Sommaire de la page d'accueil,

1 -  Sur les traces de Flora Tristan... (1803-1844)

2 - Révolution française suites : des années 1788 à 1792, 1793 en cours de rédaction, Manon Roland, Philippe Buonarroti : à suivre !


3- Suivi du texte de présentation, "Ni répulsion, ni attrait, mais que de questions !
" & Vidéo sur la démocratie des Athéniens : avec Cornélius Castoriadis de Chris Marker.

4 - la vie du site sous forme de blog - et le bloc-notes 2016

Flora Tristan mystique et révolutionnaire ?

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1 - Sur les traces de Flora Tristan...            (Publié le 5 juin 2016)

2 - Flora Tristan, une ancêtre du Féminisme et du Socialisme, par Marthe Bigot (1926)

3 - Première biographie de Flora Tristan par Eléonore Blanc  (1845)

4 - Vidéo avec Mme Michelle Perrot - Flora Tristan : L'émancipation en marche & Bibliographie et documents annexes à consulter...


Dernières pages mises en ligne
sur la Révolution française

Attention ce travail n'est encore qu'une ébauche - et peut évoluer dans son contenu.
 Il contient néanmoins 20 pages denses et il n'est pas terminé !

Bonnes lectures, LM, le 10 août 2016

Les dernières page mise en ligne !

L'année 1792, sixième partie

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1 - La fin de la Législative et naissance d’une République?

2 - Affaires diplomatiques, M. Gouverneur Morris, vues et influences d’un ambassadeur

3 - Paris, Place de la Révolution, petite histoire de la guillotine...

4 - Chronologie détaillée : de l'insurrection du 10-08 au 31 août 1792

L'année 1792, septième partie

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1 - Anacharsis de Cloots, écho du nationalisme naissant !

2 - Pouvoirs, mythes et opportunismes & discours de Danton août-septembre 1792

3 -  Chronologie détaillée de septembre 1792

4 - Rosalie Jullien, Journal d'une Bourgeoise

L'année 1792, huitième partie

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1 - Jacques Pierre Brissot dans la tourmente! & extraits de ses mémoires apocryphes.

2 - Chronologie détaillée d'octobre à décembre 1792

3 - Réfléxions sur la situation politique aux débuts de la Convention

4 - Jean-Baptiste Louvet et le «Rolandisme»: parcours d’un homme presque ordinaire

5 - Discours de Jacques Roux, en décembre 1792 sur le jugement de Louis le dernier et les accapareurs.


D'autre pages viendront compléter cette période au sein  des "histoires urbaines de Paris et d'ailleurs" d'ici quelques temps, un travail de rédaction est en cours et si vous avez des idées, des critiques, ou des textes à faire parvenir; n'hésitez pas à transmettre à mon adresse mail : lionel.mesnard(at)free.fr


La Révolution française (1789-1795)

Prise des Tuileries ou du Palais Royal (Le Louvre), le 10 août 1792
Ni répulsion, ni attrait, mais que de questions !
Des interrogations multiples sur la Révolution française m’ont poussé à vouloir trouver quelques bribes de vérité. Y suis-je parvenu? non, parce que je penserai toujours à cette période avec un doute. Non point sur la nécessité de changer de régime ou de participer à une entreprise de martyrologie, le sort de la noblesse et du haut clergé ne mérite pas vraiment des larmes. De plus si l’on examine les faits chiffrés, ils ne seront pas tant la cible que l’on a voulu conter. Ce sont les gens ordinaires qui vont surtout payer les frais des excès, aussi bien en pertes humaines, que dans l’adaptation au système économique de la bourgeoisie triomphante.

Il existe sur une masse impressionnante d’acteurs de la révolution, assez peu d’individualités de premier plan méritant le détour, quand elles ne sont pas dépeintes comme beaucoup d’autres sous le coup d’une distinction politique et souvent sur la base d’un rejet grossier. Autant il y a à manifester certaines réserves sur le parcours de l’Abbé Sieyès et son adaptabilité aux régimes successifs, Mirabeau avec tous ses défauts est un bonhomme plus que remarquable. Oui, il a servi ses ambitions et il a trempé dans des affaires de corruption, connues et qui ont coûté à la cagnotte royale son pesant de livres françaises (2 millions de l’époque). Mais quel personnage de roman, et si l’on connaît un peu sa vie avant 1789 et ses productions écrites, il y a de quoi écrire avec son aplomb, qu’il est l’homme de la première révolution.

Le comte de Mirabeau voulait une constitution et un parlement de notables, et si Louis XVI ne l’avait pas tant méprisé il aurait pu trouver les raisons de finir son règne tranquillement. En plus sa mort subite en mars 1791 en fait un personnage sur un temps très court assez surprenant et à l’image de son temps. Ses prémonitions ou ses capacités d’analyses sortent de l’ordinaire, lié au génie des formules, il a été un tribun capable de retourner l’Assemblée avec une intervention plus d’une fois. C’est le premier géant de cette vaste entreprise humaine, qui même s’il a profité de son poids politique pour se faire acheter, n’a pas trahi ses convictions. Il a pensé par étape et il est difficile de lui donner tort sur tout, mais comme les événements ne sont pas le reflet d’un personnage plus qu’un autre, mais de conséquences souvent imprévues.

On pourrait presque mettre sur le même plan d’égalité le Marquis de Lafayette, s’il a pu jouir de sa fortune et avoir de très fortes ambitions et un passé aux Etats-Unis. Il a surtout à son actif quelques crimes ou répressions, ou d’avoir inspiré la loi martiale dès la fin de l’année 1789. Mirabeau n’aima pas le pouvoir qu’il représentait avec la garde nationale à ses ordres, il y a quelques raisons de le comprendre, même si l’un et l’autre se satisferont du nouveau cadre légal sans chercher  à élargir les pouvoirs et encore moins bâtir une République. Ils ont représenté le camp modéré, pour une monarchie constitutionnelle, dit « feuillant » (à partir de 1791 après la mort de Mirabeau), des monarchistes s’inspirant pour beaucoup de l’exemple britannique. La contradiction flagrante du général de Lafayette est d’avoir soutenue une république et d’avoir servi au final un roi. En qui, il n’avait nulle confiance et qu’il tenait en surveillance. Il deviendra par ailleurs la hantise et la détestation du couple royal.

Une des premières référence de l’année 1789 sera de faire un parallèle avec les révolutions anglaises, et avec l’explosion de la presse, dont Mirabeau et Brissot seront les premiers à braver les interdits en avril et mai. L’on découvre une opinion publique d’une très grande variété composée de tous les idéaux en cours. C’est la grande avancée de ce nouvel ordre constitutionnel. Pour le reste, les grands perdants sont l’immense majorité, il suffit de constater l’enlisement économique et social, puis les supercheries et manigances du couple royal. D’où l’importance de séquencer en deux premières phases les étapes de la révolution, la partie monarchiste libérale et républicaine. Le méli-mélo économique et social des débuts en dit long sur les intentions, de comment la haute bourgeoisie va mettre le grappin sur les biens du clergé. Ces opportunités  économiques représentant 10% des richesses nationales vendues aux plus fortunés va poser les bases du capitalisme et ne pas vraiment inverser la pyramide des pouvoirs et des biens. Voire l’amplifier quand les terres autrefois requises à la collectivité paysanne se verront compromises par des actes de propriétés.

Ce qui pouvait aider à la survie se voyait confisquer dans un pays où la faim restait un problème récurrent. La nuit du 4 août n’a pas été le jour de l’abolition des privilèges, mais une série de vœux et un imbroglio juridique de taille, les terres étant rachetables par ceux qui les cultivaient - qu’au prix de plusieurs années de reversement du fermage - et valu plusieurs mois de débats avant de faire loi et décrets d’application. On n’abandonnait ses droits anciens sur les métairies que sur la base de l’ancienne redevance, et celle-ci pouvant s’élever sur 10 ou 20 ans. Si certains privilèges disparurent dans un premier temps, celui de l’argent va supplanter les quartiers de noblesse et donner des droits auxquels ne purent accéder les moins aisés, notamment la population agricole et ouvrière des champs. Si la population paysanne figurait pour presque 80% de la masse globale des habitants, les agriculteurs représentaient 55% de la population totale, le reste contribuant aux activités agricoles.

Ce que j’ai pu constater, ce sont deux formes d’excès ou « d’hybris », l’un tenant aux idéaux et l’autre aux ambitions personnelles. La première catégorie ce que je qualifierai d’hybris ou d’hubris révolutionnaire a conduit une génération à la mort. La seconde forme va y laisser des plumes, mais  continuer son chemin destructeur et offrir à un nouveau despote les portes du pouvoir en bout de course en 1799. Une grande mécanique macabre, ou les prisons tiennent lieu de miroir d’une société extrêmement violente. Nos normes étant incomparables, mais pourtant, les geôles restent toujours aussi crasseuses, et le déversoir de nos misères sociales et de maux profonds. Il est indéniable que la nature du droit allant se modifier va contribuer à des changements significatifs.

Sur Mirabeau et pas seulement, il est un sujet que l’on aborde peu. La question des corps et de leurs souffrances. Cet homme a été décrit souvent sous les traits d’une grande laideur. Cette appréciation d’un intérêt mineur et dont il a su dépasser les moqueries est en fait le résultat d’une maladie très commune et dévastatrice, la petite vérole ou en terme médical la syphilis, que l’on soignait avec des agents pathogènes et mortels, comme les sels de mercure. Cette maladie a pour particularité de ronger notamment le visage et de laisser des plaies. Ce que l’on appela le « mal français » a provoqué d’horribles séquelles dans la population, et celui que l’on présenta comme son fils spirituel Danton avait les mêmes marques. Il faut bien comprendre que l’on sort à peine d’une médecine plus que douteuse et qu’elle représentait à l’époque le dernier stade avant l’appel du curé pour les derniers sacrements.

Ce que je veux dire, c’est que le docteur de ce siècle participait plus de la mortalité que de la guérison. Il était plutôt craint, qu’apprécié pour ses remèdes fantaisistes. Autres personnages aux corps marqués par des infirmités, Talleyrand, Couthon, ramené au quotidien et à la vie des plus pauvres, ils sont loin d’être des exceptions, un banal accident pouvait avoir des conséquences énormes sur le bien être physique des personnes et leur futur. Faute de soins appropriés, à l’image de Louis XIV sur son lit de mort rongé par la gangrène, les fins de vie à l’exemple de Mirabeau passe pour une belle revanche de sa difformité… Mourir en pleine extase, quelle belle mort ! Ce qui peut paraître étrange et le seul bénéfice des guerres sera la médecine d’urgence qui se mettra en place dans le cadre des batailles napoléoniennes venant bousculer le vieil édifice médical et ses certitudes passées. C’est ainsi que la chirurgie va cesser d’être rattachée à la profession de barbier et progresser grâce à la médecine d’urgence.

Le prix du sang ?


Ce qui peut ne pas provoquer un grand enthousiasme est la relation à la mort et la place du sang comme hérédité. Ce que l’on nommait le « sang bleu », dans un registre de supériorité distinguant les aristocrates du reste de la population. Etait-ce un registre tout bonnement raciste ou racialiste, c’est-à-dire sur la base d’une distinction « de race », la question se pose ? C’est ainsi que l’hérédité l’emportait sur les valeurs ou les mérites de tous, de là à faire un parallèle avec le régime nazi, la norme établie n’était pas la même. Il existait une séparation sociale de fait, plus qu’une distinction religieuse ou lié à la peau ou à des éléments génétiques, même si cette référence au sang n’est pas totalement absente et paraît troublante. L’idée de « race » au XVIII° siècle n’a rien de génétique ou relevant d’une théorisation idéologique, elle est un privilège de naissance, de perpétuation du nom. La « race » des seigneurs, bien avant de trouver théorie est même possiblement une perception bourgeoise, il faut à ce sujet lire l’abbé Sieyès et ce qui fit sa gloire en dépeignant les aristocrates comme des étrangers « germains ».

A sa décharge, il parle de sang mélangé, il cherche à démontrer les sources de l’inégalité sociale, plus qu’à construire une charpente raciste. Mais il est vrai que cette fausse différence franque et gauloise a été le réceptacle d’âpres débats politiques les deux siècle suivants et sur la base d’histoires pas vraiment fondées, voire purement mythologiques sur les envahisseurs d’autrefois et ayant pu participer à des constructions purement racistes basées sur de fausses conceptions des gènes humains. Même si la science a repoussé ce genre vicié avec vigueur depuis 1945, un sondage à la fin du vingtième siècle, donnait plus de 90% des Français croyant encore appartenir à une « race ». C’est à ce genre d’indice et en raison de certains débats actuels, que l’on appréhende les évolutions et contre évolutions de la pensée et ce qui peut nourrir les dérives politiques et les pires régimes.

Le député Sieyés mentionne par deux fois des références à la « race » dans son grand succès littéraire et de postérité : « Que si les aristocrates entreprennent, au prix même de cette liberté dont ils se montreraient indignes, de retenir le peuple dans l’oppression, il osera demander à quel titre. Si l’on répond à titre de conquête, il faut en convenir, ce sera vouloir remonter un peu haut. Mais le Tiers ne doit pas craindre de remonter dans les temps passés. Il se reportera à l’année qui a précédé la conquête; et puisqu’il est aujourd’hui assez fort pour ne pas se laisser conquérir, sa résistance sans doute sera plus efficace. Pourquoi ne renverrait-il pas dans les forêts de la Franconie toutes ces familles qui conservent la folle prétention d’être issues de la race des conquérants et d’avoir succédé à des droits de conquête ? La nation, alors épurée, pourra se consoler, je pense, d’être réduite à ne se plus croire composée que des descendants des Gaulois et des Romains. En vérité, si l’on tient à vouloir distinguer naissance et naissance, ne pourrait-on pas révéler à nos pauvres concitoyens que celle qu’on tire des Gaulois et des Romains vaut au moins autant que celle qui viendrait des Sicambres, des Welches et autres sauvages sortis des bois et des marais de l’ancienne Germanie? Oui, dira-t-on; mais la conquête a dérangé tous les rapports, et la noblesse de naissance a passé du côté des conquérants. Eh bien! il faut la faire repasser de l’autre côté ; le Tiers redeviendra noble en devenant conquérant à son tour. Mais, si tout est mêlé dans les races, si le sang des Francs, qui n’en vaudrait pas mieux séparé, coule confondu avec celui des Gaulois, si les ancêtres du Tiers état sont les pères de la nation entière, ne peut-on espérer de voir cesser un jour ce long parricide qu’une classe s’honore de commettre journellement contre toutes les autres? Pourquoi la raison et la justice fortes un jour, autant que la vanité, ne presseraient-elles pas les privilégiés de solliciter eux-mêmes, par un intérêt nouveau, mais plus vrai, plus social, leur réhabilitation dans l’ordre du Tiers état? » (Qu’est-ce que le Tiers Etat ? Emmanuel-Joseph Sieyès, chapitre II, Cliquez ici ! ). 

On parlerait aujourd’hui de germanophobie. Comme quoi la perception d’un temps à un autre peut varier, qui plus est dans la relation à l’étranger, plus exactement à l’étrange ou ce que l’on croit comme différent ou éloigné. C’est même un élément variant dans le cours de la révolution, la place singulière de l’asile et de l’accueil fraternel de tous ceux luttant pour la liberté et tout le fond sur l’universalité ou pas de ce mouvement échappant à toute référence jusqu’alors connue? La seconde révolution n’a pas vraiment d’équivalent contrairement à la première qui est dans la lignée des révolutions libérales, soulignant les retards et lourdeurs de l’absolutisme sur une bonne partie de l’Europe. Le fameux duc de Brunswick - qui fit tant couler d’encre et plongea Paris dans la peur panique d’une invasion étrangère - faisait corps avec les pensées libérales de son temps.

« Que si le château des Tuileries est forcé ou insulté, que s’il est fait la moindre violence, le moindre outrage à Leurs Majestés, le roi, la reine et la famille royale, s’il n’est pas pourvu immédiatement à leur sûreté, à leur conservation et à leur liberté, elles en tireront une vengeance exemplaire et à jamais mémorable en livrant la ville de Paris à une exécution militaire et à une subversion totale, et les révoltés coupables d’attentats aux supplices qu’ils auront mérités. » (Manifeste de Brunswick, du 25 juillet 1792 Cliquez ici!). Ce qui est présenté comme son manifeste appelant à détruire la capitale fut surtout un outil de propagande, les idées du duc prussien n’étaient pas si éloignées des constitutionnalistes. Si l’on s’en tient aux grandes lignes, difficile d’admettre que tout  n’est que le produit d’une propagande, et pourtant. La menace a été amplifiée et grossie par les ultras en exil - et - elle a été accueillie sur le sentiment partagé d’une trahison de « l’Autrichienne » et de son « gros cochon ». Quand on découvre les coulisses politiques, il y a non seulement un texte rédigé dont les signataires sont autres et aucune volonté de s’attaquer au nouveau régime à ce stade du côté prussien. Cela procède plus de la guerre en dentelle que d’une guerre conventionnelle. Mais, c’est ce qui va participer et mettre le feu aux poudres et engager le deuxième processus révolutionnaire et l’arrestation des époux Capet. Et les Tuileries tomberont, juste avant la royauté. Nous en sommes qu’au début d’un autre processus, le terme de république étant l’objet d’une minorité.

Retour aux sources et origines latines et grecques

L’Hubris (ou l’hybris) qualifiant l’excès ou la démesure est le terme le plus juste, pour expliquer l’échec des révolutionnaires de 1792. Une terminologie grecque pour signifier l’absence de contrôle, trouvant à Athènes son origine, et une partie de son sens avec la fin de la démocratie ou de l’idée démocratique, au V° siècle avant JC. Pourquoi ce détour par la Grèce antique, quand il s’agit de parler d’un événement en apparence sans rapport, ou sans lien direct. Au contraire, tout à tendance à nous y ramener. Combien de discours nourris de citations grecques ou latines pour exprimer une opinion à la tribune de l’Assemblée ou dans les salons, dans un objet de littérature, voire dans la vie courante. Sparte, Athènes et Rome trois cités aux destins différents, nous mènent aux origines des constructions légales et constitutives des pouvoirs collectifs, politiques, militaires et judiciaires. Ils vont être l’objet des projections de l’époque, et de la société lettrée.

Racines et origines sont en général l’entrée en matière de tout travail de fond. L’on peut mieux comprendre les références de chacun, ou l’organisation d’une pensée, si l’on sait à quoi l’on se réfère. Ce qui peut nous sembler codifier est aussi la source d’une éducation ou les textes anciens avaient une place considérable. Ce que l’on appelait les humanités se posa longtemps comme la base du savoir. Ce fut, et demeure aussi un élément de sélection sociale, d’autant plus préjudiciable avec la dénaturation du langage, l’absence de maîtrise des langues nourricières peut renvoyer à un abyme, ou l’objet d’erreurs assez grossières ou de mauvaises interprétations des mots employés.

D’autant plus que le langage du XVIII° siècle - n’est pas l’exacte copie de ce que nous pouvons lire ou entendre de nos jours - autre source de confusion. Plus encore avec les langages populaires, certains mots n’étant plus d’usage ou ayant pu changer de sens commun. Ce qui est sûr, c’est que nous devons aux Athéniens, et non aux Grecs (faute d’Etat nation), d’avoir inventé les élections, la tragédie (mais pas le théâtre), et concernant Plutarque, la biographie. L’héritage du droit romain, dont la filiation passe par Bologne au XVI° siècle, concerne principalement l’organisation de nos lois dans une filiation latine. Mais aussi le fonctionnement ou les attributions des élus. Ceci expliquant en parti cette résonance bimillénaire de notre culture ou civilisation européo méditerranéenne dans les débats sur la Révolution française.

Je ne prendrais que pour exemple l’usage du mot dictature, dont l’entendement ne peut-être que source d’approximation et ne pas refléter ce à quoi nous l’assimilons aujourd’hui, c’est-à-dire à un régime des plus autoritaires, exclusif et sans partage des choix. Selon les clauses romaines ou des villes hellènes, la dictature ne signifiait pas pour autant l’abandon sans limites, des pouvoirs constitués ou existants. Le décalage du temps et les projections de deux époques, plus l’origine, avec celles du siècle des Lumières et nos parents lointains - ne peuvent que provoquer des interprétations abusives - ce que l’on nomme une projection et de fait source d’anachronisme.

Si ce n’était que le seul piège, dont il vaut mieux se prémunir, il y a dans toute manifestation révolutionnaire, des contres balanciers et des résistances fortes. On ne vient pas bousculer l’ordre du monde sans attendre en retour quelques propagandes adverses et coups bas. Le but étant d’une simplicité enfantine, noyer l’événement révolutionnaire, grossir à l’excès les faiblesses. Si besoin réécrire l’histoire pour des intérêts partisans souvent liés à des raisons économiques. Il serait difficile de ne pas se positionner et de ne pas choisir son camp. Du moins de ne pas se sentir proche des contre-révolutionnaires. Il s’agit aussi d’un héritage, d’un choix entre un régime monarchique et républicain. Les courants ayant soutenu le roi absolu ou constitutionnel, ma préférence est républicaine et pour l’expression démocratique la plus directe des forces sociales.

Une fois réglée cette histoire plus que basique, du pour ou du contre la révolution, la question républicaine ne peut qu’être associée à des exigences démocratiques. S’il existe une dérive, dans le cas d’un régime sans contre-pouvoir, il y a un basculement, car si la Nation est constitutive d’un peuple, elle ne peut être l’objet d’un pouvoir sans contrôle. La question est de savoir, si le vote censitaire est d’essence démocratique ou pas ? et ce système mis en place sous la première révolution crée une césure, et fait de la majorité des citoyens de seconde zone. Un tant soit peu à l’image des Athéniens d’antan, avec la séparation entre citoyens et esclaves, renvoyant à la mise en périphérie du prolétariat des villes et des champs des urnes et décisions politiques. L’on parle donc de démocratie « bourgeoise », et de sa particularité dans le cas du vote censitaire, limité aux possédants (la classe bourgeoise). Préexistant au moment des Etats généraux, le vote censitaire restera en application de 1790 à la mi-août 1792, et de nouveau rétabli en août 1795. Ce système électif va perdurer grosso modo jusqu’à la venue de la troisième République rétablissant l’universalité des droits, mis en œuvre sous la Première un court temps.

Pour ce qui est de la première République, se distinguant du royalisme et de son appartenance divine, ou ce qui était l’ancien régime, la loi publique, la res-publica est la seule pouvant tenir lieu de loi commune. Parce que dévolue au temporel. Mais si l’on inclut, les dérives du neuf thermidor comme un coup d’état, il s'agit de deux années d’une démocratie dont le fer de lance est en principe le peuple, pas très lointain de ce que l’on désigne comme la démocratie directe. Il y a un mais, et il n’est pas petit, le tout organisé dans un système représentatif et très éloigné de ce que semblait envisager Robespierre. Car toute la difficulté n’est pas de lui tirer des éloges, mais d’en finir avec les caricatures. Cela ne demande pas à aimer ce phare de la révolution, mais de comprendre les raisons Se saisir des faits, et de sortir de cette histoire officielle se perdant dans le symbolisme monarchiste et républicain. La meilleure formule est probablement d’en sortir avec les légendes ou mythologies « bleu, blanc et rouge ». Chaque couleur ayant ses nuances, le pire étant le dogmatisme, le fil induit des divisions.

Notes de Lionel Mesnard du 3 janvier 2016


Sur la démocratie des Athéniens : "anciens et modernes"


Entretien avec Cornélius Castoriadis,

un film de Chris Marker (1h20 - 1989)






La vie du site :  

      Bonnes lectures !

"L'homme entretient de lui une fausse idée qui sous la pelure avantageuse de beaux sentiments et de grandes idées, maintient férocement les dominances" Henri Laborit


Page réactualisée : Mais qui est donc Alice Miller?


Le bloc-notes politique et social :

Bloc notes n°1, année 2016

1 - Robespierre, patrimoine historique et querelle des mémoires?
et vidéo sur Robespierre par Hervé Leuwers.
2- Plus de Président - Plus de représentants
par Alexandre Ledru Rollin (1851)
3 - De l’exercice de la raison critique à la révolution psychanalytique?
& une vidéo "La Fabrique des imposteurs" avec Roland Gori.

4 - Un nouveau scandale Panaméen !
et le dernier livre de Fabrice Rizzoli, "La mafia de A à Z".
5 - Autogestion et émancipation :
un même combat  face à la gauche des fossiles !
& vidéo de Me Taubira chez Ruquier (France 2)
 6
- Le racisme en Corse : c'est de la faute de Bourdieu !

Année 2015 par ordre décroissant


Bloc notes n°3, année 2015

1 - 40% des Français pour l'autoritarisme ?
2 - La décomposition sociale est en route !
3
- Deux billets pour le prix d'une seul : Les guerres du capital et stop au feu !
4 - Attention aux incendiaires : à la recherche du sens
5 - De l’état d’urgence aux pleins pouvoirs ?
6 - Génération sacrifiée et géopolitiques à intérêts variables !
7 - Vaincre la peur! "L'agressivité compétitive",
entretien avec Henri Laborit et autres sources


Bloc notes n°2, année 2015

1 - Europe : le no man's land démocratique
2 - Henri Laborit :  Conscience - Connaissance et Imagination
& Mitterrand, jeunesse et droites extrêmes à Paris?
3 - L'Allemagne contre l'Europe par Juan Torres Lopez
4 - Merkel a dilapidé le capital politique de l'Allemagne,
entretien avec J. Habermas.
5 - L'Europe n'est pas une grande caserne prussienne!
6 - La république nous appelle… et la démocratie dans cette histoire ?
7 - La suprématie allemande en Europe, par Oskar Lafontaine


Bloc notes n°1, année 2015


1 - L’hypocrisie française ou la tentation Vichyste?

2 - Séductions et passerelles de l’extrême droite au sein de la société française
3 - Trouver les mots justes et le chemin de la raison ?
& Boris Cyrulnik sur la menace totalitaire
4 - Liberté, égalité, fraternité et altérité : Charlie n'est pas raciste !
5 - Projet de loi Macron : un néocapitalisme très conforme
6 - Etats Généraux du Ps : une charte et quelques incantations !

Année 2014 par ordre décroissant


Bloc-notes n°2, année 2014 !

1 - Michel Rocard pris en flagrant délit de surmoi marxiste !
2 - "La gauche ne doit pas mourir !",
3 - Clartés et obscurités des temps présents...
4 - Une sixième République, pour faire quoi ?
5 - Intervention de Victor Hugo sur la liberté  (1848)
6 - 30ème anniversaire des journées du patrimoine.
7 - Presse et télévisions poubelles : cobayes ou citoyens ?


Bloc-notes n°1, année 2014 !

1- Que vive la sixième République, laïque et universelle !
2 - Jean Jaurès, la guerre, les deux gauches et le capital ?
3 - La guerre de 1914-1918 vue par Paul-Louis et Léon Blum
4 - Face aux fossoyeurs de la gauche, les alternatives existent !   
5 - L’ancien est mort et ce qu’il y a de nouveau est encore à naître?
6 - Au pays des faux débats : Enfants « Rois » ou enfants objets ?
7 - De l'avantage d'être "bien né"?
8 - Malaise en France et dans une Europe sans tête…
9 - Socialistes affligés, mais non résignés !



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Histoire de Paris et d'ailleurs
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Post-scriptum : Mais pourquoi donc "le Grenier" ?

C'est en référence à un ouvrage "L'esprit du grenier" d'Henri Laborit. Il y explique à des jeunes comment est organisé le vivant, en un langage ou l'enjeu de la transmission des savoirs est compréhensible par toutes et tous.  

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