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Sommaire du bloc-notes n°2 - année 2017
1 - Le Venezuela fait appel à nous tous! par Mme Luisa Ortega Diaz

2 - Nicolas Maduro, la triste fin du chavisme et appel à la solidarité!

3- Venezuela : L'assemblée constituante du président Maduro? par Edgardo Lander

 4 - Des prisons pour mineur-e-s saturées, appel syndical et d'associations des droits humains

5 - La grande arnaque jupitérienne et la démocratie en péril?

6 - La Politique - sur l’Esclavage par Aristote



Le Venezuela fait appel à nous tous !

Par Madame LUISA ORTEGA DlAZ (*), le 20 septembre 2017

Depuis plusieurs jours se sont engagées des discussions sous les auspices de M. José Luis Zapatero, ancien Premier ministre de l’Espagne et le président de la République Dominicaine, M. Danilo Medina pour trouver un accord de pacification et d’échanges entre l’opposition et le gouvernement vénézuélien, avec l’assentiment du président, M. Nicolas Maduro (le 13 septembre). A ce sujet, sur son compte Twitter, Mme Luisa Ortega a publié, ci-après, une lettre demandant la prise en compte de tous les acteurs de la société civile vénézuélienne dans ce processus de concertation.

D’autre part, le 18 septembre à l’ONU au siège de New York, les présidents de la Colombie, du Pérou et du Panama ont souhaité coordonner leurs actions avec le président des Etats-Unis d’Amérique, M. Donald Trump pour « un retour de la démocratie » au Venezuela, cette possible ingérence ne pourrait qu’envenimer une situation déjà très délicate en interne et ne tenant pas compte des discussions en cours en externe et suivie par l’Union Européenne. 

Par ailleurs, le Parlement depuis Bruxelles a lancé récemment une invitation à Madame Ortega pour aller au-devant des élus européens, jusqu’à présent aucune date n’a été communiquée ou précisée.  (Notes de LM)


Ma position face au dialogue ?

Au sujet du début d’un nouveau processus de dialogue entre les délégués du gouvernement et l’opposition vénézuélienne en République Dominicaine, je me permets de m’adresser à tous les Vénézuéliens préoccupés du destin de notre pays aimé. L’ampleur de la crise sans précédents nous affligeant exige de tous un effort pour que sa résolution puisse revêtir la plus grande légitimité et transparence. De cela dépend à ce que les possibles accords soient acceptés par une ample majorité de la population vénézuélienne.

L'absence de dialogue avec les grands secteurs représentatifs du vécu et des inquiétudes de la grande majorité des Vénézuéliens devrait être un motif de réflexion.

Dans ce scénario :

- Qui représente les victimes des violations des droits humains?
- Qui représente les parents des  pour manque de médicaments ou des soins médicaux insuffisants?
- Qui représente les victimes de l'OLP (**)?
- Qui est la voix des enseignants, des syndicalistes, des travailleurs, des universitaires, des paysans, des mères et des pères victimes de violences criminelles?
- Qui représente les communautés déplacées et affectées par les crimes environnementaux des mégaprojets pétroliers et miniers extractifs qui menacent notre biodiversité?

Qui parlera pour eux?

Dans un tel cas, il s'impose d'ouvrir l'ensemble de la participation aux acteurs politiques transcendant la polarisation, ainsi que les acteurs sociaux contribuant à ce processus et, de cette façon, pour que des mesures soient prises pour donner plus de légitimité et de transparence au dialogue. La société vénézuélienne ne se réduit pas à deux pôles en conflit, sinon à une multiplicité d'acteurs qui ont beaucoup à apporter et qui de jour en jour, en dépit des difficultés sont déterminés pour construire un meilleur pays.

De même, il paraît impératif que l'agenda de ces nouveaux rapprochements soit à la connaissance du public pour renforcer la confiance dans la société et éviter les accords depuis de cercles isolés de la population.

D'autre part, c'est une préoccupation importante pour la population, les défenseurs des droits humains, les secteurs universitaires et ma propre personne n'ont pas été jusqu'à présent intégrés dans le calendrier des thèmes proposés, en réponse d'une affaire d'une telle importance comme la reconstruction d'un Système de justice, qui soit véritablement indépendant, transparent et efficace, de sorte que le pouvoir judiciaire et d'autres instances du système pénal soient au service de l'ensemble de la nation.

Pendant les événements liés à l'aggravation de la crise vénézuélienne, la persécution pénale a été utilisée comme arme pour faire taire toute pensée divergente. Pour cette raison, s'impose la nécessité d'une profonde réflexion sur le destin que le système de justice aura, dont l'usage actuel est orienté pour servir le gouvernement à matérialiser ses besoins.

Tout processus de dialogue demandant une paix durable au Venezuela devrait
reposé sur l'application légitime et transparente de la justice, qui contribue à soulager les blessures de ceux qui ont été touchés par ces crimes. Il ne peut se reconstruire un pays sans en premier fonder les bases d'une vraie justice.

Il est également préoccupant que l'un des acteurs du dialogue ait l'intention d'imposer le calendrier du débat, ce qui mettrait en péril le succès de ce processus qui vient d'être annoncé publiquement. Prétendre, par exemple, légitimer l'actuelle Assemblée constituante, dont l'illégitimité est à l'origine, laisserait intacte la violation de l'ordre constitutionnel et républicain que nous nous sommes donnés en 1999 avec la Constitution bolivarienne. Il est urgent de retrouver le cours normal des institutions démocratiques respectant les principes universels de l'éthique public et de la morale administrative pour l'exercice de la plus haute investiture dans le pays.

Un processus de dialogue ne peut dispenser aucun des acteurs participants de leurs responsabilités face à l'aggravation de la confrontation et polarisation idéologique, politique et institutionnelle ayant conduit à la mort de plus d'une centaine de Vénézuéliens ; ainsi que des indicateurs sociaux alarmants, de la crise alimentaire, de la santé, du travail et de l'insécurité, ce qui nous a amené à la situation grave que traverse le pays, déjà reconnue par la communauté internationale devant la détresse des vénézuéliens qui ont vu leur qualité de vie diminuée tous les jours.

Finalement, je crois que nous devrions orienter ce processus vers la résolution des vrais problèmes touchant les Vénézuéliens. Seulement de cette manière nous avancerons vers une véritable paix et le rétablissement des principes démocratiques devant régir le destin du Venezuela. Le succès de cette nouvelle tentative dépendra de la volonté des acteurs responsables de la conduite du cadre politique et institutionnel du pays pour inclure tous les secteurs de la vie nationale, ainsi comme le suivi impartial que les organismes internationaux réalisent et les gouvernements le favorisant.

Notes :


(*) Procureure Générale de la République Bolivarienne du Venezuela (Mme Ortega a été destituée le 5 août par l’Assemblée constituante par acclamation, et elle a été remplacée depuis par M. William Saab).



(**) L’OLP, « l’organisation de libération du peuple » au Venezuela est un plan gouvernemental visant à combattre les délits sensibles sur tout le territoire et rassemblant des forces spéciales et opératives depuis juillet 2015, des forces issues de différents corps de la police et de la garde nationale en lien avec la lutte antidrogue, contre l’extorsion de fonds, les enlèvements et  le paramilitarisme, notamment Colombien.

Traduction de Lionel Mesnard, le 23/09/2017

Nicolas Maduro, la triste fin du chavisme
 et appel à la solidarité internationale !
Photo de 2014 avec Mme Ortega,  N. Maduro (au centre) et D. Cabello
Par Lionel Mesnard, le 1er septembre 2017
Bienvenue chez Ubu roi! pourrait résumer ou illustrer un pouvoir autoritaire dans ses aspects les plus loufoques. Sauf qu’il ne s’agit pas d’une pièce de théâtre et que tout cela n’est pas une fiction. Comme a pu le dire récemment, le 18 août 2017, la destituée de la Procurature Générale, Madame Luisa Ortega Diaz, le Venezuela traverse une des pires périodes de son histoire, et tragiques, le tout au pluriel, parce que tous les indicateurs économiques, sociaux et politiques sont au rouge et sans forme de trivialité. Nicolas Maduro ou le madurisme s’avère un pouvoir par décret et ostentation, une pensée magique, le triste spectacle d’un nouveau potentat staliniste dans la Caraïbe provoque en France des controverses d’un intérêt mineur et les bonnes sources d’informations ne sont pas si nombreuses.

L’économie vénézuélienne est sous la coupe de l’inflation, il est prévu entre 650 et 1700% pour l’année 2017 (selon les sources) et la dette de 100 milliards de dollars pourrait ouvrir la porte au Fonds Monétaire International, rien de très prometteur si ce n’est un nouveau remède qui frapperait de nouveau les plus faibles comme en 1989. Pareillement l’outil productif va au plus mal et de nombreux diplômés ont quitté le pays depuis longtemps. Si les classes les plus aisées avaient pour partie sous Chavez mis les voiles vers la Floride ou Saint-Domingue, le phénomène s’est accentué à d’autres strates ou franges de la société, il était déjà question de plus d’un million de Vénézuéliens à l’étranger en 2013. Selon Carlos Navarro, syndicaliste vénézuélien de l’ASI (1) les classes moyennes ont disparu, lui-même enseignant au cours du change, il touche 6 euros par mois pour 15 heures de cours par semaine à l’université en 2017. Le Produit Intérieur Brut ou PIB, depuis 2014 est chaque année à la baisse et pour la seule année 2016 il est question d’une chute de 8 à 10%, en trois ans plus de 15% du PIB est parti en fumée.

Avec la crise alimentaire et inévitablement sanitaire, il a été ces derniers mois constatés des migrations importantes vers la Colombie. Quand le pays se dépeuple de ceux qui dérangent le pouvoir en place, l’on retrouve les mêmes files (las colas), que connurent les pays de l’Est européen sous l’empire soviétique, et une partie de la population est confrontée à des disettes, ou bien se voit dans l’impossibilité d’accéder à 80% des biens de consommation courants, dont les médicaments, les hôpitaux publics servant de mouroir. L’état sanitaire des hôpitaux psychiatriques et des prisons servent d’écho à une situation plus qu’alarmante, mais cela échappe, ou passe pour inaperçu, sauf au regard photographique d’une Vénézuélienne (site de Mederith Kohut). Par ailleurs, toute aide d’ONG, parce qu’étrangère est sous le fait d’être suspect d’ingérence dans les affaires intérieures, et servirait selon les autorités à ternir l’image du pays, face aux urgences sanitaires tout soutien a été rejeté par le gouvernement et il est impossible d’acheminer par ce biais une aide alimentaire et surtout en produits pharmaceutiques.

L’héritage chaviste parti en fumée, le madurisme son acte de décès

Le chavisme est bien mort, tout comme ce qui est devenu un mythe, son héritier utilise son image tout en l’enterrant à gros coup de pelleteuse, tout ce qui avait permis de redistribuer la rente pétrolière s’est effondré. Le peuple vénézuélien, lui végète et survit comme il peut. Et la constitution qu’Hugo Chavez Frias avait fait adopter par 70% des votants a été détournée au profit d’un petit groupe d’individu gravitant dans les hautes sphères au gré des coups de sang de celui gouvernant isolé dans sa bulle ou tour d’argent. Depuis quelques mois, lieu par excellence de l’accueil du Peuple, le Palais présidentiel de Miraflorès à Caracas est devenu une véritable forteresse, les accès se comptant au compte-goutte. Mais on y danse, et s’amuse entre parades et actions répressives des milices ou gardes nationales.

A l’échelle de notre monde, Maduro rejoint les grands fadas du moment, tout n’est que discours, gesticulation. A l’épreuve des faits, beaucoup de moulinets, de bras s’agitant, le mot peuple à toutes les sauces, quitte à appliquer des méthodes dignes des pires caudillos, le nouveau phare du « marxisme-léninisme » tropical fait sombrer un pays qui n’en avait pas besoin dans le chaos et la terreur. Triste sort d’une révolution ayant tous les traits d’une gabegie, le petit plus ou l’enfer est certainement les connexions avec le monde des narcotrafics, encore faudrait-il pouvoir faire justice, plus de 20.000 dossiers de corruption ayant été l’objet d’une absence de procédure, selon Madame Ortega Diaz.

Il existe au sujet des narcotrafics une impressionnante propagande d’état renvoyant le bébé au voisin colombien, toutes responsabilités internes évacuées et pourtant, il apparaît que beaucoup de Vénézuéliens ont plus que des soupçons, et que la justice puisse agir. Le Venezuela depuis au moins depuis les années 2000 est devenue une plaque tournante de la coca raffinée et sert entre autres à faire passer les cargaisons par la Caraïbe en direction de la Floride ou via l’Afrique pour l’Europe. Des circuits qui ne font pas de doutes, ils sont connus des spécialistes, l’ennui dans un système mafieux à cette échelle et concernant plusieurs pays andins, et il est presque impossible de suivre un monde par excellence secret ou souterrain. Qui dans chaque pays concerné utilise tous les moyens pour soudoyer les élites locales, tout en s’appuyant sur des groupes paramilitaires ou à l’intérieur de l’appareil d’état sur les forces armées et les polices, voire services secrets sous Uribe-Velez (l’ex. DAS dissoute sous la présidence de Juan Manuel Santos).

Au moins 10% du produit national brut ou PNB vénézuélien ou colombien passant en perte et fracas en raison de connexions mafieuses ne se limitant pas aux seules drogues et touchant à toute nature de trafic, dont le pétrole moins cher au Venezuela. Pour les journalistes enquêtant sur de tel sujet, je ne retiendrais que les investigateurs Mexicains tombant comme des mouches, reprenant la palme des tués ou des journalistes Colombiens assassinés par des sicaires, des années 1990 et 2000. S’il n’est pas simple d’établir une responsabilité, dans la situation difficile de la société vénézuélienne, penser que l’appareil étatique n’est pas concerné relève d’un aveuglement certain. Toutefois sans des preuves matérielles et loin d’avoir une justice efficiente et impartiale, il y a de quoi attendre des organismes internationaux des missions d’information et il serait consternant de ne pas diligenter une commission d’enquête internationale. Mais encore le gouvernement Maduro bloque toute présence des organismes intenationaux et même l’ONU, le 30 août, un premier rapport met l’accent sur une situation de plus en plus violente du 1er avril au 31 juillet. (2) Et la CES ou Confédération européenne des syndicats a été saisie sur les répressions syndicales et atteintes aux droits humains.

Le cas de Madame Luisa Ortega, magistrate et chaviste ?


Luisa Ortega Diaz était la Procureure générale de la république bolivarienne du Venezuela jusqu’à sa destitution par la nouvelle assemblée dite Constituante, le 5 août 2017. Elle était à ce poste depuis 2008, l’année de la prise de ses fonctions et reconduite en 2014 par l’actuel président, Nicolas Maduro. Suivant attentivement ce qui se passe au Venezuela depuis plusieurs mois (et quelques années au compteur avant 2013), là où il fallait, il y a encore huit mois constater une absence d’information, ou selon des canaux locaux, l’emballement médiatique est de retour. Pour le meilleur, rien de moins sûr, mais pour en faire un objet de propagande, l’on se bouscule au balcon… Certaines parodies partisanes très révélatrices de l’incompétence et de la  mauvaise foi.

Le phénomène n’a rien de très nouveau, faut-il pouvoir trier et éviter les déchets nombreux. Toutefois la violence au Venezuela fait des journalistes des cibles, ou l’objet de menaces et d’attaques physiques des forces de l’ordre, comme il était constatable, lors de la journée du dimanche 30 juillet sur différentes antennes de télévisions. 49 médias depuis janvier 2017 ont été interdits. Certes d’oppositions ou étrangers et principalement dans les quartiers les plus huppés de la capitale, cependant une violence palpable, et aussi le fait de petits groupes agitateurs cagoulés et loin de faire masse, que l’on nomme sous le nom de «Garimbas». Une agitation servant au gouvernement de Maduro pour serrer un peu plus les boulons et répandre son terrorisme d’Etat.

Luisa Ortega en ce mois d’août a fui en Colombie se sentant menacée, elle et sa famille, mais aussi des proches ou des juristes ont pris la poudre d’escampette, dont son conjoint, German Ferrer député (3), jusqu’à peu membre du Parti Socialiste Unitaire du Venezuela (Psuv) et ancien du Parti  Communiste (Pcv). Il avait été en 2004 et 2005 un des membres du cabinet de la présidence de la république et a été un des fondateurs du Psuv en 2006, réélu en 2015 à l’Assemblée nationale ou douze années de mandats. Il se voit actuellement poursuivi par une affaire touchant aux hydrocarbures de l’Orénoque (partie Amazonienne du Venezuela) sorte de contre-feu politique au nouveau scandale du siècle. Face aux accusations portées par Luisa Ortega sur le scandale touchant directement Maduro et des ministres dans l’affaire Odebrecht, un entrepreneur brésilien, ce dernier aurait payé pour ses ouvrages 300 milliards de dollars à Maduro et son entourage. Dont cent millions seraient arrivés dans les poches de Diosdado Cabello, un des hommes forts du régime, parce que militaire et ancien du MBR-200 (Mouvement bolivarien révolutionnaire à l’origine d’un des deux coups d’état de l’année 1992).

Hors de l’accusation portée contre German Ferrer, cette région devrait connaître quelques gros grabuges, 10% du territoire amazonien du pays être livré à un mégaprojet dans la récupération des bitumes lourds ou pétroles et extrêmement polluant, pour petite parenthèse (4). En raison de l’état de l’outil productif et de la situation générale, ce projet reste en l’état difficilement réalisable vue la situation économique et politique, mais demeurera et autant le faire savoir !

Quand le dogmatisme aveugle, il n’y a pas grand-chose à faire, sauf à remarquer le relativisme qui ferait du Venezuela une citadelle assiégée. Ce nouvel échec du capitalisme d’état, au nom du socialisme, permet aux derniers stalinistes de se transformer en victimes, à quelques vieux gauchos de l’encrier d’asseoir leurs certitudes. La vieille ritournelle du complot et son corollaire paranoïaque agit à merveille, le couple Cia/Etats-Unis suffit à lui seul à hystériser et trouver les parallèles historiques sans fondements. Il faut bien s’amuser à se faire peur, car le sort de la population vénézuélienne est le cadet de leur souci, tant que les dogmes et les certitudes sont là, même le doute n’a pas lieu.

Au Venezuela, il ne peut être que constaté une situation bloquée sur fond de tensions internes et externes, me poussant une nouvelle fois à écrire. Comme tout pays, le Venezuela n’échappe pas aux mécanismes d’une tension internationale pour partie inédite. Et va au rythme d’une crise sans précédent dans ses frontières, où la plupart des biens les plus essentiels ont disparu des surfaces commerciales ou alimentaires, privées, ou d’états comme les Mercal ou magasins impulsés par Chavez pour les plus démunis vers 2005, ou la population ne pouvant se payer les produits du marché courant.

En 2017, les combines ou les trafics, et le rationnement mettent en prise des millions de vénézuéliens qui n’ont pas demandé à être privé de médicaments usuels et vitaux, ou de ce qui compose leurs rations quotidiennes ou repas, où l’on constate une chute inquiétante des besoins caloriques par habitants. Se voir ainsi réduites à la portion la plus congrue et condamnée à la disette, les carences alimentaires progressant à grands pas dans une certaine indifférence. Une situation sanitaire et humanitaire qui devrait alerter les opinions publiques mondiales et procéder d’une assistance d’urgence. La mobilisation et l’organisation de la solidarité un objectif premier.

Non pas que le politique soit dérisoire, quoi que pas vraiment à la hauteur des enjeux, s’il existe de nombreux problèmes afférant aux droits de l’Homme, l’exigence serait d’éviter les fausses querelles et de favoriser aussi bien une issue politique, c’est-à-dire démocratique, qu’humaine, et celle-ci ne peut attendre. Si une personne m’avait raconté, il y a peu d’années, que la Colombie serait confrontée à des vagues migrantes venant du Venezuela, j’aurais probablement souri sur une telle improbabilité. L’objet de ce présent article n’étant pas de remettre en cause l’élection de Nicolas Maduro de 2013. Mais de s’interroger sur comment en quelques années, les oppositions les plus virulentes ont pu revenir aux anciennes méthodes de déstabilisation connues déjà en 2003 lors la grève générale? Dans les heurts intervenus ces derniers mois, les deux camps ont subit des attaques et il ne peut que provoquer des tentations de guerre civile, même si tout donne à croire que Maduro a repris le dessus, il n’y a pas besoin de chercher à Washington des têtes brûlées, avec des millions d’armes en circulation, tous les ingrédients demeurent.

Juste après la tentative de coup d’état du 11 au 13 avril 2002, ce mouvement d’inspiration patronal avait abouti à une paralysie économique du pays et fut l’objet de vives tensions entre pro et anti-chaviste dans la population. Cependant il faut distinguer les présidences du défunt Chavez, de son suivant et héritier, les hic sont pour bonne part dans une constitution taillée pour l’ancien président. Certes, comme il est possible de le lire pour accuser Hugo Chavez de tous les crimes de la terre et du ciel; sauf que la méthode de Maduro n’est pas vraiment conforme à son idéal démocratique. Même s’il est possible de reconnaître une dérive autocratique à partir de 2007, Chavez n’était pas sorti des clous des droits de l’Homme, et a toujours su négocier en coulisse, et même reconnaître ses erreurs en public et accepter la défaite, quand il proposa une vision socialiste des institutions en 2009. Un souci d’équilibre, de nuance, qui poussent d’autres à écrire l’histoire d’un fantôme ou d’un fantasme (fantôme en espagnol).
 
Comme Bolivar son mentor, Chavez a labouré la mer, comme l’écrivit Marquez, et le peuple vénézuélien se voit aujourd’hui dépourvu dans un pays en pleine errance et toujours avec les plus grandes réserves de pétrole du monde. Source à l’origine de la désintégration de son propre système agricole au début du vingtième siècle. Une agriculture plus que défaillante, depuis des décennies et qui aurait pu répondre aux besoins internes actuels, si l’enjeu agricole et alimentaire n’avait pas été un échec de tous les pouvoirs depuis des lustres. Un système mono productif et une rente financière aux aléas des crises ou chutes des prix depuis les années 1980, dont la responsabilité est surtout dans un système d’imposition, où la plus value est très faiblement taxée, comme quoi le « socialisme » vénézuélien est à cet égard bien plus ouvert à la donne capitalistique que nombre de nations européennes pour ses taux d’imposition. Et le système de contrôle des changes favorisa un marché noir de la monnaie nationale et une des sources des difficultés nombreuses et pour certaines jamais résolues.

Le fil et les mécanismes de la parano ?

Il est préférable d’éviter les équivalences ou comparaisons entre l’Europe et l’Amérique du Sud, les disparités nord-sud n’ont pas pour autant été éliminées et les niveaux de vie reste assez lointain, en dehors d’une minorité aisée et peu représentative des forces vives. Le Venezuela vit au rythme du temps des vaches maigres et je crains que les volontés populaires affichées ne soient qu’un spectacle de pantomime, l’expression de peur cachée ou provoquée. Quand il fait faim, les paroxysmes et concurrences pour la survie sont aussi un moyen d’asseoir un pouvoir sous l’emprise de la peur. Chacun sauvant sa peau comme il peut…

Le stratagème d’attaques extérieures, la CIA comme au temps de Nixon, c’est assez improbable, mais ça marche chez les orthodoxes et dogmatiques. Le Venezuela sous la forme d’un nouveau Chili et Maduro dans le costume d’Allende en 1973 rassure les vieux dinosaures. Une vieille armée de réserve marxisante qu’il n’y a pas lieu de soutenir, tout comme les messages apocalyptiques de la Maison-Blanche et le tout sur un discours paranoïaque pour souder les troupes depuis le fortin de Miraflorès. En matière de spectacle, ils sont forts ces Américains du sud et du nord, et la question est de savoir, qui pourrait faire entendre un peu de raison à Nicolas Maduro et ses sbires? Tout en échappant au scénario du nouvel oncle Sam à la mèche délirante ? 

La Chine finance beaucoup, et a condamné toute idée d’intervention étrangère, la Russie, fournisseur du gros de l’armement mettra sa patte si besoin était et a déjà annoncé qu’il n’était pas question d’interventions étrangères à caractère militaires. La France avait elle aussi condamné par son nouvel ambassadeur M. Romain Nadal sis à Caracas toutes formes d’intrusion dans les affaires politiques nationales et visait les Etats-Unis. Avec ou sans soutien, l’opposition la plus revancharde est capable de tous les scénarios pour pousser aux affrontements. C’est en interne que la situation a quelque chose d’inextricable et qui laisse douter quant à une issue pacifique et un retour de la démocratie.


Le terme d’impasse pourrait être utilisé, mais plutôt que de choisir cette voie barrée ou propre aux discours propagandistes des deux bords, de la MUD (ou Table de l’Unité Démocratique) ou du madurisme ambiant, la question serait de sortir d’une situation du tout venant, où les premiers à payer la note sont les Vénézuéliens. Le terme de blocage est plus en adéquation, faisant écho face à une situation politique plus que tendue depuis plusieurs mois et années. Notamment depuis que, Nicolas Maduro en toute violation d’au moins un article de la constitution de la cinquième république dite bolivarienne appela à l’élection d’une nouvelle assemblée, qualifiée de Constituante. Il aurait fallu l’accord des deux tiers de l’Assemblée pour y recourir. Une constituante comme tour de passe-passe, sachant qu’il n’y a pas de bicamérisme (ou pas de Sénat) et que l’objectif était de se débarrasser au nom du chavisme de ce qui aurait dû constituer un gouvernement de co-existence ou de cohabitation en France, une particularité difficile à comprendre et dès plus contradictoire pour un observateur étranger.

Une constituante aurait pu siéger, si elle n’avait pas eut pour but d’éliminer les forces d’oppositions majoritaires depuis 2015, ayant donné lieu à de multiples ambassades dont celle du Vatican et tentatives de dialogues relevant d’une mission impossible. Tant les antagonismes se sont creusés et depuis règne une chape de plomb. Devant cette décision, à part la Bolivie et le Nicaragua, et Cuba, qui sait l’Equateur sans l’affirmer, toutes les nations sud et centroaméricaines n’ont pas reconnu le scrutin du 30 juillet, pas plus qu’il n’y avait à valider le référendum des opposants du MUD, tout aussi anti-constitutionnel et sans validation possible au regard du droit international. Pour un pays qui s’est coupé de la plus haute juridiction politique en la matière, l’Organisation des Etats Américains et ses tribunaux (autonomnes) en charge des droits de l’Homme (la CIDH Cour interaméricaine des Droits Humains) n’a pas aidé à chercher des conciliations et permet au Venezuela d’échapper à tout contrôle. Le Mercosur a lui aussi pris ses distances et n’a pas reconnu la nouvelle assemblée.

Juste après la crise liée au renouvellement des billets de banque en décembre 2016. En raison de l’effondrement de la monnaie, le président Maduro avait procédé à de nombreux réajustements politiques, un peu comme un jeu de chaise musicale, un nouveau vice-président en janvier, des attributions allant changer au fil des semaines jusqu’à l’élection pas très licite de la nouvelle Assemblée Constituante composée de 545 membres élus, le 30 juillet.

Sur le plan social, la mise en place d’un carnet de rationnement semble la solution requise pour les autorités maduristes. Plus 15 millions de Vénézuéliens disposent depuis peu d’une carte de crédit, sous forme d’une pièce administrative ou pour voter et en âge de le pouvoir. Une campagne de « Carnetizacion » a été organisée, un néologisme pour désigner une carte de rationnement nouveau genre, ou le droit à des allocations en un seul guichet dans un dédale de mission, venue à l’origine suppléer les manques et ratés des services publics de la IV° république. La carte plastique miracle a donné lieu à des inscriptions et mise en fiche dont les données peuvent avoir quelques incidences dans la partition politique qui s’est engagée. De toute façon, même le fournisseur britannique du vote électronique a lui aussi émis de fortes réserves quant au nombre de votants pour la Constituante et possibilités de malversations au regard d’un produit manufacturé à l’origine par son entreprise et 41% ne fait pas une majorité comparable à celle de 1999.

Un vrai bourbier politique qui favorise les positions les plus extrêmes. Trouver les chemins d’une concorde demanderait des concessions de toute part. Pour sortir le Venezuela de son marasme faut-il pouvoir disposer d’un accord visant d’abord à remplir les pharmacies et les ventres. Quels pays pourraient concourir à cette épineuse problématique ? L’attitude, prudente et réservée du Quai d’Orsay peut laisser la porte ouverte à une diplomatie, le seul sas de décompression existant, et nous ne manquons pas en France d’aliments et médicaments, il serait envisageable de le faire en échange d’hydrocarbures, et disposons en ce domaine quelques intérêts sur place. Faute d’argent ou de papier-monnaie à environ 1000% et des brouettes d’inflation passées et malgré les augmentations pour rattraper la différence est un phénomène se mordant la queue, et Maduro a refusé jusqu’à présent toute aide humanitaire ou envoie de cargos d’ONG avec des provisions d’urgence. Maintenant reste à savoir si la France et aussi l’Europe Unie vont participer à des négociations et comment d’ici du vieux continent, il est possible d’apporter toutes les aides utiles à la population, quitte à se servir du troc.

Rien n’est jamais inextricable, et ce défi n’est pas impossible. Je pourrais avoir le sentiment de revenir du temps où il fallait être dans le camp de l’Ouest ou de l’Est, je n’ai jamais appartenu à cette vision réductrice des choses et une victime sous un régime dit de gauche ou de droite reste une victime. De plus la complexité vénézuélienne demande à rester mesuré, le poids de l’armée et pas des révoltes de seconde main est une des clefs du problème, et les rivalités internes à tous les camps. Et ce sont toujours les civils qui paient les pots cassés au sens large. Le madurisme a suppléé le chavisme, ce n’est pas le premier mouvement révolutionnaire qui s’effondre, pour l’instant sous une forme d’opéra du crépuscule staliniste aux airs de salsa. Les donneurs de leçon ne seront pas les payeurs et les réalités sont effrayantes, de quoi se sentir responsable et pas dupe des endoctrinements, ou choix de trouver ici en France des boucs émissaires.

C’est tout bonnement une considération internationaliste, et pas un objet alibi que j’ai tenté de dépeindre aux prises d’une actualité redondante, qui n’a fait qu’enfler en cette période estivale. Au lieu de rajouter des polémiques inutiles, il est question de trouver des solutions et ne pas pousser une région du monde à plus d’embrasement. La seule responsabilité politique est dans les mains de la présidence de la République française et de ses homologues continentaux. A titre individuel et à huit mille kilomètres de distance, nous ne pouvons pas faire grand-chose, ni véritable moyen de faire entendre la voix d’un apaisement. Pour de multiples raisons et au-delà d’une vieille union entre nos pays respectifs, le temps des responsabilités historiques n’est pas venue, l’agir est au présent et ne se conjugue pas à l’imparfait.

Une histoire douloureuse et ignorée

Cela fait des années que le Venezuela est l’objet de campagnes de presse aux airs de fausses nouvelles, amalgames et manipulations à la clef, donc rien de très nouveau sous le soleil de Caracas. Qui plus est depuis la France, les connaisseurs ne se bousculent pas au portillon, pas beaucoup de gens à citer pouvant expliquer la situation de manière équilibrée, ou bien sortir du pour ou contre, cette approche classique et binaire sur le régime en place. Le Venezuela comme tout comme pays dans le monde à sa part de complexité et une histoire ignorée de relations avec la France datant l’émergence des nouvelles républiques latino-américaines au début du XIX° siècle.

La démocratie n’est apparue qu’après une période de transition de vingt ans en janvier 1958 avec le pacte de Punto Fijo et un système politique bipartisan, excepté deux années de 1945 à 1947 qui avait été un préambule et une brève expérience avec à sa tête des intellectuels progressistes, suivirent dix années d’une nouvelle dictature militaire. L’organisation démocratique de ses institutions débuta véritablement avec la IV° république avec le président Romulo Bétancourt. De 1945 à 1975, le sort des Vénézuéliens toutes classes sociales confondues évolua au rythme d’une économie fleurissante, une meilleure redistribution des richesses et une monnaie le Bolivar, qui n’avait pas besoin de s’appeler fort représentait à l’époque une monnaie refuge, comme le franc Suisse. Les années phares de cette redistribution de la manne pétrolière n’a duré véritablement que les premières années accompagnée d’une loi sur les grandes propriétés foncières visant à mettre fin à la domination des grandes propriétés agricoles (le Latifundisme), et s’avérer être un échec complet et ne changeant pas la donne. Toutefois se mit en place tout un réseau scolaire public qui faisait défaut depuis toujours, à l’exemple du ministre de l’économie, en 1958, il était le seul diplômé en ce domaine du pays et encore après avoir suivi un cursus aux Etats-Unis.

Je n’entrerai pas dans les détails sur l’histoire du pétrole, simplement pour remarquer qu’avant de devenir un des plus gros producteur de la planète en hydrocarbures, le Venezuela était un producteur de produit agricole, dont une forte production de cacao et l’un des meilleurs du monde pour les amateurs. Il faut aussi tenir compte d’un facteur non négligeable, la démographie qui en un siècle va passer de trois à trente millions d’habitants. Ceci pour une surface ou un territoire de presque deux fois la taille de la France ; environ 910.000 km2 hors réclamations sur les frontières et les Guyanes (anciennement britanniques). 93% des Vénézuéliens sont des citadins, et l’agriculture reste une grosse épine dans le pied d’un pays devenu importateur de presque tout, jusqu’aux eaux en bouteille sous la marque coca-cola… A part de rares produits andins comme le fromage, cette nation qui devrait en la matière être autonome comme ses voisins brésiliens ou colombiens, le Venezuela souffre d’un manque chronique de productions locales et rien n’a pu inverser cette réalité, pareillement que sous Bétancourt, sous Chavez les réformes ont plutôt échoué et en raison de la situation actuelle, la question est de comment aider et soutenir des projets favorisant la sortie des mondes carbonés ?

J’ai tenté de défendre ce point de vue sans grande réussite depuis plusieurs années, le climat actuel et les commentaires d’une presse avide de sensation et sous le coup de mentons de nos tribuns nationaux. Pourtant en France nous disposons de la technicité et des outils pour former même en terre tropicale des agriculteurs et ingénieurs, et nous pourrions y jouer un rôle novateur et faîtes de collaborations à envisager avec une nation pas si lointaine… Un avis qui grandirait un débat cynique, fait d’invectives et du mépris total pour une population en danger. Si rien n’était fait par voie diplomatique, les secousses à venir bien plus dévastatrices et le Venezuela est sur « la voie d’une dictature » comme a pu le préciser Madame Luisa Ortega. Les nuances ont leur importance et plus vite les Vénézuéliens retourneront aux urnes, plus loin le spectre d’une dictature se profilera et rien ne dit que Nicolas Maduro en serait la figure de proue. Dans son vocabulaire, l’ancienne Procureure générale et même si de nombreux magistrats vénézuéliens ont dû prendre la fuite ou l’exil, avant de lâcher les grands mots, il serait préférable de penser aux répercutions en interne. Chaque mot compte et l’exercice fait appel au calme et de ne pas tout confondre.

N’étant ni partisan du nouveau Président français, ni de son opposant officiel, M. Mélenchon, tout débat entre ces deux hommes est le bienvenu ! Mais beaucoup repose en des échanges qu’un citoyen sans grand moyen autre que d’écrire sur un pays que j’aime, je n’ai pas envie à huit mille kilomètres à relever toutes les souffrances, trop nombreuses et injustifiables, et plutôt que de jouer les Cassandre, j’appelle à un peu de clairvoyance et de ne pas faire du Venezuela un ring de nos envolées et parfois délires paranoïaques, comme une probable invasion étasunienne.

Conclusion

De la farine de blé, de maîs, du lait, des produits carnés, …, plus toute la pharmacopée possible à faire suivre demanderait de gros navires et une saisine de l’Onu, pour au plus vite rendre leur dignité à tout un peuple. Qui à ce rythme se prend une fois de plus une crise économique et sociale, insupportable. Plus des factions ou milices armées au service d’une terreur mettant sous coupe réglée une population qui n’en a pas besoin et a suffisamment subit.

Pour finir, n’ayant pas le temps de traduire un texte en espagnol d’une cinquantaine de pages d’Edgardo Lander, sociologue (5), vous pouvez cependant consulter son analyse sur les années Chavez et les questions actuelles, depuis la mise en oeuvre d’une Constituante maduriste ne respectant pas les propres clauses de la Cinquième République bolivarienne. Je vous renvoie à d’autres sources (en espagnol et en anglais) et informations complémentaires.

Notes et informations complémentaires :

(1) Carlos Navarro du syndicat ASI Venezuela était présent en juin à Paris et l’invité de la CFDT pour témoigner de la situation. Ci-dessous l’audio de la Conférence en présence du secrétaire général, Laurent Berger, et d’autres intervenants comme Mme Garrigos pour Amnistie International, et questions du public (durée :1h50).

Table ronde sur la situation au Venezuela avec Carlos Navarro président de l'ASI


(2) Lire après en complément sur cette même page la communication de l’ONU à Genève du 30 août 2017 et son rapport alarmant sur les droits humains.

(3) Germán Ferrer, el guerrillero perseguido por la revolución chavista (le guerriero poursuivi par la révolution chaviste), journal El tiempo, août 2017. Il est dressé un portrait biographique de cet ancien militant révolutionnaire pro-cubain. Il a été notamment incarcéré à Caracas dans l’ancienne prison militaire de San Carlos dans les années 1970.

(4) Projet miniers et luttes sur l’Orénoque, partie amazonienne du Venezuela,  ce document en espanol est une contribution pour l'annulation du décret concernant l'Arco Minero del Orinocoà lire ici !

(5) Le Venezuela, l’expérience bolivarienne en lutte pour transcender le capitalisme, par Edgardo Lander, août 2017, et à lire sur cette même page son article en français sur l'Assemblée Constituante.

Premier rapport de l’ONU
sur le VENEZUELA

sur les manifestations intervenues du 1er avril au 31 juillet 2017

LES VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME INDIQUENT
QUE LES AUTORITÉS CHERCHENT À MATER LES VOIX CRITIQUES

Office des Nations Unies depuis Genève, le 30 août 2017
 
Les violations massives des droits de l’homme et des abus graves de ces droits commis au Venezuela dans le cadre de manifestations hostiles au gouvernement trahissent «l’existence d’une volonté politique de réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population, afin de mettre un terme aux protestations», selon un rapport (*) du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

«Le recours généralisé et systématique à une force excessive pendant les manifestations, et la détention arbitraire de manifestants et d’opposants politiques présumés, indiquent qu’il ne s’agit pas d’actes isolés et illégaux de la part de quelques officiers», déclare le rapport.

Le rapport invite le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à envisager de prendre des mesures afin d’empêcher que la situation des droits de l’homme au Venezuela, qui siège actuellement au Conseil, ne se détériore encore plus.

L’analyse menée par le Haut-Commissariat indique que sur les 124 décès liés au mouvement de contestation et sur lesquels le ministère public enquêtait en date du 31 juillet, 46 pouvaient être imputés aux forces de sécurité et 27 aux colectivos, les groupes armés pro-gouvernement. Pour les 51 morts restants, aucune responsabilité n’a pu encore être établie.

Pendant la période couverte par le rapport, à savoir du 1er avril au 31 juillet, le ministère public a ouvert une enquête sur au moins 1.958 cas de blessures encourues dans le contexte des manifestations. L’examen de ces blessures réalisé dans le rapport indique une intensification progressive de l’utilisation de la force. Si, début avril, la majorité des blessures relevaient de l’inhalation de gaz lacrymogènes, en juillet le personnel médical soignaient des blessures par balles.

«La réaction des autorités vénézuéliennes aux récentes protestations s’est faite aux dépens des droits et des libertés des citoyens, a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, M. Zeid Ra’ad Al Hussein. Le gouvernement doit garantir qu’une enquête rapide, indépendante et efficace sera menée sur les violations des droits de l’homme dont les forces de sécurité se seraient rendues coupables et sur les graves abus commis par les colectivos ou des manifestants violents. Cela implique que les enquêtes ouvertes par le ministère public pendant la période couverte par le rapport se poursuivent et soient scrupuleusement et visiblement impartiales», a-t-il ajouté.

«Le droit de rassemblement pacifique a été systématiquement violé, et un grand nombre de manifestants et de personnes identifiées comme des opposants politiques ont été détenus. Le rapport fait également état de graves violations du droit à un procès équitable et de traitements dégradants assimilables dans certains cas à de la torture», a annoncé M. Zeid.

D’après les estimations fiables d’une ONG locale, plus de 5.000 personnes ont été détenus depuis le 1er avril, et plus de 1.000 étaient encore détenues en date du 31 juillet. Au moins 609 civils arrêtés dans le contexte des manifestations ont été déférés devant des tribunaux militaires. Le rapport invite le gouvernement vénézuélien à mettre un terme aux détentions arbitraires et au recours aux tribunaux militaires pour juger des civils.

Des groupes organisés de manifestants anti-gouvernement de manière informel ont eux aussi versé dans la violence, utilisant des armes improvisées allant du lance-pierres aux cocktails Molotov et mortiers artisanaux. Au moins quatre personnes auraient été tuées par des groupes ou individus hostiles au pouvoir en place et, selon le gouvernement, neuf membres des forces de sécurité avaient été tués au 31 juillet. Le rapport appelle les partis d’opposition à condamner tous les actes de violence, en particulier ceux commis par des groupes violentes de manifestants.

Le rapport documente des attaques menées par les forces de sécurité contre les journalistes et les travailleurs des médias afin de les empêcher de couvrir les manifestations. «Des manifestants et des journalistes ont été qualifiés d’ennemis ou de terroristes par les autorités, des mots qui n’ont rien fait pour atténuer le climat de violence et de polarisation, voire qui y ont contribué», a dénoncé le Haut-Commissaire.

S’il reconnaît que le nombre de manifestations, d’arrestations et de décès a diminué depuis le 1er août, M. Zeid s’est dit préoccupé par les récentes mesures prises par les autorités pour criminaliser les leaders de l’opposition politique par le biais de la Commission de vérité, de justice et de paix.

«La Commission, établie récemment par l’Assemblée constituante, ne remplit pas les critères fondamentaux de transparence et d’impartialité, indispensables pour mener des enquêtes indépendantes et non motivées par des considérations politiques sur les violations des droits de l’homme et les abus commis», a-t-il commenté.

Le Haut-Commissaire a averti que la crise économique et sociale persistante et les tensions politiques croissantes risquent d’ aggraver la situation du Venezuela.

«J’encourage le gouvernement vénézuélien à suivre les recommandations formulées dans le rapport et à se servir des conclusions de celui-ci comme lignes directrices pour la recherche de la vérité et de la justice pour les victimes de violations et d’abus. Je réitère mon appel au gouvernement à renoncer à toute mesure susceptible d’aggraver les tensions politiques et invite toutes les parties à poursuivre un vrai dialogue afin de mettre un terme à la crise», a conclu M. Zeid.

(*) Le gouvernement vénézuélien n’ayant pas répondu aux demandes d’accès au terrain, une équipe d’enquêteurs a mené des investigations à distance sur les violations des droits de l’homme entre le 6 juin et le 31 juillet. Le rapport se base sur l’analyse faite par ces enquêteurs des informations qu’ils ont collectées, notamment à travers 135 entretiens avec des victimes et membres de leur famille, des témoins, des organisations de la société civile, des journalistes, des avocats, des docteurs, des urgentistes et des représentants du ministère public.

Conférence de presse en audio ou MP3 (en anglais) : à écouter ou télécharger ici !

Le rapport complet en anglais et en espagnol

Images des violences par Human RIghts Watch
cette vidéo est déconseillée aux personnes sensibles ou mineures





L'assemblée constituante
du président Maduro?
 


par Edgardo Lander (*), le 4 aout 2017 - Traduction de Cathy Ferré
Le décès de Chávez en 2013 et la chute des prix du pétrole peu de temps après ont correspondu à l’effondrement de deux piliers fondamentaux du processus bolivarien, qui entra alors dans une crise  profonde.  La crise structurelle due à l’épuisement du modèle pétrolier rentier qui s’était imposé depuis le début des années 1980 et qui avait semblé s’effacer au cours de la première décennie de ce siècle, surgit à nouveau avec une vigueur renouvelée.

Maduro, qui ne jouit pas des capacités de leader de Chávez, gagne les élections présidentielles de 2013 avec une différence de moins de 2% des voix. En 2015, l’opposition remporte les législatives par une très large majorité, et obtient ainsi les 2/3 des sièges, majorité « qualifiée » permettant de nommer les membres du  Tribunal Suprême de Justice (TSJ) et du Conseil National Électoral (CNE). Le gouvernement de Maduro reconnait rapidement qu’il a perdu la majorité de l’appui populaire mais constate également qu’il ne peut pas se maintenir au pouvoir s’il respecte les limites imposées par la Constitution. Il commence alors à prendre une série de décisions qui, de fait, l’éloignent peu à peu du cadre de la Constitution Bolivarienne: le référendum révocatoire, qui avait été considéré comme une des plus importantes conquêtes de la démocratie participative, n’a pas lieu; les élections de gouverneurs, qui auraient dû se tenir en décembre 2016, sont reportées; les membres du TSJ et du CNE sont nommés de manière non conforme à la Constitution (lire après le texte les articles de convocation d'une nouvelle Constituante au sein de la Constitution vénézuélienne); enfin, ignorant pour la première fois les résultats d’une élection populaire, le gouvernement dépossède l’Assemblée Nationale de ses attributions constitutionnelles qu’il répartit entre le pouvoir exécutif et le TSJ. À partir de février 2016, le président Maduro gouverne en s’appuyant sur les pouvoirs qu’il s’auto-attribue, en lien avec l’état d’urgence,  sans attendre l’aval de l’Assemblée Nationale, pourtant nécessaire constitutionnellement et pour une période nettement supérieure au maximum permis par  la Constitution.

C’est dans ces conditions que  se déroule d’avril à juillet une forte offensive contre le gouvernement, de la part de l’opposition qui réalise conjointement des mobilisations pacifiques massives dans les villes principales du pays, des activités violentes, la destruction d’installations publiques d’éducation, de santé et de transport, ainsi que des actes terroristes et des opérations menées pas des groupes paramilitaires qui bénéficient d’un appui extérieur. Le gouvernement répond par une répression indiscriminée, complétée par les actions de collectifs civils armés qui attaquent violemment les mobilisations de l’opposition. Il en résulte une escalade de violence qui se solde par plus de 120 morts, des centaines de blessés et de détenus dont beaucoup sont directement jugés par des tribunaux militaires.

Voilà le contexte dans lequel le président Maduro annonce le 1er mai la convocation d’une Assemblée Nationale Constituante (ANC). Une ANC, c’est en principe un acte démocratique, le début d’un processus participatif au cours duquel les secteurs les plus larges et les plus divers de la société peuvent délibérer, négocier, s’accorder sur des critères et des normes de base permettant d’avancer vers le modèle de société souhaité. C’est ainsi que s’était déroulée la Constituante convoquée au moyen d’un  référendum national, pendant les premiers mois du gouvernement de Chávez, en 1999. Cette  belle expérience  n’a rien de commun avec la convocation réalisée par le président Maduro.

Certes, la Constitution n’est pas complètement explicite sur ce sujet mais elle  établit une nette différence entre  “prendre l’initiative” de la convocation, ce que peut faire le président, et “convoquer”, ce qui est une attribution exclusive du peuple souverain (article 347). Cela implique qu’il aurait fallu réaliser un référendum consultatif  pour décider de la convocation, comme cela s’est fait en 1999. Il est évident que cela ne s’est pas passé ainsi en 2017 parce que le gouvernement ne bénéficiait pas de l’appui électoral nécessaire pour remporter cette consultation. Un autre problème résulte du découpage électoral absolument arbitraire et anti-démocratique, élaboré pour  convertir la minorité actuelle de soutien au gouvernement  en majorité écrasante à l’ANC. Les formes sous lesquelles avaient été réalisées les élections antérieures ont été modifiées : un double régime de représentation, territorial et sectoriel a été créé. Au sein du découpage territorial, lesmunicipalités rurales, moins peuplées, ont bénéficié d’une extraordinaire sur-représentation, en comparaison avec les municipalités urbaines qui concentrent la majeure partie de la population et où le rejet du gouvernement est plus important. Le principe constitutionnel de la représentation proportionnelle a donc été violé expressément et intentionnellement.

La définition de la participation sectorielle a aussi posé problème. Il avait en effet été décidé que des constituants seraient élus pour représenter chacun des sept secteurs de la population. Environ cinq millions de citoyens ont été exclus de ce droit de vote par secteur, ce qui a créé une différence entre les citoyens de premièrecatégorie dotés du droit de voter deux fois et les citoyens de deuxième catégorie qui n’avaient droit qu’à un seul vote.

Selon la Constitution, le vote n’est pas obligatoire. Pourtant des porte-paroles du gouvernement, en commençant par le président lui-même, ont lancé des menaces sur les graves risques courus par ceux qui ne participeraient pas au vote. Des listes d’employés publics, de travailleurs des entreprises d’État et de bénéficiaires des programmes sociaux ont été utilisées pour les prévenir qu’ils perdraient leur emploi et leurs avantages s’ils ne votaient pas. Maintenant que les élections sont passées, on assiste à une multiplication de plaintes contre l’application effective de ces sanctions.

À l’occasion de ces élections, le CNE a abandonné les principaux mécanismes de contrôle qui avaient fait du système électoral vénézuélien un modèle detransparence et de fiabilité. Les différentes auditions exigées par les normes électorales n’ont pas toutes été réalisées.. L’encre indélébile destinée à garantir que chaque électeur ne vote qu’une fois n’a pas été utilisée. Le papier des registres électoraux a de fait été éliminé. Ces registres étaient tenus avec la participation des différents groupes politiques pour confirmer leur exactitude. Quand le CNE a décidé au dernier moment que les électeurs pourraient voter dans n’importe que centre électoral, y compris en dehors de leur municipalité, c’en était terminé de cet instrument vital de contrôle et de transparence du processus électoral !

En conséquence de la convocation inconstitutionnelle de l’ANC et des délais très serrés établis pour le dépôt des candidatures, seuls ont participé en tant que candidats, électeurs et assesseurs, les  partisans du gouvernement. Tout cela a pratiquement transformé les élections du 30 juillet en des élections internes au PSUV sans témoins extérieurs.

De fait, les médias n’ont pas pu couvrir la journée électorale car les journalistes ne pouvaient pas s’approcher à moins de 500 mètres des centres de vote, ce qui a fait de ces élections un processus absolument pas public.  Le président de Smartmatic, l’entreprise qui a fourni la base technologique de tous les processus électoraux entièrement automatisés réalisés depuis 2004, a déclaré qu’il ne pouvait pas garantir la véracité des résultats présentés par le CNE, car ceux-ci avaient été manipulés et que le nombre total d’électeurs avait eté  augmenté d’au moins un million.

Il n’y a aucune raison de faire confiance aux résultats annoncés par le CNE.  Celui-ci a déclaré une participation de 8.089.320 électeurs, chiffre hautement suspect, pour ne pas dire plus. Ce chiffre ne correspond pas du tout à ce qu’indiquaient, sans aucune exception, les principales enquêtes d’opinion qui s’étaient dérouléesdans le pays avant les élections et qui prévoyaient des niveaux de participation très inferieurs ; il n’est pas non plus cohérent avec les sondages de sortie de bureau de vote.  Ces résultats ont provoqué un profond malaise parmi des secteurs de base du chavisme et certains de ses alliés au sein du Pôle Patriotique. Il est clair que les candidatures ont été déterminées de manière à assurer que le nouveau pouvoir constituant soit une fidèle expression du pouvoir constitué, en garantissant l’élection de tous les hauts dirigeants du PSUV, ainsi que de tous les ministres et gouverneurs qui ont renoncé à leurs charges pour se présenter à ces élections.

Les graves problèmes affrontés aujourd’hui par le pays ne sont pas d’ordre  juridico-normatif. Ce n’est pas au moyen de modifications constitutionnelles que se résoudront  la sévère crise humanitaire au niveau de l’alimentation et de la santé, la profonde récession, la détérioration  de l’appareil productif ou l’existence d’une dette externe qu’il est impossible de payer. On peut encore moins espérer qu’une Constituante qui, au bas mot, n’a pas obtenu le soutien de 58,47% de l’électorat, puisse servir d’instrument de dialogue et de paix.

Lors de ces élections, il s’est produit un démantèlement du système électoral que de grands efforts avaient permis de construire depuis 2004. Dans un pays si polarisé, qui souffre d’une telle  violence, ce démantèlement est grave. Il nous prive d’un pilier nécessaire à la possibilité d’une cohabitation démocratique. Nous n’avons plus d’arbitre de confiance. Il ne s’agit plus de savoir si des élections se réaliseront ou pas, il faut aussi s’interroger sur le but des  processus électoraux si le supposé arbitre neutre, de toute évidence, a cessé de l’être. Que se passera-t-il dans le pays si cela mène à la clôture totale de toute option électorale? Cela signifiera-t-il que s‘installeront la violence, le terrorisme paramilitaire et la répression d’État comme seules manières de gérer nos inévitables différences?

À partir du vendredi 4 aout, au moment où s’installe la nouvelle Assemblée Constituante, le pays entre dans une période de grande incertitude. Les porte-paroles du gouvernement ont annoncé que cette assemblée est plénipotentiaire et supra-constitutionnelle  et qu’elle pourra, par exemple, intervenir directement au niveau du Procureur General de la République et remplacer l’Assemblée Nationale actuelle, dont la validité est prévue jusqu’en janvier 2021. Que, prochainement, on  consulte ou non la population sur la nouvelle Constitution qui sera élaborée, il est clair que le gouvernement en est venu à désavouer, par voie de faits, la Constitution de 1999. 

(*) Edgardo Lander est enseignant et sociologue, membre de la Plateforme Citoyenne de Défense de la Constitution du Venezuela. Il a été un des principaux organisateurs du Forum Social Mondial de 2006 à Caracas.

Sources : Blogs de Mediapart et Brecha
Texte original en espanol (Uruguay) :

L'asamblea constitutyente madurista
Constitution de la République
Bolivarienne du Venezuela de 1999


Au Titre IX de la réforme constitutionnelle

Chapitre III de l’Assemblée Nationale Constituante (*)


Article 347. Le Peuple du Venezuela est le dépositaire du Pouvoir Constituant originel. Dans l’exercice de ce pouvoir, il peut convoquer une Assemblée Nationale Constituante dans le but de transformer l’Etat, créer un nouvel ordonnancement juridique et rédiger une nouvelle Constitution.

Article 348. L’initiative de convocation de l’Assemblée Nationale Constituante peut être prise par le Président ou la Présidente de la République en Conseil des Ministres, l’Assemblée Nationale, après accord des deux tiers de sa composante. Les Conseils municipaux, siégeant, après le vote des deux tiers, ou quinze pour cent des électeurs ou électrices inscrits sur le registre électoral.

Article 349. Le Président ou la Présidente de la République ne peut soulever d’objections en ce qui concerne la nouvelle Constitution. Les pouvoirs constitués ne peuvent en aucune manière empêcher les décisions de l’Assemblée Nationale Constituante. Aux fins de la promulgation de la nouvelle Constitution, celle -ci sera publiée au Journal Officiel de la République du Venezuela ou dans celui de l’Assemblée Nationale Constituante.

Article 350. Le peuple du Venezuela, fidèle à sa tradition républicaine, à sa lutte pour l’indépendance, la paix et la liberté, ne reconnaîtra aucun régime, législation ou autorité contrariant les valeurs, principes et garanties démocratiques ou portant atteinte aux droits humains.

NB : Du Titre IX, les chapitres I, II, et III, n’ont subi aucune modification depuis 1999.

Source en espagnol : Constitution du Venezuela de 1999

Des prisons pour mineur-e-s saturées
Signataires CGT, FSU, Syndicat de la magistrature, SAF, LDH, OIP
Au 1er juin 2017, 851 mineur.e.s étaient détenu.e.s en France. Un seuil qui n’avait plus été atteint depuis 15 ans Le nombre de mineur.e.s détenu.e.s suit depuis octobre 2016 une courbe de croissance exponentielle particulièrement inquiétante (+16,2%). Cette hausse est par ailleurs marquée par un recours de plus en plus fréquent à la détention provisoire, et par des condamnations à des peines de plus en plus longues.

Les effets destructeurs de l’incarcération, désormais connus et largement documentés, sont décuplés pour les jeunes : fragilisation des liens familiaux, isolement sensoriel, augmentation de l’angoisse, exacerbation de la violence et des tensions, socialisation dans un milieu criminogène... Mener un travail éducatif individualisé dans un environnement où le collectif est omniprésent, entravé par des contraintes pénitentiaires, s’avère extrêmement difficile.

Le taux de récidive suite à une détention en est la preuve : le taux de recondamnation des mineur.e.s dans les cinq ans suivant la détention est de l’ordre de 70 % – plus élevé encore que chez les majeurs (63%). Afin de réguler cet afflux de détenu.e.s, l'administration pénitentiaire organise des transferts d'un lieu de détention à l'autre, éloignant parfois encore davantage l'adolescent.e du lieu de vie de ses parents ou/et de son service éducatif de référence.

Dans de nombreux quartiers et établissements pénitentiaires pour mineur.e.s, cette situation contraint des jeunes à partager leur cellule. Et ce, alors que le principe de l’encellulement individuel a été réaffirmé par la loi pénitentiaire du 29 novembre 2009 et a fait l’objet de recommandations régulières du Contrôleur général des lieux de privation de liberté. L’article R. 57-9-12 du code de procédure pénale ne permet par ailleurs des dérogations pour les mineur.e.s qu’à titre exceptionnel, pour motif médical ou en raison de leur personnalité.

Le nouveau ministère de la Justice doit se saisir de cette situation en urgence. Il doit donner à la Protection judiciaire de la jeunesse des moyens supplémentaires conséquents pour développer les structures éducatives ouvertes permettant de lutter contre l'incarcération : foyers éducatifs, services d'insertion, milieux ouverts. Et remettre en cause les dispositions sécuritaires qui engendrent cette sur-incarcération dans une réforme courageuse de la justice des enfants et des adolescent.e.s.

Insérer, accompagner, soutenir, éduquer devront être les mots constitutifs de ce projet !

Paris, le 22 juin 2017


Pages à consulter sur l'éducation et la violence : Cliquez ici !


La grande arnaque jupitérienne
et la démocratie en péril ?


Représentation de Bellona et Janus 
C’est fini pour la farce électorale 2017, mais tout recommence avec les mêmes, les révolutions de palais ont toujours ce chic de changer les masques, mais pas les appartenances et de reprendre l’héritage. La tuyauterie a effectivement été changée, mais l’aspect plombé n’a guère changé. La sociologie de l’hémicycle et les néo-capitalistes du clan Macron ou le groupe des inféodés, plus celui de l’autocrate  Bayrou à tout d’une illusion d’optique. La droite est de retour et le magicien d’Oz derrière son théâtre d’ombre s’amuse de se voir si grand devant son miroir grossissant.

Oui, les dieux se contrefoutent de nos difficultés, seul le faste et la poudre d’escampette, les honneurs, les prestiges, l’emportement, l’emballement des minets de l’info, le sinistre spectacle du Barbier de l’Express et de ses doublures télévisuelles ont fait le travail de leurs maîtres sur les écrans. Point besoin de citer les chaînes hurlantes et débats tronqués entre experts du capital, l’exaspération a touché des sommets et la gauche politique s’est tuée. Tout est à reconstruire et à ce rythme au moins 10 ans de césarisme comme ligne d’horizon. Face à ce qui était un objet politique trouble, je n’envisageais pas un tel comportement moutonnier. Il faudra du temps pour analyser les mécanismes mis en route pour nous envoyer à ce qui ressemble à une foire d’empoigne et de démagogie. J’ai quelques aiguillons sur comment cette farce électorale s’est produite, m’interrogeant sur la démocratie menacée par une élite financière ?

Le piège à gogo a fonctionné à merveille, c’est fou comme l’illusion et le marché du rêve ont triomphé, le produit miracle et sa marche des nantis a fait de la France un pays de mouton bon à tondre. Il n’y aura même pas eu à se déplacer au second tour des législatives, personnellement j’avais le choix entre un râtelier aux dents d’acier, parachuté depuis Chalon et une avocate d’affaire. Ce qui était une députée Ps inexistante et un alibi de la diversité, tous les deux membres du même fonds de commerce, et le produit des courants droitiers du Psfio, du moins avant la grande opération commerciale et le soutien presque unanime de la presse et de ses concentrés capitalistiques  à l’OPA des milieux financiers sur les élections nationales.

Du jamais vu ou presque?


Il ne s’agit nullement d’un nouveau monde en préfiguration, mais ce qui peut exister de plus vulgaire, le degré néant de la politique. Recruter les députés par CV et par cooptation, cela n’a rien de démocratique mais le fait d’un Soviet Suprême, ou ne concourre pas seulement les affidés du nouveau Bonaparte, c’est aussi une aubaine pour le sans-culottisme ambiant, tous les terrains propices à la démagogie et à la superficialité du pouvoir d’une même classe ou caste de gens. Ce n’est pas exactement un dix-neuf Brumaire, cela ressemble plus à la victoire de décembre 1848, de Louis Napoléon, sur un air de débauche des richesses au profit d’une minorité et la mise sous coupe réglée du prolétariat français. Tout indique la voie de l’exil, dans un monde rabougri et rongé par ses concurrences despotiques. Mais pour aller où ?

Au déroulé des neuf mois écoulés, ce fut un beau suicide collectif à gauche et une retape sur les valeurs et manipulations des peurs les plus délirantes, pendant que d’autres ont su jouer avec habilité une partie d’échec avec deux ou trois coups d’avance, la stratégie a suppléé le contenu. A s’appuyer sur le virtuel, l’engagement en un clic, rien n’a vraiment bougé, la parodie a été la plus forte, et donnant le sentiment de ne pas vivre dans un pays démocratique. La seule chose qui ne meurt pas dans cette affaire, ce sont les idées, et comment en pleine objection de conscience s’opposer à ce dictat des élites du fric, ou de l’oseille, n’est pas en soit une nouvelle, mais un constat.

Mais qui en contre point, cette réalité fruit de toutes les bassesses montre toutes ses faiblesses, et prépare sa corde pour se pendre. La seule bonne nouvelle, une baisse vertigineuse des haineux, mais en contrepartie elle laisse place aux bourgeoisies dégénérées, pas de quoi s’enflammer ou sauter de joie. Avoir le choix entre l’ex. UMP/PS, la honte nationale et l’insoumission des apparences, nous sommes avec trois variantes de populisme et du nationalisme ambiant. Un grand fourre-tout idéologique dont le seul but est de maintenir des clans dans les allées du pouvoir ou d’accéder à la dernière marche.

Je veux bien prendre en compte que tout n’est pas mathématique et que l’électorat des deux candidats de gauche, Hamon et Mélenchon, ne pouvait s’additionner, toutefois je préfère certains perdants à des manœuvriers qui ne font guère dans la dentelle. Les coups portés à l’unité, les rétropédalages sur la gauche et le socialisme en fin de campagne, des cacahuètes pour amuser la galerie et asseoir quelques trublions professionnels. Monsieur Corbière va pouvoir libérer son HLM, et une famille moins aisée en profitée ?

Il serait peut-être temps de faire cause commune et arrêter de se tromper d’adversaire. Comme il ne sera jamais vérifié que le retrait de l’un ou de l’autre aurait permis un second tour. Il s’est joué une opération similaire visant à exclure Bernie Sanders du processus électoral étasunien, Trump a été élu et nous avons hérités d’un équivalent, ou de ce qui peut se produire quand l’argent et vie politique se mélange.

Une redite presque éternelle du coup d’état permanent, avec au 1er tour 51 pour cent d’abstention pour l’Assemblée nationale, ce n’est qu’un avant-goût d’un pouvoir auto légitimé, sans base sociale et des partis s’en allant en quenouille. Oui, une page est tournée, et celle qui s’ouvre n’augure rien de bon, à part la victoire des valets ou idiots utiles du capital. Le salariat, c’est-à-dire nous ou 80% de la population, cette masse devenue inerte a perdu sa conscience de classe et va en payer les conséquences à prix fort. Et comme la mémoire est une chose inégalement partagée, nous vous voilà collectivement dans un grand bond en arrière social et politique.

Un petit exemple, la supercherie de M. Hulot, l’ancien agent sponsorisé par x. multinationales dont TF1 et C°, nourrit au grain de l’Elysée depuis Chirac relève d’entre gens de même aisance. Le climat sert à endormir les bonnes consciences, quand ce n’est que poudre et canons et de leurs contrats qui l’emporteront. On a touché le nirvana, la moralité n’a rien de politique et l’aristocratie d’état a démontré comment le rouleau compresseur tourne toujours en sa faveur. Le pouvoir par le haut et aux prises des institutions de la cinquième, l’idée même de faire de la politique est un objet volé à toute idée de citoyenneté. Si, vous ne faîtes pas des courbettes et crier pas au génie de la tribune, qu’il est ou elle est la plus belle, libre à vous de vous en remettre à des clans. Entre les sectes, les petits arrangements particuliers et masques du pouvoir, il manquera le tour de vis, si propre aux régimes aux abois. La décomposition en moins d’un mois est en marche.

Mon pays me fait honte, c’est un sentiment étrange, ne plus avoir que l’impression d’appartenir à un décorum en carton-pâte. Le niveau des égoïsmes et les réflexes de mépris des classes salariées et démunies de ce pays, suscite même à droite un rejet de l’oligarchie financière, sauf que c’est toute l’armature étatique qui ne fonctionne plus au service des biens communs. Quand il y avait une bonne partie des opinions publiques qui s’interrogeait sur l’usure de nos institutions centralistes et se voulant démocratiques, nous sommes repartis pour cinq ans dans cette galère. Le fait de l’élite au sens large, élus et hauts fonctionnaires s’auto-reproduisant et empêchant tout accès au peuple souverain à la conduite des affaires. Il n’y a plus qu’à constater et espérer un sursaut des consciences libres. Sous le boisseau d’un système pyramidal, il n’existe aucune marge, seul le fait du Prince domine, c’est un problème sans solution ou sans fin…

Pourquoi un tel gâchis et d’occasions ratées?


Soit des mois à supporter cette grande arnaque intellectuelle et politique  Même s’il y avait à craindre le pire, une telle vacuité ne sont que les suites de ce système politique si détesté, mais si bien conforté dans ce qu’il a de plus pervers et d’insignifiant. Belle illusion, la magie est reine et sur des airs de Marengo dans la Cours Napoléon du Louvre et promenades au Touquet, nous avons tout le parfum et ingrédient de cet obscur objet du désir, si cher à Luis Bunuel. Pourquoi voter si les Français ont besoin d’un roi ou de vieux vassaux crasseux pour servir de bouffon à la cour?

C’est ici que commence le temps de la reconquête de nos pouvoirs perdus et idées à regagner, le nettoyage des écuries d’Augias restant toujours d’actualité, et face à la défaite des gauches incapables de s’unir, il faut maintenant reconstruire pas à pas, non pas un édifice politicard mais un corpus commun. De cette gauche démocratique sociale et écologiste sur les rotules présume d’une belle traversée du tunnel et nous devons apporter à nos grands chefs déplumés le choix de cette dérision s’étant rejouée d’élection en élection depuis 2014, la mascarade n’a que trop duré. L’abstention plus les pleins pouvoirs à la bourse de Paris et aux mains du Medef, la saignée sera conséquente et la précarité une norme. Chapeau à l’illusionniste Macron, cet homme est capable de tout vendre, cette opération contre-révolutionnaire est un succès. Mais combien de temps et à quel prix pour les nouveaux damnés de la terre?

Après le roi auprès de sa belle au bois dormant, les coups de communications de Jupiter au teint bio auprès des mortels aux bouffées consuméristes, le show continue et ne dit rien des souffrances actuelles. Faire pleurer sur la misère, cela rapporte à un 1,5 euro par bulletin et par an, la combattre c’est autre chose et pas l’assurance d’un siège auprès d’une Assemblée composée de notables new-look, les temps sont aux anglicismes les plus grossiers, comment s’en priver. Cette régression générale qui n’est pas en soit une nouvelle, caviar pour les uns et les fins de marché ou produits pourris pour les autres, sous couvert d’outrance à l’identitaire et au sécuritaire, vos richesses sont bien partagées et profits de la seule valeur qui sonne et trébuche dans les mêmes poches.

Les nouvelles soumissions qui se profilent pour nous mortels est à l’image d’un vieux monde, la référence latine à un dieu détourné de l’Olympe consacre cette logique d’ordre et de repliement d’une classe sur elle-même. Et si cette victoire du moment n’était qu’une victoire à la Pyrrhus? appelant à redoubler d’effort face à la victoire du centralisme néo-jacobin, la transversalité, le partage des savoirs, certaines formes de nomadisme ouvre des perspectives d’un genre nouveau. Mais pour faire vivre cette imagination à la base d’un renouveau politique et citoyen, il faut se défaire des tribuns et prête-noms et me semble-t-il disposer de nos propres médias citoyens, à minima, le moyen de faire circuler tous les projets associant nos propres forces et capacités à sortir de cette imposture quasi journalière.

Le monde doré des trente glorieuses (1945-1975) est bien mort, les défis sont devenu d’une autre nature, la France a vécu si longtemps dans une telle opacité, seul l’exercice d’une critique rigoureuse et respectueuse des configurations continentales peut redonner du souffle, nous éloigner de ces commémorations douteuses et électorales à Oradour-sur-glane. La cité martyre, où un de mes parents y a laissé la vie devant un peloton d’exécution. Pourquoi tant d’énergie funeste, d’équivoques, pour qui allait s’abstenir rejoindre le camp des « nazis »? Une pure indécence quand jamais et sondage à l’appui, le FN n’était en mesure de l’emporter, et je n’assimile pas les Lepen à une extrême droite germanisante et militarisée, mais à celui de son terreau national et composé surtout de lâches ne sortant les chemises brunes que s’ils se sentent en mesure de s’appuyer sur un peuple étranglé.

Quand on veut combattre la «bête», on n’utilise pas les mêmes procédés de manipulation des mémoires et des opinions. C’est plus proche des affects de l’extrême droite que du masque du bon monarque. Nous n’en sommes plus à l’exaspération et à la  trivialité de la chose, voire les chantres de l’anti-système garder le grappin sur le système économique et politique, c’est une forfanterie, même un enfant de dix ans est en mesure de le comprendre la farce qui s’est jouée. S’amuser de la mémoire collective ou attiser les replis sur la communauté est devenu un argument publicitaire, des désignations de bouc émissaire. «Bilal Hamon» a connu les vieux procédés de délations, il est tellement facile de tirer à vue sur une communauté religieuse, ces couleurs illustratives de ce nouveau monde est à la hauteur de son ignorance, des secousses du monde réel à venir.

La bataille des idées et celle d’une société est à réinventer par nous-même, ce n’est pas qu’un doux rêve, la dernière utopie en vogue, le défi s’impose en tant que tel. La victoire d’une génération de Rastignac, ou traîtres en tout genre vont être des distinctions après les chasses royales… Mais pourquoi s’accommoder devant tant d’insignifiant? La dignité est de mise devant cette vaste désolation démocratique, le sursaut social le seul horizon devant cette somnolence ou indolence de nos petits et grands bourgeois en quête de trône. Rien que du très électoral à se mettre sous le coude, des plots à asseoir dans un cénacle, une autre volonté de faire face à l’avenir doit jaillir. En bon rousseauiste, j’aimerais m’appuyer sur un être, bon par nature, s’il n’était pas une entité corrompue par la bassesse d’une classe donnée et ses mirages de méritocratie.

M. Bayrou, le si vertueux républicain, ferait-il revivre toutes ses histoires délicates du temps où il était au sein de l’UDF et du CDS, comment cette dernière organisation avait-elle finie? Mal et dans mille et une affaires, c’est aujourd’hui un comble un ministre des Sceaux qui donne son avis et aide ses amis du Modem, c’est reparti de plus belle. Une loi se voulant de moralité demanderait des gens, un peu plus moraux pour faire avaler les pilules sur un petit monde lointain de ces quartiers du nord-est parisiens montrés du doigt par quelques imposteurs de la rive gauche et quelques rombières ne comprenant pas le tissus social des quartiers populaires. Dans lesquels depuis des décennies la misère s’y agglutine. Mais cela n’est que la crasse de cette bourgeoisie triomphante, rapace et cynique. Le Ferrand des bonnes affaires, surtout dans les Mutuelles, devrait soulever quelques enquêtes auprès de ces organismes dont une part passe dans de la publicité pour argent évaporé dans un monde clos, et jonglant avec plusieurs milliards d’euros par an. Le scandale de la MNEF ne fut qu’un épisode, mais comment fonctionne cet univers ? à la presse, à la vraie de faire son travail…

Cette crise de la démocratie va au-delà du clivage, de quelques partis allant s’éteindre ou reprendre le flambeau? Il y a beaucoup de travail en perspective à gauche, et certaines blessures seront difficiles à cicatriser. Ce ne sera pas la première fois dans l’histoire des socialistes que le problème se pose, les exigences en seront plus fortes.

Car l’entité politique n’est plus et le socialisme subit une nouvelle rupture, où l’avenir d’un Ps falsifié, avec sa vieille garde «SFIO» et servant d’écuries aux rejetons serviles du capital. La Royal qui se la pète, c’est par elle que ce saut  dans le vide à commencer depuis 2007, et son alter et ex. n’a fait que trahir ou mentir comme un arracheur de dent. Comment oublier cette volaille, tant qu’elle aura cour. Et nous en avons pour cinq ans avec Janus, monsieur double face, son véritable équivalent jupitérien.

L’histoire ne permet pas de prédire, elle renvoie à des faisceaux, des liens par toujours ordonnables, que le Psfio disparaisse c’est plutôt une bonne nouvelle pour le socialisme et ce qui nous attend dans les décennies à venir. Etre socialiste est assez loin de cette gente qui nous a mené à avoir un président gadget ou produit de réclame. Un mois déjà pour imprimer tout ce qui peut dégoûter de la politique. Les béni oui-oui du socialisme animé par la seule foi de se faire élire est l’aspect pathétique de la chose, quand vous n’êtes pas de la bonne extraction, et que vous pensez que l’action ne se limite pas à délivrer des chapelets de bonnes intentions ou asseoir ces messieurs dans un fauteuil. Cette «multitude ou populace», comme pouvait le délivrer les auteurs réactionnaires, doit s’emparer de sa propre histoire et sortir de ce grand enfumage des consciences.

Ce tournant historique et politique, et ce n’est pas un effet de style, ne peut se contenter à mirer l’orgie et attendre un grand soir, à part les révolutionnaires de salon, ou que personne ne veut. La démocratie se porte mal et nous n’en sortirons pas par des réformettes dictées d’en haut. La casse de l’outil de travail ou plus exactement ce qui régissait la relation employeur employé est appelé à n’être qu’un chiffon de papier. Ce sont, toutes les structures sociales de ce pays qui sont à revoir mais pas au prix du seul marché, ou appel à mettre en concurrence les hommes et femmes d’une même nation.

Cette mise en oeuvre de la servilité codifiée par le patronat est une régression sans mesure pour les travailleurs, les chômeurs et précaires. Si les Français ne résistent pas à ce sinistre annoncé, ce sera un peu plus d’appel aux dons pour les soupes aux pauvres et quelques larmes pour les sans domiciles chaque hiver passant, ou haines à l’égard des déracinés du monde. Ce à quoi nous courrons tous, faute de démocratie et d’un peuple conscient de l’avenir de la planète et du vivant ! Le temps est aux despotes petits et grands, de nos forces ranimons le combat de la démocratie et du socialisme, manger bio et recycler sa surconsommation ne pourra y suffire... faut-il en avoir les moyens.


Billet de Lionel Mesnard, du 19 juin 2017

NB : Je mets aussi en ligne un texte d’Aristote (ci-après) sur l’esclavage et surtout comment s’ordonne une pensée philosophique. Cela pose autrement le jugement et la nature de la réflexion et ce texte vieux de plus de 2000 ans conserve toute sa force. Très loin de nos «philosophes» des temps présents, dénonciateurs du putride, quand ils sont eux-mêmes la source du problème et reflet de leurs petits milieux exigus et fermés sur leurs seules souffrances égotistes. Etre incapable de poser un problème donné avec mesure et intelligence, et maintes précautions, ce n’est pas dans l’air des temps. Et cela ça ne s’apprend pas qu’à l’école, ou du moins c’est du par cœur, du rapidement rejeté à la fin des épreuves et donne de nos jours le goût à des élites ignorantes ou agités du nombril, méprisantes et peu soucieuses de l’intérêt général, la démocratie qu’ils assassinent un peu plus chaque jour.

La Politique - sur l’Esclavage
(Livre I - Chapitre II)
Un jeune esclave portant le bouclier et le casque de son maître
Par Aristote (384-322 avant l'an 0)
Traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (1874)
Théorie de l’esclavage naturel. - Opinions diverses pour ou contre l’esclavage ; opinion personnelle d’Aristote ; nécessité des instruments sociaux ; nécessité et utilité du pouvoir et de l’obéissance. — La supériorité et l’infériorité naturelles font les maîtres et les esclaves ; l’esclavage naturel est nécessaire, juste et utile ; le droit de la guerre ne peut fonder l’esclavage. — Science du maître ; science de l’esclave.

1. Maintenant que nous connaissons positivement les parties diverses dont l’État s’est formé, il faut nous occuper tout d’abord de l’économie qui régit les familles, puisque l’État est toujours composé de familles. Les éléments de l’économie domestique sont précisément ceux de la famille elle-même, qui, pour être complète, doit comprendre des esclaves et des individus libres. Mais comme, pour se rendre compte des choses, il faut soumettre d’abord à l’examen les parties les plus simples, et que les parties primitives et simples de la famille sont le maître et l’esclave, l’époux et la femme, le père et les enfants, il faudrait étudier séparément ces trois ordres d’individus, et voir ce qu’est chacun d’eux et ce qu’il doit être.

2. On a donc à considérer, d’une part, l’autorité du maître, puis, l’autorité conjugale ; car la langue grecque n’a pas de mot particulier pour exprimer ce rapport de l’homme et de la femme ; et enfin, la génération des enfants, notion à laquelle ne répond pas non plus un mot spécial. A ces trois éléments que nous venons d’énumérer, on pourrait bien en ajouter un quatrième, que certains auteurs confondent avec l’administration domestique, et qui, selon d’autres, en est au moins une branche fort importante ; nous l’étudierons aussi : c’est ce qu’on appelle l’acquisition des biens.

Occupons-nous d’abord du maître et de l’esclave, afin de connaître à fond les rapports nécessaires qui les unissent, et afin de voir en même temps si nous ne pourrions pas trouver sur ce sujet des idées plus satisfaisantes que celles qui sont reçues aujourd’hui.

3. On soutient d’une part qu’il y a une science propre au maître et qu’elle se confond avec celle de père de famille, de magistrat et de roi, ainsi que nous l’avons dit en débutant. D’autres, au contraire, prétendent que le pouvoir du maître est contre nature ; que la loi seule fait des hommes libres et des esclaves, mais que la nature ne met aucune différence entre eux ; et même, par suite, que l’esclavage est inique, puisque la violence l’a produit.

4. D’un autre côté, la propriété est une partie intégrante de la famille ; et la science de la possession fait aussi partie de la science domestique, puisque, sans les choses de première nécessité, les hommes ne sauraient vivre, ni vivre heureux. Il s’ensuit que, comme les autres arts, chacun dans sa sphère, ont besoin, pour accomplir leur œuvre, d’instruments spéciaux, la science domestique doit avoir également les siens. Or, parmi les instruments, les uns sont inanimés, les autres vivants ; par exemple, pour le patron du navire, le gouvernail est un instrument sans vie, et le matelot qui veille à la proue, un instrument vivant, l’ouvrier, dans les arts, étant considéré comme un véritable instrument. D’après le même principe, on peut dire que la propriété n’est qu’un instrument de l’existence, la richesse une multiplicité d’instruments, et l’esclave une propriété vivante ; seulement, en tant qu’instrument, l’ouvrier est le premier de tous.

5. Si chaque instrument, en effet, pouvait, sur un ordre reçu, ou même deviné, travailler de lui-même, comme les statues de Dédale, ou les trépieds de Vulcain, « qui se rendaient seuls, dit le poète, aux réunions des dieux » ; si les navettes tissaient toutes seules ; si l’archet jouait tout seul de la cithare, les entrepreneurs se passeraient d’ouvriers, et les maîtres, d’esclaves. Les instruments, proprement dits, sont donc des instruments de production ; la propriété au contraire est simplement d’usage. Ainsi, la navette produit quelque chose de plus que l’usage qu’on en fait ; mais un vêtement, un lit, ne donnent que cet usage même.

6. En outre, comme la production et l’usage diffèrent spécifiquement, et que ces deux choses ont des instruments qui leur sont propres, il faut bien que les instruments dont elles se servent aient entre eux une différence analogue. La vie est l’usage, et non la production des choses ; et l’esclave ne sert qu’à faciliter tous ces actes d’usage. Propriété est un mot qu’il faut entendre comme on entend le mot partie : la partie fait non seulement partie d’un tout, mais encore elle appartient d’une manière absolue à une chose autre qu’elle-même. Et pareillement pour la propriété : le maître est simplement le maître de l’esclave, mais il ne tient pas essentiellement à lui ; l’esclave, au contraire, est non seulement l’esclave du maître, mais encore il en relève absolument.

7. Ceci montre nettement ce que l’esclave est en soi et ce qu’il peut être. Celui qui, par une loi de nature, ne s’appartient pas à lui-même, mais qui, tout en étant homme, appartient à un autre, celui-là est naturellement esclave. Il est l’homme d’un autre, celui qui en tant qu’homme devient une propriété ; et la propriété est un instrument d’usage et tout individuel.

8. Il faut voir maintenant s’il est des hommes ainsi faits par la nature, ou bien s’il n’en existe point ; si, pour qui que ce soit, il est juste et utile d’être esclave, ou bien si tout esclavage est un fait contre nature. La raison et les faits peuvent résoudre aisément ces questions. L’autorité et l’obéissance ne sont pas seulement choses nécessaires ; elles sont encore choses éminemment utiles. Quelques êtres, du moment même qu’ils naissent, sont destinés, les uns à obéir, les autres à commander, bien qu’avec des degrés et des nuances très diverses pour les uns et pour les autres. L’autorité s’élève et s’améliore dans la même mesure que les êtres qui l’appliquent ou qu’elle régit. Elle vaut mieux dans les hommes que dans les animaux, parce que la perfection de l’œuvre est toujours en raison de la perfection des ouvriers ; et une œuvre s’accomplit partout où se rencontrent l’autorité et l’obéissance.

9. Ces deux éléments d’obéissance et de commandement se retrouvent dans tout ensemble, formé de plusieurs choses arrivant à un résultat commun, qu’elles soient d’ailleurs séparées ou continues. C’est là une condition que la nature impose à tous les êtres animés ; et l’on pourrait même découvrir quelques traces de ce principe jusque dans les objets sans vie : telle est, par exemple, l’harmonie dans les sons. Mais ceci nous entraînerait peut-être trop loin de notre sujet.

10. D’abord, l’être vivant est composé d’une âme et d’un corps, faits naturellement l’une pour commander, l’autre pour obéir. C’est là du moins le vœu de la nature, qu’il importe de toujours étudier dans les êtres développés suivant ses lois régulières, et non point dans les êtres dégradés. Cette prédominance de l’âme est évidente dans l’homme parfaitement sain d’esprit et de corps, le seul que nous devions examiner ici. Dans les hommes corrompus ou disposés à l’être, le corps semble parfois dominer souverainement l’âme, précisément parce que leur développement irrégulier est tout à fait contre nature.

11. Il faut donc, je le répète, reconnaître d’abord dans l’être vivant l’existence d’une autorité pareille tout ensemble et à celle d’un maître et à celle d’un magistrat ; l’âme commande au corps comme un maître à son esclave ; et la raison, à l’instinct, comme un magistrat, comme un roi. Or, évidemment on ne saurait nier qu’il ne soit naturel et bon pour le corps d’obéir à l’âme ; et pour la partie sensible de notre être, d’obéir à la raison et à la partie intelligente. L’égalité ou le renversement du pouvoir entre ces divers éléments leur serait également funeste à tous.

12. II en est de même entre l’homme et le reste des animaux : les animaux privés valent naturellement mieux que les animaux sauvages ; et c’est pour eux un grand avantage, dans l’intérêt même de leur sûreté, d’être soumis à l’homme. D’autre part, le rapport des sexes est analogue ; l’un est supérieur à l’autre : celui-là est fait pour commander,et celui-ci, pour obéir.

13. C’est là aussi la loi générale qui doit nécessairement régner entre les hommes. Quand on est inférieur à ses semblables autant que le corps l’est à l’âme, la brute, à l’homme, et c’est la condition de tous ceux chez qui l’emploi des forces corporelles est le seul et le meilleur parti à tirer de leur être, on est esclave par nature. Pour ces hommes-là, ainsi que pour les autres êtres dont nous venons de parler, le mieux est de se soumettre à l’autorité du maître ; car il est esclave par nature, celui qui peut se donner à un autre ; et ce qui précisément le donne à un autre, c’est qu’il ne peut aller qu’au point de comprendre la raison quand un autre la lui montre ; mais il ne la possède pas par lui-même. Les autres animaux ne peuvent pas même comprendre la raison, et ils obéissent aveuglément à leurs impressions.

14. Au reste, l’utilité des animaux privés et celle des esclaves sont à peu près les mêmes : les uns comme les autres nous aident, par le secours de leurs forces corporelles, à satisfaire les besoins de l’existence. La nature même le veut, puisqu’elle fait les corps des hommes libres différents de ceux des esclaves, donnant à ceux-ci la vigueur nécessaire dans les gros ouvrages de la société, rendant au contraire ceux-là incapables de courber leur droite stature à ces rudes labeurs, et les destinant seulement aux fonctions de la vie civile, qui se partage pour eux entre les occupations de la guerre et celles de la paix.

15. Souvent, j’en conviens, il arrive tout le contraire ; les uns n’ont d’hommes libres que le corps, comme les autres n’en ont que l’âme. Mais il est certain que, si les hommes étaient toujours entre eux aussi différents par leur apparence corporelle qu’ils le sont des images des dieux, on conviendrait unanimement que les moins beaux doivent être les esclaves des autres ; et si cela est vrai en parlant du corps, à plus forte raison le serait-ce en parlant de l’âme ; mais la beauté de l’âme est moins facile à reconnaître que la beauté corporelle.

Quoi qu’il en puisse être, il est évident que les uns sont naturellement libres et les autres naturellement esclaves, et que, pour ces derniers, l’esclavage est utile autant qu’il est juste.

16. Du reste, on nierait difficilement que l’opinion contraire renferme aussi quelque vérité. L’idée d’esclavage et d’esclave peut s’entendre de deux façons : on peut être réduit en esclavage et y demeurer par la loi, cette loi étant une convention par laquelle celui qui est vaincu à la guerre se reconnaît la propriété du vainqueur. Mais bien des légistes accusent ce droit d’illégalité, comme on en accuse souvent les orateurs politiques, parce qu’il est horrible, selon eux, que le plus fort, par cela seul qu’il peut employer la violence, fasse de sa victime son sujet et son esclave.

17. Ces deux opinions opposées sont soutenues également par des sages. La cause de ce dissentiment et des motifs allégués de part et d’autre, c’est que la vertu a droit, quand elle en a le moyen, d’user, jusqu’à un certain point, même de la violence, et que la victoire suppose toujours une supériorité, louable à certains égards. Il est donc possible de croire que la force n’est jamais dénuée de mérite, et qu’ici toute la contestation ne porte réellement que sur la notion du droit, placé pour les uns dans la bienveillance et l’humanité, et pour les autres dans la domination du plus fort. Mais chacune de ces deux argumentations contraires est en soi également faible et fausse ; car elles feraient croire toutes deux, prises séparément, que le droit de commander en maître n’appartient pas à la supériorité de mérite.

18. Il y a quelques gens qui, frappés de ce qu’ils croient un droit, et une loi a bien toujours quelque apparence de droit, avancent que l’esclavage est juste quand il résulte du fait de la guerre. Mais c’est se contredire ; car le principe de la guerre elle-même peut être injuste, et l’on n’appellera jamais esclave celui qui ne mérite pas de l’être ; autrement, les hommes qui semblent les mieux nés pourraient devenir esclaves, et même par le fait d’autres esclaves, parce qu’ils auraient été vendus comme prisonniers de guerre. Aussi, les partisans de cette opinion ont-ils soin d’appliquer ce nom d’esclave seulement aux Barbares et de le répudier pour leur propre nation. Cela revient donc à chercher ce que c’est que l’esclavage naturel ; et c’est là précisément ce que nous nous sommes d’abord demandé.

19. Il faut, de toute nécessité, convenir que certains hommes seraient partout esclaves, et que d’autres, ne sauraient l’être nulle part. Il en est de même pour la noblesse : les gens dont nous venons de parler se croient nobles, non seulement dans leur patrie, mais en tous lieux ; à leur sens, les Barbares, au contraire, ne peuvent être nobles que chez eux. Ils supposent donc que telle race est d’une manière absolue libre et noble, et que telle autre ne l’est que conditionnellement. C’est l’Hélène de Théodecte qui s’écrie :

De la race des dieux de tous côtés issue,
Qui donc du nom d’esclave oserait me flétrir?


Cette opinion revient précisément à fonder sur la supériorité et l’infériorité naturelle toute la différence de l’homme libre et de l’esclave, de la noblesse et de la roture. C’est croire que de parents distingués sortent des fils distingués, de même qu’un homme produit un homme, et qu’un animal produit un animal. Mais il est vrai que bien souvent la nature veut le faire sans le pouvoir.

20. On peut donc évidemment soulever cette discussion avec quelque raison, et soutenir qu’il y a des esclaves et des hommes libres par le fait de la nature ; on peut soutenir que cette distinction subsiste bien réellement toutes les fois qu’il est utile pour l’un de servir en esclave, pour l’autre de régner en maître ; on peut soutenir enfin qu’elle est juste, et que chacun doit, suivant le vœu de la nature, exercer ou subir le pouvoir. Par suite, l’autorité du maître sur l’esclave est également juste et utile ; ce qui n’empêche pas que l’abus de cette autorité ne puisse être funeste à tous deux. L’intérêt de la partie est celui du tout ; l’intérêt du corps est celui de l’âme ; l’esclave est une partie du maître ; c’est comme une partie de son corps, vivante, bien que séparée. Aussi entre le maître et l’esclave, quand c’est la nature qui les a faits tous les deux, il existe un intérêt commun, une bienveillance réciproque ; il en est tout différemment quand c’est la loi et la force seule qui les ont faits l’un et l’autre.

21. Ceci montre encore bien nettement que le pouvoir du maître et celui du magistrat sont très distincts, et que, malgré ce qu’on en a dit, toutes les autorités ne se confondent pas en une seule : l’une concerne des hommes libres, l’autre des esclaves par nature ; l’une, et c’est l’autorité domestique, appartient à un seul, car toute famille est régie par un seul chef ; l’autre, celle du magistrat, ne concerne que des hommes libres et égaux.

22. On est maître, non point parce qu’on sait commander, mais parce qu’on a certaine nature; on est esclave ou homme libre par des distinctions pareilles. Mais il serait possible de former les maîtres à la science qu’ils doivent pratiquer tout aussi bien que les esclaves ; et l’on a déjà professé une science des esclaves à Syracuse, où, pour de l’argent, on instruisait les enfants en esclavage de tous les détails du service domestiqué. On pourrait fort bien aussi étendre leurs connaissances et leur apprendre certains arts, comme celui de préparer les mets, ou tout autre du même genre, puisque tels services sont plus estimés ou plus nécessaires que tels autres, et que, selon le proverbe : « II y a esclave et esclave, il y a maître et maître ».

23. Tous ces apprentissages forment la science des esclaves. Savoir employer des esclaves forme la science du maître, qui est maître bien moins en tant qu’il possède des esclaves, qu’en tant qu’il en use. Cette science n’est, il est vrai, ni bien étendue, ni bien haute ; elle consiste seulement à savoir commander ce que les esclaves doivent savoir faire. Aussi, dès qu’on peut s’épargner cet embarras, on en laisse l’honneur à un intendant, pour se livrer à la vie politique ou à la philosophie.

La science de l’acquisition, mais de l’acquisition naturelle et juste, est fort différente des deux autres sciences dont nous venons de parler ; elle a tout à la fois quelque chose de la guerre et quelque chose de la chasse.

24. Nous ne pousserons pas plus loin ce que nous avions à dire du maître et de l’esclave.

A SUIVRE !


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