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"L'absurdité est surtout le divorce de l'homme et du monde"       Albert Camus


Sommaire de la page 2, année 2012

1 - Vidéo en ligne, Le Président Humala et barbarie au Pérou ? Pantuana Tv
2 -  Pérou : Ollanta Humala face à la contestation environnementale, par Doris Buu-Sao
3 - Vidéo en ligne, Luttes des Amérindiens et Afro-colombiens dans le Cauca, Pantuana Tv
4 - Haïti : Peuple et constitution une fois de plus mis à l'index ? par Marc-Arthur Fils-Aimé  
5 - Vidéo en ligne, Cuba, révolution dans la révolution ? Pantuana Tv
6 - Une perpective de Paix en Colombie (et le paramilitarisme d'extrême droite) ?
7 - Colombie : Le film "Impunité" dans les salles le 25 avril 2012, par Amnesty Internationale
 

Président Humala et barbarie au Pérou ?



Un reportage de16 minutes sur les conflits miniers au Pérou, notamment dans la région de Cajamarca. Manifestation du 2 juin 2012 au Trocadéro à Paris. Une initiative de Solidarité Cajamarca à Paris, des associations péruviennes en France et de l'association France Amérique Latine, avec le soutien d'Europe Ecologie - les Verts, du Front de Gauche et du NPA.

Pantuana Tv - Licence non commerciale - Juin 2012



Pérou : OLLANTA HUMALA...
FACE à LA CONTESTATION ENVIRONNEMENTALE



par Doris Buu-Sao, article mis en ligne le 5 juin 2012
(Doctorante au CERI-Sciences Po)


Tout au long des années 2000, l’actualité péruvienne a été marquée par de nombreux conflits qui peuvent être qualifiés de socio-environnementaux. Ils ont opposé, de manière parfois violente, les populations locales, regroupées en organisations « indigènes » ou « paysannes », aux compagnies d’extraction minière. Ollanta Humala, chef de file du Parti nationaliste élu président de la République le 5 juin 2011, est souvent vu comme un soutien de ces contestataires des Andes et de l’Amazonie, régions dans lesquelles il a recueilli ses résultats électoraux les plus élevés. Dans la zone de l’altiplano, des mouvements de protestation contre l’activité minière paralysaient le district de Puno depuis deux mois quand, à la veille du premier tour du scrutin présidentiel, les leaders de la contestation ont décrété une suspension de leur mobilisation pour permettre aux électeurs de se rendre aux urnes.

Ollanta Humala a obtenu 77 % des suffrages dans ce district. Alors que le dynamisme de l’économie péruvienne repose sur l’extraction des minerais et des hydrocarbures, l’élection d’Ollanta Humala semble de nature à remettre en question cette politique du « tout extraction » qui a été à l’origine de la plupart des conflits sociaux du Pérou.

La politique de libéralisation des industries extractives a été initiée en 1991 par le Président Alberto Fujimori (1990-2000), elle s’est accentuée sous les mandats d’Alejandro Toledo (2001-2006) et surtout d’Alan García (2006-2011). La croissance exponentielle des concessions minières s’est alors accompagnée d’une forte contestation de l’extraction des ressources naturelles, au nom de la défense de l’environnement et parfois de droits spécifiques des populations autochtones. D’après l’Observatoire public des conflits sociaux (Defensoría del pueblo) (1), les deux tiers des conflits sociaux du Pérou (66%) seraient aujourd’hui liés à l’extraction de minerais et d’hydrocarbures.

Situé à 4 000 mètres d’altitude sur les hauts plateaux andins de la région de Cajamarca, Yanacocha est considéré comme le gisement d’or le plus important d’Amérique latine. Découvert en 1980 par un géologue français, il est exploité, depuis 1994, par deux actionnaires principaux: la compagnie américaine Newmont Mining Corporation et l’entreprise péruvienne Compañía de minas Buenaventura. Depuis trente ans, l’activité aurifère a été source de conflits qui se sont multipliés avec les années. Ainsi, en juin 2000, un camion de la mine de Yanacocha a déversé accidentellement 150 kilos de mercure le long d’une route, provoquant de lourds dégâts sur l’environnement. Les habitants s’organisent peu à peu pour protester contre cette dégradation.

Depuis 2004, les routes sont régulièrement bloquées, les bâtiments publics occupés et des manifestants ont envahi les rues à plusieurs reprises pour s’opposer à l’extension des opérations minières. Le 3 août 2006, les affrontements avec les forces de l’ordre ont même fait une victime parmi les manifestants. La région de Cajamarca est emblématique de l’enjeu socio-environnemental et de la question de l’arbitrage entre développement économique et protection de l’environnement. Dans le passé, les élites politiques ont la plupart du temps soutenu les compagnies d’extraction plutôt que les contestataires.

Le 30 mai 2011, au terme de sa campagne présidentielle, Ollanta Humala affirmait à Cajamarca que la préservation de la qualité de l’eau serait l’une des priorités de son gouvernement. « La vie est plus importante que l’or et nous ne pouvons pas permettre que l’on continue à polluer l’environnement» déclarait-il (2). Mais les luttes socio- environnementales n’ont pas pris fin avec son élection à la présidence de la République. Deux mois à peine après son investiture, la région de Cajamarca était au cœur d’un nouveau conflit contre un projet d’extension de la mine de Yanacocha, qui comprenait un volet d’investissements de plus de trois milliards de dollars et impliquait l’assèchement de quatre lagunes alimentant la région en eau.

Le président récemment élu affirme alors qu’extraction de l’or et accès à l’eau ne doivent pas être inconciliables, critiquant l’intransigeance des contestataires. «Le gouvernement n’acceptera d’ultimatum de personne. [...] Nous voulons protéger les ressources naturelles des communautés, mais aussi les activités productives » (3) a indiqué le chef de l’Etat. Le 24 novembre 2011, une grève illimitée paralyse la région et des affrontements avec les forces de l’ordre font plusieurs blessés. Le 4 décembre, l’état d’urgence est décrété et l’incapacité du Premier ministre à résoudre le conflit entraîne un remaniement ministériel. A cette occasion, le ministre de l’Intérieur prend la présidence du Conseil des ministres. Autant de mesures qui font parler d’un durcissement – voire d’une militarisation – de la gestion des conflits environnementaux.

Fujimori    président    « dictateur »,    García    « néolibéral »,    Humala    « nationaliste » ...    Peu importent les étiquettes politiques des gouvernements qui se sont succédé, toutes ont été transcendées par l’enjeu stratégique que représente l’exploitation des ressources naturelles, qui est au fondement même de la formation de l’Etat péruvien. Le pays, indépendant depuis 1821, a conquis sa place dans le commerce international à partir des années 1850 grâce à l’exportation du guano. A la fin du XIXe siècle, l’exploitation massive du caoutchouc s’est accompagnée d’une mise en valeur des terres amazoniennes et de la domestication de la main-d’œuvre indigène, assurant ainsi la consolidation des frontières orientales du pays.

Tout au long du XXe siècle, l’exploitation des ressources naturelles a approvisionné les finances publiques. L’extraction des minerais (notamment l’or, le cuivre et le plomb) et des hydrocarbures a été principalement assurée par des acteurs privés. L’octroi de concessions par l’Etat, la mise en place de redevances et d’impôts spéciaux ont cependant permis d’alimenter le budget national. En juillet 2011, le secteur des minerais et hydrocarbures représentait les deux tiers des exportations totales du pays (66%) d’après les statistiques du ministère du Commerce extérieur et du Tourisme péruvien et de l’Institut national de statistiques et d’informatique (INEI).

Quelle que soit la radicalité prêtée à Humala, une fois élu, celui-ci ne peut guère que composer avec cette pratique gouvernementale qui veut que, depuis son indépendance, l’Etat péruvien s’appuie sur l’extraction des ressources naturelles. Reste à savoir comment le nationaliste péruvien justifiera auprès des populations locales son soutien aux compagnies d’extraction.


Notes :

1 - L’Observatoire public des conflits sociaux a été institué par la Constitution de 1993. Ses rapports sont consultables sur Internet (http://www.defensoria.gob.pe).

2  -  « Ollanta Humala inició cierre de campaña con mítines en Cajamarca y Huaraz », Andina, 31 mai 2011.

3 - « Ollanta Humala, “Protegeremos los recursos naturales, pero también las actividades productivas” », El Comercio, 16 novembre 2011.



Résistances et luttes sociales
des Amérindiens et Afro-colombiens

dans le département du Cauca en Colombie

(45 minutes)




Dans le cadre de l'émission Tribuna Latina sur Radio Libertaire.

     
       Intervenants par ordre d'apparition :


- Lise Bouzidi et Nestor Vega, pour Tribuna Latina
- Juan Diego Poveda-Avila, anthropologue et politologue
- Paola Luna, musicologue et doctorante à la Sorbonne
- et la participation de Sven, musicien

Pantuana Tv - mai 2012  
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Haïti : Le peuple, comme la Constitution,
sera-t-il une fois de plus mis à l’index ?



par Marc-Arthur Fils-Aimé (*), le 29 mai 2012

D’après le président Martelly et ses plus proches collaborateurs, Laurent Salvador Lamothe est le personnage qu’il faut pour la mise en branle de la nouvelle orientation tant attendue. Entre temps, le grand public n’a pas encore perçu les signes du vrai départ alors que le pays s’enfonce dans un inquiétant conservatisme.

Un nouveau gouvernement vient de remplacer celui du premier ministre Gary Conille qui n’aura duré que seulement quatre mois. C’est un gouvernement qui n’a existé que de nom. Le président de la république Joseph Michel Martelly qui, sur injonction de la communauté internationale, avait accepté de solliciter auprès des deux Chambres législatives la ratification de ce nouveau venu dans la politique haïtienne, ne lui avait concédé, à l’exception du titre, aucun pouvoir. Il lui était impossible de convoquer un conseil de gouvernement puisque les ministres n’y répondaient pas ou méprisaient sans ambages son autorité. Son dernier essai de les réunir afin de donner une certaine ressemblance d’unité au sein de son gouvernement, durant la maladie du chef de l’État, a aussi piteusement échoué. L’appartenance duvaliériste de ces deux principaux membres de l’Exécutif, n’est jamais arrivée, malgré tout, à provoquer une mutuelle tolérance.

Garry Conille a dû démissionner de son poste au cours du mois de février dernier pour le céder à Laurent Lamothe, un proche ami du Chef de l’État. La proximité personnelle entre les deux têtes de l’Exécutif suffira-t-elle pour tisser une franche collaboration entre elles ?

C’est de lapalissade d’écrire que la collaboration entre le président de la République et son premier ministre s’avère importante pour initier le changement qu’il clamait lors de sa campagne électorale. Et, il continue de le clamer un an après son accession à la plus haute magistrature de l’État haïtien. D’après le président Martelly et ses plus proches collaborateurs, Laurent Salvador Lamothe est le personnage qu’il faut pour la mise en branle de la nouvelle orientation tant attendue. Entre temps, le grand public n’a pas encore perçu les signes du vrai départ alors que le pays s’enfonce dans un inquiétant conservatisme.

Qu’est-ce que la nation peut attendre de Lamothe qui, lui non plus, ne s’est jamais occupé de politique active ?

Le nouveau premier ministre, à la fin du mois d’avril et au début du mois de mai 2012, a lu, séparément devant les deux chambres, sa déclaration de politique générale.

Cela s’est passé dans une ambiance asphyxiante qui a dévoilé une fois de plus le niveau de conscience de la grande majorité de ces représentants du peuple haïtien. Malgré un curriculum qui n’a pas répondu (excepté son âge, comme le dit la malice populaire), au prescrit de la Constitution, cet homme d’affaires a été ratifié, disons mieux acclamé au Sénat et à la Chambre des députés.

Les opposants à la ratification de Laurent Lamothe ont prouvé que ce dernier n’a pas résidé en Haïti, qu’il n’y a jamais investi même une partie de son capital, malgré sa fortune considérable, et qu’il ne s’est pas acquitté de ses impôts même comme étant ministre des affaires étrangères pendant presqu’un an. Il n’a obtempéré finalement à cette obligation citoyenne, en payant cinq années d’impôts d’un seul coup, qu’après seulement sa désignation comme le nouveau chef de gouvernement.

Il n’était même pas capable de voter pour son ami Martelly lors des dernières élections, car ce n’est que très récemment qu’il s’est fait délivrer sa carte électorale.

En un mot, ces opposants ont voulu ainsi prouver que le récipiendaire ne s’était pas trop intéressé, ni trop attaché à la vie quotidienne de son pays natal. Ces arguments solides parmi tant d’autres apportés à l’appui par une minorité de sénateurs et de députés ont été simplement ignorés par leurs collègues.


Est-ce que le peuple comme la Constitution sera une fois de plus mis à l’index?


Nous avons entendu la déclaration de la politique générale du nouveau premier ministre. Elle ne diffère en rien des autres déclarations présentées par ses prédécesseurs à la primature ? De la logomachie, prédisent plus d’uns.

En effet, Lamothe n’a rien apporté de nouveau dans son adresse qui ne vaut pas plus qu’un simple geste administratif, devenu depuis l’adoption de la Constitution de 1987, coutumier. Ce sont toujours les mêmes promesses présentées dans des phrases différentes.

Une première considération mérite d’être produite.

A ses yeux, comme à ceux des parlementaires qui ont accrédité ses paroles, le démarrage du pays pourrait résulter d’une addition de projets collés les uns aux autres, en dehors d’un cadre macro et cohérent. Chaque député et chaque sénateur de cette tendance pourraient en réclamer un ou deux pour sa commune ou son département.

D’ailleurs, le gouvernement ne dispose pas de moyens propres pour faire avancer ces projets et ceux que lui-même aimerait développer. La grande responsabilité tombe sur ladite communauté internationale qui ne finance que, quand elle le désire, les ouvrages qui conviennent à sa vision immédiate et surtout ceux concernant sa vision à long terme.

Toutes les démarches, que cette communauté a entreprises, nous montrent qu’elle ne s’intéresse qu’à maintenir le pays indéfiniment sous sa coupe. A son grand avantage, elle puise allègrement le nombre de ses collaboratrices et de ses collaborateurs dans le bassin fécond de la droite et de l’extrême-droite haïtiennes.

La déclaration de politique générale de Lamothe est essentiellement imbriquée dans la ligne politique et idéologique du pouvoir.

C’est une politique d’abandon du pays à la merci des dons et des investissements étrangers, même au détriment de ce dernier.

L’exemple de la zone franche installée à Caracol (Nord-Est), qui présage une véritable catastrophe écologique - non seulement pour toute l’Île d’Haïti, mais pour tout l’univers, vu l’importance de la réserve de la baie du même nom en mangrove -, demeure emblématique. Beaucoup de voix se sont soulevées pour dénoncer l’éventuelle pollution des rivières et d’éventuels autres épiphénomènes sociaux conséquemment à ce thanato-projet.

Beaucoup d’études ont montré que cette politique de livrer le décollage national aux zones franches et aux usines d’assemblage ressemble à des leurres.

Le nouveau premier ministre ne s’en soucie guère. Sa déclaration de politique générale s’est inspirée de la volonté de la classe politique traditionnelle, qui ne cesse d’affirmer, de façon la plus éhontée, surtout depuis la première occupation américaine de 1915, son cinglant antinationalisme au profit de son avantage égocentrique, exclusif.

On comprendra alors pourquoi le nouveau premier ministre n’a annoncé aucune mesure qui attaquerait les problèmes pérennes qui coincent les masses populaires dans les limites du sous-humain, depuis notre existence de peuple libre. Ses prêches soporifiques sur la production nationale ont été évoquées pour faire semblant de tenir compte de nos pressants besoins.

On ne s’attendait, certes, à aucune décision de rupture avec l’oligarchie. Une telle opération qui tiendrait compte des paysannes et des paysans appauvris qui, pendant plus de deux siècles, ont lutté pour une redistribution équitable des sols fertiles à celles et à ceux qui les travaillent, ne peut être que l’œuvre d’un mouvement révolutionnaire.

Il en est de même pour la classe ouvrière qui aimerait sortir des étaux de l’assemblage qui suce son sang au profit d’un sous-entrepreneuriat local, accoquiné à une bourgeoisie internationale.

Cependant, il devient de plus en plus urgent de s’attaquer à certaines tâches qui auront au moins la force de bloquer la dégringolade du pays.

Aucune disposition réelle n’a été évoquée en ce sens, alors qu’elle se trouve à la portée même de tout gouvernement réformiste. Comme ses prédécesseurs, le nouveau premier ministre n’a pas prévu d’oser atteindre cette phase minimum.

Le cours des événements politiques nous indique que l’essor national ne saurait dépendre de ces courants politiques et idéologiques qui trafiquent les intérêts collectifs, quitte à se plier aux puissances de toutes dimensions qui happent toutes nos richesses. Ces puissances qui ont conservé ces dernières sous le boisseau et déclarent leur existence quand le besoin se fait sentir.

C’est cette aventure que courent nos ressources d’or, d’argent et de cuivre, estimées à plus de 20 milliards, qui viennent d’être dévoilées au cours de ce mois de mai 2012 par l’Associated Press (AP). Le Consortium New Mont Eurasien, la Société minière du Nord-est (Somine S.A) et la VCS Mining lorgnent ardemment ces biens, dont le peuple est le seul propriétaire légitime.

Avec ce système politique, insensible au sort des gens qu’il a lui-même appauvris à cause de son insatiable appétit, nous n’attendons pas, de ces trésors souterrains, beaucoup de bénéfice pour le pays. Il est fort probable que leur situation empire, comme cela a eu lieu en Afrique, notamment au Congo, ou tout près de chez nous en Amérique, notamment en Bolivie avant l’avènement de Evo Morales.


Une nouvelle propagande


Le peuple haïtien est soumis, depuis quelque temps, à une nouvelle propagande qui ne contribue qu’à le fourvoyer davantage.

On lui fait accroire que l’amélioration de son sort dépend de la nomination d’un premier ministre, comme s’Il n’y en avait pas eu depuis que la Constitution de 1987 nous a gratifiés de cette nouveauté.

On lui fait accroire que le président est animé de bonne foi et de bonne volonté, comme si la bonne foi et la bonne volonté étaient en elles-mêmes des critères suffisants pour refonder la nation.

On lui fait accroire aussi que le règne des intellectuels a expiré, comme si tous les intellectuels formaient, en un bloc homogène, une classe sociale : la classe des intellectuels.

Ces leurres, malheureusement, ont eu leur effet sur certaines couches de la population qui réclamaient, à hue et à dia, l’arrivée d’un premier ministre à côté du président Martelly pour diriger le gouvernement.

A chaque déception, dont la prochaine s’annonce déjà, c’est le courant progressiste et révolutionnaire qui en paie les frais.

Les concepts de progrès, d’organisations populaires et de révolution sont tellement galvaudés, que les masses populaires s’embourbent dans la confusion et deviennent plus sceptiques envers les groupes et les partis - nonobstant leur force réelle pour le moment - qui se sont réellement engagés à les accompagner pour la concrétisation de leurs revendications.

Pourtant, la bataille n’est pas perdue.

Nous devons multiplier nos efforts et les adapter, sans opportunisme, aux besoins du moment pour convaincre toutes les classes nécessiteuses à emprunter, dans l’autonomie, le chemin de leur libération.

Car, comme a écrit Karl Marx, dans le préambule des Statuts de la Première Internationale :
                
 « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».

(*) L'auteur de cet article est directeur de l’Institut Culturel Karl Lévêque

Source : Alter Presse (Haïti)
http://www.alterpresse.org


Cuba  : révolution
dans  la révolution ?

(un document de 50 minutes)



Présentation du livre : "Cuba : révolution dans la révolution" qui prolonge le livre de Frank Fernández, "L’Anarchisme à Cuba", paru aux éditions CNT-RP en 2004, vise à faire connaître aux lecteurs français les divers protagonistes du mouvement contestataire cubain puisque, à côté des écrits issus de certains des soutiens dont il dispose hors de l’île, la plupart des textes recueillis ici procèdent de Cuba même, de sa gauche hétérodoxe, sociale et libertaire.

Intervenants par ordre d'apparition:

- Miguel Chueca, Editeur
- Daniel Pinos, Enseignant
- Karel Negrete, pour l'Observatoire Critique de la Havane
- Et interventions du public présent à cette occasion.

Pantuana Tv - mai 2012
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Une perspective de Paix en Colombie ?

 
"Premièrement nous les fabriquons et les vendons, après nous condamnons son usage"

par Lionel Mesnard, le 8 avril 2012


La libération en date de ce début avril des 10 derniers otages policiers et militaires par les Forces Armées de Colombie ouvre la porte, en l’état, à un entrebâillement à des négociations de paix. Piedad Cordobad a réalisé au nom des « Colombiens pour la Paix » une nouvelle fois un retour à la liberté de captifs (avec l’aide du Brésil). L’ancien sénateur malgré toutes les campagnes de dénigrement qu’elle a pu subir a participé une fois de plus à des libérations très symboliques, en raison de l’ancienneté de ceux qui étaient considérés comme les plus vieux otages politiques du monde (retenus depuis 1998 et 2000). Piedad Cordoba doit totaliser un peu plus d’une vingtaine de personnes libérées depuis ces 5 ou six années passées, ce qui peut s’apparenter à une mission noble et perspicace.

Si l’on peut se réjouir de certaines nouvelles venant de Colombie ces dernières semaines, il faut néanmoins garder la bonne mesure. Mieux vaut une politique des petits pas que pas du tout, l’enjeu est important, la question n’est pas des moindres, est-il possible de faire taire un des plus vieux théâtre de guerre de cette planète ? Telle est la question.

Ne nous trompons avant que la paix puisse être à l’ordre du jour en Colombie, il faudra des conditions favorables aux différents camps en état de guerre. Une paix peut s’instaurer, si les armes se taisent et nous en sommes loin. Le 18 mars 2012 dans l’Arauca, département au nord-ouest du pays, l’on a recensé onze militaires morts au combat en raison d’une attaque des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC-EP).

Peu de jours après :  «L'armée a annoncé avoir tué 36 guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (le 20 mars 2012), au cours d'intenses combats dans le département de l'Aurauca, près de la frontière avec le Venezuela." C'est sans doute l'un des coups les plus durs portés depuis cinq ans" aux FARC, s'est félicité le ministre de la Défense ». (1) Même chose à la fin du mois de mars, une trentaine de soldats des FARC-EP sont tués dans une autre région du centre du pays.

Quand vous ne vivez pas au quotidien l’actualité d’un pays comme la Colombie, il est toujours plus difficile d’en restituer l’ensemble des évolutions ou régressions. Pourtant il serait utile de prendre en compte ce qui se produit dans ce pays depuis l’élection de Juan Manuel Santos à la présidence de la République depuis le 7 août 2010. Serait-il possible d’envisager, ou entrevoir l’idée d’un changement ? Pas encore, mais il faut reconnaître un léger mieux, sans pour cela se voiler la face.

Cette nation n’a jamais su vraiment mettre un frein à la main mise sur ses richesses vivrières et minérales par de puissantes multinationales et familles possédantes du cru, mais il est à souligner un climat politique autre depuis le départ d’Alvaro Uribe. Est-il suffisant de changer de posture de la part d’un de ses anciens ministres, de surcroît à la Défense pour y croire ? Santos est un homme du sérail, un oligarque puissant, il arrive néanmoins à se distinguer de l’ancien président, une version moins brutale et cynique.

Il semblerait que Juan Manuel Santos incarne une politique plus respectueuse des droits humains. Plus exactement, nous sommes loin de l’hystérie guerrière de son prédécesseur, qui pendant 8 ans à laisser de graves séquelles et scandales à la pelle : La parapolitique (liens entre des élus de son parti et le paramilitarisme), les faux-positifs (éliminations de jeunes civils pour gonfler les statistiques des morts provenant de la guérilla), massacres par l’armée de civils, enrichissement frauduleux de certains proches, écoutes illégales des opposants, ...

Certaines réformes apparaissent moins brutales que par le passé, voire présentes des avancées non négligeables, comme un début d’indemnisation ou de restitution aux paysans chassés de leurs terres, notamment en raison du conflit sur les terres agricoles qui se déroule en Colombie. Mais la logique capitalistique est la même, et la réforme du système éducatif a poussé en novembre et décembre 2011 les jeunes Colombiens à manifester massivement dans tout le pays contre le dogme néo-libéral du tout commercial. Et reprenant ainsi une idée clef du mouvement estudiantin chilien quelques mois auparavant, sur le fait que l’éducation n’est pas une marchandise !

Mais, oui il y a un mais de taille, il semblerait qu’un accord politique devienne possible entre les différents « belligérants », en particulier avec les FARC-EP. Elles ont par ailleurs annoncé la fin des prises d’otages civils, et respecté l’engagement de la libération de dix otages (policiers et militaires). Si l’on s’en tient à certaines sources ce serait le « prélude » à une amnistie ? Ce serait sans aucun doute un pas important, si l’on cherche à limiter cette guerre absurde. Le président Juan Manuel Santos a reconnu le geste, mais il a bien fait comprendre que cela n’était pas suffisant.

Sur le fond, un cessez-le-feu et la démilitarisation de tous les paramilitaires est la seule issue pour construire une « paix des braves ». Ne nous méprenons pas sur le terme « paix des braves », l’armée nationale est victorieuse sur les groupes armés rebelles et cela ne fait plus vraiment débat. Qu’en soit une nation se réapproprie ses fonctions régaliennes ne peut que la fortifier ce même état de droit, et les Colombiens ont surtout droit de vivre en paix. Mais il y a un écueil à ne pas commettre, il en va de la fin de tous les groupes paramilitaires sans exception. Qu’on le veuille ou non, les FARC et l’ELN ont moins ensanglanté le pays, que les bandes armées d’extrêmes droites, qui ont ratissé et meurtri trop souvent pour les besoins de l’armée nationale.

Il n’y a pas à minimiser les victimes de part et d’autres, de nombreux crimes de guerres et contre l’humanité ont y été perpétués par les différents camps. Une guerre par excellence, c’est sale et quand en connaît le détail, c’est rarement glorieux, que l’on tue au nom d’une cause ou d’un ordre établi. La question est de pouvoir sortir d’une vision binaire de la Colombie et ne pas trop s’attarder sur ce que l’on peut écrire de plus réactionnaire sur le sujet. Pour exemple récent sur la blogosphère, un auteur n’a pas hésité pas à proférer la menace d’un coup d’Etat par l’armée colombienne, comme les représailles d’une amnistie. Oui, il est possible de lire ce genre de folie, et toute publicité dans ce genre de domaine n’a pas lieu d’être.

C’est le côté un peu putride et répugnant pour ce pays qui ne demande qu’à changer. Certains bien assis confortablement en France soutiennent une radicalité proprement fascisante, qui non seulement nuit à l’image de la Colombie, et elle ne fait que la caricaturée à des fins idéologiques. En bref, une perspective de Paix pourrait avoir lieu dans les semaines ou mois à venir ? De ce qui peut apparaître comme une bonne nouvelle est aussi un chemin qui n’est pas encore tracé d’avance.

La question de l’amnistie pose comme préalable le dépôt des armes, la voie d’un accord serait ce que l’on peut souhaiter de mieux, prenant en compte la dignité et les droits de tous. Il serait temps de tourner un triste et un long chapitre de l’Histoire des Colombiens. Cette guerre des rebelles n’a finalement que servi les tristes desseins d’un monde meurtrier, cupide et au profit d’idéologies sans lendemain. De plus, la guerre n’est qu’un des aspects dont souffre la société colombienne. Nous ne pouvons nous laver les mains, et, constater que ce pays est condamné aux pires travers de ce monde.

Paradoxes d’une nation qui renvoi au sulfureux, où la population est des plus amicales. Le Colombien moyen n’est pas un guérillero ou bien un trafiquant de drogues. C’est vous ou moi, ou nous tous confronté à des violences multiples, lié à une société gangrenée par les pires fléaux de la globalisation marchande. Ce pays a besoin d’assainir ses bases, l’intelligence est loin d’y faire défaut. Mais tant que les armes à feu domineront et feront chaque année des dizaines de milliers de victimes. Les homicides resteront comme le drame majeur de ce pays, où la vie humaine ou la peau d’un civil ne vaux que quelques milliers de pesos.

La question reste quand même de savoir si Santos n’est pas qu’un paravent de l’ancien pouvoir, dont il est issu ? Est-il sincère, c’est-à-dire en mesure de poser les termes d’un cessez-le-feu et chercher un accord qui n’ira pas à l’encontre du droit des repentis ?


Le paramilitarisme d’extrême droite

« En juillet 2005, entrait en vigueur la très controversée loi « Justice et paix » qui permettait aux paramilitaires de rendre leurs armes et de n'être condamnés qu'à des peines réduites (au maximum 8 ans de prison), mais qui les obligeait en échange à collaborer avec la justice, à avouer leurs crimes et à s'engager dans un processus de réparations. » (3) Il y a  beaucoup à dire sur comment la loi dite de « Justice et Paix », elle n’a finalement pas permis une démilitarisation de tous les groupes issus, entre autres des Armées Combattantes de Colombie : les AUC ?  D’autres groupes ont vu le jour sous de nouvelles appellations comme les Aigles Noirs.

L’activité des forces paramilitaires provenant de l’extrême droite est à la source de dizaine de milliers crimes. Ils ont atteint des sommets dans le cas des disparitions forcées et ils n’ont pas hésité à faire usage de fosses communes, de fours crématoire, et si besoin est à jeter des corps humains aux crocodiles pour faire disparaître toute trace des victimes.

Ce phénomène n’est pas récent, il faut à minima remonter à ce que l’on nommait les CONVIVIR (milices armées). Ces « entreprises », plus exactement ces milices de sécurité privées « ont pris leur essor principalement durant le gouvernement d'Ernesto Samper (1994-1998). Ils ont rapidement fait l'objet d'un débat public, certains assimilant ce décret à la loi 48 de 1968, promulgué peu de temps après la Violencia, qui avait abouti à la création, sous l'égide de l'Etat, de groupes paramilitaires ». « Les CONVIVIR ont été établis par le Ministère de la Défense, afin de répondre aux activités de la guérilla. Ainsi, le 11 février 1994, le gouvernement colombien promulgue le décret no 356, au moyen duquel il autorise la création et le fonctionnement de « services communautaires de vigilance et de sécurité privée ». (4)

Juan Manuel Santos en fait-il de même avec le paramilitarisme ou les milices privées ou ouvertement fascistes? 5 à 8000 hommes sont encore en activités.  Le site d’information VerdadAbierta.com  traitant du paramilitarisme et du conflit armé en Colombie relate dans ses colonnes d’un livre clandestin édité par le Bloc Central Bolivar (BCB, émanation des AUC). Avec ce manuscrit, ils apportaient ainsi leur soutien à Alvaro Uribe. Par ailleurs, ils mettaient en cause, un syndicat, des associations en Europe comme Amnisty Internationale et la FICIB (ex-soutiens à Ingrid Betancourt) comme agents des « rebelles ».

De tels mensonges ne peuvent porter que parce que la réalité des faits est tout autre. Et ce qui est intéressant, c’est de découvrir comment Alvaro Uribe et les différentes factions en présence se sont entendus, et comment de tels agents du narcotrafic ont connu des appuis politiques du pouvoir en place en juillet 2005, lors de la mise en place de la loi « Justice et Paix ». Plus tardivement, la mise en scène télévisuelle de 30.000 armes rendues sous l’œil des télévisions était loin de représenter tout l’arsenal en œuvre, et n’a pas mis fin aux pressions et exécutions sommaires et massives contre les populations civiles.

« Quelques mois avant la démobilisation du Bloc Central Bolivar, les chefs paramilitaires : Iván Roberto Duque, alias ‘Ernesto Báez’,  Carlos Mario Jiménez, alias ‘Macaco’, Rodrigo Pérez Álzate, alias ‘Julián Bolívar’ et Guillermo Pérez Álzate, alias ‘Pablo Sevillano’, publièrent un livre dans lequel ils révèlent leurs idéaux politiques, au sein duquel ils disent appuyés de manière inconditionnel le gouvernement d’Álvaro Uribe Vélez. ».  Au point que l’ancien président déclara « nous portons une espérance commune », en s’adressant aux chefs paramilitaires des AUC (5).

Si par certaines colonnes, l’on a pu nous expliquer que cela allait mieux dans les villes colombiennes, dans les campagnes, ces vingt dernières années, cela n’a fait que de se dégrader, pour ne pas dire empirer. Un jour, il sera possible de faire une idée plus précise du charnier et tout le monde se rendra compte du haut niveau de violence subit. Qui sait un jour nous comprendrons comment cela est resté sous silence. Violences militaires et paramilitaires que connaissent encore certaines régions de la Colombie, notamment en raison d’enjeux économiques miniers. Mais pas seulement, la liste serait longue à dresser en matière d’abus et violences manifestes contre les populations agricoles.

Les dissensions dont fait état VerdadAbierta.com au sein des factions des AUC, l’on découvre des groupes rivaux et en particulier un dénommé Mancuso, actuellement détenu aux Etats Unis pour trafic de stupéfiant. Ancien chef militaire des AUC, Salvatore Mancuso est un personnage clef dans les nombreux tiroirs du paramilitarisme et du trafic de drogue avant 2006. Sentant sa famille menacée, il a fait le choix, il y a trois ou quatre ans de parler et révéler certains faits depuis sa prison aux Etats-Unis.

Salvatore Mancuso était depuis longtemps ce que l’on peut appeler un intime d’Alvaro Uribe, quand ce dernier n’était encore qu’un notable du département de Cordoba. Les liens entre la famille Mancuso et Uribe ont même défrayé la chronique d’une gazette locale, que relata Ivan Cepeda du MOVICE, (Mouvement des crimes d’Etat) dans un livre qu’il a co-écrit avec Jorge Rojas en 2008 : « A las puertas de El Ubérrimo ».

De plus, le département d’état Etasunien (et depuis longtemps, c’est-à-dire, bien avant son élection comme président) a été le premier a fiché Alvaro Uribe comme un des potentats de la drogue en Colombie, sous le doux nom de numéro 82. Les connivences et intérêts entre les deux hommes ne font pas l’ombre d’un doute, trafics et crimes, dont il faudra encore de longues années avant d’en saisir l’ampleur criminelle.

Les différents groupes paramilitaires sont au centre du contrôle à la fois des cultures et de la production de la cocaïne. On établissait, il y a encore peu à 40% pour les FARC et ELN, et à 60% la part des milices fascistes, dans le contrôle du trafic entre les différentes mouvances politiques armées.

Faut-il aussi se questionner sur la provenance des armes, et de combien consacre la Colombie à ses dépenses militaires ? Les pertes humaines sur plus de soixante ans de conflits ont laissé plus d’un million de morts et dans une très large majorité des victimes civiles ou sociales. Au bas mot, il s’agit de 200.000 personnes qui ces derniers vingt ans ont été les victimes d’un terrorisme d’état et des paramilitaires.

Ouvrir une perspective de paix en Colombie reste encore un long chemin. Au titre des années écoulées les souffrances d’un peuple, puisse-t-il être enfin entendu ! Jusqu’où peut aller Juan Manuel Santos, il est difficile de le présumer. Parce qu’il n’existe pas une seule nature du conflit, mais plusieurs conflits en interne. Il ne s’agit pas d’une guerre à mener mais plusieurs, et la tache est loin d’être simple.

La présence du trafic de drogue n’a rien d’extraordinaire dans un pays connu pour ses maintes passerelles entre le politique et les cartels. C’est la première pompe à fric pour tous ceux qui usent des armes et se mènent la guerre, les guerres devrions-nous penser ou écrire. Guerre à la drogue, au terrorisme, guerre à ce qui vous échappe, parce que la violence est au profit d’une seule idéologie : la peur. Et le motif de fond n’a rien de très politique, il est avant tout financier.

Juan Manuel Santos n’est pas devenu pour cela un homme de gauche, il reste un élu conservateur et le reflet d’une oligarchie pas vraiment humaniste. Les mèches de ces guerres empêchent ce pays et qui plus est son représentant suprême d’être totalement crédible, et qui croire, quand cela a déjà un goût de déjà-vu?

Si une politique des petits pas est possible, elle est préférable à rien, et nul en ce domaine n’est devin. On ne peut que souhaiter aux paramilitaires de tous les camps un retour au foyer. La question du droit et de son application est une autre affaire… Si amnistie, il doit y avoir, elle ne doit pas pour autant bloquer le processus judiciaire relevant de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, toujours d’actualité et imprescriptibles pour ces derniers.


Notes :

(1) Courrier international, source El Pais.

(2) Les CONVIVIR, source wikipedia.org

(3) Source Radio France Internationale  - RFI)
 http://www.rfi.fr/actufr/articles/115/article_82771.asp

(4 et 5) El diario paramilitar del Bloque Central Bolívar, par VerdadAbierta.com
http://www.verdadabierta.com/component/content/article/3899

Article tous droits réservés - pas de reproduction sans autorisation


Colombie :  soutien au film "Impunité"
dans les salles à partir du 25 avril (*)




par Amnesty Internationale, le 6 avril 2012



En Colombie pendant 10 ans, des groupes paramilitaires proches du pouvoir, prétextant la lutte contre les FARC, ont semé la terreur dans des centaines de villages, violant, torturant et parfois dépeçant des milliers d’innocents, hommes, femmes et enfants.


Synopsis

Bilan de ces 10 années, plus de 60 000 morts, près de 130 000 disparus, un véritable massacre à grande échelle dont peu de médias se font l'écho. 40 chefs paramilitaires sont aujourd’hui jugés dans un processus appelés « Justice et Paix » où petit à petit on remonte la piste des commanditaires jusqu’au sommet de l’Etat. Un tiers du parlement a été mis en examen. Des centaines de familles de victimes attendent la vérité. La société colombienne sera-t-elle capable d’entendre cette vérité ? Une boite de Pandore a été ouverte.

Du calcul politique ou de la justice, qui va triompher ?

En Colombie, un procès historique initié en 2006 juge aujourd'hui 40 chefs paramilitaires pour le meurtre, la torture, le viol, le dépeçage et la disparition de milliers de civils au cours des 10 années du conflit armé interne qui les a opposés aux guérillas.  Si au début, on évoquait la possibilité de 3'000 disparus, aujourd’hui ce chiffre avoisine les 50'000 personnes et la société colombienne découvre au fil des auditions des récits atroces qui avaient été jusqu'alors soigneusement cachés.

Ce n'est pas tout : le pays apprend aussi que derrière ces morts se cache un projet de contrôle de presque tous les échelons de la société colombienne, avec des ramifications jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. Une grande partie de la classe politique colombienne est concernée, et les réseaux remontent jusqu'au parlement où un tiers des députés semblent être impliqués. IMPUNITE est un documentaire d’immersion au cœur des derniers mois de ce procès historique à de nombreux égards.

En effet, pour la première fois depuis le début de la guerre civile en Colombie, victimes, bourreaux, avocats, politiciens et fonctionnaires judiciaires se font face dans une cour de justice. Mais par manque de moyens et de volonté, mais aussi par calcul politique, l'impunité risque bien de l'emporter sur la justice. Or, comme tout procès de justice transitionnelle, le procès de ces crimes font ou devraient faire office de charnière entre le passé tragique du pays et son avenir, et livrer à la société colombienne les clés d'une mémoire collective.

Mais à la lumière de l'implication d'une grande partie de la classe politique, cette mémoire est-elle possible ? Au lendemain de la libération d'Ingrid Betancourt, la Colombie sera-t-elle prête à admettre ses zones d'ombre ? Enfin, par-delà les enjeux capitaux d’un procès juridique enraciné dans une société lointaine et de l’histoire bien connue de l’anéantissement de l’humanité au nom des idéologies, IMPUNITE pose un regard sur le combat obsédé, historique et inachevé de l’homme contre l’ignominie.

Amnesty International et « Impunité »


Amnesty International (AI) est engagée depuis longtemps sur la Colombie. L’organisation a d’abord dénoncé les disparitions forcées et assassinats politiques, puis les nombreuses violations des droits humains commises durant le conflit armé. AI lutte notamment contre l’impunité dont jouissent les auteurs de ces crimes.

Elle a publié un rapport intitulé « Ce que nous exigeons, c’est la justice ! », en septembre 2011, analysant les causes et les conséquences des violences sexuelles et dénonçant l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes. Le film Impunité ne traite pas spécifiquement des violences sexuelles mais démontre les mécanismes de l’impunité qui règne aujourd’hui en Colombie et qui sont les mêmes quelque soit les violations des droits humains en question.

De plus, le film met l’accent sur les violences commises par les paramilitaires, qui sont également les auteurs de la majorité des violences sexuelles décrites dans le rapport.  Enfin, comme le montre le film, les femmes sont probablement celles qui paient le plus lourd tribut au conflit armé, que ce soit en tant que victimes directes ou en tant que proches ou parfois veuves des victimes. On peut ainsi constater, après avoir entendu les témoignages de toutes ces femmes présentes dans le film qui ont perdu un membre de leur famille au cours du conflit, qu’elles sont celles qui doivent supporter toutes les conséquences tragiques de la guerre.

Notes :

(*) "Impunité" est un documentaire sur le règne de l’impunité en Colombie de Juan José Lozano et Hollman Morris.


 

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