Sommaire de la page du bloc-notes de l'année 2020,

1 - deux pétitions en ligne à signer !

2 - Aider les personnes à la rue?

3 - 30 ans de lutte contre la pauvreté en France

4 - Halte aux exactions contre les SDF et les réfugiés

5 - Les oubliés du confinement

6 -  Extraits du rapport sur le mal-logement 2020

7 - Et un peu de lectures en complément...


Urgence sanitaire, mais pas sociale et pas pour tous



Cette page a été écrite au fil du confinement d'une crise sanitaire et sociale sans précédent, le but fut d'apporter quelques éclairages et interrogations sur la mobilisation des acteurs associatifs, sociaux, médicaux, etc.  Il s'agit d'une synthèse sur la pauvreté et les inégalités sociales, notamment face au logement et ses enjeux sanitaires en situation d'urgence, et cette contribution renvoie à : une pétition (plus une nouvelle du 18 mai), comment aider les personnes à la rue? des prises de positions ; des articles ; un documentaire ; deux émissions de radio et des billets d'étape rédigés par mes soins.


CAMPAGNE ÉTAT RESPONSABLE
de Médecins du Monde

Monsieur, Emmanuel Macron,

vous êtes la première barrière au coronavirus.

Sauvez des vies. Prenez vos responsabilités.


Pour que le gouvernement entende le message
de Médecins du Monde, signez et partagez la pétition  : Cliquez ici !

*

Afin de dénoncer l’irresponsabilité du gouvernement face à la crise du Covid-19, Médecins du Monde a lancé le 18 mai 2020 une campagne de communication visant à parodier les vidéos officielles de 30 secondes du gouvernement autour des gestes barrières. N'hésitez pas à relayer la vidéo et la pétition dans vos réseaux sociaux !




Ce détournement des vidéos officielles vise à pousser le gouvernement à adopter 4 gestes barrières afin que celui-ci prenne enfin ses responsabilités. Cette vidéo s’appuie sur un plaidoyer global de Médecins du Monde en faveur des populations vulnérables, exclues du système de santé . (Les 4 gestes barrières en Pdf.)

Les droits fondamentaux des personnes vivant sur les campements
du canal Saint-Denis sont quotidiennement bafoués !

Un référé-liberté a été déposé au Tribunal Administratif de Montreuil à l'appel d'une « coalition de collectifs et associations dépose un référé liberté pour demander un accès à l’eau et à l’hygiène, une mise à l’abri inconditionnelle, et l’arrêt des démantèlements sauvages pour les exilés vivant sur les campements du canal Saint-Denis.

Cela fait maintenant plus de 4 ans que nous constatons dans le nord-est parisien un cycle infernal fait de campements, démantèlements et harcèlements policiers. 4 ans que nous interpellons, en vain, sur les atteintes graves aux droits fondamentaux des personnes qui y vivent. Elles rencontrent continuellement de grandes difficultés pour avoir accès à l’alimentation, à l’eau, à l’hygiène, aux soins, à l’hébergement et à une information sur leurs droits. (...)

En raison de l'inertie des pouvoirs publics, face aux atteintes à la dignité humaine et en l'absence de propositions visant à sortir de cette impasse, ceci
« compte tenu de la gravité des faits observés, du contexte d’épidémie, et de cette inaction politique, une coalition d’associations largement soutenue par d’autres acteurs solidaires, dépose ce jour un référé liberté portant sur 3 demandes principales :
- un accès à l’hébergement inconditionnel pour les personnes situées dans les lieux de campement du canal de Saint Denis ;
- un accès à l’eau effectif et suffisant, ainsi que des conditions sanitaires correspondant à la réglementation (bennes à ordure, WC, douches, etc...) à proximité des lieux de campement tant qu’ils perdureront ;
- l’arrêt des démantèlements et des expulsions sans mise à l’abri des personnes.

L'article entier sur cette coalition de 16 associations et 14 collectifs : cliquez ici !

 Pour le contenu ou la requête du référé-liberté : cliquez ici !

NB : En 19 heures à la demande du maire du XIXe arrondissement, le campement situé sur la canal de l'Ourcq a été levé avec une solution d'hébergement pour 80 migrants. Selon le candidat Lrem du Xe aux municipales, M. Pierre Henry présent sur place avec la Préfecture pour l'évacuation et en même temps directeur général de Terre France d'Asile déclarait ce matin 28/05/20 à l'Afp que certaines personnes «sont passées sous les radars des maraudes, probablement parce qu'ils étaient dans des squats» (sic). Il reste cependant dans le nord-est parisien encore de  nombreux cas de personnes à la rue, et à la recherche de nourriture.

Sources : site du GISTI, 27/05/2020

 
Pétition des associations (*) au gouvernement :
2

Adressée à M. le Premier ministre,

« Notre pays traverse une crise sanitaire sans précédent. Les Françaises et Français, confinés chez eux, adoptent progressivement les gestes barrière qui sauvent. Notre quotidien change, nos vies sont bouleversées, nous restons chez nous. Confinés mais chez nous (suite du texte à lire ci-dessous).
Mais pour rester chez soi, il faut un chez soi !

et à faire suivre autour de vous !

*
(plus de 97.000 signataires au 23/04/2020)
(*) Droits d’urgence, Kâlî, Les Midis du MIE, Exils intra muros, EOLE, Éditions iX, Just Kids Project, Safe Migrants Nantes, AVEC Nantes, La Casa, La Gamelle de Jaurès, Jamais Sans Toit, Fondation Abbé Pierre, Ovale Citoyen, Thot, Droit à l’école, Paris d’Exil, BAAM, la TIMMY - Soutien aux Mineurs Exilés, Collectif des hébergeurs solidaires Nantes, Collectif P’tits Dej’ Solidaires, École Hors Les Murs Nantes, Collectif pour une Nation Refuge, Mouvement Colibris, Centre Primo Levi, collectif Solidarité des mineurs non accompagnés Nantes, Les Petites Pierres, Utopia 56, La Cloche, Ligue des Droits de l'Homme (LDH nationale), Ligue des Droits de l'Homme de Paris, Watizat, Abri de Femmes, Domasile, Collectif Solidarité Migrants Wilson, ACAT, JRS France, Secours Catholique - Caritas France, Assiette migrante, Action contre la Faim, RESF, GISTI, Emmaüs France, Collectif réfugiés du Vaucluse, Comité des Familles, Collectif Les Maraudeurs, Une Couverture Pour l’Hiver - UCPH, La Chorba, Collectif Poitevin "D'ailleurs Nous Sommes d'Ici", Dans ma rue, Réseau de santé sexuelle publique - RSSP, La Cimade, L'ARDHIS, EVA (Enfants Venus d'Ailleurs), Médecins du Monde Île-de-France, Les Enfants du Canal.
Dernier et quatrième billet d'étape du 11 mai 2020 :

Huit semaines se sont écoulées avec des réalités très discordantes qui ont nourri un flux d’information qu’il n’était pas possible de suivre dans tous ses démêlés planétaires. Une bonne moitié du monde au ralenti, nous voilà au-devant de nouveaux phénomènes qui vont poindre. Mais que dire sur l’impact d’une pandémie révélatrice des déséquilibres sociaux et sanitaires ?

Il serait question de plus de 500 millions de personnes à l’échelle mondiale qui pourraient rejoindre les statistiques de la pauvreté des organismes internationaux, en France des centaines de milliers de ménages ou humains en situation de précarité devraient connaître un recul significatif de leur niveau de vie et être confrontés à des aléas économiques importants. Si la trêve des expulsions est à nouveau repoussée à juillet, le problême reste entier et à la clef des dizaines de milliers de locataires pourraient connaître un sort peu enviable : la cloche de bois !

Pour la Banque mondiale, il est question de soixante millions de personnes supplémentaires qui devraient basculer dans « l’extrême pauvreté », c’est-à-dire disposer de moins de 1 euro et soixante centimes par jour, ou moins de 40% du revenu médian du pays où vous vivez. Et l’on est considéré comme « en grande pauvrété ou pauvre » si l’on touche moins de 60% ou 80% du revenu médian. La très grande pauvreté ou extrème n'est pas prise en compte. Les indices internationaux ne sont pas les mêmes utilisés par l’Insee ou en Europe, la nature des prix non plus et les comparaisons peuvent s’avérer hasardeuses, voire grotesques sur les moyens d’un hôpital en Haïti ou en France, quoi que Mayotte soit plus proche des réalités du Tiers Monde au sein des Comores. Toutefois au sein de l’Union Européenne ou simplement en France les disparités ne sont pas minimes, et il est difficile de mesurer avec précision ce qui est en cours, de nouveaux risques sanitaires et sociaux allant survenir dans les semaines ou mois à venir.

L’objet de ce travail n’est pas d’établir un bilan ou un exercice de critique sur les décisions prises, au mieux des interrogations. Il a été rappelé que s’il y a bien des personnes dans des situations inextricables, il apparaît que le logement soit la matrice des inégalités sociales, et toute personne à la rue entre dans le domaine de la « grande pauvreté » et plus ou vivant avec moins de 60% du revenu médian et pire. Comme il n’existe pas un profil particulier, mais des histoires de femmes et d’hommes aux parcours chaotiques, combien au final sont restés sur leur bout de trottoir ou dans un appartement indigne? suffisamment dans la capitale et ailleurs pour se demander si l’enjeu sanitaire était vraiment au centre des préoccupations. Il y avait probablement près de 500.000 personnes sans toit avant le confinement, sans compter les bidonvilles, ou squats présents sur l’ensemble du territoire national non hexagonal, cette population pourrait avoisiner 1 million de personnes de tous les âges.

Les chiffres du ministère du logement avec ses maigres 11.800 places d’hôtel et les 170.000 places d’hébergement d’urgence misent en oeuvre par les associations et ONG, les besoins ont été largement sous-estimés, toutes les capacités humaines difficilement mobilisables. A l’échelle locale, la ville de Lyon a précisé qu’elle ne mettrait pas les 20.000 recueilli(e)s de la métropole lyonnaise à la rue à la date échue du 11 mai et chercherait des logements appropriés, une piste à suivre ou un simple effet électoral (?) ; parce qu’en l’état rien ne précise la moindre volonté de protéger les plus exposés à la tête de l’Etat au-delà du mois de juillet. Mais pourra-t-on relancer l’économie si les plus mal en point passent à la trappe du paupérisme et favorisent un grand déclassement social?

Le mal-logement participe de cette précarisation induite avec ses 6 à 7 millions de femmes, d’hommes et d’enfants (1), ce déséquilibre va s’amplifier et demanderait des mesures à la hauteur des besoins et de repenser à l’aune des changements climatiques des logements adaptés et en nombre suffisant à des prix abordables pour toutes et tous. C’est aussi un enjeu de politique publique, il nécessite de forts investissements et pas seulement une aide ponctuelle aux plus défavorisés et des appuis financiers à des propriétaires qui ne font rien sauf encaisser. Les enjeux économiques et sociaux sont indissociables, la construction est en baisse constante depuis plusieurs années et la rénovation de millions de logements une source de notre développement soutenable futur (le terme durable est idiot…). C’est aussi l’indispensable pour que chacun puisse vivre dignement et j’ai l’impudence de croire que la dignité humaine serait un bon indicateur pour sortir de ce qui ressemble à une plongée dans l’inconnu du parc locatif privé et public ou à « une bombe à retardement » selon le journal du matin de France Culture du 9 mai 2020.


Comme « Mme X., retraitée, vit confinée dans un logement insalubre. Pas d’électricité, pas de salle de bains. Et des toilettes sans eau sur le palier : « Je n’ai pas l’électricité ni l’eau chaude… Avant le confinement, j’arrivais à supporter et je me débrouillais sans ; je restais le plus longtemps dehors et ne rentrais chez moi que pour dormir. Aujourd’hui, c’est devenu vraiment dur. Je fais ma toilette à l’eau froide et heureusement que les laveries restent ouvertes pendant le confinement car je ne sais pas comment je ferais avec le linge ! » (sources : photo ci-dessus et témoignage : Fondation abbé Pierre)

Les services publics, les associations et une part des petites entreprises ont répondu aux fonctions élémentaires de notre bien être, des professions et des engagements à saluer pour leur capacité à rendre le quotidien moins sinistre et à une hauteur de vue de que nos gouvernants devraient intégrer à leurs logiciels défaillants, ou le terme empathie glisse au cynique du genre. A ce rythme, il nous faudra, qui sait, des intelligences artificielles, plutôt qu'un président saltimbanque, un gouvernement usé à sa propre corde et leurs hautes administrations psycho-rigides...

Le débat scientifique ne fait que commencer et les questions éducatives auraient un grand intérêt à se tourner vers une meilleure transmission qui fait pour beaucoup défaut, quand un quart de la population délire avec les vaccins, que de vieux symptômes, comme la tuberculose, sont de nouveaux présents, il y aurait de quoi expliquer, faire comprendre ce que le mot sanitaire soulève, hors de sa vision hygiéniste. Si le concept de résilience en psychologie sociale peut avoir une utilité, son usage collectif devra passer par de multiples formes d’expression citoyenne et à ne pas confondre avec son usage politicien qui se limite à la fusion de deux métaux... Libre à chacun de tricoter ses profondeurs et de se réinventer. Mais s’il vous plaît arrêtez, Messieurs, de remettre les femmes à la machine à coudre !

Des propositions ont été émises par deux grands groupes associatifs et citoyens, je n’en tirerai aucun avis, sauf à résister aux solutions simplistes et dans le « bon sens » du vent… ou regretter l’absence d’une unité des forces sociales de gauche, mais peu importe les folklores et convergences en cours, il y a de quoi faire et réfléchir au présent et suivre le processus de fin du confinement :

1 -  Le Pacte de pouvoir de vivre avec 66 propositions : cliquez ici

2 -  La campagne Pour un moratoire, nous suspendons notre loyer ! : cliquez ici

Note :

(1)
« Une vague massive d’expulsions, comparable à celles connues en Espagne ou aux USA  s’annonce si le gouvernement continue à ignorer délibérément le danger. Selon l’IRES 2,5 à 2,8 millions de locataires ou d’accédants vont rencontrer des difficultés importantes à payer leur loyer ou leurs traites à cause du confinement et de la très grave crise sociale qui vient, soit 6 à 7 millions de personnes (cliquez ici) ».

 Le déconfinement ou le retour à l’Anormal (11/05/2020)


Un excellent billet (d'humeur) de Sophia Aram :


A la date du 3 mai :  des « psychiatres de région parisienne alertent sur la hausse du nombre d’admission en urgence de jeunes sans antécédents et atteints de "bouffées délirantes aigues" depuis le début du confinement. » Des troubles similaires avaient été constatés après les attentats de 2015, il est à noter toutefois que les "bouffées délirantes" des patients admis sont principalement passagères et peuvent être liées à des addictions.  (Sud-Ouest)

*

Troisième billet d'étape :
A Toulouse, des associations : Médecins du Monde, la Cimade, le Secours catholique, Utopia 56 et la Fondation Abbé Pierre viennent d’assigner « l'Etat et Toulouse Métropole en justice pour atteinte à la dignité humaine et aux libertés fondamentales des personnes précaires faute d’accès à l’eau et à l’hygiène ». (France 3 Occitanie du 29/04/2020). Les personnes qui ont pu profiter de la trève hivernale se verront le 31 mai à nouveau sous le coup d'une expulsion, l'on peut présumer des milliers d'individus en péril s'ils se voyaient sans toit, un moratoire sur le logement semblerait une évidence jusqu'à la découverte d'un vaccin?

Dans les rues de la capitale, bien qu’il soit prématurément question de sortir du confinement, les personnes à la recherche de nourriture avec ou sans hébergement continuent d’être présentes comme d’ordinaire. Les associations sont à effectifs réduits, les plus de 65 ans, la part importante des bénévoles restent confinés, et les plus jeunes sont en nombre réduit pour prendre le relais. Les actions charitables numériques tant mises en avant par les médias sont largement insuffisantes ou simplement résiduelles, et avec ou sans téléphone portable, faut-il pouvoir connaître le dispositif, ce qui est loin d’être le cas. Les personnes que j'ai pu interroger n'en savaient rien, ni sur les chèques services, ni sur  les distributions alimentaires.

Le psychanalyste Roland Gori dans un entretien à Corse Matin a déclaré qu'
« avec le choc traumatique que constitue cette pandémie ; avec la crise sociale, économique et diplomatique qui va s'ensuivre, c'est une folie de croire que la vie va reprendre comme avant (25/04/2020). Dans son journal de confinement à la date du 28 avril, la psychanalyste Cynthia Fleury prévient qu'en l'état actuel « chacun est démuni tout en s’interdisant de se plaindre, et en même temps, ne trouvant pas encore les chemins de la résilience. (...) Il y a pas mal de portes, demain, auxquelles il va falloir aller frapper. » A ne pas en douter les populations les plus soumises à un stress post-traumatique ne s'en sortiront pas totalement indemnes et devront trouver des lieux de parole appropriés et accessibles à toutes et tous.

L’idée « d’un avant et d’un après » a tout d’une abstraction qui ne correspond en rien aux réalités présentes, la cause induite par une situation exceptionnelle révèle les manques, les ratés antérieurs, et ce que tout à chacun est en mesure de remarquer au fil des jours : un enlisement certain dans le déni, et une incapacité à fixer un cap, et à savoir déléguer. Les projections lyriques dans le futur ont plus à voir avec de la science-fiction que celle d’un découpage du temps historique ou être en relation avec le temps de la recherche médicale. La problématique du temps selon les sciences peut revêtir des caractères très différents, à titre individuel c’est une perception, et le conditionnement consiste à faire croire à une coupure temporelle, mais le bourrage de crâne a toutes les apparences d’un conte pour enfant. Cela n’a rien de nouveau, à grand renfort de lyrisme et d’interminables palabres télévisuelles, il faut endormir les auditoires, toutefois à coups de mensonges délibérés on produit surtout de la peur et des colères légitimes en retour.

Les indicateurs sanitaires et sociaux dont nous pouvons disposer en l’état ne sont pas nés de la crise sanitaire, cette impréparation n’a pas lien avec le hasard et il n’y a rien d’étonnant à ce que les inégalités sociales explosent sous nos yeux, pour exemples en Seine-Saint-Denis avec ses files interminables pour l'obtention de colis alimentaires et à Mayotte la bouilloire est sur le feu : « avec le coronavirus, la dengue et la faim, le cocktail est explosif » (article de Sophie Chapelle pour Basta, 29/04/2020). Mais pas seulement, il s’agit bien d’une lame de fond, dont le virus n’est qu’un révélateur d’une crise systémique d’une rare complexité, car elle n’est en rien une problématique franco-française et met en relief une multitude de difficultés à la fois individuelles et collectives, nationales et continentales.

Nous naviguons au jour le jour, nous devons faire face a quelque chose qui ne nous tombe pas du ciel, l’ennui est cette mise à vif les failles des représentants d’un Etat omniprésent à l’image, qui au prix d’invraisemblances a poussé à la confusion générale et à l’infantilisme, tous ces paroxysmes interrogent? Les entourloupes autour des masques et des tests ne seront pas sans conséquences et il y a de quoi souligner l’isolement entre les forces vives de la nation (celles et ceux au turbin...) et un personnel politique dont on se sait plus trop quoi penser, sauf attendre de nouvelles élections et qui sait tourner la page? Le mensonge s’est érigé en doctrine, la démocratie est devenue somme négligeable, une peau de chagrin lavable selon les besoins, et les pouvoirs aux mains de 2 ou 4 hommes confinés dans leurs certitudes prévalent d’un avenir sombre, si cela devait continuer à ressembler à un assemblage de rustines.

Ps :
Le 23/04/2020, le gouvernement avait alloué une enveloppe supplémentaire de 39 millions d'euros en "chèques services" pour les associations d'entraide et collectivités locales à hauteur de 7 euros par jour et par personne, pour l'alimentation et les produits d'hygiène.
LM, le 30/04/2020


Aider les personnes à la rue?


Des médecins (*) ont lancé un numéro vert pour prendre en charge
les sans-abris malades : 0800-94-66-90, ligne gratuite,
joignable 7 jours sur 7 - de 7 heures à 22 heures.
(des tests sont possibles sur Rdv à l'hôpital Avicenne)
Ce numéro est aussi disponible pour aider ou orienter
 les maraudeurs et les travailleurs sociaux.

(*) association pour l'Accès aux droits pour les sans-abri (ADPSA)
au sein de l'hôpital Avicenne en Seine-Saint-Denis (AP-HP)


TÉMOIGNAGE : EN ÎLE-DE-FRANCE,

AIDER LES PLUS DÉMUNIS FACE À L’ÉPIDÉMIE DE CORONAVIRUS
« L’épidémie de coronavirus (Covid 19) frappe lourdement la région Île-de-France, où Médecins de Monde mène pas moins de neuf programmes destinés à différents publics discriminés, marginalisés et exclus des soins. Pour Christophe Vavasseur, coordinateur régional de l’association, l’enjeu est notamment de garder contact avec ces personnes et de mettre à profit ce lien de confiance pour les protéger. Voici son témoignage sur les actions en cours (ci-dessus avec le lien de Médecins du Monde).
Coronavirus et personnes SDF : comment aider? du blog entourage social

Simple comme bonjour !
est un livret (pdf) bien fait de 23 pages,
divisé en trois parties : comprendre, changer de regard et agir? comme il est précisé,
c'est « un petit guide pour aller à la rencontre des personnes sans-abri.
»

Aider une personne à la rue n’est pas un exercice simple, notamment si vous faîtes le choix d’héberger. Il est déconseillé de le faire sur un coup de tête, ou décision hâtive, cela nécessite que l’hébergeant soit bien les pieds sur terre, sinon cela peut vite tourner au psychodrame. Et pose la question des personnes résilientes? Au mieux il faut contacter l'association de votre choix et apprenez au contact de militants associatifs aguerris, ce type d'expérience implique de se former, et de ne pas se lancer à l'aveugle. La seule force empathique ne peut y suffire, c'est un peu tout le propre des personnes résilientes?

Le documentaire de Sonia Kronlund du 20/04/2020, un SDF sous mon toit de France Culture, fait le portrait de deux femmes et de leurs expériences menées avec un grand courage, toutes les deux travaillent dans le milieu hospitalier, les deux ont la cinquantaine. L’une est employée à mi-temps et d’une force de caractère assez exceptionnelle, l’autre est dentiste, mère de 3 enfants devenus adultes, elles racontent leurs expériences uniques, ou pas vraiment reproductibles et l’on découvre comment elles ont mis leurs capacités à accompagner les parcours de 3 jeunes (sur 4) à une vie nouvelle. Ces micros expériences sont des exemples de résilience mise en pratique, à cet égard chaque situation n'est  pas vraiment comparable, mais demande des qualités associant humanité et raison. 



30 ans de lutte contre la pauvreté en France? (1988-2018)



Ancien hôpital de l'Hôtel-dieu, reconstruit sous Louis XVI
Le 1er décembre 1988, c’était l’instauration du revenu minimum d’insertion (RMI) par le gouvernement de Michel Rocard devenu depuis le revenu de solidarité active (RSA) le 1er décembre 2008. Cette réforme favorisa un recul de 4 points de la misère en France, elle passait de 17% à 13% pour l’ensemble de la population et prenait en compte diverses situations, comme l’existence d’un RMI pour les artistes. En 1995 les 3 principaux candidats à l’élection présidentielle avaient un programme de lutte contre la paupérisation et proposaient une loi d’orientation globale. Un détail qui peut sembler anodin, tous les mois de décembre depuis les années 1990, au commencement de l’hiver nous avons droit à des campagnes de presse sur les personnes SDF, l’été venu, il semblerait que la misère s’efface au profit du soleil.

Au milieu des années 1990, il est constaté que le nombre d’allocataires progressaient avec la montée du chômage (un de ses pics 3,5 millions de chômeurs sous Balladur) et les pouvoirs publics s’inquiétèrent des coûts engendrés, et intervint un changement de stratégie, l’on tourna le dos à la philosophie d’origine. La commission nationale d’évaluation dite CNE jusqu’en 1995 se préoccupait des « multiples facettes du problème de la pauvreté en mobilisant toute une panoplie de critères d’appréciation, » avec des « apports réels concernant la connaissance des phénomènes de pauvreté. » (1), et était chargée de la mise en œuvre du dispositif légal, jusqu’à ce que les pouvoirs publics se mettent à appliquer une vision plus comptable avec l’arrivée de nouveaux gestionnaires ; pour exemple, des directeurs d’hôpitaux moulus à l’exercice des règles absurdes de l’acte ou du soin tarifé, et pas vraiment compétent en matière médicale, ou d'assistance à autrui.

Comment ne pas évoquer un élément clef du discours du futur élu, Jacques Chirac sur la « fracture sociale », une idée empruntée à Emmanuel Todd, et qui a pu avoir des incidences non négligeables sur les votes exprimés. Daniel Bensaïd, en 1997, remarquait déjà que l’on se concentrait trop « sur l'exclusion, alors que ce n'est que la part maudite d'un phénomène plus global. La dualisation n'est pas uniquement entre les chômeurs et ceux qui ont un emploi. Elle se caractérise aussi entre les salariés. Dans tous les secteurs, et même dans la fonction publique, il y a de plus en plus de précarisation » (2). Non encore nommé c’était l’existence de travailleurs pauvres qui émergeait, et la réalité d’au moins 300.000 emplois précaires dans les trois fonctions publiques : hospitalière, territoriale et d’Etat, ils sont aujourd’hui plus de 800.000., et certaines professions précarisées depuis des lustres.

C’était encore en décembre 2001, Jacques Chirac président et Lionel Jospin, chef du gouvernement lançaient la campagne des restaurants du cœur pour l’hiver 2001/2002 place de la République à Paris. Nous étions à quelques mois d’une nouvelle élection présidentielle qui fit date en avril avec l’échec de Lionel Jospin et son retrait de la vie politique. Le discours sécuritaire l’emporta et les divisons du camp progressiste s’amplifier, les jeunes devenaient une menace et vit l’apparition de la « tolérance zéro », l’oxymore qui tue et propice à une vision étriquée de la sûreté publique. Oubliée était la fracture sociale ou le fait que certaines couches de la population décrochaient d’année en année et ainsi advenaient les temps du déclassement malgré les différents appels à « zéro sans domicile en deux ans » dixit le candidat Sarkozy en 2006, et le dernier du genre en décembre 2018, le nouveau et jeune président déclarait dans la même intention qu’il n’y aurait plus personne à la rue. L'INSEE pour 2018, le chiffrage établi l'année suivante enregistrait une hausse avec 14,7% de personnes pauvres.

On connaît la chanson…?

Le 13 septembre 2018 , le président Emmanuel Macron présentait sa stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté et déclarait : « cette fatalité sociale qui fait qu'en France, il faudra six générations pour que les descendants d'un Français issu d'une famille pauvre accèdent à la classe moyenne. Cette fatalité sociale qui fait que les plus pauvres sont toujours logés près des plus pauvres, que quand une famille quitte un quartier difficile, une autre famille plus pauvre encore la remplace, comme une forme d'encerclement de reproduction à laquelle on ne pourrait échapper » (3). Et « en même temps » à la même période, on retirait 5 euros d’aide au logement. Et puis tous ces mots qui ont heurté plus d’un. Il suffisait de traverser la rue pour trouver du travail, ou ces « riens » qui traversaient les halls de gare, et une ode sur les « premiers de cordée » dans la même intervention publique, etc, etc. Quand le naturel s’éloigne, il revient au galop ne dit-on pas ?

L’année dernière a été constitué un nouveau comité de suivi (CNLE) avec « un panel de 30 citoyens représentatifs », des associations et des chercheurs et présidé par M. Louis Schweitzer (4), l’ancien P.d.g. de Renault, avec pour choix d’évaluer « la Stratégie dans son ensemble au regard de trois grands objectifs : 1 – éviter la reproduction sociale de la pauvreté 2 – permettre aux gens de sortir de la pauvreté 3 – ne laisser personne en situation de grande pauvreté ». Le bilan d’étape suggérait cinq recommandations, entre autres sur ses moyens financiers, la formation des 600.000 professionnels de la petite enfance, de nouvelles enquêtes, un plan pluriannuel contre la pauvreté.

Selon la CNLE et son rapport de mars 2020, « la France fait mieux en matière de pauvreté que nombre de ses voisins européens en raison de sa forte politique de redistribution – elle avait en 2016 selon l’Insee l’un des plus faibles taux de pauvreté monétaire de l’Union européenne et un taux de privation matérielle et sociale médian – elle se distingue par un niveau de pauvreté élevé des familles avec enfants, et donc des 0 à 18 ans, et a contrario par une pauvreté relativement faible chez les séniors. Selon l’Insee, en 2017, 8,9 millions de personnes étaient en situation de pauvreté monétaire en France métropolitaine (la pauvreté se définissant aussi par des critères en conditions de vie), le seuil de pauvreté monétaire étant fixé par convention en France et en Europe à 60% du niveau de vie médian (moins de 1.000 euros par mois). Parmi elles, 2,2 millions de personnes vivaient en situation de grande pauvreté, avec un niveau de vie inférieur à 40% du niveau de vie médian (moins de 800 euros) – ce critère devant être complété par des travaux en cours à l’Insee sur la définition de la grande pauvreté. »

Les contradictions ou paradoxes sont trop nombreux et partagés par les différents gouvernements depuis les années 1990, sauf à rappeler une courte embellie pour l’emploi de 1998 à 2001. Faut-il rappeler la nature des contrats actuels, le CDI est devenu une denrée rare et le fait actuel de 80% de CDD à l’embauche. Les parcours administratifs n’ont rien de simple voire sous le coup des jargons administratifs qui font toujours fureurs, ils n’ont pas aidé à ce que le revenu minimum devienne automatique ou accessible aux plus démuni(e)s, ou simplement ceux qui y avaient droit. Il n’est pas très étonnant de constater un public jeune venir remplir la rubrique, de ce que l’on nomme les « punks à chien », ce sont les plus jeunes pour x. raisons qui basculent le plus dans la très grande pauvreté, et cela n’a rien de très rimbaldien, c’est du subit. Et quand vous vivez dans un quartier de gares et dans le Nord-est parisien, la situation est critique depuis trop longtemps et multiformes. L’on repousse les personnes à la rue dans des zones isolées, par exemple autour du périphérique, sinon ce sont des bidonvilles qui parsèment la région île de France et au-delà, sans parler des squats de toute nature. Le tout suivi de politiques d’expulsion et d’immeubles dont les entrées et fenêtres sont murés et rien comme réponse sociale au final, si ce n’est toujours éloigné les difficultés (Paris, ville propre… ancien slogan publicitaire des entreprises Decaux).

Mais il est clair que l’urgence sanitaire autour du virus covid-19 a fait apparaître des forces omises comme les « premiers de corvée » ou de « tranchée » dans sa perception guerrière, et, mis en relief les failles d’un système économique et social en bout de course avec toutes ses désolations. L’heure n’est pas encore à un changement profond, il s’est imposé de lui-même, et la faiblesse d’un vieux slogan comme la « France unie » (5) ne présage qu’une mise à plat d’institutions politiques tournant le dos à toute souveraineté populaire et à l’exercice plein de la démocratie.

Notes :

1 - L’évaluation du RMI de 1990 à 2002, la simplification de ses démarches et ses enjeux, Travail et emploi n°106, avril/juin 2006.

2 - Un broyage des solidarités
, Daniel Bensaïd, La fracture sociale c'est quoi? Libération, 15 avril 1997.

3 - Intervention du président E. Macron, Pdf. n°939, 13 décembre 2018, Elysée.fr.

4 - Comité nationale d'évaluation de la stratégie nationale CNLE, synthèse, Note d’étape, mars 2020.


5 – La France Unie était le slogan de campagne et l'en-tête de la Lettre aux Français du candidat François Mitterrand en 1988, la fameuse ouverture...

LM, le 25/04/2020
 
Halte aux exactions contre les SDF et les réfugiés !

Extraits d'une tribune publiée par un collectif d'intellectuels (*)


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propagande de la ville de Béziers
Depuis le 14 février, et le premier mort du Covid-19, la pandémie accroît toutes les injustices sociales. (...)  Mais il y a des exactions. Ce qui met notre solidarité en danger. (...) Il y a ces policiers de Béziers qui, le soir du 8 avril, se sont assis sur les fesses de cet homme SDF d’environ 30 ans qui aurait refusé leur contrôle (Rachid 34 ans), interpellation qui l’aurait «calmé», mais qui a provoqué son décès (Le Monde du 9/04/2020).

Il y a ces policiers qui ont mis à l’amende les personnes SDF auxquelles l’Etat ne procure aucun toit pour se protéger, alors que les laisser dehors constitue une mise en danger de la vie d’autrui. Sur certaines attestations à remplir, c’est «sans-abri», «sans-domicile», que les personnes avaient inscrit comme adresse. Qu’auraient-elles pu inscrire d’autre alors qu’elles sont à la rue et sans moyen de se confiner?

Pire, on continue à évacuer les campements de réfugiés,
alors que la crise du Covid-19 devrait plutôt conduire à leur donner les moyens de se confiner.
- Il y a cet appel au secours d’Utopia 56 le 17 mars, (lien récent : LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF DONNE RAISON AUX ASSOCIATIONS, 22/04/2020)  quand la police est venue à 23 heures déloger de leurs tentes les familles (dont 20 enfants) installées boulevard Ney à Paris.

- Il y a ces quatre policiers à cheval à Aubervilliers qui, le 18 mars, ont repoussé les personnes exilées dans un camp insalubre, puis menacé l’association Médecins du monde (lien associations et avocats sur la protection des mineurs, du 06/04/2020)  venue leur apporter des soins de base (une vidéo à la page Facebook du collectif Solidarité Migrants Wilson).

- Il y a ces personnes sans papiers enfermées dans les centres de rétention de Vincennes et du Mesnil-Amelot, en présence de cas de Covid-19, et auxquelles la police a refusé qu’on apporte le moindre secours (Mediapart du 13/04/2020).
Encore pire, nous constatons la poursuite des violences inqualifiables de lacération de tentes et de destruction des ressources des plus démunis.
- Il y a le 31 mars, côté Paris, sous un pont vers la Porte de la Villette, ces tentes d’Afghans détruites par la police, qui leur dit d’aller de l’autre côté du périphérique, à Saint-Denis. Il y a le même jour, côté Saint-Denis, avenue Wilson, la police qui démantèle un campement et enjoint aux occupants d’aller de l’autre côté du périphérique, cette fois vers la Porte de la Chapelle, à Paris.

- Il y a le 7 avril, tôt le matin, à Aubervilliers de nouveau, ce campement de réfugiés qui est démantelé, les tentes étant lacérées par les forces de l’ordre, sans qu’aucune mise à l’abri ne leur soit proposée. Les policiers leur ont dit de retourner dans la capitale, à la Porte de la Chapelle, là où les personnes exilées sont systématiquement dispersées et renvoyées de l’autre côté du périphérique. (...)
Le combat contre l’épidémie emporte l’adhésion de toutes les catégories de la population, par-delà nos différences. Notre solidarité ne doit pas comporter d’exclus ni être défigurée par des exactions des forces de l’ordre.

(*) Signataires : Sabah Abouessalam-Morin Sociologue, enseignant-chercheur, Valérie Cabanes Juriste internationaliste, ­porte-parole de End Ecocide on Earth, présidente d’honneur de Notre affaire à tous, Aubépine Dahan Sociologue, militante à Paris d’Exil, Susan George Ecrivaine, Dominique Méda Sociologue, Véronique Nahoum-Grappe Anthropologue, Dominique Bourg Philosophe, Claude Calame Historien, Philippe Desbrosses Agrobiologiste, Jean Gadrey Economiste, Georges Menahem Sociologue et économiste, Edgar Morin Sociologue et philosophe, Jacques Testart Biologiste, Patrick Viveret Philosophe, Michel Wieviorka Sociologue, et le Collectif Solidarité Migrants Wilson.

Source : Tribune dans Libération du 23/04/2020



Christian Page, twitter du 17/04/2020 : « Grâce au  gouvernement le Samu social
(de) Paris a filé ça à un pote... Avec 3€50... tu vas pas loin hein... (?)

Billet d'étape n°2 : il est pratiquement impossible de savoir combien de personnes sont encore à la rue à la date du 18 avril 2020 en France, s'il existe un rapport sur le mal-logement de la fondation de l'abbé Pierre (un extrait du rapport à lire en toute fin), faire l'état de "l'extrême pauvreté" relève de beaucoup trop d'inconnu. Si j'ai pu constater une très légère amélioration, la situation est loin d'être résorbée dans la capitale, et les personnes cumulant le plus d'handicaps sociaux et médicaux n'ont pas été prises en charge. Toutefois je ne puis de mes brefs et courts constats en tirer le moindre bilan ou une approche exhaustive. Certaines situations sont surtout médicales et ne peuvent être traitées que sur du long terme, les plus exclus, ou les "très pauvres" demanderaient une approche thérapeutique personnalisée et des lieux spécifiques.

Difficile en l'état de demander plus aux hôpitaux de la région parisienne... A Toulouse, selon des associations il serait question de plus de 300 personnes oubliées ou que la préfecture n'a pas pris pas en compte, je ne dispose pas d'éléments
précis sur Marseille ou Lyon, mais il est clair que les grandes métropoles et les villes de plus 50.000 habitants ont en ce domaine du pain sur la planche.

A ce jour environ 10.000 chambres d'hôtels ont été "réquisitionnées" et
la situation a été prolongée jusqu'à la fin du confinement pour 14.000 personnes hébergées durant l'hiver par l'État, plus 2.300 places destinées aux malades sans logis ou un plus de 80 centres consacrés à l'accueil de patients à la rue porteurs dans l'hexagone du Covid-19. Depuis le début de la crise sanitaire, 170.000 places d'accueil ont été le fait des seules associations ou ONG. L'enveloppe globale allouée par l'État est de 65 millions d'euros.

Du côté du monde politique, hors des informations gouvernementales au compte-goutte et le site du ministère du logement pas vraiment documenté, c'est plutôt le calme plat, un sujet qui échappe, ou pire dans certaines affirmations à caractères réactionnaires ou "populistes" : il n'y en aurait que pour les migrants, qui bien sûr "vident nos caisses", etc. L'ennui avec l'invisible Covid-19, il n'a ni frontière, ni ne le fait tri parmi les humains et pose la question de notre devenir commun? Comme l'a rappelé le professeur Cyrulnik récemment, la résilience ne peut intervenir qu'après un choc, pas pendant, et son usage politique est à ce titre pas très bienveillant !


Didier Cros, réalisateur du documentaire Un ticket pour le bain douche (50 minutes - Zadig Productions 2019) : « C’est terrible à dire, mais la présence des sans-logis dans l’espace public s'apparente aujourd’hui à un élément du décor urbain, au même titre que les panneaux d’affichage publicitaire ou les abribus. C’est dire à quel point nous ne considérons plus vraiment cette réalité comme insupportable. Elle apparaît désormais à nos yeux comme une habitude, une fatalité. C’est une situation sociale admise, normée. Une autre lecture est aussi possible : la présence des sans-logis dans l’espace public agit comme un avertissement à l’intention de tous : « Voilà ce qui vous attend si vous vous retrouvez dans une situation difficile, au chômage, si vous craquez sous la pression. » Cet avertissement pousse chacun à accepter sa réalité quotidienne, même si elle très difficile à vivre. C’est un avertissement aux plus précaires, « tenez le coup dans cette société pas toujours partageuse et soucieuse des plus démunis, sinon voilà ce qui vous attend ». Tout cela agit inconsciemment sur nous, ça ne participe pas d’une lecture aussi radicale au premier regard échangé avec un sans-logis dans la rue. Mais je suis convaincu que les sans-logis jouent ce rôle dans nos existences aujourd’hui. Ils pèsent naturellement sur nos consciences dans le sens de notre responsabilité individuelle face à cette tragédie humaine, mais ils pèsent aussi sur l’échine des plus précaires comme une menace.

Source : Hommage à la sincérité et l’humilité des sans-abri, Politis du 17/04/2020

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Les oubliés du confinement, l’appel de 36 associations de solidarité
Un mois après le début du confinement, que sont devenues les personnes sans-domicile et mal-logées? Le Collectif des associations unies (C.A.U.) tire un premier bilan de ces semaines proches du chaos pour les personnes les plus exclues, alimenté par de très nombreuses remontées de terrain.

Voici l’intégralité de leur communiqué publié ce jour (16/04/2020).

Sans gants, ni masques : Animés en grande partie par des bénévoles parfois âgés, touchés par l’absence de personnels malades ou devant garder leurs enfants, agissant sans gants ni masques, les accueils de jour, maraudes et distributions alimentaires ont vu leur fonctionnement perturbé. Le choc a été dramatique pour des dizaines de milliers de personnes à la rue ou en habitat précaire, privées de leurs moyens de survie habituels, ne trouvant plus d’accès à l’hébergement, à l’alimentation, à l’eau ou aux soins. Depuis, de nombreuses avancées ont été réalisées grâce à la mobilisation des pouvoirs publics et des associations. L’accès à l’alimentation s’est réorganisé difficilement. 9.000 places d’hébergement ont été créées en urgence et 80 Centres d’hébergement spécialisés (CHS) ont ouvert pour accueillir des personnes malades du Covid-19.

Mal-logement extrême et gestes-barrière : Pour autant, les associations du collectif tiennent à mettre en avant les alertes les plus préoccupantes. Des milliers de personnes sont encore à la rue, appelant le 115 en vain (comme c’est le cas de près de 2.000 personnes chaque soir) ou ayant renoncé à le faire. Les solutions d’hébergement, parfois à plusieurs par chambre à l’hôtel ou dans des centres, voire dans des gymnases, sont rarement adaptées. Dans les bidonvilles, dans les foyers de travailleurs migrants et pour certains groupes de Gens du voyage, des situations de mal-logement extrêmes, sans possibilité de rester confiné ou de respecter correctement les gestes-barrière, exposent des populations particulièrement vulnérables au risque de la contamination. Certains territoires, notamment Paris, Toulouse, Marseille, Calais, Grande-Synthe, Mayotte ou la Guyane concentrent un grand nombre des situations les plus délicates.

Empêcher de nouvelles hécatombes : Cette interpellation du Collectif des associations unies vise à empêcher de nouvelles hécatombes. De nombreuses actions volontaristes, que l’on disait hier impossibles, ont été accomplies, mais beaucoup reste à faire. Les personnes sans domicile ont besoin de mesures de survie : réquisition des hôtels et bâtiments vides, dépistage prioritaire, accès aux gants, masques, gels et gardes d’enfants pour les travailleurs sociaux, aides financières exceptionnelles pour compenser les chutes de revenus et éviter les impayés de loyer ou de charges.

A moyen terme, l’après-confinement devra permettre des changements profonds. Pour éviter, à chaque crise ou chaque hiver, de bricoler des solutions palliatives en urgence, le système d’aide aux personnes sans domicile doit définitivement s’orienter vers le logement d’abord, l’augmentation des minima sociaux et une facilitation des régularisations administratives.

Source : Nathalie Leenhardt, intertitre en italique de Réforme du 16/04/2020,
la liste des associations est en page 4 du Pdf.



«
Nous, travailleuses sociales, travailleurs sociaux et médico-sociaux attendons depuis 4 semaines qu’à Toulouse dans le cadre d’une crise sanitaire sans précédent, les personnes SDF ne subissent plus, comme c’est le cas depuis des années, une volonté politique de nier leur existence. A Toulouse, la violation du droit à l’hébergement dans ce contexte constitue à nos yeux une grave défaillance dans la chaîne de prise de décision qui continue à nuire aux personnes dans les situations les plus précaires.

Par exemple, il aura fallu plus d’une dizaine de personnes positives au covid-19 pour que la préfecture prenne la décision de fermer le gymnase le samedi 11 avril dans lequel nous rappelons qu’il n’y avait que deux points d’eau et une douche collective pour les personnes qui y étaient encore au nombre de 80 il y a 15 jours. Quid des personnes non testées qui ont été transférées ailleurs et qui ont été en contact avec les personnes porteuses du virus? Cette gestion nous permet encore une fois de mesurer l’irresponsabilité de nos tutelles.


Ps : La suite du texte est à lire en cliquant sur le lien ci-dessus, il apporte quelques témoignages sur les vexations, humiliations régulières subies par les personnes en très grande précarité. Et reproductible un peu partout dans l'hexagone... (Une personne SDF est morte à Béziers le 8/04/2020, une enquête judiciaire est en cours)

Source : Yves Faucoup, chroniqueur social, Mediapart du 13/04/2020



Crédit photo Nathanaël Charbonnier, Paris 20ème mi-avril 2020 (Espagne - Reda Intenationale)

Billet d'étape n°1 rédigé fin mars/début avril 2020 :


Actuellement, au moins 200.000 personnes sont à la rue en France et sans secours ou lieux décents pour se confiner. Cette situation touche en particulier: les sans-domicile, seul(e)s ou en famille, les migrants ou sans-papiers de tous âges, les réfugiés avec ou sans famille, les mineur(e)s isolés, les usagers de drogues ou personnes atteintes de pathologies lourdes, soient les plus faibles de notre société sans qu'il n'ait été pris des mesures à la hauteur des enjeux sanitaires et risques importants de décès au sein de ces populations oubliées, ceci pour les semaines à venir. Cet état d'urgence sanitaire, (voté par le Parlement) ou "guerre" au COVID-19 ne le serait si était sacrifié les plus faibles d'entre-nous.

Les difficultés s'entassent et les droits reculent, les tâtonnements ou mesurettes étatiques en l'état sommaires sont loin du compte. Les sans-abri n'ayant pas de téléphone ou moyen de s'informer errent dans la capitale et les gares sont révélatrices du désarroi. 460 logements ou chambres d'hôtels ont été réquisitionnées depuis 10 jours pour les sans-abri, et il en est prévu 200 de plus pour la fin de cette semaine, ceci pour au moins 3.500 personnes sans-domicile pour la seule capitale. Un chiffrage compliqué à établir et qui ne peut refléter une réalité bien minimisée pour des populations invisibilisées.

Sur les 50.000 logements au sein de l'hexagone qui seraient nécessaires selon les associations de soutien ou d'entraide à l'hébergement de tous, seuls 3.000 logements (chiffre fluctuant au fil des jours, il serait le 2 avril question de 7.000 chambres et une enveloppe de 50 millions d'euros). Ces mesures seront l'œuvre du ministère de tutelle, le reste à la charge de la charité publique... et sur des structures associatives qui depuis longtemps tirent le signal d'alarme. Ensuite il faudrait pouvoir disposer des actions menées par les préfectures, les communes pour avoir une lecture plus précise, difficile de ne pas parler de confusion générale et de désappointement devant une inertie des pouvoirs publics ou en l'état stratosphériques...!

Ps : il a été alloué, le 1er avril pour 15 millions d'euros en bons d'achat en produits d'hygiène aux sans-domicile, ceci pour répondre aux besoins de 60.000 personnes (sous-estimées) sans-logis : est-ce un chèque pour ceux qui resteront à la rue?

Un peu d'infos sur le mal logement et personnes sans confinement :

« Le logement est devenu la protection première contre le coronavirus. Le domicile a rarement autant été une question de vie ou de mort », a déclaré Leilani Farha, la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur le droit à un logement convenable. Onu-info du 18/03/2020

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« Pas de possibilité de se confiner, pas de gants pas de masques, pour les personnes sans domicile fixe. Se protéger du virus Covid 19, c'est quasiment mission impossible explique : #Christian Page, 47 ans, ancien sans-domicile pendant 4 ans. « Pour lui, on joue à la roulette russe avec la santé des SDF. (...) On a parlé de l'ouverture de 5.000 places pour les sans-abris, mais c'est une belle  hypocrisie, c'est uniquement pour les gens qui seraient contaminés par  le virus. En fait, quelqu'un qui est sain, il reste à la rue. On lui dit de composer le 115, qui est hyper-saturé depuis  des mois.

« Le collectif Les Morts de La Rue a choisi la date du 31 mars 2020 pour rendre hommage aux 569 personnes décédées ces douze derniers mois dans l'indifférence totale.

Toutefois ce
chiffre ne reflète pas la réalité, selon une étude de l'inserm sur 2008-2010 il s'agirait d'au moins 2.200 morts par an.


« Logements surpeuplés ou insalubres, familles fragiles et dépendantes des associations et services sociaux désormais fermés... Le confinement démultiplie les difficultés pour les mal-logés. Les associations tentent de s’organiser.


Article du journal Reporterre du 26/03/2020
SDF : on se confine comment ?

« Face à l'épidémie du Covid-19, sans lieu de confinement, les sans-domiciles fixes sont plus que jamais vulnérables. Sarah Frikh, maraudeure, et Bachir, intervenant social, se battent pour aider le plus possible les personnes à la rue et les confiner comme le reste de la population. Selon la préfecture de la région Ile-de-France, le 13 mars 2020, quinze cas de SDF contaminés par le coronavirus ont été recensés dans deux centres d'accueil.


 
Extraits du rapport 2020
sur le mal-logement en France
de la fondation de l'abbé Pierre


Les chiffres du mal-logement (pages 370 et 371)

UN HALO DE 12 MILLIONS DE PERSONNES FRAGILISÉES
PAR LA CRISE DU LOGEMENT (1 personne sur 6...)


Autour de ce noyau dur du mal-logement, constitué de 4 millions de personnes,
se dessine un halo beaucoup plus large, aux contours parfois flous, de personnes affectées par la crise du logement, à un titre ou à un autre, de manière moins prégnante, mais avec de réelles répercussions sur la vie de famille, la santé, l’environnement quotidien, le confort ou les fins de mois.

- 4.299.000 personnes modestes (1.055.000 ménages) appartenant aux trois premiers déciles de la population, vivent en situation de surpeuplement dit « modéré », c’est-à-dire qu’il leur manque une pièce par rapport à la norme d’occupation.

- 1.210.000 personnes locataires étaient en situation d’impayés de loyers ou de charges au moment de l’enquête, s’exposant ainsi à une procédure d’expulsion locative.

- 1.123.000 personnes, propriétaires occupants, vivent dans des copropriétés en difficulté, subissant un très mauvais fonctionnement, des impayés de charges nombreux et importants ou une absence de travaux d’entretien. À noter qu’il ne nous est pas possible dans l’Enquête nationale logement de l'Insee de calculer le nombre de locataires vivant dans ces copropriétés.

DE NOUVELLES FORMES DE FRAGILITÉS

Pour la seconde année, la Fondation Abbé Pierre a décidé d’intégrer à son décompte, parmi les personnes en difficulté, deux nouvelles formes de fragilisation par le logement à mieux appréhender : l’effort financier excessif et le froid à domicile.

La précarité énergétique touche des millions de personnes qui subissent des dépenses énergétiques excessives ou ont froid à leur domicile. Le noyau dur de la précarité énergétique, composé des ménages modestes ayant eu froid pour des raisons liées à la précarité s’élève à 3.558.000 personnes (1.443.000 ménages).

L’effort financier excessif concerne quant à lui les ménages modestes appauvris par des niveaux de loyers insoutenables, en particulier dans le parc privé. Il touche 5.732.000 personnes qui consacrent plus de 35 % de leurs revenus à leurs dépenses de logement, ne leur laissant pour vivre qu’un revenu inférieur à 65% du seuil de pauvreté, soit 650 euros par mois et par unité de consommation. (le seuil où l'on bascule est d'un peu plus de 900 euros par mois)

Au total, sans double compte, ce sont donc 14.620.000 personnes qui sont victimes de la crise du logement, qu’elles soient mal logées ou fragilisées par rapport au logement.

Le rapport 2020 dans son intégralité : Cliquez ici !


Et un peu de lectures en complément sur un sujet qui n'a rien de neuf, le sigle SDF pour "sans-domicile" était déjà présent sur les registres de la police au XIXe siècle, et faut-il  savoir que jusqu'au début du vingtième siècle le vagabondage était un délit, et l'on était tenu de disposer sur soi d'une somme d'argent pour ne pas aller au poste, cette disposition a perduré plus longtemps.
« Qui sont les S.D.F.? Qui est vagabond? Qu'est-ce qu'un mendiant? Les définitions sont historiquement aussi nombreuses et diverses que les études, les circulaires, les ordonnances royales, les lois républicaines, les arrêtés municipaux, les déclarations publiques ou les discussions privées. Des termes comme « chemineau », « trimardeur », « nomade », « clochard », « marginal », « sous-prolétaire », « sans-abri», « sans-logis », « exclu » ou « S.D.F. » font partie de l'appareil sémantique qui s'est progressivement constitué en France autour de la pauvreté et de l'errance.
S.D.F. de qui parle-t-on? (Julien Damon, Persée 2002)
Julien Damon, rédacteur d'un essai sur les sans-domicile de toute nature est enseignant et docteur en sociologie, il a publié au mois de mars un ouvrage : Qui dort dehors? (Editions de l'Aube, 2020), et vous pouvez retrouver sur le site Persée ses publications antérieures, voici un bref résumé de son essai :

« Les SDF se trouvent à la rue, sous des tentes, dans des centres d’hébergement, au centre de multiples controverses. Mais de qui et de quoi parle-t-on exactement? Combien sont-ils? Quels sont les impacts de la crise migratoire? Que faire face aux campements et aux enfants mendiants? Que penser d’un objectif comme « zéro SDF »? Toutes ces interrogations appellent moins de sensa­tionnel et davantage d’examen rigoureux.


L'auteur précise dans l'introduction de son dernier livre que près d'un million de personnes en France ont été confrontées à la rue, et il est fait référence à Jack London à ses enquêtes journalistiques et un de ses ouvrages de 1904 avec un extrait ci-dessous :
« La faim et le manque de logements que j’ai pu constater sévissaient pourtant à l’état chronique, et la situation ne s’est nullement améliorée lorsque le pays est devenu très prospère.

Un hiver extrêmement rigoureux fit suite à cet été 1902. Chaque jour, d’innombrables chômeurs se rassemblaient en processions (il y en avait parfois une douzaine en même temps) qui défilaient dans les rues de Londres en réclamant du pain. Mr. Justin McCarthy, dans un article publié dans le New York Independant en janvier 1903, décrit ainsi brièvement la situation :

« Les asiles ne sont pas assez grands pour recevoir les foules de chômeurs qui viennent quotidiennement frapper à leurs portes, et demandent qu’on leur donne un toit et de quoi se nourrir. Toutes les institutions charitables sont débordées – elles ont épuisés leurs ressources en ravitaillant les habitants affamés des caves et des greniers des rues et des ruelles de Londres. Les succursales de l’Armée du Salut, dans les différents quartiers, sont assiégées par la horde des sans-emploi et des affamés, et n’ont même plus de quoi leur procurer le moindre abri et le moindre secours. »

Le peuple de l'Abîme. introduction, Jack London
(version gratuite et téléchargeable)

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