veléz et sa politique de «sécurité démocratique». «Nous ne pouvons pas avoir un Traité de Libre Commerce avec un pays qui ne respecte pas les droits humains». C’est en ces termes que des élu(e)s espagnols jugent et mettent en cause une possible signature du T.L.C (ou A.L.E : Accord de Libre Échange) entre la Colombie et l’Union Européenne en discussion depuis deux ans. Il faut souligner que la présidence espagnole de l’Union Européenne, par le Premier ministre Luis Zapatero a débuté le 1er janvier 2010 (1).

Une délégation de sept parlementaires espagnols s’est rendu en Colombie du 23 au 30 janvier 2010. Ils ont rencontré des fonctionnaires gouvernementaux de la justice et diverses organisations civiles (dont le MOVICE).  Deux d’entre eux, Marian Suarez (élue des Baléares, centre droit) et Jordi Pedret (du PSOE, parti socialiste) rendent compte d’un panorama sombre des droits humains en Colombie. L’hebdomadaire Semana (2) les a interrogés sur leur perception du pays suite à cette visite. Il en ressort un jugement sévère et «ils ont demandé au final que le gouvernement reconnaisse le conflit armé» (3).

Cette nouvelle est à la fois une bonne nouvelle et une surprise. Mais nous ne pouvons oublier le rôle diplomatique qu’a joué l’Espagne ces dernières années pour l’obtention d’un accord humanitaire concernant le sort des otages civils et politiques aux mains des FARC. Il faut saluer cette initiative et aussi se réjouir des conclusions car elles correspondent à l’attente de nombreux acteurs sociaux et politiques de la paix en Colombie (4). Pour autant, il reste maintenant aux instances de l’U.E. de mettre un terme définitif aux négociations et de mettre en oeuvre des initiatives en faveur d’un cessez-le-feu et pour l’ouverture de négociations avec tous les acteurs de cette guerre:  gouvernement colombien, FARC, ELN.

Il est plus que temps que nous prenions conscience en Europe d’un des plus vieux conflits armés dans le monde. Existant depuis 1964, depuis 1991, il n’a fait que s’amplifier. Cette guerre touche régulièrement des personnalités civiles, tout particulièrement ces dernières années des syndicalistes, des journalistes, des militants des droits de l’Homme, des enseignants, des responsables paysans amérindiens ou de communautés afro-colombiennes. Et sans oublier des dizaines de milliers d’anonymes, hommes et femmes, dont il faudra bien un jour que l’on reconnaisse le fait d’avoir été victimes de crimes de guerre et aussi de crimes de contre l’humanité.

Tel pourrait être est l’enjeu d’une paix durable, et les bases d’une réconciliation nationale, à la condition de faire face à une mémoire ou l’État a tout fait ces dernières années pour nier les évidences et les réalités. Un millier de personnes par jour en 2008 sont devenues des réfugiés et sont venues croître les plus de 3 millions de personnes déjà sinistrées, et pour la très grande majorité se trouvant sans aucune aide et dans le dénuement le plus total. Selon une enquête récente cinq millions sept cent mile colombiens vivent en dehors de leur pays sur une population totale de 45 millions (soit plus de 10%). Et l’on remarque une fuite massive des classes moyennes, chaque année par milliers des gens diplômés n’ont que pour ambition que d'aller vivre en paix et en démocratie (rien que pour la France près de 50.000 colombiens y résident, dont de nombreux réfugiés sociaux et politiques).

La Colombie ne devrait plus échapper à un moment donné à une condamnation des plus grandes instances internationales (ONU, UE, TPI, CSI). Semble-t-il, l’étau se resserre. Le Tribunal Pénal International est maintenant en mesure depuis fin 2009 de statuer sur les atrocités commises par tous les acteurs du conflit.  Il est à noter, que le nombre en 2009 de «faux positifs», c’est-à-dire de jeunes civils enlevés dans les centres urbains et tués par les forces armées du pays a chuté en flèche, et ne concerne plus que quelques cas ces derniers mois (environ 1500 jeunes hommes assassinés sur les années 2007 et 2008). L’objet caché était de gonfler les statistiques sur le nombre de guérilleros abattus par l’exercice national, et au passage vanter la politique de «sécurité démocratique» du président Uribe et de son ancien ministre de la défense, Juan Manuel Santos. (*)


Notes :

(*) Erratum : dans le texte d'origine il était fait part du vice-président, il s'agissait en fait de l'ancien ministre de la Défense et actuel président du Parti social d'unité nationale (à ne pas confondre avec Franscisco Santos, vice-président depuis 2006).

1) "La délégation (…) coïncide avec le semestre pendant lequel le Gouvernement espagnol à en charge, la Présidence du Conseil de l'Union Européenne et la célébration, en mai à Madrid, du Sommet de Chefs d'État de l'Amérique latine et l'Union Européenne. Par cela, elle accorde et donne une place importance pour que les Droits de l'homme en Colombie soient présents dans l'agenda politique espagnol et européen", et le précise dans la déclaration émise par les parlementaires à la fin de sa visite.
(Semana.com)

(2) lien en langue espagnole de l’entretien avec les 2 parlementaires espagnols sur Semana.com :


(3) Texte final de la délégation en castillan :


(4) Pour rappel (février 2009), un texte du sénateur Jorge Enrique Robledo du parti Démocratique et Alternatif de Colombie :


L'ACCORD DE LIBRE-ECHANGE ENTRE LA  COLOMBIE ET L’UE :

PIRE ENCORE QUE CELUI QUI A ETE NEGOCIE
AVEC LES ETATS UNIS ?


Par Jorge Enrique Robledo, sénateur,
Bogotá, le 19 février 2009


Le gouvernement colombien et l’Union européenne sont en train de négocier un accord de libre échange. Il y a bien des raisons de croire que les colombiens, en tout cas presque tous, en souffrirons des conséquences aussi graves, ou pires, que celles qui furent accordées dans le cadre du Traité de Libre Echange signé avec les Etats-Unis, un accord léonin qui n'a pas heureusement été ratifié par le Congrès nord-américain parce que la majorité du parti Démocrate, et le gouvernement de Barack Obama lui-même considèrent que sont insuffisantes les explications et les agissements du gouvernement du président Alvaro Uribe en ce qui concerne les assassinats des syndicalistes: il y en a eu 49 en 2008, soit 25% de plus qu’en 2007. Ces assassinats confirment que la Colombie est le pays le plus dangereux du monde pour les dirigeants syndicaux. A cela s’ajoute les scandaleuses violations de droits humains commises par des membres de l’armée colombienne, et les relations  de  nombreux hauts dirigeants politiques proches  du gouvernement avec les organisations d'escadrons de la mort, aussi appelés groupes paramilitaires.   

L’Union européenne prétend prolonger la durée des brevets qui créent des monopoles et des augmentations de prix au-delà de ce que prévoient les normes de l’OMC et au-delà des avantages obtenus par les Etats-Unis dans le cadre de l'ALE qu'ils ont négocié avec le gouvernement colombien, et qui ont pourtant signifié des hausses de prix des médicaments d'un milliard de dollars par an, selon les calculs de l' Organisation panaméricaine de la Santé. Et il est proposé que la Colombie accepte ce que le capital transnational n’a jamais obtenu précédemment, ni en Europe ni nulle part ailleurs dans le monde: l'imposition de peines de prison  pour toute violation des droits de propriété intellectuelle. Si l'ALE Colombie-Etats-Unis est un accord OMC plus, celui que veut passer l’Union Européenne avec la Colombie doit être appelé OMC plus plus. En toute tranquillité le ministre colombien de commerce, Luis Guillermo Plata, a avoué: "Il y a des lignes rouges dans ces négociations (ave l'UE) qui sont les mêmes que celles de l'ALE négocié avec les Etats-Unis, et la Colombie n'ira pas au delà"

Avec de tels porte-paroles, il n’est pas surprenant, que les parties aient convenu de conclure cet accord en quatre mois à peine, et que, comme ce fut le cas avec les nord-américains, les textes aient été négociés dans le plus grand secret et sans tenir compte de l'avis des organisations de travailleurs, paysannes et indigènes.

Tout comme ce fut le cas avec les Etats-Unis pour leur ALE, l'Union Européenne a imposé que les négociations soient menées séparément avec chacun des pays de la région andine. De sorte que la Communauté Andine des Nations (CAN), le projet d'intégration entre les pays de la sous-région, sera encore plus affaibli qu'aujourd'hui. Que l'Union Européenne n'appelle pas sa proposition "Traité de Libre Commerce (ALE)" mais "Accord Commercial" ne correspond qu'à un changement de nom calculé pour tromper les millions de Colombiens qui rejettent l'ALE avec les Etats-Unis.

Comme dans le cas des États-Unis, les différences économiques entre la Colombie et l'Union Européenne sont incommensurables. Par exemple, le PIB de l'UE est 80 fois supérieur à celui de la Colombie et ses subventions agricoles atteignent les 70 milliards de dollars par an. L’égalité entre les parties que proclamera l'ALE n’est rien d'autre que la consécration d'une énorme inégalité. Le Traité accordera aux entreprises transnationales de l'Union Européenne le droit d'aller en Colombie pour s’emparer des grandes entreprises, des ressources naturelles et du marché intérieur, et cela gratuitement, c'est à dire sans devoir payer pour cette prérogative, rien de plus de ce qui est demandé aux colombiens eux-mêmes. Les dommages causés par les capitaux entrant et sortant de Colombie, les dégâts causés à l’environnement et les pires conditions de travail qui soient font aussi partie des bonnes affaires recherchées par les investisseurs européens.

Il est choquant que, alors même que se confirme la responsabilité du "libre commerce" comme cause de ce qui sera sans doute retenu dans l'histoire comme la pire crise de l'histoire du capitalisme, les gouvernements de l’Union Européenne et de la Colombie insistent pour approfondir cette politique. Ils confirment ainsi que les gouvernants des deux parties sont disposés à élever les souffrances de leurs peuples à des niveaux inimaginables.

Il est clair que l’Union Européenne, sachant bien combien le président  de la Colombie, Alvaro Uribe, a besoin de la signature d'un ALE pour le faire apparaître comme une absolution morale et politique, saura faire payer le prix d'une telle absolution en privilèges pour ses entreprises transnationales, en allant même au-delà de ceux qu'ont obtenu les Etats-Unis dans leur ALE avec la Colombie



Entretien en castillan avec le sénateur Jorge Enrique Robledo :

Entrevista con el senador Robledo del PDA de Colombia


Pour la version française : CLIQUEZ ICI !.


    Haïti-Séisme : L’interminable tragédie

    
  
Par Castro Desroches, le 22 janvier 2010



    Le terrible tremblement de terre qui vient de dévaster Port-au-Prince et certaines villes de province a suscité à travers le monde un vaste mouvement de solidarité et de compassion envers le peuple martyr d’Haïti. Le président américain Barack Obama a réagi immédiatement en créant une Commission d’urgence dirigée par ses deux prédécesseurs George W. Bush et Bill Clinton. Le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, a officiellement offert de mettre une région fertile de son pays à la disposition des Haïtiens désireux de trouver refuge en dehors des frontières nationales. Dans un élan humanitaire remarquable, des secouristes venus de toutes parts ont répondu à l’appel de ce petit pays qui ne semble pas pouvoir atteindre une ère de répit après plus de 500 ans de turbulences coloniales et postcoloniales.

    Des millions de dollars ont été déjà débloqués par la communauté internationale en vue de financer le vaste mouvement de sauvetage qui se fait actuellement sur le terrain. Pour la grande majorité des observateurs, Haïti a besoin d’une aide matérielle massive et urgente en vue de limiter les dégâts humains qui s’élèvent déjà à un nombre incalculable de victimes. Au-delà de l’immédiat, un travail titanesque de reconstruction sera nécessaire en vue de rendre fonctionnel le pays haïtien. A un tournant aussi dramatique, le rafistolage ne suffira pas. Aux grands maux, les grands remèdes.

    En attendant des lendemains moins pénibles, chaque jour apporte dans la diaspora haïtienne sa litanie de nouvelles « imbibées de sang. » Nouvelles de destruction, de pertes en vies humaines et de famine. Images technicolors de la lutte dérisoire pour la survie au milieu des ruines. Images apocalyptiques d’une Haïti ravagée par un fléau encore plus dévastateur que les pires dictatures de notre tumultueuse Histoire. Les Haïtiens de l’étranger redécouvrent avec horreur l’étendue du dénuement qui frappe « l’amère patrie. » Un sentiment d’impuissance, de malaise et de culpabilité vient s’ajouter à la tristesse que provoque le spectacle de tant de malheurs. Comment avons-nous permis à un si beau pays de descendre si bas ? Aucun Haïtien ne pourra désormais se dédouaner de ses responsabilités dans la débâcle nationale.

    Avec cette catastrophe Haïti devient davantage un pays en faillite, un pays assisté, sinistré et dépendant de la bonne volonté de la communauté internationale. Haïti va-t-elle s’enfoncer irrémédiablement dans sa douloureuse agonie ? Va-t-on assister au contraire à un sursaut national en vue d’engager ce pays vers la voie de la modernité ?

    Aujourd’hui, les puissances amies d’Haïti se battent pour la distribution de l’aide humanitaire. La France a même accusé les États-Unis de vouloir imposer sinon une occupation, du moins un monopole dans la logistique des opérations de sauvetage. C’est la ruée vers Haïti. Aucune puissance qui se respecte ne veut être accusée aujourd’hui de non-assistance à pays en danger. Qu’en sera-t-il demain lorsque les caméras de la télévision étrangère seront fatiguées d’enregistrer les mêmes images déprimantes de misère extrême et de désolation ?

    Ce qui est évident, c’est que l’avenir de ce pays ne semble pas très radieux si l’on tient compte du comportement énigmatique de ce qui tient lieu de gouvernement en Haïti. Refugié dans son solennel silence, le président René Préval semblait avoir tout bonnement disparu dans les décombres. Il a finalement refait surface miraculeusement à l’Aéroport international de Port-au-Prince sous les yeux étonnés des journalistes de la CNN. Pour un peu, on aurait cru qu’il s’apprêtait à prendre le premier avion en partance pour Miami, « son » palais et sa résidence privée ayant été détruits. Le président Préval aura beau clamer et proclamer qu’il est encore vivant. L’impression générale, c’est que symboliquement, il a disparu avec le Palais National.

    Le moment n’est certainement pas à la polémique mais un peu plus de leadership serait dorénavant particulièrement apprécié. Ne serait-ce que pour sauver les apparences. Autrement, au-delà de la tragédie, nous risquons de passer davantage pour une caricature de pays. Une grande savane désolée dirigée par des zombis en cavale.

    La générosité des partenaires internationaux et des sympathisants à la cause haïtienne est plus qu’évidente. Cependant, sans vouloir sombrer dans un nationalisme étroit, il s’agit en fin de compte de notre pays à nous. Nous ne pouvons plus continuer à demander aux étrangers d’être plus haïtiens que les Haïtiens eux-mêmes.

    Source : Documents AlterPresse - http://www.alterpresse.org
Contact : cdesroches2000(at)aol.com
 
Haiti-Séisme : De la discrimination
dans les opérations de secours ?

  
   
Dépêche du 22 janv. 2010 [AlterPresse] - Un sauveteur colombien affirme à la presse colombienne que les équipes de secours déployés en Haiti suite au puissant séisme du 12 janvier ont reçu l’ordre de vérifier si les cadavres rencontrés étaient ceux de Blancs ou de Noirs.

    «Il y a du racisme dans les opérations de secours en Haiti», dénonce Camilo Monroy dans des déclarations faites à Radio W et rapportées par le quotidien El Tiempo.

    Monroy, étudiant en photographie qui a intégré une délégation de la défense civile et du personnel médical militaire colombiens, a fait part de ses frustrations dans son travail de secouriste à Port-au-Prince.

    Le premier choc reçu a été le 15 janvier dans l’aéroport international Toussaint Louverture, où un citoyen noir a été, selon lui, abandonné sur la piste sans aucune aide.

    « Il y a avait cette personne brûlée à 80%, abandonnée sur la piste sans aucune aide et ils ne sont pas allés la sortir, alors qu’il y avait deux personnes blanches à l’intérieur de l’aéroport, légèrement blessées seulement, avec trois docteurs à leurs côtés et des pansements sur la tête », affirme-t-il.

    Camilo Monroy soutient que les secouristes ont reçu l’ordre de vérifier si les cadavres rencontrés étaient blancs ou noirs, sans pouvoir identifier l’origine de cet ordre.

    « S’ils étaient noirs ils les laissaient, s’ils étaient blancs ils les sortaient aussi vite que possible. Si nous n’arrivions pas à les reconnaître, on sortait une main et on prenait des empreintes ».

    Le secouriste colombien a également émis des critiques sur la gestion des secours. Selon lui, « les opérations à l’hôtel Montana, un des plus importants de la capitale et dans lequel descendaient d’importantes personnalités, ont été interrompues quand un général chilien, qui fait partie de la mission de l’ONU, a ordonné de chercher son épouse, qui était hébergée dans l’immeuble, sans se préoccuper de la présence ou non de plus de gens sous les décombres ».

    D’autre part, il a fait remarquer qu’ « il n’ y a pas d’hôpital pour soigner les blessés, mais au siège de l’ONU, où étaient les cameras de télévision, il y avait 600 secouristes pour sauver une seule personne ».

    Le séisme survenu le 12 janvier à Port-au-Prince et dans quelques autres villes de l’Ouest et le Sud-est d’Haiti a fait des dizaines de milliers de morts, 250.000 blessés et d’innombrables dégâts matériels.

    Haiti-Séisme : Repenser l’État 



Par Maryse Noël Roumain, le 21 janvier 2010
  
 « Le rôle de l’Etat est multifunctionnel et dynamique plutôt que singulier et statique » (1)

    Il faut bien l’admettre : le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti a provoqué l’effondrement de notre capitale et d’autres régions du pays, causant morts, blessés, sans abris et traumatises. Mais il a aussi comme résultat et comme constat : l’effondrement de l’État.

    C’est d’un État fragile qu’il s’agit. Un État ayant du mal à se démocratiser et étant incapable de développer les infrastructures nécessaires et d’organiser l’offre de services de base à sa population. Un État qui avec peine commençait à rétablir la sécurité avec ses 14.000 policiers et l’aide des Nations Unies. C’est cet État en faillite qui serait appelé à faire face à l’immense tache de reconstruction du pays.

    Il nous faut, pour répondre aux besoins du pays et de la population, profiter de l’opportunité pour repenser et redéfinir l’État.

    De quel État avons-nous besoin ?

    Nous avons besoin d’un État capable de faire face à la situation grave et complexe dans laquelle le pays et le peuple d’Haiti se trouvent aujourd’hui suite au désastre du 12 janvier dernier. Dans cette nouvelle conjoncture, il nous faut dépasser toute vision réductrice car l’État ce ne sont plus les occupants du palais présidentiel d’ailleurs sérieusement endommagé et désaffecté, ce ne sont plus les différents ministères réduits en poussière et leur personnel désorganisé et désorienté, ce ne sont plus les sénateurs, les députés et le personnel du corps judiciaire incapables de fonctionner. Ce n’est même plus le corps de police en formation. L’État, ce devrait être l’ensemble des forces vives et saines de la nation organisées autour des taches de reconstruction et de leaderships compétents et dévoués à la cause du pays.

    Le consensus aujourd’hui est qu’un État performant est une condition nécessaire à la reconstruction et au relèvement des pays ou l’État a failli. Cette vision est encore plus valable dans les circonstances actuelles.

    La société civile

    La société civile organisée et à organiser doit être amenée à participer aux taches de l’État plus que jamais fragilisé et défaillant si nous voulons éviter et contenir le chaos et la violence anarchisante et être capables de nous atteler à la tache en tant que partenaires de la solidarité internationale qui s’offre à nous aujourd’hui si généreusement.

    Sortir de la mentalité « lakou »

    La vision de l’État en tant qu’instrument d’un pouvoir personnel au service d’un clan ou d’un petit groupe doit s’effacer pour céder la place à un État démocratique au service de la collectivité. Il nous faut sans tarder sortir de la logique de « chasse gardée », de la mentalité « lakou », qui ont marqué nos gouvernements trop souvent dictatoriaux et prédateurs. Il nous faut plutôt favoriser la collaboration et la coopération par la mise en commun des ressources et des compétences. Il faut une synergie des compétences et des ressources.

    Entrer dans la modernité

    L’opportunité s’offre à nous d’entrer aujourd’hui dans la modernité par le dépassement des éléments négatifs de notre mentalité et de nos pratiques, causes de notre sous-développement chronique et de la faillite de nos institutions.

    Entrer dans la modernité, c’est aboutir à la conception et la constitution d’une autorité centrale compétente et démocratique de gestion et d’exécution ; c’est avoir une administration publique performante, soucieuse d’une culture de résultats ; non corrompue, efficiente, transparente et comptable ; c’est penser la préparation et le renouvellement des cadres par la formation dans le but d’assurer la reconstruction et de créer un nouveau leadership ouvert sur le monde et conscient de ses responsabilités personnelles et sociales, avec la capacité de solutionner les problèmes complexes qui se posent.

    Identifier nos forces

    L’opportunité se présente d’identifier nos forces et nos faiblesses afin de pouvoir capitaliser sur les premières et éradiquer les dernières. Nos forces, c’est notre culture qui représente un potentiel pour le développement d’activités créatrices de richesses et le renouvellement de notre identité et de notre dignité ; ce sont nos ressources humaines, notre capital humain dans lequel il nous faut davantage investir en mettant sur pied des programmes d’éducation de qualité et en se souciant de la santé de la population comme de son bien-être ; nos forces, c’est notre éthique de travail sur laquelle nous devons reposer pour créer des emplois, de la richesse et des biens.

    Utiliser nos ressources au sens large

    Les ressources financières externes ne sont jamais suffisantes en elles-mêmes pour catalyser le développement durable. Il faut envisager les ressources dans le sens large. Notre pays quoique pauvre possède des ressources potentielles et par le pouvoir de l’imagination peut en créer de nouvelles. (Ghani et Al, 2008).

    Il ne faut pas négliger par exemple les contributions de nos expatriés qui peuvent investir dans le pays d’une façon plus profitable. La richesse de notre secteur privé qui, à l’heure actuelle, est exportée peut être investie dans la création d’emplois dans le pays même, en collaboration avec l’investissement étranger dont l’intérêt se manifeste. Et, par-dessus tout, la résilience, la créativité et la grande capacité d’adaptation de notre peuple peuvent être mises à contribution de même que sa volonté de participation par le travail, le bénévolat, qui doit être récompensée à sa juste valeur.

    Notre force réside aussi dans la valorisation que nous accordons en tant que peuple à l’éducation conçue comme moyen de la mobilité sociale et de la réussite. Il est plus que temps d’encourager ces valeurs positives qui tendent à se perdre.

    Encadrer et mobiliser nos jeunes

    Notre jeunesse, qui représente plus de 60% de la population, livrée à elle-même, représente notre avenir. Elle devrait être encadrée, préparée, formée et mobilisée. Elle doit s’impliquer, participer à travers ses organisations dans les taches de reconstruction et de développement. Notre jeunesse est la source d’où viendront les leaders et les cadres de demain qui prendront en charge la relève devant assurer la réalisation et la continuité de la reconstruction.

    Supporter et encourager nos compétences

    Notre potentiel de leadership, nos talents et nos intelligences, ne peuvent être abandonnés : « leadership needs to be nurtured at all levels of society, in government and business, from the village to the presidency, the workshop to the boardroom” (ibid). Nos leaders, nos compétences doivent être appelés à participer et à donner le meilleur d’eux-mêmes et d’elles-mêmes. La valorisation du mérite et de l’excellence doit être priorisée ; la criminalité, l’immoralité et l’impunité condamnées et combattues.

    Notre nation et la communauté globale sont à un moment critique. Un défi se présente à nous qui nous pousse à questionner nos façons établies de concevoir et d’agir. Notamment notre compréhension de l’État et les pratiques qui en découlent. La façon dont nous posons les problèmes et les solutions que nous proposerons détermineront notre succès ou notre échec.

    Nous devons pouvoir saisir les opportunités qui s’offrent à nous. Notre nation a sans aucun doute besoin de la solidarité internationale et de la constitution d’un fonds de reconstruction estimé à plusieurs milliards de dollars, mais elle possède aussi d’autres capitaux tels que sa culture, ses ressources humaines, sa volonté de travailler …qu’il faut aussi considérer et utiliser pour créer un État performant qui servira de véhicule à la prospérité et à la sécurité ; sinon nous serons toujours dans la spirale de la pauvreté et de l’instabilité.

Note :

(1) Ghani, A. & Lockhart, C., Fixing Failing States, a Framework for Rebuilding a Fractured World, New York : Oxford University Press. 2008.

Source : AlterPresse - http://www.alterpresse.org

Terres et conflit : extraction des ressources



Par Inter Pares, septembre 2009

droits de la personne et responsabilité sociale des entreprises :
les sociétés canadiennes en Colombie

Nécessité de l’étude

L’investissement étranger direct canadien en Colombie a augmenté sensiblement depuis les années 1990, notamment dans les télécommunications, les mines et l’extraction de combustibles fossiles. Les sociétés minières et pétrolières canadiennes jouent un rôle majeur en Colombie. Les zones où se concentrent leurs activités, riches en minerais et en pétrole, ont été – et sont toujours – aux prises avec la violence, les déplacements de population et les activités paramilitaires. De fait, c’est dans les régions riches en ressources que l’on constate 87 % des déplacements forcés, 82 % des violations des droits de la personne et du droit humanitaire international, et 83 % des meurtres de dirigeants syndicaux. La gravité de la violence et la présence de groupes armés illégaux font craindre que l’investissement canadien profite du conflit ou qu’il en soit complice.  Maria McFarland Sánchez-Moreno, principale chercheuse pour les Amériques de Human Rights Watch, a déclaré dans son témoignage devant le Congrès des É.-U. le 12 février 2009 : « Malgré le tableau idyllique de la situation des droits de la personne que brossent souvent des représentants de l’État colombien, il y a encore aujourd’hui en Colombie des violations généralisées des droits de la personne – exécutions extrajudiciaires de civils, disparitions forcées, enlèvements, utilisation d’enfants-soldats et de mines antipersonnel, extorsion et menaces.  Le controôle des terres, de la main-d’œuvre et des ressources naturelles fait partie intégrante de la guerre et de la violence en Colombie et le pays a été le théâtre de déplacements et de meurtres massifs à des fins économiques et politiques au cours des dernières décennies. Il y a des corrélations frappantes entre les sites d’investissement (national et étranger) et les violations des droits de la personne, à partir des meurtres et massacres jusqu’au vol massif des terres et de la propriété, en passant par les violations du droit de circuler librement et du droit à un environnement sain.


Toute le dossier à lire (en PDF) :  Terres_et_conflit.pdf

« L’Amérique Latine exorcise la culture de l’impuissance »



Interview d’Eduardo Galeano, le 8 janvier 2010 

L’auteur et le journaliste uruguayen Eduardo Galeano consacré il y a presque 40 ans avec le livre "Les veines ouvertes de l’Amérique latine", l’oeuvre que le président vénézuélien, Hugo Chavez, a choisie de donner à son homologue américain , Barack Obama. Mais la fascination que Galeano éveille subsiste jusqu’à aujourd’hui. Un témoignage quotidien de cette admiration : pendant l’entrevue, qui s’est déroulée dans un café de Buenos Aires, un homme s’est approché avec discrétion avec sa fille et il s’est assis à une table proche pour pouvoir l’écouter. Son dernier livre "Miroirs", parle d’un monde contradictoire qui a de la peur de se voir, et de se reconnaitre.

Comment vous définissez l’Amérique latine ?

C’est une terre de rencontres de beaucoup de diversités : de culture, religions, traditions, et aussi de peurs et d’impuissance. Nous sommes différents dans l’espoir et dans le désespoir.

Comment cette variété influence le présent ?

Durant ces dernières années il y a un processus de renaissance latino-américaine dans lequel ces terres du monde commencent a se découvrir elles-mêmes dans toute leur diversité. Ce que l’on a appelé découverte de l’Amérique a été, en réalité, une dissimulation de la diversité de la réalité. L’Amérique est l’arc-en-ciel terrestre, qui a été mutilé durant quelques siècles de racisme, de machisme et de militarisme. Ils nous ont laissé aveugles de nous-même. Il est nécessaire de récupérer la diversité pour célébrer le fait que nous sommes plus [NDT : divers, riches, complexes] que ce qu’ils nous ont dit.

Cette diversité peut-elle être un empêchement pour l’intégration ?

Je crois que non. Toute unité fondée sur l’unanimité est une fausse unité qui n’a pas d’avenir. La seule unité digne de foi est l’unité qui existe dans la diversité et dans la contradiction de ses différentes parties. Il y a un triste héritage du stalinisme qu’on a appelé "socialisme réel" tout au long du 20° siècle, cela a trahi l’espoir de millions de personnes justement parce qu’on a imposé ce critère, celui que l’unité c’est l’unanimité. On a confondu ainsi la politique avec la religion. On a appliqué des critères qui étaient habituels dans les temps de la Sainte Inquisition, quand toute divergence était une hérésie digne de punition. Cela est une négation de la vie. C’est un sort de cécité qui t’empêche de te mouvoir parce que le moteur de l’histoire humaine est la contradiction.

La diversité peut-elle établir des chemins irréconciliables de vie ?

Non jamais. En tout cas, il ne faut pas avoir peur de la vérité de la vie. Il faut la célébrer, parce que meilleur de la vie c’est sa diversité. Le système qui domine la planète nous propose une option très claire. Il faut choisir, de voir si tu désire mourir de faim ou d’ennui. Je ne veux mourir d’aucun des deux. Le système dominant d’aujourd’hui nous impose une vérité une seule, une seule voix, la dictature de la pensée unique qui nie la diversité de la vie et qui par conséquent la rétrécit, elle la réduit à presque rien. Le meilleur de ce que le monde a réside dans la quantité de mondes qu’il loge, et cela vaut à son tour pour l’Amérique latine. Le meilleur d’elle c’est la quantité des Amériques qu’elle contient.

Vous parliez d’une redécouverte latino-américaine. Un exemple ?

La Bolivie, avec Evo Morales, elle a redécouvert sa diversité avec beaucoup de dignité et avec la fierté de dire : « Nous sommes divers, et sommes indigènes. Mais non seulement indigènes. Nous sommes divers ». Il est évident que la Bolivie est un pays comme le Paraguay, et jusqu’à un certain point l’Uruguay, soumis dans une certaine mesure au poids asservissant des grands voisins, et surtout du Brésil, qui s’oppose actuellement à ce que chaque pays ait un vote dans la Banque du Sud.

Quelle est la force de ce projet ?

La Banque du Sud est la base financière de l’unité latino-americaine, un projet de Chávez certainement. Il est né comme une réponse à la dictature financière du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, où n’existe pas le système « d’un pays, un vote ». Les votes dépendent du capital investi : tant d’argent, tant de votes, de sorte que le Fonds est dirigé par cinq pays, et la Banque par huit, même si l’un est appelé Mondial et l’autre International.

Peut-il récupérer un fonctionnement démocratique ?

C’est très difficile, pour la simple raison que la démocratie a été plus formel que réelle dans les processus historiques latino-americains. Et dans les démocraties, pour qu’elles le soient vraiment, elles ne doivent pas régir des relations verticales ou hiérarchiques, où il y a une autorité et des exécutants. Elles doivent être horizontales, solidaires, égales entre elles capables de se respecter et de se reconnaître, parce que la vérité c’est que nous ne nous connaissons pas. Nous devons nous connaître pour commencer à nous reconnaître, pour savoir tout ce que nous pouvons apprendre de l’autre. Depuis la conquête espagnole nous avons été formés par des empires successifs à l’ignorance mutuelle, au divorce et à la haine mutuelle. La spécialité latino-americaine est la guerre entre voisins.

Le Brésil peut faire valoir que, puisqu’il est plus grand, il doit avoir davantage de voix ?

Cela part de la base dont la grandeur coïncide avec grandiloquent. Mon expérience m’a enseignée que la grandeur n’habite pas le grandiloquent. Elle est dissimulée dans les gens anonymes, dans le jour après jour qui paraît insignifiant et indigne d’attention. Le grandiloquent est généralement très mesquin et avec un petit esprit. Je ne veux pas dire que le Brésil ait un petit esprit, mais il ne faut pas confondre où est la grandeur brésilienne, qui réside parmi les moins bien traités de ses citoyens.

Des héros anonymes ?

Dans une conversation on m’a demandé quel était mon héros préféré. J’ai dit : « Le jour où j’allais à l’aéroport pour entamer ce voyage j’ai pris un taxi, et j’ai discuté avec le conducteur. Le chauffeur travaillait dans le taxi entre 10 et 12 heures par jour, mais ensuite il avait un autre emploi. Il dormait entre trois et quatre heures par jour pour donner à manger à son fils. Pour lui les dimanches n’existaient pas, il ne se rappelait pas non plus à quoi ils ressemblaient ». Celui-là est mon héros préféré.

Avant on disait que le moteur de l’histoire humaine est la contradiction. Croyez-vous qu’il y ai des contradictions nuisibles ?

Il ne doit pas être ainsi. Toute contradiction est un signal de mouvement. En effet il y a des injustices objectivement nuisibles. En Amérique latine, l’abîme qui sépare ceux qui ont de ceux qui sont dans le besoin, à la minorité dominante de la majorité dominée, est chaque fois plus grand. L’Amérique Latine est une région inégale dans un monde chaque fois plus injuste, où ceux qui sont affamés dépassent le milliard de personnes.

Observe-t-on de nos jours un changement significatif en Amérique latine ?

Oui. Il se produit quelque chose de très beau, qui est une sorte d’exorcisme collectif des vieux démons. Et d’autres nouveaux aussi. Un de ceux qu’a laissé l’héritage colonial a été la culture de l’impuissance, qui te met l’idée dans la tête que « il n’est pas possible » de changer les choses. Et cela vaut pour les pays pauvres et pour ceux qui sont riches. Parce que le Vénézuéla est un pays objectivement riche, il a du pétrole, mais ce concept de l’impuissance y a été intériorisé c’est un fait contre lequel le pays essaye maintenant de combattre. C’est un combat difficile, parce que la culture du pétrole forme pour acheter et non pour créer.

Qu’est-ce que vous voulez dire ?

On te forme avec l’idée qu’il ne faut pas travailler pour créer des choses si l’on peut les consommer. C’est la culture de consommation, non de création. Née de la culture de l’impuissance, qui est la pire des héritages coloniaux. Il t’enseigne à ne pas penser avec ta tête, à ne pas sentir avec ton propre coeur, et à ne pas bouger avec tes propres jambes. On te forme pour marcher en chaise roulante, pour répéter des idées étrangères et pour éprouver des émotions qui ne sont pas tiennes.

Les gauches de l’Amérique latine sont-elles différentes ?

Il y a de tout, par chance, justement parce que nous sommes divers. C’est pourquoi c’est très injuste de généraliser, surtout quand la généralisation proviend de regards étrangers, qui regardent te jugent, et en te jugeant te condamnent. Il y a un complexe de supériorité qu’ont les pays dominants dans le monde, qui imposent les conditions pour obliger les autres à passer les examens de la démocratie, qui sont les grands enseignants pour décider qui est démocrate et qui ne l’est pas, quels processus sont bien et lesquels sont mauvais. Et quand ces professeurs de démocratie viendront nous juger, nous surveiller depuis dehors et nous condamner à l’avance, ils exerceront un droit de propriété qui est l’un des droits les plus répugnants.

Quelles différences y-a-t-il entre les présidents du Vénézuéla, de l’Équateur et de la Bolivie ?

Beaucoup, parce qu’ils sont des expressions de trois pays différents. La liste des différences est interminable. Mais la liste des coïncidences entre les pays qui cherchent des chemins de libération après des siècles d’oppression et de négation d’eux-même n’est pas tellement interminable. Ce sont les expériences différentes de trois pays qui décident de cesser de cracher sur le miroir, d’arrêter de haïr leur propre image, de se permettre de regarder avec les yeux de ceux qui les méprisent.

Quel rôle accomplit le Brésil dans ceci ?

Un rôle très important, mais le problème c’est la tentation d’un mot abominable : le leadership. Tous les pays s’attribuent l’intention de l’exercer et cela génère des relations contaminées par l’ordre hiérarchique qui nie l’égalité de droits. Je ne veux que personne soit mon leader. Je ne veux pas commander ni être commandé. Je ne suis pas né pour obéir. Je suis né pour exercer ma liberté de conscience. Je ne peux pas accepter l’idée que parmi les personnes ou parmi les pays il y ait des conducteurs ou des conduits. Il faut aller vers une société vraiment libre.

Qu’est-ce que vous pensez de la réélection présidentielle ?

Je n’aime pas beaucoup, parce que cela implique un certain attachement au pouvoir et cela n’est recommandable en aucun cas. Le pouvoir en lui, bien qu’il soit un petit pouvoir, empoisonne assez l’esprit. Je sais qu’il faut l’exercer, mais en sachant qu’il est dangereux. Le pouvoir produit des monarchies, des pouvoirs absolus, des voix qui n’écoutent que leurs propres échos incapables d’écouter d’autres voix.

D’où convient cette tentative de se perpétuer dans le leadership ?

En Europe on l’attribue à l’héritage du caudillisme en Amérique latine, au sous-développement, à l’ignorance, à notre tendance au populisme et à la démagogie. Mais il faut regarder l’histoire des pays dominants pour voir jusqu’à quel point eux ils ont été soumis à la volonté, par exemple, d’un type complètement fou comme Hitler. C’est invraisemblable : dans le pays le plus cultivé d’Europe, des millions de personnes l’acclamaient. Et les leaders de maintenant, Qu’est-ce qu’ils pensent venir nous enseigner ? L’Uruguay a une démocratie plus ancienne que la majorité des pays européens. Et en matière de droits de l’homme, il a conquis avant les Etats-Unis et beaucoup de pays européens la journée de travail de huit heures, le droit au divorce, et l’éducation gratuite et obligatoire.

Pourquoi y-a-il à peine des relations entre l’Amérique latine et l’Afrique ?

C’est un scandale. Cela provient du système éducatif et des moyens de communication. Dans la majorité des pays de l’Amérique latine il y a une influence africaine énorme : dans la cuisine, le sport, le langage, l’art. Et toutefois, de l’Afrique, nous ne savons rien.

Pourquoi ?

Par racisme. Nous savons ce que nos maîtres de siècle en siècle ont voulu que nous sachions, et de de nous nous ignorons presque tout parce que cela leur convenait. Par exemple, cela ne leur convenait pas que nous sachions que ces esclaves qui sont arrivés de l’Afrique chargés comme des choses apportaient leurs dieux, leurs cultures. De toute façon, le problème avec l’Afrique né du racisme et de l’exploitation esclavagiste n’est pas latino-americaine, mais de toutes les Amériques. C’est pourquoi l’élection d’Obama m’a paru digne d’être célébrée, bien qu’ensuite ce qu’il a fait ne me convainque pas trop.

Que représente Obama ?

Un de mes enseignants, don Carlos Quijano, avait l’habitude de dire : « Tous les péchés ont une rédemption. Tous sauf un. Il est impardonnable de pécher contre l’espoir ». Avec le temps j’ai appris combien il avait raison. Regrettablement, Obama pèche contre l’espoir que lui-même a su réveiller, dans son pays et dans le monde. Les frais de guerre ont augmenté, ils dévorent maintenant la moitié de leur budget. Une défense contre qui, dans un pays envahi par personne, qui l’a envahi et continue à envahir presque tous les autres ? Et le comble, cette blague de mauvais goût : recevoir le prix Nobel de la Paix en prononçant une éloge à la guerre.

Quelles sont, à son avis, les peurs du 21° siècle ?

L’art de raconter est né de la peur de mourir. C’est dans les mille et un des nuits. Chaque nuit, Sherezade racontait une nouvelle histoire pour un nouveau jour de vie. Mais je crois aussi que la peur de vivre est pire que la peur de mourir. Et il me paraît que l’affaire, dans ce monde et en ce temps, est celle-là : la peur de se souvenir, la peur d’être, la peur de changer. Soit : la peur de vivre.

Vous voyez un exemple de cette peur dans le Sommet de Copenhague ?

Les assassins de la planète versent de temps à autres une larme, pour que les déargentés sachent qu’eux aussi ils ont un petit coeur. Mais c’est du pur théâtre. Ils savent bien que les modèles de vie d’aujourd’hui, qu’ils imposent, sont des modèles de mort. Je me demande vers quelle planète iront ceux choisis par le Seigneur quand ils auront fini d’exploiter la Terre jusqu’à la dernière goutte.

Source : Prensa Rural : http://prensarural.org/

CONFERENCE MONDIALE
DES PEUPLES SUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
 


Evo Morales Ayma, le 5 janvier 2010,
Président de l'État Plurinational de Bolivie

- Considérant que le changement climatique représente une menace réelle pour l’existence de l’humanité, des êtres vivants et de notre Terre-Mère telle que nous la connaissons aujourd’hui;
 
- Constatant le grave péril pour les îles, les zones côtières, les glaciers de l’Himalaya, les Andes et les montagnes du monde, les pôles, les régions chaudes comme l’Afrique, les sources d’eau, les populations affectées par les désastres naturels croissants, les plantes et les animaux, et tous les écosystèmes en général.
 
- Etant évident que les plus affectés par le changement climatique seront les plus pauvres de la planète qui verront leurs foyers détruits, ainsi que leurs moyens de survie et seront obligés de migrer et de chercher refuge ;
 
- Confirmant que 75% des émissions historiques de gaz à effet de serre proviennent des pays irrationnellement  industrialisés du Nord;
 
- Regrettant l’échec de la Conférence de Copenhague dû à la responsabilité des pays appelés  « développés » qui ne veulent pas reconnaître la dette climatique qu’ils ont envers les pays en voie de développement, les futures générations et la Terre-Mère;
 
- Réaffirmant la nécessité de lutter pour la justice climatique;
 
- Reconnaissant la nécessité d’assumer des actions urgentes afin d’éviter de plus grands désastres et souffrances à l’Humanité, à la Terre-Mère et de rétablir l’harmonie avec la nature;
 
- Et célébrant la Journée International de la Terre-Mère,
 
Le gouvernement de l’Etat Plurinational de Bolivie convoque les peuples et mouvements sociaux et les défenseurs de la Terre-Mère du monde, invite les scientifiques, académiciens,
juristes et gouvernements qui souhaitent travailler avec leurs peuples à la Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre-Mère qui aura
lieu du 20 au 22 avril 2010 à Cochabamba en Bolivia.
 
La Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre- Mère a pour objectifs :
 
1 -  Analyser les causes structurelles y systémiques qui provoquent le changement climatique
et proposer des mesures de fond qui rendraient possible le bien-être de toute l’Humanité
en harmonie avec la nature.

2 - Discuter et se mettre d’accord sur le projet de Déclaration Universelle des Droits de la
Terre-Mère.

3 - Se mettre d’accord sur les propositions de nouveaux engagements pour le Protocole de
Kyoto et pour les futures décisions de la Convention Cadre des Nations Unies sur le
Changement Climatique. Ces propositions guideront l’action des gouvernements engagés sur la voie des négociations à propos du changement climatique et dans toutes les sphères des Nations Unies sur les thèmes suivants :
 
a) dette climatique.
b) migrants-réfugiés du changement climatique.
c) réduction des émissions.
d) adaptation.
e) transfert des technologies.
f) financement.
g) forêts et changements climatiques.
h) vision partagée.
i) peuples indigènes
j) autres.
 
4 - Travailler pour organiser un Référendum Mondial des Peuples sur le changement
climatique.
 
5 - Analyser et tracer un plan d’action en vue de la constitution d’un Tribunal pour la Défense
du Climat.
 
6 - Définir les stratégies d’action et de mobilisation pour la défense de la vie face au
changement climatique et pour les Droits à la Sauvegarde de la Terre-Mère.

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