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Le grenier
de
Lionel Mesnard


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 "Rendre la vie supportable est le premier devoir du vivant"  Sigmund Freud


Sommaire de la page :

1 - "Ouvrons les yeux !" et 30 ème anniversaire des journées du patrimoine.


2 - Bloc-notes politique et social N°1 et Je signe pour la sixième République.

3 - Presse et télévisions poubelles : cobayes ou citoyens ?

4 - La vie du site et le pourquoi du "Grenier" ?


« Ouvrons les yeux !» le nouveau livre de Jack Lang :



et 30° anniversaire des journées du patrimoine !
On en aurait pu s’attendre de l’ancien ministre de la Culture, Jack Lang, un livre tout plein de références longues et ennuyeuses sur le patrimoine de la France avec tout plein de notes en bas de page, c’est tout le contraire !  Son livre « Ouvrons les yeux ! » ne manque pas de rappeler son rôle dans la sauvegarde de certains fleurons de notre mémoire collective. Mais Jack Lang va plus loin et dans un livre condensé, qui a bien l’air d’un manifeste pour la beauté, à laquelle nous devrions jeter un œil dès plus attentif qui soit !

Cette approche qualitative, c’est-à-dire ce qui touche à notre environnement et à une certaine qualité de vie n’est pas un sujet d’esthète ou réservé à une élite culturelle, mais se pose à tous ceux qui circulent, se déplacent dans leur vie quotidienne, donc à toutes et tous. L’enjeu de fond que pose cet écrit est de savoir, s’il est possible d’associer ensemble des réalités quantitatives et qualitatives et concernant à minima 80% de la population, vivant en milieu urbain ?

Le patrimoine, tout de go, lancer comme ça, on peut y voir un côté un peu passéiste, un quelque chose ne nous appartenant plus vraiment, d’un autre âge. Au nom d’une fausse modernité ou l’héritage d’un urbanisme ravageur des années 1960 et 1970, il fallut loger en urgence des millions de personnes dans des conditions plus décentes. Et vous voilà flanqué, quelques décennies après et cela n’a rien de neuf ou d’anodin, plus exactement coiffé d’un ou de multiples panneaux publicitaires, devant votre pavillon.

Cette situation se reproduisant à l’infini et en tout lieu, selon un plan pour cage à lapin, et avec sa route traînant son lot de bruits et de pollutions sonores, mais aussi visuelles. Nous, nous sommes tellement habitués à cette pollution visuelle que chaque jour dans nos déplacements, à pied, en vélo, en voiture, en bus, dans le métro ou en train, nous voilà confronté, ou l’œil solliciter des milliers fois chaque jour pour des tapageuses réclames ou par des ensembles urbains plus que grisâtres. Pourtant, nous habitons sans que nous le sachions toujours dans un des plus beaux pays du monde, et même dans nos parcours touristiques, il est difficile d’échapper aux marques de cette fausse modernité.

Pour son trentième anniversaire, les journées du patrimoine en septembre 2014 (le 20 et 21) seront l’occasion de découvrir pour des millions de personnes de multiples lieux protégés, mais qui s’inquiètent finalement de la laideur qui envahit notre quotidien ?  Ces millions d’images et plaies urbaines au cours de nos promenades, déambulation auxquelles nous sommes confrontés, sans que nous puissions nous arrêter vraiment sur la beauté de notre lieu de vie ou d’habitation.

Un des éléments de la richesse de la France est son patrimoine, ancien et aussi moderne. Sauf que partout, ou surtout aux  entrées des villes où à leurs abords et n’en parlons pas dans les périphéries des grandes villes, le béton et le consumérisme, nous ont envahi d’une laideur sans nom, tout comme ses saveurs fades. Et la place de l’homme devient plus que problématique dans un urbanisme défiguré, sans goût en poussant à la hâte son chariot de courses, ou le nez dans son téléphone portable dernier cri, surtout pour l’oreille du voisin. Stop, et si nous prenions un peu le temps de respirer, de regarder tout simplement et si nous prenions en compte ce qui compose notre environnement, en levant le regard du bitume et de nos objets virtuels ?

Car l’objet de ces journées du patrimoine et plus encore est de, « levez les yeux », comme il est dit justement dans le livre de Jack Lang. Point de besoin de vous rendre dans un haut lieu de la de la mémoire passée, faites travailler votre imagination et redécouvrez vos villes et villages. Regardez ce qui demande à l’être et interrogez-vous si nous devons continuer à grignoter sans cesse ailleurs pour construire des gros pâtés en béton ou en briques. Ce qui ne fait pas de ces matériaux des responsables désignés, mais de comment au nom des urgences d’hier nous avons parqué des populations en des lieux anxiogènes et d’une laideur incomparable. Par ailleurs, vous pouvez aussi profiter de ces milliers de conférenciers, agents du patrimoine, pour découvrir les multiples histoires « locales » pouvant parfois échapper à ses propres riverains et si riche de sens.

Au Moyen-âge, la ville rendait  « libre » pour diverses raisons, mais on observait des règles ou le « beau » ou le bien fait, faisait d’une cruche ou autres ustensiles un objets d’art, et l’on disposait de savoirs faire, et des métiers indispensables dans la construction d’œuvres gigantesques. Ce qui relève d’un art du quotidien au fil des siècles, mais pas seulement. Ce lègue est encore de nos jours par certains aspects menacés, voire on tente par certains subterfuges administratifs, à minimiser certaines constructions passées, à faire moins peser les décisions d’un organisme du patrimoine et peu importe l’époque.

Il faut bétonner et caser ce que l’on peut et en général pour seule barrière, des petites associations de riverain, qui ne veulent pas voir une église, une vieille bâtisse, un marché ou une vieille Halle disparaître. Repenser la ville, la cité et ses abords, chasser la laideur de nos villes et campagnes, je souscris sans hésitation à cette idée de Jack Lang. Trop de publicités, de zones laides et lugubres ou défigurées, il en passe par une meilleure réappropriation des espaces urbains et c’est un enjeu citoyen.

La dernière fois que j’ai tenté d’exprimer une idée sur la beauté, j’ai dû me faire rabrouer… Quelle idée aussi de défendre ce qui est beau ou ce que l’on peut considérer comme tel, on pourrait y voir un seul enjeu esthétique, mais il ne s’agit pas que de cela. La question touche à des aspects économiques et sociaux et aussi des enjeux de transmission, notamment le rôle de l’observation et de la capacité que nous avons tous à nous approprier notre part de mémoire collective. « Le patrimoine immatériel, ce n’est pas quelque chose qui est tangible. C’est toute la signification, le lien qu’on peut faire à travers un élément physique - un lieu, un objet très ancien - et la présence de l’homme pour que cela ait un sens aujourd’hui. » (1)

La seule critique que je puis faire au livre de l’actuel président de L’Institut du Monde Arabe, Jack Lang, est peut-être ce qu’il y a lieu comme part immatérielle ou de non visible à l’oeil nu, plus exactement des enjeux de mémoire collective passant par une meilleure transmission des savoirs faire, et des éléments de connaissances nombreux. Comme par exemple, une meilleure connaissance de l’architecture et de l’urbanisme, qui fait souvent défaut dans les apprentissages scolaires, sauf à devenir architecte ou urbaniste. Qui plus est dans un pays connut par ses beautés architecturales tous siècles confondus et qui attire de nombreux étudiants étrangers pour son enseignement culturel et son patrimoine depuis des lustres.... Et le moyen de découvrir l’histoire de notre pays en le conjuguant avec un patrimoine matériel et immatériel considérable.

Mais Jack Lang dans son ouvrage fait aussi référence à une question qui va de pair avec la question de notre urbanisme et patrimoine, c’est-à-dire l’éducation aux arts, et en tant que digne héritier de Malraux, l’ancien ministre de l’éducation a su favoriser en son temps dans le milieu scolaire une impulsion pour l’excellence et pour tous les jeunes citoyens de ce pays, faut-il souligner en créant des classes artistiques !

Ce petit livre est aussi un beau travail littéraire que devrait retenir l’attention sur ce que nous ne voyons plus ou sur ce que ne faisons plus guère attention, mais que les anciens nous ont légués et qui fait de ce pays la première destination touristique du monde. Il y en ce domaine beaucoup à faire, et nous aurons l’occasion d’en reparler sur ce site.

En attendant, vous pouvez acheter son dernier livre aux éditions HC à un prix très abordable (4,5 euros)  !
Et je vous renvoie à mon travail les histoires urbaines et légendes de Paris, et ce que j'ai pu faire sur une artère de Paris : LE FAUBOURG et le quartier SAINT-DENIS, ses origines, ses figures passées. etc...


Billet de Lionel Mesnard, le 19 septembre 2014


Notes :

(1)
Yvon Noël, directeur du Musée québécois de la culture populaire, à Trois-Rivières. Patrimoine immatériel - La mémoire des lieux - «Les liens des êtres entre eux sont le ciment pour construire une société» (Le Devoir - Canada) : Cliquez ici !
Un exemple par l'image sur la disparition d'un lieu de mémoire à Marseille (1982):

ANDRé BRETON, La Villa "AIR BEL"
Un Film d'Alain Paire et François Mouren-Provensal

Sur : http://www.mativi-marseille.fr/

André Breton fait séjour à Marseille à compter d'octobre 1940. Il rejoint l'équipe de Varian Fry et Victor Serge qui ont élu domicile à la Villa Air Bel. Il quittera le Vieux Port à bord du Capitaine Paul Lemerle, le 24 mars 1941. La Villa Air Bel a été squattée et puis détruite au début des années 80 : ses uniques vestiges, ce sont un jardin d'herbes folles et les deux piliers de la porte d'entrée.





Le bloc-notes politique et social : Lire ici, le 1er numéro ! 

J
e signe pour la 6ème République : Cliquez ici !

Changez la Constitution pour rendre le pouvoir aux citoyens ! Pour la 6e République, créons un mouvement coopératif. Chaque talent peut contribuer au développement de cette initiative.




 


Presse et télévisions poubelles :

Cobayes ou citoyens ? 
De mémoire de Socialiste, une telle mise au pas et de fait à l’écart (de ministres et parlementaires) n’avait jamais eu lieu de manière si brusquée. En d’autres temps, François Mitterrand les auraient usés jusqu’à la corde, à l’exemple de Michel Rocard. Mais de la à les tenir hors des conduites du pouvoir, le « sphinx » Mitterrand n’aurait jamais commis une telle erreur. En faire des victimes, ou les « martyrs » d’un pouvoir claudiquant, cela s’appelle en retour recevoir un jour, « une balle perdue... » et ces derniers jours, cela siffle de toute part.

De toute façon personne n’est vraiment dupe, il s’agit de beaucoup plus qu’une crise de régime, c’est une administration des choses ne variant pas vraiment d’un parti dominant à un autre, le formatage selon diverses coutures, fait que la notion d’élite est surtout un raccourci de la pensée, quand il est question de clonages ou du système de reproduction sociale du modèle dominant. Quand il s’agit plus exactement d’un fait social caractérisant une hiérarchie, un ordre ou un état des choses.

Face à un tel chaos combiné au flux des nouvelles de la presse poubelle, qui l’aurait cru la sixième république fait son chemin dans les esprits (lire le bloc-notes n°1, ci dessus). La volonté n’est pas de ne pas respecter les institutions actuelles, le but est d’en changer et de favoriser l’expression du plus grand nombre. Il est rappelé de temps à autre, que Les Français aiment le principe d’un président désigné par le suffrage universel, mais pour autant approuvent-ils une telle concentration des responsabilités ?

Depuis le référendum de 1962, rien n’est vraiment venu remettre en cause les pouvoirs pyramidaux et la figure du monarque, notamment de la part du président Mitterrand. Bien qu’il fut conscient que nos institutions entre des mains peu scrupuleuses pouvaient tourner à un pouvoir quasi absolu (lire absolument l’article 16 de la constitution). Comme l’a proposé récemment, le Premier ministre, Manuel Valls, de faire appel au droit d’ordonnance a dû en faire sursauter plus d’un et ce qui se dessine comme renforcement du centralisme devrait mettre en alerte plus d’un.

La tentation bonapartiste à gauche et de la part de faux héritiers de la défunte « deuxième gauche » a de quoi surprendre, sauf pour ceux qui connaissent la décomposition de la famille Rocard et de ses rejetons, qui ont choisi la gouverne à la société. Il y a de quoi comprendre pourquoi sont nombreux ceux qui se réfugient dans l’abstention ou dans un vote contestataire, si l’exercice politique n’a plus de colonne vertébrale, de lisibilité, et si l’objet est de brouiller les cartes et nous faire un retour permanent aux fondamentaux du capital ?

C’est à se demander, mais pourquoi voter si la représentation nationale n’est plus qu’une caisse enregistreuse ? Même un girondin y perdrait son latin… Quant à ceux qui claironnent de toute part que le refus de la politique actuelle se fonderait à gauche sur de vieux et éculés préceptes marxistes cherchent à faire peur. A ce rythme certains vont se retrouver avec un couteau entre les dents. S’ils ne trouvent pas la route de la rédemption en votant « les pleins pouvoirs », pardon la confiance en un gouvernement qui persiste et signe dans une voie économique nous menant à la déflation et plus (1).

Si le retour du politique est absolument nécessaire, il ne peut passer que par l’expression du plus grand nombre et ne doit pas continuer à incarner un silence, ou un grand vide des sans voix. Et tout prouve une césure profonde, quelque chose qui est du ressort de la manipulation des consciences.  Cette problématique, elle ne peut plus être escamotée, les évidences sont sous nos yeux. Les médias ne sont que le résultat, non point du réel, mais d’un outil mis entre les mains d’apprentis idéologues et au service de quelques grands groupes financiers, dont certains cultivent l’art de la vente des armes ou le bétonnage à outrance.

Concernant l’objet  audiovisuel, c’est un manège tournant composé des mêmes têtes, ou le nombre de ceux qui accèdent véritablement à la parole ne dépasse pas quelques dizaines, voire centaines de personnes par an et selon des critères d’audience ou politique (pour le temps de parole des partis, ces derniers sont réglementés par la loi). En clair, vous avez plus de chance de tomber sur Céline Dion ou les politiques désignés par leurs instances partisanes, que d’entendre une multiplicité des approches citoyennes, car l’objet télévisuel notamment n’est pas en l’état un média démocratique.

Si le service public sous le général, Pompidou et Giscard n’était que la voix de son maître, il est difficile de croire, que tout serait depuis le produit de la liberté d’expression, quand celle-ci est souvent cantonnée à délivrer le même message, les mêmes arguments. Au point de voir chaque jour et en boucle, ou lire sous la plume de certains journalistes, nous délivrer des injonctions, sur le thème, du « Y-a-qu’à ou du il faudrait que ». De plus, si l’interlocuteur politique ne répond pas au schéma de penser, celui-ci se voit ramener à la morale dominante ou au bon entendement du moment, ce qu’ils appellent le « bons sens ». 

Ou mieux, quand un politique « ami » se voit conforter, cela tourne à la brosse à reluire. Au final, le temps consacré au contenu ne trouve pas sa place, et rien n’est plus formaté que le temps audiovisuel et la logique rédactionnelle. Au plus court, toujours au plus court et au plus vendeur, l’audience est devenu un dogme. Tout ce qui est de l’ordre du qualitatif n’a pas sa place et comme dirait le réalisateur Peter Watkins à ce sujet, dehors ou à la porte  pour ceux qui contredisent les règles commerciales du métier.

Souvent nous sommes confrontés à une série de propositions d’inspirations très patronales, et comme je n’ai rien contre les « patrons » à priori, je me réfère au MEDEF et à Monsieur Gattaz fils de son père, Yvon ancien patron des patrons de l’ex.CNPF. Le pactole de 41 milliards d’euros avec la mise en place du pacte de responsabilité, et surtout à la clef la création d’un million d’emploi reste à venir. Et nous ne savons toujours pas ce qu’il est devenu des 400.000 emplois, qu’aurait dû créer la suppression de l’autorisation préalable de licenciement, sous le gouvernement Chirac à la fin des années 1980 et sur proposition du père Gattaz. Et tout ce qui a pu suivre en matière de législation du travail et complexification du code du travail, et qui ne sont pas du fait des centrales ouvrières ou des travailleurs eux-mêmes. Cherchez l’erreur !

Il est plus facile dans ce cas, de faire d’un « beauf » moyen, une vedette du petit écran, car à ce petit jeu, seules gagnent les caricatures, les excès et en matière de télé poubelle et de contenu insipide, nous avons déjà atteint des sommets. Autre exemple plus spécifique à l’information massifiée est de passer son temps à analyser les réactions via Twitter de la Dame Morano ou d’autres « gogos » du moment. Ou comment l’information n’a plus de consistance. Les infos s’additionnent dans un grand néant, tout équivalant à tout, passant du chien écrasé à l’actualité internationale et encore si cette dernière est traitée. Le phénomène n’a rien de récent, mais il ne fait que s’amplifier. Dans le pire des cas, il n’existe plus de hiérarchisation de l’information, tout est balancé en vrac, faîtes votre marché en quelque sorte… une simple logique d’offre.

Les chaînes d’infos continues, la question des journaux télévisés, la presse sous sa forme la plus crue sur Internet, c’est tout sauf divers ou varié, et c’est particulièrement navrant quand le service public suit le même pas. La question est de toucher le bon segment, l’intelligence du lecteur ou du spectateur des infos est rarement voulue ou recherchée. Sauf à faire de lui un commentateur de commentateur, on n’en finit plus, dans les rancoeurs des uns et des autres. Car nous parlons d’un système économique, qui a pour objet de vendre selon des standards imposés, pas de réfléchir et encore moins d’interagir, c’est un spectacle passif. En plus de vous transmettre ce qu’il y a de plus réducteur. Et si vous réagissez comme le vaut la règle, ou se trouve votre libre-arbitre?

Cobayes ou citoyens ? 

Pas étonnant que nous connaissions régulièrement les assauts des journalistes les plus conservateurs ou réactionnaires, quand il serait entendu, que la profession serait ultra majoritairement de gauche et la presse aux mains d’abominables « gauchistes ». Mais ce petit monde se ressemble et à toutes les allures d’un monde très aseptisé. Nous pouvons assister à foison à des bavardages journalistiques, ou certains finissent par se donner tant d’importance, qu’ils ne sont même pas conscients des perles qu’ils alignent.

Une incapacité à analyser la chose publique, parce que cela demande du temps, et que répondre à tout moment donné au spasme de l’actualité, cela ni sens, ni valeur, cela commente, rien de plus et ne fait pas appel à votre sens critique, ni aux leurs. Un journalisme qui n’a pas de sens critique devient l’expression du futile ou de la seule capacité à répéter ce que dit le voisin. Surtout depuis que certains en font un fonds de commerce et un format télévisuelle à l’exemple de Canal Plus, ou il est impossible de distinguer la part du travail journalistique de la gaudriole.

En matière de télévision, les bornes ont été largement dépassées et depuis longtemps.  La phrase mémorable de l’ancien patron de TF1 sur Coca-cola et « les temps des cerveaux disponibles » illustrait la méthode. Cela est né de la démultiplication des canaux et réseaux ou des flux, pour reprendre le jargon Tv et média. Il n’a pour sens que d’alimenter de nos jours des écrans devenu plats comme son contenu, et la presse être un pâle reflet de la globalisation économique. La variété des programmes est d’une pauvreté rare, les programmes culturels sur la TNT sont bons pour les noctambules (entre 3 et 5 heures du matin pour TF1), et il existait plus d’inventivité, voire de place à la parole sous l’ORTF… à se demander si l’offre est compatible avec la création et l’expression du plus grand nombre ? Je vous en laisse juge.

Il existe ici ou là et sur le service public radio et télévision, de bons programmes, probablement une survivance de l’ancien temps ou trois chaînes et un bon poste de radio transistor suffisaient amplement… Ceci est ironique, car l’objet télévisuel et sa massification n’est pas à l’image du monde, ses périls ou catastrophes régulières, ou d’y dépeindre la nature humaine, ses richesses immatérielles. Non l’objet lui est dépendant de la publicité, c’est une logique de racolage, de marchandisation de besoins fictifs,qui ont un rôle non négligeable dans le quotidien de chacun. (2)

Concernant la concentration des titres de  presse, ce fut, je crois l’un des derniers textes présenté par le gouvernement Mauroy, s’agissant de la question face au magnat des années 1970-1980, Robert Hersant. Qui à lui seul concentrait une bonne part de la presse régionale, appelée PQR. Depuis cette même époque, hormis la famille Dassault déjà présente, la famille Bouygues a construit son petit empire télévisuel, d’autres patrons comme Lagardère fils ont croqué allégrement du média depuis une vingtaine d’année, sachant que le père s’était plus porté sur le monde l’édition, et récemment Tapie, lui s’est offert (ou va s’offrir encore) quelques noms de la presse PQR du sud-est ou provençal. Pour ne citer, que les plus marqués à droite de l’échiquier. Et nous sommes pour certains titres de la presse hexagonale passé à la dimension européenne (Le Monde entre autres appartenant à un groupe transnational), ce qui ne fait que participer à la concentration à l’échelle mondiale des organes de presse, des télés et radios, à l’exemple de l’empire Murdoch.

L’expression de ces grands groupes est intimement liée aux pouvoirs économiques et politiques, quand il n’est  pas délivré ou dicté le bon ordre des choses par l’intermédiaire d’un, de ses pions de l’info, relayant les intérêts de son patron actionnaire ou du parti au pouvoir. Que peut vouloir exprimer Monsieur Bolloré sur l’Afrique de l’Ouest, si ce n’est être un reflet de la politique extérieure de la France ? Pour Dassault et Largadère, la liste est simple, avions, missiles et médias à foison.

Le pesant du choc des photos et des maux ou mots assassins, à l’exemple de Paris Match et ses 10 pages consacrées à une vengeance, mais une ou plusieurs ? Cent mille euros en premier acompte pour un livre kleenex, « la causette » de l’Elysée peut partir en vacances. Les traductions vont faire fureur à l’étranger, quand trop de symboles se bousculent au portillon, de l’Elysée, soit plus de 250 ans d’histoire de même nature dans une telle enceinte, cette situation devrait nous amener à réfléchir à ce que pourrait être un état moderne et surtout démocratique.

En ces temps, ou il suffit de cliquer ou de discourir sur le ton du « j’aime », ou son contraire, la pensée binaire est à son comble. Sur fond d’une relance de la chasse aux pauvres, plus exactement aux précaires, chômeurs, ou ceux, crevant à petit feu dehors sur un banc ou sur un quai, auront leurs unes au moment des premiers gels. Mais les profondeurs du malaise qui réside en cette violence d’être impuissant face à la misère et cette idée plus que droitière de relancer la surveillance de la population, ceci ne peut qu’énerver et donner l’envie de mordre avec ou sans dents. Quand par ailleurs, l’état se désinvestit et laisse à la soupe populaire prendre le relais, dans ce cas, mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade… Cela relève du bon sens…

Une fois mis de côté l’ironie du propos, beaucoup savent que les urgences sont nombreuses, le but n’est pas de déqualifier ou d’aimer, mais de s’appuyer sur des potentialités, et la France, n’en manquent pas. Elle a les atouts pour affronter l’avenir et ils sont nombreux. Notre pays s’appui sur un peuple instruit et hautement productif. Il est temps d’en finir avec les effets d’estrades de toutes sortes, les plans de communication. Appuyons-nous sur nos capacités de rebondir collectivement, de mettre un frein à la gabegie financière et aux pillages des ressources naturelles.

Qui sont pour nous tous en l’état un horizon indépassable, du moins l’exigence d’une plus juste répartition des richesses et en mettant fin aux pillages que nous opérons sur des pays bien plus pauvres que le nôtre. Nous sommes en France bien plus riche qu’on ne le donne à dire. Plus cela crise, plus le bas de laine grossi et nourrit la rente financière, et à l’autre bout de la chaîne, les pauvres s’endettent ou s’enlisent. Un panorama social et politique, qui a de quoi rendre sceptique et faire appel à un autre entendement.

Cinquième puissance mondiale présente au sein de multiples organismes internationaux, et puissance nucléaire, on omet souvent le rôle dans les répressions civiles, des guerres passées et actuelles, de nos vendeurs et producteurs d’armements. En plus, nous appartenons, au pire ensemble militaire qui soit : l’OTAN, tout cela semble naturel.  On pourrait même faire état d’un néo-Molletisme, du temps ou la SFIO (l’ancêtre du PS) n’était qu’un rouage dans la chasse gardée étasunienne, un retour aux fondamentaux de la troisième voie au sommet de l’Etat, mais dans une cinquième République en bout de course.

La sixième République fait peu à peu son chemin dans les esprits, c’est encourageant. Nos chers « chiens de garde » feront le nécessaire pour pilonner ce débat citoyen. Surtout quand des universitaires, des intellectuels commencent à l’ouvrir, et mettent en lumière l’épineux des institutions actuelles face à une accession de l’ultra-droite qui engendrerait le pire, voire un petit Bonaparte mal luné du PS ou de l’UMP, qui sait ?


Billet de Lionel Mesnard, 15 septembre 2014


Notes :


(1) Entretien dans Libération de LIEM HOANG NGOC, cofondateur des « Socialistes affligés » : LE "PACTE DE RESPONSABILITé" est un immense gaspillage d'argent : Cliquez ici !

(2) Je vous renvoie à lecture d’un texte sur les mécanismes de la télévision et deux documentaires en rapport sur le site : Cliquez ici !



La vie du site :

Dernière page mise en ligne,


Ce texte n'a pour but de répondre à tous les aspects du malaise, mais la question mérite d'être posée, et de donner à lire une page sur un sujet de société difficile à cerner en raison de sa complexité.

Je n’avais jamais songé écrire sur un tel un sujet, même s’il trouve une cohérence avec la « question psy » sur ce site. Il a fallu prendre du temps pour en poser les contours et ne pas chercher à faire un portrait type de malade ou bien partir d’une seule expérience vécue, tant elle serait à relativiser dans un ensemble commun.

Quelques mises à jour du site récentes,

Antonin Artaud, sa jeunesse à Marseille !
un nouveau documentaire   : Cliquez ici !


La question "Psy" ? : Cliquez ici !

Violence & éducation : Cliquez ici !

Histoire de Paris et d'ailleurs : Cliquez ici !


Après 12 ans d'existence de 2002 à 2012, puis entre-temps un blog consacré aux luttes sociales en Amérique Latine, je continue mon travail de recherche sur certaines questions contemporaines et passées
.

En attendant
, le site se refait une beauté... ici ou là quelques fautes ou oublis ou coquilles à corriger (désolé !).

Je vous souhaite une bonne lecture : 80 pages denses à lire, mais comme dans un grenier, libre à vous de chercher, comme bon il vous semble ! Un sommaire est en début de chaque page et permet de vous y retrouver, l'accès aux archives se trouve en bas de chaque page du site.


Post-scriptum : Mais pourquoi donc "le Grenier" ?

C'est en référence à un ouvrage "L'esprit du grenier" d'Henri Laborit. Il y explique à des jeunes comment est organisé le vivant, en un langage ou l'enjeu de la transmission des savoirs est compréhensible par toutes et tous.  

"L'homme entretient de lui une fausse idée qui sous la pelure avantageuse de beaux sentiments et de grandes idées, maintient férocement les dominances" (Henri Laborit)
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                Dernières modifications : Juin 2014