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Le grenier
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Lionel Mesnard


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 "C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches."  Victor Hugo


Sommaire de la page d'entrée

1 - L’hypocrisie française ou la tentation Vichyste?
2 - "L'agressivité compétitive", entretien avec Henri Laborit et autres sources.
3 - Séductions et passerelles de l’extrême droite au sein de la société française
4 - Trouver les mots justes et le chemin de la raison ? & Boris Cyrulnik sur la menace totalitaire
5 - Liberté, égalité, fraternité et altérité : Charlie n'est pas raciste !
6 - Projet de loi Macron : un néocapitalisme très conforme
7 - Etats Généraux du Ps : une charte et quelques incantations !
8 - La vie du site : dernières infos








L’hypocrisie française
ou la tentation Vichyste ?



S’il n’y avait que la politique économique de la France à critiquer, nous pourrions presque être attentif, en l’attente d’un frémissement, soutenant avec légèreté le versement de 40 milliards d’euros au patronat, sans omettre les 15 milliards déjà distribués dans le cadre du CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi). Les totaux nous donnant 55 milliards consacrés aux entreprises et quelques miettes de redistribution pour les particuliers. Le résultat se fait attendre, la question est ailleurs. Elle pose pour délicate interrogation, si rien ne vient et cela fait depuis 2010 (que la situation est ainsi sur une pente de mesures d’austérité), dans ce cas où est la différence ?

Ceux qui voudraient nous faire croire que la courbe du chômage va s’inverser, ils ont de quoi se soucier, car même avec 1,7% de croissance prévu pour l’an prochain, cela ne bougera guère. Le flot des inscrits comme chômeurs certes se stabilisera. Mais pour qu’il existe des vraies créations d’emplois et en nombre important, il faudrait au moins 2,5% de croissance, comme sous Lionel Jospin (avant 2001) et nous en sommes loin. Pour résoudre ce problème épineux, de 5 millions de demandeurs d’emplois, ou en réalité l’enjeu de sortir 10 millions de personnes de la misère ou vivant avec moins de 900 euros par mois, soit près d’un sixième de la population.

Nous avons atteint un niveau de pauvreté record, qui fait que même avec un salaire médian de 1250 euros net par mois on boucle difficilement ses fins de mois… La stagnation des bas salaires, cumulée à une précarisation du travail et de la première difficulté d’en trouver n’ouvre aucune perspective de changement. Et encore ce petit bond de croissance, nous le devons en partie à une baisse des prix des produits énergétiques, comme le pétrole ou la gaz. De plus, cette chute des coûts sur les produits carbonés, n’est pas une bonne nouvelle à quelques mois de la conférence sur l’environnement, qui se tiendra à Paris en décembre.

Nous allions rentrer dans un cycle déflationniste, c’est en soit la seule bonne nouvelle du moment, mais rien de plus. Néanmoins, le logement (3 millions de personnes dans des logements insalubres), l'éducation (150.000 jeunes exclus chaque année), la justice sociale (néant)  et justice tout court (blocage), ne sont pas mieux traités, le rapport rendu sur la politique étrangère de la France sur le continent africain et en particulier dans l’espace francophone n’est pas une surprise (1). Il y a de quoi est abasourdi par le niveau d’impréparation de nos gouvernants et l’hypocrisie régnante.

Je ne sais si le niveau baisse dans l’éducation nationale, on me chantait déjà ce doux refrain sur les bancs du collège… Cependant, c’est le niveau intellectuel de nos élites qui posent un sérieux problème, plus exactement ce système de reproduction social est manifestement ce qu’il faut changer, et pose la question d’un nouveau pacte républicain et progressiste. 

Emmanuel Todd, ne sera pas non plus des invités dans nos hauts lieux de pouvoirs qui tergiversent entre le show et le néant de la pensée. Cela vaut pour tous les intellectuels, qui ont une analyse à exposer ou à exprimer et en des termes peu cordiaux. Faut-il être lu ou compris? accepter que les critiques parlent d’un ordre social inégalitaire, ou les derniers arrivants et pas seulement devraient se flageller et chanter à l’unisson « l’esprit du 11 janvier ». La grande mascarade est finie. Cela a un nom, l’hypocrisie française et son Vichysme de circonstance.

Quand un éminent spécialiste explique très sérieusement que les fascismes européens et notamment français ont disparu après 1945, il y a de quoi rester cloué sur sa chaise. Se dire que ce monsieur chercheur n’a jamais mis les pieds en Amérique latine et qu’il n’a pas compris chose des cartes et structures familiales auquel fait référence Emmanuel Todd. Et qui de plus fonctionne de concert avec la contre-révolution "made in Usa" se nourrissant d'un pseudo choc des civilsations.

Passons, car à ce niveau de vide, il vaut mieux au quotidien, faire ses propres recherches, et si je ne partage pas tous les propos de Todd, pourtant il me confirme, voire valide l’idée d’un pétainisme rampant, et puant à l’exemple du fichage de gamins selon leurs origines « ethniques ». Fait par un homonyme et maire bleu schtroumpf dans le sud-est de la France. Ce délire identitaire nous renvoie tous à nos origines, sans que nous ne sachions pas toujours de quoi, il est fait part.

Ce pays, s’il connaît une division, elle touche un centre névralgique de son histoire, qui nous désigne comme contemporain de la Révolution française de 1789 à 1795, dois-je souligner. Dire ou supposer que la contre-révolution est en marche en France n’est pas une vue de l’esprit. Et c’est tout l’édifice qui est menacé, car sur le terrain de la morale, cela fleure bon la même souche réactionnaire.

Si Emmanuel Todd n’y va pas avec le dos de la cuillère, c’est que le constat social est alarmant et le contrat républicain est rompu. Les « brigands », la « populace » sont de retour ! C’est ainsi que l’on désigna à la chute de l’ancien régime tous ceux qui se soulevèrent contre les privilèges, les fameux sans culottes. Le problème serait de résoudre en plus des questions sociales, d’arrêter de renvoyer de génération en génération les plus pauvres dans les périphéries urbaines, et cela n’a rien de nouveau.

Paris au dix-septième siècle a déjà sa « banlieue », ses faubourgs en sont son illustration, plutôt que de nous fourguer une histoire officielle  pompeuse et ridicule sur le beau monde, faudrait-il nous narrer l’histoire de vingt millions de français. Soixante quinze pour cent de la population se trouve sous un régime féodal, parce que paysan, auquel va se surajouter le centralisme et l’absolutisme, la surveillance de la population et la censure. C’est contre cet ordre que les « révolutionnaires » se sont révoltés et ce que l’on appelait « la gueuserie », les nouveaux invisibles ont le même visage et peu importe d’où ils viennent, ils sont toujours mis à distance.

Je n’aime pas le terme « islamophobie », il ne s’agit pas de peur mais de haines indistinctes anti-tout, qui ne se contiennent plus à l’enceinte familiale et sont choses courantes dans la vie de tous les jours. Cela vous revient comme d’une mauvaise tarte à la crème, et qu’ai-je à faire de cette hypocrisie sociale, ou le mérite ne pèse pas lourd, exemples quotidiens de l’indifférence bon teint ou des larmoiements passagers. L’école n’est pas là pour désigner du doigt et la laïcité, c’est avant tout le respect des convictions de tous, quitte à remettre les pendules à l’heure, s’il se manifeste une volonté d’imposer une coutume religieuse ou un ordre politique. Pas de faire l’objet d’une polémique et voir la figure de la demoiselle dans les médias, et les ultras de l’UMP surfer sur la vague des ressentiments et du racisme ambiant.
 
Comment ne pas être exaspéré par cet usage régulier d’individu pris dans cette mélasse coutumière des médias de masse? Avant hier, c’était les petits pains aux chocolats… De nouveau, une gamine de 15 ans épinglée pour une histoire de robe, la vacuité de la chose laisse pantois, toutefois, entendre Emmanuel Todd se rappeler qu’il est juif face aux événements, le nauséeux refait surface. Parce que ces oppositions entre communautés sont le fait de qui ? A qui profite le crime ?

Je suis bien conscient que ces faux affrontements religieux servent toutes les thèses essentialistes, il faut toujours un bouc émissaire et les faux républicains s’agitent et rependent leur venin. Il devient compliqué d’expliquer à la face du monde, la nature de nos politiques xénophobes dans l’hexagone. Roms, gens du voyage, enfants et petits-enfants d’immigrés, juifs et musulmans et pauvreté, voilà le délitement d’une nation qui fait froid dans le dos et tout son corollaire anti-humain.

En d’autres termes et partant d’une sociologie du réel, la mixité entre riches et pauvres, ça n’existe pas, ou comme l’a écrit Roland Jaccard (2), ce sont toujours les enfants de bourgeois qui veulent dormir sous les ponts… Comme ce phénomène de « gentrification » qui pousse les loyers et mètres carrés des quartiers populaires dans Paris ou limitrophes à atteindre des prix sommets, et la ville hors parc HLM se vidant de ses populations ouvrières depuis belle lurette. Bon « bobos » bourgeois bohèmes parisiens dormez bien, vous avez manifesté pour renforcer l’ordre et les « Bonaparte » d’opérette de L’UMPSFN le 11 janvier 2015. Mais surtout vous aidez un ordre inégalitaire à gagner, le vôtre, celui de votre petit confort mesquin et vos cafés où vous vivez entre-vous.

Du bourgeois petit et grand qui veut du Paris populaire pour asseoir sa bonne conscience de gôche s’entassant à des terrasses muni de leurs laisses, l’œil rivé, sur des messages vides de poésies et d’amour. De bonnes gens bien propres et bien conformes qui consomment et font flamber les prix des quartiers des désargentés. Comme au Chiapas au Mexique, ces touristes agissent de même, parce que ce niveau de bêtise est universel, tout est dans l’apparence et la suffisance des discours. Et le Tiers exclu est renvoyé au loin, très loin derrière les mégas surfaces commerciales, au sein des quartiers de la nouvelle « zone » d’exclusion sociale et morale de la bourgeoisie parisienne.

En résumé, non seulement cela ne peut plus durer, et que cela bascule d’un côté ou d’un autre, cela ne changera rien, sauf à charger les plus en difficulté. Tant que les citoyens dans leur ensemble ne seront pas associés ou capables de lever les yeux du guidon économique, ou vers quoi allons-nous? C’est-à-dire quel modèle de société ? si la perspective est de se fondre dans le moule dominant, le contrat social et républicain est mort. Dans ce cas, les menaces de « guerre civile », que certains ultras font peser dans le débat public reste entier. Ou à brève échéance il faudra conseiller l’exil? parce qu’il y a de quoi avoir honte de cette situation de délabrement de nos institutions et cette montée progressive de nos vieux maux français: racismes et xénophobies d’état.

Je vous laisse en guise de conclusion, 3 vidéos avec Emmanuel Todd  (environ 1h00) pour comprendre ce qui nous pend au nez dans un aspect purement intellectuel. Comme j’ai pu lire dans le Monde, Emmanuel Todd fait du « Charlie », oui dans une perception libre de critique. Je ne reprendrais que les interrogations de Jean-Luc Godard sur ce « je suis », qui ne veut rien dire, si nous en oublions toutes ses conjugaisons.


Billet de Lionel Mesnard, le 8 mai 2015


Notes :

1 - Rapport de l'Assemblée nationale sur le politique étrangère de François Hollande en Afrique : Cliquez ici !

2 - Le blog et site de Roland Jaccard : Cliquez ici !



PS : L’ analyse des cartes et structures familiales sonne très juste, ce que dit Emmanuel sur les régions qui ont suivies Vichy pointe le problème d'une pays divisé et qui a conservé ses bonnes vieilles traditions inégalitaires et autoritaires. Ce qui empêche justement tout influx républicain, vive la sociale !


A suivre de préférence par ordre des vidéos :

1 - Herodote.net : Cliquez ici !

France-Inter (mai 2015), 2 vidéos en ligne :

2 : Cliquez ici !
3 : Cliquez ici !


« L'agressivité compétitive »


Vous trouverez ci-après un entretien que j'ai pu découvrir sur le blog "Eloge de la suite" de Bruno Dubuc, qu'il a lancé l'an dernier à l'occasion du centenaire de la naissance du docteur Laborit. N'ayant pas eu le temps de rédiger un texte à cette occasion, je vais tenter dans le cadre de sa cent-unième année, de compléter la page le concernant de quelques éléments sonores et écrits, dont l'article suivant sous format Pdf. Vous trouverez ainsi les cinq émissions de Radio Libertaire et des éléments biographiques, que j'ignorais jusqu'alors sur Henri Laborit.

Bonnes lectures !

Lionel Mesnard, le 15 mars 2015
ENTRETIEN AVEC HENRI LABORIT
par Hélène Barrère

Extrait du n°2 de la revue « Itinérances », parue en novembre 1986.
Dans le cadre d’un dossier intitulé « Vaincre la peur ».


Dans cet article contradictoire, le professeur Laborit nous expose ses doutes quant à la finalité de l'être humain. Apparaissent ainsi les hésitations d'un savant "athée" qui conçoit le cosmos dans sa complexité, mais bute sur les concepts métaphysiques.

· Vous avez écrit que pour vous, vie sociale et agressivité étaient synonymes?

Il y a différentes formes d'agressivité. Mais chez l'Homme, il n'y en a qu'une, c'est l'agressivité compétitive. Que vous soyez homme ou animal, quand vous rencontrez quelque chose qui est dangereux pour le maintien de votre structure, de votre bien-être, de votre équilibre biologique, vous fuyez ou vous luttez. Quand l'homme ne peut pas fuir - soit qu'il est acculé par l'agresseur ou quand on a mis dans son crâne depuis sa naissance, pour la défense du groupe social, pour certaines valeurs qui sont celles du groupe social, pour être conforme à ce que l’on lui a appris -, il devient agressif.

La seule agressivité, c'est celle de compétition, c'est-à-dire entre les individus, les groupes sociaux, les états, les groupes d'états. Parce que l'un veut être plus grand que l'autre, plus fort. Surtout par compétition marchande, parce qu'il faut écouler des produits. Regardez "l'entreprise"... on allume la radio, la TV et on n'entend que "l'entreprise"... moi, je veux bien... faire des marchandises... mais on a autre chose à faire sur la planète. L'agressivité est un apprentissage social pour respecter les valeurs qui maintiennent une structure hiérarchique.

· Si l’homme occidental veut échapper à cette violence sociale, en a-t-il les moyens ?


Ce n'est pas à moi de vous dire comment il peut le faire. Moi, je constate comment fonctionne un cerveau d'homme en situation sociale. Je vois comment cela s'est établi depuis le début du néolithique, et... je ne serai pas là pour voir comment cela va se terminer. De toute façon, cela ne va pas continuer longtemps comme cela. Il faudra trouver un autre type de comportement... place à l'innovation. Tant qu'il y aura une compétition marchande, je ne vois pas très bien comment on peut s'en tirer.

· Pour vous, ce sont vraiment les valeurs marchandes qui amènent la violence ?


Oui... cette valeur marchande, elle est basée... ne serait-ce que sur la publicité... On vous explique comment être heureux. Si vous n'avez pas le dernier moulin à café, vous ne pouvez pas être heureux. Alors, si vous n'avez pas le statut social qui vous permet d'acheter le dernier moulin à café, vous le volez. C'est de la délinquance... ce n'est pas le crime de sang... mais la loi parle des "crimes contre les biens et les personnes''... on est criminel dans les deux cas.

· Revenons à vos travaux. Y a-t-il une évolution du public dans la connaissance des mécanismes...

Je n'en vois pas... Si, quelques personnes ont lu mes livres... je reçois tous les jours des lettres de gens, simples d'ailleurs, tenez... il y a des prisonniers qui lisent mes livres... ce gars-là... je prends cet exemple parce que j'ai passé la journée à répondre. Il y a deux ans, un prisonnier m'a écrit pour que je lui envoie un bouquin et j'ai reçu trois jours après le paquet que je lui avais envoyé avec dessus le tampon du vaguemestre : interdit. Bon. Tant pis. Et puis il y en a eu un autre qui m'a écrit pour me demander l’Eloge de la fuite. Je lui ai envoyé et il m'est revenu avec, encore, le tampon du vaguemestre. Alors comme je connais Badinter qui était alors Garde des Sceaux, je lui téléphone... je lui explique le cas que c'était la deuxième fois qu'on me renvoyait le paquet. "Vous faites bien de me le dire... je viens de permettre la lecture de toute littérature, quelle qu'elle soit... j'ai donné des ordres, mais voyez comme c'est difficile de se faire entendre."

La démocratie, c'est une dictature. La dictature de 51% d'individus sur 49% d'autres. Je ne pense pas que le public évolue. Il reste enfermé dans ses apprentissages. C'est très difficile de se débarrasser de ses apprentissages quand on n'a pas eu la chance d'avoir mon métier, qui permet de remettre tout en question, depuis la molécule jusqu'aux relations sociales... Alors je donne des aperçus très schématiques dans des livres... ces livres ne sont jamais des best-sellers... des Prix Goncourt... finalement, ils touchent relativement peu de gens.

· Certaines personnes pensent que la violence peut être déclenchée par la peur. Qu'en pensez-vous ?

La peur n'est pas l'anxiété.

· Comment définissez-vous la peur ?

La peur est ce qui aboutit à la lutte, ou à la fuite. La peur c'est l'action d'un événement qui se produit et que l'expérience vous a permis de juger comme dangereux. Pour laquelle vous savez qu'il n'y a que deux positions possibles, fuir ou lutter. Si vous fuyez, vous n'êtes pas agressif, mais vous n'êtes pas viril. Notre socio-culture ne comprend pas. Il faut être courageux, même si vous y laissez votre peau. Evidemment, c'est la société, le groupe social qui en profite. La peur débouche sur une agressivité défensive. Ce que vous avez appris, c'est que l'événement qui se produit est dangereux. Il débouche donc sur la peur. Alors là, vous pouvez devenir agressif.

· On peut considérer la peur comme un instinct devant l'inconnu ?


Non. Un enfant qui vient de naître n'a pas peur parce qu'il n'a pas d'expérience... il n'a encore rien appris... il n'a pas programmé ses neurones... Mais ce n'est pas cela qui fait l'agressivité la plus courante : c'est l’inhibition de l'action. Quand vous avez une pulsion à agir, une envie fondamentale, boire, manger, copuler... si elle se trouve interdite dans la forme où vous voulez l'exprimer à un moment donné, interdite par la socio-culture, si les conditions qui vous sont imposées ne vous plaisent pas alors vous êtes malheureux et vous pouvez devenir agressif. Lorsque l'inhibition de l'action vient du fait que vous êtes en déficit informationnel, c'est-à-dire que vous ne savez pas, que vous n'avez pas l’expérience, ou encore que vous avez trop d'informations, vous ne pouvez pas agir, parce que vous ne savez pas si ce que vous allez faire pourra être utile ou nocif. Il y a d'autres mécanismes aussi liés à l'information, à trop d'informations que vous ne classez pas par niveaux d'organisation.

· Faites-vous une différence entre la peur et l'anxiété ?


La peur, c'est quand un événement survient dont vous avez l'expérience. L'anxiété, c'est l'inhibition de l'action : c'est quand vous ne pouvez pas agir. Il y a des moments où il y a un "ras le bol". D'ailleurs, en général, l'inhibition n'est pas rentable. Il y a une agressivité autorisée : c'est le suicide, parce que tout le monde s'en fout. Un homme de plus ou de moins sur la terre... Alors vous pouvez tourner votre agressivité vers vous-même... c'est la dernière parole que vous prononcez à l'environnement social en lui disant "merde"... bon... en dehors de ça, vous n'avez pas tellement de moyens... vous avez la fuite dans l'imaginaire, la créativité et puis la psychose.

· Pensez-vous que les procédés chimiques soient l'unique solution pour juguler cette anxiété ?

Non. Je ne pense pas. Personnellement, je ne pense pas que l'avenir de l'homme passe par la pharmacologie. Evidemment, j'ai fait des drogues parce que j'étais dans un monde marchand. Mais ce qui me fait plaisir, c'est d'essayer de me comprendre et de comprendre les autres.

· Les sociologues qui se réfèrent à la biologie sont assez rares...

Il y a quelques sociologues qui commencent à se dire "tiens, tiens, tiens...". Etant dans un monde de boutiquiers, je me suis dit en 1958 la seule façon de faire ce que je veux, c'est d'avoir mon autonomie économique. S'ils veulent des pilules pour les vendre, on va leur trouver des pilules... qu'ils nous versent des royalties et dix-sept personnes travaillent sans avoir de « merci » à dire à personne. Il y a eu des moments difficiles... mais maintenant, momentanément, on a l'appareillage qu'on veut.

Voyez, c'est une façon de ne pas devenir agressif. Mais je ne pense pas que la pharmacologie (nous, ça nous aide non pas seulement pour les royalties, mais parce que quand vous avez imaginé un mécanisme, on n'est jamais très sûr que la construction soit la bonne. Alors si j'imagine une molécule qui a une forme spatiale qui doit agir au niveau des membranes et qu'elle agit effectivement comme ça, cela montre que le mécanisme mis en évidence était vrai. Pour nous, c'est un outil... et en plus, si elle ne fonctionne pas comme on l'attend, cela nous amène sur d'autres voies... pourquoi? etc. C'est en cela que la pharmacologie est intéressante.

Pendant des années on m'a dit : « vous êtes à l'origine des psychotropes, de la chlorpromazine, et puis d'autres après... vous devez vous sentir une certaine responsabilité... » J'ai répondu: je ne m'en sens pas du tout de responsabilité...! 95% des américains prennent des psychotropes. S'ils n'en prenaient pas, vous n'auriez pas suffisamment de prisons pour vos délinquants, de cimetières pour vos suicidés, et de maisons pour vos fous. Et puis je me suis dit, les années passant, que s'il n'y avait pas eu les psychotropes, il y aurait peut être eu des révolutions et que quelque chose aurait pu changer. Le gars qui fait des roulements à billes et qui est déprimé, on lui prescrit un peu de Valium et il recommence à faire ses roulements à billes... rien n'est changé, et la société se continue... évolue vers « le meilleur des mondes » d'Aldous Huxley.

· Je vais vous poser des questions plus personnelles. Vos travaux de biologiste des comportements vous ganisation donc, la structure globale d'un individu est ce que j'appelle l’information-structure.

Je distingue l'information que j'ai appelée circulante, et qui fait que chaque niveau d'organisation dépend du niveau qui l'englobe et informe le niveau qui est au-dessous de lui. Alors ce sont les hormones, les messagères chimiques qui portent l'information à un tissu, à un organe, qui vont trouver des récepteurs sur des cellules qui ont une forme spatiale adaptée à la leur, ce qui fait que toute hormone n'agira pas sur tous les tissus mais sur un certain tissu ayant les récepteurs capables d'intercepter le message.

L'information circulante se rapproche de l'information telle que nous la connaissons : quand nous envoyons un télégramme de Paris à Marseille, nous mettons des lettres les unes à côté des autres, ces lettres forment des mots, les mots des phrases. Cela, c'est la matière. Transmettre ce message, c'est utiliser l'énergie électrique, celle du facteur, l'énergie optique... Ce message signifiant est porteur d'une sémantique, c'est-à-dire que si je mets ces lettres au hasard, j'utiliserai la même énergie pour transmettre, il y aura la masse, mais il ne voudra rien dire.

Il faut transmettre ce message avec un certain code, le mettre en forme. Il faut qu'à la réception, il y ait quelqu'un qui utilise ce même code, de façon à "l'informer". Un message n'a de valeur que si j'ai un modèle dans mes neurones, un modèle de n'importe quoi, par exemple de ma tante qui arrivera au train de 8 h 28. C'est un modèle que j'ai dans mon crâne : la tante, le train, l'heure... je l'envoie à mon correspondant qui devra chercher ma tante Suzanne, et il faut qu'il parle la même langue. Si je parle en chinois, il ne comprendra pas. J'agis donc sur, grâce à un message, à une information circulante, qui est toujours une mise en forme.

· Parmi les niveaux d'organisation dont vous parlez, en voyez-vous un ou plusieurs qui dépassent l’homme ?


Je n'en vois pas un. Il y en a sans doute, mais je ne suis pas mystique, je le regrette d'ailleurs. Nous savons que nous vivons dans un espace qui est fou, il y a n espaces, le temps n'existe pas non plus. Nous savons que la matière, c'est de l'énergie... l'énergie, qu'est-ce que c'est ? on n'en sait rien ! quelque chose qui se concrétise sous forme d'atomes, de particules... alors ces niveaux d'organisation commencent à la physique quantique... puis par niveaux d'organisation dans le biologique. Il y a une organisation sociale... spirituelle.

· Y a-t-il un niveau d'organisation qui soit celui de l'Esprit ?


Esprit, je ne veux pas prononcer ce mot-là.

· Et au-delà de l'homme, des sociétés humaines - cela intéresse la revue Itinérances - y a-t-il quelque chose à votre avis ?


Je n'en sais rien... Il y a peut-être une conscience universelle... c'est pas mon boulot. Je n'y participe pas, tout comme ma cellule hépatique ne participe pas à mon discours... Que les mystiques rencontrent l'Absolu moi je veux bien... mais il faut vraiment qu'ils le rencontrent sans représentation... plus d'images... rien... Ce qui m'ennuie, c'est que le mystique, c'est encore un corps humain, et qu'il faut qu'il se nourrisse, ce corps humain fait de matière, d'énergie, information-structure, information circulante. L'approche scientifique ne peut pas nier ce qu'elle ne connaît pas.

A chaque fois que les sociétés se sont trouvées en état de souffrance, elles se sont jetées sur les mythes, les religions, les morales étatiques. Le besoin qu'ont actuellement les gens qui sont complètement paumés, qui n'ont pas la connaissance de niveaux d'organisation qui leur éviteraient pas mal d'erreurs... ils sont dans une bouillie épouvantable, moralo-psychologico-politico-économico. Alors, ils s'orientent vers la psychanalyse, Katmandou, les doctrines hindoues... ils tombent dans le spiritualisme... Mais c'est de la tripe banale, la plus triviale... qui essaie de ne pas avoir de coliques et trouver un fonctionnement correct... ce type de spiritualité ne m'intéresse pas du tout... Elle est plus intéressante chez les grands physiciens actuels, qui se rendent compte qu'ils arrivent au bout de la matière et qui se disent qu'il y a autre chose... mais ils ne vont pas plus loin, eux non plus... ils disent qu'il y a autre chose.

· Il y a quand même des gens qui sont bien dans leur peau et qui sont plutôt mystiques, non?

Je ne sais pas s'ils sont tellement bien dans leur peau... les vrais mystiques, ils s'isolent dans le désert. Sinon, il faut beaucoup composer... et le mysticisme en prend un grand coup!

· Vous pensez qu'un mystique ne peut vivre qu'en dehors de la société?


Je ne pense rien... absolument rien.

· Je vous sors un peu de votre spécialité, là.,.


Ma spécialité, c'est tout ! J'aime comprendre et comprendre les autres. Mais avec ce que je sais, je ne peux pas répondre... c'est tout !

· Quelle est votre position face à la mort ?

Cela ne me plairait pas, tant que mes tripes dont je parlais tout à l'heure fonctionnent à peu près correctement... tant que ma libido est satisfaite... mais la mort, pour moi, n'existe pas parce que ce qui va mourir, ce sont les autres que j'ai engrammé dans mon système nerveux, dans un point unique de l'espace-temps, parce que je suis unique, comme vous, vous êtes unique aussi. J'ai vraiment le sentiment que nous sommes sur des rails.., et que ce qui meurt avec nous c'est un codage, le codage de nos neurones qui s'est fait de la façon dont notre environnement a bien voulu qu'ils soient codés.

Alors peut-être y a-t-il quelque chose qui reste... ce qui est sorti de notre imaginaire... j'ai l'habitude de dire que le type qui a trouvé la noria pour faire monter l'eau... personne ne le connaît, il n'était pas à l'Académie française... mais on utilise encore la noria et ce type-là est encore parmi nous. Par ce qu'il a trouvé, créé! Maintenant, à l'inverse et à l'absurde, un enfant mort-né est aussi immortel, parce qu'il a transformé ses parents, qui eux-mêmes ont transformé leur environnement etc., donc, tout événement laisse une trace.

· Tout agit sur tout, quoi !

Oui. Seulement je ne vois pas où se situe la mort. Si, moi, je sais que je vais mourir, mais je ne pense pas que cela sera intéressant.

· Vous pensez que c'est votre corps qui va mourir, mais pensez-vous qu'il y a quelque chose d'autre ?

Alors ça, je n'en sais rien ! Je ne vois pas pourquoi il resterait quelque chose qui ne soit pas lié à mes molécules ! Possible, mais je n'en sais rien... Est-ce que c'est indispensable ? Est-ce que je ne peux vivre ou mourir que si je crois que je vais être éternel ? Eternel en quoi ? L'éternité n'aura sans doute rien à voir avec ce que je suis ! Alors puisque je ne connais pas, j'attends, je verrais bien.

· Vous pensez qu'il y a une énergie vitale ?


Non. Il y a de l'A.T.P. oui, il y a la consommation d'une énergie solaire par des organismes vivants, des plantes vertes.

· Mettons la vie de côté. Y a-t-il une énergie au départ de tout ?

Oui, et alors, l'énergie n'est pas matière ! Elle se matérialise, et quand cette matière disparaît.

· Quand votre matière, votre corps, disparaîtra, il y aura toujours cette énergie...


Elle va être tellement divisée... entre les électrons, les molécules, qu'est-ce qui va en rester ? Bien sûr, j'appartiens à l'énergie cosmique, l'ensemble cosmique... Quand on voit ce qui peut se dégager comme énergie d'une étoile naine... Quand je serais crevé, qu'est-ce que peut faire mon énergie ? Elle n’est intéressante, justement, que parce qu'elle est organisée... si elle se désorganise, elle va retourner à l'énergie cosmique, une parcelle de l'énergie cosmique... alors! Ça c'est du raisonnement logique, d'ailleurs!

· Les religions ont appelé cette énergie Dieu, Allah...

Parce que l'homme a toujours été anxieux de se trouver plongé dans un monde auquel il ne comprenait rien, et que c'était une fuite... une façon de tourner la question... je ne suis pas croyant.

· Imaginons que vous soyez angoissé...


Nous sommes tous angoissés par la mort ! L'angoisse existentielle nous permet de créer, d'ailleurs. C'est le stimulus créateur, parce que les autres stimulus compétitifs vous amènent à vous élever dans l'échelle hiérarchique, P.D.G. ou Premier ministre, en dehors de cela ils ne sont pas très créateurs.

· Quelle est la part, dans l'homme, du corps, du psychisme, du sacré ?


Tout ça des mots ! Je ne peux plus vivre avec des mots ! Les mots ne signifient plus rien pour moi... j'essaie de faire comprendre... justement, vous parliez d'énergie... oui, cette énergie qui se décompose en matière... il y a des tas de choses qu'on connaît, alors comment voulez-vous que maintenant je vous parle d'Esprit, de Sacré.

· Mais vous parlez beaucoup de créativité, d'imaginaire...


Ce ne sont pas des mots, pour moi, ce sont des mécanismes ! Je sais comment fonctionne mon imaginaire, sinon je ne trouverais pas ! C'est un mécanisme que je peux même influencer avec quelques microgrammes des molécules que nous avons trouvées ! c'est un mécanisme précis. La mémoire n'est pas un mot, l'imaginaire n'est pas un mot, l'affectivité, les pulsions,l'amour, le bonheur ne sont pas des mots, mais des mécanismes ! Vous continuez à me parler avec des mots ! Tant que vous n'aurez pas fait l'effort de comprendre ces mécanismes, on ne peut pas s'entendre !

Vous êtes à un autre niveau d'organisation, et vous vous contentez de faire 'bla-bla-bla"... alors, avec ça on crée des mondes. C'est agréable, d'ailleurs! Cela évite de faire un ulcère d'estomac : on est marxiste, ou psychanalyste, on résout tous les problèmes, de plus-value, de lutte des classes, ou le complexe d'Œdipc, ou de castration, on est chrétien orthodoxe et on croit qu'il y a la Vierge Marie et le petit Jésus.

Alors si ça évite à mes contemporains d'avoir des maladies infectieuses, si ça leur permet de vivre et d'agir, d'accord ! On ne peut pas dire quand même que cela nous ait mené à un monde parfaitement cohérent... tous ces mythes, ces religions, ces spiritualités. Aimez-vous les uns les autres en commençant par vous-même... c'était pas bête de dire "en commençant par vous-même". Qu'est-ce que ça a donné ? Rien ! Rien ! des mots... avec ça, on tue, on génocide, on inquisitionne.

· Alors, qu 'est ce qui vous semble important ?


La rose...

· Vous ne vous en tirerez pas avec une pirouette !


Ce qui me semble important, c'est moi. Ce qui vous semble important, c'est vous ! Et si vous me disiez "mes enfants, mon mari, ma famille", je n'y croirais pas ! Ce qui est important pour moi, c'est moi, me connaître... comprendre... je suis un homme, cela m'amène à comprendre comment fonctionnent les autres. Pas trop leur faire de mal, parce qu'ils sont plus nombreux que moi et ils ne me louperaient pas... mais à refuser qu'ils m'imposent quoi que ce soit et qu'ils me tuent trop précocement, quoi !

Alors, ou bien vous foutez le camp dans une île du Pacifique Sud où vous vivez à poil, avec une avec une nana agréable à contempler, en vous baignant dans le lagon... mais dans ce cas, je ne répondrais pas à mon plaisir qui est de me comprendre... il me faut un appareillage complexe... il me faut des amis qui travaillent eux-mêmes à se comprendre du point de vue chimique, neurophysiologique etc. Pour moi, ce qui est important, c'est connaître, parce que quand on ne connaît pas, on fait bla bla bla. Il faut se faire un monde imaginaire. Nous vivons dans un monde de petits boutiquiers, de marchands, de recherche de dominance.

Alors, surtout, ne pas suivre les carottes qui vous sont tendues... les décorations... les récompenses. A partir de ce moment-là, on n'a de merci à dire à personne ! On m'a collé la Légion d'Honneur, mais je ne l'ai pas demandée, hein! J'ai refusé les autres décorations après... elles ne m'intéressent pas. L'important, c'est d'être en dehors de tout cela, du monde, et de ce qui intéresse les autres... tout ce pour quoi ils sont méchants et agressifs ! Je n'ai pas besoin de grand-chose... ma retraite d'officier de marine. J'ai un bateau entretenu par la Marine, aux moindres frais, sinon je ne pourrais pas me le payer ! Je n'ai pas besoin d'objets... je n'ai pas besoin de grand-chose pour vivre. J'ai besoin de papier, de crayons, de livres, et j'ai besoin de remettre en question toutes les affirmations que ma socio-culture essaie de m'imposer.

Mais j'aime mieux trouver qu'enseigner... on me dit souvent « Monsieur le Professeur » ! J'ai répondu à un Grand Echiquier de Jacques Chancel, il y a quelques années, "appelez-moi Docteur". Je préfère trouver ce que les autres enseignent plutôt qu'enseigner ce que les autres trouvent. Professeur... Alain Resnais aussi, dans son film, a voulu m'appeler Professeur... Etre professeur, c'est enseigner. A ce moment-là, on ne peut rien trouver ! Puisqu'on ne peut pas enseigner l'erreur, on enseigne la Vérité ! Alors, la Vérité, puisque vous l'avez, comment voulez-vous trouver autre chose.

· Vous vous définissez comme chercheur ?

Comme dilettante... chercheur, oui, comme tout homme devrait être essentiellement chercheur de lui-même. C'est le rôle fondamental d'un individu humain. Et puis ça comble tellement... ça apporte tellement de joie que finalement, le reste.

· Vous dites quand même que les relations humaines ont beaucoup d'importance pour vous...    Vos amis, votre environnement dans lequel vous vous sentez bien, ça compte pour vous, non ? Votre relation avec les autres...


Ce n'est pas l'aspect positif qui compte mais l'aspect négatif. C'est-à-dire que j'apprécie quand je n'ai pas à m'engueuler avec eux, ni à émettre une opinion contraire à la leur parce que ce qu'il me disent ne me convient pas, et ils n'ont pas à émettre une opinion contraire à la mienne, parce que mon opinion ne leur convient pas. C'est en cela que les relations humaines que j'aie eues, les plus riches que j'aie jamais eues, restent celles par le livre... Des quantités d'individus ont écrit des livres qui m'ont énormément apporté... et je ne les ai jamais vus.

La relation humaine ne passe pas simplement par le serrement de mains... elle se fait aussi dans un bouquin. J'ai eu des amis d'enfance, parce que justement chez les amis d'enfance, la concurrence n'existe pas... puis elle ne s'est pas établie par la suite... alors j'en ai quatre, que je vois toujours d'ailleurs... et après, j'ai trouvé uniquement des concurrents, je n'ai pas trouvé d'amis. Il fallait que je sois le premier au concours, ou sinon c'étaient eux qui me tenaient la tête sous l'eau... comme au water-polo. Dès que vous rencontrez un homme c'est toujours pour vous exploiter... et vous n'y pouvez rien ! J'ai été confiant pendant des années, surtout dans le milieu maritime... c'était assez limité... Tout le monde était payé à la fin du mois de la même façon... dès que je suis rentré dans cette vie civile, j'ai trouvé des compétitions pour la dominance... alors si vous ne voulez pas être domine, fauché, il faut être à part.

Ici nous sommes dans un cadre hospitalier, bien sûr, on paie notre loyer, électricité, chauffage, tout, je suis locataire, nous avons une association de 1901, comme l'Institut Pasteur d'ailleurs! Nous vivons par nos propres moyens, si bien que j'exploite le goût du bien de la société pour me faire plaisir et faire plaisir aux gens avec lesquels je travaille, alors ça demande un peu d'imagination, bien sûr, mais cela permet d'avoir son autonomie économique. Et dans ce monde de marchands, c'est la seule façon qui vous permette d'avoir la seule liberté possible à l'homme, c'est-à-dire l'imaginaire.

· Vous êtes un peu marginal ?

Pas qu'un peu... je m'en flatte d'ailleurs.

· On sent très bien que vous ne voulez pas entrer dans cette société, cette socio-culture dont vous parlez...

Je l'exploite, je n'ai aucune crainte de le dire. Elle vous fait crever, alors je préfère mourir le plus tard possible... je m'arrêterai de travailler quand les gens avec lesquels je travaille - je n'ai jamais dit "mes collaborateurs !" - me diront : "Ecoutez, j'ai l'impression que vous devriez prendre des vacances, vous devriez vous reposer à la campagne.'' Je comprendrai... je dirais bon, je commence une petite maladie d'Alzeimer ou une sclérose cérébrale. Jusque-là je crée... ça m'amuse.

· Maintenant, travailler, c'est votre plaisir ?


Cela fait bien longtemps que c'est mon plaisir sans cela je ne ferais vraiment aucun effort, au contraire, je ferais plutôt un effort pour me retenir de travailler! Alors, voilà! Ce que je crois important, pour moi, c'est moi.


Source article et photo : Blog "Eloge de la suite" de Bruno Dubuc
http://www.elogedelasuite.net

L’essentialisme politique ?
Séductions et passerelles de l’extrême droite au sein de la société française et des espaces (virtuels) francophones
Ce texte avait été rédigé le 16 mars 2011, il m'a valu quelques surprises et même une attaque de hackers contre le contenu de ce site après sa parution en juin 2012 (sur deux autres blogs tenus par des militants communistes). J'ai pu avoir la joie de lire certains commentaires et même me voir attribuer une note de bas de page, du néo-conservateur et chercheur patenté au CNRS, Pierre André Taguieff.

J'ai décidé de mettre cette analyse sur mon propre espace cybernétique après moultes hésitations. Ecrire sur un tel sujet apportant son lot de nausée et d'emmerdes, il restait à corriger deux ou trois erreurs sur un prénom et réecrire une ligne où s'était introduit un mot mal cité. Chacun est libre de sa critique, cependant les enclins nationalistes et une volonté affichée de dé-diaboliser le Front National peut surprendre.
Depuis la diffusion de cet écrit, Monsieur Taguieff trouve ses soutiens dans une presse ultra-conservatrice. Chacun fraille avec qui veut ! Si "chasse aux sorcières" fut menée, elle n'était pas de mon fait.

Je n'ai pas fait du racisme et de l'antisémtisme un commerce avec de singuliers et multiples néologismes sur la question.
Toutefois et en raison d'une actualité chaude et toujours aussi pesante dans la société française, j'ai décidé de le publier dans sa totalité et je n'ai pas cherché à répondre à certains détracteurs. Mon constat sur le racisme et l'antisémitisme en France se voulait politique sur cette mélasse aux accents fascisants ou totalitaires.

Comme du temps s'est écoulé et que le problème reste entier, autant que ce travail de réflexion trouve sa place et en assumant pleinement des propos sur certains ralliements idéologiques de la gauche vers l'extrême droite la plus radicale, me limitant à certaines personnalités publiques et ayant defrayé les chroniques ces derniers mois ou années passées.


Lionel Mesnard, le 14 février 2015


Quand j’ai entrepris ce texte, il y a quelques mois, il était difficilement envisageable d’en mesurer l’étendu, il restait des zones d’ombre et de comprendre comment l’extrême droite française tentait de jeter certains ponts en direction de groupuscules se qualifiant « à ou de gauche ».  Aujourd’hui et au vu des derniers événements, les doutes ne sont plus, il existe bien une volonté de capter des militants ou électeurs de l’autre camp, l’on tient selon l’assistance un discours susceptible de faire mouche. Toutefois, le vieux vernis, le discours anti-immigré ou anti-juif est toujours de mise. Ce n’est qu’un coup peinture sur la façade, l’objet est de pouvoir s’accaparer un vocabulaire étranger. Il s’agit d’une escroquerie intellectuelle, ni plus, ni moins. Si au demeurant le contenu peut sembler cohérent, ce n’est en fait qu’une irrationalité de plus.

Avec son élection à la tête du Front National, Marine  Le Pen a pu faire ces derniers mois faire campagne et prouver ses qualités oratoires et un simili virage à 180 degrés sur le fonds de commerce du discours économique ultra-libéral. Arguant que depuis plusieurs années, elle tenait déjà ce langage, sauf que personne ou peu de monde n’a voulu prendre en compte cette volonté de brouiller les discours. De mettre à mal entre autres un vocabulaire issu des luttes du mouvement ouvrier, un blabla vasouillard se nommant « anti-système ». Ne nous trompons pas Madame Le Pen n’est pas devenue la Rosa Luxembourg du vingt-et-unième siècle, et elle se contrefiche des masses laborieuses.

Si ce n’est que son but est de légitimer un contenu tout aussi inégalitaire. La perfidie se camouffle dans les mots, un choix de manipuler des opinions fragiles, et se nourrissant des excès des espaces virtuels. Car derrière le système, il se cacherait des complots en tout genre. Sauf que pour comprendre un ou des systèmes, il n’y a rien de très fantasmatique à soulever. L’ordre capitaliste est le produit d’une activité sociale, économique et politique, plus que le fait d’individus tapis dans des sous-sols à diriger la planète. Qu’il existe quelques allumés pensant avoir véritablement une emprise sur le cours des choses, cela ne peut qu’interpeller sur des pathologies du grégaire.


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Trouver les mots justes

et le chemin de la raison ?

Ce qui pourrait paraître le plus surprenant, face à la masse des commentaires, c’est de constater comment un sujet comme la laïcité est traité et certains pans de notre société oubliés ou occultés. Les termes chrétiens ou surtout musulmans reviennent abondamment dans les coupures de presse ou les questions obsessionnelles des journalistes de l’info en continu. Quatre nouveaux morts dans la communauté juive a permis enfin de lever certaines omissions et de rappeler la place de ces derniers parmi nous depuis la mort du jeune Ilan Halimi en 2006. Pour les Chrétiens, il est souvent fait état des Catholiques, du Pape, mais les Protestants et les Orthodoxes sont le plus souvent absents ou cantonnés le dimanche matin sur le service public de télévision.

Dernier pan de l’oubli, les athées pourtant au centre du problème et des attaques meurtrières contre Charlie et menaces contre le Canard Enchaîné. Sans oublier le pan des occultés, quid, des croyants en Bouddha ou en Vishnou, quasi rien sur les agnostiques, si, si, ils existent, et toute une foultitude de croyances ou cultes animistes comme le vaudou se côtoyant sur le territoire de la France. Bref, à tout simplifier on en arrive à des positions extrêmes, vue à la lorgnette et pourtant, si l’on peut même considérer qu’il existe autant de croyances que d’individus et que chacun fait selon son libre-arbitre, un des éléments consensuels serait de se référer à un ensemble citoyen, et pour lequel ce pays et ses habitants se sont battus depuis au moins trois siècles.

J’ai été heureux de découvrir la qualité et la force des propos de ceux qui ont fait bloc dimanche, quand d’imperturbables journalistes en remettaient une couche sur le thème « musulman égale terroriste ». De simples citoyens interrogés sur un bout de trottoir ou des proches des victimes tenant en substance quelques vérités à entendre, et sans avoir besoin d’éléments de réponses concoctés par les nouveaux phares de la pensée que sont les communicants. Sauf que nous voilà directement en phase avec une prise de conscience où les politiques, nos élus, vont devoir se faire quelques cheveux blancs, et partir d’un constat simple, ils ne sont pas à la hauteur de leurs concitoyens.

Tous, non, car l’objet n’est certainement pas d’abonder dans le sens du « tous pourris », mais de bien conserver en mémoire, que cette mise en cause de la République dans son rôle est d’avoir désertée certains territoires de la Nation. Ceci est un fait sur lequel il a été expliqué pendant des années et stigmatisé des populations entières au profit d’une résonance sécuritaire sur les airs de la tolérance zéro. Dont, les média portent une responsabilité considérable de désinformation et sans connaissance des quartiers périphériques construits à la hâte dans les années 1960 et 1970.

Aujourd’hui le phénomène s’est élargi au péri-urbain, plus que jamais, s’il y a une chose pour laquelle nous devrions nous sentir fier, ce sont des services publics et il serait temps de tirer quelques enseignements sur la politique de la Ville. Qui aurait pu être analysé comme un territoire parmi d’autres, une prise en considération que ce ministère depuis sa mise en œuvre a cultivé beaucoup d’échecs et de ratés, à vouloir concentrer des décisions qui ne sont pas de son seul ressort, mais de tous les champs d’action d’un Etat mise à mal.

La pensée molle et esprits dérangés ?

Jean-Luc Mélenchon  est à ce titre, très énervant et loin du sérail, parce que non seulement il dit et écrit des choses justes et en plus il le fait à la force de la raison. Insupportable, il nous enjoint à réfléchir, à penser et puis quoi encore, à être libre tant que nous y sommes? (1) Comme l’a fait remarquer récemment le professeur Cyrulnik lors d’une entrevue (en vidéo après le billet), et cette fois, sans petite note d’humour, que dire de la pensée «paresseuse»? Cette pensée sans articulation et aux pires mobiles, qui vise à rejeter le courage des citoyens, à toujours tout nier, pour mieux cacher son obscurantisme.

Non point les paresseux sous forme animale, mais humaine. Il y aurait à comprendre ce que représente comme charge psychique ou réalité la paresse. Entre autres, savoir que derrière un « feignant », il existe une logique d’évitement accompagnée de stratagèmes, et qu’en réalité celui que l’on désigne comme une sorte de rebut ou d’exutoire des bonnes consciences, il se cache surtout des réalités humaines et des stratégies complexes. La pensée molle ou paresseuse est toujours réductrice. Dans le cas d’un mot ou d’un trait d’humeur, parfois cela confine au divin et rejaillit comme un éclat de rire, où l’on ne sait plus vraiment ou se trouve la limite entre l’émotion et la raison.

L’humour est un sas de décompression, qui face à l’horreur vous renvoie à votre envie de vivre et de dépasser le tragique. La politique, c’est tomber dans le monde des passions et des excès, des invraisemblances et des confusions. Mais c’est tout aussi indispensable que de respirer, parce que de là découle un entendement commun et qu’en ce domaine, les citoyens français et leurs soutiens à travers le monde ont été le temps d’une journée, dimanche 11 janvier 2015, les porteurs et avocats d’une raison universelle.

Aucun combat n’est jamais gagné d’avance, et nous connaîtrons d’autres larmes couler. Au-delà de l’émotion, la lutte ne fait que reprendre, et quand un camarade tombe, un autre se lèvera ! Tout pourrait nous pousser à oublier, qu’une nouvelle République (la res-publica ou la loi publique) est appelée à exister dans ce pays et en conformité avec les vœux du peuple souverain. Viendra le temps de se libérer de ces amarres monarchistes pour rendre à l’avenir toute sa noblesse et renverser le terrain de la peur où certains cherchent à nous renvoyer.

Merci à tous ces millions d’anonymes d’avoir fait oublier les « passions fratricides », et rendus fiers de ce que nous sommes et des combats pour la Paix et la justice, que nous portons depuis de très nombreuses générations en France, et pas au seul bénéfice de notre nombril ou aux dimensions de l’hexagone. Ce message s’adressant à tous et sans frontières, nous ne cherchons querelle à personne, nous voulons rire et vivre en paix ! Nos différences et alors, ce qui importe, ce qui nous soude, c’est ce vivre ensemble que l’on a tenté d’assassiner.

La grande marche de dimanche, célébrée et soutenue au-delà des espérances pourraient donner une totale confiance, alors que beaucoup est dans la distance et la réserve. La réflexion demande du temps, de pouvoir s’appuyer sur ce qui fait honneur à ce pays, c’est-à-dire, son goût des paroles libres, de l’histoire qui a façonné cette nation toujours en résistance devant l’oppression religieuse et politique.




Faillite des systèmes d’éducation et hypocrisies de circonstance ?


La France connaît un peuple très politisé, conscient de son passé positif et négatif, qui n’a pas peur du débat et de son intelligence critique. Avec de telles bases, il est possible de construire, de continuer à apporter sa petite pierre à l’édifice. Seulement ne nous trompons pas dans cette salve de l’unitarisme national combien d’hypocrites ? Ces tristes sires qui hier encore hurlaient avec les loups. (2)

Que de nombreux « aliénés » n’aiment pas Charlie hebdo n’a finalement rien d’étonnant, de toute façon et à ce sujet Pierre Desproges y avait apporté une réponse. Oui on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde et qui a fait date depuis. C’est une très belle réponse à ceux qui pensent être détenteur de la Vérité et qui veulent nous imposer une perception intangible des choses et à contre raison. Heureusement, beaucoup d’entre-nous ne sont pas de cette matière malléable, souriante aux excès des prêches et incantations.

Si l’humour devient une cible ou le terrain des rancœurs, des haines feintes, elle entraîne par ailleurs une surenchère. Que le FN n’aime pas Charlie hebdo n’est pas en soit une nouvelle, mais comment ne pas faire part de ce délitement intellectuel chez certains (3). Notamment ce petit monde « des complotistes » bras armant de la nouvelle mécanique totalitaire. Un amalgame trouble ne voulant en aucun cas voir ses propres responsabilités. Ils sont les idiots utiles et ils s’en vantent, ils ne reculent devant rien.

Il y a donc pire que la paresse intellectuelle et c’est bien là le problème, c’est que derrière cette pensée souvent binaire, réductrice, nous devons faire face à des esprits dérangés qui répètent inlassablement le même discours et jusqu’à la nausée en faisant du copié coller d’un blog ou site à un autre. La grande « fraternelle » des Rouges Bruns et Verts de haines ou kakis relativise, du « mais » à toutes les sauces, ils sont la « vérité  révélée » alors que leurs actes et paroles d’hier et d’aujourd’hui poussent au chaos généralisé.

Par le terme « aliéné » ou l’idée d’aliénation, ce n’est pas la foi qui est cause, chacun la vivant comme il l’entend dans sa propre intimité, et comme fondement essentiel de la laïcité et rempart aux fanatismes et à la barbarie. Ce qui est en cause, c’est proprement l’aliénation comme dérive identitaire, ce « surhomme » dont il faut se méfier, s’il prend les allures d’un dogme et s’empare de sa puissance maléfique. (4)

Le métier d’Homme est déjà difficile pour pouvoir porter des charges qui ne sont pas les siennes. Le témoignage « d’un papa à sa fille »  est sans équivoque ce que l’on peut souhaiter lire pour donner aux enfants des réponses appropriées. (5) Le relativisme moral est une bassesse poussant à tout détruire sur son passage, ne prenant pas en compte le temps de mûrissement de nos sociétés, faisant de l’humain un petit soldat où seul le réactif agit comme le chien de Pavlov répondant à des stimuli pensant ainsi remplir sa gamelle, alors qu’il nourrit et entretient sa propre confusion mentale.

Tout le monde est libre de croire ou pas, et il est temps de sortir des raccourcis et aborder les difficultés de front en une expression politique saine et libérée de sa fantasmagorie. Comme j’ai pu lire, il paraît que nous vouons un culte à la déesse République en France, culte, je ne pense pas mais avoir foi en ses convictions et en ses choix est bien plus respectable que de vivre sous l’objet de ses pulsions mortifères et obsessionnelles.

Je terminerais mon billet par deux articles de Jacques Attali publiés sur son blog, que je vous conseille de lire (6). Vous pouvez penser que les positions du député Mélenchon et celles de Monsieur Attali sont en opposition, il est vrai que des désaccords existent. Si l’on souhaite élevé un peu le débat citoyens, je préfère écouter ou lire, à l’exemple de Boris Cyrulnik, ces trois « bibliothèques ambulantes », car l’objet n’est pas de faire synthèse. Un retour de l’esprit critique s’avère plus que nécessaire et en des termes respectueux. J’y reviendrais certainement, une autre fois, et en particulier sur la question de la transmission.

Le système éducatif français est une machine à produire de l’exclusion, la politique de la Ville est un échec, et il serait trop facile de faire porter les responsabilités aux seuls élèves et enseignants. A ce sujet, où sont les outils d’évaluations, non pas du corps enseignant, plus exactement des modes de formation et la question ne se limite pas à la seule éducation nationale, de comment il n’est pas possible, par exemple, pour un allocataire du RSA de suivre une formation en université sans perdre ses allocations et ses droits? Celui-ci devrait sans le sou, en plus payer des coûts importants au titre de la formation professionnelle, il existe comme un hic ? C’est en l’état infaisable, quand depuis x. années est vanté le système Danois ou Suédois, au final, rien ne change. Dans la même idée, demandez aux inscrits à Pôle Emploi, si cet organisme remplit sa fonction de retour à l’emploi? la réponse sera à 99%, non.

Le « débrouillez-vous » ne peut y suffire, tout le monde n’est pas « armé » ou disposant de la distance critique nécessaire surtout des moyens, faute de cohérence des politiques publiques. Les voix de l’émancipation sont un peu plus rudes que l’on ne l’imagine. Si certains ont à se réveiller, c’est sur la nature du gâchis social. De plus, que de mieux que d’oublier les sujets qui fâchent (chômage de masse, destruction des niches environnementales, mécanismes de redistributions inopérants, …).

Les coups de menton face aux bruits des bottes et menaces totalitaires, c’est un peu léger, l’union avec « les loups » au sein de la bergerie, fini toujours par le massacre des moutons. Oui, comme l’a déjà dit Jean Luc Mélenchon, « la peur doit changer de camp  » et l’essentiel reste à nous rassembler vers une transformation sociale et politique en France et en Europe!

Nos principes et notre citoyenneté ont du sens, nous n’abdiquerons pas !


Billet de Lionel Mesnard, 16 janvier 2015

Ps :  Si vous voulez connaître un peu mieux Charb, l’ancien rédacteur en chef de Charlie Hebdo, vous pouvez lire ce témoignage émouvant de Philippe Corcuff sur son ami : Cliquez ici !



Notes :

(1) Conférence de Jean-Luc Mélenchon au Théâtre Déjazet à Paris le 12 janvier 2015, après les attaques de Charlie Hebdo, Montrouge et Vincennes. (durée de 1h10 et attention quelques petits problèmes de sons pendant l’enregistrement) :  Cliquez ici !

(2) "Je me méfie de cette indignation de canapé" ; entrevue avec le rédacteur en chef du Bondy Blog, les blogs de l’Hebdo (journal Suisse) par Sabine Pirolt : Cliquez ici !

(3) Ce témoignage est à prendre avec précaution, il pose un sérieux problème de compréhension de la part son auteur. Un texte honnête et très confus comme le site hébergeur. Il en dit beaucoup sur les manques même de militants politiques un peu paumé du PG ou du Front de gauche flirtant avec le néant, comme certains groupuscules stalinistes ou personnalités troubles de ce rassemblement. D’abord le Stalinisme est un totalitarisme, pour le reste ; il y a du boulot sur la planche… « Comment un Jeune Communiste passe au FN (témoignage et réflexions sur le stalinisme de droite (???) qui ronge le Front de Gauche) » par Vincent O. : Cliquez ici !

(4) « LA LIBERTÉ D’EXPRESSION, CE N’EST PAS L’APOLOGIE DE LA VIOLENCE ET DE LA HAINE, par les Echos de la gauchosphère du 15 janvier 2015 : Cliquez ici !

(5) « Finesse » contre « connerie » : Le combat éternel ! Par Mohamed LOUIZI, les blogs de Médiapart : Cliquez ici !

(6) Conversation avec Jacques Attali, deux textes courts, du 05 et 12 janvier 2015 :
- « Une autre Europe est urgente » : Cliq
uez ici !
- « Réveillez-vous ! » : Cliquez ici !


Boris Cyrulnik
sur la menace totalitaire

De passage à Bordeaux vendredi pour la parution de son dernier livre « Les âmes blessées » (Odile Jacob) et la commémoration de la rafle des juifs de cette même ville, le professeur Boris Cyrulnik a participé à l’émission « Point de vue » sur TV7 Bordeaux.

Eléments écrits et vidéo en fin de texte (27 minutes)


Comment expliquez-vous une telle violence au nom d’une religion ?


Cela s’est déjà vu dans le passé. Cela existe depuis longtemps. On met la haine dans des quartiers en difficulté, on repère les enfants, on leur offre des stages de formation. Ce sontdes groupes politiques qui utilisent le terrorisme comme une arme. Quand la haine est semée, on repère les enfants les plus faciles à fanatiser et on les envoie au sacrifice. Cette organisation est financée par les gens du pétrole et de la drogue, qui ont des intentions politiques sur le Moyen-orient et l’Occident.

C’est un peu la théorie du complot ?


Ce n’est pas une théorie. Cela a déjà été fait. L’inquisition chrétienne relève du même processus. Le nazisme est parti de la belle culture germanique allemande, et en quelques années a mis le feu au monde. Des slogans sont entrés petit à petit dans la culture commune. La population s’est soumise à une représentation dépourvue de jugement. La société s’est imprégnée de ces idées.

Que faire aujourd’hui ?

On peut faire de cette tragédie une solidarité ou un massacre. Les musulmans français sont en danger. Ils risquent d’être agressés. 99% des arabes tués dans le monde le sont d’ailleurs par d’autres arabes. Ces phénomènes se sont produits dans l’histoire et se reproduiront.

Ces terroristes sont donc formatés et ne sont pas fous ?

Ce ne sont  pas des fous, ni des monstres. Ce sont des enfants normaux et en détresse, façonnés intentionnellement par une minorité qui veut prendre le pouvoir. Ces enfants sont abandonnés, en difficulté psychosociale et éducative, et il faudrait d’abord les éduquer. Ils le sont par les réseaux sociaux qui sont une arme pour façonner ces jeunes. Internet véhicule une représentation facile de la réalité, une pensée paresseuse à l’origine de toutes les théories totalitaires. Avec une minorité d’hommes formés, payés et armés, manipulés et fabriqués, on peut détruire une civilisation. Cela a été fait. L’inquisition et le nazisme l’ont fait

En disant cela vous déresponsabilisez aussi ces terroristes ?

C’est un risque. Je pense aussi que l’on a toujours un espace de liberté. Mais je veux parler de la responsabilité de nos gouvernants qui ont abandonné culturellement les gosses de nos quartiers et les ont soumis à des manipulateurs. L’Allemagne nazi était très cultivée, mais la base de la société ne l’était pas du tout. C’est exactement la même chose dans les pays du Moyen-orient.

Est-ce la même mécanique dans la tête d’un nazi et d’un fondamentaliste islamiste ?

Oui, clairement. C’est la même méthode. Freud disait les mots désignent des choses au début, puis des choses qui ne sont pas là et c’est la fonction du symbole, et enfin ils finissent par ne plus rien désigner du réel. A ce moment là, on se soumet à un slogan. Quand une culture ne permet pas la rencontre et le débat, on est des proies et internet démultiplie le pouvoir de ces manipulateurs.

TV7 Bordeaux, vidéo mise en ligne le 15/01/2015



  Liberté, égalité, fraternité et altérité :

Charlie n'est pas raciste !

Après tout ces multiples « je », il sera temps de s’interroger sur le « nous » et ce qui fait sens commun. Je tiens à apporter tout mon soutien à ceux qui ont su garder sur le cœur ou sur le bout des lèvres, le mot Paix et justice, et m’associer en premier, aux survivants et rescapés des tueries intervenues en Ile de France. Ce billet n’a que pris difficilement forme, tant les interrogations sont nombreuses. Il s’est passé dimanche 11 janvier en France quelque chose qui marquera les mémoires, une unité de cœur et un refus de céder à la terreur. Nos plumes sont nos seules armes face à l’insondable. Et faute de nous avoir fait peur, mais surtout blessés, salis, vous nous avez réveillés !

Il s’est passé une opération de guerre en plein Paris et il était difficile de ne pas partager une émotion certaine. Dix-sept morts, dont il restera à honorer la mémoire et plus d’une vingtaine de blessés, les survivants des événements et aussi les rescapés de cette tuerie. Qui ne se remettront que très difficilement d’un tel choc, il ne faudra pas non plus les oublier. Il restera un sentiment effroyable prenant à la gorge face à une telle minutie ou précision de ces tueurs à sang-froid ayant fait irruption dans la matinée du mercredi 7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie hebdo dans l’Est parisien et ses suites.

Quoi que les assassins aient pu professer ou dire durant ces meurtres, il est impossible de les accoler à une communauté. Les traiter de « fous » reviendrait à insulter ces derniers, le seul qualificatif ou l’idée que l’on peut se faire serait de parler de psychopathes, ou de tueurs pathologiques. Des hommes programmés pour tuer. Toute la difficulté est de pouvoir leur garder une once d’humanité, car ce type d’individu agit sans compassion ou empathie, une toute puissance sans frein ou tout ce qui n’est pas soi-même est nié et à éliminer. L’altérité ou l’autre, ils ne connaissent pas, et ce type d’événement renvoie aux pires moments de notre histoire, mais justement sans remonter dans le passé, cette histoire est la nôtre et se passe bien au 21ème siècle et à Paris. 

Dans le flot des émotions, il était impossible de dire ou écrire quoi ce soit, la disparition de personnes comme Cabu et Wolinski, deux auteurs de bandes dessinées avec lesquels j’ai partagé tant de rires et relu à travers leurs albums et de la presse satyrique ou d’opinion depuis mon adolescence. Il m’est impossible de comprendre pourquoi ils ont été lâchement assassinés. Charb, Tignous, Honoré, Elsa, Bernard, Mustapha ont aussi rejoint Cavanna, Reiser, le professeur Choron, DDT (Delfeil de Ton) et tous ceux qui nous ont quitté dans ce crime politique et qui ont collaboré ou protégé Charlie Hebdo.

La liberté d'expression ne s’use, que si l’on ne s’en sert pas !

Chouette réveil, j’ouvre mon courrier ce lundi matin du 12 janvier 2015 pour me rendre compte d’un mail m’annonçant de nouveau que Charlie Hebdo est un organe de presse « raciste », le tout en espagnol pour précision et rédigé par un groupuscule anglais, le tout envoyé, par une vague journaliste péruvienne résidant en France. La goutte qui a fait déborder le vase, et d’une certaine manière m’a poussé à écrire et réagir sur les délires récents de la grande communauté des « Rouges-Bruns » et islamo gauchistes sur Internet (1). Mon interlocutrice aura reçu pour réponse un dessin très illustratif, de ce qu’un Reiser, le Professeur Choron, Cavana, Delfeil de Ton, Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré et Charb auraient pu lui répondre en substance dessinée ou une photo illustrative d’un doigt levé.



Pendant que circule la rumeur que Charlie Hebdo serait un journal raciste (2) sur la toile, les lieux de cultes musulmans en France sont aussi une cible. Graffitis avec insultes et menaces sont venus salir vendredi dernier en plus de l’attentat antisémite meurtrier, les murs de plusieurs mosquées. En trois jours, le pays est tombé sous le choc de ce que l’on pouvait attendre de pire et même s’il peut exister des réserves sur « l’unité nationale », sur le grandiloquent de la chose, le pays des « Lumières » a fait bloc contre la barbarie et refusé tous les amalgames et divisions absurdes.

Les identitaires sont des gens dangereux et si un débat doit s’ouvrir sur l’assimilation ou l’intégration de cette catégorie de la population française, il y a de quoi douter que leurs esprits puissent s’ouvrir un jour à la dimension universelle du sujet. A cultiver les différences ou le vivre entre soi avec des barbelés, vous avez deux issues, la solution « soft » être Lepeno compatible, ou bien la solution  nihiliste, d’aller tuer au nom de votre connerie des innocents.

Dans les deux cas, il est difficile de distinguer le bras armant, du bras armé. Deux symptômes d’un même problème et qui n’a rien au final de religieux, le fonds de commerce est dans l’exclusion de l’autre ou la négation. Face à un tel marasme, non seulement la République française est une et indivisible et se réfère à trois principes : la liberté, l’égalité et la fraternité, auxquels nous devrions rajouter : l’altérité !

Qui plus est, nos identitaires de tout poil et bien de chez nous, tueurs inclus s’attaquent aux fondements du vivre ensemble, à certains éléments essentiels poussant à un éclatement et à aligner des désaccords qui n’en sont pas ou sont totalement fictifs, sur le thème du : ayez peur, par slogans ou bombes interposées ! Un discours de haine, il n’a que pour but d’en répandre son venin entre tous les citoyens de ce pays ou du monde. Ce poisson de l’identité qu’elle soit religieuse ou nationale a atteint des sommets. Et nous sommes loin de la vision d’André Malraux, sur un monde « spirituel » en ce début de siècle.

La présence de plus de 4 millions de personnes dans les rues pour mémoire des 17 victimes est venu marquer un arrêt à des préjugés et sera une prise de conscience, que, la liberté ne s’use, que si l’on ne s’en sert pas. Et que face à l’horreur redoubler d’impertinence ou dire non à l’abject devient une nécessité sans avoir à se référer à Voltaire, qui fut certes un agent de la liberté d’expression, mais aussi une plume un tantinet antisémite et peu tendre avec Mahomet.

Si je faisais référence à ce courrier en début, c’est que tout commença, il y a quelques jours, quand un ami colombien m’a envoyé un mail pour me demander mon avis sur l’attentat dans les locaux de Charlie Hebdo. Accompagné d’un article sur le thème « je ne suis pas Charlie » en espagnol et venant d’un blog connu pour ses liens troubles entre une poignée de stalinistes et des négationnistes européens rassemblés d’un seul corps dans l’antisionisme, dont je ne ferais pas la publicité. La mouvance « Rouge Brune » en Europe et en France continue à jeter des propos venant semer le trouble, le discrédit.

Non, Charlie Hebdo n’est pas un journal raciste répondait Charb, il y a déjà plus d’un an à ses détracteurs ou calomniateurs (3). J’ai pu ainsi expliquer à cet ami que tout cela n’était que mensonge et que l’auteur ou les auteurs de cette abjection ne comprenait rien à la situation française et provenait de gens plus que malfaisants, qui ne savaient plus distinguer leur gauche de leur droite, sauf à faire circuler leur propos venimeux ou haineux.


Billet de Lionel Mesnard, 12 janvier 2015

Notes :

(1) « Charlie Hebdo : des combattants de la laïcité cible privilégiée des islamo-gauchistes », Marianne Hebdo du 12-01-2105 : CLIQUEZ ICI !

(2) « Ne pas laisser dire que Charlie était raciste », Journal le Vif, Belgique du 12-01-2015 : CLIQUEZ ICI !

(3) « Non Charlie n’est pas raciste », Journal Le Monde, le 11-10-2013 : CLIQUEZ ICI !

Déclaration de Robert Badinter



«Devant un tel crime, préparé et exécuté de sang-froid, c’est d’abord aux victimes que pense chacun d’entre nous. Policiers assumant le risque quotidien auquel les expose leur devoir, journalistes réunis pour accomplir leur mission d’information, sans laquelle la démocratie serait étouffée. Ces journalistes-là sont morts pour nous, pour nos libertés qu’ils ont toujours défendues. Sachons nous en souvenir.

L’émotion nous saisit aussi à la pensée de leurs familles, de leurs proches, que le crime frappe au cœur par ricochet et qui vivront désormais comme des invalides, amputés de l’être humain qui était une part d’eux-mêmes. «Au-delà du chagrin et de la pitié s’inscrit le devoir de justice.

Nous sommes assurés que les pouvoirs publics mettront tout en œuvre pour identifier et arrêter les auteurs de ces crimes. A la justice de décider de leur sort, en toute indépendance et dans le respect de l’Etat de Droit. Ce n’est pas par des lois et des juridictions d’exception qu’on défend la liberté contre ses ennemis. Ce serait là un piège que l’histoire a déjà tendu aux démocraties. Celles qui y ont cédé n’ont rien gagné en efficacité répressive, mais beaucoup perdu en termes de liberté et parfois d’honneur.

«Enfin, pensons aussi en cette heure d’épreuve au piège politique que nous tendent les terroristes. Ceux qui crient « allahou akbar » au moment de tuer d’autres hommes, ceux-là trahissent par fanatisme l’idéal religieux dont ils se réclament. Ils espèrent aussi que la colère et l’indignation qui emportent la nation trouvera chez certains son expression dans un rejet et une hostilité à l’égard de tous les musulmans de France.

Ainsi se creuserait le fossé qu’ils rêvent d’ouvrir entre les musulmans et les autres citoyens. Allumer la haine entre les Français, susciter par le crime la violence intercommunautaire, voilà leur dessein, au-delà de la pulsion de mort qui entraîne ces fanatiques qui tuent en invoquant Dieu. Refusons ce qui serait leur victoire. Et gardons-nous des amalgames injustes et des passions fratricides.»




Le projet de loi Macron :

une loi néocapitaliste très conforme !

La tribune de Cécile Duflot du dimanche 3 janvier 2015 sur loi Macron est à son « point de vue un grand bond en arrière ». (1) Une autre personnalité comme Pierre Joxe a dit presque dans les mêmes termes son opinion sur cette loi de régression sociale. Elle sera débattue à la fin du mois de janvier devant l’Assemblée Nationale (à partir du 26-01). Martine Aubry n’a pas caché son mécontentement sur ce miroir aux alouettes de la consommation et utilisé des termes sévères dans une tribune du journal Le Monde, pendant que le Président Hollande dans ses voeux, lui persévère.

La ministre de la Justice, Madame Taubira concernant les professions du droit précisait en décembre de l’an dernier que « « Le droit n’est pas une marchandise soumise au marché ». (2) Les propos de dirigeants syndicalistes à l’exemple du secrétaire général de FO ne sont pas plus tendres sur le dialogue social, d’autres élus de gauche et représentants socialistes sont très critiques, et il est difficile de ne pas leur donner raison, c’est tout bonnement une loi scélérate. Elle coûtera très cher à la gauche gouvernementale sur le plan électoral.

Dire ou entendre que ce sera « la loi du siècle prochain », il faut garder son sérieux, cette logique marchande est proprement à vomir. C’est quoi la prochaine étape, faudra-t-il vendre, l’île de Ré, d’Oléron ou d’Aix, les cours d’eaux aux multinationales de l’eau ? A l’exemple des conseils préconisés, par le ministre des finances allemand demandant aux Grecs de vendre leurs îles ? Et comment en Colombie ou au Chili ont été privatisé des biens communs comme des rivières ou fleuves, quel beau cadeau pour les générations futures.

Avec des politiques ne pensant qu’à courte vue, les recettes du gouvernement Valls sont indigestes et ne résoudront rien, sauf à favoriser une régression sociale et à une augmentation des polluants et à privatiser le droit. La loi Macron traite à la fois de plusieurs questions, elle touchera indifféremment des professions libérales et du droit à statuts réglementés (avocats, notaires, …). Rien qu’à l’énoncé du problème, il va de soit que cette loi est très technique et que sans connaissance des sujets multiples et variés, ce qui pourrait paraître utile de réformer est à bien des égards une adaptation brutale au marché, plus qu’une remise en cause des rentes et profits de telles ou telles professions.

Par ailleurs, ô surprise s’il est traité des chambres de commerce, la loi Macron tend à en élargir certains pouvoirs, d’une réforme salutaire à faire et hautement explosive en attente, voilà un petit cadeau supplémentaire aux organisations peu représentatives du patronat français. Sur ce premier sujet, on notera surtout que sont maintenus certains numerus clausus très improductifs, qui pousseront des milliers de jeunes français à étudier la médecine en Belgique en Roumanie ou ailleurs en Europe, fautes de places, quand, il est question en France de déserts médicaux. Au titre des contradictions, ce que d’autres ont appelé un « fourre tout », le législateur est plutôt dans le micro(cosme) que dans la macro.

A ce premier pavé de la loi s’en ajoute d’autres, et le deuxième chapitre est à la hauteur de vue de son auteur sur le thème : les revenus modestes veulent aussi voyager, donnons-leur du carbone ! Sans omettre que c’est un moyen de transport bien moins sûr que le train, les smicards et sous smicards, du moins « les pauvres » pollueront pour la croissance du pays, et à contresens de ce qu’il y aurait à faire en matière de réduction des gaz à effet de serre. La Ministre de l’Ecologie (et du remplissage médiatique), Madame Royal crie au loup sur le prix des transports ferroviaires, mais construire un projet rail pour le siècle semble lui échapper ?

Ce qui présume, que le président Hollande en pense autant de la conférence de Paris sur le réchauffement climatique de 2015 en France, comme ce qu’il a pu raconter sur l’inversion de la courbe du chômage. Chaque jour en plus un millier de femmes ou d'hommes au chômage en 2014 et ce sera pareillement pour 2015. J’oubliais, la petite cerise sur le gâteau, il est question de restreindre le droit environnemental, tant qu’on y est « Rasons gratis » pour les promoteurs et bétonneur en tout genre, ou pour les élus et notables locaux et leurs petits arrangements entre amis ?

Toutes les réponses apportées par l’exécutif sont des formules pour endormir les masses, le double discours ne fait plus l’ombre d’un doute et c’est purement et intellectuellement malhonnête ou infantilisant. Croyez ce que « je dis » et à l’examen des faits, c’est tout le contraire, au final si le produit est joli, le résultat est aussi, un recul devant les juteuses plus values des compagnies d’autoroutes, pour lesquelles il faudra attendre 2017. Le gag, ce sera pour l’année des élections présidentielles pour revoir cette rente de situation être remise en cause !

De nouveau, ils sont forts ces communicants, les mêmes ou entre gens du même monde, conseillant les notaires en colère et le ministre de l’économie et au milieu, un grand ami du Premier ministre, comme en a fait part le Canard Enchaîné sur ce dirigeant de l’agence Havas (paru le 17-12-2014). En bref, comme l’a exprimé récemment le directeur du CNRS Dominique Wolton, l’on prend les citoyens de ce pays pour des idiots, et il prenait en exemple certains éléments de la propagande gouvernementale sur le net. (3)

Le troisième et dernier chapitre de la loi Macron est en la matière le grand bond social en arrière, il touche à la question de la « réforme » des prud’hommes et au travail non seulement du dimanche mais aussi du soir. Nous touchons là le problème du doigt, à cette carence d’un état pourtant omnipotent à ne pas s’appuyer sur le dialogue social. Le travail qu’a pu entreprendre Jean Marc Ayrault à ce sujet est déjà passé à la trappe. Au final, tout cela donne lieu à croire que ce pays se ne se réforme pas, tout simplement parce qu’il régresse socialement.

Ce coup porté non pas au « sacro-saint » dimanche, mais à la vie de nombreuses familles n’aura aucun impact dans le meilleur des cas sur la croissance et il sera créateur d’emplois précaires (CDD à plus de 80%), et les rythmes de vies des travailleurs s’entendront aussi en soirée. Quand on pousse à développer la consommation de masses cela favorise une baisse d’activité chez les petits détaillants. Ce phénomène n’est pas récent, la création de grandes surfaces à favoriser une diminution des emplois dans le commerce de proximité ou des centres-villes. Donc là aussi pas de changement, on continue à habiller Paul et à déshabiller Pierre… Pour ce qui est de Paris et d’un ou deux points de la capitale, je crois que cette ville à surtout besoin de logements sociaux et d’urgences. Il existe des priorités qui laissent un peu sans paroles, derrière certaines déclarations non pas malheureuses, mais voulues en tant que telles.

Qu’il existe des contradictions, il en existe toujours, mais quand le discours joue double jeu, cela s’appelle une manipulation, et si certains dépriment à la télévision et dans leurs colonnes de journaux à force de se répéter, cet aspect de la chose politique n’entre plus dans le domaine de l’indignation. C’est ouvrir une brèche supplémentaire à la colère, la muraille se fissure entre les tenants d’une politique suicidaire et l’expression d’une gauche du progrès social et écologique, c’est un autre modèle de penser bien plus soucieux de notre avenir, dont nous avons besoin et qu’il urge de trouver en vue de rassembler face à cette capitulation en rase campagne.

Jean-Christophe Cambadélis peut bien vouloir rassembler au sein du Ps et sauver les meubles, le voilà mal parti. De plus, les admonestations très récentes de Madame Merkel au peuple et électeurs Grecs qui vont se prononcer ce même mois est le trop plein d’un hégémonisme ou d’un matraquage insupportable. Cette attitude est une ingérence, que même François Hollande a pris en compte sur France Inter le 5 janvier. Toutefois ce n’est pas la première que l’arrogance de certains dirigeants outre-Rhin se manifeste, ils risquent à ce petit jeu de se prendre les peuples du sud européens en pleine face.

En attendant, la victoire de la vraie gauche, plutôt que celle qui a amené à cette gabegie sociale et économique, c’est-à-dire le PS local, le PASOK. C’est à se demander si l’Europe ne va pas dans les mois à venir connaître quelques mises au point nécessaires et tirer à ce sujet quelques enseignements. La victoire du parti Syriza pourrait venir troubler l’unanimisme et souhaitons-le appliquer un programme sortant le pays phare de notre civilisation des ornières d’une vulgaire mégère prussienne.

Il serait plus que temps d’arrêter de faire des travailleurs des objets jetables. Les mesures pour aider à une croissance plus forte sont un peu à l’image de la construction européenne. On a construit le fuselage et trouvé le combustible sans se préoccuper avant tout du moteur, les populations du continent.  La loi, du jeune ministre des finances, est une grande pochette-surprise néo-capitaliste avec plus d’une centaine de mesures. Du copier-coller de ce que pense la Commission et ses commissaires, ne cherchez pas du neuf, c’est de l’ancien et ressemble fort à ce que d’autres ont connus en Amérique latine comme thérapie de choc dans les années 1980 et 90.

Ce qui a pu être mis en avant jusqu’à présent dans la loi Macron, ressemble à un grand recul en matière social : élargissement du travail du dimanche et en soirée, affaiblissement des juridictions prud’homales, flexibilité du temps de travail accru ou détricotage des 35 heures, et mise à mal supplémentaire de l’inspection du travail. La question serait de savoir, si l’existant est fonctionnel ou efficient. Les outils de contrôle ou de mesure étant quasiment absents, il faut en général faire appel à une énième rapport, dont on aura donné aux « princes » ou aux puissants du moment, ce qu’ils espéraient entendre.

Sur le plan écologique renforcer la circulation des poids lourds comme moyens transports est une grosse erreur de plus. Cela démontre comment le monde technocratique français est hors des réalités de notre monde. Au moment, où il importe de limiter les émissions carbonées, ne serait-il pas plus à propos de développer le train, moyen de transport plus sûr, moins polluant, et avec des tarifs réduits ou abordables ; ce devrait être possible, sans passer par l’avion ou les autocars ; non ?

La politique du tout TGV a démembré le réseau ferroviaire, et nombre de lignes régionales sont exsangues, ou bondées comme en Ile de France, et jusqu’à présent la politique du fret reste un échec patent. Cette attention se voulant louable est un peu de l’ordre du charitable et du très méprisant socialement. Ce comportement de l’aristocratie d’Etat, et surtout sa reproduction dans toutes les sphères économiques publiques et privées, n’est en rien une nouveauté, si ce n’est une continuité de ce qu’ils dénomment le réel, tout en le niant.

Dans le même état d’esprit, certains actes se traiteront via des cabinets d’avocats britanniques offrant une baisse des coûts probablement, mais surtout une baisse de la qualité du traitement des actes ou écrits de justice. Cela risque de poser certains problèmes, comme pour l’égalité des citoyens face à toute acte civil ou légal rédigé. Ceci en raison d’une procédure faisant appel à des professionnels dont le travail est encadré très strictement, et de plus, c’est l’Etat qui fixe les prix et de les renégocier à la baisse si, nécessaire, il le peut. Un décret peut y suffire.

S’il y a bien lieu de s’attaquer à certaines rémunérations délirantes, si nous disposions d’un impôt sur le revenu adapté, doublé d’une CSG sociale pris à la source. Cela aurait plus de sens et tiendrait compte de vagues promesses présidentielles. Mais la réforme de la fiscalité ne peut se satisfaire de mesurettes brodées au fil du temps. C’est un échec en matière de redistribution des revenus et profits et vous renvoie à d’autres billets de l’an dernier sur le site… Les élans de persuasion de François Hollande n’en font pas de lui un visionnaire, mais un conformiste.

Pour ce qui est de la simplification administrative, il faudra attendre à plus tard, car à chaque fois que nos « têtes d’œuf » pondent un nouveau terme à la loi, en général, elle se complexifie et produit le contraire de ce qui est normalement escompté. S’il y a une morale à tirer du projet de loi Macron, il y a de quoi présumer une belle régression et une grande pagaille administrative. Ce sera potentiellement très déstructurant en matière de droit social ou en matière d’actes légaux, et les effets escomptés seront à l’inverse d’un projet de société soutenable et cohérent. Si cette loi se veut équitable, cette préfiguration est un beau trompe l’œil.

Billet de Lionel Mesnard, le 6 janvier 2015

Notes :

(1) Tribune de Cécile Duflot au Journal du Dimanche
(2) Tribune de Christiane Taubira – Journal Le Monde ; Cliquez ici !
(3) Propagande gouvernementale sur le projet de la  loi Macron : Lire ou télécharger ici !

Etats Généraux du Parti Socialiste :
une charte et quelques incantations !


L’eau mouille, prenons garde et portée à une cuisson de 110 degrés, elle fait des bulles. C’est en ces termes qu’il est possible de résumer la nouvelle charte du PS, « Nous croyons au progrès. » ou bien « Pour le progrès humain », qui aurait pu penser le contraire ? Ce texte a été approuvé par 80% des votants, mais seulement par 30% des inscrits (soit un peu moins de 50.000 adhérents à jour de cotisation). Un maigre cahier de 23 pages (à lire ou télécharger ici !) est venu conclure six mois de débat interne. Un texte rempli de bonnes intentions. L’ennui, c’est qu’en rapport avec la politique menée par le gouvernement, tout ceci est inapplicable, de la poudre aux yeux. Cela ressemble à une belle hypocrisie de circonstance.

Le mot ou la notion de « valeur » revient par 35 fois, à se demander pourquoi tant de valeurs soudaines à tartiner ? Un mot passe partout et particulièrement prisé dans le petit monde professionnalisé de la politique. Notamment, quand il s’agit de remplir les vides, les béances du discours, ça dit tout, mais n’explique pas grand-chose et surtout cela ne coûte rien. Cette charte est un beau florilège de formules creuses, comme « Humaniser la mondialisation ». L’exemple même d’une illustration malvenue, ou comment rendre acceptable des mécanismes économiques imposant les pires conditions aux pays ou populations les plus pauvres. En fait, il s’agit d’un contresens ou d’un non-sens, pour un écrit qui entend en redonner.

Autre surprise de taille, un peu plus de 5.000 textes militants serviront un jour à faire des propositions. On aurait pu croire que des E.G étaient l’occasion de faire remonter des idées, à minima un constat de la base avec des attentes spécifiques. Ce sera pour plus tard, est-il précisé. Un débat avorté  laissant à désirer et n’augurant rien de bon pour le futur.

L’on atteint des sommets avec cette référence à l’Eco-socialisme, qui fait surtout état de copier-coller, quitte à le vider de son contenu. Un art où les dirigeants socialistes sont maîtres depuis longtemps. Une récupération des idées permettant de gommer partiellement le grand vide en ce domaine, et d’appliquer au final son contraire.  La ficelle semble tellement évidente, voire énorme, qu’elle ne peut échapper à un peu de sens critique. Car sans l’action de cette dernière, on voudrait y croire !

Le 6 décembre 2014, pour clore les E.G. et la journée, l’assistance a eu droit à une allocution assez sidérante et conforme à la charte. Le premier secrétaire, Jean Christophe Cambadélis est venu ponctuer ce non-événement. Encore et de nouveau les valeurs à toutes les sauces et parfois une difficulté à ne pas manger certains de ses mots. Difficile dans ce cas de donner de la force à un objet textuel dont on ne croit guère et cependant doit servir de façade, ou comme dernier rempart de l’unité ? Du déclamatoire grandiloquent, sans que l’on sente dans la salle un grand enthousiasme, ni de la part de l’orateur. Sauf à se faire plaisir en paraphrasant Mitterrand sur la rupture et son discours devant le congrès d’Epinay en 1971.

Le député de Paris même répond par avance à ses détracteurs sur le côté lénifiant des bons sentiments de cette charte, ressemblant plus à un texte de communicant, qu’à un travail de reconstruction, sur le bon vieux mode « bilan et perspectives ». Seuls les coups de gourdins sur la droite et le FN ont un peu réveillé à la fin l’assistance ou la salle, pour une intervention de 30 minutes, d’un intérêt limité. De plus face à un parterre assez maigre, où les caméras n’ont pu masquer les places vides. A moins ; que ce ne soit de la place libérée pour les 500.000 qui devraient rejoindre le PS avant 2017, selon le maître de cette séquence peu concluante. (1)

Si le député de Paris était né de la dernière pluie, une impulsion militante de cet ordre serait la bienvenue. Nous pourrions nous réjouir de cette ouverture des portes et de ce recrutement qui donnerait une assise un peu large à ce parti. Au hasard d’une lecture récente des textes du congrès d’Amiens de 1913 de la SFIO, j’ai découvert sur l’ancêtre du PS, qu’il comptabilisait 70 à 75.000 adhérents ou votants, un sujet par ailleurs provoquait outre-Rhin une certaine moquerie des dirigeants du SPD sur les faiblesses militantes en France. Il faut remonter aux années 1950 pour trouver 400.000 adhérents à la SFIO et plus d’un million au PCF, en comparaison de nos jours, la gauche organisée rassemble environ 100.000 à 150.000 personnes. (2)

Au titre des imprécations et selon JC Cambadélis, en 2017, il sera engagé « une chasse aux inégalités », en clair, les 150.000 sans logis attendront des jours meilleurs. Les inégalités vont continuer à se creuser, des milliers de familles chaque année se retrouveront à la rue, mais demain on rase gratis, c’est certain… Je crois avoir déjà entendu ce refrain quelque part ? si au PS dans les années 1980 ! A tout point de vue, c’est stupéfiant, si certains éléments de ce bilan très léger pose d’infimes éléments de contestation de l’ordre capitaliste, sur le fond il ne remet en rien en cause la mécanique infernale. C’est de plus, un très mauvais succédané ou un pompage assez enfantin de certains axes politiques du Parti de Gauche ou du Front élargi du même nom (FdG).

Concernant l’éco-socialisme, le PG et d’autres ont fait un travail sérieux et sur lequel Jean-Luc Mélenchon et ses partisans (3), l’a associé à une relance des outils de planification. S’ils n’en sont pas encore à l’exercice pratique, ni à un début circonstancié. Il ne s’agit pas d’une mystification, l’objet demande une synthèse bien plus exigeante. Dans les écrits et les réflexions de la gauche de conviction, luttes sociales ou humaines et combats écologiques y font bon ménage. Elle vont du même ressort vers un changement de société et où le programme économique fonctionne de pair, et va à contrario des dogmes actuels. Rien à voir donc avec cette charte mielleuse, qui sur le fond comme la forme ne mérite pas une telle démonstration d’impuissance et dont on ne peut oublier la somme des renoncements ou des leurres passés.

Cette liturgie de bonnes intentions, qui peut y croire, car il est question de croyance « nous croyons » ai-je lu aussi, ce n’est pas une analyse de l’état du monde et encore moins une prise en compte des changements à entreprendre. Au mieux c’est de la calino-thérapie, il faut brosser dans le sens du poil, le toilettage et les ambages du langage servant peut-être à bercer les derniers militants ?


Billet de Lionel Mesnard, 6 janvier 2015

Notes :


(1) Intervention de JC Cambadélis (35 minutes) : Cliquez ici !

(2) Ceci est une estimation des adhérents réels ou supposés : PS 50.000 ; PCF 40.000 ; PG 12.000 ; ND 10.000 ; EELV 7 à 9000, NPA et LO 3 à 4000.

(3) Intervention de Jean-Luc Mélenchon à l’ENS de Paris en vidéo, ci-dessous.
Jean-Luc Mélenchon à l’ENS, dans le cadre de la présentation de son dernier livre et ce qu’il est possible de découvrir sur son blog à son sujet a donné une conférence aux allures d’un cours magistral. Le député européen dresse un état de la société à partir de divers éléments de sa réflexion sur l’économie, l’espace Monde et maritime et le réchauffement climatique, le tout agrémenté d’une approche anthropologique resituant l’explosion démographique intervenue ces dernières décennies. Il dresse sans complaisance un état du monde du passage de l’économie planétaire à un seul référent monétaire après la seconde guerre mondiale : le dollar ; allant des accords de Bretton-Woods à ce qui fut la fin de la conversion de ce que pouvait représenter une monnaie étalon. Quand l’administration de Richard Nixon décida de lettre un terme en 1971 avec cette conversion devenue impossible, la fin de ce que l’on nommait « l’étalon or » a fait entrer de plein fouet dans l’économie globalisée que nous connaissons, ne faisant que s’étendre et s’est imposé depuis.

Victoire idéologique de « l’économisme » et d’une école de pensée allant d’Hayek (ancien pro nazi) à Milton Friedmann à certaines franges « libertariennes », qui n’ont de libertaire que le nom et pas de philosophie ou d’art de vivre à proposer. Il est vrai qu’avec ces mélanges idéologiques, le tout fonctionnant en faveur d’une bulle financière n’équivalant pas à l’économie réelle, ou représentant un haut niveau de toxicité sur les économies nationales. L’échelle présentée « de un à cent » par Jean-Luc Mélenchon entre les deux économies (réelle et financière) est peut-être en dessous de la réalité ? Mais l’objet n’est pas de faire une expertise ou de contredire des chiffres qui à eux seuls sont déjà plus que sidérants et incompatibles avec notre devenir. Car le sujet ce n’est pas le suicide de la société française, mais comment faire face à cette mort lente et qui condamne les plus jeunes à supporter un héritage, qui laissera dans l’histoire de l’humanité, une plaie possiblement indélébile : Le capitalisme.


Notes de LM, janvier 2014

JL Mélenchon  à l'ENS de Paris, le 17 octobre 2014

La vie du site :  

   Bonnes lectures !

Dernières pages misent en ligne,

Le bloc-notes politique et social :
Tous les billets de l'année 2014 sont à lire ci-dessous :

Le deuxième numéro !

1 - Michel Rocard pris en flagrant délit de surmoi marxiste !
2 - "La gauche ne doit pas mourir !",
3 - Clartés et obscurités des temps présents...
4 - Une sixième République, pour faire quoi ?
5 - Intervention de Victor Hugo sur la liberté  (1848)
6 - 30ème anniversaire des journées du patrimoine.
7 - Presse et télévisions poubelles : cobayes ou citoyens ?


Le premier numéro !

1- Que vive la sixième République, laïque et universelle !
2 - Jean Jaurès, la guerre, les deux gauches et le capital ?
3 - La guerre de 1914-1918 vue par Paul-Louis et Léon Blum
4 - Face aux fossoyeurs de la gauche, les alternatives existent !   
5 - L’ancien est mort et ce qu’il y a de nouveau est encore à naître?
6 - Au pays des faux débats : Enfants « Rois » ou enfants objets ?
7 - De l'avantage d'être "bien né"?
8 - Malaise en France et dans une Europe sans tête…
9 - Socialistes affligés, mais non résignés !

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Nouvelle page sur la "Question Psy" ? :
Psychopathie et perversion narcissique ?



Ce texte n'a pour but de répondre à tous les aspects du malaise, mais la question mérite d'être posée, et de donner à lire une page sur un sujet de société difficile à cerner en raison de sa complexité. Je n’avais jamais songé écrire sur un tel un sujet, même s’il trouve une cohérence avec la « question psy » sur ce site. Il a fallu prendre du temps pour en poser les contours et ne pas chercher à faire un portrait type de malade ou bien partir d’une seule expérience vécue, tant elle serait à relativiser dans un ensemble commun.

Quelques mises à jour récentes,

Antonin Artaud, sa jeunesse à Marseille !
un nouveau documentaire   : Cliquez ici !



La question "Psy" ? :
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Violence & éducation : Cliquez ici !

Histoire de Paris et d'ailleurs : Cliquez ici !


Après 12 ans d'existence de 2002 à 2012, puis entre-temps un blog consacré aux luttes sociales en Amérique Latine, je continue mon travail de recherche sur certaines questions contemporaines et passées
. En attendant, le site se refait une beauté... ici ou là quelques fautes ou oublis ou coquilles à corriger (désolé !). Je vous souhaite une bonne lecture : 80 pages denses à lire, mais comme dans un grenier, libre à vous de chercher, comme bon il vous semble ! Un sommaire est en début de chaque page et permet de vous y retrouver, l'accès aux archives se trouve en bas de chaque page du site.

Post-scriptum : Mais pourquoi donc "le Grenier" ?

C'est en référence à un ouvrage "L'esprit du grenier" d'Henri Laborit. Il y explique à des jeunes comment est organisé le vivant, en un langage ou l'enjeu de la transmission des savoirs est compréhensible par toutes et tous.  

"L'homme entretient de lui une fausse idée qui sous la pelure avantageuse de beaux sentiments et de grandes idées, maintient férocement les dominances" (Henri Laborit)
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                Dernières modifications : Décembre  2014