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1- Autogestion et émancipation : un même combat  face à la gauche des fossiles !

2 et 3 - Révolution française suites : les années 1788 à 1790, à suivre !
Suivi du texte de présentation, "Ni répulsion, ni attrait, mais que de questions !" & Vidéo sur la démocratie des Athéniens : avec Cornélius Castoriadis, film de Chris Maker

4 - Le racisme en Corse : c'est de la faute de Bourdieu !

5 - la vie du site sious forme de blog

Autogestion et émancipation :

 
un même combat  face
à la gauche des fossiles !
« Le patriotisme est une religion, il est fâché avec la lucidité. C’est de l’obscurantisme pur, un acte de foi » George Bernard Shaw

Depuis l’enfance, j’ai perdu le goût des soldats de plomb, rien n’est plus sinistre qu’un champ de bataille et se prendre au jeu me laisse perplexe. La nature de la guerre et de sa fascination auprès des jeunes garçons et pas seulement, avec l’âge aidant, cet attribut de virilité a quelque chose de pathétique. Je ne dis pas qu’il ne faut pas raconter l’horreur, la monstruosité qui se dégage depuis toujours, mais narrer l’histoire au fil des batailles, c’est au final parler de pillages, de viols, de villes incendiées et détruites, et toujours aux premières loges les populations civiles massacrées ou mises en coupe réglée.

Il faudra attendre la bataille de Solférino (sous Napoléon le petit) pour que soit envisagé un début de droit international des conflits territoriaux, visant à ce qu’il soit respecté certaines règles. C’est ainsi que naquit le Comité international, il y a un peu plus de cent cinquante ans. Tout le chemin parcouru depuis n’a pas vraiment mis fin aux processus guerriers et dans le cas des crimes de guerre, c’est toujours bien après que sont condamnées les coupables et encore s’ils sont arrêtés, nombres de tortionnaires sont déjà morts ou mourront tranquillement au fond de leur lit. La prévention des risques guerriers et le déploiement d’une diplomatie au service de la paix, hors de l’ONU, et des pays scandinaves, cela représente un grand vide et une forme d’impuissance consternante.

La France à son sommet est à un niveau d’hypocrisie jamais atteint, et si notre commerce extérieur fait de timides progrès, le pays dit des droits de l’Homme et du Citoyen est surtout un bon exportateur de conflits et un vendeur d’arme, par nature peu scrupuleux de la vie humaine. Le profit et l’accumulation, les seules valeurs observables, la famille Dassault chantre du capitalisme national et d’état, fait figure des intérêts meurtriers et trébuchant de notre bonne bourgeoisie locale. Dans le même profile, l’aspiration du petit-bourgeois à devenir grand, mais ne touchons pas aux icônes, ou ce qu’est le produit de la classe dite moyenne ! Ils veulent du PIB, qu’on leur donne un peu plus de brioche, pourrait s’exclamer le monarque « François ».

Ecrire une telle évidence n’aidera pas cependant à réfléchir, et sur un point programmatique tabou, que faire de notre industrie d’armement ? les sommes déversées dans ce puit sans fond de l’économie de la mort est un pur scandale. L’utilisation des fonds publics être revue et utiliser au service de l’économie du vivant. S’il y a la raison d’un désaccord à soulever avec les productivistes de toute nature, c’est entre autres, la concentration des crédits de recherche au profit de l’armée et de nos multinationales du crime légal. La recherche en terme quantitatif se porte bien à la condition d’être avant tout grâce aux apports de la manne militaire ou pour du consommable à durée de vie limitée, ou l’objet justement a perdu toute forme de valeur et le sens du temps ou des cycles. Mais comment ré-humaniser des sociétés minés par x. facteurs de violence, telle est la question ?

Certes la défense nationale est un sujet conséquent, mais depuis la Libye, il faudrait parler du ministère de la guerre. Le très transparent Le Driant peut vendre sans complexe à des régimes déjà surarmés, grattant deux sous de cette croissance, qui nous plongera, quoi qu’on veuille dans l’abyme et la disparition de l’humanité. Combien de CO2 pour un théâtre de guerre ? et c’est aussi la nature de notre diplomatie qui fige pour beaucoup ce qui demande principalement et à moindre coût humain de se battre pour la paix.

Tout le monde aura compris, sauf ceux ne voulant pas comprendre, que la question des réfugiés va poser dans les années à venir la question de flux de population important, cette fois-ci en Europe, tant l’onde de choc guerrier résonne dans des régions meurtries. Néanmoins pas de quoi faire exploser ou faire fantasmer le Lepéniste de base ou le réac de service, avec 420 millions d’habitants, l’Union plutôt vieillissante peut absorber ces migrations forcées sans succomber au délire de l’invasion étrangère.

De plus, les règles de droits sont précises et le droit d’asile un vieux fondement oublié, et cette volonté de tout confondre et faire peur n’est pas une nouveauté, c’est toute la panoplie des nationaux populistes et fascistes continentaux. Une sorte de plaisir à jouir des malheurs des autres. La part humaine est niée, subjectivé dans les égoïsmes. Notre menace interne n’est pas sous le masque de malheureux rejoignant l’Europe au péril de leur vie, mais de ces vieux démons de l’idéologie fascisante qui avait poussé à la déflagration, il y a trois ou quatre générations seulement d’écart.

La réalité est que depuis plusieurs décennies, tant que cela n’avait pas d’incidence sur le continent, le problème restait lointain mais pourtant bien réel. Afghanistan, Colombie, Congo, Rwanda, Palestine, Soudan, … sont venus s’ajouter la corne est de l’Afrique, la Syrie et l’Irak, et cela se chiffre en millions de personnes réfugiées à l’intérieur ou à l’extérieur des pays concernés. Pourtant ce déséquilibre représente en l’état surtout des difficultés pour des pays bien moins riches et plus accueillants par la force des choses : Tunisie, Jordanie, Liban, …, ou, pas aussi puissants économiquement que la France et l’Allemagne. Deux nations qui affichent, d’une part un cynisme bien hexagonal et d’autre part une fausse volonté de se rendre charitable outre-Rhin, alors que le calcul est le calcul est double.

Un faire oublier l’image calamiteuse du gouvernement de Madame Merkel et récupérer une main-d’oeuvre instruite et qualifiée. Sur le nombre, beaucoup resteront. Comme il en a toujours été. Le reste, la générosité ou la compassion du SPD ou de CSU-CDU à l’encontre des pays du sud européen n’a pas pour autant changé. Des politiques économiques cause d’une vague migratoire de plus d’un million et demi de jeunes ces dernières années, soit à peu près le double de réfugiés à accueillir en 2015. Ces familles fuyant  la guerre représentant entre 0,2 et 0,3 % de la population des pays membres et siégeant au Parlement de Bruxelles ou à Strasbourg. « Peanuts » dit-on en anglais, alors que l’enracinement ici des populations les plus fragiles dans la misère est loin d’être secondaire et notre perspective d’avenir à l’échelle mondiale.

Autogestion et écologie politique des origines communes

Une enquête récente du Crédoc montre une meilleure attention  dans l’opinion des questions altères,
depuis le 11 janvier 2015. Les sondages les plus récents sur l’accueil des réfugiés marque ainsi une coupure très nette entre la gauche et la droite. Sauf à noter le gouvernement français fait une politique de centre de droit sur le pan économique et social, la Suède bien moins peuplée fait plus en ce domaine que nos cyniques et sans en faire une publicité tapageuse sur le thème du patriotisme. Sur le terrain des conflits François Hollande là aussi à capituler, du moins comme boute feu, il répare tout prolongeant les conneries de son prédécesseur, le « rêve français » est surtout une perspective cauchemardesque vue sous cet angle. De toute façon le rêve en politique, c’est pour les innocents, vouloir jouer sur l’émotion et faire croire au bonheur commun : une arnaque intellectuelle.

Tout cela n’est que spectacle, et les plus généreux, les ONG le savent, ce sont les moins riches qui donnent le plus, comme quoi la solidarité de classe et de coeur a encore quelques beaux jours devant elle. Car il n’a rien à attendre de ce jeu de marionnette et de bourgeois en goguette qui n’ont que pour but de conserver leurs strapontins. Car la question fut comment recycler ces élus et leurs attachés pieds et poings liés, ce qui a été le centre de gravité des élections régionales passées, et au titre des divisions à fournir, comment recaser les petits copains fut bien plus urgent, sembla-t-il.

Je comprends, qu’il soit de plus en difficile à certaines organisations de gauche, si ce n’est toute ou presque, de pouvoir encore incarner un tournant social. Défenseurs acharnés de la propriété privée depuis 1789, de Brissot ou Pétion en passant par Danton et même Robespierre, la Révolution française a surtout consacré l’avènement d’une nouvelle classe dominante, toute construite sur un mythe républicain.

Oui, seul un rapport de force peut soit inverser le cours des choses, soit en limiter le casse. Mais pourquoi portez des coups aux dominants, s’il s’agit de les remplacer par de nouveaux ou leurs laquais ? Les assemblées soit disants populaires se tenant dans les microcosmes régionaux servent à canaliser la parole et chaque groupe en concurrence sont surtout à l’image des déserts militants et des appareils très scrupuleux de leurs intérêts. La gauche a tout d’une ruine en France, et ce constat critique ne fait pas sauter de joie.

Il est difficile de combattre le misérabilisme de pantins désarticulés, qui plus sans structures ou colonnes vertébrales. La pensée dominante à gauche pourrait se réduire à un grand ensemble «rad-soc». Mais rien de socialiste et pas vraiment radicaux, sauf dans les fausses intentions. Ils ne prennent jamais de coups, les vrais ceux du quotidien, c’est pour le « crétin » syndicaliste. Celui viré au premier remaniement des effectifs. L’élu tout protégé dans sa ouate et ses groupies à la clef, conforté dans leur petite parano, eux peuvent avoir le temps de rêver ou de délirer… Et ils ne s’en privent pas.

A ce rythme, le communisme ce sera dans « 4000 ans »… Comme le présumait, le journaliste et écrivain Jack London, ou pour dans « 10.000 ans », pour les poètes et Léo Ferré. S’il existe un domaine ou rien n’est laissé au hasard, le monde politique tel qu’il se joue sous nos yeux, rempli par avance le vide.  De quoi faire croire à d’honnêtes gens, que des notables vont pourvoir à l’intérêt général. C’est comme croire à l’humanisme patronal !

En quelques mots messieurs les professionnels politiques, oubliez votre faconde sur l’intérêt public ou sur le bonheur, ou arrêtez de parler de vous. Quand il n’y a plus rien à dire, c’est alors que l’on ressort la breloque des valeurs. Mais le colbertisme pour horizon indépassable et de sa classe dominante, le sujet n’a guère varié. Pire, les conceptions sur la civilisation, de tous les obscurantistes y vont de leur couplet, c’est effrayant. Le mouvement pourrait s’inverser, à la condition, non pas de mettre à bas un système pourri jusqu’à la moelle. Il va s’effondrer de lui-même, ou tourner en dictature. Il faut le contourner d’urgence par des actions citoyennes, se libérant des carcans bureaucratiques. Si de mémoire, « je me souviens », on l’appelait cela l’autogestion. Une idée toute aussi récente que l’écologie politique, et permettant à des collectifs d’intervenir sur la donne et d’agir au quotidien. Tout l’outillage idéologique et intellectuel est à revoir, c’est le seul moyen de redonner des perspectives sur le long terme.

Si les citoyens disposaient de leurs propres banques de dépôts, centrales d’achats, assurances, sources d’énergies, productions agricoles, écoles autogérées, etc… c’est-à-dire décidaient d’agir sur le terrain économique sont des routes à ne pas négliger. Qu’en plus on utilise à bon escient les progrès technologiques en aidant à des projets multiples, nous avons de quoi encore inverser le cours des choses et peser. Le savoir, les connaissances sont là à notre disposition. Il est possible de faire un grand saut qualitatif, permettant de sortir du consumérisme, du moteur à explosion. Tout simplement vivre, et tenir une seule promesse : s’émanciper ! Devenir citoyen à part égal.

Le problème de ce siècle n’est pas de savoir si tout régresse, mais de comment avancer dans cette jungle. Quand sur des échelles limitées géographiquement se formeront des groupes ou collectivités indépendantes des circuits énergétiques nationaux et transnationaux, que les produits du quotidien seront fait sur des circuits courts, on pourra parler d’un début de révolution et du retour du progrès et de sa modernité. Mais il est impossible au rythme où nous allons de manger x. fois les richesses des sols ? Qui plus est au profit de 1% de très, très gros bourgeois omnipotents, et décidant au sein des conseils d’administration du licenciement de milliers de travailleurs, par pure perte pour leurs profits ou caprices.

Nous sommes dans une période de destruction, les premiers à l’oeuvre sont dans le cloaque des appareils groupusculaires et non représentatifs des Français : les partis (moins de 0,5 de la population dont les deux tiers à droite et plus). On ne bâtit pas sur du sable ou sur une falaise qui va s’écrouler. Le vrai poumon démocratique se trouve dans les associations ou entreprises collectives désintéressées et en faveur du plus grand nombre. Dans l’économie solidaire et sociale, il y a de quoi faire et répondre à de vrais besoins sociaux et économiques. Et quitte à inverser le rapport de force, il faudrait commencer par redistribuer les cartes du pouvoir, et les citoyens exercer leur rôle de contrôle. Plutôt que de croire que l’on peut jouer aussi à la roulette des élections en désignant des obscures - et en défendant des thèses ou dans les pas de l’ancien de la SFIO JP Chevènement, l’homme qui pleura pour l’Indochine coloniale perdue. Comme le disait De Gaulle : « la vieillesse est un naufrage », surtout en politique et chez les bourgeois ! Vous devez connaître la chanson de Jacques Brel, le refrain n’a pas changé, non plus.

Entre le monde d’hier et de demain

Nous sommes dans un entre deux et dans une situation qui n’a pas d’équivalent sur le plan historique. L’accélération des moyens de communication et d’échange, une population mondiale de plus 7 milliards de femmes et d’hommes, les progrès scientifiques que l’on peut escompter dans les années à venir sont plutôt des indices positifs. A contrario l’épuisement des sols et destructions des niches environnementales, le réchauffement climatique, les conflits guerriers, les conditions sanitaires et sociales de plus d’un milliard d’êtres vivants augurent de scénarios périlleux.

La question n’est pas de faire balance et de trouver l’équilibre, mais de revoir nos modes de vie et consommations, de s’attaquer à des mécanismes économiques suicidaires mettant gravement en péril notre futur. Quoi que nous voulions la planète terre est limitée à ce grand organisme de vie. Si nous ne lui permettons pas de connaître des cycles normaux, les catastrophes naturelles vont aller crescendo, et l’adaptation humaine devenir une mission impossible. Alors que les potentialités dont nous disposons pourraient répondre à une plus juste répartition des richesses et à améliorer les conditions d’existence. C’est le contraire qui se produit. Les adaptations à entreprendre sont non seulement possibles, plus que souhaitables, et plus elles tarderont plus le choc, qui n’a rien à voir avec une question de civilisation, sera puissant.

Une révolution ? qui sait… pour accélérer le mouvement. Mais pas dans l’idée de renverser un régime, la prise de pouvoir politique a de grandes chances d’être une impasse, sauf à reproduire le même modèle concurrentiel, ou servir le plat de nouveau à nos bourgeois repus. Agissons pour une révolution douce, murmurant un nouvel horizon avec pour objet de dépasser les égoïsmes nationaux, ou la question de l’émancipation devient centrale, passant par une autonomie de cette logique folle visant à produire de la richesse fictive ou inadéquate aux besoins des Hommes. Oui, quelque chose doit changer dans notre manière d’appréhender les enjeux. Ce que font beaucoup de personnes conscientes.  Entre autres comment ne pas consommer plus, gagner plus, produire plus, etc… mais de vivre mieux ou autrement et au profit de tous !

Le grand monopoly boursier et bancaire ne s’appui pas sur des critères de richesses clairs et précis. Cette mécanique agie au seul service d’une accumulation fictive, la monétisation de l’entreprise. Pas en ce qu’elle produit ou crée comme richesses, mais dégage comme rentabilité. L’humain dans cette terreur économique sert de variante d’ajustement. L’on sait ou nous a mené cette course au profit en 2008, il s’en faudrait de peu pour que cela explose de nouveau. Quand on sait par ailleurs, ce que provoque l’intervention humaine sur certaines couches naturelles, à l’exemple des espaces miniers. Il est difficile de faire face à certaines croyances d’un monde sans fin, et certains équilibres s’en trouvent en péril et en commençant par la diversité biologique. Et pour protéger toute la chaîne du vivant, incluant les êtres humains, il faut transformer nos modes de vie.

Une adaptation qui sera déterminante et qui ne peut se limiter aux objectifs timorés actuels. L’enjeu n’est pas que la consommation de produits carbonés, mais d’une révolution touchant à tous les aspects de la vie quotidienne, et en fonction des besoins essentiels, ou ce que l’on nomme les questions sanitaires et sociales. Ce que tout être vivant a droit comme dignité et de possibilités offertes à son épanouissement et à son développement. Des enjeux à la fois collectifs et individuels. : quantitatifs et qualitatifs.

La « révolution du grand soir », face à des enjeux de survie est à la limite du désespoir. Néanmoins une révolution des esprits, du sens critique ne ferait pas de mal. Cela demande quelques conditions. La première pourrait consister à rompre avec l’aspect très artificiel des formations politiques comme réponse collective, soit à peine 0,5% de la population ! c’est en l’état la proportion de tous les partis confondus en France en adhérents, quand ce ne sont pas que des microcosmes d’élus et de collaborateurs. Des structures vides ou vieillissantes, non représentatives et fonctionnant en circuit fermé : des fonds de commerce.

Notre démocratie ne va pas bien, toute émergence d’un pôle de radicalité à gauche dans les mains de ce qui était hier déjà usé à la corde par la compétition des nombrils va se renforcer. L’addition de personnalités, les stratégies à deux sous pour des sièges de notables souvent incultes, ou ne sachant rien de leur propre mandature. Cela est effrayant, mais la réalité courante. Fautes de courants d’idées, de cohérence, l’unité est de façade. Les intérêts convergents ne font pas un programme pour l’avenir. Du Front de gauche au Ps, l’affichage non pas du dernier, mais des derniers mohicans de la gauche, fait peine à voir.

Si j’emploie le terme radical, ce n’est pas dans l’idée d’un affect, simplement la prise en considération d’une situation globale ou générale, universelle. La radicalité, pour la radicalité n’explique en rien pourquoi, les temps sont radicaux et favorisent le repli sur soi ici en France ou en Europe, et désespoir dans la multiplicité des guerres. Un ensemble de contradictions, qu’il ne faut surtout pas chercher à comprendre !… Se remettre en cause à ce stade de décomposition n’y suffit plus, et vivre pour un bulletin de vote a du mal à entrer en considération comme un impératif. Plus inquiétant, les thèses nationales populistes ou néo fascistes et leur part d’infiltration dans des petites organisations fait un peu froid dans le dos. Cette exigence démocratique n’a pas de fil conducteur sans citoyens informés et formés à une autre pratique du politique, à son contenant notamment. Alors faute de contenu fuyons ces logiques en circuit fermé.

La crise du politique dans une période de mutation, ou trop d’inconnu se dresse, c’est la porte ouverte, à un grand n’importe quoi. L’exemple le plus flagrant est la dérive de Jean-Pierre Chevènement. Je parle de sa lune de miel avec la droite la plus conservatrice ou proche du commerce familial Lepéniste. Ce ne sont pas ses grandes qualités intellectuelles qui sont à prendre en défaut, mais ce qu’il représente aujourd’hui. Sa défense de la République s’est transformée en une bouillie souverainiste, et s’il n’était que le seul à mettre son nez dans ce fumier nationaliste, la course-poursuite à l’électorat lepéniste, ne peut que conforter les boutiquiers du FN.

Rien ne remplacera les militants ouvriers, qui dans les quartiers et quelques soient leurs appartenances faisaient du lien social. Ils ont disparu depuis longtemps. Le monde associatif a pris ce relais et la gauche est absente, ou le plus souvent tellement dilué dans la masse, que son existence se limite à la question électorale. Certes il faut des élus, des assemblées, mais pourquoi faire ?

La région Ile de France avec près de 12 millions d’habitants est la région un des régions les plus fortes sur le plan économique en Europe et aussi une région ou les inégalités sociales d’un département à un autre sont considérables et pas vraiment récentes. La séparation est-ouest entre riches et pauvres n’est pas le fruit d’un constat pondu dans la précipitation. Rien n’a changé depuis des lustres et cet équilibre dans la mixité sociale tant rabattu n’existe pas dans les faits. La métropole est un machin de plus dans une construction administrative échappant à la majorité des citoyens.

La réalité sociale au plus court :


- l’enracinement progressif dans la misère des personnes non diplômées, et le nombre toujours grandissant des foyers monoparentaux ;

- les jeunes diplômés eux-mêmes soumis à un dumping social et trop souvent loin de leur formation initiale avant d’accéder à un emploi stable ;

- les plus de quarante ou cinquante ans bien gentiment mis au congélateur en attendant un changement de la courbe du chômage.

Trois exemples parmi d’autres qui donnent un aperçu, de ce que ne peuvent prendre en considération les appareils politiques, le déclassement social. Et la coupure est fondamentalement économique, et sur le plan social, c’est encore plus flagrant. De plus notre système élitaire, qui plus est scolaire n’est pas seulement en crise, il est hors sujet. A confondre transmissions de connaissance et recherche d’emploi, le crétinisme de la valeur travail et du mérite est sans rapport avec le réel.

Les gamins de nos jours en savent beaucoup plus, que les autres générations à âge équivalent. Face à cette précarisation généralisée, à ce qui ressemble aussi à des préoccupations induisant une perte de repère, comme l’appartenance à un groupe social. Dans ce qui n’est plus qu’une affirmation individuelle, comment regagner l’espace public perdu. La gauche représentait une promesse d’avenir. Le vide idéologique qui s’apparente à une absence de recours collectif fait peser une menace sérieuse aux équilibres collectifs. Je ne crois pas qu’à force de répéter le mot « peuple » nous puissions en attendre en retour un entendement. Une notion importante, mais elle est si floue et trompeuse, et au caprice de trop d’interprétation et de projections absurdes.

Cette vision spartiate, pour un habitant d’Athènes, citoyen prêt à avaler la ciguë, si nécessaire pour défendre ses idées, ne passe pas. Si l’objet ne vise pas à revoir les classiques, à leur donner une relation plus contemporaine, à sortir du petit doigt sur la couture, du chef sacrificiel menant au combat ses troupes. Quand les citoyens comprendront qu’ils ne sont pas des petits soldats de plomb, mais en droit de tourner dos à cet ordre des choses, le reste s’effondrera de lui-même. Peut-être que l’abstention revendiquée ou le vote blanc est la claque à donner, le refus des institutions doit prendre une autre tournure, et tant que cet impératif démocratique ne sera pas revu et corrigé par une volonté populaire affirmée : nous nagerons de scrutin en scrutin à savoir qui sera le prochain président de la république bananière de France et de ses baronnies provinciales.

De la citoyenneté passive à une citoyenneté active ?


Comment faire encore référence aux élections régionales passées de décembre, qui se rappelle du contenu des programmes d’une gauche éclatée et surtout dans l’incapacité de s’unir ? Donc en l’état, si ce n’est pas encore la nuit des longs couteaux, c’est la rentrée des opinels et la victoire assurée du couteau suisse ! Il existe parfois des parachutages surprenants et surtout des élus sans base sociale. Des hors sols traversant le pays d’est en ouest pour un mandat. Apothéose de l’apparatchik triomphant et passant entre les gouttes et d’un mandat à un autre, comme d’autres collectent les jetons et présence aux seins des conseils d’administration. Si, si, cela existe dans la « gogôche » et ce genre d’individu explique en général aux gogos militants que tout cela est bénévole ! Rien ne remplace le vécu…

Comme il a existé un vote censitaire avec des citoyens passifs et actifs, c’est-à-dire pour ces derniers pouvant être élus, s’ils disposaient de biens ou payaient l’impôt, ils pouvaient être membre d’une assemblée communale, départementale et nationale. Son prolongement démocratique a donné son universalité, sur la base d’une égalité entre tous les membres du corps social, bien que très tardivement pour les femmes. Le rôle d’un élu, et sans à avoir à sortir la référence aux valeurs, son objectif est de faire loi. A voir tant de philosophes de comptoir, le mot valeur a un double sens, et il n’est difficile de ne pas voir des inconscients causés. Tant le terme est ambigu et propice au sourire. La justice sociale ne répond pas de la morale ambiante, mais du droit en exercice.

Sans le droit ou l’organisation des lois, un élu ne sert à rien. Il peut débiter tous les chapelets de la bonne tenue morale de la société, c’est l’édifice légal qui importe, et auquel, que nous le voulions ou pas, nous sommes soumis par respect des règles collectives. Et ce n’est pas une question de bien ou de mal, mais de justice et de lois. Et, si nous nous trouvons ou pas en accord avec son fonctionnement, il existe toujours la possibilité de faire évoluer le cadre légal. Cette condition, consistant à faire loi ou changer tel aspect de notre organisation sociale ou économique, est le travail des représentants ou mandataires. C’était, il y a encore quelque temps au sein des partis que naissaient les programmes, mais à ce niveau de représentation, et d’impuissance, à qui s’en remettre ?

Faut-il rappeler que « nul n’est censé ignoré la loi », même le plus grand juriste ne peut connaître plus de 80.000 lois et décrets. C’est sur cette base et matière, que fonctionne et s’organise la société française, plus x. traités et accords internationaux. A ce niveau de complexité, l’application même d’une loi simple demande du temps et notre système actuel a plutôt tendance à accumuler des dispositifs pas toujours efficaces. Où la maîtrise des dépenses publiques est très relative. Ce qui devrait être primordial, les dépenses et recettes sont pour la plupart des données incompréhensibles pour le commun des mortels. Le suivi de certaines dépenses du ressort du doigt lever en l’air pour pouvoir les estimer.

Au mieux collectivités et l’Etat aiment à faire des camemberts. Mais si vous vous voulez comprendre la comptabilité publique, il vous faudra saisir un jargon fort peu alléchant : «Différentes comptabilités sont applicables au secteur public local selon le type de collectivités (communes, départements, régions) et selon la nature de l'activité exercée  (service public administratif ou service public à caractère industriel et commercial). Ces différents types de comptabilités se déclinent par des instructions comptables : M14 pour les communes, M52 pour les départements, M71 pour les régions, M4 pour les services à caractère industriel et commercial, (…) etc. » (Gouv.fr)

L’objet n’est pas dire qu’il faille se passer de la complexité, mais quand cela échappe quasiment à tous, et même aux élus. Il existe comme une grosse faille dans notre système démocratique. Ou bien dans ce cas, se pose une limite à l’exercice citoyen, s’il se voit réduit à une sphère de spécialiste. L’exercice du politique se traduisant par des réformes et des lois, l’élu remis à son seul jugement, n’est en fait que le mandataire de son opinion. En l’état, se tenir au mandat que vous a donné l’électeur tient surtout en l’application d’un programme… et il n’est pas appliqué, car il n’existe pas, nous sommes face à des gestionnaires et des politiques de troisième zone.

Où se trouve la démagogie, est peu le nœud du problème, si les citoyens n’ont ni contrôle de l’exercice public et encore moins sur l’argent de la collectivité - à part aller voter pour la tête de truc ou de machine - et se fier à sa mine, cela ne peut suffire ! Surtout créant un décalage, une incompréhension des rôles ou fonctions, la participation fait office d’un bel enrobage quand l’objet est de rendre aux citoyens le pouvoir ! Le monde politique à ses règles et la nature des concurrences mises en jeu ne laisse pas de place au hasard, sauf aux gogos croyant à la loterie électorale (ou tirage aux sorts des élus).

Il paraît que l’on murmure à la jeunesse,
je vous laisse et vous conseille cette entrevue ci-après vivifiante et d’à propos avec Me Taubira. A noter qu’il serait temps de renvoyer certains journalistes ou animateurs sur les bancs de l’école. J’avoue que le piège de savoir si la chanson « ça ira, ça ira les aristocrates à la lanterne » a été prononcé en 1789 ou 1791 est une faute impardonnable, après un cours magistral de philosophie politique, il fallait trouver la faille et Monsieur Moi je sais ou presque peut retourner à ses fictions… ses sources politiques valent peau de lapin et digne d’une série enfantine parlant de ces terribles rongeurs pris au piège de la crétinerie télévisuelle. 
A bon entendeur salut !

Lionel Mesnard, le 9 février 2016




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sur la Révolution française

Attention ce travail n'est encore qu'une ébauche - et peut évoluer dans son contenu.
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Bonnes lectures, LM, le 4 février 2016

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L'année 1790, Fédération et nouvelles lois

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2 - Chronologie de janvier à mai 1790
& sources complémentaires...

3 - Hôpitaux Généraux et Rapport sur la mendicité à Paris

4 - Chronologie de juin à décembre 1790


D'autre pages viendront compléter cette période au sein  des "histoires urbaines de Paris et d'ailleurs" d'ici quelques temps, un travail de rédaction est en cours et si vous avez des idées, des critiques, ou des textes à faire parvenir; n'hésitez pas à transmettre à mon adresse mail : lionel.mesnard(at)free.fr


La Révolution française (1789-1795)

Prise des Tuileries ou du Palais Royal (Le Louvre), le 10 août 1792
Ni répulsion, ni attrait, mais que de questions !
Des interrogations multiples sur la Révolution française m’ont poussé à vouloir trouver quelques bribes de vérité. Y suis-je parvenu? non, parce que je penserai toujours à cette période avec un doute. Non point sur la nécessité de changer de régime ou de participer à une entreprise de martyrologie, le sort de la noblesse et du haut clergé ne mérite pas vraiment des larmes. De plus si l’on examine les faits chiffrés, ils ne seront pas tant la cible que l’on a voulu conter. Ce sont les gens ordinaires qui vont surtout payer les frais des excès, aussi bien en pertes humaines, que dans l’adaptation au système économique de la bourgeoisie triomphante.

Il existe sur une masse impressionnante d’acteurs de la révolution, assez peu d’individualités de premier plan méritant le détour, quand elles ne sont pas dépeintes comme beaucoup d’autres sous le coup d’une distinction politique et souvent sur la base d’un rejet grossier. Autant il y a à manifester certaines réserves sur le parcours de l’Abbé Sieyès et son adaptabilité aux régimes successifs, Mirabeau avec tous ses défauts est un bonhomme plus que remarquable. Oui, il a servi ses ambitions et il a trempé dans des affaires de corruption, connues et qui ont coûté à la cagnotte royale son pesant de livres françaises (2 millions de l’époque). Mais quel personnage de roman, et si l’on connaît un peu sa vie avant 1789 et ses productions écrites, il y a de quoi écrire avec son aplomb, qu’il est l’homme de la première révolution.

Le comte de Mirabeau voulait une constitution et un parlement de notables, et si Louis XVI ne l’avait pas tant méprisé il aurait pu trouver les raisons de finir son règne tranquillement. En plus sa mort subite en mars 1791 en fait un personnage sur un temps très court assez surprenant et à l’image de son temps. Ses prémonitions ou ses capacités d’analyses sortent de l’ordinaire, lié au génie des formules, il a été un tribun capable de retourner l’Assemblée avec une intervention plus d’une fois. C’est le premier géant de cette vaste entreprise humaine, qui même s’il a profité de son poids politique pour se faire acheter. Mais n’a pas trahi ses convictions. Il a pensé par étape et il est difficile de lui donner tort sur tout, mais comme les événements ne sont pas le reflet d’un personnage plus qu’un autre, mais de conséquences souvent imprévues.

On pourrait presque mettre sur le même plan d’égalité le Marquis de Lafayette, s’il a pu jouir de sa fortune et avoir de très fortes ambitions et un passé aux Etats-Unis. Il a surtout à son actif quelques crimes ou répressions, ou d’avoir inspiré la loi martiale dès la fin de l’année 1789. Mirabeau n’aima pas le pouvoir qu’il représentait avec la garde nationale à ses ordres, il y a quelques raisons de le comprendre, même si l’un et l’autre se satisferont du nouveau cadre légal sans chercher  à élargir les pouvoirs et encore moins bâtir une République. Ils ont représenté le camp modéré, pour une monarchie constitutionnelle, dit « feuillant » (à partir de 1791 après la mort de Mirabeau), des monarchistes s’inspirant pour beaucoup de l’exemple britannique. La contradiction flagrante du général de Lafayette est d’avoir soutenue une république et d’avoir servi au final un roi. En qui, il n’avait nulle confiance et qu’il tenait en surveillance. Il deviendra par ailleurs la hantise et la détestation du couple royal.

Une des premières référence de l’année 1789 sera de faire un parallèle avec les révolutions anglaises, et avec l’explosion de la presse, dont Mirabeau et Brissot seront les premiers à braver les interdits en avril et mai. L’on découvre une opinion publique d’une très grande variété composée de tous les idéaux en cours. C’est la grande avancée de ce nouvel ordre constitutionnel. Pour le reste, les grands perdants sont l’immense majorité, il suffit de constater l’enlisement économique et social, puis les supercheries et manigances du couple royal. D’où l’importance de séquencer en deux premières phases les étapes de la révolution, la partie monarchiste libérale et républicaine. Le méli-mélo économique et social des débuts en dit long sur les intentions, de comment la haute bourgeoisie va mettre le grappin sur les biens du clergé. Ces opportunités  économiques représentant 10% des richesses nationales vendues aux plus fortunés va poser les bases du capitalisme et ne pas vraiment inverser la pyramide des pouvoirs et des biens. Voire l’amplifier quand les terres autrefois requises à la collectivité paysanne se verront compromises par des actes de propriétés.

Ce qui pouvait aider à la survie se voyait confisquer dans un pays où la faim restait un problème récurrent. La nuit du 4 août n’a pas été le jour de l’abolition des privilèges, mais une série de vœux et un imbroglio juridique de taille, les terres étant rachetables par ceux qui les cultivaient - qu’au prix de plusieurs années de reversement du fermage - et valu plusieurs mois de débats avant de faire loi et décrets d’application. On n’abandonnait ses droits anciens sur les métairies que sur la base de l’ancienne redevance, et celle-ci pouvant s’élever sur 10 ou 20 ans. Si certains privilèges disparurent dans un premier temps, celui de l’argent va supplanter les quartiers de noblesse et donner des droits auxquels ne purent accéder les moins aisés, notamment la population agricole et ouvrière des champs. Si la population paysanne figurait pour presque 80% de la masse globale des habitants, les agriculteurs représentaient 55% de la population totale, le reste contribuant aux activités agricoles.

Ce que j’ai pu constater, ce sont deux formes d’excès ou « d’hybris », l’un tenant aux idéaux et l’autre aux ambitions personnelles. La première catégorie ce que je qualifierai d’hybris ou d’hubris révolutionnaire a conduit une génération à la mort. La seconde forme va y laisser des plumes, mais  continuer son chemin destructeur et offrir à un nouveau despote les portes du pouvoir en bout de course en 1799. Une grande mécanique macabre, ou les prisons tiennent lieu de miroir d’une société extrêmement violente. Nos normes étant incomparables, mais pourtant, les geôles restent toujours aussi crasseuses, et le déversoir de nos misères sociales et de maux profonds. Il est indéniable que la nature du droit allant se modifier va contribuer à des changements significatifs.

Sur Mirabeau et pas seulement, il est un sujet que l’on aborde peu. La question des corps et de leurs souffrances. Cet homme a été décrit souvent sous les traits d’une grande laideur. Cette appréciation d’un intérêt mineur et dont il a su dépasser les moqueries est en fait le résultat d’une maladie très commune et dévastatrice, la petite vérole ou en terme médical la syphilis, que l’on soignait avec des agents pathogènes et mortels, comme les sels de mercure. Cette maladie a pour particularité de ronger notamment le visage et de laisser des plaies. Ce que l’on appela le « mal français » a provoqué d’horribles séquelles dans la population, et celui que l’on présenta comme son fils spirituel Danton avait les mêmes marques. Il faut bien comprendre que l’on sort à peine d’une médecine plus que douteuse et qu’elle représentait à l’époque le dernier stade avant l’appel du curé pour les derniers sacrements.

Ce que je veux dire, c’est que le docteur de ce siècle participait plus de la mortalité que de la guérison. Il était plutôt craint, qu’apprécié pour ses remèdes fantaisistes. Autres personnages aux corps marqués par des infirmités, Talleyrand, Couthon, ramené au quotidien et à la vie des plus pauvres, ils sont loin d’être des exceptions, un banal accident pouvait avoir des conséquences énormes sur le bien être physique des personnes et leur futur. Faute de soins appropriés, à l’image de Louis XIV sur son lit de mort rongé par la gangrène, les fins de vie à l’exemple de Mirabeau passe pour une belle revanche de sa difformité… Mourir en pleine extase, quelle belle mort ! Ce qui peut paraître étrange et le seul bénéfice des guerres sera la médecine d’urgence qui se mettra en place dans le cadre des batailles napoléoniennes venant bousculer le vieil édifice médical et ses certitudes passées. C’est ainsi que la chirurgie va cesser d’être rattachée à la profession de barbier et progresser grâce à la médecine d’urgence.

Le prix du sang ?


Ce qui peut ne pas provoquer un grand enthousiasme est la relation à la mort et la place du sang comme hérédité. Ce que l’on nommait le « sang bleu », dans un registre de supériorité distinguant les aristocrates du reste de la population. Etait-ce un registre tout bonnement raciste ou racialiste, c’est-à-dire sur la base d’une distinction « de race », la question se pose ? C’est ainsi que l’hérédité l’emportait sur les valeurs ou les mérites de tous, de là à faire un parallèle avec le régime nazi, la norme établie n’était pas la même. Il existait une séparation sociale de fait, plus qu’une distinction religieuse ou lié à la peau ou à des éléments génétiques, même si cette référence au sang n’est pas totalement absente et paraît troublante. L’idée de « race » au XVIII° siècle n’a rien de génétique ou relevant d’une théorisation idéologique, elle est un privilège de naissance, de perpétuation du nom. La « race » des seigneurs, bien avant de trouver théorie est même possiblement une perception bourgeoise, il faut à ce sujet lire l’abbé Sieyès et ce qui fit sa gloire en dépeignant les aristocrates comme des étrangers « germains ».

A sa décharge, il parle de sang mélangé, il cherche à démontrer les sources de l’inégalité sociale, plus qu’à construire une charpente raciste. Mais il est vrai que cette fausse différence franque et gauloise a été le réceptacle d’âpres débats politiques les deux siècle suivants et sur la base d’histoires pas vraiment fondées, voire purement mythologiques sur les envahisseurs d’autrefois et ayant pu participer à des constructions purement racistes basées sur de fausses conceptions des gènes humains. Même si la science a repoussé ce genre vicié avec vigueur depuis 1945, un sondage à la fin du vingtième siècle, donnait plus de 90% des Français croyant encore appartenir à une « race ». C’est à ce genre d’indice et en raison de certains débats actuels, que l’on appréhende les évolutions et contre évolutions de la pensée et ce qui peut nourrir les dérives politiques et les pires régimes.

Le député Sieyés mentionne par deux fois des références à la « race » dans son grand succès littéraire et de postérité : « Que si les aristocrates entreprennent, au prix même de cette liberté dont ils se montreraient indignes, de retenir le peuple dans l’oppression, il osera demander à quel titre. Si l’on répond à titre de conquête, il faut en convenir, ce sera vouloir remonter un peu haut. Mais le Tiers ne doit pas craindre de remonter dans les temps passés. Il se reportera à l’année qui a précédé la conquête; et puisqu’il est aujourd’hui assez fort pour ne pas se laisser conquérir, sa résistance sans doute sera plus efficace. Pourquoi ne renverrait-il pas dans les forêts de la Franconie toutes ces familles qui conservent la folle prétention d’être issues de la race des conquérants et d’avoir succédé à des droits de conquête ? La nation, alors épurée, pourra se consoler, je pense, d’être réduite à ne se plus croire composée que des descendants des Gaulois et des Romains. En vérité, si l’on tient à vouloir distinguer naissance et naissance, ne pourrait-on pas révéler à nos pauvres concitoyens que celle qu’on tire des Gaulois et des Romains vaut au moins autant que celle qui viendrait des Sicambres, des Welches et autres sauvages sortis des bois et des marais de l’ancienne Germanie? Oui, dira-t-on; mais la conquête a dérangé tous les rapports, et la noblesse de naissance a passé du côté des conquérants. Eh bien! il faut la faire repasser de l’autre côté ; le Tiers redeviendra noble en devenant conquérant à son tour. Mais, si tout est mêlé dans les races, si le sang des Francs, qui n’en vaudrait pas mieux séparé, coule confondu avec celui des Gaulois, si les ancêtres du Tiers état sont les pères de la nation entière, ne peut-on espérer de voir cesser un jour ce long parricide qu’une classe s’honore de commettre journellement contre toutes les autres? Pourquoi la raison et la justice fortes un jour, autant que la vanité, ne presseraient-elles pas les privilégiés de solliciter eux-mêmes, par un intérêt nouveau, mais plus vrai, plus social, leur réhabilitation dans l’ordre du Tiers état? » (Qu’est-ce que le Tiers Etat ? Emmanuel-Joseph Sieyès, chapitre II, Cliquez ici ! ). 

On parlerait aujourd’hui de germanophobie. Comme quoi la perception d’un temps à un autre peut varier, qui plus est dans la relation à l’étranger, plus exactement à l’étrange ou ce que l’on croit comme différent ou éloigné. C’est même un élément variant dans le cours de la révolution, la place singulière de l’asile et de l’accueil fraternel de tous ceux luttant pour la liberté et tout le fond sur l’universalité ou pas de ce mouvement échappant à toute référence jusqu’alors connue? La seconde révolution n’a pas vraiment d’équivalent contrairement à la première qui est dans la lignée des révolutions libérales, soulignant les retards et lourdeurs de l’absolutisme sur une bonne partie de l’Europe. Le fameux duc de Brunswick - qui fit tant couler d’encre et plongea Paris dans la peur panique d’une invasion étrangère - faisait corps avec les pensées libérales de son temps.

« Que si le château des Tuileries est forcé ou insulté, que s’il est fait la moindre violence, le moindre outrage à Leurs Majestés, le roi, la reine et la famille royale, s’il n’est pas pourvu immédiatement à leur sûreté, à leur conservation et à leur liberté, elles en tireront une vengeance exemplaire et à jamais mémorable en livrant la ville de Paris à une exécution militaire et à une subversion totale, et les révoltés coupables d’attentats aux supplices qu’ils auront mérités. » (Manifeste de Brunswick, du 25 juillet 1792 Cliquez ici!). Ce qui est présenté comme son manifeste appelant à détruire la capitale fut surtout un outil de propagande, les idées du duc prussien n’étaient pas si éloignées des constitutionnalistes. Si l’on s’en tient aux grandes lignes, difficile d’admettre que tout  n’est que le produit d’une propagande, et pourtant. La menace a été amplifiée et grossie par les ultras en exil - et - elle a été accueillie sur le sentiment partagé d’une trahison de « l’Autrichienne » et de son « gros cochon ». Quand on découvre les coulisses politiques, il y a non seulement un texte rédigé dont les signataires sont autres et aucune volonté de s’attaquer au nouveau régime à ce stade du côté prussien. Cela procède plus de la guerre en dentelle que d’une guerre conventionnelle. Mais, c’est ce qui va participer et mettre le feu aux poudres et engager le deuxième processus révolutionnaire et l’arrestation des époux Capet. Et les Tuileries tomberont, juste avant la royauté. Nous en sommes qu’au début d’un autre processus, le terme de république étant l’objet d’une minorité.

Retour aux sources et origines latines et grecques

L’Hubris (ou l’hybris) qualifiant l’excès ou la démesure est le terme le plus juste, pour expliquer l’échec des révolutionnaires de 1792. Une terminologie grecque pour signifier l’absence de contrôle, trouvant à Athènes son origine, et une partie de son sens avec la fin de la démocratie ou de l’idée démocratique, au V° siècle avant JC. Pourquoi ce détour par la Grèce antique, quand il s’agit de parler d’un événement en apparence sans rapport, ou sans lien direct. Au contraire, tout à tendance à nous y ramener. Combien de discours nourris de citations grecques ou latines pour exprimer une opinion à la tribune de l’Assemblée ou dans les salons, dans un objet de littérature, voire dans la vie courante. Sparte, Athènes et Rome trois cités aux destins différents, nous mènent aux origines des constructions légales et constitutives des pouvoirs collectifs, politiques, militaires et judiciaires. Ils vont être l’objet des projections de l’époque, et de la société lettrée.

Racines et origines sont en général l’entrée en matière de tout travail de fond. L’on peut mieux comprendre les références de chacun, ou l’organisation d’une pensée, si l’on sait à quoi l’on se réfère. Ce qui peut nous sembler codifier est aussi la source d’une éducation ou les textes anciens avaient une place considérable. Ce que l’on appelait les humanités se posa longtemps comme la base du savoir. Ce fut, et demeure aussi un élément de sélection sociale, d’autant plus préjudiciable avec la dénaturation du langage, l’absence de maîtrise des langues nourricières peut renvoyer à un abyme, ou l’objet d’erreurs assez grossières ou de mauvaises interprétations des mots employés.

D’autant plus que le langage du XVIII° siècle - n’est pas l’exacte copie de ce que nous pouvons lire ou entendre de nos jours - autre source de confusion. Plus encore avec les langages populaires, certains mots n’étant plus d’usage ou ayant pu changer de sens commun. Ce qui est sûr, c’est que nous devons aux Athéniens, et non aux Grecs (faute d’Etat nation), d’avoir inventé les élections, la tragédie (mais pas le théâtre), et concernant Plutarque, la biographie. L’héritage du droit romain, dont la filiation passe par Bologne au XVI° siècle, concerne principalement l’organisation de nos lois dans une filiation latine. Mais aussi le fonctionnement ou les attributions des élus. Ceci expliquant en parti cette résonance bimillénaire de notre culture ou civilisation européo méditerranéenne dans les débats sur la Révolution française.

Je ne prendrais que pour exemple l’usage du mot dictature, dont l’entendement ne peut-être que source d’approximation et ne pas refléter ce à quoi nous l’assimilons aujourd’hui, c’est-à-dire à un régime des plus autoritaires, exclusif et sans partage des choix. Selon les clauses romaines ou des villes hellènes, la dictature ne signifiait pas pour autant l’abandon sans limites, des pouvoirs constitués ou existants. Le décalage du temps et les projections de deux époques, plus l’origine, avec celles du siècle des Lumières et nos parents lointains - ne peuvent que provoquer des interprétations abusives - ce que l’on nomme une projection et de fait source d’anachronisme.

Si ce n’était que le seul piège, dont il vaut mieux se prémunir, il y a dans toute manifestation révolutionnaire, des contres balanciers et des résistances fortes. On ne vient pas bousculer l’ordre du monde sans attendre en retour quelques propagandes adverses et coups bas. Le but étant d’une simplicité enfantine, noyer l’événement révolutionnaire, grossir à l’excès les faiblesses. Si besoin réécrire l’histoire pour des intérêts partisans souvent liés à des raisons économiques. Il serait difficile de ne pas se positionner et de ne pas choisir son camp. Du moins de ne pas se sentir proche des contre-révolutionnaires. Il s’agit aussi d’un héritage, d’un choix entre un régime monarchique et républicain. Les courants ayant soutenu le roi absolu ou constitutionnel, ma préférence est républicaine et pour l’expression démocratique la plus directe des forces sociales.

Une fois réglée cette histoire plus que basique, du pour ou du contre la révolution, la question républicaine ne peut qu’être associée à des exigences démocratiques. S’il existe une dérive, dans le cas d’un régime sans contre-pouvoir, il y a un basculement, car si la Nation est constitutive d’un peuple, elle ne peut être l’objet d’un pouvoir sans contrôle. La question est de savoir, si le vote censitaire est d’essence démocratique ou pas ? et ce système mis en place sous la première révolution crée une césure, et fait de la majorité des citoyens de seconde zone. Un tant soit peu à l’image des Athéniens d’antan, avec la séparation entre citoyens et esclaves, renvoyant à la mise en périphérie du prolétariat des villes et des champs des urnes et décisions politiques. L’on parle donc de démocratie « bourgeoise », et de sa particularité dans le cas du vote censitaire, limité aux possédants (la classe bourgeoise). Préexistant au moment des Etats généraux, le vote censitaire restera en application de 1790 à la mi-août 1792, et de nouveau rétabli en août 1795. Ce système électif va perdurer grosso modo jusqu’à la venue de la troisième République rétablissant l’universalité des droits, mis en œuvre sous la Première un court temps.

Pour ce qui est de la première République, se distinguant du royalisme et de son appartenance divine, ou ce qui était l’ancien régime, la loi publique, la res-publica est la seule pouvant tenir lieu de loi commune. Parce que dévolue au temporel. Mais si l’on inclue, les dérives du neuf thermidor comme un coup d’état. Nous parlons de deux années d’une démocratie dont le fer de lance est en principe le peuple, pas très lointain de ce que l’on désigne comme la démocratie directe. Il y a un mais, et il n’est pas petit, le tout organisé dans un système représentatif et très éloigné de ce que semblait envisager Robespierre. Car toute la difficulté n’est pas de lui tirer des éloges, mais d’en finir avec les caricatures. Cela ne demande pas à aimer ce phare de la révolution, mais de comprendre les raisons Se saisir des faits, et de sortir de cette histoire officielle se perdant dans le symbolisme monarchiste et républicain. La meilleure formule est probablement d’en sortir avec les légendes ou mythologies « bleu, blanc et rouge ». Chaque couleur ayant ses nuances, le pire étant le dogmatisme, le fil induit des divisions.

Notes de Lionel Mesnard du 3 janvier 2016


Sur la démocratie des Athéniens : "anciens et modernes"


Entretien avec Cornélius Castoriadis,

un film de Chris Maker (1h20 - 1989)







Le racisme en Corse :
c’est de la faute de Bourdieu !
Non ce n’est pas la fête du bon dieu, mais celle de Pierre Bourdieu dans un article du Figaro, Vox signé par un possible descendant de la famille Paoli. Quitte à tirer sur quelqu’un autant choisir et faire parler un mort. Ce qui se passe en France est d’une gravité certaine, mais difficile d’ouvrir les yeux sur une réalité entretenue, par les mêmes, qui la dénonce. Au pays des paradoxes, la chasse aux Corses est aussi ouverte, autant voir la poutre dans les yeux des insulaires quand les bonapartistes et néo-jacobins s’agitent à Paris. Que le racisme soit existant en Corse n’est pas une grande nouvelle et comme partout il est condamnable. Sauf que dans l’hexagone, l’on est moins soucieux des attaques contres les lieux de cultes musulmans. Et concernant ce qui a pu se passer à Ajaccio, ce micro événement a été fortement exploité dans une période creuse sur le plan de l’information.

Découvrir au départ de ce qui va finir en un beau bain de haine, démarrer sur les antennes de BFM-TV, devrait poser question sur un fait volontairement grossi de l’actualité. Le temps manquant pour des recherches appropriées, je me demande pourquoi tant de moyens médiatiques déployés pour ce qui est banalisé sur le continent ? Le racisme ordinaire continental n’étant pas prononcé en langue Corse, il en serait presque moins délictueux ? Quelle grande farce et de très mauvais goût, parce que le déchaînement sur l’île de Beauté devrait donner à réfléchir sur notre système politique hyper centralisé. Je ne reviendrai pas sur le problème démocratique, nous sommes en plein dedans, que des nationalistes et régionalistes se trouvent à la tête d’une région périphérique n’est pas un étonnement et n’est pas choquant. C’est un état de fait et un choix démocratique.

C’est justement l’angle astucieux pris par François Paoli en faisant un léger parallèle avec les Antilles, où il oublie de citer la région Martinique administrée par des régionalistes. « En Corse, comme aux Antilles, c'est la même idéologie du ressentiment historique qui prédomine, une idéologie que la gauche et notamment les Verts a contribué à développer. Les nationalistes corses n'ont pas besoin d'avoir lu Pierre Bourdieu, ils font du Bourdieu sans le savoir, comme Mr Jourdain faisait de la prose. Ils sont parvenus à convaincre la jeunesse insulaire que la Corse est un pays opprimé par un Etat jacobin à la fois méprisant et impuissant. » Le terme de « ressentiment » n’est peut-être le bon mot ? Pour ce qui est de l’idéologie, je ne sais qui est Monsieur Jourdain dans cette affaire ? L’idéologie bourgeoise et républicaine criant à l’unité contre la guerre à l’islamisme est un propos sans fondement politique, semble-t-il. De toute façon « c’est de bonne guerre », la contradiction est trop belle.

Donc et si l’on se penche sur l’Histoire, ou sur des faits sociologiques. Oui, il y a de quoi s’interroger ? Le seul avantage sur ce débat furtif sur la Corse, j’en sais maintenant un peu plus sur qui est Pasquale Paoli et son rôle dans l’histoire de la France révolutionnaire. Et nous ne sommes pas si loin des accusations portées, par Philippe Buonarroti devant la Convention en 1793 contre Paoli fils. Comme quoi l’histoire peut se révéler cocasse, et d’à propos, mais de là y voir un rejet ou un ressentiment, c’est inepte. Le problème ne se pose pas en ces termes. N’étant pas au demeurant jacobin, c’est la partie fédéraliste, girondine qui devrait poser question ! Paoli fils était un girondin. Son père, Hyacinthe Paoli resta jusqu’à ses derniers jours un nationaliste corse et le fer de lance de la lutte contre les Génois avant que l’île soit vendue à Louis XV et mise sous séquestre.

L’arrivée des militaires français se solda par une guerre qui laissa sur le tapis quelques milliers de morts dans le camp indépendantiste. Comme, nous ne somme plus à un paradoxe près, c’est dans ce même terreau nationaliste, que Filippo Buonarroti puisera les éléments de sa radicalité, et de ce qui est constitutif de l’après Robespierre.  De là à poser la question d’un rejet, faut-il pouvoir lire clairement notre histoire sans oublier de poser la question de nos relations quelque peu brutale et paternaliste avec cette île souffrant d’autonomie et ne demandant qu’à exprimer ses particularités, qui ont seulement 10.000 ans d’âge.

Il existe bel et bien, une histoire Corse distincte de la France jusqu’à la naissance d’un certain Buonaparte, qui sous la révolution se révélera un jeune officier jacobin et un « cannonneur » de première sur les foules.

Le sieur Buonaparte a bien connu la famille Poali et Buonarroti aussi, il en est devenu le précurseur du socialisme en France et un des tenants de la lutte contre le dictateur et criminel de guerre Napoléon 1er. Avant de revenir plus spécifiquement sur le personnage de Buonarroti, interrogeons-nous surtout sur les liens tissés et les réalités sociales et économiques actuelles de cet ancien département, à l’origine unique. Puis, plus tardivement dédoublé : sud et nord. Quand on découvre que la pauvreté y est très forte et place l’île, bonne dernière du classement. Il y de quoi se poser la question de son développement et non de son assistance, car oui, il n’y a aucun doute cette terre comme les autres font parties intégrantes de la République, mais les âmes peuvent y échapper... D’autre part, la violence si légendaire des Corses, peut aussi apporter ses surprises, si les homicides y sont forts et trop nombreux, d’autres types d’actes criminels sont moins prégnants, comme le vol.

Je n’ai pas à me positionner sur les positions de Monsieur Talamoni. Mais je n’ai pas entendu dans ses propos de quoi craindre une séparation rapide, ou sans préalable. La préférence corse ou nationale, c’est pas ma soupe et je la condamne.  Seulement et à titre d’exemples simples pourquoi un statut particulier des fonctionnaires « expatriés » aux Antilles avec 40% d’indemnités et une telle concentration de gendarmes et militaires au mètre carré en Corse ? sans chercher à savoir d’où ils viennent. Ce sont ces incohérences étatiques, et points de chute militaires qui devraient soulever question. Que Guy Talamoni veuille l’indépendance et aller au-devant des instances européennes, il s’agit d’une opinion et son combat. Cela n’a rien de condamnable. Sinon, la région Corse n’a pas dérogé à l’éthique, en désapprouvant les propos racistes ou provocateurs de ces derniers jours. Que l’on ai pu dire un discours en langue corse, ne me gêne guère, et même cette langue latine ne m’est pas étrangère.

On est arrivé avec un fétu de paille, à poser une dimension délirante et ce qui peut ressembler à un racisme anti Corse, ou pour faire dans l’air du temps de la « corsophobie ». La recherche d’un bouc émissaire plus exactement serait plus appropriée, pour définir le phénomène, au lieu de débattre sereinement de ce qui fait lien entre les deux rives, l’embourbement est total. Pauvre Boudieu, c’est sa gloire et ce qu’il pouvait craindre, j’y ai appris qu’il existait à gauche un inconscient collectif, je croyais simplement à une gauche critique et capable de faire le tri de l’info poubelle et de l’information qui a un peu de sens. Drôles de hasards qui ces derniers temps s’entrechoquent et rebondissent. Comment parler de Bourdieu sans le citer et dénigrer ceux, qui ne lèvent pas la main tendue à la première propagande venue. Votre unité de façade est un masque et qui n’a que pour but la conservation d’une République monarchiste avec ses serviteurs et notables zélés à la protection de leurs petits intérêts. Le collectif n’a plus de prise, parce que l’on a abandonné l’idéologie pour le veau d’or de la consommation et que le fait de penser et contredire est devenu un gros mot (écouter à ce sujet l’intervention de Dupond Moretti récente).

Quelle occasion de répondre à Monsieur Paoli, écrivain, qu’il n’a rien à craindre, que je lui souhaite de vendre son livre à des lecteurs de gauche masochistes, je l’aurais oublié d’ici quelque temps, mais je reste disposé à parler de la Famille Paoli et ce qui entre dans une Histoire longue et courte, qu’il est bon de connaître un peu mieux. Une fois de plus une question de transmission de l’analyse historique, qui est venu se greffer sur un article pas si anodin de notre temps.

En dehors de cette capacité à faire parler les morts, il est un autre débat nous renvoyant à la constitution de la première République et de l’opposition frontale entre Girondins et Montagnards. Quand on connaît comment s’est construit le nouveau découpage régional pour les élections de décembre 2015, il n’y a pas à s’étonner que l’on projete sans cadre historique précis une carte des régions de France, dont les coups de ciseaux sont le résultat d’une synthèse étatiste et de groupes de pression divers et très politique, comme le ministre de la guerre Le Drian, en Bretagne. Le fédéralisme peut sembler lointain, mais pourrait être une nouveauté dans un pays parlant d’identité, mais ne sachant pas à laquelle s’accrocher. En tant que parisien, je suis conscient de cette machine administrative qui se perpétue depuis Colbert est une machine infernale. Et un peu de ménage dans les rouages du centralisme ne ferait pas de mal et sans remettre en cause l’indivisibilité de la République, seulement il faut sortir du cadre rigide et reconnaître, non pas des erreurs ou des crimes, mais savoir d’où nous venons.

Le jour ou l’on pourra rassembler le camp républicain, ce sera probablement un nouveau Bonaparte qui en sortira. C’est du moins le scénario le plus noir se présentant à nous, car toute évolution républicaine à indistinctement finie en césarisme, et depuis 1958, nous vivons avec des institutions de cet ordre. Que fait encore Madame Taubira place Vendôme ? triste symbole de l’écrasement des forces populaires avec sa colonne et pour le faste des possédants qui y résident, va-t-elle aussi tomber dans les sirènes néo-jacobines ? qu’elle sait lire tout aussi bien que d’autres citoyens. Où est la gauche ? est bien la question.

Notes de Lionel Mesnard, le 1er janvier 2016


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2 - La décomposition sociale est en route !
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2 - Henri Laborit :  Conscience - Connaissance et Imagination
& Mitterrand, jeunesse et droites extrêmes à Paris?
3 - L'Allemagne contre l'Europe par Juan Torres Lopez
4 - Merkel a dilapidé le capital politique de l'Allemagne,
entretien avec J. Habermas.
5 - L'Europe n'est pas une grande caserne prussienne!
6 - La république nous appelle… et la démocratie dans cette histoire ?
7 - La suprématie allemande en Europe, par Oskar Lafontaine


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2 - Séductions et passerelles de l’extrême droite au sein de la société française
3 - Trouver les mots justes et le chemin de la raison ?
& Boris Cyrulnik sur la menace totalitaire
4 - Liberté, égalité, fraternité et altérité : Charlie n'est pas raciste !
5 - Projet de loi Macron : un néocapitalisme très conforme
6 - Etats Généraux du Ps : une charte et quelques incantations !

Tous les billets de l'année 2014 sont à lire ci-dessous :


Le deuxième numéro !

1 - Michel Rocard pris en flagrant délit de surmoi marxiste !
2 - "La gauche ne doit pas mourir !",
3 - Clartés et obscurités des temps présents...
4 - Une sixième République, pour faire quoi ?
5 - Intervention de Victor Hugo sur la liberté  (1848)
6 - 30ème anniversaire des journées du patrimoine.
7 - Presse et télévisions poubelles : cobayes ou citoyens ?


Le premier numéro !

1- Que vive la sixième République, laïque et universelle !
2 - Jean Jaurès, la guerre, les deux gauches et le capital ?
3 - La guerre de 1914-1918 vue par Paul-Louis et Léon Blum
4 - Face aux fossoyeurs de la gauche, les alternatives existent !   
5 - L’ancien est mort et ce qu’il y a de nouveau est encore à naître?
6 - Au pays des faux débats : Enfants « Rois » ou enfants objets ?
7 - De l'avantage d'être "bien né"?
8 - Malaise en France et dans une Europe sans tête…
9 - Socialistes affligés, mais non résignés !


Nouvelle page sur la "Question Psy" ? :

Psychopathie et perversion narcissique ?




Ce texte n'a pour but de répondre à tous les aspects du malaise, mais la question mérite d'être posée, et de donner à lire une page sur un sujet de société difficile à cerner en raison de sa complexité. Je n’avais jamais songé écrire sur un tel un sujet, même s’il trouve une cohérence avec la « question psy » sur ce site. Il a fallu prendre du temps pour en poser les contours et ne pas chercher à faire un portrait type de malade ou bien partir d’une seule expérience vécue, tant elle serait à relativiser dans un ensemble commun.

Quelques mises à jour récentes,

Antonin Artaud, un nouveau documentaire,
de nouveaux éléments en ligne   :
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La question "Psy" ? : Cliquez ici !

Violence & éducation : Cliquez ici !

Histoire de Paris et d'ailleurs
: Cliquez ici !

Après 12 ans d'existence de 2002 à 2014, puis entre-temps un blog consacré aux luttes sociales en Amérique Latine, je continue mon travail de recherche sur certaines questions contemporaines et passées
. En attendant, le site se refait une beauté... ici ou là quelques fautes ou oublis ou coquilles à corriger (désolé !). Je vous souhaite une bonne lecture : 80 pages denses à lire, mais comme dans un grenier, libre à vous de chercher, comme bon il vous semble ! Un sommaire est en début de chaque page, permettant de vous y retrouver, l'accès aux archives se trouve en bas de chaque page du site.

Post-scriptum : Mais pourquoi donc "le Grenier" ?

C'est en référence à un ouvrage "L'esprit du grenier" d'Henri Laborit. Il y explique à des jeunes comment est organisé le vivant, en un langage ou l'enjeu de la transmission des savoirs est compréhensible par toutes et tous.  

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