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Littérature
et Histoire, les raisons
de cette étude de la guerre
franco-prussienne ? |

Dessin de Georges Pilotell dans Caricature
n°3 du 18/02/1871
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Peut-être
ne
lui sera-t-il pas donné d'assister à
ce beau jour ; mais
qu'importe? Quand tant de
générations se sont éteintes avant
nous
dans la misère et la servitude, sans
même entrevoir l'espérance, la
plainte est-elle permise à ceux de
nous qui tombent avant l'heure?
L'honneur d'avoir combattu et souffert
pour la démocratie est leur
meilleure récompense. Ils peuvent
s'endormir en paix. D'autres
récolteront ce qu'ils ont semé.
Charles
Delescluze,
De Paris à Cayenne, préface
page 18, publié
en
1872
Je n’ai jamais été très
attiré par
l’histoire du XIXe siècle, j’y suis venu en
reculant… Si je préfère les
Temps dits modernes, on ne peut pas rayer
cette centurie d’un trait
(1814-1914), et plutôt que d’en dégoûter
d’autres, il m’a fallu
dépasser certaines lectures passées, en
particulier scolaires et
romanesques, qui m’ont tenu longtemps à
distance de son contenu
historique, seul avait trouvé très tôt écho :
la Commune de Paris et
les écrits de Marx. Depuis j’ai pu constater,
comment il était
difficile d’échapper à des réalités pas si
lointaines, d’autant plus
que nombre d’auteur et acteur politique de ce
siècle ont tous plus ou
moins été des historiens. A commencer par
Guizot, et son homologue
Thiers, ou bien Lamartine avec l'objectif de
séduire les ouvriers,
sinon Louis Blanc, etc. L’usage de l’Histoire
à des fins politiques
n’est pas en soit une nouveauté, et certains
ne s’en sont pas privés. Louis
Blanc
est assez peu connu ou évoqué par rapport à
d’autres figures
historiques, malgré une station de métro et
une rue dans la capitale,
si l’historien de la Révolution
française
n’a pas été le nec plus ultra du genre, il a
été un acteur politique
important, entre radicalisme et socialisme,
assez prolixe et qui a
laissé en son temps
des textes politiques
novateurs et une certaine
idée de la République sociale et démocratique.
Un radical qui allait à
la racine des choses... a-t-il pu écrire.
J’ai donc été amené à entreprendre une
recherche sur les quatre
dernières décennies, grossièrement du second
Empire jusqu’à l’Affaire
Dreyfus. Les surprises n’ont pas manqué, dans
une historiographie
conséquente, l’abondance de la lecture n’en
facilite pas toujours la
mise en mot, un complexe bien normal dans ma
situation, je ne vise pas
à devenir Chateaubriand, je me contenterai de
transmettre quelques
vérités
historiques. Je ne cherche pas, non plus à
brouiller les cartes,
quoiqu’il soit difficile de contourner les
littérateurs de ce siècle.
Aussi géniaux qu’ils soient, il faut savoir
résister à leurs
fantasmagories, comprendre leurs implications
ou pas. Et il importe de
bien distinguer les sources littéraires, ce
qui touche à la romance,
des données et faits de nature historique.
Cependant, il existe un pan de
littérature, avec Emile Zola et Guy de
Maupassant, qui peut restituer
des
impressions, plus que des faits de ce dernier
tiers de siècle, sombre,
voire ambiguë,
volage ou bien dans un regard assez tranchant
ou goguenard (amusé).
Pour Zola,
je conseille un texte de 1867, Mes
haines : « La haine soulage,
la haine
fait justice, la haine grandit »,
cet écrit est d’une violence rare,
prémonitoire sur les déchirements à
venir, et pourrait-il paraître aujourd'hui?
Pour le déroulement
guerrier, il existe la Débâcle,
le dix-neuvième tome des Rougon-Macquart,
qui traite de la bataille de Sedan. Si j'ai
aussi cité Maupassant,
c'est surtout une affaire de goût, le
naturalisme de Zola peut rebuter,
les nouvelles ou romans de l'auteur de Boule
de suif
sont
de superbes descriptions de la société
française, c'est plus léger.
Lui-même avait été mobilisé dans l'intendance
à Rouen (la même ville où
vécu Flaubert depuis son enfance), tandis que
Zola cherchait à se
placer.
Le but visé, était de mieux cerner le
mouvement ouvrier, certaines de
ses constructions politiques, en particulier
les blanquistes, mais
aussi les conditions d’existence en temps de
guerre et les
revendications sociales, politiques et
réalités autres, ainsi donner à
connaître
l’antériorité de la Commune de Paris. Nous,
nous limiterons à ce qu’a
pu nommer Victor Hugo : L’Année
Terrible,
publiée en 1872, cet ouvrage s'étend de la
période allant d’août 1870 à
juillet 1871, de ses impressions et
inspirations poétiques, de même Choses
vues
ont été extraits de ses carnets de note : Pendant
le siège de
Paris, l’assemblée
de Bordeaux, Mort de Charles, etc. Ces
notes apportent un éclairage
utile, ainsi
que des éléments de sa correspondance. En
1870, c’est aussi la
publication des Châtiments
durant le siège de Paris, beaucoup de
littérature, mais les périodiques
sont l’outil essentiel pour entrer de plein
fouet dans un quotidien
riche en rebondissement, notamment ce qui
relève d’une presse
d’opinion, majoritairement conservatrice. Et
depuis les
assouplissements des dernières années, il faut
compter sur l’existence
de pas moins de 140 journaux, dont la
naissance en 1869 du Rappel,
salué par tous les républicains de progrès de
l’époque.
C’est probablement Hugo père qui m’a
réconcilié avec le XIXe siècle,
est-il besoin de le présenter? Il appartient
aux grands noms de
l’histoire des Hommes, chantre de l’universel,
normalement sans
distinction de genre sexué, bien qu’en ce
domaine, il soit difficile de
le
citer en exemple. La domination masculine
impliquant un état peu
reluisant des comportements des mâles, sous
couvert de bonne mœurs et
un monde de petits et grands bourgeois très
feutrés, les non-dits
étaient légions, à commencer par la sexualité.
Dans son cas, un rapport
à caractère maladif, mais il ne s’agit pas
d’en tracer le portrait
pathologique, et
encore moins psychologique. Hugo a été un des
opposants les plus
farouche du second Empire, jusqu’à l’excès,
avec le présumé neveu de
Napoléon 1er, qui lui donna comme surnom celui
de Napoléon,
le petit
et autres amabilités, dont il ne se priva pas
à son encontre en
publiant un pamphlet portant ce titre, et qui
continue à lui coller à
la peau (ou ce qu’il en reste…).
Contrairement à Victor Hugo, on peut se passer
d’estime pour le premier
des
Bonaparte, et concernant Napoléon III,
il n'a pas été le pire des
dirigeants de son temps, ce ne fut pas non
plus un exemple, mais bel et
bien
un autocrate, avec des fêlures qui peuvent le
rendre moins
intransigeant et plus tolérant que le fut son
aïeul. Mais tout aussi
prompt à la surveillance de ses concitoyens, à
faire taire ses
opposants jusqu’au bagne de Cayenne (Charles
Delescluze y séjourna), à
user et abuser de la censure. Sinon à se
lancer corps et âmes dans des
guerres meurtrières, au plus bas ou presque
avec 20.000 morts au
Mexique du côté français. Les plans
impérialistes sur le continent
américain n’ont pas manqué, mais ont surtout
échoué sous les Bourbons,
tout comme avec la famille Bonaparte régnante.
Sinon, un état des choses indéniablement liés
à des processus
d’enrichissements assez considérables, qui
structurèrent pour longtemps
la haute finance du pays, confortèrent les
grandes fortunes ou ce que
l’on
nomma les « deux
cent familles » et les «
maîtres des forges ». Pour les plus connus
depuis la Révolution pour
certains, les familles Wendel, Perrier,
Schneider, les frères Pereire,
et j’en
passe sur les anciens et aussi son lot de
nouveaux riches. L’empereur
ou l’imposteur de
1851 a été très décrié, à commencer par ceux
qu’il avait poussé à
l’exil, juste retour des choses, mais Napoléon
III est à l’origine
d’une impulsion industrielle dans les régions,
timide, mais toujours
dans le sens du poil électoral. Et si lui ou
ses proches ont été
souvent été guidés par la débauche du luxe, le
goût de la fête et
l’argent facile. Les seules opérations
immobilières de la capitale,
sous la houlette d’Haussmann suffisent à en
saisir l’ampleur et les
richesses cumulées, tout comme le chemin de
fer, des entreprises
privées à forte plus value.
Cette étude de l’Année Terrible n’est
qu’une tentative de mise
à plat, quand vous
commencez à traiter un sujet, vous ainsi êtes
amené à élargir votre
questionnement et comprendre que la patience
est en ce domaine un
atout. Pour ce qui est de la guerre 1870-1871
et le premier siège, nous
ne
manquons pas d’ouvrages ou références. La
somme du tout demande
néanmoins une bonne respiration et digestion.
Il faut rester très
prudent sur certaines sources livresques, dans
l’après de l’année de
1870, il a existé une véritable entreprise de
manipulation des contenus
historiques. Et attention au piège des
classements politiques,
gauche/droite, bien qu’ils soient présents et
à prendre en
considération, le classement « centre-gauche »
des libéraux
conservateurs, et orléaniste (ou louis-philippard)
dans le cas de Thiers, peut faire rire. Ce
qui est moins drôle, c’est comment certains
criminels ont eu droit aux
honneurs, et à quel point les campagnes
françaises assurèrent les
majorités et la
stabilité de régimes mi-chèvre mi-choux avant
que les républicains et
les forces du mouvement social deviennent
majoritaires. Toute une série
d'interrogations à avoir sur le terme «
revanchard » et toutes ces
expressions perdues d'un langage fleuri, plus
un poids de la morale
dont on ne devine pas
toujours le carcan.
Je
n’ai pas cherché à tout développer les
tenants de la
guerre de
1870-71, je l’ai pour beaucoup
découverte grâce aux textes
disponibles
sur le site Gallica-Bnf,
toutes les sources ne renvoient pas à
tous les périodiques et ouvrages
cités, mais sont consultables
notamment à la rubrique Presse et
revues. Et j’ai voulu à travers
la presse de septembre
1870 à février 1871, les textes
officiels et certains écrits de
l’époque relater son quotidien. J’ai
choisi un angle de vue
particulier, pour mettre en avant les
tendances républicaines les plus
progressistes, sans chercher à mettre
une opinion au-dessus d’une
autre. La séparation était surtout
sociale, non pas un système de
caste, mais une répartition au sein de
la bourgeoisie française dès
plus inégale, et que Victor Hugo a su
saisir et mettre en mot et en
idée.
Caricature
du général Vinoy, ci-contre
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Qu’est-ce que l’histoire du vaincu ou des
vaincus, quand un état
s’écroule, et renvoie
une nation, ses concitoyens à son histoire
passée pour beaucoup
mythifiée et à ses échecs? Je ne suis pas des
générations, qui ont été
éduquées, parfois élevées dans une aversion
certaine de l’Allemagne,
mais juste la première qui a pu échapper aux
dogmatiques nationalistes,
bien conscient des maux d'un temps qu'il faut
souhaité dépassé.
Souvent à titre individuel pour des raisons
intimes et personnelles,
qu’il n’y a pas à juger, il en était ainsi. Il
n’existe pas de
paramètre, ou de graduation pouvant mesurer la
nature du patriotisme,
mais de très nombreuses familles ont pu garder
un souvenir traumatisant
des guerres avec notre voisin germanique. La
perte d’un proche ou de
plusieurs familiers ont pu être des marqueurs
indélébiles, et chacun
avec son lot d’horreur. Il n’y a pas de
statistiques ou grands travaux
sur les exactions guerrières de 1870,
cependant la brutalité des
troupes d’occupations ont été réélles, et ce
conflit par bien des
aspects est annonciateur des crimes de guerre
futurs et de ce qu’il y a
de plus néfaste dans le réveil des
nationalismes sur fond
d’impérialisme (toujours très actif ou en
pleine mutation).
Les relations entre Victoria et Napoléon III
furent plutôt bonnes, la
reconnaissance de la reine Victoria sous Louis
Philippe avait permis de
tisser les premiers liens amicaux entre les
deux nations, après moultes
guerres et des siècles durant, s'était opéré
un changement, le
Royaume-Uni n'était plus l'ennemi héréditaire
d'antan. Ce qui avait
aidé à
dessiner de
nouvelles relations diplomatiques, un peu en
avance sur l’entente
cordiale de 1904 ou dans le prolongement
de cette entente, elle aussi cordiale
depuis 1843, avec la réception au château d'Eu
de la souveraine britannique en territoire
français.
Si l’on fait le décompte des conflits du monde
contemporain avec notre
voisin frontalier Allemand, qui avait été un
véritable puzzle de petits
et grands états avec 350 entités politiques et
administratives, près de
vingt ans auparavant. Si
l'on doit remonter le cours de l'époque
contemporaine, les relations
depuis 1792 et de ses suites jusqu’à la chute
du premier Empire entre
1813 et
1815 et jusqu’en 1818 avec une première
occupation ont alimenté des
deux côtés du Rhin des mythes et surtout des
haines nationalistes. Les
aversions mutuelles ne purent que s'accentuer
avec la guerre de
1870-71 jusqu’en 1873 avec la fin de
l’occupation du Nord et de l'Est
du pays, et jusqu’en
1918 avec l’annexion de l’Alsace et d’une
partie de la Lorraine ; sans
omettre les deux guerres mondiales au XXe
siècle. Au final, trois
occupations
partielles ou quasi entières de l’hexagone,
qui ont laissé des traces
mémorielles, et, pour les combats ou malheurs
des temps dans chaque
village, ville, des monuments de toutes
tailles et des plaques
commémoratives, ou des gisants de soldats
tombés au front.
Quels
enseignements peut-on tirer et que
dire de cette
guerre mise
entre parenthèse du récit national à
la faveur de la revanche? Est-ce
que la seule évocation de la
construction européenne depuis les
années 1950 peut y répondre? Cela
peut commencer par le partage des
mémoires, mais en raison de mes
lacunes en allemand, je ne pourrais y
ajouter des apports du
"vainqueur" ou d'historiens
d'outre-Rhin. Ce n’était pas l’objet
de cette étude, qui
a pour but de proposer
une approche des ces 6 mois
particuliers à cheval sur deux années
que
traversèrent les Parisiens, mais pas
seulement. A souligner que les
journaux de la devenue région Grand
Est,
depuis
quelques années, proposent une lecture
des événements et relaient des
conférences locales intéressantes et
des expositions, notamment dans le
cadre des journées du patrimoine en
septembre 2020. Il y aura
probablement de nouveaux
ouvrages, des conférences. Mon souci
n’est pas de commémorer, mais de
transmettre une
petite part de cette période agitée,
sous un angle, social et
politique.
Peinture de J.J
Henner L'Alsace elle attend,
ci-contre
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Le seul élément d’interrogation sur le
vainqueur, c’est que si
l’Allemagne n’a pas été une grande puissance
coloniale, du moins
comparable à la France, ou à la
Grande-Bretagne. Ce que l'on sait
moins, mériterait des recherches, les
Prussiens ont su
exporter leurs méthodes militaires
outre-atlantique. De quoi rester un
peu pantois devant certaines tenues militaires
et casques à pointe des armées
subcontinentales, notamment dans le cône
Sud avec des marches militaires bien mal
inspirées. L’on pourrait
parler de clichés, s’il n’y avait un fil et
une continuité, l’art de la
guerre, c’est de tuer. Quand les républicains
et Hugo prêchaient la
paix, ce dernier s’étonnait lui-même d’appeler
à la guerre, avant que
ne vienne se greffer une guerre civile.
Cent cinquante ans après, je ne sais quel
accueil va recevoir cette
guerre et il n’est pas sûr que cela passionne
les foules. Toutefois la
perspective du cent cinquantième anniversaire
de la Commune de Paris
est une occasion d’enrichir ce que j’ai pu
faire et ce qui reste à
mettre en ligne, mais avec d’autres points de
vue et des éléments
nouveaux complémentaires.
A
suivre...?
Ps
: Au
registre des sources, notamment
iconographiques, les dessins de
Georges
Pilotell proviennent du site Paris-Musée
et sont libres de droit, comme toutes
les images ou reproductions
utilisées.
Lionel Mesnard, le 3 août
2020
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La
guerre au fil des jours : janvier
1871
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Versailles, proclamation de l'empire
Allemand le 18 janvier 1871
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Nous
reprenons
le cours des événements avec les deux
dernières chronologies
détaillées des mois de janvier et février
1871, avec même sur les
derniers jours les minutes des mobilisations
parisiennes, après le
confinement qu'imposa l'attaque militaire
prussienne avec un
bombardement intensif, dont fait part Juliette
Adam jusqu'à son départ
de la capitale. A noter que de nombreux
Parisiens profitèrent de
la fin des hostilités pour sortir de la ville,
un bon demi million de
personnes rejoignirent leurs proches en
province, ou se mirent à
l'abri des suites? En toute fin, car il en
faut une... vous trouverez les
documents et annexes, et des liens avec des
vidéos ou des audios en
relation.
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Dimanche
1er. La ville de Bondy est
bombardée, des bombes ennemies s’abattent sur
le fort de Rosny. C’est
la naissance légale ou
l’existence juridique de
l’Empire
Allemand, et effective jusqu’en 1918.
Un mot
de
Gambetta : « A chacun sa
responsabilité devant
l'histoire. »
(Dépêches,
etc., et Discours
de Gambetta,
Joseph Reinach).
Lundi
2/01. L’état d’esprit du Journal
des Débats politiques et littéraires du
jour
: « Les premiers jours de
l'année 1871 ne se
distinguent en
rien des derniers jours de l'année 1870.
C'est le même froid triste, le
même
ciel gris, les mêmes grondements des canons
prussiens qui continuent à
tirer
sans grand effet sur nos forts. Le
gouvernement nous met en garde, dans
le Journal Officiel contre notre trop
grand empressement à croire
sans
examen aux nouvelles les plus
invraisemblables, et conclut en
nous exhortant à ne pas désespérer.
Qu'on nous permette à notre
tour de
joindre nos conseils à ceux du gouvernement.
La presse parisienne
presque
tout entière, irritée par le
bombardement de nos forts et de notre
banlieue,
invite nos chefs militaires à sortir de ce
qu'elle appelle leur
inaction, et à
aller livrer bataille à l'ennemi. Rien ne
nous semble plus dangereux
que ces
conseils, et l'on ne saurait trop
souhaiter que le général Trochu
ne cède
pas à cette pression. »
|
Louis
Blanc écrit à Victor Hugo,
L.
Blanc
termine par : « Je
le
répète, ce qu'il faut c'est
ceci : croire à la patrie.
Voilà, voilà ce
qui doit
nous sauver. Et de quel éclat
souverain ne rayonnera pas
alors notre
cher
pays ! La grandeur même
de ses revers épiques et leur
foudroyante
succession seront portés au
compte de sa gloire ; car
vaincre après
tant de
défaites et en quelque sorte à
force de défaites, est-il rien
de plus
imposant?
Combien elles sont dignes de
mépris les victoires qui, dues
à la
supériorité du
nombre, à la ruse, à la force,
ne développent chez le peuple
qui les a
remportées que l'orgueil, la
cruauté, la rapacité des races
conquérantes !
Ce qui est digne d'admiration,
c'est la défaite noblement
subie et
vaillamment
réparée, parce qu'elle atteste
la présence et le triomphe de
toutes les
vertus
qui sont l'honneur de l'espèce
humaine : le calme dans le
malheur, la
persévérance stoïque, la
fermeté d'âme, une résolution
d'airain, et,
avec la
volonté de ne jamais fléchir,
le pouvoir de ne jamais
désespérer. Les
véritables marques de
l'invincibilité sont là. Or,
la gloire n'est
pas de
vaincre, mais d'être
invincible. »
Le
Rappel, du
jour
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3/01.
Capitulation de Mézières
dans les Ardennes. Juliette
Adam
participant des ventes de charité en faveur de
l'Oeuvre du
Travail des femmes, dit avoir été
souvent en présence de Me
James de Rothschild et «
a
été frappée de la grande et calme lucidité
que Me de Rothschild
apporte dans la bienfaisance. Sa bonté, a
̀force de cœur et de
générosité, parvient à être immense,
même lorsqu'on la proportionne
et la mesure aux facilités d'une immense
fortune. »
Le
siège de Paris - Journal d'une
Parisienne, de
Juliette Adam, née Lambert, 1873
4/01.
Protestation des cinq
Académies (française ; des inscriptions et
belles-lettres ; des
sciences ; des
beaux-arts ; des sciences morales et
politiques), contre l'arrestation
du baron
Thénard, agronome connu pour sa lutte contre
le philloxéra de la vigne grâce au
sulfure
de carbonate (pour sa notoriété), le savant
est conduit comme otage en
Allemagne.
5/01.
Les rue de Paris sont verglacées, les
déplacements
difficiles et « Ce matin, à huit
heures vingt minutes, au moment où les
premiers rayons du soleil
d'hiver
commençaient à dissiper le brouillard, des
détonations lointaines
retentirent
roulant sourdement de colline en colline.
Nous montâmes au sommet du
bâtiment
Joly. A l'horizon, sur un arc de cercle
passant par Châtillon, Meudon,
Sèvres
et Saint-Cloud, des panaches de fumée
blanche jaillissent de huit
points à la
fois. Huit batteries puissantes, démasquées
pendant la nuit tiraient à
volonté
sur Issy, Vanves, Montrouge et le
Point-du-Jour. »
(Edouard Prampain, Souvenir
de
Vaugirard,
page 84)
Les canons de l’artillerie Prussiennes
ouvrent le feu sur les forts du sud
parisien, les projectiles des
batteries
ennemies arrivent pour la première fois dans
l'intérieur de Paris avec
une
forte puissance de feu, sont relevés des
décombres plus de 350 morts et
200
bâtiments sont détruits. Dans la nuit du 5
au 6, le Comité
central républicain et ses délégués des 20
arrondissement, soit environ 140
hommes se réunissent, rue de la corderie
(3e). Ils y rédigent le texte
de la deuxième Affiche rouge :
« Le
grand
peuple de 89, qui détruit les Bastilles et
renverse les trônes,
attendra-t-il dans un désespoir inerte,
que le froid et la famine aient
glacé dans son cœur, dont l'ennemi compte
les battements, sa dernière
goutte de sang? — Non! La population de
Paris ne voudra jamais accepter
ces misères et cette honte. Elle sait
qu’il en est temps encore, que
des mesures décisives permettront aux
travailleurs de vivre, à tous de
combattre. »
L'affiche sera placardée après impression
dans les rues de la capitale le 7/01 (Lire
le texte complet avec ses signataires)
6/01.
Après
une nuit de bombardement, plus de 3.000 bombes
ont éclaté autour
du jardin du Luxembourg et des Plantes.
Proclamation par voie
d’affiche et de presse du général Trochu dans
laquelle il
déclare :
« Au moment où
l’ennemi redoute ses efforts
d'intimidation on
cherche à égarer les citoyens de Paris par
la tromperie et par la
calomnie. On
exploite, contre la défense, nos
souffrances et nos sacrifices.
Rien ne fera tomber les armes de nos
mains.
Courage, confiance, patriotisme.
Le gouverneur de Paris ne
capitulera pas. ». Le
gouverneur militaire de Paris, le
général
Scmitz fait le bilan des bombardements :
« Pendant la nuit
dernière, le feu de l'ennemi a été d'environ
trente coups à l'heure,
contre les
forts du sud, y compris Montrouge et même
Bicêtre du côté de Nogent, il
a cessé
à partir de trois heures du matin pour
reprendre très vivement à huit
heures. A
partir de cette heure, il a recommence
sur toute la ligne et ne
nous a pas
causé de dommages sérieux. Les batteries
extérieures de l'enceinte ont
pris
part à la lutte et ont riposté
vigoureusement
aux attaques acharnées
de l'artillerie ennemie. Les projectiles qui
sont tombés dans la ville,
en
assez grand nombre, n'ont causé aucune
émotion. La fermeté, le calme de
la
population et de l'armée soumises à ce
bombardement sont à la hauteur
des
circonstances, et les procédés
d'intimidation et employés par
l'ennemi ne font que grandir leur cour que
chacun s'inspire des grands
devoirs
que la patrie impose aux défenseurs de
Paris. »
(Journal
des
Débats,
du
7/01)
7/01.
Le bombardement ne
cesse
dans la capitale et Juliette Adam remarque que
: « Les
histoires
les plus navrantes circulent. Dans la nuit
du 5 au 6, il y a
eu beaucoup de morts. Une mère, en rentrant
chez elle, n'a retrouvé
que des lambeaux de ses deux enfants. Au
quatrième étage d'une
maison, une famille a été broyée, père,
mère, jusqu'à la
nourrice, et une petite fille de six mois
est restée suspendue dans
son berceau à quelques millimètres du
précipice ouvert par l'obus. »
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8/01.
Dans la nuit du
8 au 9, des
monuments et des maisons sont atteints
par des projectils. Un obus éclate
dans le
dortoir de l'établissement
Saint-Nicolas, rue de Vaugirard, il
tue cinq
enfants
et en blesse gravement six autres.
9/01.
L'armée de l'Est
du général
Bourbaki attaque à Villersexel en
Haute-Saône. A Paris, Juliette Adam
apprend «
des
bonnes nouvelles de la province
envoyées par Gambetta, et je ne les
ai
pas comprises ! Je ne percevais
qu'une chose : les sons (des
obus),
parce qu'ils ajoutaient à ma
souffrance. »
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11/01.
Le Gouvernement décrète
que « tout citoyen atteint par les
bombes prussiennes est
assimilé au
soldat frappé par l’ennemi », et
les familles susceptibles de
toucher une
pension. La fabrication du pain de luxe est
interdite (Le pain de luxe
contenait de la levure mélangée au levain, du
sel et du lait, il était
fabriqué
depuis le XVIIe siècle ou dénommé « le
pain de la reine »
Marie de
Médicis).
12/01.
Au Mans, les Prussiens
battent l’armée de la Loire après 3 jours de
combats. Elphège
Demorieux,
jeune notable et héritier de la banque de son
pére s'était engagé dans
les francs-tireurs locaux, blessé ce jour à la
bataille du Mans, il
décède « le
lendemain
matin, sur la commune, à « La Haganière ».
Il n'avait pas
encore tout à fait 27 ans. »
(Ouest-France
en 2018) au sujet d'un
boulevard portant son nom et
peu connu des Mançeaux.
13/01.
A la sortie de la réunion
d’un club, un jeune homme, rue d’Arras affirme
que « La
situation est désespérée, mais la
Commune fera appel
au courage, à la science, à l’énergie, à la
jeunesse ; elle repoussera
les
Prussiens avec une indomptable énergie, mais
qu’ils acceptent la
République
sociale, nous leur tendrons la main et nous
marquerons l’ère du bonheur
des
peuples.
» (Louise
Michel, La
Commune,
page 112).
14/01.
Richard
Wallace
(philanthrope anglais, son nom a été donné à
des fontaines de la
capitale)
propose à M. Jules Favre d'ouvrir une
souscription en faveur des
familles qui ont été obligées de quitter
leur domicile en raison
des destructions et s'inscrit pour 100.000
francs. Le lendemain il fera
remettre à l'administration municipale une
nouvelle
somme de 20.000 francs pour les pauvres. Les
troupes de Garibaldi
arrivent à
Dijon, ville ouverte depuis le départ des
armées du nouvel empire.
15/01.
Défaite de l'armée de
l'Est à Héricourt en Haute-Saône. Juliette
épouse Adam signale
qu'elle est «
broyée,
vaincue par la douleur. Je n'ai vu personne
depuis une semaine.
Impossible de dormir, de reposer même un
instant. Les Parisiens n'ont
pas dormi depuis dix jours. Le bombardement
est effroyable. Comme j'ai
bien fait de ne pas garder ma fille auprès
de moi! Les femmes de
Paris, qui assistent au siége, payeront
chacune, un jour ou l'autre,
le tribut de souffrances que je viens
d'acquitter
».
Le département de l'Orne est investi par les
troupes germaniques, se
déroule ce jour la bataille d'Alençon.
La ville tombera le
lendemain et fera 600 morts et plus de 5.000
blessés.
| 16/01.
Le
bombardement de Paris
détruit les serres du Jardin des
Plantes. Juliette Adam (en photo) dans
son Journal fait référence
au général Pierre Schmitz, chef d'état
major du gouverneur (militaire)
de Paris, «
fécond
en entraves lorsqu'on projette une
sortie. M. Trochu, ce matin, a
répondu dans l'Officiel aux
accusations qui circulent sur le
général Schmitz. Cette réponse
est piteuse. M. Trochu y affecte des
indignations de réactionnaire, il
en parle le sot langage, il en écrit
le mauvais style, il en emploie
les rengaînes, comme celle-ci, qui est
bien usée : « Je ne
recherche que l'approbation des
honnêtes gens ! » |
|
 |
17/01
A
Londres se tient une conférence diplomatique
de première importance,
elle intervient à la suite de la conférence de
Vienne (Autriche) de
1869, en voici son Protocole : «
Les
Plénipotentiaires réunis aujourd’hui en
Conférence, reconnaissent
que c’est un principe essentiel du droit des
gens qu’aucune Puissance
ne peut se délier des engagements d’un
Traité, ni en modifier les
stipulations, qu’à la suite de
l’assentiment des Parties
contractantes, au moyen d’une entente
amicale.
» Il
ne sera plus possible aux pays
signataires d'un traité de s'en défaire sans
l'accord des parties
contractantes,
ce qui favorisera la Grande-Bretagne et la
stabilité des accords, un
petit tour de passe-passe face à l'Empire
Russe et ses entorses au
droit international.
18/01.
A Versailles, Guillaume
Ier organise son couronnement comme empereur
d'Allemagne et lance la
proclamation de l’Empire Allemand (sa
fondation légale est en
décembre). Arrêté
du maire de Paris annonçant qu'à partir du 19,
les boulangers ne
devront
distribuer du pain qu'aux porteurs d'une carte
alimentaire. Le pain
sera
rationné à raison de 300 grammes par jour et
par personne (quand la
ration
moyenne normale était du double au triple en
temps de paix dans les
foyers
ouvriers). Il est pris un arrêté
réquisitionnant les combustibles,
comestibles,
denrées, liquides de toute nature, laissés par
les personnes qui ont
quitté
Paris, ainsi que les logements des personnes
absentes (pour l’accueil
des réfugiés
des villes et villages autour de Paris,
environ 150.000 personnes à
nourrir et
loger).
| 19/01.
Se déroulent les combats
de Montretout et de Buzenval, c’est
l’ultime sortie
malheureuse de l'armée de
Paris en direction de Versailles.
Au final, Jules Trochu ordonne la
retraite et
l’on recense 4.000 morts, dont un tiers
de gardes nationaux. Lors de
ces
affrontements décède à 27 ans, le
peintre Henri Regnault, à Rueil
Malmaison. Il est atteint par une balle
qui le foudroie, et
Gustave Lambert, hydrographe et
explorateur est blessé. Ce dernier
décédera huit jours après
de ses plaies. |
|
 |
20/01.
Les dernières nouvelles du
front de l’Ouest : « Nous avons
appris à quelques heures
d'intervalle, d'abord l'insuccès des efforts
tentés hier sur le plateau
de la
Bergerie, puis l'échec du général Chanzy
devant le Mans. Car ce que le
Journal
officiel de ce matin, par un de ces
euphémismes qu'on croyait spéciaux
aux
ministres du second empire, qualifiait de
temps d'arrêt dans le progrès
de nos
armées de l'Ouest, est devenu ce soir une
défaite qui, au lieu de nous
arrêter
purement et simplement, nous a obligés à
reculer du Mans à Laval. »
(Journal
des
débats politiques et
littéraires,
du 21/01) A Paris, Jules
Trochu
et Favre rassemblent les maires
d’arrondissements de la capitale en vue
de
l'armistice, la grande majorité se prononce
contre.
|
L’enterrement
du
colonel
François de Rochebrune tombé à
Rueil se déroule sur le
boulevard
Richard Lenoir
et Almicare Cipriani, venu
l’an dernier apporté ses
services à la
République
est présent à ses funérailles,
il nous dit que :
« Partout
on
entendait dire qu’il fallait se
débarrasser de ceux qui avaient
trahi
jusqu’à ce jour. On parlait de
s’emparer du corps de Rochebrune
et de
marcher à
l’Hôtel-de-Ville. Le temps avait
manqué pour avertir les membres de
la
légion
garibaldienne, de la ligue
républicaine et de
l’Internationale,
disséminés dans
tous les bataillons de la garde
nationale ; une poignée
d’hommes
résolus
se trouvaient au rendez-vous, mais
poignée d’autant plus insuffisante
que ceux
en qui la foule avait confiance se
trouvaient en prison.
L’enterrement
de
Rochebrune se passa donc sans
aucun incident, si ce n’est que je
vis de
Boulen,
lequel m’apercevant voulut
me donner une poignée de
main en
m’appelant un brave, je refusai en
lui répondant : - Cela se
peut,
mais
vous ne pouvez pas le savoir,
car vous vous êtes caché ;
vous
êtes un
traître. Pour en finir avec ce
misérable, je dirai que quelques
jours
après, je
le rencontrai de nouveau ; à
ma grande stupéfaction je le vis
décoré de la
légion d’honneur et colonel :
c’était le prix de sa trahison. Un
autre
aussi fut décoré, c’est le
capitaine D… qui n’avait pas paru
tout le
temps de
la bataille. Voilà les deux seuls
fuyards que j’aie vus à
Montretout,
ils
furent faits chevaliers de la
légion d’honneur.
»
Louise
Michel, La Commune,
Chapitre IV
|
| 21/01.
Les clubs, les comités de
vigilance et des délégués des gardes
nationales décident d’une
manifestation
devant l’hôtel municipal (siège du
Gouvernement). Jules Trochu tient
une
Conseil de guerre, puis il démissionne
de ses fonctions au sein du
gouvernement
militaire de Paris. Dans la nuit
du 21 au 22 la prison de Mazas est
forcée, les
émeutiers délivrent Gustave Flourens
et sept autres détenus politiques,
suite
de
la répression du 31 octobre
1870 :
« Trente-cinq hommes
de garde nationale seulement
formaient le
poste de la prison. Sur la menace de
faire feu, le chef de poste a
laissé
entrer trois délégués. A
peine dans la cour de la prison, les
délégués tirèrent trois coups
de feu. On entendit, du
bruit dans
l'intérieur de la prison.
Le chef
de poste ayant voulu expulser les
délégués, la foule, profitant de
l'ouverture
des portes, pénétra dans la
prison, força le directeur
à donner
les clefs. »
(Le
Journal
des
Débats, du 23/01) |
|
 |
Dimanche,
22/01. Dans la matinée,
un certain nombre de gardes nationaux du
101e bataillon essaient de
s'emparer
de l'Hôtel de Ville, ils sont repoussés
par les mobiles de la Vendée et
la
garde républicaine sur les ordres de
Gustave Chaudey. Le rédacteur en
chef du Siècle et
adjoint au
maire de la capitale, alors
que les affrontements vont se passer
presque sous ses fenêtres,
celui-ci reçoit
les délégués du bataillon. Pendant ce
temps, une fusillade éclate sur
la place
de l’Hôtel-de-Ville, Chaudey devient
l’exécutant des basses oeuvres de
MM.
Trochu et Favre. : « Les
héroïques enfants de la
Vendée se
sont montrés aussi résolus dans la
défense de la société que dans la
défense de
la patrie, et ils ont promptement fait
justice de cette poignée de
misérables
qui ne trouvent un instant de
bravoure que contre leurs
compatriotes
et qui ne savent verser que le
sang français. L'armée, la garde
nationale
et la garde mobile ont rivalisé de zèle
pour réprimer cette
odieuse agression. » (Journal
des
Débats,
du 23/01). M. Chaudey
sera un
des dits otages, ou selon Reclus Elie,
le prévenu de la Commune (et
fusillé le
23 mai). Il n’y a plus de farine dans la
capitale, la commission de
l’alimentation s’est trompée dans ses
prévisions, donc plus de pain à
fabriquer
(cf. texte sur Jules Ferry de G.
Flourens). Le général Vinoy
déclare de son
côté : « Un crime
odieux vient d'être commis contre
la
patrie et contre la République. Il est l'œuvre
d'un
petit nombre d'hommes qui
servent la cause de
l'étranger.
(…)
C'est la cité tout
entière qui réclame la
répression sévère de cet
ameutât
audacieux et la ferme exécution des
lois. Le gouvernement, ne
faillira pas à son devoir.
La
garde
républicaine et la garde nationale
occupent la place et les
abords de
l’Hôtel municipal. Le général
Trochu démissionne et le général
Vinoy
devient gouverneur de Paris. Sur le Boulevard,
au
passage du général Clément Thomas et de
son état-major, un passant
s’écrie : « Voilà
les fainéants qui passent »
et rajoute « Vive
la
république
démocratique et sociale ! »,
il
se fait arrêté pour ses propos. L'armée
de Bourbaki bat retraite sur
Pontarlier
dans le Doubs.
|
Lundi
23/01. Jules
Favre part à
Versailles, pour discuter les
conditions d'un armistice avec
Otto von
Bismarck. La ville de Dijon
est attaquée depuis deux jours
par 4.000 soldats
allemands, les troupes
de l'Armée des Vosges de
Garibaldi sortent victorieuses
de cet
affrontement.
24/01.
Favre rencontre
Bismarck, ce
dernier exige le désarmement de
Paris et le versement d’un tribut
de 20
millions de francs. « Oui
tout est perdu, fors l’honneur.
(…)
C'est au moment où ils
viennent de
terminer les gigantesques
préparatifs de guerre auxquels
ils
travaillent depuis
tant d'années, qu'on les
provoque avec une armée de trois
ou quatre
cent mille
hommes, qui n'a rien derrière
elle, ni réserve, ni dépôt, ni
approvisionnements, rien, rien.
L'histoire le dira et les
générations
futures refuseront
d'y croire. »
(Lettre du
Colonel
Charles de Meffray à Ernest
Picard)
25/01.
Les troupes
de Garibaldi
sont victorieuses à Dijon. Commence
l'incendie de Saint-Cloud par
les
Allemands, et le gouvernement
donne son aval aux exigences de
Bismarck.
Capitulation
de Longwy en Meurthe-et-Moselle.
|
|
 |
Vendredi
26/01. A Versailles, Jules Favre
cède aux exigences de Bismarck :
-
Il
doit être procéder à l'élection d'une
assemblée devant ratifier la paix.
- Les forts qui entourent la capitale
doivent être livrés.
- Les soldats français dans la capitale
doivent être désarmés.
- Les Allemands pourront entrer dans
Paris.
- La municpalité parisienne doit verser
200 millions de francs.
L'armistice
est
prévu pour une durée de trois semaines,
pendant lesquelles seront
négociés les préliminaires de paix. (lire
le document dans les annexes)
A partir de
minuit, le feu est suspendu, normalement
des deux côtés, pour 21 jours.
A
Besançon, le général Bourbaki fait une
tentative de suicide, son
adjoint Justin
Clinchant le remplace à la tête de l'armée
de l'Est.
|
27/01.
Une
proclamation du gouvernement
informe la population qu'il a
entamé
des négociations ayant pour
base la conclusion d'un
armistice. Pendant
que les Parisiens commençaient
à poser les armes, la
capitulation était « définitivement
arrêtés et, provisoirement,
un
armistice
a été conclu. De part et
d'autre le feu devait cesser
à minuit.
Dans les forts et
sur les
bastions de
l'enceinte, les derniers
coups de canon sont partis à
sept heures du
soir ;
mais les Allemands ne nous
ont pas fait grâce d'un
obus. A minuit
sonnant,
Meudon, Châtillon, Bagneux
tiraient encore. Il fallait
bien épuiser les
munitions des batteries
maintenant inutiles.
»
|
|
Bismarck,
Favre
et Thiers à Versailles
|
Samedi
28/01. Un armistice, dont la
durée est fixée à vingt et un jours est
signé à Versailles par Jules
Favre et
Bismarck. Il est mis en œuvre un service
postal pour les lettres non
cachetées
entre Paris et les départements, par
l'intermédiaire du quartier
général
prussien.
« Nous,
républicains,
nous n'avons rien de commun
avec les hommes du 4
septembre, qui se disent
si impudemment
républicains, avec ces jésuites
politiques, les plus odieux imposteurs
qui
aient jamais trompé
l'humanité.
Nous continuons d'espérer plus
fermement que jamais le triomphe de
nos
sublimes
principes d'égalité sociale, de
fraternité entre tous les peuples,
entre tous
les hommes ; nous sommes sûrs de
l’avenir. »
(G. Flourens, Paris
livré)
Lire
le protocole de désarmement de la
capitale dans les documents annexes.
Dimanche
29/01. Les conditions de
l’armistice sont affichées dans la
capitale, il doit être payé 200
millions de
francs dans les 15 jours à venir, et les
Prussiens occupent la ville de
Saint-Denis, plus tous les forts
ceinturant Paris. « Une
capitulation !
Voilà donc où ont abouti tant de
sacrifices, tant de privations
courageusement
supportées, tant de sang répandu. Paris
succombe mais vaincu par la
faim, non
par la force des armes. Après cinq mois
de siège, après vingt-huit
jours de
bombardement, les forts qu'il remet à
ses vainqueurs ont jusqu'à la fin
riposté, pavillon haut. Durant cette
longue période de blocus et de
combats, il
y a eu des fautes, il y a eu des crimes
; mais aussi que d'héroïsmes,
que de
vertus ! Pesez bien, vous trouverez la
balance égale et vous direz avec
l'histoire : Gloria victis!
(gloire aux
vaincus) »
(Souvenir
de
Vaugirard, page
93) Gambetta par un
envoi de télégramme ordonne d’obéir à
Garibaldi et de respecter le
traité
d’armistice.
30/01.
Les premiers convois de
ravitaillement sont dirigés sur Paris.
Victor Schoelcher démissionne de
son
poste d’officier. Antoine Brunel,
commandant du 36e bataillon de la
garde
nationale est arrêté au 228 boulevard
Voltaire, avec Joseph Piazza,
commandant
du 85e bataillon, à leur quartier général,
pour avoir tenté un
soulèvement
contre l’armistice. Edmond Adam, mari de
Juliette se trouve sur la
liste des députés de Paris.
31/01.
Léon Gambetta condamne
l’armistice, et dit « on a
signé à notre insu ».
|
|
|
| La
guerre au fil des jours : février
1871 |

|
|
Mercredi
1er.
Harcelés par les armées
allemandes et sans possibilités autre,
l’armée de l’Est, dite de
Bourbaki, acculée passe en Suisse. Le
général Clinchant son second est
interné un temps, après avoir conclu
un accord avec le général
helvète Hans Herzog, qui stipulait le
dépôt des armes à la frontière,
de plus de
87.000 soldats. Article 1 :
« L'armée française
demandant à
passer sur le territoire suisse,
déposera ses armes, équipements et
munitions en
y pénétrant ».
(Convention
de
Verrières).
2/02.
Louis Blanc aux
électeurs : « L'Assemblée
qui va être nommée aurat-elle à
se
prononcer seulement sur la paix ou
la guerre? C'est au peuple souverain
que la
question s'adresse. A lui d'y
répondre, si cela lui convient, en
limitant
d'avance les pouvoirs de ses
mandataires. Cette limitation
peut-être
bonne ou
mauvaise, sage ou imprudente, utile
ou funeste ; mais qu'elle soit
l'exercice
d'un droit inhérent à la
souveraineté du peuple, nul ne
saurait le nier
ou même
le mettre en doute, sans outrager le
suffrage universel, sans porter
atteinte
aux principes constitutifs de tout
régime démocratique. »
(Le
Rappel,
du jour)
3/02.
Dans la
capitale, à midi,
devant le Conseil de guerre, 27 rue du
Cherche-Midi (6e), sont jugés le
colonel
Piazza et le général Brunel de la
garde nationale et ils sont défendus
par
maîtres Gatineau et Folliet.
 |
|
4/02.
Une
proclamation du
Gouvernement est adressée pour
défendre l'ensemble de ses
actes pendant
la
durée du siège. M. Dorian
prend l’intérim du ministère
du commerce.
C’est
l’arrivée en gare du Nord du
premier convoi de vivres
envoyées
d'Angleterre. Depuis
Marseille, Léon Gambetta
reçoit un télégramme de
Bismarck envoyé au Préfet de
Marseille, lui rappelant la
convention de
l'armistice. Par voie
d'affiche (ci-contre),
Gambetta adresse sa
réponse au
chancelier : «
Citoyen
nous
le disions il y a quelques
jours, que la
Prusse comptait pour
satisfaire son ambition sur
une assemblée, où
grace
à la briéveté du délai et
aux difficultés matérielles
de toutes sortes,
auraient pu entrer les
complices et les
complaisants de la dynastie
déchue, les alliés de M.
Bismar(c). »
(...) «
L'insolente
prétention du ministre
prussien d'intervenir dans
la constitution d'une
assemblée française est la
justification la plus
éclatante des
mesures
prises par le Gouvernement
de la République.
»
(...) et l'affiche se termine
par «
Citoyens
(....) Aux
urnes! On ne répond à de
telles insolences qu'avec
des votes, en
attendant qu'on le fasse
avec des fusils. Républicains,
Votons!
Votons
tous! »
|
5/02.
Quelques piques
de Charles
Hugo sur les candidatures
libérales : « Il est une
singulière
espèce de républicains qui poussent
subitement entre les monarchies et
les
gouvernements provisoires. En 1848,
ces républicains-là s'appelaient
les
républicains modérés ; sous le
ministère Ollivier, ils se sont
appelés
un
moment les "honnêtes gens" ;
aujourd'hui, ils s'appellent les
républicains
libéraux. »
(…) « Leurs
comités ressemblent à la devanture
de Chevet, avec ses fruits hâtifs et
ses
tubercules prématurés. Dans le sol
de la liberté, M. Cochin est une
truffe, et
M. Melon de Pradou est une
primeur. »
(Le Rappel, du
jour).
|
Lundi
6/02.
Gambetta donne sa
démissionne du Gouvernement
et son nom apparaîtra en
tout petit dans l'Officiel.
Il germe l’idée d’un
rassemblement des
gardes
nationales parisiennes, un 1er
rassemblement est organisé au
Cirque
d’Hiver
(11e), à l’appel d’un
journaliste et d’un
commerçant : MM. De la
Pommeraye
et Courty. Suite à cette
rencontre, il est donné
rendez-vous le 15 du
mois, pour
la convocation des délégués
des gardes nationaux de tous
les
arrondissements.
Ci-contre un avis du comte
Renard
(sic), préfet
de la Meurthe indique avoir
été prévenu par l'occupant
de la tenue des
élections...
|
|
|
 |
|
7/02.
Le journal Le Rappel
présente ce jour une liste de
candidats
républicains
très hétéroclite et pour
Auguste Vacquerie : « Paris
doit
être
la capitale de l'Assemblée. Et
alors il y aura ici le Paris
rendu
et
humilié que l'ennemi possède,
le Paris d'aujourd'hui livré
par
l'abominable
incapacité du général Trochu
et de ses complices, le Paris
désarmé et
gisant, -
mais il y aura là-bas le Paris
debout, le Paris d'hier - et
de demain,
le Paris
de toujours, le Paris de
Voltaire et de Danton, le
porte-flambeau,
l'allumeur
d'idées, le casseur de
couronnes, et on verra que sa
défaite n'est
qu'une
apparence et qu'il est
toujours celui qu'il était, et
tous
reconnaîtront dans
ce vaincu d'un roi le dompteur
de la monarchie, dans cet
opprimé le
protecteur
des opprimés, dans ce
prisonnier de la Prusse le
libérateur du monde.
Et les
départements respecteront
Paris. Et ce sera autant leur
intérêt que le
sien.
Car une médecine qui croirait
fortifier les membres en
coupant la tête
serait
tout juste aussi raisonnable
qu'une décentralisation qui
croirait
fortifier les
départements en les décapitant
de Paris. » |
8/02.
Élection des
membres de
l'Assemblée nationale : « Le
8 février furent faites les
élections
de l'Assemblée nationale qui devait
siéger à Bordeaux. La France eut à
nommer
750 représentants, au scrutin de
liste. Un tiers du pays vota sous
les
yeux des
envahisseurs prussiens. Ces
élections se firent dans les
conditions les
plus
détestables pour l'honneur de la
France et le salut de la République,
dans les
conditions les plus propres à donner
une majorité monarchiste, soumise
à
Bismarck, capable de lui céder tout
ce qu'il voudrait prendre en
France,
capable de signer une paix
honteuse. »
(Flourens,
Paris livré,
page
214) Edouard Lockroy
au sujet du vote : « Voici
le
grand
jour. Le sort de la France va se
décider. Ce vote d'aujourd'hui la
peut
perdre
et pour longtemps. Ce vote la peut
ressusciter. Dernière et suprême
bataille!
Que Paris livré, vaincu, humilié, se
lève tout entier encore une fois,
qu'il
saisisse la seule arme qu'on lui ait
laissée en ce désastre : le coin
de papier
qui porte le nom de ses
représentants! Ô citoyens, pas
d'abstention ! pas
de découragement! pas de faiblesse!
La revanche commence. Nos ennemis
ont brisé
nos armées ; ils tiennent nos forts
; ils nous écrasent. Les royalistes
conspirent et s'unissent à eux. Ô
citoyens, jetons-leur la République
à
la
face. »
(Le
Rappel
du
9/02)
|
Une
dépêche du
commandant du 2e
secteur, le
général Callier au
général Trochu et aux
ministres de
l’Intérieur et de
la
Guerre, etc :
prévient
qu’« Une
(nouvelle)
affiche rouge d'un comité
central
révolutionnaire et
socialiste, uni aux
représentants des clubs et
des
comités
électoraux des vingt
arrondissements de Paris,
a été apposée sur les
murs des
secteurs. C'est un
réquisitoire contre le
gouvernement, il conclut à
la
mise en
accusation du gouvernement
par la prochaine
Assemblée, laquelle devra
demander
la guerre et donner sa
démission plutôt que de
traiter des conditions
de la
paix. L'affiche est
signée, pour le comité : —
Le président, Raoul
Rigault ; les assesseurs,
Lavalette et Tanguy ; le
secrétaire, Henri
Verlet. Elle
se termine par la liste
des candidats à la
députation. Le premier nom
est
Gambetta. »
|
|
Résultats par
groupes,
environ 750 sont élus
députés au suffrage
universel
masculin, quelques
rares députés
internationaux
siègeront sur les 43
présentés
et seront amenés à
démissionner.
Garibaldi bien qu’élu
sera rejeté
comme un mal
propre, parce que non
Français (bien que né
à Nice et nouvel élu
du
cru, ce même 8 février
les Niçois rejettent
l'idée de rejoindre la
France en élisant en
plus 2 élus
séparatistes).
Guiseppe Garibaldi
sera
renvoyé et non admis à
la tribune.
1
- Les Orléanistes
: 31,70 %,
214 sièges, ils sont
favorables au comte de
Paris, Philippe
d’Orléans
(Louis-Philippe II).
2
- Les
Légitimistes : 26,96
%,
182 sièges, ce sont les
partisans du comte de
Chambord, alias Henri V,
petit-fils de Charles
X, ils sont pour la
restauration de la
monarchie
absolue (les ultras ou
réactionnaires).
3
- Les
Républicains
« modérés »
: 16,59 %, 112
sièges, les fameux Jules
:
Grévy, Ferry,
Favre, Simon,
représentants de la
« gauche
républicaine »
(mais ancré
à droite) ;
4
- Les
« Libéraux »
:
10,67 %, 72 sièges, dont
Adolphe Thiers, Jean
Say, plus des ralliés
orléanistes, le tout
qualifié de centre
gauche (avec un fort
penchant
conservateur et
plus) ;
5
- Républicains
« radicaux »
: 5,63 %, 38
sièges, dont
Léon Gambetta, Georges
Clemenceau, les
républicains
« radicaux »
sont
les seuls à vouloir
poursuivre la guerre
(Ils siégent à l'extrême
gauche dans
l'hémicycle,
préfiguration des partis
dits radicaux) ;
6
- Les
Bonapartistes : 2,96
%,
20 sièges, notamment
dans ses fiefs des
Charentes et Corse, les
derniers bastions
politiques.
|
9/02.
10 nouveaux
trains de
ravitaillement sont arrivés par le
chemin de fer, ce qui porte à 37
trains
venus à Paris jusqu'à ce jour par la
gare du Nord. Les 37 trains de
marchandises étaient composé de 1.638
wagons : 4.909.558 kilogrammes de
farine;
187.068 kil. de riz; 271.292 kil. de
biscuits ; 432.750 kil. de
salaisons ;
282.162 kil. de denrées diverses ;
47.675 kil. de poisson ; 314.278
kil. de
bétail ; 1.840.000 kil. de
combustible.
10/02.
Le rationnement
du pain
cesse d'avoir lieu. La Ville de Paris
a négocié un emprunt de 200
millions pour
le paiement de la contribution de
guerre. Juliette Adam s'exclame
inquiète : «
- Tiens,
dis-je
à Me Ménard, il y a eu un accident
horrible à Saint-Nazaire.
Vingt mille kilos de poudre ont
sauté avec un train. Voilà à quoi
sert la poudre maintenant, à tuer
de pauvres voyageurs ! Si encore
c'étaient des Prussiens !...
Heureusement que, pour aller à
Cannes,
il est impossible de passer par
Nantes et Saint-Nazaire ; sans
cela... ».
11/02.
Est nommé
préfet de police
par intérim M. Choppin, lui-même chef
de cabinet (jusqu’au 15 mars).
|
12/02.
A
Bordeaux, Zola cesse de
travailler pour le ministre.
Juliette Adam
quitte la capitale avec le
jeune fils d'Henri Rochefort,
Octave son
protégé. Le curé de Cuchery
dans la Marne,
l'abbé Miroy
est fusillé par les prussiens.
13/02.
Le
cessez-le-feu est
effectif dans l’Est du pays.
14/02.
A Bordeaux,
réunion de la
nouvelle Assemblée nationale
(ci-contre en illustration)
dite des
ruraux pour son vote
massif pour les
conservateurs et
réactionnaires.
|
|
|
15/02.
Vers
la naissance du
premier Comité central : Au
Tivoli-Wauxhall (disparu), dans
l’ancienne rue
de la douane (rue Léon Jouhaux, 10e)
se réunissent les délégués des
gardes nationales des arrondissements,
à l’exception du 1er et 2e ;
le
comité provisoire est composé des
représentants suivants :
Génotel
(3e arrondissement), Alavoine (4e),
Manet (5e), Frontier (6e), Badois
(7e),
Soleyrole (8e), Mayer (9e), Arnold
(10e), Piconel (11e), Audoynaud
(12e),
Soncial (13e), Da Costa (14e), Manson
(15e), Pé (16e), Weber (17e),
Trouillet
(18e), Lagarde (19e), Adolphe Bouit
(20e). Les jours suivants on cause
dans les
groupes locaux, l’idée de se fédérer
est bien accueillie pour
rassembler le
plus grand nombre, la Fédération des
gardes nationaux républicains est
elle-même prête à la fusion dans une
grande fédération parisienne.
|
16/02.
La place
forte de la ville de Belfort
se rend (illustration
ci-contre).
Albert Sorel au sujet de la
guerre dans son histoire
diplomatique
stipule sur la reddition : « Quoi
qu'il
en soit, il fallut céder, et
le 15 février, la convention
de
délimitation fut signée.
C'est ainsi que Belfort,
dont la reddition
aurait pu, le 28 janvier,
contribuer à sauver l'armée
de l'Est, fut
remis à l'ennemi le 16
février. Paris n'avait pas
su, en temps utile,
choisir entre l'armée et la
place ; on perdit à la fois
l'une et
l'autre. » (...) Et
«
peut
donc être, à juste titre,
considérée comme le
dernier acte diplomatique du
gouvernement de la Défense
nationale.
» (page 208) Le
Journal
Officiel annonce
que l’armistice
qui devait
expirer au 19 est prorogé
jusqu’au 24 février, et plus
si les conditions
l’exigent. A Bordeaux
l’Assemblée continue à
vérifier les pouvoirs des
élus, il
en reste 214 à examiner
avant la fin de la séance,
qui se termine à
deux heures du
matin. Il est aussi posé la
question de savoir si les
préfets doivent
être
élus?
|
|
 |
17/02.
Thiers est élu chef
du
pouvoir exécutif de la nouvelle
Assemblée nationale. Les maires et
adjoints de
Paris, réunis à l'Hôtel de Ville,
votent des remerciements au
lord-maire de
Londres et aux Anglais, à l'occasion
du ravitaillement de Paris. La
commission
des Election de la Seine est composée
de MM. Dubail, président, maire
du 10e,
Seveste, adjoint au maire du 16e,
etc ; se sont réunis
« à
l'Hôtel de ville, salle Saint-Jean,
à l'effet de procéder au
recensement
général des votes émis le 8 février
par les électeurs du département de
la
Seine, pour l'élection de
quarante-trois députés a l’Assemblée
nationale. » (…) « Les
procès-verbaux des sections
électorales ont
été examinés. Il a été fait lecture
du décret du 29 janvier 1871,
convoquant les
électeurs pour la nomination de
l’Assemblée nationale, ainsi que des
divers
autres décrets se rattachant aux
opérations électorales, et des lois
en
vigueur. Il a été ensuite procédé au
recensement général des votes,
dont les
résultats sont consignés au tableau
qui est demeuré ci-joint annexé,
avec cette
observation que le nombre des
électeurs inscrits du département de
la
Seine est
de 547.858, dont le huitième, exigé
par la loi du 15 mars 1849, pour
être élu,
est de 68.482. »
|
Votants
totaux :
328.970 ;
députés élus et voix
obtenues
: Louis Blanc. 216.530
Victor. Hugo 213.686.
Gambetta 202.399.
Garibaldi
200.23. Quinet 199.472.
Rochefort 165.67. Saisset
154.379. Delescluze
154.14.
Joigneaux 153.265.
Schoelcher 149.994. Félix
Pyat 145.872. Henri Martin
139.420. Pothuau 139.280.
Gambon 136.249. Lockroy
134.585. Dorian
128,480. Ranc
126,533. Malon. 117.483.
Brisso 115.594. Thiers
103.226. Sauvage
102.672.
Martin Bernard 102.366.
Marc Dufraisse 101.688.
Greppo 101.018.
Langlois
95.851. Frébault 95.322.
Clémenceau 95.144.
Vacherot 94.621. Floquet.
93.579.
Jean Brunet 91.914.
Cournet. 91.656 Tolain
89.132. Littré 87.868.
Jules
Favre.
81.722. Arnaud (de
l'Ariège) 79.955. Léon
Say. 76,675. Ledru-Rollin
75.784.
Tirard 75.207. Razoua
74.415 Ed. Adam. 73,245.
Millière 73.121. Peyrat
72,480.
Farcy 69,968.
Journal
Officiel,
du jour
|
| 18/02.
Auguste Vacquerie au sujet
de Garibaldi « Mais
savez-vous que c'est odieux,
ce que vous
avez fait
à Garibaldi! Lui à qui la
France avait pris sa ville
natale, il était
accouru
au danger de la France ; lui
que vous aviez empêché
d'entrer à Rome, il
avait
voulu empêcher les Prussiens
d'entrer à Paris ; lui sur qui
les
chassepots
avaient "fait merveille" à
Mentana, il avait eu la
générosité de
secourir ses assassins! Vous
l'aviez vu s'offrir tout
entier, risquer
plus que
sa vie, risquer son prestige
et sa gloire acquise dans un
effort déjà
impossible; son héroïsme
magnanime avait accepté les
conséquences de
l'incapacité de vos généraux;
il était venu faire quelque
chose de plus
grand
que de vous sauver, il était
venu périr avec
vous ! »
(Le Rappel,
du jour).
Les chemins de fer de l’Est
rétablissent le service aux
voyageurs entre Paris et
Argentan (départ à
7h02 et
arrivée à 12h48…). |
|

Garibaldi
et
ses fils en uniforme
|
|
Victor
Hugo à Paul Meurice
Bordeaux, 18 février.
Cher
Meurice,
voici ma première minute de
loisir,
elle est pour vous, pour Mme
Meurice, pour Auguste
Vacquerie. Ah! que
vous me manquez tous! Vous
manquez à mon coeur, vous
manquez à ma
conscience, vous manquez à
mon esprit. Jamais je n'ai
eu plus besoin de
vous qu'en ce moment où je
ne vous ai plus. Je ne sais
si cette lettre
vous parviendra. Le caprice
prussien est impossible à
prévoir aussi
bien qu'à limiter. Enfin,
nous voilà ici. Rude,
voyage. Victor vous l'a
décrit et vous l'a conté.
Arrivés à Bordeaux le 14 à 2
heures, pas de
logis, tous les hôtels
pleins ; à 10 heures du soir
nous ne savions pas
encore où nous coucherions.
Enfin nous sommes sous des
toits et même
chez des hôtes sympathiques.
Maintenant, de vous à
moi, la
situation est
épouvantable.
L'Assemblée
est
une Chambre introuvable;
nous y
sommes dans la proportion de
50 contre 700. C'est 1815
combiné avec
1851 (hélas! les mêmes
chiffres un peu
intervertis). Ils ont débuté
par refuser d'entendre
Garibaldi, qui s'en est
allé. Nous pensons,
Louis Blanc, Schoelcher et
moi, que nous finirons, nous
aussi, par là.
Il
n'y aura
peut-être de ressource
devant les
affreux coups de majorité
imminents, qu'une démission
en masse de la
gauche, motivée. Cela
resterait dans le flanc de
l'Assemblée et la
blesserait peut-être à mort.
Nous avons réunion de la
gauche tous les
soirs. Nous faisons, Louis
Blanc et moi, d'énormes
efforts pour la
grouper. Beaucoup d'entente
et une forte discipline nous
permettraient
peut-être de lutter. Mais
obtiendrons-nous cette
entente? Pas un
journal pour nous. Nous
sommes en l'air. Aucun
point, d'appui. Le
Rappel,
publié ici, rendrait
d'immenses services. Un de
vous devrait venir.
Pour juger cette situation,
il faut la voir. A Paris
vous ne vous en
doutez pas. Que je suis loin
de ces charmants jours de
votre
hospitalité. J'avais des
bombes au-dessus de la tête,
mais j'étais près
de votre coeur.
|
19/02.
A
l’Assemblée après des
remerciements et une brève
introduction, M. Thiers annonce la
formation
du
gouvernement : « Permettez-moi
de vous énumérer les noms,
les
attributions des collègues qui ont
bien voulu me prêter leur
concours :
M. Dufaure,
ministre de la justice ; Jules
Favre, ministre des affaires
étrangères ; M. Picard,
ministre de
l'intérieur ; M. Jules Simon,
ministre de l'instruction
publique ; M.
de Larcy, ministre des travaux
publics ; M. Lambrecht,
ministre du
commerce ; M. le général Le
Flô, ministre de la guerre ; M.
l'amiral
Pothuau, ministre de la marine. «
Dans
cette
énumération manque le
ministre des finances. Ce choix est
déjà arrêté dans la pensée du
conseil ; mais l'honorable
membre auquel sera attribué ce
département
n'étant point encore à Bordeaux, je
n'ai pas cru devoir livrer son nom
à la
publicité. Vous avez remarqué sans
doute que je ne me suis chargé
d'aucun
département ministériel, afin
d'avoir plus de temps pour ramener à
une
même
pensée, entourer d'une même
vigilance toutes les parties du
gouvernement de la
France. Sans vous apporter
aujourd'hui un programme de
gouvernement, ce
qui est
toujours un peu vague, je me
permettrai de vous présenter
quelques
réflexions
sur cette pensée d'union qui me
dirige, et de laquelle je voudrais
faire sortir
la reconstitution actuelle de notre
pays. »
André
Léo au sujet de Benoît
Malon adresse un
article élogieux : «
Je
vous donne les renseignements que
vous désirez sur Benoît
Malon, avec d'autant plus
d'empressement que j'apprends qu'il
est en ce
moment
même l'objet d'ignobles attaques.
L'année dernière déjà, dans le
Rappel, j'ai
proclamé toute mon estime pour lui ;
je serai heureuse qu'une nouvelle
voix
s'élève pour le venger de ceux
qu'offusquent nécessairement de
nobles
et
simples droitures comme la
sienne. »
(Le
Rappel, du jour)
|
Victor
Hugo à Paul Meurice
Bordeaux, le 19 février.
J'ajoute
quelques
lignes en hâte. Vous savez
que le
peuple de Bordeaux m'a fait,
le lendemain de mon arrivée,
une ovation
magnifique. Cinquante mille
hommes dans la Grande Place
ont crié : « Vive
Victor Hugo!
» Le lendemain, l'Assemblée
a fait garder militairement
la Grande Place
par de l'infanterie, de la
cavalerie et de
l'artillerie. Comme j'avais
crié : « Vive la
République ! » et que
le peuple avait
multiplié ce cri par
cinquante mille bouches,
l'Assemblée a tremblé.
Elle s'est déclarée insultée
et menacée. Cependant je
n'ai pas soulevé
d'incident, je me réserve
pour le jour décisif.
C'est
l'avis
de la réunion de la gauche,
où siègent
Louis Blanc, Schoelcher,
Joigneaux, Martin-Bernard,
Langlois, Lockroy,
Gent, Brisson, etc., et qui
m'a nommé son président.
Hier, on a agité
des questions très graves :
le futur traité
Thiers/Bismarck,
l'intolérance inouïe de
l'Assemblée, lé cas probable
d'une démission en
masse. On croit l’Assemblée
capable de ne vouloir
entendre aucun
orateur de la gauche sur le
traité de paix. Il va sans
dire que je
remplirai là les suprêmes
devoirs. Ce matin, le
président du Cercle
national de Bordeaux est
venu mettre ses salons à ma
disposition. La
sympathie de la ville pour
moi est énorme. Je suis
populaire dans la
rue et impopulaire dans
l'Assemblée. C'est bon. Et
je vous serre dans
mes bras.
|
20/02 :
Le
général Jules
Trochu demande sa mise en
disponibilité, et refuse le grade de
maréchal
et la
décoration qui lui sont proposés par
Thiers. Après son dernier échec de sortie
en direction de Versailles (bataille
de Buzenval), il tire le constat
des échecs face aux Prussiens de
manière retentissante, et sa
popularité a fondu comme neige au
soleil. Victor Hugo écrira en juin :
« Trochu, participe passé du
verbe trop choir ».
21/02.
En première
page du Journal
des Débats
du jour, il est
annoncé le
retour à Paris de M. Thiers et de
son ministre de l’intérieur et
précise que
« le ministre des affaires
étrangères a
écrit à M. de Bismarck que M. Thiers
se rendrait, aujourd'hui à
Versailles pour
conférer avec lui. A ce propos, un
journal du soir assure que le
Moniteur
prussien de Versailles attaque
vivement le nouveau chef du pouvoir
exécutif, en
déclarant que la Prusse, loin de
songer à faire à la France des
conditiions en direction de
Versailles de
paix plus douces que celles dont il
a été question au début, serait
plutôt
disposée a les aggraver. Si le fait
était vrai, il faudrait en conclure
que la
Prusse est mécontente de voir le
gouvernement entre les mains de M.
Thiers.
Mais alors dans quelles mains
fallait-il le remettre? »
A Berlin sont publiés des rapports
officiel,
selon l’agence Havas
et ils
créditent : « les pertes
totales des Français s'élèvent,
en
janvier, à 350.000 hommes avec 860
pièces d'artillerie de campagne.
Dans ce
chiffre sont compris 24.000 hommes
da Chanzy, 12.000 de Roye, 10.000 de
Faidherbe et 30.000 de Bourbaki. Ne
sont pas compris les 80.000 qui se
sont
retirés en Suisse, mais bien les
150.000 qui se trouvent à Paris. La
perte
totale, en janvier, des Allemands,
s'élève à 10.000 hommes. »
22/02
Le Journal
Officiel informe
que
M. Thiers a passé la journée avec M.
Otto
Bismarck à Versailles et l’armistice
est prorogée jusqu’au 26. A Paris
est affiché une déclaration du maire
de Paris, Jules Ferry : « L’Administration
du
Chemin de fer du Nord,
généreusement et patriotiquement
inspirée, a
voulu faire à la population
parisienne une part dans les
approvisionnements de combustibles
qui lui arrivent journellement…
Elle
a cédé au Gouvernement une
certaine quantité de Charbon de
terre, qui
permettra de satisfaire à des prix
plus modérés que ceux que
détermine
la rareté de la matière, aux
besoins les plus pressants des
services
publics et de l’industrie. La
Mairie de Paris s’est chargée de
la
distribution… »
23/02.
Le Times
reçoit de
Versailles dans la soirée le
télégramme suivant : « M. de
Bismarck a
déclaré qu'il ne consentirait à une
nouvelle prorogation de
l'armistice,
demandée par les Français que si la
paix était conclue. Si les
conditions ne
sont pas acceptées, les hostilités
reprendront dimanche à minuit.
Cependant, si
la paix parait probable, un délai
pourrait être accordé. Les batteries
des
forts ont été tournées contre Paris. »
Selon
le Journal des Débats,
les
membres de l'Assemblée du parti
légitimiste ont formé un groupe de
220
députés
inscrits et la gauche « est
divisée en deux fractions,
comprenant
l'une cent et l'autre cinquante
membres ».
Du
Préfet de police au président du
gouvernement, ministre de
l'intérieur et
Général en chef et maire de
Paris : « Il a
été
décidé hier
dans les clubs que de grandes
manifestations auraient lieu sur la
place
de la
Bastille. Je fais consigner la garde
républicaine. »
24/02 :
Dans la
capitale, au Wauxhall-Tivoli
(10e), une assemblée générale est
organisée des gardes nationales
parisiennes
(GNP) et deux motions sont adoptées,
l’une porte sur le refus de rendre
les
armes et l’autre sur le rejet de la
capitulation devant les Prussiens.
2.000
personnes sont présentes et
soutiennent l’idée d’une Fédération,
qui
est
vivement soutenue par les présents, et
sont à l’unanimité adoptés des
statuts
par les délégués, plus une motion
refusant toute forme de désarmement
et
jusqu’à l’usage de la force si
nécessaire. Le Comité central est
enfin
sur les
rails… Il se tient aussi une grande
manifestation à la Bastille
auxquels les
participants se joignent.
25/02.
Les dépêches du
Préfet de
police au président du gouvernement à
diverses autorités, une première
dépêche
est envoyée à midi 35 minutes :
« Les groupes persistent,
mais peu
nombreux et plutôt composés de
curieux. La situation est toujours
exploitée
contre les gardiens de la paix. Les
comptes-rendus des clubs d'hier
soir sont
fort mauvais. »
A 2 heures
de l’après
midi : « Les
manifestations s'accentuent dans un
mauvais
sens, on poursuit et maltraite les
femmes bien vêtues, les sergents de
ville
sont obligés de se cacher. Il faut
prendre ses précautions. »
45 minutes après : « La
foule
a
grossi à la Bastille, on compte
trois mille personnes en armes ;
députations
nombreuses déposant des couronnes.
(Numéros des bataillons : 206e, 65e
et 137e). »
Le
général Callier depuis la Bastille
décide
de ne pas intervenir.
|
Le
Préfet de
police à 3 heures 17
minutes envoie cette
nouvelle
appréciation :
« La
foule est toujours
assez
nombreuse. Beaucoup de
curieux. On voit un
certain nombre d'uniformes
militaires. Les
députations de la garde
nationale se succèdent
toujours
sur la
place, quelques compagnies
en corps et tambours en
tète. On signale
comme ayant
pris part à la
manifestation trente
hommes et un clairon
portant un
uniforme
semblable à celui des
chasseurs à pied et ayant
sur leurs képis le
numéro 137.
Quelques discours, cris de
: Vive la ligne ! Vive la
République ! A bas
les
traîtres ! »
Trois quart d'heure
après :
« Les
journaux avancés du matin
contiennent une
convocation de
la garde mobile de la
Seine pour aujourd'hui 2
heures, place
Saint-Vincent de
Paul, à l'effet de se
rendre à la
Bastille. »
A 6 heures du soir :
« La
foule est toujours
considérable place de la
Bastille. Les députations
continuent à
apporter des
couronnes. Deux mille
mobiles de la Seine ont
défilé, précédés de deux
fourriers portant une
grande couronne noire. La
foule crie : Vive la
mobile !
Vive la République ! »
50
minutes après :
« Toujours
même foule ; à chaque
couronne
déposée, des clairons de
la garde nationale sonnent
aux champs, et on
crie :
Vive la République ! »,
etc.
Et à 9
heures 45 minutes du
soir : « La
place de la
Bastille se
vide peu à peu. La
manifestation tourne à la
parade et paraît exciter
peu à peu
le dégoût des assistants. »
Les
prussiens
à Paris et le 18 mars,
C.
Yvriarte
|

Photo de soldats de la garde
nationale pendant le siège
Dimanche
26/02. A
Versailles les
préliminaires de paix sont signés. (Le
traité définitif sera signé à
Francfort
le 10 mai). Le préfet de Police après
avoir adressé une première
dépêche à 11
heures 47 du matin signalant peu de
monde place de Bastille, une heure
après : « La foule
augmente depuis onze heures place de
la
Bastille. Toujours les mêmes
détachements de la garde nationale,
les
mêmes
couronnes. Rien d'hostile, on
remarque des marins dans la cohue.
(L'un
d'eux
vient de couronner le génie de la
Liberté.) On a arboré le drapeau
rouge. »
Puis, il est
annoncé qu’un agent a été pris par
des
manifestants et jeté à l’eau. A cinq
heures du soir, place Wagram une
foule
résolue et calme décide de ne pas
laisser les canons à l’ennemi, des
soldats de
divers bataillons commencent après
quelques bousculades avec leurs
gardiens à
embraquer les pièces d’artillerie.
Pendant qu’à la Bastille la
manifestation
s’amplifie, à 6 heures trente du
soir, l’on signale l’arrivée de
canons
sur la
place tirés par des hommes, une
demi-heure après il est question
d’ « une levée en
masse ».
A
Belleville à neuf du soir, il
est
signalé
une forte mobilisation de
bataillons en arme, 2.000 hommes
sont
réunis
boulevard de Belleville et le mot
d’ordre est de se rendre place du
Château
d’Eau (descente présumée du
faubourg du Temple). Le Préfet de
Police à
M.
Thiers, etc, « On
vient d'enlever les canons du parc
de
la
Muette, on les traîne au Trocadéro
et au champ de Mars. La réunion de
la
Marseillaise (le
journal)
a
résolu d'opposer la force à
l'entrée des Prussiens, elle
attend des
ordres du
Comité central de la rue de la
Corderie. »
Le
Général Callier à M. Thiers, etc,
« Les bataillons se
rassemblent en armes et disent
vouloir s'opposer à l'entrée des
Prussiens.
L'animation est grande, le
mouvement essentiellement
patriotique et
uniquement
dirigé contre l'ennemi. La
prolongation de l'armistice
suspendra ce
mouvement ;
mais il est certain qu'il se
reproduira si les Prussiens
doivent entrer
dans
Paris. N'y a-t-il pas là un danger
véritable, et n'y aurait-il pas
lieu
d'en
tenir compte dans les
négociations? »
(Les prussiens à Paris
et le 18 mars,
C. Yvriarte)
Dans la nuit
libération de la prison Sainte
Pélagie d’Antoine Brunel et Joseph
Piazza
(fusillé le 24 mai), comandants de
bataillon des gardes parisiennes.
|
Texte
de
la convention dite du
26 février 1871, publiée
au Journal
officiel du
lendemain
:
PROLONGATION
DE
L'ARMISTICE :
Entre les soussignés
(Bismarck, Thiers
et
Favre), munis des pleins
pouvoirs de l'Empire
d'Allemagne et de la
République
française, la convention
suivante a été conclue.
-
ARTICLE Ier.
Afin
de
faciliter
la ratification des
préliminaires de paix
conclus aujourd'hui
entre
les soussignés,
l'armistice stipulé par
les conventions du 28
janvier
et du 15
février dernier est
prolongé jusqu'au 12 mars
prochain.
-
ARTICLE II.
La prolongation de
l'armistice ne s'appliquera
pas à
l'article IV de la
Convention du 28 janvier,
qui sera remplacé par la
stipulation suivante, sur
laquelle les soussignés sont
tombés d'accord
: La
partie de la ville de Paris,
à l'intérieur de l'enceinte
comprise entre
la
Seine, la rue du Faubourg
Saint-Honoré et l'avenue des
Ternes, sera
occupée par
des troupes allemandes, dont
le nombre ne dépassera pas
trente mille
hommes. Le
mode d'occupation et les
dispositions pour le
logement des troupes
allemandes
dans cette partie de la
ville seront réglées par une
entente entre deux
officiers supérieurs des
deux armées, et l'accès en
sera interdit aux
troupes
françaises et aux gardes
nationales armées pendant la
durée de
l'occupation.
-
ARTICLE III.
Les troupes allemandes
s'abstiendront à
l'avenir de
prélever des contributions
en argent dans les
territoires occupés. Les
contributions de cette
catégorie dont le montant ne
serait pas encore
payé
seront annulées de plein
droit ; celles qui seraient
versées
ultérieurement,
par suite d'ignorance de la
présente stipulation,
devront être
remboursées. Par
contre, les autorités
allemandes continueront à
prélever les impôts de
l'État
dans les territoires
occupés.
-
ARTICLE IV.
Les deux parties
contractantes conserveront
le
droit de
dénoncer l'armistice à
partir du trois mars selon
leur convenance, et
avec un
délai de trois jours pour la
reprise des hostilités, s'il
y avait lieu.
Fait et
approuvé à Versailles, le 26
février 1871.
|
27/02.
Pas de réunion
de
l’Assemblée à Bordeaux ce jour et la
gauche radicale tente de se mettre
d’accord sur le refus de céder une
partie du territoire, ne permettant
pas aux
fractions de s’entendre, à l’issue de
la rencontre Léon Gambetta
demande
d’attendre le résultat des
négociations, et M. Thiers est attendu
dans
la nuit
dans la capitale girondine. A
Paris, à une heure 30 minutes du
matin,
le Préfet
au Président du gouvernement,
etc. : « Les gardes
nationaux se
réunissent toujours au square du
Temple et se dirigent par petits
groupes vers
les Champs-Elysées. Le but du
mouvement est toujours d'empêcher
l'armée
ennemie
d'entrer dans Paris. »
Du
ministre
de la marine au Président, etc.
à 4 heures 30 minutes matin : « Trois
mille
hommes rassemblés sur la place de
la Concorde et venus par le
boulevard
de la Madeleine et la rue Royale
montent les Champs-Elysées et
marchent
en bon
ordre ; ils poussent le cri de
Vive la République ! Il n'y
a
rien de menaçant
dans leur allure, mais on sent
qu'il y a évidemment organisation. »
Le Préfet à diverses
autorités :
« J'apprends par un
exprès que Sainte-Pélagie est
attaquée ; on
est en train d'enfoncer les
portes. Le poste ne résiste
pas. »
A 5 heures 25 minutes du
matin :
« Le
factionnaire de la caserne de la
Cité vient de voir passer à peu
près
huit
cents gardes nationaux armés ; ils
emmènent avec eux les prisonniers
de
Sainte-Pélagie, dont je viens de
vous annoncer l'attaque. Le
mouvement
s'étend
sur la rive gauche. Une prise
d'armes a eu lieu dans le 5e
arrondissement ; les
gardes armés se sont portés sur le
13e arrondissement. »
Le
Préfet au général en chef, à 7
heures du
matin : « Le
général commandant le 2e secteur
est fait
prisonnier dans son secteur ; on a
coupé les fils télégraphiques ;
les
gardes
nationaux, partout où ils se
présentent, invoquent le même
prétexte :
ils veulent
des cartouches pour s'opposer à
l'entrée des Prussiens. »
Le général commandant le 4e
secteur au
général en chef à 9 heures 25
minutes : « Des
gardes
nationaux
viennent de remonter les pièces du
bastion 36 sur leurs
affûts et
réarment le rempart. Six pièces
viennent d'être mises en batterie
devant la
porte de la Chapelle. On insulte
les factionnaires des poudrières,
on
les
violente et on leur demande de
livrer les clefs. »
Le général commandant le 5e
secteur au commandant en chef, à
11 heures matin : « L'enlèvement
des pièces
continue ; le
fait se passe sans violences : les
postes d'artillerie de la garde
nationale
sont de connivence ; on n'a pas la
force nécessaire pour s'opposer
aux
envahissements. Depuis hier, cinq
bataillons de garde nationale du
secteur ont
été convoqués : aucun n'a répondu. »
Le
général commandant le 4e secteur
au commandant en chef, 15 minutes
après : « Je
ne puis employer que la
persuasion pour
arrêter l'excès de zèle des gardes
nationaux. Je n'aurais pas, du
reste,
d'autres moyens à ma disposition.
Le 129e bataillon s'est dispersé
tranquillement. »
Le
Préfet de police
au Président du gouvernement à
11 heures 55 minutes matin :
« L'entrée
des Prussiens dans Paris exaspère
la population. Place des Vosges,
on
semble
disposé à une insurrection. »
Le Major
de place au 7e secteur à une heure
de l’après-midi : « Sur
l'ordre
du général en chef, je commande
les 15e et 17e bataillons pour
les
mettre à la disposition du
Président du pouvoir exécutif au
ministère
des
affaires étrangères. »
Une
demi-heure
après un échange du ministre de la
marine au ministre des affaires
étrangères : « Des
groupes nombreux de gardes en
armes se
forment sur la place de la
Concorde. Le bataillon qui garde
le
ministère de la
marine n'est plus réuni. Le
Président du pouvoir exécutif
est-il en
sûreté? »
Le Préfet de
police au
général Callier, trente minutes
plus tard : « Les
bataillons
continuent leur mouvement par le
boulevard Richard-Lenoir,
les
boulevards des Amandiers et de
Ménilmontant, celui du
Prince-Eugène. Il
y en a
déjà d'arrivés à la hauteur de
l'Arc de triomphe. Ils montrent le
plus
grand
acharnement contre les sergents de
ville ».
Au
sein de l’état-major militaire,
une information précise que
quatre
officiers de la garde nationale
sont
venus
sans troupe : « avec
la note suivante : -
Comité
central de la garde nationale. -
Le capitaine Dehoux, de la 4e du
87e,
rassemblera immédiatement la
compagnie pour aller prendre au
Ranelagh,
à Passy,
les canons qui y sont. »
Du
ministère
de l’Intérieur au général en
chef et au préfet de police à 1
heure 30
minutes
de l’après-midi :
« On me signale
tentatives de
pillage sur
ateliers Warral Midgleton, avenue
Trudaine, n°9. Les canons en
magasin
sont le
prétexte. »
Le général
commandant du
5e secteur au général Vinoy, au
Louvre, quarante minutes
après :
« Toutes
les pièces de 7 qui restaient ce
matin au parc de la place Wagram
ont
été
enlevées
il y a une heure
par notre
artillerie et transportées aux
Invalides ; mais des gardes
nationaux
appartenant à toute espèce de
bataillons, surexcités par des
meneurs,
se
présentent de nouveau pour
enlever ou briser les caissons,
et je n'ai
pas de
moyen de m'opposer. Je regrette
que le bataillon du 35e ait été
si vite
retiré
ce matin de son poste du parc
Wagram. »
Secrétaire
général
préfecture
de police à préfet de police, aux
affaires étrangères à 2 heures 55
: « Une
foule de deux mille personnes, rue
Turbigo, escortait une voiture
contenant
trois individus reconnus pour être
des sujets prussiens ; on criait :
A
l'eau !
et on avait réellement l'intention
de se défaire d'eux, car on les
conduisait
sur le quai Valmy. Un officier du
107e bataillon s'est opposé ; il a
proposé de
les conduire place de la Corderie
du Temple, au Comité central, pour
être
jugés. La foule les a entraînés de
ce côté. »
Le Secrétaire général au préfet
police, et aux affaires
étrangères : « Trois
canons
sont amenés par des femmes sur la
place de la mairie, à
Montmartre,
quatre autres dans la rue
Legendre. Des gardes mobiles de
Paris,
officiers en
tête, ont passé sur le boulevard
de Clichy avec quatre pièces de
canon,
se
dirigeant sur le centre de Paris.
Le 61e et le 123e bataillon de
Montmartre
sont partis pour Passy avec armes
et cartouches. Le 129e bataillon a
destitué
son commandant, qui résistait, et
en a nommé un autre. Les
arrestations
arbitraires continuent. Barberet
occupe la mairie du 18e
arrondissement
à midi
et demi, avec des hommes du 79e
bataillon. Le 132e se dirige vers
la
Bastille
avec ses canons et l'état-major en
tète ».
Préfet
de police à Président du
conseil, au général en chef, un
peu plus de
deux heures après :
« Quinze cents
mobiles de
la Seine,
d'autres disent trois mille,
convoqués par le Vengeur rue
Lafayette, se
sont
rendus de là à la Bastille
clairons en tête, pour défiler
autour de la
colonne.
Peu d'officiers, abstention de
quelques sous-officiers et
caporaux. Ils
doivent
aller à l'École militaire délivrer
les marins, et à la caserne de la
Pépinière. »
Ministère
de l’Intérieur au général en
chef
, dépèche de 5 heures 35
minutes : « Les
gardes
nationaux
qui ont occupé la gare de la
Chapelle font rétrograder les
trains ; ils
les
fouillent et font des
arrestations. »
Ministère de la Marine au général
Vinoy, trente minutes après :
« Les
mobiles de Paris ont forcé la
caserne de la Pépinière et
cherchent à
entraîner
les matelots vers la place de la
Bastille. J'écris au commandant de
faire tout
son possible pour retenir nos
matelots ; mais je ne dispose
d'aucune
force. »
Préfet
police, aux ministres, au
général en
chef, etc. à 6 heures 52
minutes : « Neuf
canons
ou
mitrailleuses sont en batterie sur
la place du Château-Rouge, tournés
vers les
remparts et gardés par des gardes
nationaux et des artilleurs de la
garde
nationale, et des soldats du 110e
de ligne. Les officiers sont
partis
pour
chercher des munitions boulevard
Ornano et dans les rues
adjacentes. »
(Les
prussiens
à Paris et le 18 mars,
C.
Yvriarte)

Défilé
des troupes d'occupation sur les
Champs Elysées le 28 février
1871
Mardi
28/02. Pendant
la nuit du 27 au
28 il y a beaucoup d’agitation à
Paris, il existe une forte
concentration aux
alentours des Champs Elysées et l’on
s’attend à l’entrée imminente de
l’armée
prussienne. Du général commandant du
3e secteur au général Vinoy, une
dépêche à
une heure 10 minutes du matin :
« M. Frey, ingénieur
mécanicien,
impasse Rebeval, 23, a six
mitrailleuses et un petit canon en
magasin.
Il est
menacé à son tour. Quelle réponse
lui faire? »
Réponse du général Vinoy 10 minutes
après : « Enlevez
les manivelles! »
(sic).
Dans certains
quartiers, le tocsin est sonné,
pendant que 15.000 gardes nationales
de
Belleville, La Chapelle,
Ménilmontant, Montmartre, Montrouge,
etc., se
dirigent
vers le palais de l’Industrie, puis
se rendent place Wagram où se
trouve
« un immense parc
d’artillerie ». A l’annonce de
la nouvelle
de la
signature parvenant dans la capitale
tout se calme selon le Journal
des
Débats
et les pièces
d’artillerie sont
depuis hors d’atteintes des armées
d’occupation. Édition de l’Affiche
Noire
du comité provisoire des
Gardes
nationales qui demande à ne pas
manifester contres les troupes
allemandes.
Le
Préfet
de police à 12 heures 40
minutes : « La
réunion
de
la Marseillaise, contenant quatre
mille personnes, vient de se
terminer. Les
résolutions suivantes y ont été
arrêtées : - On se rendra d'abord
place
des
Vosges, convertie en parc
d'artillerie, pour garder les
canons ; on
s'assurera
des portes de Paris et s'emparera
ce matin à six heures de l'hôtel
de
ville et
de la préfecture de police. Un
sieur Darras est nommé général en
chef.
Les
assistants se sont séparés pour
aller prendre leurs armes ; un
sieur
Digoux a
promis de rapporter immédiatement
vingt mille cartouches. On formera
un
comité
de salut public dans le 19e
arrondissement, et il servira de
modèle aux
autres,
qui fonctionnent sous la direction
d'un comité central. »
Le secrétaire général de la
préfecture de
police, au Préfet, aux Affaires
étrangères à 3 heures 25
minutes :
« Les
gardes nationaux du 12e
arrondissement prennent les armes;
le 73e a
formé les
faisceaux sur l'avenue Daumesnil.
Les hommes prétendent avoir reçu
mission de
rétablir l'ordre et de s'opposer à
l'entrée des Prussiens dans
l'arrondissement. Ces gardes
nationaux prétendent avoir trouvé
à la
gare de
Lyon trente et un canons cachés.
On signale, rue de l'École, puis
rue
Mazarine,
des passages de forts détachements
de gardes nationaux, marins,
mobiles
; ils
crient "Aux armes!". Vingt-quatre
pièces d'artillerie traînées par
des gardes nationaux sont passées
dans la rue de Grenelle
Saint-Germain. Les
concierges des rues du faubourg du
Temple sont prévenus que les
gardes
nationaux viendront pendant la
nuit chercher, de gré ou de force,
les
hommes
valides pour les contraindre à
marcher. A Montmartre les
barricades
s'élèvent ;
grand mouvement de canons. On
visite toutes les gares, on enlève
les
dépôts de
fusils des différents corps
constitués au moyen des employés. »
A la gare de l'Est il est
constaté de même
des infractions...
Le
Préfet de police au général
Vinoy, à
6 heures du
soir : « Les
poudrières du Panthéon sont-elles
gardées?
Plusieurs avis disent qu'elles
sont menacées comme les autres
dépôts de
munitions de Paris. »
Le
général
Hubert Callier, au
général Vinoy,
10 minutes après : « J'ai
la satisfaction de vous
annoncer que
les trois millions de cartouches
que j'avais dans mes poudrières
sont
complètement transportées au
Panthéon. »
Le
général commandant le 4e secteur
au général 15 minutes après :
« Plusieurs
bataillons du 18e arrondissement
ont le projet de relever cette
nuit le
poste
de la mairie de cet
arrondissement, fort de
quatre-vingts hommes, et
d'employer
la violence en cas de refus. Le
chef du poste paraît disposé à se
défendre, il
demande des cartouches et du
renfort. Faut-il entrer dans cette
voie?
Je ne
pourrais du reste disposer que des
compagnies de ce bataillon; on ne
peut
nullement compter sur les autres
bataillons en cette circonstance. »
Le
Commissaire de la gare du Nord
au
Préfet
de police, à 6 heures 35
minutes : « La
Compagnie
m'informe
que demain, à six heures, des
piquets du 125e bataillon seront
postés
aux
portes de la gare de la Chapelle
pour fermer aux ouvriers (onze
cents)
l'entrée
des ateliers, et sans doute pour
entraîner ces derniers avec eux. »
Le Maire de Paris au ministère de
l’Intérieur, etc., au même moment
: « Le service de
la
voie
publique m'informe officiellement
que les gardes nationaux du 18e
arrondissement ont construit
plusieurs barricades boulevard
Ornano,
d'autres
entre la rue Myrrha et la rue
Labat, rue Dejean, place du
Château-Rouge,
fermant la rue Custine et la rue
Poulet ; une cinquantaine de
bouches à
feu
sont placées entre les barricades
et dans les terrains Versigny, rue
Poteau-Brémond, boulevard Ornano,
rue Levis, rue Dejean. »
Du secrétaire général préfet de
police
au préfet,
etc. : « Des
gardes nationaux armés viennent de
se
présenter à la porte du boulevard
du Palais, demandant qu'on leur
remette les
mitrailleuses. Le poste de la
garde républicaine a croisé la
baïonnette. Nous
prenons nos mesures de défense. »
(Les
prussiens
à Paris et le 18 mars,
C.
Yvriarte)
Un
certain nombre de journaux
légalistes
refuseront de publier le
lendemain face à l’occupation de
Paris, le Journal des
Débats
suspend deux numéros avant de
republier
le vendredi
3 mars. Lire aussi l'annonce du
gouvernement sur l'occupation de
la
capitale à partir du 1er mars dans
les documents annexes.
Dans
cette lutte contre la
Prusse, l'essor du peuple a
été constamment réprimé par
ses maîtres. Il
n'a pu
rien faire que se faire tuer
obscurément et inutilement.
G. Flourens, Paris livré,
épilogue, page 224
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Documents
et annexes
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PROTOCOLE du 28
janvier 1871 : DÉSARMEMENT DE PARIS
Lignes
de démarcation des deux
armées. Reddition des forts et des redoutes.
Remise de l'armement et du
matériel.
Article
1er. Lignes de
démarcation devant Paris. Les
lignes de démarcation seront formées du côté
français par l'enceinte de
la
ville. Du côté allemand, 1° sur le front
sud : la ligne partant de
la
Seine, à l'extrémité nord de l'île
Saint-Germain, longera l'égout
d'Issy et
continuera entre l'enceinte et les forts
d'Issy, de Vanves, de
Montrouge, de
Bicêtre, d'Ivry, en se tenant à une distance
d'environ cinq cents
mètres des
fronts des forts, jusqu'à la bifurcation des
routes de Paris au
Port-à-l'Anglais et d'Alfort.
2°
Sur le front est : Depuis
le dernier point indiqué, la ligne traversera
le confluent de la Marne
et de la
Seine, longeant ensuite les lisières de
l'ouest et du nord du village
de
Charenton pour se diriger directement à la
porte de Fontenay en passant
par le
rond-point de l'obélisque. Puis la ligne se
dirigera vers le nord
jusqu'à un
point à 500 mètres à l'ouest du fort de Rosny
et au sud des forts de
Noisy et
de Romainville, jusqu'à l'endroit où la route
de Pantin touche au bord
du canal
de l'Ourcq. La garnison du château de
Vincennes sera d'une compagnie de
deux
cents hommes et ne sera pas relevée pendant
l'armistice.
3°
La ligne continuera jusqu'à
500 mètres au sud-ouest du fort
d'Aubervilliers le long de la lisière
sud du
village d'Aubervilliers et du canal
Saint-Denis, traversant ce dernier
à 500
mètres au sud de la courbe, gardant une
distance égale au sud des ponts
du
canal et se prolongeant en droite ligne
jusqu'à la Seine.
4°
Sur le front ouest : A
partir du point où la ligne indiquée touche à
la Seine, elle en longera
la rive
gauche en amont jusqu'à l'égout d'Issy. De
légères déviations de cette
ligne
seront permises aux troupes allemandes autant
qu'elles seront
nécessaires pour
établir leurs avant-postes de la manière
qu'exige la sûreté de l'armée.
Art.
2. Passage de la ligne de
démarcation.
Les personnes qui
auront
obtenu la permission de franchir les
avant-postes allemands ne pourront
le
faire que par les routes suivantes : Route
de Calais. Lille. Metz.
Route de
Strasbourg, porte de Fontenay. Bâle.
Antibes. Toulouse. Puis enfin sur
les
ponts de la Seine, comprenant celui de
Sèvres dont la reconstruction
est
permise. Pont de Neuilly. Asnières. Sèvres.
Saint-Cloud.
Art.
3. Reddition des forts et
redoutes. La reddition s'opérera dans la
journée du 29 janvier 1871, à
partir
de 10 heures du matin, et de la manière
suivante : Les troupes
françaises
auront à évacuer les forts et le territoire
neutre, en laissant dans
chacun des
forts le commandant de place, le garde du
génie, le garde d'artillerie
et le
portier consigne. Aussitôt après l'évacuation
de chaque fort, un
officier de
l'état-major français se présentera aux
avant-postes allemands, afin de
donner
les renseignements qui pourraient être
demandés sur ce fort, ainsi que
l'itinéraire à suivre, afin de s'y rendre.
Après la prise de possession
de
chaque fort et après avoir donné les
renseignements qui pourront lui
être
demandés, le commandant de place, le garde du
génie, le garde
d'artillerie et
le portier consigne rejoindront à Paris la
garnison du fort.
Art.
4. Remise de l'armement et
du matériel. Les armes, pièces de campagne et
le matériel seront remis
aux
autorités militaires allemandes dans un délai
de quinze jours, à partir
de la
signature de la présente convention, et
déposés, par les soins des
autorités
françaises, à Sevran. Un état d'effectif de
l'armement et du matériel
sera
remis par les autorités françaises aux
autorités allemandes avant le 4
février
prochain. Les affûts des pièces qui arment les
remparts devront être
également
enlevés avant celle époque. Versailles, 26
janvier.
Le
chef d'état-major général de
l'armée de Paris, DE VALDAN. Le chef
d'état-major général des armées
allemandes, DE MOLKTE.
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PROLONGATION
DE
L'ARMISTICE : 26 février 1871
Entre
les soussignés munis des
pleins pouvoirs de l'Empire d'Allemagne et de
la République française,
la
convention suivante a été conclue :
Article
1er. Afin de faciliter la
ratification des préliminaires de paix conclus
aujourd'hui entre les
soussignés, l'armistice, stipulé par les
conventions du 28 janvier et
du 15
février dernier, est prolongé jusqu'au 42 mars
prochain.
Art.
2. La prolongation de
l'armistice ne s'appliquera pas à l'article IV
de la convention du 28
janvier
qui sera remplacé par la stipulation suivante,
sur laquelle ; les
soussignés
sont tombés d'accord. La partie de la ville de
Paris, à l'intérieur de
l'enceinte, comprise entre la Seine, la rue du
faubourg Saint-Honoré et
l'avenue des Ternes, sera occupée par des
troupes allemandes dont le
nombre ne
dépasser et, pas trente mille hommes. Le mode
d'occupation et les
dispositions
pour le logement des troupes allemandes dans
cette partie de la ville,
seront
réglés par une entente entre deux officiers
supérieurs des deux armées,
et
l'accès en sera interdit aux troupes
françaises et aux gardes
nationales armées
pendant la durée de l'occupation.
Art.
3. Les troupes allemandes
s'abstiendront à l'avenir de prélever des
contributions en argent dans
les
territoires occupés. Les contributions de
cette catégorie. dont le
montant ne
serait pas encore payé, seront annulées de
plein droit ; celles qui
seraient
versées ultérieurement par suite d'ignorance
de la présente
stipulation,
devront être remboursées. Par contre, les
autorités allemandes
continueront à
prélever les impôts de l'État dans les
territoires occupés.
Art.
4. Les deux parties
contractantes conserveront le droit de
dénoncer l'armistice à partir du
trois
mars, selon leur convenance et avec un délai
de trois jours pour la
reprise des
hostilités s'il y avait lieu.
Fait
et approuvé à Versailles, ce
26 février 1871, V. BISMARCK. A. THIERS,
JULES FAVRE.
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Préliminaires
du TRAITÉ DE
PAIX : 26 février 1871
Le
chef du pouvoir exécutif de la
République française propose à l'Assemblée
nationale le projet de loi
dont la
teneur suit : L'Assemblée nationale, subissant
les conséquences de
faits dont
elle n'est pas l'auteur, ratifie les
préliminaires de paix dont le
texte est
ci-annexé et qui ont été signés à Versailles,
le 26 février 1871, par
le chef
du pouvoir exécutif et le ministre des
affaires étrangères de la
Répuque
française, d'une part ; Et, d'autre part, par
le chancelier de l'Empire
germanique, M. le comte Otto de
Bismarck-Schonhausen; le ministre
d'État et des
affaires étrangères de S. M. le roi de
Wurtemberg, et le ministre
d'Etat
représentant S. A. R. le grand-duc de Bade ;
Et autorise le chef du
pouvoir
exécutif et le ministre des affaires
étrangères à échanger les
ratifications.
Le
chef du pouvoir exécutif de la
République française, A. THIERS. Pour le
ministre des affaires
étrangères absent,
J. DUFAURE. Délibéré en séance publique, à
Bordeaux, le premier mars
mil huit
cent soixante et onze. Le président : Jules
GRÉVY. Les secrétaires : DE
BARANTE, N. JOHNSTON, CASTELLANE.
Teneur
des préliminaires de
paix, dont lecture a été faite à l'
Assemblée nationale et dont
l'instrument
authentique reste déposé aux archives du
ministère des affaires
étrangères.
Entre
le chef du pouvoir exécutif
de la République française, M. Thiers, et le
ministre des affaires
étrangères,
M. Jules Favre, représentant la France, d'un
côté, Et, de l'autre part,
le
chancelier de l'Empire germanique, M. le comte
Otto de
Bismarck-Schonhausen,
muni des pleins pouvoirs de S. M. l'Empereur
d'Allemagne, roi de
Prusse; Le
ministre d'État et des affaires étrangères de
S. M. le roi de Bavière,
M. le
comte Otto de BraySteinburg; Le ministre des
affaires étrangères de S.
M. le
roi de Wurtemberg, M. le baron Auguste de
Waechter ; Le ministre
d'État,
président du conseil des ministres de S. A. R.
Mgr le grand-duc de
Bade, M.
Jules Jolly; Représentant l'Empire germanique;
Les pleins pouvoirs des
deux
parties contractantes ayant été trouvés en
bonne et due forme, il a été
convenu
ce qui suit pour servir de base préliminaire à
la paix définitive à
conclure
ultérieurement :
Article
1er. — La France
renonce en faveur de l'Empire allemand à
tous ses droits et titres sur
les
territoires situés à l'est de la frontière
ci-après désignée :
La
ligne de démarcation commence
à la frontière nord-ouest du canton de
Cattenom, vers le grand-duché de
Luxembourg;
suit, vers le sud, les frontières
occidentales des cantons de Cattenom
et
Thionville; passe par le canton de Briey en
longeant les frontières
occidentales (…) jusqu'à la frontière de
l'arrondissement de Sarrebourg
au sud
de Garde.
La
démarcation coïncide ensuite
avec la frontière de cet arrondissement
jusqu'à la commune de
Tanconville, dont
elle atteint la frontière au nord ; de là
elle suit la crête des
montagnes
entre les sources de la Sarre blanche et de
la Vezouse jusqu'à la
frontière du
canton de Schirmeck, (…) aux limites
méridionales des communes de
Bourgone et
de Froide-Fontaine, et atteindre la
frontière suisse, en longeant les
frontières orientales des communes de
Jonchery et Delle. L'Empire
allemand
possédera ces territoires à perpétuité en
toute souveraineté et
propriété.
Une
commission. internationale, composée
de représentants des hautes parties
contractantes, en nombre égal des
deux
côtés, sera chargée, immédiatement après
l'échange des ratifications du
présent
traité, d'exécuter sur le terrain le tracé
de la nouvelle frontière,
conformément aux stipulations précédentes.
Cette
commission présidera au
partage des biens-fonds et capitaux qui
jusqu'ici ont appartenu en
commun à des
districts ou des communes séparés par la
nouvelle frontière; en cas de
désaccord sur le tracé et les mesures
d'exécution, les membres de la
commission
en référeront à leurs gouvernements
respectifs. La frontière, telle
qu'elle
vient d'être décrite, se trouve marquée en
vert sur deux exemplaires
conformes
de la carte du territoire formant le
gouvernement général d'Alsace,
publiée à
Berlin en septembre 1870 par la division
géographique et statistique de
l'état-major général, et dont un exemplaire
sera joint à chacune des
deux
expéditions du présent traité. Toutefois, le
tracé indiqué a subi les
modifications suivantes, de l'accord des
deux parties contractantes :
dans
l'ancien département de la Moselle, les
villages de Maireaux-Mines,
près de
Saint-Privat-la-Montagne, et de Vionville, à
l'ouest de Rezonville,
seront
cédés à l'Allemagne; par contre, la ville et
les fortifications de
Belfort
resteront à la France avec un rayon qui sera
déterminé ultérieurement.
Art.
2. La France payera à S. M.
l'Empereur d'Allemagne la somme de cinq
milliards de francs. Le
payement d'au
moins un milliard de francs aura lieu dans
le courant de l'année 1871,
et celui de tout le reste de la dette
dans un
espace de trois années, à partir de la
ratification des présentes.
Art.
3. L'évacuation des
territoires français occupés par les troupes
allemandes commencera
après la
ratification du présent traité par
l'Assemblée nationale, siégeant à
Bordeaux.
Immédiatement après cette ratification, les
troupes allemandes
quitteront
l'intérieur de la ville de Paris, ainsi que
les forts situés sur la
rive gauche
de la Seine, et, dans le plus bref délai
possible fixé dans une entente
entre
les autorités militaires des deux pays,
elles évacueront entièrement
les
départements du Calvados, de l'Orne, de la
Sarthe, d'Eure-et-Loir, du
Loiret,
de Loir-et-Cher, d'Indre-et-Loire, de
l'Yonne, et, de plus, les
départements de
la Seine-Inférieure, de l'Eure, de
Seine-et-Oise, de Seine-et-Marne, de
l'Aube
et de la Côte-d'Or, jusqu'à la rive gauche
de la Seine.
Les
troupes françaises se
retireront en même temps derrière la Loire,
qu'elles ne pourront
dépasser avant
la signature du traité de paix définitif.
Sont exceptées de cette
disposition
la garnison de Paris, dont le nombre ne
pourra pas dépasser quarante
mille
hommes, et les garnisons indispensables à la
sûreté des places fortes.
L'évacuation des départements situés entre
la rive droite de la Seine
et la
frontière de l'est par les troupes
allemandes, s'opérera graduellement
après la
ratification dn traité de paix définitif, et
le payement du premier
demi-milliard
de la contribution stipulée par l'article 2,
en commençant par les
départements
les plus rapprochés de Paris, et se
continuera au fur et à mesure que
les
versements de la contribution seront
effectués. Après le premier
versement d'un
premier demi-milliard, cette évacuation aura
lieu dans les départements
suivants : Somme, Oise, et les parties des
départements de la
Seine-Inférieure,
Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, situés sur la
rive droite de la Seine,
ainsi que
la partie du département de la Seine et les
forts situés sur la rive
droite.
Après le payement de deux milliards,
l'occupation allemande ne
comprendra plus
que les départements de la Marne, des
Ardennes, de la Haute-Marne, de
la Meuse,
des Vosges, de la Meurthe, ainsi que la
forteresse de Belfort avec son
territoire, qui serviront de gage pour les
trois milliards restants, et
où le
nombre des troupes allemandes ne dépassera
pas cinquante mille hommes. Sa
Majesté l'Empereur
sera disposée
à
substituer à la garantie territoriale,
consistant dans l'occupation
partielle
du territoire français, une garantie
financière si elle est offerte par
le
gouvernement français dans des conditions
reconnues suffisantes par Sa
Majesté
l'Empereur et roi pour les intérêts de
l'Allemagne. Les trois
milliards dont
l'acquittement aura été différé
porteront intérêt à cinq pour cent à
partir de
la ratification de la présente
convention.
ART.
4. Les troupes allemandes
s'abstiendront de faire des réquisitions,
soit en argent, soit en
nature, dans
les départements occupés. Par contre,
l'alimentation des troupes
allemandes qui
resteront en France aura lieu aux frais du
gouvernement français, dans
la
mesure convenue par une entente avec
l'intendance militaire allemande.
ART.
5. Les intérêts des
habitants des territoires cédés par la
France, en tout ce qui concerné
leur
commerce, et leurs droits civils, seront
réglés aussi favorablement que
possible lorsque seront arrêtées les
conditions de la paix définitive.
Il sera
fixé à cet effet un espace de temps pendant
lequel ils jouiront de
facilités
particulières pour la circulation de leurs
produits. Le gouvernement
allemand
n'apportera aucun obstacle à la libre
émigration des habitants des
territoires
cédés, et ne pourra prendre contre eux
aucune mesure atteignant leurs
personnes
ou leurs propriétés.
ART.
6. Les prisonniers de
guerre qui n'auront pas déjà été mis en
liberté par voie d'échange,
seront
rendus immédiatement après la ratification
des présents préliminaires.
Afin d'accélérer le transport des
prisonniers
français, le gouvernement français mettra
à la disposition des
autorités
allemandes, à l'intérieur du territoire
allemand , une partie du
matériel
roulant de ses chemins de fer, dans une
mesure qui sera déterminée par
des
arrangements spéciaux, et aux prix payés
en France par le gouvernement
français
pour les transports militaires.
ART.
7. L'ouverture des
négociations pour le traité de paix
définitif à conclure sur la base
des
présents préliminaires aura lieu à Bruxelles
immédiatement après la
ratification de ces derniers par l'Assemblée
nationale et par S. M.
l'Empereur
d'Allemagne.
ART.
8. Après la conclusion et la
ratification du traité de paix définitif,
l'administration des
départements
devant encore rester occupés par les troupes
allemandes sera remise aux
autorités françaises; mais ces dernières
seront tenues de se conformer
aux
ordres que le commandant des troupes
allemandes croirait devoir donner
dans
l'intérêt de la sûreté, de l'entretien et de
la distribution des
troupes. Dans
les départements occupés, la perception des
impôts, après la
ratification du
présent traité, s'opérera pour le compte du
gouvernement français et
par le
moyen de ses employés.
ART.
9. Il est bien entendu que
les présentes ne peuvent donner à l'autorité
militaire allemande aucun
droit
sur les parties du territoire qu'elles
n'occupent point actuellement.
ART.
10. Les présente sseront
immédiatement soumises à la ratification de
l'Assemblée nationale
française
siégeant à Bordeaux et de Sa Majesté
l'Empereur d'Allemagne.
En
foi de quoi, les soussignés
ont revêtu le présent traité préliminaire de
leurs signatures et de
leurs
sceaux. Fait à Versailles, le 26 février 1871.
V. BISMARCK. A. THIERS.
Jules
FAVRE. Les royaumes de Bavière et de
Wurtemberg, et le grand-duché de
Bade,
ayant pris part à la guerre actuelle comme
alliés de la Prusse et
faisant
partie maintenant de l'Empire germanique, les
soussignés adhèrent à la
présente
convention au nom de leurs souverains
respectifs.
Versailles,
26 février 1871.
Comte DE BRAY-STEINBURG. Baron DE WAECHTER.
MITTNACHT, JOLLY.
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PROCLAMATION DU
GOUVERNEMENT ANNONÇANT
L'OCCUPATION DE PARIS
POUR LE
1er MARS,
du 27/02/1871
« Le
gouvernement fait appel
à votre patriotisme et à votre sagesse ; vous
avez dans les mains le
sort de
Paris et de la France elle-même. Il dépend de
vous de les sauver ou de
les
perdre. Après une résistance héroïque, la faim
vous a contraints de
livrer vos
forts à l'ennemi victorieux ; les armées qui
pouvaient venir à votre
secours
ont été rejetées derrière la Loire. Ces faits
incontestables ont obligé
le
gouvernement et l'Assemblée nationale à ouvrir
des négociations de
paix.
Pendant six jours, vos négociateurs ont
disputé le terrain pied à
pied ;
ils ont fait tout ce qui était souverainement
possible pour obtenir les
conditions les moins dommageables. Ils ont
signé des préliminaires de
paix qui
vont être soumis à l'Assemblée nationale.
Pendant le temps nécessaire à
l'examen et à la discussion de ces
préliminaires, les hostilités
auraient
recommencé et le sang aurait inutilement coulé
sans une prolongation
d'armistice. Cette prolongation n'a pu être
obtenue qu'à la condition
d'une
occupation partielle et très momentanée d'un
quartier de Paris. Cette
occupation sera limitée au quartier des
Champs-Elysées. Il ne pourra
entrer
dans Paris que trente mille hommes, et ils
devront se retirer dès que
les
préliminaires de paix auront été ratifiés, ce
qui ne peut exiger qu'un
petit
nombre de jours. Si cette convention n'était
pas respectée, l'armistice
serait
rompu : l'ennemi, déjà maître des forts,
occuperait de vive force la
cité tout
entière ; vos propriétés, vos chefs-d'oeuvre,
vos monuments, garantis
aujourd'hui par la convention, cesseraient de
l'être. Ce malheur
atteindrait
toute la France. Les affreux ravages de la
guerre, qui n'ont pas encore
dépassé
la Loire, s'étendraient jusqu'aux Pyrénées. Il
est donc absolument vrai
de dire
qu'il s'agit du salut de Paris et de la
France. N'imitez pas la faute
de ceux
qui n'ont pas voulu nous croire, lorsqu'il y a
huit mois nous les
adjurions de
ne pas entreprendre une guerre qui devait être
si funeste. L'armée
française,
qui a défendu Paris avec tant de courage,
occupera la rive gauche de la
Seine
pour assurer la loyale exécution du nouvel
armistice. C'est à la garde
nationale à s'unir à elle pour maintenir
l'ordre dans le reste de la
cité. Que
tous les bons citoyens qui se sont honorés à
sa tête et se sont montrés
braves
devant l'ennemi reprennent leur ascendant, et
cette cruelle situation
d'aujourd'hui se terminera par la paix et le
retour de la prospérité
publique. »
Adolphe
Thiers, Chef du pouvoir
exécutif et Jules Favre, ministre des
Affaires étrangères
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Pour un beefsteak
est une
chanson écrite le
15
octobre 1870 par Emile Deureux au
sujet du premier Siège
de Paris.
J’entends
des
fous parler de résistance,
De lutte à mort, de patrie et d’honneur
!
Mon ventre seul exige une vengeance :
Sous le nombril j’ai descendu mon cœur.
Libre aux manants de rester patriotes,
Et de mourir sous les feux ennemis ;
Moi, j’aime mieux la sauce aux
échalotes…
Pour un beefsteak, messieurs, rendons
Paris.
Moi, j’aime mieux la sauce aux
échalotes…
Pour un beefsteak, messieurs, rendons
Paris.
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Documents
:
Audios
et
vidéos en ligne
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Qui
a voulu la guerre? les femmes dans
la tourmente,
France Culture, le cours de
l'histoire, 2020, durée 51 minutes.
Odile Roynette, maître de
conférences en
histoire contemporaine,
chercheure associée à l'Université
Bourgogne-Franche-Comté et Yannick
Ripa, professeure en histoire
politique et sociale de l’Europe
du
XIXème s. Paris 8. Et Valérie
Hannin, directrice du magazine L'Histoire.
- 1870,
vers l'année terrible,
France Culture,
le cours de l'histoire, 2020, durée 51
minutes.
Avec Eric Anceau, maître de
conférence à Sorbonne Université.
Il est
spécialiste de l’histoire
politique et sociale de la France
et de
l’Europe au XIXe s. ainsi que le
biographe de Napoléon III.
- Alain
Badiou lit Victor Hugo,
France Culture,
Les nuits de FC, 1985, durée 54
minutes.
Sur
Youtube
une playlist : une sélection de
conférences, et d'entretiens.
- 7
vidéos en lignes sur la guerre de
1870-1871
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