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  Ce qui est démocratique : faire du petit cercle de connaisseurs un grand cercle de connaisseurs


Bertolt Brecht 

Archives Amérique Latine, 2008 - 2ème partie  

 
Sommaire, COLOMBIE : Paramilitarisme et tensions régionales...
1 - Vidéo, "Desplaza.dos", un documentaire de Xavier Falendry
2 - Article, Les crimes d’État, la première plaie de la Colombie, par Charlotte Bozonnet
3 - Article, Le HCR préoccupé par le sort de milliers de déplacés au sud de la Colombie
4 - Article, Le retour de la 4ème Flotte, par Jules Dufour
5 - Article, Ingrid betancourt et la tourmente médiatique
6 - Vidéo(s), Otages en Colombie, l’espoir n’est pas vain !
7 - Article, Uribe a des soucis..., par Paxti
8 - Article, Ils tuent encore des syndicalistes, par Laura Carpineta






Documentaire "DESPLAZA.DOS"

   réalisation de Xavier Falendry


Cliquez ci-dessous :

http://www.dailymotion.com/bookmarks/pantuana/video/x6y9wg_desplazados_news


La vie et le combat des communautés déplacées en Colombie
à Cartagène et dans ses environs

Année 2008 - durée : 38 minutes - sous-titré en français


Les crimes d’État,

la première plaie
de la Colombie

par Charlotte Bozonnet
le 6 octobre 2008

Le rapport de plusieurs ONG et les témoignages exposés à Paris par la Commission éthique de la vérité sont des pièces accablantes au dossier des exactions du régime Uribe. Plusieurs dizaines de portraits sont épinglés sur le mur. Des syndicalistes, défenseurs des droits de l’homme ou opposants. Tous morts ou disparus, victimes de l’État colombien. Dans cette salle de conférence située au coeur de Paris, ce 3 octobre, Angel, un réfugié colombien vivant en Europe depuis plusieurs années, est venu témoigner devant la Commission éthique de la vérité de Colombie sur ce qui l’a poussé à fuir son pays. C’était un soir de janvier 1990. Soixante hommes armés sont arrivés dans son village, ont incendié des bâtiments avant d’emmener 43 paysans. Parmi eux se trouvait le père d’Angel. Comme les autres, il n’est jamais réapparu vivant. Des corps seront finalement retrouvés dans la propriété de chefs paramilitaires. Angel veut savoir, il cherche, pose des questions, mais des menaces de mort le contraindront à l’exil. Des témoignages similaires, la Commission éthique de la vérité en a recueilli plusieurs dizaines lors de la session publique qu’elle vient de tenir à Paris du 1er au 5 octobre à l’initiative du Mouvement national des victimes de crimes d’État de Colombie (Movice) (1). C’est lui qui a créé cette Commission internationale il y a quelques années face au silence et à l’impunité qui couvrent, dans ce pays, les crimes d’État.


SITUATION AGGRAVÉE DEPUIS URIBE


Depuis plus de cinquante ans, la Colombie est en proie à un conflit interne, que la médiatisation du dossier des otages a souvent réduit aux enlèvements et à l’action des guérillas. La publication, le 23 septembre, du rapport d’une coalition d’ONG (2) internationales, révèle une réalité bien différente. Non seulement le principal responsable des violations des droits de l’homme reste – par action directe ou par soutien aux groupes paramilitaires – l’État colombien, mais la situation s’est aggravée depuis l’élection, en 2002, d’Alvaro Uribe. Selon le rapport, 13634 personnes ont été tuées pour des raisons politiques, entre 2002 et fin 2007. Dans les cas élucidés, 25 % des crimes étaient imputables aux guérillas, 58,1% aux paramilitaires et 16,5 % directement à la force publique. Officiellement démobilisés, « les groupes paramilitaires continuent à poursuivre les leaders sociaux, et plus généralement toute forme de critique et d’opposition au gouvernement, à travers des menaces, des disparitions forcées, des assassinats et des déplacements forcés », notent les auteurs, pointant les liens persistants entre paramilitaires et agents de l’État. Si l’action du gouvernement a permis de réduire certaines violences telles que les enlèvements, ajoutentils, la militarisation croissante du territoire a mené à une hausse des violations des droits de l’homme directement attribuées à la force publique. Les exécutions extrajudiciaires ont ainsi doublé entre 2002 et 2008. En Colombie, cette collusion entre paramilitaires d’extrême droite et responsables de l’État fait aujourd’hui les gros titres. Le scandale de la parapolitique, qui a éclaté après les aveux de chefs paramilitaires, a déjà conduit 60 parlementaires devant la justice, dont certains sont très proches du président. Ce premier pas contre l’impunité reste pourtant fragile. Entre autres attaques, Alvaro Uribe vient ainsi d’accuser les magistrats de la Cour suprême de complicité avec la guérilla. « On peut se demander si cette offensive de la justice n’a pas comme pendant un raidissement du gouvernement en Colombie et à l’extérieur », souligne Sophie Thonon-Wesfreid, avocate et présidente de France-Amérique latine.


AMALGAME OPPOSITION TERRORISME


Les réfugiés politiques réunis à Paris ont tous dénoncé la stratégie de leur gouvernement, relayée par ses services diplomatiques, qui vise à amalgamer opposition et terrorisme, et fait de tout demandeur d’asile colombien un suspect. Ceux qui sont arrivés il y a vingt ans ont obtenu leur statut sans trop de difficultés, tandis qu’aujourd’hui, plusieurs années d’attente sont souvent nécessaires. Tous ont dit la douleur de l’exil, cette rupture des liens familiaux, sociaux et professionnels. Pour la première fois, la session de la Commission éthique s’est accompagnée d’une Audience citoyenne internationale en présence du délégué du Défenseur national du peuple, une institution de l’État colombien chargée de défendre les droits de l’homme. Celui-ci doit maintenant transmettre les témoignages recueillis à la justice colombienne.

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"Les paramilitaires n’ont pas disparu"



Entretien avec Ivan Cepeda Castro, directeur du Mouvement national des victimes des crimes d’État de Colombie (Movice).


Pourquoi avoir centré cette session de la Commission de la vérité autour de la situation des exilés ?

Ivan Cepeda Castro. Le problème de l’exil politique des Colombiens est à la fois quantitatif – on parle de 60000 personnes ! – et qualitatif. Les exilés sont des personnes qui ont joué un rôle significatif dans l’histoire récente du pays. Leur exil a fragilisé le mouvement social làbas. D’autre part, un processus de recherche de la vérité est en cours en Colombie. Les assassinats, les tortures et les déplacements forcés commencent donc à être visibles. La Fiscalia general (ministère public – N.D.L.R.) parle de 25000 disparus en vingt ans, et le pays compte 4 millions de déplacés internes. L’analyse de la situation des réfugiés permet aussi de voir comment le gouvernement colombien fait de ses services diplomatiques des appareils de propagande.

Comment réagissez-vous au récent rapport sur la responsabilité de l’État colombien ?

Ivan Cepeda Castro. Il montre bien qu’un conflit armé se poursuit, que les paramilitaires n’ont pas disparu, et que la politique de « sécurité démocratique  » d’Uribe ne garantit pas la sécurité de tous les Colombiens. Quarantequatre syndicalistes ont ainsi été tués cette année. Contrairement au discours officiel, les violations des droits de l’homme restent massives. C’est la situation la plus grave dans tout l’hémisphère américain.

Comment allez-vous poursuivre votre combat ?

Ivan Cepeda Castro.Nous allons organiser d’autres audiences car elles représentent une voie alternative de justice. La présence du délégué spécial du défenseur national du peuple, Alonso Ojeda Awad, a été très importante car il représente l’État. Il doit maintenant transmettre les informations recueillies à la justice. Sa présence est aussi une garantie pour la sécurité des témoins.


Source : Entretien réalisé par Charlotte Bozonnet.
http://www.humanite.fr/


Le HCR préoccupé
par les milliers de déplacés
dans le sud de la Colombie


le 22 août 2008


Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) s'est déclaré vendredi de plus en plus préoccupé par la situation humanitaire le long de la côte Pacifique, dans le sud de la Colombie, où des milliers de personnes ont été déplacées ou prises au piège par des combats.

« Dans la région de Cauca, des combats impliquant deux groupes rivaux de la guérilla et l'armée nationale ont forcé quelque 800 personnes à fuir la petite ville de Lopez de Micay », a expliqué le porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d'un point de presse à Genève

« Leurs conditions sont très précaires. La plupart sont hébergées dans des bâtiments scolaires, où la municipalité leur fournit un repas par jour depuis la semaine dernière. La majorité des déplacés appartiennent à des groupes indigènes et afro-colombiens. Plus de la moitié d'entre eux sont des enfants », a-t-il ajouté.

Dans le département voisin de Nariño, plus au sud sur la côte Pacifique, quelque 1 000 personnes ont fui leurs maisons dans la région montagneuse des Andes autour de la petite ville de Policarpa à cause des combats entre l'armée colombienne et un groupe armé irrégulier. De plus, environ 1 000 personnes sont prises au piège plus au nord par des combats survenant dans les villages de Santa Cruz et de Santa Rosa, a dit le porte-parole.

La situation à Nariño est critique depuis plus de deux ans. Divers facteurs entraînent des déplacements forcés dans ce département Pacifique, qui borde l'Equateur au sud, a précisé Andrej Mahecic, qui a cité la présence de groupes armés irréguliers, les combats, les mines antipersonnel, les meurtres et les exécutions sommaires, ainsi que la culture et le trafic de substances illicites comme la cocaïne.

Au début de cette semaine, les autorités provinciales ont indiqué que plus de 100 000 personnes sont enregistrées comme déplacées à Nariño – et plus d'un quart d'entre elles l'ont été au cours de l'année qui vient de s'écouler.

Cette tendance s'observe toujours actuellement dans toute la région. Durant les deux derniers mois, des cas de déplacements massifs ont été observés dans la région montagneuse de Cordillera, dans plusieurs municipalités situées le long de la côte et à La Victoria à la frontière avec l'Equateur. Plusieurs communautés ont souffert d'avoir été coupées du monde, y compris dans le territoire de la population indigène awa.

Le HCR est aussi préoccupé par la situation le long du reste de la côte Pacifique, y compris dans les départements de Cauca, de Valle del Cauca et de Choco. L'année dernière, le gouvernement a enregistré plus de 70 000 personnes en tant que déplacés internes dans ces quatre départements. Les chiffres préliminaires pour les six derniers mois de l'année montrent une tendance similaire, voire une détérioration de la situation.




Le retour
de la IVe Flotte


le 21 août 2008
par Jules Dufour

Démembrée en 1950, la IVe Flotte des États-Unis renaît. Elle patrouille depuis juillet les Caraïbes et les océans qui entourent l’Amérique du Sud. Cette décision a suscité de vives réactions chez les Latino-Américains, car elle est perçue comme une menace additionnelle à l’endroit des pays qui cherchent à s’affranchir de l’hégémonie des États-Unis comme le Venezuela, l’Équateur et la Bolivie.

La IVe Flotte sera intégrée au Commandement du Sud, le système qui assure la sécurité et la défense des intérêts de Washington dans cette région. Ce système est organisé autour d’un réseau de bases ou d’installations militaires qui permettent aux États-Uniens d’intervenir dans l’ensemble du sous-continent. De plus, les Américains peuvent recourir aux services des armées nationales pour effectuer des missions ou opérations, notamment, contre des groupes qu’ils considèrent comme terroristes, pour empêcher le trafic de drogue ou pour maintenir l’« ordre établi » et la « paix sociale ».

La IVe Flotte est un élément dissuasif déterminant pour ceux qui osent ou oseront poser des obstacles aux visées de Washington. Elle vient aussi consolider les dispositifs du système de défense terrestre.


Le Honduras et la Colombie, piliers des États-Unis en Amérique latine


Avec la fermeture de leurs installations à Panama qui constituaient, jusqu’en 1999, le centre opérationnel du système de défense des États-Unis en Amérique latine, les États-Uniens ont choisi le Honduras et la Colombie pour déménager ces installations.

En Amérique centrale, ils ont établi leur quartier général sur la base aérienne de Soto Cano au Honduras, dotée, entre autres, de dizaines d’hélicoptères et d’un personnel de 500 militaires. Les États-Unis peuvent aussi compter sur des installations au Costa Rica, au Salvador, à Porto Rico et dans les îles néerlandaises d’Aruba et de Curaçao.

La Colombie demeure toutefois le plus important partenaire militaire des États-Unis dans la région. Plus de cinq milliards de dollars ont été déboursés entre 1999 et 2005 dans le cadre du Plan Colombie. Au cours de la dernière décennie, les États-Unis ont augmenté de 1 000 % leur aide militaire à ce pays !

En Colombie, on note la présence de 800 militaires américains et de 600 conseillers placés sous contrat. Ces effectifs appuient Bogota dans ses opérations contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie, et surtout contribuent à la formation et à l’entraînement des forces armées colombiennes.

De plus, le Pentagone a doublé le nombre de militaires colombiens formés aux États-Unis depuis 5 ans, soit un total de 13 000 soldats. Avec les changements politiques opérés dans le cadre de la révolution bolivarienne au Venezuela, en Équateur et en Bolivie, la Colombie, alliée fidèle de longue date de Washington, donne la possibilité aux États-Unis d’attaquer, au besoin, ces pays qui refusent la docilité.

Pour ce faire, Washington a installé trois bases militaires en Colombie. La base de Arauca a été conçue officiellement pour combattre le trafic de drogue en Colombie, mais c’est aussi un point stratégique pour la surveillance de cette zone pétrolifère qui s’étend tant en Colombie qu’au Venezuela. Celle de Larandia est une base pour hélicoptères. Elle peut également accommoder l’atterrissage de bombardiers B-52 qui peuvent mener des attaques dans l’ensemble du sous-continent.

Celle de Las Tres Esquinas sert pour les opérations terrestres héliportées ou par voie fluviale et s’est transformée en une base stratégique pour les attaques contre la guérilla. C’est aussi un centre d’approvisionnement permanent en armements et un cantonnement pour des troupes de combats. Ces bases pourront éventuellement être mises à profit pour une invasion et une occupation du Venezuela d’Hugo Chavez, le plus virulent critique de la présence états-unienne dans la région.


Rebuffade de l’Équateur


Les États-Unis viennent toutefois d’essuyer une gifle en Équateur, où le président Rafael Correa a tenu sa promesse faite durant la dernière campagne électorale : il ne renouvellera pas un accord pour louer la base aérienne de Manta. En vertu de cette entente qui va prendre fin en novembre, l’Équateur avait cédé la souveraineté sur son espace aérien et accepté un statut juridique d’exception qui permettait aux membres de la base de jouir de l’immunité diplomatique et qui empêchait toute réclamation en cas de blessures, morts ou destruction en Équateur par les États-Unis. À la suite de cette décision de ne pas reconduire l’entente avec Washington, le porte-parole du président équatorien a déclaré que ni vote ni référendum n’auront lieu à ce sujet, car « on n’a pas à voter sur une question de souveraineté nationale et de dignité d’un peuple ».

La base de Manta est équipée de chasseurs lui permettant de patrouiller l’Amazonie, le canal de Panama et l’Amérique centrale. C’est le principal centre d’espionnage électronique de l’Amérique du Sud.

Les États-Unis disposent toujours de plusieurs installations en Amérique du Sud, comme au Pérou. Plus au sud, au Paraguay, ils jouissent de la base aérienne Mariscal Estigarribia à partir de laquelle leurs bombardiers peuvent atteindre rapidement n’importe laquelle partie de l’Amérique du Sud. Il importe de mentionner qu’ils disposent, en Argentine, d’enclaves à partir desquelles ils peuvent aussi intervenir.

Pour servir ses intérêts, Washington compte également sur la présence de représentants du Federal Bureau of Investigation (FBI), de la Drug Enforcement Administration (DEA) et de la Central Intelligence Agency (CIA) dans les différentes sphères des appareils des États nationaux et dans les secteurs économiques et sociaux. Ces organismes de renseignements ont été très actifs dans les opérations lors du coup d’État avorté au Venezuela en avril 2002 et, plus récemment, en Bolivie, dans l’appui apporté aux partis d’opposition dans la préparation des référendums pour l’autonomie des régions de Beni et de Pando ainsi que dans leur campagne pour la révocation du président Morales.

Qui paie la note ?

Selon les données de l’Institut international de recherches sur la paix (SIPRI) de Stockholm, les dépenses militaires en Amérique latine ont augmenté de façon constante depuis le début des années 1990 passant de 16,9 milliards $ en 1991 à 36 milliards $ en 2007.

L’essentiel de ces dépenses est financé par les gouvernements nationaux. Selon les données du SIPRI, les dépenses militaires du Brésil sont les plus élevées atteignant, en 2007, 15,33 milliards $ pour assurer la sécurité de ses frontières, dissuader toute velléité d’invasion de la part de ses nombreux voisins et conserver son statut de plus grande puissance en Amérique du Sud. Puis, vient la Colombie avec la somme de 5,32 milliards $, ce qui est supérieur aux budgets de la défense du Mexique, de l’Argentine ou du Venezuela.

Ces dépenses risquent d’exploser au cours des prochaines années si on tient compte de la politique extérieure des États-Unis pour l’Amérique latine qui encourage un réarmement de plusieurs pays comme le Pérou et la Colombie et si les menaces d’invasion des États-Uniens continuent de peser sur le Venezuela. En somme, les États-Unis favorisent le gaspillage de sommes qui ne servent pas au développement économique et social dont l’Amérique latine a tant besoin.
L’auteur est professeur émérite de l’Université du Québec à Chicoutimi, chercheur associé au Centre de recherche sur la mondialisation de Montréal et chevalier de l’Ordre national du Québec.

Source : http://www.alternatives.ca/


Ingrid Betancourt
et la tourmente médiatique…


Colombie :
vol au-dessus
d’un nid de coucou !


Lionel Mesnard
25 juillet 2008

Madame Ingrid Betancourt est enfin libre. Une page se tourne, mais l’histoire dans sa dimension tragique continue. En 2002, j’avais comme d’autres ouvert une page sur son séquestre, celui de son assistante Clara Rojas et les autres... De fait, je condamnais cette logique de l’enlèvement, je soulignais cette pratique comme une difficulté allant bien plus loin que seule la situation des otages politiques des FARC et de l’ELN. Fallait-il comprendre le pourquoi, et aussi comment ce système à l’échelle du pays relève « d’un sport national ». En Colombie, le séquestre ne se limite pas à une cause politique, il est surtout la raison d’un délabrement des structures sociales et des règles politiques les plus communément démocratiques. Dès l’origine de son engagement, Ingrid Betancourt avait pointé du doigt les déséquilibres en présence. Elle avait fini par créer le parti Oxygène pour échapper aux logiques bipartisanes en place à Bogota (libéraux et conservateurs). De part, son tempérament frondeur et peu orthodoxe, elle se mit une bonne partie du monde politique colombien à dos. Et pour évidence, elle dénonçait une corruption à tous les niveaux de l’État et les inégalités sociales. Sur ce dernier point, faut-il rappeler que la majorité des Colombiens vit dans une misère prégnante, et ceci malgré les richesses du pays. En l’état, les ressources sont considérables et ouvertes aux pillages des multinationales, sans que cela ne vienne troubler nos consciences.

J’ai voulu un temps très court en 2005, découvrir le comité parisien pour la libération de Mme Betancourt (Agir Pour Ingrid), ma surprise fut assez grande. Seul le médiatique suintait. Un des objets de la seule réunion à laquelle je me rendis tourna autour de la question primordiale de mettre des autocollants sur la formule un du colombien Montoya. Il fallait y penser ! Par ailleurs, quelques échanges, avec des membres de ce groupe, me laissèrent sur ma réserve. Mon constat fut dès plus décevant. Le sort de ce pays, la connaissance des faits se résumait à souffrir pour Ingrid, et à dénoncer une situation sans lien avec les réalités, hormis les traits d’une icône, plus exactement une inconnue pour qui l’on s’entiche. Cette image victimaire a beaucoup contribué à ne surtout rien dire et ouvrir le champ à des introspections secondaires, à tromper en partie l’opinion publique sur le sort des otages civils. Que des braves gens se soient ouvert au calvaire des séquestrés, en soit, je n’ai pas à juger. J’aurais aimé que les opinions publiques en sachent un peu plus, et prennent conscience des difficultés prégnantes de millions de colombiens. Je reste après ces années toujours dans l’attente d’une approche moins niaise du public en France et d’ailleurs. Bien qu’en ce domaine, le service public de télévision en Suisse (la TSR) et la chaîne franco-allemande Arte ont été l’une et l’autre capables de diffuser des documents disposant d’un contenu sérieux, mais relativement rares.

La question n’est pas de jeter la pierre sur des anonymes membres d’une association en quête du Saint Graal médiatique, mais de comprendre ce qui se passe dans l’univers des masses médias, notamment sur les questions internationales. En dehors d’une presse spécialisée et d’universitaires, ils sont relativement peu à analyser le bourbier colombien et à le restituer dans un ensemble cohérent. De plus, nous tombons aussi dans une approche politique des choses. Il est difficile de ne pas être d’un camp, ou catalogué en tant que tel. Ce qui participe à une perception limitée et à instruire parfois des procès idiots. Certes il y a de quoi être en colère sur la nature des commentaires de la presse bon teint. Mais à présenter Ingrid Betancourt comme un simple produit de l’oligarchie colombienne, ou comme ayant passé plusieurs années au "Club Méditerranée", c’est tout aussi contre-productif que de souffrir dans sa propre peau pour une inconnue. Mais à ce sujet, il est impossible de contenir l’ignorance et le discrédit, notre humanité est ainsi faîtes. Ce que je trouve inquiétant est l’usage du mensonge et son cortège de rumeurs. Les fausses accusations participent d’un rideau de fumée, et, au sein un État en guerre, cela n’a rien de circonstanciel. C’est le propre de tout conflit, il importe de désinformer et d’activer une propagande, la vérité a peu de place.

Il y a de quoi être un peu fatigué du tintamarre médiatique essentiellement vu à travers une lorgnette très floue, à la limite de la fantasmagorie. De quoi se demander à qui profite la souffrance du peuple colombien ? Concernant les aspects médiatiques qui ont entouré l’enlèvement d’Ingrid Betancourt et de Clara Rojas depuis février 2002, nous avons un exemple de comment cette machine fonctionne, ou comment elle ne dit pas grand-chose sur les réalités internes. En ce domaine, toute démarche un tantinet pédagogique risque un échec, seul le sensationnel a vraiment pris le pas sur l’information. La connaissance du public a été la grande perdante. Malgré les années de détention de l’ancienne candidate, nous voilà toujours aussi pauvre sur comment ce pays vit au quotidien une situation peu enviable et s’enlise depuis des décennies dans une guerre interne ou civile, dont on ne veut pas dire le nom. Au préalable, il aurait été important de comprendre l’histoire tragique de ce pays, qui avant 2002 dans les médias se confinait aux seuls narcotrafics et aux tremblements de terre. Évidemment comprendre cela demande du temps, une certaine distance avec l’actualité, car réduire une nation à des questions sensationnalistes c’est l’enfermée dans le silence.

La libération des quinze séquestrés par l’armée colombienne a soulevé de nombreuses interrogations, et n’a pas mis un terme à un conflit, dont il fait peu mention. Il y aurait comme un oubli collectif sur la nature du problème ? Pour ce qui est des « otages », il reste en ce domaine à avoir quelques éclaircissements sur ce que l’on entend par otage. Sur la masse de 3000 supposés otages en Colombie, il faut pouvoir distinguer 3 catégories :  les otages civils et politiques (entre 3 et 20 selon les sources) ; les prisonniers militaires et policiers (environ 500 aux mains des Farc) ;  et le produit des enlèvements de la délinquance courante : les plus nombreux et ayant cours depuis de nombreuses années au sein de la société civile colombienne. L’on retrouve un phénomène comparable au  Venezuela, avec environ 300 à 400 enlèvements par an et une population moindre. C’est une pratique détestable pouvant provoqué mort d’homme dans le pire des cas. Tout dépend de vos capacités à payer la rançon. Rien ne permet vraiment de différencier la criminalité de guerre et les activités mafieuses, c’est vrai, elles se confondent mais comme tous les conflits existants sur la planète. On ne peut comprendre la Colombie qu’à travers des réalités guerrières, l’économie parallèle n’est pas le propre des seuls guérilleros colombiens. Il ne faudrait pas confondre une pratique délinquante et ce qui est de nature militaire, cette distinction est importante. Pour cela la recherche d’un peu de vérité sur la nature des choses participe à une meilleure compréhension. La plupart des diplomaties latino-américaines n’usent pas du mot terroriste et semblent résolues à appuyer un processus de paix.

La Colombie n’est pas un exotisme de plus, il s’agit d’une puissance locale et régionale non négligeable. La pertinence d’un conflit armé interne devrait pousser à écrire sans exagération et à prendre en considération, que l’objet premier n’est pas vraiment de savoir où sont les bons et les méchants. Mais pourquoi cette guerre a perduré dans une indifférence quasi générale, jusqu’à l’enlèvement d’Ingrid Betancourt en février 2002 ? En 2002, il était même question de faire passer l’État Colombien devant la Cours Pénale Internationale en raison de son rôle dans des crimes de guerre et contre l’Humanité. Avec la bienveillance de la France au sein de l’Onu, cela est restée lettre morte. Cette même année un nouveau président colombien faisait son entrée dans la cour des grands de ce monde, son nom Alvaro Uribe. Cet homme est connu du côté de Medellin depuis son arrivée sur la scène politique au début des années 1990, en particulier pour son rôle plus que trouble dans l’assassinat de Pablo Escobar et son appui et soutien aux paramilitaires des Armées Combattantes de Colombie sur ses terres électives. Les A.U.C sont depuis en principe démobilisées, mais la dissolution « légales » a laissé place en 2008 à un nouveau groupement sanguinaire, son prolongement : les Aigles Noirs. Une nouvelle composante milicienne venant semer la terreur et le désarroi (lire à ce sujet les rapports et notes récentes de le FIDH ou d’Amnesty International).

Cette nation connaît de sérieux déboires, notamment d’être le pays le plus dangereux pour l’exercice du syndicalisme. C’est-à-dire, plus de cinquante pourcent des meurtres à l’échelle mondiale s’opèrent chaque année contre des militants syndicaux colombiens (200 morts en 2004). Tant qu’on ne prend pas en compte, ce que peut générer une guerre en morbidité et en atrocités, on peut omettre des faits cruciaux et quotidiens. Faire la liste des crimes connus et recensés par les forces en présences depuis 1948 reviendrait à faire une longue liste macabre. Malheureusement, il n’est pas encore temps de dresser la fin de l’addition. En attendant, c’est un peuple tout entier qui se trouve comme otage et victime tous les jours de la violence interne de cette nation. Cette violence ne se décline pas seulement par les armes, il faut chercher à comprendre, par exemple quels intérêts conséquents présentent la prohibition des stupéfiants. Et il en va de toutes les autres formes de commerces, mais dans le cas des drogues, ce n’est pas le planteur colombien, péruvien ou bolivien de coca qui en sera le premier bénéficiaire, loin de là. Il existe une économie des stupéfiants dont 90 pourcent des bénéfices sont endossés aux USA, et au profit de l’économie étasunienne principalement. En attendant, peu d’écho se fait au sujet des conséquences sanitaires, c’est-à-dire la fumigation de produits toxiques contre les plans de coca entrepris dans le cadre du programme « Colombia » (à la clef, une aide militaire des USA de 5 milliards de dollars). Cette situation touche des enfants, des femmes et des hommes atteint par des cancers et condamnés à mourir dans le silence. Cet épandage toxique et massif, à même engagé la première cause de friction diplomatique entre le président équatorien Rafael Correa après son accession au pouvoir en janvier 2007 et son homologue Uribe.

Depuis la libération des quinze séquestrés le 2 juillet 2008 une déferlante d’articles est tombée, un grand nombre vantant les mérites de l’armée colombienne et la décrépitude des armées rebelles. Le président colombien Alvaro Uribe en est presque devenu un héro, mais sur le fond de cette affaire qu’importe de savoir pourquoi ces libérations sont un contre-feu ? Le moyen pour Uribe de passer à la trappe les scandales entourant ses mandats électifs, et l’inculpation d’une soixantaine de parlementaires, notamment au sein de sa propre formation politique. Il est préférable d’écrire qu’il dispose du soutien de 80  à 90 pourcent de la population, dans un pays ou l’abstention aux élections nationales flirte avec les 60 pourcent. Oui, le président colombien a marqué des points sur la question de la sécurité, mais à quel prix ? Car la problématique colombienne est que lorsque l’on tire un fil, on finit par avoir une pelote de maux.  La mécanique médiatique qui s’est mise en branle en ce mois de juillet est d’un intérêt mineur, la seule réalité marquante fut l’usage martelé de l’émotion. Par ironie, l’impression est à l’arbre qui cache la forêt, la fameuse «selva» faisant maintenant partie de notre univers désormais quotidien et linguistique… Après plus de six ans de détention d’Ingrid Betancourt, il restera pour constat un grand silence des médias de masse sur les réalités colombiennes et son histoire tragique. Chacun est libre de penser en noir ou en blanc, en bien ou en mal, en pour et contre, mais rares les auteurs qui auront analysé des faits et donnés à comprendre certains ressorts du réel. Elles sont nombreuses les réalités en apparence souterraines, elles permettent une lecture différente des événements.

Maintenant que la grande majorité des otages civils sont libres, il est temps d’en finir avec certaines omissions médiatiques et continuer de s’interroger sur les causes. Que l’on puisse critiquer les FARC est justifiable, mais que par ailleurs rien ne soit dit sur le rôle néfaste et meurtrier des Usa et de son plan « Colombia 2000 », il y a à redire. Il ne faudrait pas non plus omettre la contribution active de l’état-major militaire colombien, des groupements paramilitaires et du gouvernement Uribe. Il y a là un vaste problème politique concernant l’activité d’un état de droit plus porté sur le fonctionnement de la gâchette, que celui  du respect de la dignité humaine. Le ridicule ne tue pas et fort heureusement, il y aurait une hécatombe. La médiatisation est sans limites, et l’on doit se contenter de commentaires de bas niveaux et quel que soit le scribouillard patenté ou pas. Ce que l’on désigne comme la «blogosphère» a en ce domaine atteint des sommets en ce mois de juillet 2008. En attendant, je ne suis pas certain que tous les Français soient en mesure de poser un doigt sur une carte de géographie et de savoir où se trouve la Colombie… Chacun peut y aller de sa petite analyse et balancé tout de go sa vérité, sans en vérifier le bien fondé. Sur le fond ce qui se passe au quotidien en Colombie - n’est pas - pour la majorité bavarde de la blogosophèrie.

Quand il s’agit des FARC, il est oublié le plus souvent la place de l’ELN au sein de la guerre interne. Il n’existe pas un front de guerre en Colombie, mais deux en activité. Depuis les années 1960, trois groupes importants avaient mené une résistance armée contre le pouvoir de Bogota. Un seul des trois groupements a mis fin à son existence depuis, le M19. Les raisons de ces guérillas avaient pour apparence le contexte de la Guerre froide du temps de l’Union Soviétique. Mais cela ne dit en rien pourquoi, le terrain colombien fut à ce point favorable aux mouvements rebelles, tout comme pour son voisin le Venezuela ? Il faut saisir l’amplitude de ce qui se passa de 1948 à 1958 et un contexte de guerre civile laissant entre 300.000 et 800.000 morts sur le tapis. Imaginez un tant soit peu une élite réactionnaire voulant éliminer toute opposition progressiste, et vous prendrez en compte pourquoi du jour au lendemain vous n’avez que deux solutions, - soit vous faire éliminé ou dénoncé par votre voisin ou un parent électeur du parti conservateur - ou bien prendre le maquis. En Amérique Latine, on ne devient pas «révolutionnaire» uniquement par exaltation ou nostalgie.  Des faits objectifs ont eu tendance à pousser des gens normaux à se radicaliser les armes en main, s’ils pensaient un tant soit peu différemment de la norme imposée ou voulant simplement pouvoir vivre sur sa terre natale.

En Colombie, cet état des choses n’a en réalité jamais vraiment changé, les violences à l’encontre de la population civile et citoyenne demeurent. Certes, ce pays dispose d’une justice, de règles démocratiques, mais il ne fait pas bon d’être un défenseur des Droits de l’Homme ou un simple syndicaliste. Votre vie ne pèse pas lourd. C’est encore plus vrai, si vous venez des campagnes et que vous avez fui des menaces toujours mises à exécution par un camp ou un autre (armée nationales et milices fascistes, et guérilleros). On dénombre 3 à 4 millions de déplacés (le chiffre augmentant année après année). Ils ont été amenés à gonfler les quartiers pauvres des métropoles urbaines. Beaucoup de petits exploitants agricoles ont connu pour règlement de «justice» le détournement par expropriation d’environ six millions d’hectares de terres agricoles. Via, cette redistribution anachronique, l’on remarque le rôle actif de grandes entreprises étrangères, globalisation des temps oblige. Cette économie monde, sa nature prédatrice s’est imposée comme l’économie de la drogue, si ce n’est en pire. C’est en tout cas un constat de plus sur comment les financiers et investisseurs étrangers se soucient peu des règles protégeant les citoyens des populations de l’hémisphère sud. Ce ne serait qu’un problème de pays riche… Hors des frontières tutélaires, la démocratie est un combat comportant de nombreux dangers. Toute contestation sur une implantation locale s’en suit en général la création d’une milice, puis l’élimination des personnes physiques récalcitrantes. Le scénario n’a rien de très original, c’est une constante de comment les économies locales sont amenées à subir depuis belle lurette des choix mercantiles très mouvants et d’un cynisme sans limites.

La complexité n’est pas expliquée, et pourtant cela pourrait avoir une certaine utilité. Aborder et espérer comprendre un sujet ne peut se faire au détour d’un clavier et entre deux communiqués de presse. Cela implique de chercher l’information, de lire des ouvrages et de découvrir aussi certains films documentaires. Et surtout de prendre soin du temps pour peser les contradictions propres à toute nation. En ce domaine, l’instantané de la chose médiatique n’aide en rien à comprendre. Le problème est évocateur concernant l’information sur la Colombie, pour ainsi dire, elle n’existe pas. Allez dans une librairie bien fournie et essayez de trouver un ouvrage sur ce pays, la denrée est rare. Au sujet du cinéma documentaire, c’est du pareil au même. Il reste dans ce cas les autoroutes de l’information, mais soyons réalistes les auteurs sérieux francophones ne sont pas légion. Au mieux, il existe certaines revues spécialisées et deux ou trois éditeurs échappant aux règles de l’oubli. En clair, nous avons toutes les raisons de ne rien y entendre sur ce sujet lointain présenté souvent comme un exotisme. Toutefois, si vous comprenez un peu ou bien l’espagnol, vous aurez un peu plus de chance de trouver des contenus plus conséquents sur la toile ou au sein d’éditions en castillan. Vaste question plus épineuse est la question de la mémoire historique des pays andins et caraïbes. En bref, ne vous aventurez pas à connaître tels ou tels événements et personnages historiques colombiens au début de l’époque contemporaine, cela équivaudrait à s’interroger sur un vide pesant.

Si la Colombie semble en apparence lointaine pour la grande majorité. En réalité, dans les faits cela est faux. D’abord sur le plan linguistique nous avons pour communauté la langue latine, et Paris est depuis longtemps une ville d’accueil, de passage et d’échange avec «l’extrême occident». La francophonie en Amérique Latine se porte plutôt bien, et mériterait de renforcer les partenariats culturels.  Cette dimension interculturelle est rarement mise en avant, elle est féconde d’une histoire riche mais peu connue. Pour l’économie, la France est un investisseur important dans la région, et l’on trouve en Amérique Latine nos multinationales, notamment dans la cosmétique, les hydrocarbures, l’automobile, la téléphonie, … Les anciennes puissances impérialistes et coloniales européennes sont encore bien présentes outre-atlantique et y conservent une certaine influence. Il va de soit que l’hégémonie étasunienne trône sans réelle concurrence politique, bien que sur le terrain économique la percée chinoise semble significative d’un changement à venir d’une nouvelle autorité mondiale. Cependant pour des raisons historiques et culturelles l’Europe reste ancrée et dispose même d’un lien politique actif à travers la Communauté des Nations Andines. Qui pose actuellement quelques problèmes au président Bolivien. Le président Evo Morales n’entend pas se soumettre à un libre-échangisme et se soumettre à un marché enclin au pillage des ressources et dans une certaine continuité coloniale. Que ce soit la France, l’Europe, les Usa et la Chine, il y a un potentiel, des réserves naturelles, de biens à produire, donc quelque chose à conquérir sur lequel les nations latino-américaines vont devoir se battre, si elles ne veulent pas être de nouveau soumises à un ordre économique impropre.


S’il faut apporter une conclusion à ce texte c’est que l’on ne traite pas en écrivant sur la Colombie et ses populations d’un sujet léger. Je puis être allergique à des émotions créées parfois de toutes pièces, par ailleurs il y aurait à en revendre tant on frise le falsifié. Comme le fut l’entreprise de récupération de l’ex. otage à des fins un peu trop visibles et politiques. Il y a des mots, des paroles prononcées par Ingrid Betancourt qui sont à méditer, notamment quand elle évoque «le meilleur des mondes» pour la Colombie. Je lui fais grâce de ne pas connaître ce grand chef d’oeuvre de la littérature d’Aldous Huxley. Mais c’est justement cela qui pause des problèmes, ce meilleur des mondes qui se trament sous nos yeux. Toutefois vouloir nous imposer une idée du bien, du meilleur, à deux ressorts - soit celui de la naïveté, - soit celui d’être pieds et poings liés aux mécanismes du capitalisme.  Nous ne serions, dans le second cas, plus des citoyens mais une masse consommatrice sans nom. Pour la deuxième fois de son histoire contemporaine en Amérique Latine, il se produit un changement de fond, et pour celui qui manifestement cherche à comprendre plus qu’à juger, le destin est de nouveau du côté des populations invisibles de l’autre rive sud et atlantique. Néanmoins, en contrepoint il n’y a pas de place au romantisme, voire à prendre au pied de la lettre certaines exubérances des peuples latins dont les Français sont une composante.

En attendant, la seule chose qui pourrait permettre à l’espace Caraïbe et Andin de trouver un équilibre serait de trouver les conditions d’une paix véritable en Colombie. Si on l’oublie, ce conflit est un enjeu militaire dépassant les seules frontières du pays. Et les voisins supportent depuis longtemps les conséquences de l’étendue du conflit, et pose une question quant à l’implication des oligarchies locales. Dans la région du Zulia au Venezuela où les paramilitaires colombiens sont connus pour leur présence, il existe des liens plus ou moins directs avec les autorités locales.  Quand il est dénoncé des campements momentanés des Farc au Venezuela et en Équateur, il est trop rarement fait mention d’une présence permanente au sein de cette région vénézuélienne. Les élites de l’opposition locale du Zulia, il n’y a pas si longtemps (en 2005) se firent connaître pour leurs volontés sécessionnistes. Ils mirent tout en oeuvre pour déstabiliser le gouvernement central. Grand oublié ou gommé de la libération des otages Hugo Chavez aura été le plus conséquent et actif. Sans l’action du Venezuela, rien n’aurait bougé comme ce fut le cas jusqu’à la libération de Clara Rojas en janvier 2008. Le travail de médiation du président vénézuélien avec la sénatrice Piedad Cordoba a bousculé l’ordre des choses en quelques mois. Comme nul ne peut prétendre écrire et pouvoir véritablement poser sa plume concernant la guerre en Colombie. L’issue passera inévitablement par un rôle plus accru de toutes les parties concernées à prôner la paix. Mais faut-il comprendre que l’ELN et les FARC ne poseront les armes que si, il est possible de construire un état de droit : ou comment en finira-t-on, avec ce quotidien où l’on assassine les oppositions du progrès social sans véritablement discontinuer depuis soixante ans ?


Colombie,
Uribe a des soucis...

par Patxi,
le 25 avril 2008


Ah, il est vraiment chouette cet ordinateur de Raul Reyes, le Numéro 2 des FARC. Il nous a révélé tellement de choses bien commodes sur les "méchants" qui aident ces "vraiment méchants", les "liens" et "financements" de certains Etats-voyous à ces "terroristes", ces fameux Rogue States chers au Department of State que seraient désormais, implicitement, le Venezuela ou l'Equateur. Et tant de perles, lâchées au compte-gouttes, au moment le plus opportun comme de bien entendu.

Quelle habileté machiavélique d'Uribe, de l'Oncle Sam et de leurs Spin doctors dans cette affaire. Et nous, de gober tout ça sans autre forme de jugeotte.
 
A chaque emprisonnement d'un proche pour le scandale de la para-politique (liens Uribistes-milices d'extermination), chaque problème judiciaire d'un soutien politique fort du Président Colombien, blam, on lâche un rideau de fumée sur le mode "mais regardez plutôt par là, bouh les vilains FARC". Et le suivisme moutonnier des médias fait le reste.

Ce que ne dit pas, et pourtant ce qu'il dirait certainement s'il était moins manipulé, cet ordinateur super-blindé anti-bombardements (à base de kryptonite certainement?), ces non-dits qui pourtant sont au cœur de tout ce système immonde qui ronge et pourrit ce pays; bref, les VRAIES QUESTIONS qui sont au cœur de toute cette merde, et que bizarrement ne dit JAMAIS cet ordinateur, et qui sont TOUT AUSSI VALABLES POUR LES PARAMILITAIRES, ce sont :

- A qui les FARC achètent leur armes? Sur quels marchés? Via quels intermédiaires? Quelles nationalités? Quels passe-droits? Quelles complicités mafieuses et institutionnelles? En Europe, au Moyen Orient, en Russie, de même et au même niveau qu'au Venezuela, au Panama et aux Etats-Unis?

- Comment payent-ils leur fournisseurs? des liasses de billets dans des malettes ou des sacs de patate? Nan cousin, via quels circuits financiers, quelles sociétés écrans, quels mécanismes de blanchiment d'argent, quelles banques, dans combien et quels pays?

- A qui les FARC vendent la pasta base, la cocaïne? Comment les acheteurs leur payent? En nature? En cash? En informations stratégiques? les Trois?

- Quelles complicités et alliances stratégiques dans les institutions Colombiennes, les fonctionnaires civils et militaires? Pourquoi ne parle-t-on jamais de ces liens là?

- Combien d'alliance avec les narcos, les paramilitaires, combien de pactes de partage territorial avec eux et avec les politiques qui les parrainent?

- Combien de voix électorales achetées, vendues par la menace et le sang?

- Qui fournit les biens et services aux FARC? quels moyens? comment ils échangent leur valeur?

- Qui se retroue obligé de payer l'impôt révolutionnaire, la vacuna? Qui paye de l'aregnt contre libération?

- Combien de politiques aidés pour arriver au Congrès?

- dans quelles institutions financières les Commandants de FARC ont leur Biens, patrimoine?

- Les investissment en Colombie, ou, qui, combien? Combien de sociétés privées, dans tous les secteurs, sont de l'argent lavé par l'argent du crime organisé et du narco? -Qui sont les liens de contact avec l'Exécutif, le législatif, le judiciaire,les forces armées?

Que l'on arrête de nous bassiner aussi avec la popularité d'Uribe.

Et d'une, les sondages dans ce pays ne se font que sur échantillon de 1000 personnes vivant à Bogota, Cali, Baranquilla, Medellin et Baranquilla. Des villes qui effectivement ont vu un mieux sur les routes et les kidnappings. Mais la guerre se joue surtout en milieu rural, qui compte tout de même 35% de la population.

Pensez-vous vraiment que 85% des colombiens soient dupes à ce point? Mais qui fait l'opinion? Qui sont les propriétaires des grands titres, à part la toute puissante famille Santos, omniprésente au gouvernement? Qui alimente cette idée perverse qu'au fonds, les paramilitaires ont été une sorte de mal nécessaire en ce moment, disculpant le cousin du Président qui a un dossier bien chargé en la matière?

Et de deux, les opinions qui sont lassées de ce conflit armé interminable sont toujours plus sensibles aux discours de fermeté, de force brute et aux pratiques guerrières, et au bombardement de propagande quotidienne, même si dans le fond elles ne font qu'attiser le feu. Et ajouter de la violence à la violence, perpétuant ainsi le cycle de la haine et des vengeances.

La paix, il faut du courage, une vision, du panache, des conditions, une pression internationales habile, des Grands Hommes pour la faire.

Tout n'est que médiocrité en ce moment.

Quant à l'avion français, Uribe a manipulé les Français, une fois de plus.

Les élites Colombiennes n'en veulent pas.
La guerre, c'est bien juteux pour tout le monde.
C'était vrai en Angola, vrai au Sierra Leone.
La guerra es un tremendo negocio.

Uribe a des soucis.

On en est à 50 congressistes et hauts fonctionnaires 100% Uribistes liés aux Paracos.
Le TLC n'avance pas, on en est à 23 syndicalistes tués depuis janvier.

Les choses deviennent de plus en plus difficiles à filtrer, occulter. Ce n'est que le début. Uribe en ce moment, c'est Fujimori en 1992 qui change tout son Tribunal Suprême au moment ou trop de gens ont trop de choses à dire.
Uribe finira comme Fujimori.

À moins qu'il ne se décide à négocier un accord humanitaire... On en est loin. Et Ingrid, et les autres, continueront de s'éteindre, à petit feu.

Regardez chez Tonio (http://www.ikiru.ch/tonio/2-coups-fort-contre-lextradition) le thème de l'extradition des paracos et narcos vers les USA. Uribe est furieux et s'en prend aux juges, qui refusent que les paras partent avec tout ce qu'ils ont à dire aux victimes et à la société. Rien de louche, n'est-ce-pas? La Colombie est le SEUL pays au monde qui fat toujours TOUT ce qu'il peut pour expulser ses pires malfrats ailleurs, loin. Et qu'ils la ferment.

2 dépêches sur Uribe, seulement aujourd'hui :

Otages des Farc: la libération de Betancourt était sur les rails jusqu'à la mort de Reyes. AFP - Jeudi 24 avril, 12h37MADRID (AFP) - La libération de l'otage franco-colombienne détenue par les Farc, Ingrid Betancourt, était sur les rails jusqu'à la mort du numéro deux de la guérilla colombienne, Raul Reyes, le 1er mars, a déclaré la sénatrice colombienne Piedad Cordoba au quotidien espagnol El Pais jeudi.

"Les choses allaient très bien pour la libération d'un des +gringos+ (un Américain, NDR) séquestré. Dans le lot se trouvait aussi Ingrid. Mais tout a été mis par terre avec ce qui s'est passé le 1er mars", selon Mme Cordoba, qui a joué le rôle de médiatrice entre le gouvernement et la guérilla.

Raul Reyes est mort dans l'attaque par les troupes colombiennes d'un campement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) le 1er mars en territoire équatorien. Cette attaque fut à l'origine d'une détérioration de la situation, selon la sénatrice de l'aile gauche de l'opposition au gouvernement de droite du président colombien Alvaro Uribe. "Ce fut un coup fatal à la confiance que les Farc plaçaient dans le gouvernement (colombien). La France a été la grande perdante", déclare Mme Cordoba.

Ancienne candidate écologiste à l'élection présidentielle en Colombie, Ingrid Betancourt, détenue depuis plus de six ans, est l'une des 39 otages dits "politiques" que les Farc proposent de libérer contre quelque 500 guérilleros emprisonnés. Dans l'entretien au Pais, Mme Cordoba critique durement le gouvernement qu'elle accuse d'utiliser le cas Betancourt pour détourner l'attention de sujets politiques embarrassants.

"Le gouvernement d'Uribe a dit qu'elle (Ingrid Betancourt) allait mourir, et a permis à la France d'envoyer un avion, seulement pour masquer un scandale politique, parce que le même jour, trois parlementaires accusés de relations avec les paramilitaires (d'extrême droite) étaient arrêtés", selon elle.

Les affaires dites de "para-politique" (pour paramilitaires) éclaboussent depuis plusieurs mois le pouvoir colombien, accusé de liens avec les milices d'extrême droite. Mario Uribe, un cousin du président colombien, a été arrêté mardi dans ce dossier. Le président Uribe a révélé mercredi qu'il était lui-même visé par une enquête à la suite d'une dénonciation d'un prévenu l'accusant d'être impliqué dans un massacre de paysans en 1997.

Le conflit entre les Farc et Bogota "s'est régionalisé de manière préoccupante", souligne par ailleurs Mme Cordoba. "Beaucoup de paramilitaires (colombiens) se sont appropriés des régions entières d'Equateur, et certains se sont entraînés en Bolivie, dans la zone de Santa Cruz, pour déstabiliser le gouvernement d'Evo Morales", assure-t-elle. Les pays voisins "commencent à exiger une solution au conflit", selon Mme Cordoba, pour qui "la Colombie est devenu un voisin embarrassant".

BOGOTA (Reuters) - Une ancienne parlementaire colombienne a affirmé que le gouvernement lui avait promis des avantages illégaux à condition qu'elle soutienne un amendement permettant au président Alvaro Uribe de se présenter à sa propre succession en 2006.

Une enquête a été ouverte lundi concernant cette accusation, qu'Uribe rejette. Yidis Medina affirme que le gouvernement lui avait promis des avantages politiques mais n'a jamais honoré sa promesse.

Dans une interview enregistrée en 2004 mais diffusée seulement dimanche, Medina affirme à un journaliste que des responsables du gouvernement lui avaient promis de la laisser nommer elle-même les membres de trois commissions de la province dont elle était élue, à condition qu'elle soutienne un projet d'amendement permettant à Uribe de se présenter pour un nouveau mandat.

Lors d'une réunion, Uribe lui-même lui aurait demandé son appui et lui aurait promis que le gouvernement respecterait son engagement.

"Il a dit qu'il voulait sauver le pays et qu'il avait besoin de plus de temps pour achever son programme", a-t-elle déclaré.

Uribe, qui se trouve à la moitié de son second mandat, a rejeté ces accusations.

"Le gouvernement persuade. Il n'achète pas les loyautés", a assuré le président colombien. "Nous ne tolérons pas la corruption."

Cette nouvelle affaire, qui vient s'ajouter à un scandale politique liant certains proches alliés d'Uribe à des escadrons paramilitaires d'extrême-droite, pourrait compromettre l'accord de libre-échange entre Bogota et Washington, auquel les démocrates américains font barrage en raison de la situation des droits de l'homme en Colombie.

Uribe a demandé une enquête sur le journaliste Daniel Coronell, qui a mené l'interview. Connu pour ses prises de position critiques envers Uribe, il contribue au principal magazine d'informations colombien et travaille également pour la chaîne de télévision Noticias Uno.

"Tout indique que le journaliste et son interlocutrice avaient évoqué au préalable les questions et les réponses, et qu'ils avaient mis de côté cette vidéo en attendant un moment qu'ils jugeraient favorable", a estimé Uribe dans un communiqué.

Yidis Medina, qui faisait partie de la coalition politique d'Uribe au parlement colombien, indique durant l'interview que la vidéo pouvait être diffusée soit si elle était tuée, soit si le gouvernement ne tenait pas sa promesse envers elle.

Hugh Bronstein, version française Gregory Schwartz


Source : "Amérique Latine, je me souviens",
le blog de Patxi http://www.amlatineterecuerdo.blogspot.com/



Colombie:
  ils tuent encore des syndicalistes      

Par María Laura Carpineta,
Pagina 12, le 20-03-2008


Quatre syndicalistes colombiens ont été assassinés en mars. Il y a quarante représentants syndicaux menacés et le principal syndicat des Etats-Unis a porté au Congrès les preuves que les paramilitaires n'ont pas cessé d'agir.

En neuf jours durant ce mois, quatre syndicalistes colombiens ont été assassinés, deux dirigeants d'organismes de défense des Droits de l'homme ont été séquestrés et ensuite libérés, et plus de 40 dirigeants sociaux qui ont participé à la marche contre les paramilitaires le 6 mars dernier ont reçu des menaces de mort. "Ce sont des représailles pour avoir fait descendre dans la rue les milliers de crimes qu'ont commis en totale impunité les paras dans les deux dernières décennies", a assuré Iván Cepeda, un des leaders du Mouvement National des Victimes d'État. La dénonciation n'a pas eu d'écho dans le gouvernement d'Alvaro Uribe, mais elle en aura dans le Congrès étasunien en avril, quand les démocrates recommenceront à mettre en question l'approbation du Traité de Libre Commerce, une initiative que George Bush a récemment qualifiée de "essentiel" pour la sécurité régionale.

Selon la plus grande centrale ouvrière étasunienne, l'AFL-CIO, les nouveaux meurtres démontrent que ni la persécution syndicale ni les paramilitaires ont disparu en Colombie, comme le jure et rejure Uribe. "Nous avons présenté toutes les preuves et les dénonciations aux leaders démocrates au Congrès. Ils en ont suffisamment pour repousser le TLC et nous avons  confiance sur le fait qu'ils le fassent", a expliqué le chargé des Affaires Internationales, Just Voight.

Les menaces ont commencé en février, quand le Mouvement des Victimes d'État, les principaux syndicats et les organisations de défense des Droits de l'homme ont décidé de convoquer la première marche nationale et internationale en hommage aux milliers d'assassinés, disparus, torturés et déplacés par les paramilitaires. Deux jours avant les mobilisations, les organisateurs ont eu une avance de ce qui les attendait. Carmen Carvajal, une leadere du syndicat  enseignant de Ocaña, dans le nord de Santander, a été assassinée par deux hommes cagoulés quand elle sortait de sa maison. Ils lui ont tiré trois coups de feu à la tête. Personne ne s'est adjugé le meurtre, mais les organisations sociales ont demandé une protection à l'État.

Le lendemain, il n'y avait plus de doutes. Un groupe de paramilitaires a séquestré le leader du syndicat des employés de banques de Bogotá, Leónidas Gómez. Son corps est apparu deux jours après, presque au même moment où à Medellín était assassiné Gildardo Gómez, un membre du syndicat enseignant local, qui le jour précédent avait encadré la marche.

La quatrième victime a été Carlos Urbano, un dirigeant syndical de San Vicente de Caguán, le département qui il y a six ans était le lieu choisi pour les négociations de paix entre le gouvernement d'Andrés Pastrana et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC). Depuis l'échec du processus, Urbano dénonçait les actes arbitraires de l'Armée -qui a récupéré le territoire sans lésiner sur les balles- et en particulier la méga-opération de sécurité qu'ils avaient préparé pour accompagner la marche. Avec des limitations, il a obtenu que des centaines de personnes l'accompagnent dans les rues de la capitale. Trois jours après, il a disparu sans laisser de traces. Le 12 mars, son corps est apparu dans une décharge dans les environs de la ville avec de claires marques de torture.

"Nous dénonçons la répression, les meurtres et les menaces, mais le gouvernement et les médias étaient plus d'intéressés par le conflit avec l'Équateur et le Venezuela", a expliqué Cepeda, frustré, qui a envoyé plusieurs lettres à la Présidence. Le porte-parole du Palais présidentiel, César Velázquez, s'est excusé de ne pas pouvoir faire de commentaires sur le sujet. "C'est que cela fait plusieurs jours que nous sommes tous en dehors de Bogotá", a-t-il expliqué à Pagina/12.

Uribe a récemment commencé une tournée à l'intérieur de la Colombie pour annoncer des oeuvres d'infrastructure; son chancelier, Fernando Araújo, a été débordé par les négociations à l'OEA; le ministre de la défense, Juan Manuel Santos, est concentré dans la séguedille de victoires dans la lutte avec les FARC; et son conseiller personnel, José Obdulio Gaviria, est en vacances.

Personne à la Présidence n'a voulu faire de commentaires sur la demande de renoncement de Gaviria qu'ont présenté cette semaine le Mouvement des Victimes et les syndicats. Le conseiller avait assuré quelques heures avant la marche du 6 mars qu'il n'y participera pas parce que c'était une initiative de la guérilla. "C'est une marche convoquée par les FARC", avait-il dit à la presse. Par hasard ce sont ces mots qu'ont utilisés les paramilitaires qui ont séquestré deux leaders sociaux le week-end dernier, durant leur déplacement à Bogotá pour participer à un congrès d'organisations de déplacés. "Ils ont montré des photos des marches et ils leur ont dit qu'ils avaient provoqué une réaction qui ne faisait que commencer", a relaté Cepeda.


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